A PARIS. VIALETAY, EDITEUR. 1968-1973. 25 VOLUMES IN-8 (22,5 X 15 X 93 CENTIMETRES ENVIRON), RELIURE DE L'EDITEUR PLEIN VEAU DIFFERENTE POUR CHACUNE DES 4 SERIES.- XVII°. RELIURE PLEIN VEAU ROUGE, PASTICHE XVII° COMPRENANT 7 VOLUMES (FLECHIER, FURETIERE, SAINT-AMANT, LA FONTAINE, CORNEILLE, RACINE, VOITURE). - PLUS L'HISTOIRE DE L'ACADEMIE FRANCAISE PAR DANIEL OSTER, 1 VOLUME DANS LA MEME PRESENTATION QUE LA SERIE CONSACREE AU XVII° SIECLE. - XVIII°. RELIURE PLEIN VEAU VERT, PASTICHE XVIII° COMPRENANT 6 VOLUMES (FONTENELLE, CHAMFORT, DUCLOS, VOLTAIRE, FLORIAN, BUFFON).- XIX°. RELIURE PLEIN VEAU VIOLINE, PASTICHE D'UNE ELEGANTE RELIURE ROMANTIQUE COMPRENANT 6 VOLUMES (CHATEAUBRIAND, LAMARTINE, NODIER, LABICHE, RENAN, MERIMEE). - XX°. RELIURE PLEIN VEAU ORNEE D'UN DECOR CALLIGRAPHIE A FROID COMPRENANT 5 VOLUMES, CHACUN DANS UNE COULEUR DIFFERENTE (CLAUDEL, DUHAMEL, COCTEAU, MAUROIS, VALERY).TIRAGE LIMITE SUR VERGE. BEL EXEMPLAIRE.
Exemplaire Genevoix numéroté sur alfa Paris, Flammarion, (février) 1950. 1 vol. (150 x 210 mm) de 622 p. Broché, non coupé. Édition collective, en partie originale. Un des 220 exemplaires sur Alfa (n° XVIII) - seul papier après les 55 exemplaires sur chiffon pur fil.
Ceux de 14 rassemble les récits de guerre de Maurice Genevoix. Rappelons que, jeune normalien, Maurice Genevoix intègre en septembre 1914 le 106e régiment d'infanterie et part combattre en Argonne, notamment à la Tranchée de Calonne : il y est grièvement blessé six mois plus tard, le 25 avril 1915 de trois balles, deux au bras et une à la poitrine. Après sept mois de soins, il rentre à Paris, rue d'Ulm et, sous les encouragements du secrétaire général de l'École normale supérieure, Paul Dupuy, avec qui il avait longuement correspondu pendant l'enfer de ces six mois, il accepte de relater son expérience du front et publie Sous Verdun, en avril 1916. Suivront Nuits de guerre, en mai 1917, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et enfin Les Éparges, en septembre 1921 : une oeuvre à la fois historique et littéraire qui figure au premier rang des témoignages publiés sur la Grande Guerre. En 1949, Genevoix décida de les rassembler, modifiant le découpage de ses récits et apportant quelques modifications au texte original pour ne plus former que quatre récits au lieu de cinq. « Ceux de 14 est un chef-d'oeuvre absolu qui se lit comme une montée vers le sacrifice et l'horreur. Le sommet, c'est la bataille des Éparges, qui est le paroxysme de la violence, l'une des pires épreuves de 14-18 (...) en raison de leur extrême violence, du bombardement continu d'une position réduite [qui] préfigurent l'intensité de la bataille de Verdun. L'attention portée aux hommes vivants et combattants près de lui, dont plus d'une centaine sont précisément identifiés, donne une épaisseur humaine incomparable à ce texte dont la beauté littéraire a été immédiatement admirée », assure l'écrivain Michel Bernard, auteur de Pour Genevoix (La Table ronde, 2011). Huit cents pages, pour huit mois sur le front. C'est indéniablement le témoignage le plus abondant, le plus précis et le plus exact sur l'expérience combattante. Maurice Genevoix, devenu académicien depuis 1946, sera dès lors considéré par les anciens combattants de la Grande Guerre, et plus particulièrement par ceux de Verdun, comme leur porte-parole à partir des années cinquante. Le général de Gaulle confiera à Genevoix la mission de mener à bien la création du Mémorial de Verdun ; à sa mort, en 1980, un hommage national lui est rendu aux Invalides. Le succès de cette édition définitive dépassera le simple cadre des «anciens de 14 », qui restent encore nombreux en 1950 : c'est un véritable succès en librairie, qui connaîtra de nombreuses rééditions pendant des décennies. Les carnets de travail et le manuscrit complet de Ceux de 14 ont été par les petits-enfants de Maurice Genevoix à l'État français : ils sont dans les collections de la Bibliothèque nationale de France le 4 novembre 2020. Une semaine plus tard, le 11 novembre, Maurice Genevoix entra au Panthéon, avec symboliquement « Ceux de 14 ». Annoncée le 6 novembre 2018 par le chef de l'Etat lors d'un déplacement aux Éparges (Meuse), théâtre des terribles combats en 1915, où Maurice Genevoix fut blessé, cette double panthéonisation avait initialement été programmée le 11 novembre 2019, avec un mémorial qui aurait été dressé à cette occasion en hommage aux poilus. Aucun projet n'ayant séduit le président, et la crise du Covid aidant, décision fut prise de reporter la cérémonie et de la faire coïncider avec le centenaire de l'inhumation du Soldat inconnu : le 11 novembre 1920, la tombe de ce soldat non identifié, reconnu français, fut installée sous l'Arc de triomphe, avant l'entrée au Panthéon de Léon Gambetta (1838-1882), père fondateur de la IIIe République. Au total, soixante-seize hommes et sept femmes occupent actuellement les caveaux du temple républicain en vertu de leur mérite personnel, quelle qu'en soit la nature. Maurice Genevoix en est le septième écrivain (avec Alexandre Dumas, Victor Hugo, André Malraux, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire et Émile Zola) - et le seul du siècle dernier avec André Malraux. De Ceux de 14, Maurice Genevoix avait conservé le manuscrit original (aujourd'hui à la BnF), deux exemplaires de travail et plusieurs exemplaires de l'édition originale. Cet exemplaire est l'un de ceux-là. Rare tirage en grand papier. De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.
Témoignage exceptionnel du processus créatif de Genevoix [1924 et 1925]. 2 vol. (55 x 80 mm et 60 x 80 mm). Brochés, sous chemises en veau naturel estampé d’une eau-forte originale au motif de feuillages, teintée mauve pour l’une et vert pour l’autre, semis de points au palladium, gardes de chèvre velours gris, chemise et étui bordés (signée de Louise Bescond, titres Claude Ribal, 2025). Témoignage exceptionnel du processus créatif de Genevoix : deux agendas manuscrits, qui documentent jour après jour l’avancement de trois œuvres majeures : Euthymos, Raboliot et La Boîte à pêche.
