Les mécènes à la rescousse de l'effort de guerre [Paris, 16 mars 1915]. 1 page en 1 f. (210 x 270 mm) a en-tête de la revue Le Mot, enveloppe conservée. « Comme je suis content que vous aimiez notre beau projet de contre-offensive. Il faudrait que les Alliés m'aident. À Dimanche. Jean Cocteau ».
Brève et enthousiaste, cette lettre autographe signée de Jean Cocteau s'adresse à Cypa Godebsky, le demi-frère de Misia Sert : Le projet dont il est question ici est Le Mot, revue patriotique d'art et de propagande fondée par Cocteau et Paul Iribe en novembre 1914. Si Cocteau a été réformé, il ne reste pas inactif : engagé comme brancardier de la Croix-Rouge, il assiste au bombardement de Reims et participe à l'évacuation des blessés. Le traumatisme est fort. De retour à Paris, il fonde cette revue à la fois graphique, belliqueuse et provocante, exploitant un patriotisme sans nuances. Le Mot connaîtra vingt numéros entre novembre 1914 et juillet 1915. Pour mener à bien l'entreprise, Cocteau doit en financer la poursuite : il sollicite alors des mécènes, notamment Cypa Godebsky, rencontré lors des convois sanitaires à Reims, et dont le salon est réputé pour accueillir les grands artistes et écrivains du moment - de Valéry à Gide, de Satie à Vuillard, de Fargue à Conrad. Les Godebsky, installés rue d'Athènes et à La Grangette à Valvins, jouent un rôle essentiel dans l'écosystème artistique de l'époque. Leur générosité ne s'exerce pas à distance : Ravel dédicacera son Ma Mère l'Oye aux enfants du couple, Jean et Mimi. Dans ce contexte, la lettre de Cocteau, datée du 16 mars 1915, marque un moment décisif : celui de la recherche de soutiens. «À dimanche» renvoie aux célèbres soirées Godebsky, où Cocteau espère rallier un allié de plus à son «beau projet de contre-offensive» artistique - contre l'ennemi, mais aussi contre l'indifférence. Nulle surprise de trouver chez eux un écho favorable au Mot de Cocteau, à qui ils donnent rendez-vous au prochain dimanche. Un allié de plus pour l'écrivain, qui mènera à son terme la revue dont le dernier et vingtième numéro paraîtra en juillet 1915.
Tirage et édition rare, sur papier fin, signé par Cocteau Paris, Éditions des Réverbères, s.d. [8 mars 1939]. 1 vol. (100 x 200 mm) de [2], 12 et [2] f. Cousue, imprimée sur un papier népal fin. Édition originale. Tirage unique à 137 exemplaires hors commerce (n° [8]7), justifié par le poète au crayon bleu, avec son étoile au même crayon au feuillet précédent la justification.
Étrange et précieuse publication : le poème, l'un des plus beaux de Cocteau, condense son mystère dans un texte bref, sans clé ni clôture, fidèle à son titre : Énigme. Le frontispice, également gravé, représente un écu couronné et un profil d'homme signé «Jean», accompagné de l'étoile emblématique qui jalonne son oeuvre graphique. Tirage annoncé à 137 exemplaires hors commerce, mais que l'auteur lui-même juge incertain. Dans une lettre adressée en 1952 à la BnF, Cocteau confesse : «De très jeunes gens firent cette édition. Il me semble bien que le papier des Réverbères est un papier très quelconque et du genre papier d'emballage. [...] Je ne possède plus moi-même aucun exemplaire.» Tous les exemplaires furent justifiés de la main de Cocteau au crayon bleu, souvent accompagnés de son étoile manuscrite : ici, notre exemplaire porte le n° [8]7, justifié et marqué de cette même étoile au feuillet liminaire. L'extrême fragilité du papier et la difficulté technique de l'impression ont contribué à faire de cette plaquette l'un des Cocteau les plus rares à rencontrer complet et en bon état et « il se peut que le tirage ait été inférieur à celui annoncé » (Cocteau, OC, La Pléiade, 1999). Très bel exemplaire. Jean Cocteau et son temps, cat. BnF 1966, n° 401 - D. Gullentops in Jean Cocteau, OEuvres poétiques complètes, coll. Pléiade, Gallimard, 1999.
Paris, Mercure de France, (25 mai) 1910. 1 vol. (115 x 185 mm) de 172 p., Bradel demi-basane imitation écorce, dos lisse, titre et fleurons dorés, filets sur les plats, tête dorée, date en pied, couverture conservée (reliure de l'époque signée de Vermorel). Édition originale. Envoi signé : «à ma tante, qui est mon amie, Jean Cocteau». Bel exemplaire en reliure d'époque, bien établie.
