C'est l'ouvrage qui valut à Chateaubriand la perte de son poste de ministre, reliée avec ses célèbres Mémoires du Duc de Berry. Paris, Le Normant, 1816. In-8 de vi pp., 304 pp. Pte déchirure p. 19 sans manque, mouillure pâle en haut de qq. ff. [Suivi de:] Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de S.A.R. Monseigneur Charles-Ferdinand-D’Artois, fils de France, Duc de Berry. Paris, Le Normant, 1820. (2) ff., ii pp., 1 portrait à pleine page, 299 pp. 3 ff. brunis. Maroquin vert, plats ornés d’un riche encadrement de double filet et roulettes dorés, dos lisse orné, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, gardes de tabis rose, tranches dorées. Reliure de l’époque. 205 x 125 mm.
I/ Édition originale de la plus grande rareté de ce pamphlet politique de Chateaubriand qui provoqua la colère de Louis XVIII et valut à son auteur d’être destitué de son poste ministériel. Le pamphlet fut interdit le 18 septembre 1816, les exemplaires saisis et détruits. Elle est si rare qu’elle a échappé à Vicaire et à Carteret. Avec le feuillet de titre imprimé contenant la mention «Ministre d’Etat» qui sera supprimée par la suite. « Toutes les éditions, tous les tirages de ce pamphlet exécutés chez Le Normant portent uniformément le titre ci-dessus. Elles sont toutes considérées comme éditions originales; elles furent saisies par ordre de Décazes.» (Talvart, III, 10) «Œuvre politique de François-René de Chateaubriand (1768-1848), parue en 1816 et immédiatement interdite par la police des Bourbons. L’auteur qui avait montré, notamment dans son écrit ‘De Buonaparte et des Bourbons’, son attachement à la cause des souverains ‘légitimes’ de la France, ne pouvait pas, - après les déceptions apportées par la Restauration et spécialement par la politique réactionnaire des ultra-royalistes – ne pas montrer son esprit de rébellion, en se faisant le défenseur de nouvelles idées sociales; certes, il le fit d’une manière toute personnelle, se laissant emporter par l’impétuosité de sa vision fortement égocentriste des choses. Dans ce libelle, il défend la Charte constitutionnelle, grâce à laquelle les libéraux de France avaient accueilli le retour de Louis XVIII et le début de son gouvernement. Un retour à l’ancien régime n’était plus possible. Comme ministre, l’auteur veut, dans cette publication, dire ‘la vérité au roi’; car le Conseil dont il fait partie ne se réunit malheureusement point dans le but de permettre à ses membres de faire valoir leur opinion personnelle sur les questions les plus importantes de la nation. C’est précisément parce qu’il entend défendre la légitimité, qu’il se sent le devoir d’affirmer une fois de plus la nécessité où est la monarchie d’être constitutionnelle (retour des partis, liberté de presse et autres prérogatives parlementaires). Les maux du despotisme seraient en fait pires que ceux d’un libéralisme qui, guidé sainement – à la façon anglaise, - apporterait une nouvelle gloire au roi et au pays. L’ouvrage, publié quelques jours après la dissolution de la fameuse ‘Chambre introuvable’, souleva l’indignation de Louis XVIII qui, sous l’influence de ses partisans ultra, destitua tout simplement l’auteur de son poste ministériel». (Dictionnaire des Œuvres, IV, 603). Trois mois après la publication de De Buonaparte et des Bourbons, en juillet 1814, ses relations dans la haute aristocratie et l’amitié de Madame de Duras lui avaient valu d’être nommé ambassadeur en Suède, poste qu’il ne rejoignit jamais mais dont il perçut le traitement. En avril 1815, le Roi lui permit de le suivre à Gand et l’admit au conseil « pour parler de l’intérieur». Au retour de Gand, après les Cent Jours, il devint ministre d’État, fonction honorifique mais bien rémunérée qui avait été reprise de la pratique de l’Ancien régime, et il fit partie de la première fournée de la Chambre des pairs. Mais Chateaubriand, qui sous la première Restauration avait été proche du centre et avait défendu la Charte avec éloquence et habileté dans ses Réflexions politiques d’octobre 1814, ce qui lui avait attiré la bienveillance de Louis XVIII, se rapprocha alors de la droite ultra qui venait de gagner les élections à la Chambre des députés. Il devint l’un des principaux porte-parole de ce parti à la Chambre des pairs. Il avait été révolté par l’entrée de Fouché dans le ministère et considérait que les Cent Jours avaient montré qu’il était devenu nécessaire de refonder la société française sur des bases traditionnelles. Le Roi ayant décidé de maintenir un gouvernement du centre pour des raisons tant de politique étrangère que de politique intérieure, Chateaubriand se trouva assez vite rejeté dans l’opposition au ministère et, de façon sourde, au souverain. La rupture intervint en septembre 1816, lorsqu’il publia La monarchie selon la Charte où, malgré le conseil que lui avait fait passer Louis XVIII, il critiquait le ministère Richelieu-Decazes, trop complaisant selon lui pour les « intérêts révolutionnaires», et la décision de dissoudre la Chambre introuvable. En représailles, il fut destitué de son titre de ministre d’État, ce qui l’obligea à vendre sa chère Vallée-aux-Loups. L’ouvrage est une machine de guerre dressée contre Decazes et sa politique. L’auteur dénonce la censure de la presse tout en s’attaquant au Ministère de la police générale. L’ouvrage critique sévèrement les trois Ministères de la Restauration. L’ouvrage connaitra un succès foudroyant et provoquera la colère de Louis XVIII et de Decazes qui l’interdira et fera détruire les exemplaires saisis. Chateaubriand sera rayé de la liste des ministres d’Etat et perdra ses honoraires. Les Mémoires d’Outre-tombe comportent la lettre adressée au comte Decazes par Chateaubriand le 18 septembre 1816 lorsque ce dernier apprend que son ouvrage De la Monarchie selon la Charte a été saisisur son ordre. En voici un extrait : «Monsieur le comte, J’ai été chez vous pour vous témoigner ma surprise. J’ai trouvé à midi chez M. Le Normant, mon libraire, des hommes qui m’ont dit être envoyés par vous pour saisir mon ouvrage intitulé: De la Monarchie selon la Charte. Ne voyant pas d’ordre écrit, j’ai déclaré que je ne souffrirais pas l’enlèvement de ma propriété, à moins que des gens d’armes ne la saisissent de force. Des gens d’armes sont arrivés, et j’ai ordonné à mon libraire de laisser enlever l’ouvrage. Cet acte de déférence à l’autorité, Monsieur le comte, n’a pas pu me laisser oublier ce que je devais à ma dignité de pair. Si j’avais pu n’apercevoir que mon intérêt personnel, je n’aurais fait aucune démarche; mais les droits de la pensée étant compromis, j’ai dû protester, et j’ai l’honneur de vous adresser copie de ma protestation. Je réclame, à titre de justice, mon ouvrage; et ma franchise doit ajouter que, si je ne l’obtiens pas, j’emploierai tous les moyens que les lois politiques et civiles mettent en mon pouvoir. J’ai l’honneur d’être, etc. Vte de Chateaubriand.» II/ Édition originale de ces célèbres et vibrants mémoires commandés par la famille royale à Chateaubriand en hommage au duc de Berry. Talvart, III, 19; manque à Carteret et à Vicaire. Cette biographie du duc de Berry, fils de Charles X, parut l'année de son assassinat par Louvel à la sortie de l’Opéra, rue de Richelieu, le 13 février 1820. Père de deux petites filles anglaises par un premier mariage, il les présenta à son épouse, la duchesse de Berry, sur son lit de mort. Composés « sur les documents originaux les plus précieux » (Avertissement), ces Mémoires renferment des lettres de Louis XVIII, de Charles X, du duc d’Angoulême, du duc de Berry, du prince de Condé, et un fragment de journal inédit. L’ouvrage reçut une récompense inestimable. La duchesse de Berry voulut en effet que les Mémoires fussent ensevelis avec le cœur de la victime de Louvel. Précieux exemplaire conservé dans une élégante reliure en maroquin vert finement orné de l’époque.