Chaque page porte, tracées à l'encre bleue, des pastilles journalières marquant le travail d'écriture, dont la taille et la densité signalent l'intensité du labeur. Ces carnets permettent ainsi de suivre l'auteur au plus près dans le temps de la création. Le premier carnet s'ouvre sur les journées d'écriture qui concernent la rédaction d'Euthymos (janvier-avril 1924), un roman antique inspiré du pugiliste éponyme, triple champion olympique. Publié chez Flammarion en juin 1924, quelques semaines avant l'ouverture des Jeux de Paris, le 5 juillet 1924. Euthymos marque une tentative certaine de s'évader du traumatisme de 14-18. Un texte pour lequel Genevoix attendra 1960 pour en permettre la réédition, sous le titre Vaincre à Olympie. Passé la rédaction d'Eutymos, Maurice Genevoix a déjà sûrement bien en tête son prochain roman. Il sera régionaliste, et il sera naturaliste. Depuis 1919, il est revenu vivre à Châteauneuf-sur-Loire qui lui avait inspiré un merveilleux Rémi des Rauches, publié en 1922, et qui mettait en scène la Loire par la grâce d'un tonnelier, offrant déjà au lecteur de magnifiques descriptions. Mais cette fois, il veut traverser le fleuve : au sud commence la Sologne, qu'il explore depuis son retour dans la région. Né à Decize (Nièvre) mais élevé à Châteauneuf-sur-Loire, Genevoix perçoit dès l'enfance la présence silencieuse de la Sologne : forêts, brumes, oiseaux, landes pauvres et villages retirés. Dès son retour du front et pour sa convalescence, dès 1919, il commence à l'arpenter et plusieurs séjours sont attestés en son coeur, à Brinon-sur-Sauldre, à Nouan-le-Fuzelier, à Lamotte-Beuvron où il s'imprègne des moeurs, des récits et du parler local. Il fait sienne l'idée d'en dire davantage : « je voulais faire pour la Sologne ce que j'avais fait trois auparavant pour le Val de Loire : l'évoquer, la traduire selon moi, mon engagement depuis l'enfance, ma gratitude pour tout ce qu'elle était à mes yeux». C'est à Brinon-sur-Sauldre qu'après la guerre son oncle avait acquis un territoire de chasse et c'est là que, cédant peut-être au même appel et même élan vers la nature, Maurice Genevoix décide de s'installer, au cours de l'été 1924 : « Je pris, un soir, mon vélo à l'épaule, le petit train sur route qui me conduirait à Brinon. J'y arriva à la brunante, sautai en selle, et mit pied à terre après six kilomètres devant la maison du garde-chasse Trémeau» (in Trente mille jours, p. 200). C'est là, face à l'étang des Clouzioux - qui devient celui de la Sauvagère dans le roman - que ses cogitations prennent formes : « la Sologne est éminemment giboyeuse. Le héros de mon futur roman, vrai fils de ce terroir de chasse, ne peut donc être qu'un chasseur [...] mais un chasseur d'instinct, un homme libre, insoucieux des contraintes sociales, qui ne relève que de sa race, des appels qui le sollicitent et l'obligent, autrement et précisément dit : un braconnier ». Brinon est la commune natale de celui qui est « le plus fameux, le plus malin, le plus habile, le plus sensationnel braco du cru : Alphonse Depardieu», dit Carré, avec lequel Genevoix obtient une « audience» à l'automne, quand la certitude du roman et le bal de ses personnages se mettent en place. Un rendez-vous est pris, à Brinon. Un rendez-vous manqué : suspicieux, le braconnier ne s'y rendra pas. Il n'empêche ; Genevoix, décidé à façonner ce braconnier universel en fusionnant plusieurs personnages, tous bien réels, va créer «son» braconnier : Pierre Fouques, dit Raboliot. Maurice Genevoix racontera précisément dans Jeux de glaces (en 1961) cette rencontre avortée avec Carré-Depardieu, lequel « n'a pas été le dernier à prétendre, à croire peut-être, qu'il m'avait servi de modèle. Et vraiment je lui dois beaucoup, à cet homme qui n'est pas venu, un jour de l'automne 1924, dans l'arrière-salle de l'auberge rustique où je l'ai vainement attendu» (p. 90). Il y explique également le sobriquet de son héros : le nom de Raboliot - désignant un jeune garenne encore au nid, dans la « rabolière » - lui vient des chasseurs solognots : vif, rusé, libre. Dans le carnet, la date du 21 octobre est précisément nommée, avec cette mention : Brinon. C'est probablement la date précise du rendez-vous manqué, éminemment fondateur. Moins de trois semaines plus tard, Genevoix peut s'attaquer à la rédaction du roman, le 10 novembre 1924, pour la terminer le 23 janvier 1925, sans interruption. De Brinon-sur-Sauldre, Genevoix aura beaucoup pris, tel un épicentre idéal : la commune est tout simplement celle du département qui occupe - encore aujourd'hui - la plus grande superficie territoriale : elle s'étend sur 11600 hectares et est sillonnée par quelque 340 km de chemins ruraux ! En 2025, seules 132 communes en France occupent plus de 100 km2 de superficie. À la suite de Raboliot, c'est la rédaction de La Boîte à pêche qui débute, s'étendant du 1er mai au 15 juillet 1925. L'ouvrage paraîtra, toujours chez Grasset, en octobre 1926. Merveilleux et unique document, révélateur du rapport de Genevoix au temps : un travail on ne peut plus régulier, écrit d'un seul souffle, dans une concentration totale. Ce système, qu'il ne commente jamais mais applique avec constance, dit beaucoup de la rigueur intérieure de l'écrivain et de son attachement à un rythme quotidien, presque rituel. Ces deux carnets sont conservés dans un ' habillage ' intelligemment et délicieusement pensé et réalisé par Louise Bescond : deux petites chemises au décor verdoyant, rappelant à la fois l'univers du roman et le rythme de sa composition dans ces deux petits agendas. L'ensemble est conservé dans un étui et des chemises à l'unisson.
Premier tirage, avec dessin d'un combattant Paris, Librairie Hachette, 1916. 1 vol. (110 x 175 mm) de 269 p. et [1] f. Bradel demi-percaline bleue, titre et filets dorés, chiffre en pied (reliure de l'époque). Édition originale. Préface d'Ernest Lavisse. Exemplaire du premier tirage, que l'on reconnaît au feuillet d'annonce en regard de la page de titre, qui n'indique que le seul titre de Riou déjà paru. Contrecollé en regard du faux-titre, un dessin de trois-quart du visage d'un poilu, daté de 1917, signé «Maurice» (qui n'est pas Genevoix).