C'est en 1909 que paraît le premier ouvrage de Jean Cocteau, La Lampe d'Aladin, dès cette période, il fréquente des artistes bohêmes et on le surnomme déjà « le prince frivole » dans ce milieu : c'est le titre qu'il retient pour son second recueil, à paraître l'année suivante. Grâce à son oncle, Raymond Lecomte, Cocteau avait été introduit dans les salons mondains, où sa mère cotoyait Nadar ou Jacques-Émile Blanche. Ce diplomate, homosexuel, compta beaucoup pour le jeune homme, tout comme toute la branche maternelle, « Les Eugène », comme les surnomme Cocteau, qui témoignent de l'influence considérable qu'eurent son grand-père, sa mère [prénommés Eugène et Eugénie] et ses oncles et tantes sur son imaginaire, au point d'inspirer Le Potomak, paru en 1914. Des « Eugène », Cocteau avait deux oncles : Raymond, donc, et Maurice, qui est aussi son parrain. Ce dernier avait épousé en 1884 Marie Jacob, six ans avant le baptême de Jean Cocteau, le 21 juillet 1890. C'est chez son oncle et sa tante que le jeune garçon trouvera refuge en mars 1898, quelques jours avant le suicide de son père, le 5 avril. Marie Lecomte s'occupera de son neveu plusieurs semaines durant lors de cette période difficile et les liens familiaux entre eux deux seront toujours présents. Maurice Lecomte sera également le témoin de mariage, en 1901, de la soeur de Jean Cocteau, Marthe. Il décède en 1929 mais Marie Lecomte lui survivra vingt-six ans, jusqu'en 1955. On ne connaît que deux autres envois à cette tante, l'un sur Le Potomak, l'autre sur Thomas l'imposteur.
Revue complète. Exemplaire Poulenc avec envoi Paris, aux bureaux de la revue, imp. Crété, 1914 et 1915. 1 vol. (275 x 475 mm). Cartonnage bradel papier marbré, pièce de titre (reliure de l'époque). Édition originale et collection complète des 20 numéros de cette revue parue entre le 28 novembre 1914 et le 1er juillet 1915. Exemplaire avec le double état de la couverture du n° 8 (premier état censuré et très peu diffusé) et le feuillet d’annonce pour la parution du 20 mars 1915 interdite par la censure. Envoi signé : «à Francis Poulenc, son ami Jean Cocteau, 1918».
Revue fondée par Jean Cocteau et Paul Iribe au cœur de la guerre, Le Mot capte la violence du conflit jusque dans ses images : patriotisme offensif des premiers numéros, puis ouverture rapide aux modernités graphiques — bois de Raoul Dufy, collaborations d’Albert Gleizes, Léon Bakst, André Lhote ; Cocteau y signe dessins et caricatures sous le pseudonyme « Jim » (pseudonyme emprunté à son chien). Réformé mais engagé à la Croix-Rouge, présent aux évacuations de blessés après les bombardements de Reims, Cocteau transpose dans la revue un sens aigu de l’actualité et de la propagande visuelle, bientôt heurté par la censure. Le recueil est présenté en collection complète, dans un cartonnage commandé par Fracis Poulenc : il réunit les 20 numéros de publication, dont le double état de la couverture du n° 8. Provenance de premier plan : Francis Poulenc (1899-1963) fera partie du groupe des « Six », fondé par Cocteau après son manifeste Le Coq et l’Arlequin (1918) ; la dédicace date précisément ce moment, l’amitié et le compagnonnage. Poulenc mettra en musique les Cocardes (1919) sur des textes de Cocteau, participe au ballet collectif Les Mariés de la tour Eiffel (1921, argument de Cocteau) et retrouvera son univers dans La Voix humaine (1959). Sommaire : N°1 - 28 novembre 1914 ;N°2 - 7 décembre 1914 ;N°3 - 19 novembre 1914 ;N°4 - 2 janvier 1915 ;N°5 - 9 janvier 1915 ;N°6 - 16 janvier 1915 ;N°7 - 23 janvier 1915 ;N°8 - 30 janvier 1915 - 2 couvertures dont la première censurée ;N°9 - 6 février 1915 ;N°10 - 13 février 1915 - avec la double page pour la gravure de Dufy ;N°11 - 20 février 1915 ;N°12 - 27 février 1915 ;N°14 - 13 mars 1915, avec le feuillet d'annonce pour le numéro du samedi 20 mars interdit par la censure ;N°15 - 27 mars 1915 ;N°16 - 3 avril 1915 (mouillures sur les feuillets de ce numéro) ;N°17 - 1er mai 1915 ;N°18 - 1er juin 1915 ;N°19 - 15 juin 1915 ;N°20 - 1er juillet 1915.