L’exemplaire de l’abbé Aubenas, intéressante provenance pour le chef-d’œuvre de l’auteur du « Génie du christianisme ». Bruxelles, Meline, Cans et Compagnie, 1848-1850. 6 tomes en 12 volumes in-12 de : I/ (2) ff., 140 pp. ; II/ pp. 141-356 ; III/ (2) ff., 180 pp. ; IV/ pp.181-374 ; V/ (2) ff., 232 pp. ; VI/ pp.233-471 ; VII/ (2) ff., 228 pp. ; VIII/ pp. 229-490 ; IX/ (2) ff., 180 pp. ; X/ pp.181-483 ; XI/ (2) ff., 212 pp. ; XII/ pp.213-516. Brochures d’origine, chemises et étuis. Brochures de l’époque. 191 x 120 mm.
Rarissime pré-originale de « l’un des textes les plus importants de la littérature du XIXème siècle. » (Clouzot). Elle est la seule édition complète dont le texte du premier volume a été publié avant l’édition de Paris. Paul Van der Perre, Les préfaçons des Mémoires d’Outre-Tombe, Bulletin du bibliophile, 1931. « Édition recherchée dont les premiers volumes ont paru avant l’édition française ». Clouzot, 66 ; En Français dans le texte, 268. Cette préfaçon est si rare que dans un article qu’il fit paraître dans le Bulletin du bibliophile de 1931, Paul van der Perre dit avoir cherché vainement cette édition sans avoir jamais pu la trouver. Chef-d’œuvre autobiographique de Chateaubriand destiné par l’auteur à n’être publié qu’après sa mort, les Mémoires d'outre-tombe, commenceront à paraître en feuilleton, trois mois après le décès de Chateaubriand, survenu en juillet 1848. « Ces Mémoires ont été l'objet de ma prédilection. Saint Bonaventure obtint du ciel la permission de continuer les siens après sa mort : je n'espère pas une telle faveur mais je désirerais ressusciter à l'heure des fantômes pour corriger au moins les épreuves... ». En juillet 1817, dans le parc du château de Montboissier, le chant d'un oiseau réveille en lui des souvenirs de jeunesse : « Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d'une grive perchée sur la plus haute branche d'un bouleau. A l'instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel; transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive... ». « L’Œuvre et la personnalité de Chateaubriand (1768-1848) dominent tout le XIXe siècle littéraire. Il était né, dit Barbey d’Aurevilly, comme Napoléon, avec une étoile sur la tête, et quand celle de l’empereur pâlit et s’éclipsa, la sienne resta lumineuse. Chateaubriand eut l’admiration, l’influence, les yeux du monde fixés sur lui et une minute dans le gouvernement de son pays. Et, chose prodigieuse, il resta poétique. Une nouvelle manière de sentir et de penser, de s’exprimer et de comprendre date de Chateaubriand. Il ouvrit l’ère du Romantisme. » (Talvart). Œuvre unique au style d’une extraordinaire variété écrite en plein romantisme, Les Mémoires sont façonnés de cette alchimie subtile mêlant le réel à l'imaginaire, l'investigation psychologique aux admirables portraits et aux descriptions de paysages qui sont parmi les plus belles de toute notre littérature. Séduisant exemplaire de cette très rare pré-originale du chef-d’œuvre de Chateaubriand conservé dans ses brochures d’origine. Provenance : Bibliothèque de l’abbé Aubenas, avec ex-libris manuscrit sur les couvertures de chaque volume. Ad. Aubenas était le neveu de l’abbé Bonnefoi qui publia en 1784 « De l’état religieux, son esprit, son établissement et ses progrès ». « Il y traite avec profondeur et courage diverses questions que l’opinion publique à la veille de la révolution de 1789 devaient ne pas accepter avec faveur et qui, peut-être, comme le dit Ad. Aubenas, son neveu, ont fait naître chez M. de Chateaubriand l’idée de son génie du christianisme » (C. F. H. Barjavel, Dictionnaire historique, biographique et bibliographique, I, p.17).
François-René de CHATEAUBRIAND, Joseph FIÉVÉE, Marie-Barthélémy DE CASTELBAJAC, le comte O’MAHONY, le vicomte DE BONALD, l’Abbé DE LAMENAIS, VILLÈLE, Charles-Marie D’IRUMBERRY DE SALABERRY, etc.
Reference : LCS-18520
Le Conservateur a cessé de paraître en 1820, afin de protester contre le projet de loi sur le rétablissement de la censure. Paris, Au bureau du Conservateur, chez le Normant Fils (Rue de Seine), 1818-1820. 6 volumes in-8 de 632, 656 (erreur de pagination entre 93 et 113 - sans manque - conforme aux autres exemplaires), 624, 640, 632 et 640 pages (déchirure en marge de la p. 31 sans manque de texte). Pleine basane racinée, dos lisses finement ornés, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert, haut des charnières et deux coiffes frottées. Reliure de l’époque. 200 x 123 mm.