Jeune normalien, Maurice Genevoix intègre en septembre 1914 le 106e régiment d'infanterie et part combattre en Argonne, notamment à la Tranchée de Calonne : il y est grièvement blessé six mois plus tard, le 25 avril 1915 de trois balles, deux au bras et une à la poitrine. Après sept mois de soins, il rentre à Paris, rue d'Ulm et, sous les encouragements du secrétaire général de l'École normale supérieure, Paul Dupuy, avec qui il avait longuement correspondu pendant l'enfer de ces six mois, il accepte de relater son expérience du front et publie Sous Verdun, en avril 1916. Suivront Nuits de guerre, en mai 1917, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et enfin Les Éparges, en septembre 1923 : une oeuvre à la fois historique et littéraire, parmi les plus saisissantes jamais produites sur la Grande Guerre. Là où certains pouvaient reprocher aux autres « grandes oeuvres» des écrivains de guerre (Roland Dorgelès avec Les Croix de bois, Henri Barbusse pour Le Feu, Georges Duhamel avec Civilisation, pour ne citer que les principales) des excès de lyrisme ou des récits individuels plus que des expressions collectives, les récits de Genevoix décrivent avec une authenticité rarement égalée la camaraderie des tranchées et surtout l'horreur, la folie, la cruauté de la guerre, et aussi les paradoxes et les choix parfois aberrants du commandement. A tel point que Sous Verdun et La Boue furent amputées par la censure lors de leurs parutions. C'est d'après un journal de route de huit mois (du 25 août 1914 au 25 avril 1915) que Genevoix recomposera ses jours de campagne ; les deux premiers volumes, Sous Verdun et Nuits de guerre, n'omettant aucun jour. « Ces cinq volumes ne sont pas cinq oeuvres différentes ; ils sont à proprement parler les cinq tomes d'une même oeuvre : la transcription et le développement du carnet de l'auteur [même si Genevoix précisera plus tard qu'ils furent aussi composés de mémoire] (...) Parmi les auteurs de la guerre Genevoix occupe le premier rang, sans conteste. Ce n'est point-là une opinion dogmatique, ce n'est pas l'expression d'un goût individuel. (...) Il faut bien le reconnaître, et rira qui voudra, Genevoix a la génie du récit de guerre et son oeuvre est incomparable» : ces mots sont ceux de John Norton Cru, à l'occasion de la présentation qu'il fait de l'auteur dans son ouvrage Témoins, publié en 1929, et qui présente les cinq récits de Genevoix. Pour les rédiger, l'auteur utilise aussi des lettres envoyées à ses proches, à son père, à son frère René, et surtout celles envoyées à Paul Dupuy, rue d'Ulm : « Ce que je devais taire aux miens, écrit-il dans Jeux de glaces (1960), je le confiais librement à ces lettres, avec le souci d'être vrai, de partager sans retenue.» Sous Verdun est salué par la critique : « C'est du Maupassant [à qui l'écrivain consacra un mémoire alors qu'il était à l'École normale supérieure] de derrière les tranchées », s'enthousiasme Le Journal des débats. « On voit la guerre, dans son horreur et sa vérité, toute frémissante. » C'est un succès d'estime pour Genevoix, qui voit son ouvrage flirter avec les 10 000 exemplaires et qui est pressenti pour le Goncourt, avant que la parution du Feu de Barbusse ne viennent, en quelques semaines, changer la donne. En décembre, deux Goncourt sont à décerner : celui pour 1914 (non décerné) et celui pour 1916 : « en deux scrutins, la décision est validée, avec des majorités claires et nettes : le prix Goncourt 1916 est attribué à Barbusse avec huit voix contre deux et celui de 1914 à Adrien Bertrand par neuf voix contre une, celle d'Octave Mirbeau qui offre son suffrage à Genevoix. Comme il fallait bien justifier son vote, il fut hypocritement reproché au normalien d'avoir choisi un titre [Sous Verdun] qui donnait l'impression qu'il allait parler de la grande bataille de 1916, alors que son ouvrage relatait les affrontements survenus en Meuse d'août à octobre 1914. Le favori d'avril s'était fait doubler par une étoile filante et un mourant. » (In Jean-Yves Le Naour, La Gloire et l'Oubli. Maurice Genevoix et Henri Barbusse, témoins de la Grande Guerre, de Michalon, « Histoire », 2020). Bel exemplaire du premier tirage, sans mention d'édition et avec le bon feuillet d'annonce du catalogue en tête.
Exemplaire de tête, hors commerce : l'un des trois réservés à l'auteur et aux artistes. Paris, Editions Vialetay, (24 mars) 1958, pour le texte, (9 février) 1959, pour les gravures. Édition originale illustrée des bois de Paul Jouve, gravés par Jacques Beltrand d’après les dessins de l'artiste. Un des 25 exemplaires réservés aux collaborateurs, celui-ci marqué «exemplaire d'artiste» sur papier du Moulin Richard de Bas, signé par Genevoix, Jouve et Beltrand et enrichi de deux suites.
De ces exemplaires réservés aux collaborateurs, nous connaissons celui de Paul Jouve, relié par Georges Cretté, pour le collectionneur Francis Kettaneh, qui l'a acquis auprès de l'artiste en 1962. Ce précieux exemplaire, enrichi des dessins originaux, est passé en vente en 2009 chez Christie's (27 novembre 2009, n° 141) et n'est plus réapparu depuis. Notre exemplaire est donc probablement destiné à Jacques Beltrand, conservé par Maurice Genevoix, qui l'a détenu depuis lors dans sa bibliothèque de la maison des Vernelles, dans le Loiret. Il est enrichi de la suite en noir, de la suite en couleurs et de la suite de décomposition des planches doubles ; il est signé par Genevoix, Jouve et Beltrand. L'édition du Roman de Renard illustrée par Paul Jouve et adaptée par Maurice Genevoix constitue une oeuvre à la croisée de la tradition littéraire médiévale, de l'art animalier moderne et du grand livre illustré bibliophilique français du XXe siècle. Genevoix, écrivain de la nature et des êtres vivants, a toujours porté un regard empathique et poétique sur le monde animal, comme en témoignent Raboliot, La Dernière harde ou L'Hirondelle qui fit le printemps. Le choix de revisiter Le Roman de Renart - chef-d'oeuvre de la satire médiévale - s'inscrit dans cette continuité : Renart, rusé, libre et irrévérencieux, incarne une figure de résistance à l'ordre imposé, que Genevoix admire. Le texte est adapté en français moderne, comme un prélude à La Forêt perdue qui sera publiée dix ans plus tard et qui aura également pour scène le Moyen Âge : ce roman initiatique constitue un ouvrage-clé de son oeuvre, où la mort apparaît comme un thème de plus en plus présent. Il s'en est expliqué peu de temps avant sa mort, évoquant l'expérience de la mort durant la Première Guerre mondiale : « J'ai eu l'instinct de la chasse, très fort, très vif [...], mais je sais depuis [...] que l'ombre de la mort dans l'oeil d'une perdrix tuée, c'est exactement la même chose ». Le choix de Paul Jouve comme illustrateur n'est pas un hasard mais une évidence esthétique et morale : le peintre est alors le plus grand artiste animalier de son temps, connu pour ses représentations vibrantes de fauves, singes, chevaux. Il livre ici une riche illustration de 53 compositions en couleurs gravées sur bois par Jacques, Camille et Georges Beltrand, et de 33 grandes initiales gravées sur bois, fruit d'un travail de plus de dix ans, entrepris dès 1941 et alors qu'il n'a aucun éditeur pour le suivre dans ce monumental projet. Ce sont le bibliophile Jules Exbrayat et l'éditeur Jacques Vialetay qui seront à l'origine de cette édition et de sa commercialisation, et qui feront appel à Maurice Genevoix pour l'établissement du texte. Jules Exbrayat, président de la Société des Bibliophiles franco-suisses, n'aura malheureusement pas le bonheur de voir l'édition réalisée : il décède en 1958, quelques semaines avant l'impression du livre, qui lui sera dédié. Ce sera l'un des derniers ouvrages de Paul Jouve et l'un de ses chefs-d'oeuvre. De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles » (ex-libris).