(1951).280 feuillets de divers formats, in-folio pliés, in-4, ou in-8, sur divers papiers, principalement sur vélin des papeteries Lalo, provenant de blocs. Ces feuillets, souvent écrits au recto seul, sont écrits au stylo bille bleu, rouge ou au crayon à papier.
Ce fort dossier de plus de 280 feuillets d’esquisses, notes, brouillons, ébauches… retrace l’élaboration de cet ouvrage complexe. Il s’accompagne de 7 dessins originaux, dont un portrait de profil de Francine Weisweiller; 4 portraits de Jean Marais, 1 esquisse, et 3 portraits, dont 1 très cubiste sur un feuillet in-folio plié, et 1 représentant «Doudou», Edouard Dermit, que Cocteau adoptera et qui sera son légataire universel. Le dossier du chantier de Bacchus illustre bien la nouvelle méthode de travail de Cocteau, inspirée de son travail de peintre. Tous ces fragments de scènes, inlassablement reprises, sont autant de couches que, tel un peintre, le dramaturge reprend l’une après l’autre. Les feuillets épars, sur lesquels ne se trouvent parfois qu’une ou deux répliques, sont comme les premiers traits de crayon. Entre cent exemples, on peut relever ce dialogue: « – C’est un crétin. – Non, un idiot. – C’est pareil. – Non, le crétin est un idiot pensant »... Ces répliques acquièrent du volume dans les esquisses de deux ou trois pages, où l’on voit le dialogue prendre forme, la scène s’ébaucher. Dans ces premiers brouillons, le héros s’appelle encore Ulrich. Des personnages qui ne seront pas retenus surgissent, comme un curé, et l’on voit que Cocteau a même songé à introduire dans sa pièce le Diable en personne. La scène du conseil des édiles, celle entre Ulrich et l’évêque émergent particulièrement de ce maquis d’ébauches. On relève également plusieurs pages de « phrases », où Cocteau a noté plusieurs de ces formules géniales dont il avait le secret : ainsi « Les murs ont des oreilles. Les oreilles ont des murs », que l’on retrouvera à la scène 6 de l’acte II, ou « – La foule m’aime. – Elle est bien la seule ».Très important ensemble préparatoire permettant de suivre avec précision le travail de Jean Cocteau. Touchante provenance d’une des plus proches et fidèles amies, Francine Weisweiller, de Jean Cocteau, qui séjourna souvent dans sa célèbre Villa Santo-Sospir.
COCTEAU JEAN (1889-1963, )ALBIN GUILLOT LAURE (1879-1962), ROSSIANO GRAZIATI ALDO (1905-1953)
Reference : 100005
(1947)
Paris Nouvelles Editions Françaises 1947 In-folio en feuilles 328x250mm, portrait, frontispice, 152 pages. (y compris les 21 photographies hors texte) et 21 photographies supplémentaires constituant la suite. Etui titré et emboîtage. Un des 25 exemplaires hors commerce comportant le portrait photographique original de Jean Cocteau par Laure Albin Guillot signé par l'artiste et la photographe et la suite supplémentaire des 21 photographies de Rossiano Graziati Aldo. Les illustrations photographiques ont été imprimées sur les presses héliogravure de Draeger Frères à partir des photographies de plateau de Rossiano Graziati Aldo sous la direction de Jean Hubert, directeur de la photographie pour le film. Aldo, ami de Cocteau, avait déjà collaboré à La Belle et la Bête. Le film de Jean Delannoy, sorti en 1943, est une transposition moderne par Jean Cocteau de la légende amoureuse de Tristan et Iseult interprétée par le couple idéal de l'occupation Jean Marais et Madeleine Sologne poursuivis par la jalousie et la haine du nain Piéral et de Yvonne de Bray. Le portrait de Jean Cocteau est un tirage original sur papier sensibilisé brossé à la main par Laure Albin Guillot. (100005)
Pas de jaquette Couverture rigide Signé par l'auteur First Edition 48 pages. Très bon
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Paris, Gallimard, (juin) 1941. 1 vol. (120 x 190 mm) de 89 p. et [1]f. Broché. Édition originale. Un des 75 exemplaires sur alfax Navarre, celui-ci parmi les 10 hors commerce (n° XVIII). Envoi signé : «à mon très cher André Gide, Jean».