Rare tirage unique et complet de ce périodique «ultra-royaliste» dont Chateaubriand fut le chef de file. Face au succès du journal libéral La Minerve, le parti royaliste ne voulait pas rester désarmé et ses membres décidèrent donc de la création d’un journal qu’ils nommèrent Le Conservateur. Ensemble bien complet de tout ce qui a paru de ce périodique ultra-royaliste dirigé par Chateaubriand et quelques amis liés à la cause monarchique. Soit au total 78 livraisons imprimées d'octobre 1818 à mars 1820. La devise de ce journal est imprimée en exergue de chaque page de titre : "Le Roi, la Charte et les Honnêtes Gens". Cet organe réunit d'octobre 1818 à mars 1820 les meilleures plumes du parti des ultras : le cardinal de la Luzerne, l'abbe de Lamennais, le duc de Fitz-James, le marquis d'Herbouville, le comte de Salaberry, les vicomtes de Bonald et de Castelbajac, Genoude, Berryer fils, etc., Les auteurs dénonçaient principalement la politique du gouvernement d'Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu puis celle d'Elie Decazes, accusés de défendre des intérêts révolutionnaires mettant en péril la Charte de 1814. Dans ses Mémoires d'Outre-tombe, Chateaubriand estime que la «révolution opérée par ce journal fut inouïe : en France, il changea la majorité dans les Chambres ; à l'étranger il transforma l'esprit des cabinets». Il rencontra à la fois un vif succès de presse mais aussi d’opinion puisqu’il eut un impact notable sur le public. Le journal fut tiré à trois mille exemplaires lors des premières livraisons, puis il oscilla entre sept mille et huit mille cinq cents à partir de novembre 1818. Il cessa de paraître, lorsque la censure fut rétablie en février 1820 à la suite de l'assassinat du duc de Berry. Cette résolution fut annoncée aux souscripteurs par une lettre de Chateaubriand achevant la 78e et dernière livraison. «En résumé, c'est dans ce recueil justement célèbre, foyer ouvert à tous les regrets, à tous les ressentiments à toutes les exagérations des ultras, qu'il faut surtout chercher la politique royaliste pendant les dix-huit mois qu'il vécut. À sa dissolution, quelques-uns de ses rédacteurs, en tête desquels était Lamennais, fondèrent Le Défenseur, journal religieux, politique et littéraire. 1er mars 1820-11 oct. 1821. 6 vol. in-8°. Cette nouvelle feuille devint le champion ardent, passionné et pour ainsi dire officiel de la philosophie de Lamennais. Il y eut pour collaborateurs MM. de Bonald, Saint-Victor, Genoude, le cardinal de la Luzerne, Lamartine, etc.» (Hatin, Bibliographie historique et critique de la presse périodique française etc., pp. 338-340). «Quant à nous, nous ne craignons rien. Nos principes sont ceux de la religion, de l'ordre et de la justice : tôt ou tard nous triompherons avec ces principes. La vérité renversera toujours l'édifice de l'erreur et du mensonge. Partout où le paganisme avait placé ses faux dieux, le ciel envoya un destructeur ; chaque temple païen vit un Barbare armé à ses portes. La Providence n'arrêta la torche et le levier que quand la race infidèle fut changée : alors une croix s'éleva sur les monuments, et tout fut dit.» (Chateaubriand, extrait du Conservateur). Exemplaire de qualité en reliure de l’époque.
Rare ensemble broché, avec l'avant-propos et les souscripteurs Paris, Eugène et Victor Penaud, 1849-1850. 12 vol. (140 x 220 mm). Brochés. Édition originale. Bien complet de l'avant-propos de l'éditeur, de la liste des souscripteurs et de la lettre de Chateaubriand à Delloye - et avec l'erreur de pagination tome II (p. 164 pour p. 364). Ces feuillets disparaîtront lorsque le solde de l'édition sera cédé au libraire Dion-Lambert.
Assurément l'oeuvre la plus moderne et la plus appréciée de Chateaubriand, les Mémoires sont un mélange de souvenirs de sa jeunesse bretonne, d'investigation psychologique personnelle, de témoignages historiques souvent partiaux, mais toujours passionnants. « L'oeuvre et la personnalité de Chateaubriand (1768-1848) dominent tout le XIXe siècle littéraire. Il était né, dit Barbey d'Aurevilly, comme Napoléon, avec une étoile sur la tête, et quand celle de l'empereur pâlit et s'éclipsa, la sienne resta lumineuse. Chateaubriand eut l'admiration, l'influence, les yeux du monde fixés sur lui et une minute dans le gouvernement de son pays. Et, chose prodigieuse, il resta poétique. Une nouvelle manière de sentir et de penser, de s'exprimer et de comprendre date de Chateaubriand. Il ouvrit l'ère du Romantisme » (Talvart). Rare ensemble broché. Quelques dos brunis. « Ouvrage très important, fort recherché, et très littéraire » Carteret, Le Trésor du bibliophile, I, p. 163 ; Vicaire, II, 290 ; En français dans le texte, 268. « L'un des textes les plus importants de la littérature du XIXe siècle », Clouzot, 66 ; Talvart, III, p. 16 ; Rahir, Bibliothèque de l'amateur, 366.
Exemplaire Pierre Brossette, par Maylander Paris, Eugène et Victor Penaud, 1849-1850. 12 vol. (140 x 220 mm). Demi-maroquin à coins bleu nuit à long grain, dos à nerfs richement orné, tranches dorées, couvertures et dos conservés (reliure signée de Maylander). Édition originale. Exemplaire du premier tirage, complet de l’avant-propos de l’éditeur, de la liste des souscripteurs, de la lettre de Chateaubriand à Delloye et qui présente bien l’erreur de pagination au tome II (p. 164 au lieu de p. 364). Ces feuillets seront supprimés lorsque le solde de l’édition fut cédé au libraire Dion-Lambert.
Assurément l'oeuvre la plus moderne et la plus appréciée de Chateaubriand, commencée en 1809 et poursuivie sans relâche jusque dans les dernières années, la rédaction des Mémoires s'achève en 1841, mais Chateaubriand n'a cessé d'y revenir jusqu'à sa mort en juillet 1848. Publiés d'abord en feuilleton dans La Presse, ils paraissent en volumes à partir de janvier 1849. Mêlant souvenirs de jeunesse, portraits, méditations et jugements sur les événements et les figures de son temps, les Mémoires d'Outre-Tombe constituent à la fois un récit autobiographique, une fresque historique et une réflexion métaphysique. « L'oeuvre et la personnalité de Chateaubriand (1768-1848) dominent tout le XIXᵉ siècle littéraire. (...) Une nouvelle manière de sentir et de penser, de s'exprimer et de comprendre. Il ouvrit l'ère du Romantisme » (Talvart). De Barbey d'Aurevilly, qui affirma que Chateaubriand était né « avec une étoile sur la tête », à Proust qui y voyait un modèle inégalé, les Mémoires sont universellement reconnus comme l'un des textes fondateurs de la modernité littéraire et ouvrent l'ère de l'autobiographie moderne. Bel exemplaire, très frais et merveilleusement établi : il provient du Cabinet des livres de Pierre Brossette (Paris, Christie's, 2025, n° 55). « Ouvrage très important, fort recherché, et très littéraire » Carteret, Le Trésor du bibliophile, I, p. 163 ; Vicaire, II, 290 ; En français dans le texte, 268. « L'un des textes les plus importants de la littérature du XIXe siècle », Clouzot, 66 ; Talvart, III, p. 16 ; Rahir, Bibliothèque de l'amateur, 366.
Paris, Delloye & Leipzig, Brockhaus et Avenarius, 1838. 2 vol. in-8, III-488 pp. + 476 pp., demi-basane havane d'Ottmann, dos à nerfs orné de filets dorés, pièces de titre et de tomaisons noires (quelques minuscules épidermures, petites et pâles rousseurs).