Paris Chez Tallandier 1985 in 8 (22,5x15,5) 12 volumes reliures plein cuir marron ornées de l'éditeur, têtes dorées. Volumes imprimés sur papier vergé ivoire. Edition illustrées de dessins inédits de Maurice Genevoix. Ensemble en très bel état
Très bon Couverture rigide
Série complète sur papier de tête : les exemplaires nominatifs pour l'auteur Paris, La Belle édition, s.d. 6 vol. (160 x 215 mm). Brochés, sous couvertures illustrées, sous chemise et étui éditeur. Édition illustrée par P.-E. Clairin, O. Denis, A. D. Steinlen, P.-E. Clairin, P. Jarach, J. Thévenet, A. Collot. Un des 15 premiers sur pur fil du Marais, avec la suite en noir — celui-ci spécialement imprimé pour Suzanne et Maurice Genevoix. Envoi signé de l'illustrateur sur le volume de Rémi des Rauches accompagné d'un grand dessin à l'aquarelle.
Magnifique série et réunion complète des six romans de Maurice Genevoix publiés par La Belle édition à la fin des années 1950. Elle comprend les titres suivants : Routes de l'aventure, avec des aquarelles de Pierre-Eugène Clairin ; La Boîte à pêche, avec des compositions d'André Collot ; La Dernière harde, avec des compositions et une gravure à l'eau-forte par Odette Denis ; Raboliot, avec des aquarelles de Paul Jarach ; Rémi des Rauches, avec des aquarelles de Jacques Thévenet et enfin Rroû avec des illustrations de A. D. Steinlen. Raboliot constitue l'un des titres de la collection, que nous présentons ici sans le dépareiller de la collection et dans ce qui constitue le meilleur exemplaire de l'ensemble : ce sont les volumes imprimés pour Maurice Genevoix et son épouse, sur le papier de tête pur fil du Marais : 15 exemplaires seulement sont annoncés, plus ce nominatif hors commerce. Carte de visite et feuillet à en-tête de l'Académie française, « Secrétaire perpétuel» joints, ce dernier avec note autographe : « La belle édition. Exemplaires spécialement imprimés pour Suzanne et Maurice Genevoix. Collection complète ». Exemplaire de choix, rassemblant ce que Genevoix appelait lui-même ses récits « naturalistes », ou « d'initiation à la nature ». De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles», avec ex-libris.
Un des 13 sur japon, en reliure à décor Paris, Grasset, (25 septembre) 1925. 1 vol. (120 x 180 mm) de 349 p. et 1 f. Maroquin havane, plats ornés d'un imposant décor en relief figurant une forêt, constitué de pièces de papiers glacés, rehaussé d'un jeu de filets dorés et argent, titre doré, date en pied, tête dorée, contreplats de papier havane et gardes de papier vert, couvertures et dos conservés (reliure signée de [Alain] Devauchelle). Édition originale. Un des 13 exemplaires sur japon (n° 2).
Depuis 1919 et la fin de la guerre qui l'aura tant meurtri, Maurice Genevoix est revenu vivre à Châteauneuf-sur-Loire, où il a grandi. Mais après Rémi des Rauches, publié en 1922, qui mettait en scène la Loire par la grâce d'un tonnelier, Genevoix veut traverser le fleuve : au sud commence la Sologne, qu'il explore depuis son retour dans la région. Dès son retour du front et pour sa convalescence, il recommence à marcher, arpente les forêts, écoute les hommes, observe la nature. Plusieurs séjours sont attestés en son coeur, à Brinon-sur-Sauldre, à Nouan-le-Fuzelier, à Lamotte-Beuvron où il s'imprègne des moeurs, des récits et du parler local. Il fait sienne l'idée d'en dire davantage : «je voulais faire pour la Sologne ce que j'avais fait trois ans auparavant pour le Val de Loire : l'évoquer, la traduire selon moi, mon engagement depuis l'enfance, ma gratitude pour tout ce qu'elle était à mes yeux». C'est à Brinon qu'après la guerre son oncle avait acquis un territoire de chasse ; c'est là que, cédant peut-être au même appel et même élan vers la nature, Maurice Genevoix décide de s'installer, au cours de l'été 1924 : «Je pris, un soir, mon vélo à l'épaule, le petit train sur route qui me conduirait à Brinon. J'y arriva à la brunante, sautai en selle, et mit pied à terre après six kilomètres devant la maison du garde-chasse Trémeau» (in Trente mille jours, p. 200). C'est là, face à l'étang des Clouzioux (qui devient celui de la Sauvagère dans le roman) - que ses cogitations prennent formes : « la Sologne est éminemment giboyeuse. Le héros de mon futur roman, vrai fils de ce terroir de chasse, ne peut donc être qu'un chasseur : non un chasseur occasionnel, un quelconque tirailleur du dimanche, mais un chasseur d'instinct, un homme libre, insoucieux des contraintes sociales, qui ne relève que de sa race, des appels qui le sollicitent et l'obligent, autrement et précisément dit : un braconnier». Brinon est la commune natale de celui qui est « le plus fameux, le plus malin, le plus habile, le plus sensationnel braco du cru : Alphonse Depardieu», dit Carré, avec lequel Genevoix obtient une «audience» à l'automne, quand la certitude du roman et le bal de ses personnages se mettent en place. Un rendez-vous est pris, à Brinon. Un rendez-vous manqué : suspicieux, le braconnier ne s'y rendra pas. Il n'empêche ; Genevoix, décidé à façonner ce braconnier universel en fusionnant plusieurs personnages, tous bien réels, va créer «son» braconnier : Pierre Fouques, dit Raboliot. Maurice Genevoix racontera précisément dans Jeux de glaces (en 1961) cette rencontre avortée avec Carré-Depardieu, lequel « n'a pas été le dernier à prétendre, à croire peut-être, qu'il m'avait servi de modèle. Et vraiment je lui dois beaucoup, à cet homme qui n'est pas venu, un jour de l'automne 1924, dans l'arrière-salle de l'auberge rustique où je l'ai vainement attendu» (p. 90). Il y explique également le sobriquet de son héros : le nom de Raboliot - désignant un jeune garenne encore au nid, dans la «rabolière» - lui vient des chasseurs solognots : vif, rusé, libre. De Brinon-sur-Sauldre, Genevoix aura beaucoup pris, tel un épicentre idéal : la commune est tout simplement celle du département qui occupe - encore aujourd'hui - la plus grande superficie territoriale : elle s'étend sur 11600 hectares et est sillonnée par quelque 340 km de chemins ruraux ! En 2025, seules 132 communes en France occupent plus de 100 km2 de superficie. Très bel exemplaire sur japon, remarquablement établi par Alain Devauchelle. Une seconde couverture, illustrée d'un bois de Gérard Cochet, est ajoutée aux seuls exemplaires imprimés sur grands papiers. Elle est ici bien présente, en plus de celle illustrée par Deslignières.
Le Raboliot de Sylvie Genevoix Paris, La Belle Édition, [1960]. 1 vol. (160 x 215 mm) de 244 p., [3] et 1 f. Broché, sous couverture illustrée et étui éditeur. Édition illustrée par Paul Jarach. Un des 1 400 exemplaires sur vélin de Lana — celui-ci spécialement imprimé pour Sylvie Genevoix.