Les rapports entre les deux hommes s’étaient envenimés au moment de la parution de Potomak, en 1919, lorsque Gide s’en était pris aux poèmes du Cap de Bonne Espérance : « Il m’appela comme un élève en faute chez le maître d’école, et me lut une lettre ouverte qu’il me destinait. On m’adresse pas mal de lettres ouvertes. Dans celle de Gide, je figurais en écureuil, et Gide en ours au pied de l’arbre. Je sautais des marches et de branche en branche. Bref, je recevais une semonce et je devais la recevoir en public. Je lui déclarai qu’à cette lettre ouverte je comptais répondre. Il renifla, opina du bonnet, me dit que rien n’était plus riche, ni plus instructif que ces échanges. On se doute que Jacques Rivière refusa de publier ma réponse dans la N.R.F. où Gide avait publié sa lettre. Elle était assez rude, je l’avoue. J’y constatais que la maison de Gide, villa Montmorency, ne regardait pas en face, que ses fenêtres donnaient toutes de l’autre côté ». À cette « Lettre ouverte à Jean Cocteau » parue dans La NRF en juin 1919, Cocteau répliqua dans Les Écrits nouveaux de juin-juillet : « Il y a en vous du pasteur et de la bacchante ». Nouvelle riposte de Gide dans la même revue en octobre, lui reprochant « non point tant de suivre, que de feindre de précéder ». La rivalité intellectuelle et l’estime distanciée durera tout au long de la vie respective des deux hommes, au cours de laquelle ils se croisent aux éditions Gallimard et dans les dîners en ville, notamment chez les de Noailles. Cocteau y reviendra dans son Journal d’un inconnu : « J’aimais Gide et il m’agaçait. Je l’agaçais et il m’aimait. Nous sommes quittes. […] Au terme de sa vie, il vint dans ma maison de campagne avec Herbart. Il souhaitait que je fisse la mise en scène d’un film qu’il tirait d’Isabelle. À l’œil d’Herbart, je devinai qu’il pataugeait. Le film était médiocre. Je le lui expliquai dans une note écrite, et qu’on attendait plutôt de lui un film des Faux-Monnayeurs, ou des Caves. Il jubilait de m’entendre lire une note. Il empocha cette note. Il est possible qu’on la retrouve dans quelque tiroir. Nos contacts furent agréables jusqu’à sa fin, jusqu’à la lettre où Jean Paulhan me le décrivait comme pétrifié sur son lit de mort. » Gide, dès août 1914, avait marqué ses distances : « Jean Cocteau m’avait donné rendez-vous à un ‘thé anglais’ au coin de la rue de Ponthieu et de l’avenue d’Antin. Je n’ai pas eu de plaisir à le revoir, malgré son extrême gentillesse ; mais il est incapable de gravité et toutes ses pensées, ses mots d’esprits, ses sensations, tout cet extraordinaire brio de son parler habituel me choquait comme un article de luxe étalé en temps de famine et de deuil […]. Il y a chez lui l’insouciance du Gavroche ; c’est près de lui que je me sens le plus maladroit, le plus lourd, le plus morose ».
1960 disque France, Columbia FC 1076, vers 1960, 33trs, 25cm, sous coffret illustré d'un dessin de Jean Cocteau.Scènes extraites du film, introduction et textes de liaison par Jean Cocteau. Avec les voix de Jean Cocteau, Henri Crémieux, Maria Casarès, François Périer et Edouard Dermit. Bel état. (103144)
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Paris Société Générale d'Impression 1910 Six vers de Jean Cocteau / Six dessins de Paul Iribe 310x305mm, 16p., broché sous couverture imprimée en rouge et noir. Six compositions pleine page de Paul Iribe, chacune illustrant un des vers de Cocteau imprimés en tête d'ouvrage. Un des 934 exemplaires sur japon, d'un tirage total de 1004. « Je ne sais plus s'il m'étonne davantage par le miracle de ses vols ou par l'intensité de son jeu. [.] Le Spectre de la rose, c'est Nijinsky. Dans un costume aux pétales frisés auquel le rêve de la jeune fille ajoute peut-être l'image précise d'un récent danseur, il pénètre parmi les cretonnes bleues avec la chaude nuit de juin. Il mime et concentre tout ce qui, jusqu'alors, me semblait intraduisible d'un triste et superbe assaut d'arôme. Orgueilleux de sa rouge turbulence il tournoie en suaves remous, imprègne les rideaux de mousseline et enveloppe la dormeuse d'un voile tenace. Rien de plus extraordinaire ! La magie est telle qu'il recommence la fête, peuple un sommeil enfantin de douces voltiges et tout à coup, après un adieu final à sa chère victime, par la fenêtre béante, il s'évapore d'un bond si pathétique, si contraire à toutes les lois d'équilibre, si courbe et si haut que jamais plus la fuite et le retour d'un parfum de rose ne pourront m'assaillir sans que mon odorat s'augmente d'un fantôme ineffaçable. J'éprouve à voir Nijinsky le plaisir illimité de l'art et l'allégresse précise des mathématiques. Il fait sans cesse la preuve de son génial problème, et son prestige émane de cet équilibre. » (Jean Cocteau, Comodia illustré du 15 juin 1911.) Bel exemplaire malgré un petit pli au coin supérieur gauche n'affectant que les premières pages.(100205)
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Broché, 20X13 cm, 1983, 63 pages, collection Le calepin, éditions théatre de l'atelier et théatre actuel. Bon état.