Rare édition originale de cette biographie politique. Dans son avertissement, l'auteur différencie ses Mémoires et le présent ouvrage en précisant qu'il n'avait jusqu'ici évoqué sa vie politique et que sa vie littéraire était déjà bien connue et qu'"à la tombe le reste". Dans ce récit à la première personne (du pluriel et du singulier de façon interchangeable), Chateaubriand expose les détails de son implication dans le Congrès de Vérone et la guerre contre les libéraux d'Espagne, après la Révolution espagnole de 1820. Lorsque les débats s'ouvrent le 20 octobre 1822, il est Ambassadeur de France à Londres mais vise le poste de ministre des Affaires étrangères. Le ministre d'alors, Montmorency, a lui aussi assisté au Congrès et obtenu de l'alliance de la France à l'Autriche, la Prusse et la Russie ce qui lui valut d'être forcé à la démission. Chateaubriand reprend le titre et s'engage dans la guerre contre l'Espagne ainsi que les négociations concernant ses colonies restantes. En effet, son but est d'asseoir la Restauration des Bourbons et d'empêcher la propagation de la flamme révolutionnaire en Europe. Il est également critiqué pour son action à droite et à gauche et rédige le présent ouvrage pour justifier son action politique a posteriori. Le livre ne connut pas le succès à sa parution en dépit de son importance historique, politique et biographique et ce, malgré les petits arrangements avec la réalité que Chateaubriand y a parfois semé. Il comprend une listes des actionnaires de la Société pour l'acquisition des Mémoires et Oeuvres inédites de M. de Chateaubriand et le catalogue de l'éditeur en fin du second volume. Vicaire, II, 289; Clouzot, 66: "Texte dont l'importance a fini par apparaître, c'est en effet une partie, et non négligeable, des Mémoires d'Outre-tombe."; Sédouy (Jacques-Alain de), "Le Congrès de Vérone de Chateaubriand" in Revue des Deux Mondes, juillet 2014, pp. 101-109 [en ligne]. Ex-libris héraldique des Harcourt, de la bibliothèque du château de St Eusoge, propriété de la famille. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, Delloye, 1838. 2 vol. in-8, III-488 p. + 476 pp., broché, couverture originale imprimée (couvertures et marges empoussiérées, petits manques et déchirures marginaux, 1er vol. débroché)
Édition originale rare dans son aspect broché d'origine. Dans son avertissement, l'auteur différencie ses Mémoires et le présent ouvrage en précisant qu'il n'avait jusqu'ici évoqué sa vie politique et que sa vie littéraire était déjà bien connue et qu'"à la tombe le reste". Dans ce récit à la première personne (du pluriel et du singulier de façon interchangeable), Chateaubriand expose les détails de son implication dans le Congrès de Vérone et la guerre contre les libéraux d'Espagne, après la Révolution espagnole de 1820. Lorsque les débats s'ouvrent le 20 octobre 1822, il est Ambassadeur de France à Londres mais vise le poste de ministre des Affaires étrangères. Le ministre d'alors, Montmorency, a lui aussi assisté au Congrès et obtenu de l'alliance de la France à l'Autriche, la Prusse et la Russie ce qui lui valut d'être forcé à la démission. Chateaubriand reprend le titre et s'engage dans la guerre contre l'Espagne ainsi que les négociations concernant ses colonies restantes. En effet, son but est d'asseoir la Restauration des Bourbons et d'empêcher la propagation de la flamme révolutionnaire en Europe. Il est également critiqué pour son action à droite et à gauche et rédige le présent ouvrage pour justifier son action politique a posteriori. L'ouvrage ne connut pas le succès à sa parution en dépit de son importance historique, politique et biographique et ce, malgré les petits arrangements avec la réalité que Chateaubriand y a parfois semé. Il comprend une listes des actionnaires de la Société pour l'acquisition des Mémoires et Oeuvres inédites de M. de Chateaubriand et le catalogue de l'éditeur en fin du second volume. Vicaire, II, 289; Clouzot, 66: "Texte dont l'importance a fini par apparaître, c'est en effet une partie, et non négligeable, des Mémoires d'Outre-tombe."; Sédouy (Jacques-Alain de), "Le Congrès de Vérone de Chateaubriand" in Revue des Deux Mondes, juillet 2014, pp. 101-109 [en ligne]. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Bel exemplaire en reliure d'époque Paris, Le Normant, 1809. 2 vol. (125 x 205 mm) de xxiv, 414 p. et 2 f. ; 403 p., 1 f. (errata) et 10 p. de catalogue. Demi-veau marine, dos lisse orné de filets et caissons dorés, titre et tomaison, tranches marbrées, sous étui moderne (reliure de l'époque). Édition originale.
Les Martyrs constituent l'aboutissement d'un long voyage que Chateaubriand entreprit pour situer ses personnages, en 1806 : la Grèce, L'Asie Mineure, la Palestine et l'Egypte. «Quand mon ouvrage n'aurait d'ailleurs aucun autre mérite, il aurait du moins l'intérêt d'un voyage fait aux lieux les plus fameux de l'histoire.» Il réemploiera ces impressions de voyage et les développera plus directement dans Itinéraire de Paris à Jérusalem, deux ans plus tard, en 1811. Pour l'heure, lors de sa publication en 1809, Les Martyrs provoquèrent une véritable secousse intellectuelle : sous une nouvelle sensibilité, une effusion d'images, d'idées et de sentiments qui rompaient avec le conformisme ambiant, l'oeuvre fut aussi un outil de contestation voilée, dont Chateaubriand lui-même reconnaissait la dimension politique : derrière la Rome impériale se lisait en filigrane une critique de l'Empire napoléonien, avec un Orient omniprésent, à la fois comme décor réel et comme horizon spirituel participant de la poétique de l'exotisme et constituant un trait fondamental du romantisme religieux et géographique que Chateaubriand inaugure. L'exemplaire est bien complet du feuillet d'errata et du catalogue au tome II, ainsi que des six cartons qui modifient certains passages dans le premier tome (aux pages 19-20, 119-120, 121-122, 123-125, 242, 381-382). Frottements au dos et quelques défauts aux coiffes, sinon intérieur frais. Bon exemplaire. Vicaire, II, 284-286 ; Carteret, I, 162 : «rare et recherché en reliure du temps».
Édition originale de ce « texte dont l’importance a fini par apparaître ». Paris chez Delloye et Leipzig chez Brockhaus et Avenarius, 1838. 2 volumes in-8 de : I/ (2) ff., III pp., 488 pp. ; II/ (2) ff., 476 pp., (2) ff. Qq. ff. brunis dans le tome 2. Demi-veau aubergine, dos lisses ornés, tranches jaspées. Reliure de l’époque. 208 x 125 mm.
Édition originale de ce « texte dont l’importance a fini par apparaître ». Vicaire. Manuel de l’amateur, I, 289 ; Carteret, I, 163 ; Sabin 12252. « Texte dont l’importance a fini par apparaître, c'est en effet une partie, et non négligeable, des ‘Mémoires d'Outre-tombe’ ». (Clouzot, p. 66) Châteaubriand le publia en 1838 pour justifier devant l’opinion publique son activité de ministre des Affaires étrangères. On y retrouve le style éblouissant de l’écrivain, la verve du polémiste, l’imagination du poète. L’ouvrage contient de nombreux passages des Mémoires d’Outre-tombe, Chateaubriand ayant hésité longtemps à réintégrer ce texte dans son œuvre majeure. « This book is by no means void of interest; it is really written with great cleverness; and although somewhat affected, and very much filled with egotism, as all such works must indeed be from their very nature, yet it is lively, and full of original pieces, in support of the author’s statements respecting the important transactions in which he was engaged. Of the three parts into which it is divided, -the Congress of Verona, the Spanish War, and the Spanish Colonies, - the two first are by far the most interesting; and it is to the matters relating to them that we shall feel it necessary to direct the reader’s attention”. (The Edinburgh Review: Or Critical Journal, vol. 67, p. 587). « Ce que l’ambassadeur révèle du congrès de Vérone, des vœux, des incertitudes et des craintes de tant de ministres et de tant de rois ; les confidences qu’il a cru pouvoir faire au public en avancement d’hoirie sur l’histoire, tant de tableaux si grands par les illustres acteurs qu’il met en scène, si chétifs et si petits par leurs passions, tout cela est fait pour inspirer à la France une sorte d’immense orgueil d’elle-même. Ce livre aura pour effet de révéler au dernier des cabinets de lecture ce que les hommes politiques savaient seuls, l’universelle terreur qui s’attachait aux moindres mouvements de la France, alors qu’elle respirait pour la première fois, à peine dégagée de l’étreinte d’airain des deux invasions ». (Revue des deux mondes, 1838, II, p. 478) « On sait qu’à Vérone, en 1823, le Congrès des souverains d’Europe souleva un problème voisin de celui du Congrès de Vienne et de la Sainte-Alliance ; comment empêcher la propagation et le triomphe des idées de liberté d’indépendance nationale. Il s’agissait en particulier d’intervenir en Espagne pour rétablir sur le trône le roi Ferdinand VII. L’éclat de cette œuvre, des raisonnements et des péroraisons qu’elle contient, est soutenu par une langue chaude et colorée, où la raison d’État se fond avec les considérations personnelles. » (Laffont-Bompiani). Exemplaire bien complet de la liste des souscripteurs à la fin du second volume. Bel exemplaire conservé dans son élégante reliure de l’époque.