Paru dans la prestigieuse collection bibliophilique de La Belle Édition, ce Raboliot s'inscrit dans un ensemble de six titres de Maurice Genevoix sélectionnés pour leur caractère « naturaliste ». Chaque volume est confié à un illustrateur différent : Routes de l'aventure, avec des aquarelles de Pierre-Eugène Clairin ; La Boîte à pêche, avec des compositions d'André Collot ; La Dernière harde, avec des compositions et gravure à l'eau-forte en frontispice par Odette Denis ; Rémi des Rauches, avec des aquarelles de Jacques Thévenet et Rroû avec des illustrations de A. D. Steinlen, - et ce Raboliot, confié aux compositions sensibles de Paul Jarach. L'exemplaire ici présenté fut imprimé spécialement pour Sylvie Genevoix et conservé aux Vernelles, la maison familiale solognote acquise par Maurice Genevoix après le succès de Raboliot. Sylvie Genevoix y est née, y a grandi, et y a vu naître son propre rapport à la nature et à l'écriture. Elle évoquera cette maison dans une préface lumineuse à La maison de mon père : « C'est dans son havre des «Vernelles», sur un coteau dominant la Loire, que l'essentiel de l'écriture et de la vie de Maurice Genevoix s'est écoulé, à l'image du fleuve qu'il contemplait depuis son bureau. C'est dans ce nid des Vernelles que je suis née, que j'ai fait mes premiers pas, la main dans la main de mon père, là qu'il m'a appris à parler, à regarder et à m'émerveiller. [...] Je me sens, à l'égard de mon père et de cette maison à son image, redevable de tant d'indicibles trésors, de tant de ces menus riens qui enchantent ou apaisent, que je ne peux être qu'un modeste porte-parole, un témoin fidèle et attentif qui tente de transmettre et de faire partager un peu de ce qu'il a reçu. » De la bibliothèque des « Vernelles » (ex-libris).
Exemplaire de tête nominatif Paris, Plon, (1er septembre) 1972. 1 vol. (145 x 215 mm) de 154 p. et [2] f. En feuilles, sous emboîtage rouge de l'éditeur. Édition originale. Un des 50 premiers exemplaire de luxe, celui-ci nominatif pour Madame Maurice Genevoix.
Au soir de sa vie, Maurice Genevoix, devenu l'écrivain régionaliste et respecté, secrétaire perpétuel de l'Académie française, éprouva le besoin de revenir à la mort qu'il avait croisée, si loin, si proche, à trois reprises, dans la Meuse, entre août 1914 et avril 1915. Pendant l'été 1971, alors que le troisième volume de son Bestiaire allait paraître, Maurice Genevoix rédigea en quelques semaines un petit livre qui a maintenant pris sa place aux côté des autres textes de Ceux de 14 : La mort de près ; un texte qui place le lecteur devant une expérience qui devient la sienne grâce à la multitude des détails et des observations si caractéristiques du style de Genevoix et pour lequel Joseph Kessel lui écrira ces mots : « J'ai été très bouleversé. Le témoin, le professionnel, l'ami, tous ces personnages en moi te couvrent de louanges et te disent merci» (lettre à Genevoix, 29 juillet 1972, n° 123 de l'exposition à la BHVP, 1991). La mort a frôlé Genevoix aux Éparges, une colline de la Meuse disputée aux Allemands. Plusieurs fois : d'abord en septembre 1914, lorsqu'un éclat d'obus reçu dans le ventre l'avait renversé. Il avait vu ses hommes continuer la charge, pendant qu'on le tirait à l'abri sous un hêtre ; envahi par l'image d'un camarade croisé juste avant qui portait ses entrailles avant de s'effrondrer, il palpa son ventre : il est indemne. Le projectile avait rebondi contre un bouton d'acier et la boucle de son ceinturon. Même scénario trois mois plus tard, quand un obus a explosé à quelques mètres, réduisant en charpie les deux soldats à ses côtés : « J'étais encore indemne. Il ne fallut que quelques instants pour que le monde se reconstituât, dans sa hideur et sa barbarie. ». Ce fut enfin la troisième fois, décisive, le 25 avril 1915 - dernier jour du récit de Sous Verdun. Trois balles, tirées par le même soldat allemand ; deux déchirèrent son bras gauche, l'une traversa un poumon. « Pas un instant, sauf dans l'hébétude du choc [...] je n'avais perdu conscience. [...] Je souffrais beaucoup. La sensation du danger fondait sur moi, m'envahissait, s'exacerbait». Les brancardiers le déplace en arrière de la ligne de feu, malgré les obus qui, tout autour d'eux, brisent les hêtres des Hauts de Meuse. Il faudra onze heures d'un voyage pénible pour arriver à un hôpital à Verdun. Hospitalisé pendant sept mois, il est déclaré invalide à 80 % et perdra l'usage de sa main gauche. Exemplaire nominatif destiné à son épouse, Suzanne Genevoix.
Les « Hôpitaux d'Origines d'Etapes» : l'arrière-front par Genevoix Paris, Les Étincelles, «Collection des témoignages de combattants français», (juillet) 1931. 1 vol. (140 x 190 mm) de 84 p. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 50 exemplaires hors commerce sur pur fil - après 15 exemplaires de tête sur Madagascar (n° XXXIV). Exemplaire Maurice Genevoix.
La maison d'édition Les Étincelles, où Norton Cru avait publié Témoins en 1929, lança dans la foulée une ambitieuse collection de « Témoignages de combattants français ». Chaque titre devait être confié à un auteur différent, les dos des ouvrages formant le mot « ÉTINCELLES ». Seuls huit volumes parurent : André Thérive. Frères d'armes Jacques Meyer. La Guerre, mon vieux... M. Constantin-Weyer. La Salamandre Louis Thomas. La Gloire Louis Guichard. La Bouée du Cliff Jean Galtier-Boissière. Un hiver à Souchez Gabriel Reuillard. La Prière des captifs Maurice Genevoix, H.O.E. Ce huitième volume est le dernier qui paraîtra ; la lettre qu'il porte au dos, comme les précédents, est l'une de celles qui devaient former le mot «Étincelles»... Un neuvième volume annoncé, Les Étoiles obscures d'Henri Malherbe, ne vit jamais le jour. Dans sa contribution, Genevoix revient sur les jours qui suivirent sa grave blessure du 25 avril 1915, lors de l'attaque de la Tranchée de Calonne à la butte des Éparges. Le titre H.O.E. renvoie aux Hôpitaux d'Origine d'Étapes, structures intermédiaires d'évacuation et de soins. Genevoix sera déclaré invalide à 80 %. Le texte décrit aussi la violence du retour à la vie civile, le silence des rescapés, et la place centrale prise par les associations d'anciens combattants : pendant tout l'entre-deux-guerres, ces associations joueront un rôle considérable, et compteront jusqu'à trois millions d'adhérents. Apolitique, républicain, sans militantisme, Maurice Genevoix s'inscrira avec force dans ce mouvement, dans la seule volonté de témoigner. Les rescapés des combats s'y reconnaîtront, soutenant sa parole. Seconde série que possédait Genevoix, après celle dédicacée par ses confères. Tous les volumes portent l'ex-libris des Vernelles.
Exemplaire Henri Barbusse Paris, E. Flammarion, (novembre) 1920. 1 vol. (120 x 185 mm) de 285 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Premier tirage, sans mention, du premier mille imprimé en novembre 1920. Précieux exemplaire conservé par Maurice Genevoix, avec ce repentir : «à Henri Barbusse, Maurice Genevoix, janvier 1921» [biffé]. Comme souvent, Genevoix s'est amusé à entourer chaque lettre du titre de la couverture ainsi que la marque de l'éditeur.