Paris, Stock, 1923. 2 vol. (120 x 190 mm) de 203 p., [2] et 1 f. ; 48 p. et 1 f. Brochés, sous chemise et étui papier. Édition originale. Exemplaire imprimé du service de presse pour le second volume. Envois signés aux deux volumes : « bonjour Kiki [Moïse Kisling], je t'embrasse, Jean, mai 1923 » et « à mon cher Kiki, Jean, juin 1923 ».
Jean Cocteau annonça à sa mère les contours du personnage qu'il méditait pour La Moitié d'ombre, premier titre du Grand écart. «Ce sera un coeur riche et pur mêlé aux bassesses d'une ville, et qui marche au bord, comme les somnambules au bord d'un toit. Une sensibilité qui désire dans le vague, et trouve une réponse courte et se dépense comme s'il s'agissait d'un amour maternel». Quinze ans après son aventure avec la comédienne Madeleine Carlier, l'auteur tissait sur la trame de cet amour malheureux un roman bref, comme une esquisse de Thomas l'imposteur publié une semaine après Le Grand écart. Mais tous deux ne connurent pas le même succès. L'on raconta volontiers que le cabaretier Louis Moyses - patron du Gaya et prince du Boeuf sur le toit - baptisa son nouveau cabaret montmartrois Le Grand écart, lequel reçut en un mois davantage de visiteurs que le livre n'eut jamais de lecteurs... C'est en se frayant un chemin dans l'antre des Editons de La Sirène dirigées par Blaise Cendrars que Jean Cocteau investira après la première guerre mondiale l'univers des peintres de Montparnasse. Moïse Kisling fera son portrait, en noeud papillon et en guêtres, dans une pose sage avec à ses pieds le chien Kouski. Bel ensemble de belle provenance.
S.l., 29 novembre 1959 1 f. (210 x 270 mm), au stylo noir. Belle lettre à Marlène Dietrich.
" Marlène chérie, je ne t'ai pas téléphoné hier parce que je t'appelais du restaurant de Saint Maurice et que le téléphone était détraqué dans ma loge. Je n'aurais pas aimé te dire, même à l'oreille, en public, ma tristesse d'être retenu loin de toi par le travail. Voilà : si jamais tu fais traduire mon texte du programme, ce n'est pas le mot arme mais âme qu'il fallait lire. Il est vrai que tu es aussi une arme à tuer la laideur et la sottise. Je t'embrasse, Jean. " La veille, le 28 novembre 1959, Cocteau était venu féliciter Dietrich sur la scène du Théâtre de l'Etoile et son récital, pour lequel il avait composé le programme. Parmi les 1500 spectateurs, se distinguaient Orson Welles, Noël Coward, Jean Cocteau, Michel Simon, Jean-Pierre Aumont, Maurice Chevalier, Martine Carol, la Bégum Aga Khan. ... Marlene Dietrich apparut dans une extraordinaire robe de scène ; un peu de rien, beaucoup de mousseline. Et quinze représentations exceptionnelles, où elle avait supprimé " Lili Marlene "de son tour de chant : « Cette chanson peut réveiller un bruit de bottes pour certains spectateurs et je ne veux pas les blesser». " Marlène Dietrich a un nom qui commence par une caresse et s'achève par un coup de cravache."
Paris, Stock, 1923. 1 vol. (120 x 185 mm) de 2, [2] f., 48 p. et 1 f. Broché. Édition originale. Envoi signé : « Ma sœur, nous ne nous voyons plus – mon cœur vous visite, Jean, juin 1923 ».