Avec deux gravures supplémentaires Paris, Le Normant, 1805. 1 vol. (95 x 165 mm ) de 331 p. Veau raciné, dos lisse richement orné, pièce de titre en maroquin, tranches dorées, dentelle d'encadrement sur les plats, dentelle intérieure (reliure de l'époque). Édition originale collective et première édition illustrée de ces deux récits fondateurs du romantisme français. Le volume est orné de 6 figures hors-texte dessinées par Barth et Garnier, gravées par Saint-Aubin et Choffard. Quatre planches illustrent Atala et deux planches illustrent René.
L'édition originale d'Atala, rare, parut en 1801 et René fut publié l'année suivante dans le Génie du christianisme. L'édition de 1805 réunit pour la première fois ces deux récits dans un volume illustré et comporte quarante-six pages de préface en édition originale, dans lesquelles Chateaubriand revient sur la genèse des textes, répond aux critiques et précise le cadre dans lequel ils doivent être lus. Chateaubriand avait commencé sa carrière littéraire en rapportant de son voyage en Amérique l'expérience des paysages et des peuples du Nouveau Monde. Parti de France en 1791, il affirma avoir parcouru les rives de l'Hudson jusqu'à Albany et les environs des chutes du Niagara, quête romantique du « bon sauvage » et de la solitude des forêts nord-américaines qui nourrit l'imaginaire d'Atala. Dès sa publication, le récit connut un succès immense et reste indissociable du célèbre tableau peint en 1808 par Anne-Louis Girodet, aujourd'hui conservé au Louvre, représentant la jeune héroïne morte, portée par Chactas et le père Aubry vers sa sépulture : une interprétation qui témoigne de l'immense retentissement du récit dans la culture du début du XIXᵉ siècle. Bon exemplaire en reliure d'époque, sur vélin. il est enrichi, pour Atala, de deux gravures supplémentaires, gravées par Amboise Tardieu, légendées en espagnol pour une édition que nous n'avons pu identifier.
Edition originale des Martyrs, conservée dans son élégante reliure de l’époque Paris, 1809. Chateaubriand, F. A. de. Les Martyrs, ou le triomphe de la religion chrétienne. Paris, Le Normant, 1809. 2 volumes in-8 de: I/ xxiv pp., 414; II/ (2) ff., 403 pp, (1) f. d’errata, 10 pp. de catalogue. Reliés en demi-veau fauve de l’époque, dos lisses ornés de vasques à l’antique et de fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 195 x 121 mm. Edition originale de ce chef-d’œuvre. Carteret, Le Trésor du bibliophile, I, p.162; Escoffier, Catalogue d’une bibliothèque représentant le mouvement romantique, p.48; Clouzot, Guide du bibliophile, p.63; Lhermitte, Recueil bibliographique des principales éditions originales de la littérature française, p.154; Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, I, 184. «Ouvrage rare et recherché en reliure du temps.» (Carteret). « “Les Martyrs” furent attaqués dès leur parution pour des raisons politiques; la peinture de l’Empire romain parut être une critique du régime, d’où les réticences des critiques. Ceci ne devait pas empêcher Chateaubriand d’être élu l’année suivante à l’Académie française, où il ne prit d’ailleurs pas séance, n’ayant pas accepté les corrections qu’on lui demandait de faire à son discours de réception. Le succès de l’ouvrage auprès du public fut énorme: “Les Martyrs” furent non seulement appréciés de l’élite, mais ils devinrent un livre populaire et exercèrent une durable influence. Il fit mieux connaître l’Antiquité, encore ignorée du grand public, et suscita un renouveau d’intérêt pour la Grèce et pour Rome; surtout il eut le mérite d’attirer l’attention sur les premiers temps de l’histoire de France. En cela, il eut une influence décisive sur la renaissance des études historiques en France. Augustin Thierry affirma plus tard que c’est la lecture de l’évocation des Francs de Pharamond qui détermina sa vocation d’historien; et l’on peut dire, sans exagération, que l’école historique française du 19ème siècle est née pour ainsi dire de ce poème.» (Dictionnaire des Œuvres, IV, p.412). Le présent exemplaire est bien complet de l’errata et du catalogue à la fin du tome 2. Précieux exemplaire d’une grande fraicheur, conservé dans sa reliure de l’époque aux dos finement ornés.
Paris, chez Lefèvre & Ledentu, 1838. 6 vol. in-8, 728 pp. + 718 pp. + 590 pp. + 611 pp. + 807 pp. + 595 pp., demi-chagrin vert foncé, dos à nerfs ornés de filets et caissons dorés, tranches mouchetées (minuscules épidermures et frottements, rousseurs).
Nouvelle édition des oeuvres de Chateaubriand. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, Le Normant fils, octobre 1831. In-8, 155 pp., bradel de toile bleue, dos lisse, pièce de titre noire, couverture insolée (dos insolé, taches, ex-libris gratté, petit manque du papier, manques et taches à la couverture).