Ce quatrième des récits de guerre de Genevoix couvre la période du 4 novembre 1914 au 10 janvier 1915, soit une période racontée de soixante-neuf jours. Premier des cinq récits à être rédigé après la guerre, La Boue reflète une élaboration plus posée, moins immédiate que les précédents titres, avec une écriture plus construite, et un récit d'une période plus longue. Le texte est dédié à son père. Presque provenance d'Henri Barbusse : est-ce un simple repentir d'un exemplaire non envoyé à l'auteur du Feu, un envoi mal rédigé que Genevoix aura amélioré et finalement envoyé ? Ou, réellement, la volonté de Genevoix de ne pas lui envoyer son récit de guerre, à un moment où les deux hommes sont alors considérés comme les représentants les plus emblématiques des écrivains ex-combattants ? La bibliothèque de Barbusse n'étant pas documentée, il est pour l'heure impossible de trancher cette énigme bibliophilique. Etat d'usage ; rousseurs et accrocs à la couverture. De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.
Flammarion 1947 225 pages in-12. 1947. broché. 225 pages. Ex. n° 42 sur papier pur fil Outhenin-Chalandre (Un des 110)
Etat correct malgré la couverture un peu brunie et une légère tache d'eau marginale aux premières pages
Flammarion 1946 247 pages in-12. 1946. Demi-Cuir titré au dos en lettres dorées. 247 pages.
Etat correct. Reliure un peu frottée. Papier jauni
PARIS. ROBERT LEGER, EDITEUR D’ART. 1964. GRAND IN-FOLIO EN FEUILLES (31 X 39,5 X 9 CENTIMETRES ENVIRON) DE 228 + (9) PAGES, SOUS COUVERTURE BLANCHE REMPLIEE, EMBOITAGE DE L'EDITEUR RECOUVERT DE PERCALINE BLEUE, TITRE DORE AU DOS ET SUR LE PLAT SUPERIEUR. ILLUSTRE DE 15 COMPOSITIONS ORIGINALES DONT 3 PLANCHES DOUBLES. PREMIER TIRAGE DES ILLUSTRATIONS DE PIERRE LETELLIER, LIMITE A 260 EXEMPLAIRES NUMEROTES. UN DES 15 SUR JAPON NACRE, CELUI-CI PORTANT LE NUMERO 7, ENRICHI D’UNE SUITE EN COULEURS SUR JAPON NACRE, D’UNE SUITE EN COULEURS SUR ARCHES, D’UNE PLANCHE SIMPLE EN COULEURS SUR SATIN, ET DU TIRAGE SUR JAPON NACRE DU TITRE ET DES LETTRINES GRAVES SUR BOIS. SANS LE TABLEAU ANNONCE, SINON BEL EXEMPLAIRE AVEC ENVOIS AUTOGRAPHES SIGNES PAR L’AUTEUR, ET L'ARTISTE.
PARIS. EDITIONS VIALETAY. 1957. GRAND IN-4 (26,5 X 34,5 X 10 CENTIMETRES ENVIRON), DE 307 + (8) PAGES, SOUS COUVERTURE BLANCHE REMPLIEE ILLUSTREE EN COULEURS, CHEMISE ET ETUI CARTONNES VERTS DE L’EDITEUR, DOS DE LA CHEMISE ET ETUI RECOUVERTS DE PAPIER DU JAPON. ILLUSTRE DE 41 COMPOSITIONS ORIGINALES EN COULEURS PAR GASTON BARRET, 22 EAUX-FORTES HORS TEXTE, DONT LA COUVERTURE, ET 19 DEPARTS DE CHAPITRES GRAVES SUR BOIS. PREMIER TIRAGE LIMITE A 250 EXEMPLAIRES NUMEROTES, PLUS CXXX RESERVES A LA SOCIETE «BEAUX LIVRES, GRANDS AMIS». UN DES 20 EXEMPLAIRES SUR RIVES, NUMEROTES DE 36 A 55, CELUI-CI PORTANT LE NUMERO 50, COMPRENANT: UNE AQUARELLE ORIGINALE NON RETENUE (NON SIGNEE) ET QUATRE SUITES, TROIS DES 22 EAUX FORTES, UNE EN COULEURS SUR RIVES, UNE AVEC REMARQUES EN NOIR SUR JAPON MINCE, UNE EN BISTRE SUR RIVES ET LA QUATRIEME DES 19 DEPARTS DE CHAPITRES GRAVES SUR BOIS, SOUS CHEMISES. SIGNATURE AUTOGRAPHE DE L’AUTEUR ET DE L’ILLUSTRATEUR SUR LE FEUILLET DE JUSTIFICATION. AVEC UN TRES BEAU DESSIN ORIGINAL AQUARELLE A DOUBLE PAGE, AVEC ENVOI SIGNE DE GASTON BARRET: «LA BELLE LUMIERE DE LA LOIRE A MONSIEUR G… AVEC TOUS MES SENTIMENTS D’AMITIE. G. BARRET». PETIT DEFAUT EXTERIEUR SUR LA CHEMISE CONTENANT LA SUITE EN BISTRE, SINON TRES BEL EXEMPLAIRE.
Paris, Plon, 1973, in-8, relié-jaquette éditeur, 422 pages. Petits accrocs sur la jaquette, sinon bon état. Envoi autographe signé.
Paris, Julliard, Idée Fixe, 1974, in-8, Broché sous couverture à rabats., 118 pages. Envoi. Très bon état. Collection Idée Fixe dirigée par Jacques Chancel. La collection Idée Fixe donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres.
Paris, Seuil, 1976, in-8, broché, 218 pages. Bon état. Complet du bandeau promotionnel.
Exemplaire de travail annoté Paris, Flammarion, (février) 1950. 1 vol. (150 x 215 mm) de 622 p. Broché. Édition originale. Exemplaire de travail abondamment annoté par Genevoix, au stylo bille bleu ou crayon à papier.
Ceux de 14 rassemble les récits de guerre de Maurice Genevoix. Rappelons que, jeune normalien, Maurice Genevoix intègre en septembre 1914 le 106e régiment d'infanterie et part combattre en Argonne, notamment à la Tranchée de Calonne : il y est grièvement blessé six mois plus tard, le 25 avril 1915 de trois balles, deux au bras et une à la poitrine. Après sept mois de soins, il rentre à Paris, rue d'Ulm et, sous les encouragements du secrétaire général de l'École normale supérieure, Paul Dupuy, avec qui il avait longuement correspondu pendant l'enfer de ces six mois, il accepte de relater son expérience du front et publie Sous Verdun, en avril 1916. Suivront Nuits de guerre, en mai 1917, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et enfin Les Éparges, en septembre 1921 : une oeuvre à la fois historique et littéraire qui figure au premier rang des témoignages publiés sur la Grande Guerre. Intéressant exemplaire de travail considérablement annoté, en vue à la fois d'une lecture publique et pour la nouvelle édition Flammarion, qui interviendra, dans une version cartonnée, en 1965. Le texte sera lu pour la section qui narre l'assaut sur la butte des Éparges. De Ceux de 14, Maurice Genevoix avait conservé le manuscrit original (aujourd'hui à la BnF), deux exemplaires de travail et plusieurs exemplaires de l'édition originale dans son bureau-bibliothèque des «Vernelles», sa demeure sur les bords de Loire, près d'Orléans. Mention de mille en couverture. De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.
Le premier texte « miroir » de Genevoix Paris, Wesmael-Charlier, coll. «Les Auteurs jugent de leurs oeuvres », 1961. 1 vol. (130 x 190 mm) de 206 p., [1] et 3 f. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 120 premiers exemplaires sur vélin pur fil, celui-ci hors-commerce (n° X).