Cocteau est le benjamin d'une fratrie de trois enfants, Marthe et Paul étant respectivement de douze et de huit ans ses aînés. Cet écart d'âge le conduit naturellement à partager plutôt les jeux de ses cousins germains, Pierre et Marianne Lecomte. De son enfance, l'on ne sait bien que ce qui demeurera de la relation particulière entretenue toute sa vie avec sa mère : plus proche et plus tendre qu'avec aucun et aucune autre ; ainsi que le drame ayant rompu l'atmosphère joyeuse et paisible de la famille Cocteau : le suicide de son père quand il a neuf ans, très rarement évoqué par le poète, comme cette soeur Marthe dont il note ici l'éloignement de la relation. Dans l'hôtel particulier de la rue La Bruyère du IXe arrondissement ou lors des séjours d'été dans demeure familiale de Maisons-Laffitte où toute la famille se réunit l'été, point de souvenirs écrits, points d'échanges relatés aux amis avec cette soeur, qui se mariera une première fois en 1901 avec un négociant, Jean Raymon ; puis, en secondes noces en 1936, avec Henri Boussard de la Chapelle dont elle restera veuve jusqu'à sa mort en 1958. Entre Jean et Marthe aucune correspondance à notre connaissance ; aucun autre exemplaire dédicacé que celui-ci et un pauvre papier de notaire qui les réunit deux ans avant la mort de Marthe pour la cession d'un terrain sur la commune de Clichy. Désert des échanges dont l'histoire, un jour, peut-être, donnera le secret... Écrit a l'automne 1922 a Pramousquier, dans la villa Croix-fleurie, pendant la rédaction du Bal du Comte d'Orgel, la composition de Plain-chant étonne son auteur même : « j'ai reçu (il n'y a pas d'autres termes) 40 pages de poésie », ecrit-il a Max Jacob (lettre du 18 octobre 1922). Le caractère mystique de cette genèse n'est sans doute pas sans rapport avec le titre du recueil qui évoque, on le sait, le chant grégorien. Rare provenance.
ACCRO SUR 4 EME PLAT BON ETAT Thomas l'imposteur , Cocteau Jean Nrf Gallimard 1965
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BROCHE 1952 PHOTOS SUR DEMANDE
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Broché bon état .Contenu propre .Dos insolé . 1966. 190 pages . PHOTOS SUR DEMANDE
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BROCHE 1922 EDITION DE LA SIRENE.EDITION ORIGINALE NUMEROTEE. UN DES 1138 EXEMPLAIRES SUR PAPIER ALFA VELIN D ECOSSE.NUMERO 731. PARFAIT ETAT.
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Paris, Gallimard, (11 juin) 1956 1 vol. (120 x 185 mm) de 231 p., [3] f. et 1 f. Broché. Édition originale, avec mention de "5e édition". Envoi signé : « à mon Jeannot [Jean Marais] à mon soleil, Jean ».
Pour l'oeuvre de Cocteau, André Malraux eut à plusieurs reprises un oeil sévère et définitif : « À soixante ans, Cocteau ne sait toujours pas s'il doit versifier comme Anna de Noailles ou comme Max Jacob ; s'il faut peindre comme Ingres ou comme Picasso ; imiter Racine ou Porto-Riche ». Rien cependant ne sembla désarmer le poète dont les dédicaces restèrent toujours affectueuses.
Broché, 27X21 cm, catalogue aristophil n° 27 de la vente réalisée le mercredi 4 décembre 2019, nombreuses illustrations. Très bon état.
Paris, Gallimard, (février) 1940 1 vol. (120 x 190 mm) de 195 p., [1] et 1 f. Broché. Édition originale. Un des 45 exemplaires sur pur fil réservés à l'auteur, parmi les 15 hors commerce (n° a). Envoi signé : « Mon cher André [Gide] que vous dire ? vous savez que je vous aime malgré tout. Jean ».
Cocteau, ainsi qu'il le notait dans son journal en janvier 1944 estime que c'est dans Essai de critique indirecte et ce Potomak qu'il aura mis le plus de lui-même. Le monstre gélatineux Potomak, visible dans le premier roman éponyme, est absent de cette nouvelle version de 1940, mais n'en continue pas moins de délivrer ses messages. Même ceux de l'apaisement envers André Gide : leurs rapports s'étaient envenimés au moment de la parution du même Potomak, en 1919, lorsque Gide s'en était pris aux poèmes du Cap de Bonne Espérance et au manque de compétence musicale de Cocteau. Celui-ci avait répliqué de façon acerbe et leurs échanges depuis lors, avaient toujours été marqués d'un mélange d'estime et de rivalité intellectuelle. « Malgré tout »
Plon 1928 (retirage de 1955), in-12 broché, 203 p. (papier légèrement bruni, sinon très bon état) Dessin de Cocteau en frontispice, dédié à son ami Jacques Maritain. Deux pièces qui reflètent les tentatives de Cocteau d'adapter la tragédie antique au rythme de son époque.
Plon "Le Roseau d'Or" 1928, in-8 broché, 203 p. (rares rousseurs, sinon très bon état) Edition originale, tirée à 4962 exemplaires, 1 des 4750 numérotés sur alfa ; dessin de Cocteau en frontispice, dédié à son ami Jacques Maritain. Deux pièces qui reflètent les tentatives de Cocteau d'adapter la tragédie antique au rythme de son époque.