Édition originale de ce que Chateaubriand décrit comme la suite naturelle à De la Restauration et de la Monarchie élective, publiée en mars 1831, soit quelques mois à peine avant le présent ouvrage. Il s'y dresse contre la proposition d'exil du roi et de sa famille, lue à la Chambre 14 septembre 1931. Le catalogue de l'éditeur se trouve in fine. Ex-libris Gabriel Puaux. Voir photographie(s) / See picture(s). * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
« Offert par le vicomte de Chateaubriand à Madame d’Hautefort ». Édition originale de ce récit dramatique par Chateaubriand de la mort du duc de Berry qui expira dans ses bras. Exceptionnel exemplaire enrichi d’un envoi de l’auteur à « Madame d’Hautefort » confidente de la duchesse de Berry. In-8 de (3) ff., 299 pp. Demi-basane, dos lisse orné de fleurons et filets dorés, pièce de titre en maroquin vert, tranches jaspées. Reliure de l’époque. 199 X 127 mm. Chateaubriand. Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de S. A. R. Monseigneur Charles-Ferdinand D’Artois, fils de France, Duc de Berry. Paris, Le Normant, 1820. Édition originale de ce récit dramatique par Chateaubriand de la mort du duc de Berry qui expira dans ses bras. Talvart, III, 10 ; Oettinger, 1729 ; Quérard, II, 152 ; Clouzot, p. 64. Exceptionnel exemplaire enrichi d’un envoi de la main de Chateaubriand « Offert par le vicomte de Chateaubriand à Madame d’Hautefort ». Le duc de Berry, deuxième fils du comte d'Artois (le futur Charles X) était sous la Restauration le chef du parti ultra-royaliste et l'espoir de la continuité dynastique des Bourbons. Il fut assassiné le 14 février 1820 par un fanatique isolé, Louvel. La biographie du duc de Berry, assassiné par un sellier du nom de Louvel qui espérait éteindre la race des Bourbons, avait été commandée par la Cour. On sait que la duchesse de Berry, enceinte au moment du meurtre, donna peu après naissance au comte de Chambord, futur Henri V, "l'enfant du miracle, en attendant qu'il devint l'enfant de l'exil ", selon le mot fameux de Chateaubriand. Intransigeant légitimiste depuis la mort du duc d'Enghien (1803), Chateaubriand le restera toute sa vie. En 1814, il publie De Bonaparte, des Bourbons et de la necessite de se rallier a nos princes légitimes qui « valut une armée aux Bourbons » selon le mot de Louis XVIII et le ministère de l'Intérieur à Chateaubriand. Mais le 13 février 1820, à l'Opera, un fanatique assassine le duc de Berry sur lequel reposaient tous les espoirs des légitimistes. Aussitôt prévenu, Chateaubriand arrive à l'Opera revêtu de son habit de pair de France et veille le corps, aux côtés de la duchesse de Berry et de Louis XVIII. Il rentre chez lui au matin, et raconte à son amie Mme de Duras : "j'ai passé la nuit au milieu de la scène, j'ai tout vu. Je l'ai entendu expirer. J'irai vous voir, mais je n'en puis plus." Dès lors, Chateaubriand se posera comme le défenseur le plus ardent des intérêts de la veuve du duc de Berry : il publie ces Mémoires ou il donne un dramatique récit de la mort du duc, mettant très clairement en cause l'un des proches de Louis XVIII, Decazes, dans ce qu'il considère être une odieuse machination politique. Il quittera ensuite le ministère des Affaires étrangères en 1824 et effectuera même un court séjour en prison pour son Mémoire sur la captivité de la duchesse de Berry. L'une des phrases de cet ouvrage devint rapidement le cri de ralliement des légitimistes : "Madame, votre fils est mon roi !". Bel exemplaire, grand de marges, conservé dans son élégante reliure du temps, enrichi d’un envoi de la main de l’auteur à « Madame d’Hautefort ». ttachée à la duchesse de Berry, Charlotte d’Hautefort fut élevée jusqu’à l’âge de six ans par sa grand-mère, la duchesse de Praslin, puis par la duchesse de Grollier. Le baron de Damas, son époux, servit en Russie, fit toutes les campagnes de l’empire et entra au service de la France en 1814 avec son grade de maréchal de camp. Il devint lieutenant général en 1815, fit la campagne d’Espagne en 1823 où il s’empara de Figuières. Il fut nommé pair de France, ministre de la guerre, des affaires étrangères, gouverneur de S.A.R. Monseigneur le duc de Bordeaux, suivit la famille royale en exil et rentra en France en 1834. Il accepta, à la demande de Villèle, le portefeuille des Affaires Etrangères, en remplacement de Châteaubriand, le 4 août 1824. Il s'y distingua par la réorganisation des consulats. Madame d’Hautefort fit partie des amies proches de la duchesse de Berry qui consolèrent celle-ci à la mort de son époux ; elle sera sa compagne de captivité en 1832.
Édition originale du Congrès de Vérone, ouvrage politique de Chateaubriand qui provoqua « une espèce de scandale diplomatique ». Le précieux exemplaire offert par l’auteur à Edmond de Cazalès, fondateur du journal politique ultra-royaliste Le Conservateur et proche de Chateaubriand. Il porte l’envoi suivant de la main de l’auteur : « A Monsieur de Cazalès…. Hommage de l’attachement sincère et de la reconnaissance, Chateaubriand ». 2 volumes in-8 de: I/ (2) ff., III, 488 pp.; II/ (2) ff., 467 pp. Demi-basane, dos à nerfs orné de filets dorés, tranches jaspées, faux-titres conservés. Reliure de l’époque. 209 x 130 mm. Chateaubriand, François-René Vicomte de. Congrès de Vérone. Guerre d’Espagne. Négociations : colonies espagnoles. Paris, Delloye, 1838. Édition originale du Congrès de Vérone, ouvrage politique rédigé par Chateaubriand alors qu'il était ministre des Affaires étrangères et « dont l’importance a fini par apparaître » (Clouzot). Clouzot, 66 ; Carteret, I, 163 ; Talvart, III, Dacier, 194 ; Vicaire, II, 289 ; Sabin, 539. Le précieux exemplaire offert par l’auteur à Edmond de Cazalès, fondateur du journal politique ultra-royaliste Le Conservateur et proche de Chateaubriand. Il porte l’envoi suivant de la main de l’auteur : « A Monsieur de Cazalès…. Hommage de l’attachement sincère et de la reconnaissance, Chateaubriand ». « L’ouvrage sur le Congrès de Vérone et la guerre d’Espagne n’est pas seulement le récit précieux et authentique d’une part très honorable de la carrière politique de l’auteur : c’est un monument d’histoire diplomatique et un récit plein de verve » (A. F. Villemain). « Destiné à présenter dans son véritable jour la politique étrangère de la Restauration, le « Congrès de Vérone » fut une espèce de scandale diplomatique en Europe. Le premier étonnement passé, ce livre fit une impression vive sur les esprits éclairés. L’intérêt du sujet, le nom et le talent de Chateaubriand, populaire dans toutes les opinions, le faisaient pénétrer partout » (A. Nettement, Histoire de la littérature française, I, p.278). Précieux exemplaire conservé dans ses reliures de l'époque. Il est enrichi d'un envoi de la main de l'auteur « A Monsieur de Cazalès…. Hommage de l’attachement sincère et de la reconnaissance, Chateaubriand ». Association intéressante lorsque l’on sait que le journal politique fondé par Edmond de Cazalès, le Conservateur, était l’organe du Parti de l’ordre et que le Congrès de Vérone marque l’apogée de la carrière ulta-ryaliste de Chateaubriand. Magistrat, Edmond de Cazalès (1804-1876) s’était lié avec les zélateurs du catholicisme libéral. Il siégea comme député à l’Assemblée Nationale Constituante de 1848 à 1849 et à l’Assemblée Nationale législative de 1848 à 1851. Partisan du parti de l’ordre, Edmond de Cazalès fut le co-fondateur du Conservateur, journal politique ultra-royaliste dont Chateaubriand serait l’un des principaux rédacteurs.
édition_originale
JOUBERT (Joseph), CHATEAUBRIAND (François-René, vicomte de) éditeur
Reference : 39086
In-8 (215 x 135 mm), demi-maroquin Lavallière, dos janséniste à 5 nerfs soulignés de filets à froid, titre doré, plats de papier marbré, tête dorée (rel. vers 1880), 394 pages, (1) feuillet blanc, faux-titre et titre compris. Paris, Imprimerie Le Normant, 1838.