Publié dans la collection « Les Auteurs jugent de leurs oeuvres », ce court volume - souvent négligé - est un témoignage personnel et réflexif précieux, dans lequel Genevoix revient sur les lignes de force de sa vie et de son oeuvre. Loin d'une simple autobiographie, Jeux de glaces explore ce que l'écrivain considère comme fondateur : la solitude féconde, l'enfance à Châteauneuf-sur-Loire, la perte de sa mère à douze ans, les années d'internat au lycée Pothier d'Orléans et, bien entendu, l'expérience fondatrice de la guerre. Genevoix y dresse le portrait de ses livres comme autant de facettes d'un même regard : les récits de guerre mais aussi ses textes régionalistes, ses livres de voyage, ses « romans-poèmes », ou ses réflexions de moraliste. Il s'attarde notamment sur la genèse de Raboliot, expliquant combien le livre n'est pas le fruit de notations directes ou documentaires, mais d'un long travail de reconstruction mentale, nourri de mémoire et de silence intérieur. Il défend ici une conception artisanale et profondément intérieure de la littérature, proche de celle que professait son ami Maurice de Vlaminck dans la peinture. Un parallèle qui n'échappa pas à l'épouse du peintre, Berthe de Vlaminck, qui lui écrit le 4 août 1961, peu après la parution : « Quelle belle et honnête profession de foi, mon ami (...) Tu es vraiment l'artisan de ton oeuvre. Ce que tu écris en «faveur de l'isolement et de la concentration intérieure», c'est exactement ce que pensait Vlaminck en peinture... Tu as bien exprimé ta pensée avec une âme de peintre. C'est beau ! » (in Maurice Genevoix 1890-1980, catalogue de l'exposition, Mairie de Paris, 1980, p. 87). C'est notamment dans ce volume que Genevoix revient et explique, pour la première fois, sur les circonstances de la «non-rencontre» avec celui qui fut le modèle imaginé de Raboliot, le braconnier Depardieu, dit Carré. « Il n'a pas été le dernier à prétendre, à croire peut-être, qu'il m'avait servi de modèle. Et vraiment je lui dois beaucoup, à cet homme qui n'est pas venu, un jour de l'automne 1924, dans l'arrière-salle de l'auberge rustique où je l'ai vainement attendu» (p. 90). De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles » (ex-libris).
Exemplaire personnel : un des dix premiers sur Hollande Paris, Ernest Flammarion, 1920. 1 vol. (125 x 185 mm) de 256 p. Demi-maroquin marine à coins, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tête dorée, couvertures et dos conservés. Edition originale. Un des 10 premiers exemplaires sur hollande, justifié par l'éditeur (n° 10). L'exemplaire de l'auteur, qui comporte en tête l'ex-libris manuscrit : «Maurice Genevoix, 1918-1919, paru en 1920 (juin ou juillet)».
Jeanne Robelin est la première tentative romanesque de Maurice Genevoix : il dessine le portrait d'une jeune femme et évoque, sous le prétexte d'une intrigue amoureuse, la vie des civils à l'arrière. Il reviendra sur cette expérience dix ans plus tard, dans H.O.E. Ce premier roman ne constitue pas directement un témoignage de ce que Genevoix a vécu sur le front, qu'il a à cette date relaté dans Sous Verdun (1916), Nuits de guerre (1917) et Au Seuil des Guitounes (1918), et alors qu'il prépare le quatrième de ses cinq récits de guerre, La Boue. Genevoix confiera plus tard dans un entretien : « On ne vit pas une telle expérience sans y laisser beaucoup de soi. L'esprit est traumatisé et l'on éprouve le besoin de raconter, de partager. Cela a duré longtemps et puis un jour, j'ai écrit Jeanne Robelin. Ce n'était déjà plus la guerre puisque l'action se passait à l'arrière. Ensuite, ce fut Rémi des Rauches, un roman où la guerre était enfin absente. J'étais délivré ». Avant ce premier « vrai » roman de la délivrance, Genevoix bouclera sa pentalogie avec La Boue en 1921 et Les Eparges en 1923. Précieux exemplaire, établi en demi-reliure de maroquin bleu à coins, comme une grande partie des exemplaires - souvent sur beaux papiers - conservés dans sa bibliothèque. De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.
Le complément de Ceux de 14 : exemplaire n° 1 Paris, Plon, (1er septembre) 1972. 1 vol. (145 x 215 mm) de 154 p. et [2] f. En feuilles, sous emboîtage rouge de l'éditeur. Édition originale. Un des 50 premiers exemplaire de luxe (n° 1).
Au soir de sa vie, Maurice Genevoix, devenu l'écrivain régionaliste et respecté, secrétaire perpétuel de l'Académie française, éprouva le besoin de revenir à la mort qu'il avait croisée, si loin, si proche, à trois reprises, dans la Meuse, entre août 1914 et avril 1915. Pendant l'été 1971, alors que le troisième volume de son Bestiaire allait paraître, Maurice Genevoix rédigea en quelques semaines un petit livre : La mort de près. Ce texte, méconnu mais capital, se lit comme un écho resserré aux récits de Ceux de 14, avec l'émotion sobre et la précision sensorielle caractéristiques du style de Genevoix. Joseph Kessel lui écrira : « J'ai été très bouleversé. Le témoin, le professionnel, l'ami, tous ces personnages en moi te couvrent de louanges et te disent merci» (lettre à Genevoix, 29 juillet 1972, n° 123 de l'exposition à la BHVP, 1991). La mort a frôlé Genevoix aux Éparges, une colline de la Meuse disputée aux Allemands. Plusieurs fois : d'abord en septembre 1914, lorsqu'un éclat d'obus reçu dans le ventre l'avait renversé. Il avait vu ses hommes continuer la charge, pendant qu'on le tirait à l'abri sous un hêtre ; envahi par l'image d'un camarade croisé juste avant qui portait ses entrailles avant de s'effrondrer, il palpa son ventre : il est indemne. Le projectile avait rebondi contre un bouton d'acier et la boucle de son ceinturon. Même scénario trois mois plus tard, quand un obus a explosé à quelques mètres, réduisant en charpie les deux soldats à ses côtés : « J'étais encore indemne. Il ne fallut que quelques instants pour que le monde se reconstituât, dans sa hideur et sa barbarie. ». Ce fut enfin la troisième fois, décisive, le 25 avril 1915 - dernier jour du récit de Sous Verdun. Trois balles, tirées par le même soldat allemand ; deux déchirèrent son bras gauche, l'une traversa un poumon. « Pas un instant, sauf dans l'hébétude du choc [...] je n'avais perdu conscience. [...] Je souffrais beaucoup. La sensation du danger fondait sur moi, m'envahissait, s'exacerbait». Les brancardiers le déplace en arrière de la ligne de feu, malgré les obus qui, tout autour d'eux, brisent les hêtres des Hauts de Meuse. Il faudra onze heures d'un voyage pénible pour arriver à un hôpital à Verdun. Hospitalisé pendant sept mois, il est déclaré invalide à 80 % et perdra l'usage de sa main gauche. De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.