S.D. TEXTE DE PREMIER JET (nombreuses ratures et ajouts) DE LA PLAQUETTE SIGNÉE JEAN COCTEAU, INTITULÉE : « ROBERT GOFFIN LHOMME ET LE POÈTE » PARUE CHEZ « LA PETITE DRYADE » EN 1961, AU SUJET DES RECHERCHES DE GOFFIN SUR ARTHUR RIMBAUD : …Avocat et poète, Robert Goffin sera donc d'office l'avocat du diable. Seulement, si le diable se fait parfois prendre pour Dieu, il arrive que Dieu se fasse prendre pour le Diable afin de mettre en éveil la perspicacité d'une vertu trop sûre d'elle-même. J'admire l'aisance avec laquelle Goffin se débrouille dans notre interminable procès. N'est-il pas le vrai défenseur de Rimbaud et de Verlaine, gagnant sa cause sans mensonges ? Le secret de cette réussite vient de ce qu'il habite le même monde que les coupables et connaît le mystère de la véritable innocence. Il triomphe par amour, sachant que de toutes les armes l'amour reste encore la plus efficace, et celle qui ne trompe jamais, à la longue…Robert Goffin (1898-1984) "entre en poésie" par son grand-père qui connaissait Victor Hugo. « Le souvenir de Victor Hugo a été suffisant pour ensemencer toute la famille », avait-il confié. En 1921, il fonde la revue La Lanterne sourde pour laquelle il fait appel à deux poètes parisiens : Blaise Cendrars et Jean Cocteau. La très haute idée de l'amitié lui fit dire qu'on meurt un peu avec les amis qui meurent. Son opinion sur Jean Cocteau est dithyrambique ; il avait déclaré à son sujet « C'est probablement l'homme le plus intelligent que j'ai rencontré. Cocteau parlait de choses qui dépassaient l'imagination » ; Goffin rapporte la définition que Cocteau donnait alors de la poésie : elle est comme le sifflet d'Hermès que seule l'ouïe des chiens peut entendre et donc destinée aux oreilles qui ont des caractéristiques particulières. En 1920, Robert Goffin découvre Clément Pansaers et le Dadaïsme, il entend les premiers airs de ragtime apportés par les américains et bouleversé par ces contretemps, il comprend alors que l'aventure de l'art moderne doit s'incarner dans une rupture et une concomitance entre les phénomènes de la poésie moderne, de la musique et de la peinture modernes.Cocteau et Goffin entretinrent une longue et fructueuse amitié, ponctuée de séjours réciproques : Goffin, rendit régulièrement visite à Cocteau, rue Montpensier puis à Milly-la-Forêt. Il alla également chez Francine Weisweiller à la Villa Santo-Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat tandis que Cocteau vint se reposer à Sept Fontaines où Robert Goffin avait écrit Aux Frontières du jazz. Une rare plaquette signée Jean Cocteau, parut en 1961 dans la collection de la « Petite Dryade» à Virton. Elle s'intitule Robert Goffin : l'homme et le poète. Cocteau s'y exprima au sujet des recherches de Goffin sur Arthur Rimbaud. Références bibliographiques: Marc Danval, Le doux géant et le funambule. Lamitié Goffin-Cocteau. Cocteau et la Belgique, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
Paris, Calmann-Lévy, 1951. In-12 (190 x 140 mm), 121 pp., 1 p. n. ch., 2 ff. n. ch. Broché, jaquette illustrée, dos de la jaquette légèrement bruni.
Édition originale sur alfama du Marais, seul tirage sur beau papier, un des 24 exemplaires hors commerce. Elle est ornée, en frontispice, d’une photographie de Jean Marais par Roger Corbeau, avec jaquette et gravure en-tête de la main de Jean Cocteau. Le premier plat de couverture a également été dessiné par Cocteau. Cet essai rend successivement hommage à l’acteur, un de ceux, selon Cocteau, “qui contredisent leParadoxede Diderot” et au peintre avec qui Cocteau fut lié indéfectiblement de 1938 à 1963. Des «notes» de comédien de Marais sont insérées ainsi que des extraits de lettres, produisant un portrait vivant. L’ouvrage qui se veut aussi un ouvrage critique présente in-fine un catalogue des films dans lesquels Marais a joué et un catalogue de ses œuvres picturales. Exemplaire de présent, enrichi d’un émouvant envoi de l’auteur à Jean Marais: “Mon Jeannot je ne te donnerai jamais assez en échange de ce que tu me donnes. Je t’embrasse. Jean * Cap Santo Sospir. Mars 1951”. C’est en 1937 que Jean Cocteau fit la connaissance de Jean Marais, lors d’une audition pour sa pièce Œdipe-Roi. Il est ébloui par l'acteur, au profil identique à celui d'Éphèbe, que Cocteau dessine sans cesse. “Je ne l'ai pas connu, je l'ai reconnu”, dira-t-il plus tard. Depuis cette rencontre, qui lança la carrière du jeune homme, Jean Marais devint l’amant puis le grand ami de Cocteau, jusqu’à sa mort. L’envoi est signé de la célèbre villa de la grande amie et mécène de Cocteau, Francine Weisweiller, à Saint-Jean-Cap-Ferrat que le poète avait découverte l’année précédente et dont il orna les murs de fresques (Georgel). Exceptionnel exemplaire réunissant l’auteur et sa muse, certainement le plus désirable qui soit. Pierre Georgel, Jean Cocteau et son temps 1889-1963, Paris, Musée Jacquemart-André, 1965, p. 139.