Edition originale posthume, tirée à très petit nombre et non mise dans le commerce. Plusieurs pensées de ce premier recueil ne furent pas reprises dans les éditions postérieures.A la demande de la veuve, Chateaubriand choisit les "pensées" dans les carnets de son ami Joseph Joubert (1754-1824) et rédigea la préface.Secrétaire de Diderot dans sa jeunesse, J. Joubert ne publia rien de son vivant. Sa mort inspira à Chateaubriand cette confidence : "Je ne me consolerai jamais !".Hommage personnel, le recueil ne circula d'abord que parmi les amis auxquels Chateaubriand le remit lui-même. Il tira pourtant du silence une oeuvre inédite et l'inscrivit dans la tradition des moralistes français.Praticien de la notation brève, J. Joubert fut ensuite lu et commenté par Cioran, Blanchot et E. Canetti, qui le tenait pour "le plus léger, le plus délicat des moralistes français".(Clouzot, 161. Escoffier, 'Mouvement romantique', p. 294. Talvart et Place, X, 160-161.)Exemplaire offert par Chateaubriand à Edmond de Cazalès, portant la mention autographe : "Donné par M. de Chateaubriand", suivie de la signature "E. de Cazalès". Publiciste et critique catholique, il fut l'un des fondateurs du Correspondant (1829) et collabora à la Revue européenne.Très bel exemplaire, très frais, non rogné, témoins conservés, en élégante reliure de maître.
François René de CHATEAUBRIAND - (au comte de MARCELLUS) - Gustave STAAL
Reference : 91066
(1849)
Eugène Victor Penaud frères | Paris 1849-1850 ; 14 avril 1839 (lettre manuscrite) | 13.7 x 21.2 cm | 12 volumes reliés et une lettre signée
Édition originale rare et recherchée, exemplaire de première émission, exceptionnellement enrichie des illustrations de la première édition illustrée, publiée dans l'année de l'édition originale, comprenant 34 planches hors texte dessinées par Demoraine, Gagnier, Staal et gravées par F. Delannoy représentent "Chateaubriand et la Duchesse de Berry à Ferrare", "l'atelier de Canova à Rome", les portraits de Louis-Philippe, Madame de Staël ou encore Madame Récamier notamment. Lettre de Chateaubriand montée en tête du premier volume. Notre exemplaire est bien complet de la liste des souscripteurs et de lavertissement qui furent supprimés lorsque le solde de cette édition passa aux mains dun autre éditeur: Dion-Lambert et comprend bien la faute de pagination au tome 2: page 164 au lieu de 364. L'ensemble est enrichi d une exceptionnelle, prophétique et macabre lettre de François-René de Chateaubriand. Signée de la main chancelante de lauteur, cette lettre vraisemblablement inédite a été rédigée par son secrétaire: "Vous connaissez la main de [Hyacinthe] Pilorge que jemploye pour remplacer la mienne souffrante de la goutte"explique lauteur en guise dintroduction à la lettre. Reliures en demi chagrin vert sombre, dos lisses ornés de filets dorés et doubles caissons dorés, plats de cartonnage noir, très légers frottements sans aucune gravité sur certains plats, contreplats et gardes de papier à la cuve, reliures de lépoque. Rousseurs éparses. * "Vous connaissez la main de Pilorge que jemploye pour remplacer la mienne souffrante de la goutte. Je vais lire avec un plaisir extrême vos souvenirs [] mais moi je suis mort, absolument mort et sil me fallait écrire un mot dans un journal, jaimerais mieux être enseveli à mille pieds sous terre. Jen ai fini avec la vie; il me serait bien doux de ressusciter pour vous être utile [] Soyez bien sûr que personne ne prendra un intérêt plus réel et une part plus vive que moi à vos succès. Tout à vous du fond de ma tombe Chateaubriand le 14 avril 1839" Cette missive fut dictée par lécrivain à son secrétaire, qui apporta une aide précieuse à lélaboration même des Mémoires: "Demeuré au service de Chateaubriand pendant vingt-cinq ans, Hyacinthe Pilorge fut le principal artisan de la transcription des Mémoires doutre-tombe. Il avait pour mission de "mettre au propre"au fur et à mesure tout ce quécrivait ou dictait son patron. Cest à partir de sa copie que Chateaubriand pouvait ensuite se relire, puis se corriger; et lorsque la nouvelle page se recouvrait à son tour de trop nombreuses ratures, Pilorge procédait à une nouvelle mise au net. Cest lui qui exécuta en 1840 la première copie intégrale des Mémoires doutre-tombe. Ce manuscrit représenta longtemps le texte de référence. Cest alors un ensemble de plus de quatre mille pages, regroupées par livres dans des chemises de carton, et où chaque feuillet pouvait être corrigé, déplacé ou remplacé à volonté. Ce travail achevé (en 1841), le mémorialiste laissa "reposer son uvre pour quelque temps. Mais grâce à la souplesse de ce montage, les Mémoires doutre-tombe ont encore la vocation de rester une uvre ouverte, une sorte de work in progress."(BnF) Le destinataire de la lettre est lauteur de "Souvenirs"que Chateaubriand refuse ici de promouvoir. Lécrivain parle déjà depuis la tombe, presque dix ans avant sa fin: "mais moi je suis mort, absolument mort et sil me fallait écrire un mot dans un journal, jaimerais mieux être enseveli à mille pieds sous terre. Jen ai fini avec la vie; il me serait bien doux de ressusciter pour vous être utile". Ces magistrales lignes sont empreintes dun humour souvent rencontré dans les pages des Mémoires, quAndré Lebois appellera "lexpression sarcastique de la dérision que répand sur nos actes la certitude de la mort [] Lhumour est une armure, lultime recours qui demeure aux sensibles, aux plus vulnérables, contre le mal de vivre. René en usa comme il faisait de tout: superbe
1814-1831 In-8, cartonnage à la Bradel.
Le recueil comprend : Fragmens d'un nouvel écrit de M. de Chateaubriand, intitulé : Réflexions politiques sur quelques Ecrits du jour, et sur les intérêts de tous les Français. Marseille, Antoine Ricard, 1814. In-8 de 32 pp. Du système politique suivi par le ministère. Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 64 pp. Edition originale. Chateaubriand reprend et développe les thèmes de la Monarchie selon la Charte. Dans cette brochure dont il avait différé la parution, espérant un accord avec le gouvernement, Chateaubriand dénonce les malversations électorales et l'alliance à gauche du gouvernement. Il le met en garde contre cette politique qui exclut les royalistes et avantage les anciens révolutionnaires. Le pamphlet connut un grand succès. Talvart, 17. Proposition faite à la chambre des pairs… Paris, Dentu, 1816. In-8 de (2) ff., III, 80 pp. Edition originale. Si sa proposition fut rejetée, la brochure devait être diffusée à profusion malgré les tentatives d'intimidation de la police. Didot, imprimeur de la Chambre des pairs, s'étant récusé, c'est le libraire-imprimeur Dentu, spécialiste des brochures politiques, qui en assuma le risque. Rapport sur l'état de la France, fait au roi dans son conseil… Réfutation par M. Regnault de Warin… Paris, Plancher, juin 1815. In-8 de 62 pp. Lettre à un pair de France… Paris, Le Normant, 1824. In-8 de 88 pp. Edition originale. Importante brochure relative à l'indemnisation des émigrés qui fut l'un des grands débats de la Restauration. Talvart, 28. Lettre de M. le vicomte de Chateaubriand à Mr le rédacteur du Journal des débats. Paris, Ladvocat, 1827. In-8 de 16 pp. Opinion de M. le vicomte de Chateaubriand sur le projet de loi relatif aux journaux. Paris, Le Normant, 1817. In-8 de (2) ff., 35 pp. Remarques sur les affaires du moment. Paris, Le Normant, 1818. In-8 de (2) ff., 36 pp. Edition originale. Talvart, 18. Opinion de M. le vicomte de Chateaubriand, pair de France, sur le projet de loi relatif aux finances. Paris, Le Normant, 1817. In-8 de (1) f., 34 pp. Aux lecteurs. Paris, Le Normant fils, novembre 1831. In-8 de 16 pp. Edition originale. Talvart, 43B.