Nouvelle édition, donnant le texte définitif : exemplaire passablement annoté Paris, Grasset, (2 juillet) 1953. 1 vol. (120 x 185 mm) de 301 p., [3] et 1 f. Broché, sous couverture illustrée et étui. Exemplaire corrigé de la nouvelle édition de Raboliot, donnant l'édition ne variatur, et considérablement annoté en vue d'une lecture. Le volume comporte en tête cette note autographe : « Exemplaire revu pour la lecture au micro. Il faudra reporter les suppressions (en remaniant) sur un autre exemplaire destiné à l'édition illustrée Delagrave. Là, peut-être, retenir certaines de ces modifications (bien moindres), en prévision d'une nouvelle édition Grasset ».
Élu à l'Académie française en 1949, Genevoix entre au Panthéon des Lettres. La publication en 1950 de Ceux de 14 vient encore asseoir cette position. C'est dans ce contexte qu'il décide de revoir Raboliot, en prévision de son entrée dans la collection du Livre de Poche. Au-delà des corrections typographiques, il émonde et clarifie plusieurs passages, supprime des paragraphes jugés inutiles, ou des tournures qu'il estime désormais relever de « préciosités de style ». L'équivalent de 26 pages sera ainsi retranché du texte original. Ce tirage de 1953, qualifié de « nouvelle édition », comporte un avant-propos où il justifie sa démarche : «Ce n'est pas la première fois que la réimpression d'un de mes livres m'a exposé à une tentation : au point que cette tentation-là m'est devenue peu à peu familière et que j'ai appris du même coup à m'en méfier, en général jusqu'à n'y point céder. Si je l'ai fait cette fois, c'est bien un peu parce que les hommes, si raisonnables qu'ils se croient être, se plaisent aux faiblesses qu'ils s'accordent. Mais c'est aussi parce qu'un long intervalle de temps permet à un romancier de réagir plus objectivement à une histoire qu'il a racontée, d'en percevoir plus véridiquement les échos. Comment, dès lors, ne point céder ? Voici donc un Raboliot que je n'ai point voulu différent, ni artificiellement rajeuni, mais un peu plus près de l'image que, les années et la vie passant, je me fais maintenant de lui. » Dans ce contexte, Genevoix prépare aussi une lecture radiophonique du texte : l'exemplaire présente un découpage du roman en 28 séquences, minuté et annoté. À la page 95, il note : «J'avais enregistré jusqu'ici 7 lectures. Il faudrait enregistrer de nouveau à cause du temps imposé à chaque lecture : 19' maximum... ». En plus des coupes nécessaires au minutage, Genevoix retravaille certains passages : ajouts lexicaux, suppressions de mots, simplification de tournures. De nombreuses corrections portent aussi sur le fond, destinées à la stabilisation du texte pour les futures éditions. Déjà, en novembre 1952, Genevoix avait donné une conférence à la radio nationale, précédée d'une longue lecture. Il y confessait qu'il ne saurait dire si Raboliot est son meilleur roman, mais qu'il demeure « celui auquel il reste le plus attaché ». Il rappelle que Raboliot n'est pas un roman inventé, mais « le roman d'une vérité vécue » : une oeuvre née de la terre solognote, de ses hommes et de ses forêts. Il dit l'avoir allégée, épurée, afin de laisser la force du personnage s'exprimer sans apprêt : «Revoir mes phrases vingt-cinq ans plus tard, c'était comme croiser un jeune homme qu'on a été : j'y ai laissé l'élan, ôté le superflu. » Comme à son habitude, Genevoix a rehaussé sur la couverture le titre de l'ouvrage pour identifier cet exemplaire de travail. Cet exemplaire a figuré dans l'exposition « Maurice Genevoix» organisée à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (12 décembre 1990 - 12 février 1991, n° 186 du catalogue). De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles » (ex-libris).
Exemplaire de travail, abondamment corrigé, pour l'édition définitive Paris, Ernest Flammarion, (juin) 1924. 1 vol. (115 x 180 mm) de 300 p. et 1 f. Broché. Édition originale et premier tirage. Exemplaire de travail de l’auteur, abondamment corrigé en vue de la réédition de 1960 sous le titre Vaincre à Olympie. Dans les marges, Maurice Genevoix appose une série de notes autographes détaillées, tant sur la forme que sur le fond, destinées à soigner son texte et repérer les défaillances de l’impression initiale. Comme à son habitude, Genevoix s'est amusé à entourer chaque lettre du titre et de la marque éditeur de la couverture.
Longue note autographe en tête : «Exemplaire de travail pour la réimpression de 1960. Bon pour corrections sur la deuxième édition. Maurice Genevoix. En dehors des corrections proprement dites, d'ailleurs corrections de détails (voir aux pp. 11, 22, 25 (...) 270, 299), j'ai signalé un peu partout un grand nombre de lettres égratignées, écrasées, brouillées, effacées à moitié ou même tout à fait blanches (voir notamment aux pp. 157, 164, 202, 222, 223). Je prie qu'on apporte le plus de soin possible à cet égard, car la tenue typographique de ce premier tirage souffre de cet état de choses. M.G.». Enfin, à la page de titre, celui de 1924 est surligné de cette note : « titre : Vaincre à Olympie». Pendant sa scolarité orléanaise, Genevoix fréquentait le lycée Pothier d'Orléans, où il pratique les agrès à un niveau de compétition et est membre, rappelle-t-il dans Trente mille jours, de la « glorieuse USLO[Union sportive du Lycée d'Orléans], championne scolaire du Centre-Ouest », au service d'un seul sport, le rugby, en tant que demi d'ouverture. Il est surnommé « Fouinotte » pour « [son] coup d'oeil et [son] adresse dans la capture du ballon ovale entre les pieds des talonneurs ». Il poursuit son entretien physique pendant les deux années de classe préparatoire au lycée Lakanal de Sceaux. Les jambes, et la tête : à l'oral du concours d'entrée à l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, Genevoix choisit comme « question spéciale » : « Les Jeux olympiques ». Un concours brillamment réussi puisqu'il termine «cacique», c'est-à-dire premier au concours d'entrée. Il décide d'effectuer aussitôt une des deux années de son service militaire, comme le permettait le statut particulier des élèves admis aux Grandes Ecoles : affecté à Bordeaux, au 144e Régiment d'infanterie, il y parfait le plaisir du sport, qu'il ira développer ensuite au Bataillon de Joinville - alors appelée École normale militaire de gymnastique, créée en 1852 - qui rassemble déjà à l'époque la fine fleur des sportifs de passage sous les drapeaux. En juillet 14, écrit Jean Guitton, « Genevoix est maître de son corps, capable comme un bel athlète d'Olympie de commander à chaque muscle, - maître aussi déjà du langage, de ces mots qui sont les muscles intérieurs, il était un jeune Grec, comme Platon les figure ». Cette forme physique va peut-être lui sauver la vie, quand il sera temps de rejoindre le front de Verdun. Il revient de la guerre mutilé : le sport, mais même l'activité physique, ne deviennent alors plus qu'un souvenir. Après les romans-témoignages, n'a-t-il pas cherché avec la rédaction d'Euthymos à reconquérir par l'écriture la virtuosité de mouvement de sa jeunesse, dont la guerre l'avait définitivement privé ? La rédaction en sera terminée en avril, et la publication est prête pour juin 1924 : elle paraît quelques jours avec l'ouverture des jeux olympiques de Paris, qui s'ouvrent le 5 juillet 1924. C'est à l'issue de la rédaction et de la publication d'Euthymos que Genevoix se lancer, à compter, de novembre 1924, dans la rédaction de Raboliot.