Paris, 6, rue Huyghens 6 juin 1917. 32x23,5 cm. 4 p., illustré.
Seltenes Dokument zur Geschichte der Moderne in Paris. Mitten im Ersten Weltkrieg, viele Pariser Theater waren geschlossen, entschieden sich Blaise Cendrars und Moïs Kisling im Atelier von Emile Lejeune an der Rue Huyghens 6 in Paris Konzerte zu veranstalten. Zum ersten Konzert wurden Bildern von Picasso, Léger, Matisse, Modigliani u.a. ausgestellt. Dazu wurden Werke von Erik Satie, Georges Auric, Louis Durey und Arthur Honegger gespiel. Das Konzert war der Anlass für die Gründung der Gruppe "Les nouveaux jeunes" der später die Gruppe "Les six" folgte. Das Programm wurde von Jean Cocteau gestaltet mit einem faksimilierten Text von ihm über Erik Satie und dessen Stück "Parade" das anlässlich des Konzertes zum ersten Mal in der Bearbeitung für Piano zu 4 Händen gespielt wurde. Dazu liess Cocteau sein Porträt von Pablo Picasso auf weisses Papier reporduzieren und in das Programm montieren. Wohl sehr kurzfristig wurde dem Programm eine gedruckte Rechtfertigung auf schlechtem Papier beigegeben und auf die 2. Seite geklebt. Jean Cocteau äusserst sich darin empört über die Publikation des Gedichtes "Restaurant de Nuit" in der Zeitschrift SIC unter seinem Namen, die er absurd und bösartig bezeichnet. Das Gedicht im Stil von Cocteau wurde, wie sich später herausstellte von Thédore Fraenkel verfasst mit dem Akrostikon "Pauvre Birots" dem Namen des Herausgebers von SIC den Cocteau in Schutz nahm. Der Vorfall wurde wurde von Apollinaire als skandalös bezeichnet und führte zu einer ersten Verstimmung zwischen den verehrten Meistern und den jungen Wilden die folgten. In drei, für Cocteau typischen Nachsätzen äussert der Dichter seine Verletztheit "Il m'en reste pas moins d'une bassesse pitoyable" - Mit Faltspuren, einigen Randläsuren und Knickfalten. Rare document sur l'histoire du modernisme à Paris. Au milieu de la première guerre mondiale, de nombreux théâtres parisiens sont fermés, Blaise Cendrars et Moïs Kisling décident de donner des concerts dans l'atelier d'Emile Lejeune, rue Huyghens 6 à Paris. Le premier concert présentait des tableaux de Picasso, Léger, Matisse, Modigliani et d'autres. Des compositions d'Erik Satie, Georges Auric, Louis Durey et Arthur Honegger ont été interprétées. Le concert a été l'occasion de la formation du groupe "Les nouveaux jeunes" qui a été suivi plus tard par le groupe "Les six". Le programme a été arrangé par Jean Cocteau avec un texte en fac-similé par sur Erik Satie et sa pièce "Parade" qui a été joué pour la première fois dans l'arrangement pour piano à 4 mains à l'occasion du concert. De plus, Cocteau a fait reporter son portrait de Pablo Picasso sur papier blanc et l'a intégré au programme. Probablement à très court préavis, une justification imprimée sur du mauvais papier a été ajoutée au programme et collée à la 2e page. Jean Cocteau est scandalisé par la publication du poème "Restaurant de Nuit" dans la revue SIC sous son nom, qu'il qualifie d'absurde et malveillant. Le poème dans le style de Cocteau a été, comme il s'est avéré plus tard, écrit par Thédore Fraenkel avec l'acrosticône "Pauvre Birots", le nom de l'éditeur du SIC que Cocteau a inoncenté. L'incident fut décrit par Apollinaire comme scandaleux et provoqua un premier mécontentement entre les vénérés maîtres et les jeunes sauvages qui suivirent. En trois post phrases, typiques de Cocteau, le poète exprime sa blessure "Il m'en reste pas moins d'une bassesse pitoyable". - Avec des traces de plissement, quelques cicatrices marginales et des plis.