Rarie pré-originale des Mémoires d’Outre-Tombe parue avant l’édition originale parisienne. Bel exemplaire conservé dans ses brochures de l’époque, tel que paru. 20 tomes en 20 volumes in-18 ; tomes VII, X et XII à l’adresse Rozez et Cie ; tome XI à l’adresse Librairie de Mayer et Flatau. Brochures de l’époque, couvertures imprimées. 152 x 96 mm. Chateaubriand, François René de. Mémoires d’Outre-Tombe. Bruxelles, Librairie de Tarride (tomes I à XVI) – librairie du Panthéon (tomes XVII à XX), 1848-1850. Edition en partie originale et très rare pré-originale de « l’un des textes les plus importants de la littérature du XIXème siècle » (Clouzot). Paul Van der Perre, Les préfaçons des Mémoires d’Outre-Tombe, Bulletin du bibliophile, 1931. « Edition recherchée dont les premiers volumes ont paru avant l’édition française ». Clouzot, 66 ; En Français dans le texte, 268. Chef-d’œuvre autobiographique de Chateaubriand destiné par l’auteur à n’être publié qu’après sa mort, les Mémoires d'outre-tombe, commenceront à paraître en feuilleton, trois mois après le décès de Chateaubriand, survenu en juillet 1848. « Ces Mémoires ont été l'objet de ma prédilection. Saint Bonaventure obtint du ciel la permission de continuer les siens après sa mort : je n'espère pas une telle faveur mais je désirerais ressusciter à l'heure des fantômes pour corriger au moins les épreuves... ». En juillet 1817, dans le parc du château de Montboissier, le chant d'un oiseau, réveille en lui des souvenirs de jeunesse : « Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d'une grive perchée sur la plus haute branche d'un bouleau. A l'instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel; transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive... ». « L’Œuvre et la personnalité de Chateaubriand (1768-1848) dominent tout le XIXe siècle littéraire. »Il était né, dit Barbey d’Aurevilly, comme Napoléon, avec une étoile sur la tête, et quand celle de l’empereur pâlit et s’éclipsa, la sienne resta lumineuse. Chateaubriand eut l’admiration, l’influence, les yeux du monde fixés sur lui et une minute dans le gouvernement de son pays. Et, chose prodigieuse, il resta poétique. Une nouvelle manière de sentir et de penser, de s’exprimer et de comprendre date de Chateaubriand. Il ouvrit l’ère du Romantisme » » (Talvart). Œuvre unique au style d’une extraordinaire variété écrite en plein romantisme, Les Mémoires sont façonnés de cette alchimie subtile mêlant le réel à l'imaginaire, l'investigation psychologique aux admirables portraits et aux descriptions de paysages qui sont parmi les plus belles de toute notre littérature. Bel exemplaire de cette édition en partie originale et très rare pré-originale du chef-d’œuvre de Chateaubriand, conservé dans ses brochures de l’époque, tel que paru.
CHATEAUBRIAND (François-René, Vicomte de) et autres auteurs. Recueil factice de 10 textes politiques. 1 volume in-8 cartonnage de l’époque (frottements d’usage). Contient: CHATEAUBRIAND (François-René, Vicomte de). De la Monarchie selon la Charte. Paris: Le Normant (1816). 304 pp. Edition originale (Talvart et Place, III, p. 10). Suivi de: CHATEAUBRIAND (François-René, Vicomte de). De Buonaparte, des Bourbons, et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes, pour le bonheur de la France et celui de l’Europe. Lyon : Ballanche (1814). 87 pp. Troisième édition, en partie originale, parue la même année que l’originale (Talvart et Place, III, p. 9). Un des plus fameux pamphlets politiques de Chateaubriand. Pages légèrement brunies. Déchirure sans manque de la page de faux-titre. Suivi de: CHATEAUBRIAND (François-René, Vicomte de). Supplément à l’ouvrage intitulé : De Buonaparte, des Bourbons. Paris (1814). 40 pp. Edition parue la même année que l’originale. Pages légèrement brunies. Suivi de : CHATEAUBRIAND (François-René, Vicomte de). Proposition faite à la chambre des pairs dans la séance du 23 novembre dernier, et tendante à ce que le Roi soit humblement supplié de faire examiner ce qui s'est passé aux dernières élections, afin d'en ordonner ensuite selon la justice. Suivie de pièces justificatives annoncées dans la Proposition. 1816. 71 pp. Edition originale. Suivi de : LANJUINAIS (Jean-Denis). Appréciation du projet de loi relatif aux trois concordats avec les articles des deux derniers Concordats, ceux du projet de loi, et une revue des ouvrages sur les Concordats. Troisième édition avec de nouvelles correction et augmentation. Paris : Baudouin et Delaunay (1818). 64 pp. Suivi de : DONNADIEU (Gabriel). A ses concitoyens, le général Donnadieu. Seconde édition. Paris : Le Normant (1819). 51 pp. Réquisitoire du général Donnadieu, fervent opposant à Napoléon Bonaparte Suivi de : ROCHEMORE (Marquis de). Cérémonial pour la remise, la réception et le séjour de Madame la duchesse de Berri, à Marseille, et son voyage à Toulon. Marseille : Antoine Ricard (1816). 31 pp. Suivi de : LA MAISON-FORT. Tableau politique de l’Europe, depuis la bataille de Leipsick. Nouvelle édition conforme à celle de Londres. 66 pp. Suivi de : CANUEL (Simon). Réponse de M. le lieutenant-général Canuel, à l'écrit intitulé : Lyon en 1817, par le colonel Fabvier, ayant fait les fonctions de chef de l'état-major du lieutenant du roi dans les 7e et 19e divisions militaires. Lyon : Guyot frères (1818). 38 pp. Suivi de : [ANONYME]. L’impartial, ou réfutation de la troisième partie de l’écrit intitulé : "Marseille, Nismes et ses environs en 1815" (2e partie) ; suivie de quelques observations sur l'écrit intitulé : "Les crimes d'Avignon", par M. F. Tarascon : Elisée Aubanel (1818). 52 pp.
[Mame Frères, le Normant, etc.] - CHATEAUBRIAND, François René de
Reference : 66514
(1814)
12 vol. in-8 br. : De Buonaparte, des Bourbons et de la nécessité de se rallier à nos Princes légitimes, pour le bonheur de la France et celui de l'Europe, Mame Frères, Et se trouve chez Le Normant, H. Nicole, Paris, 1814, 87 pp. sous couv. blanche muette [ On joint : ] Du Système politique suivi par le Ministère. Par M. le Vicomte de Chateaubriand Pair de France, Le Normant, Paris, 1817, 64 pp. sous couv. muette [ Edition originale ] [ On joint : ] Remarques sur les Affaires du Moment, Chez le Normant, Paris, 1818, 36 pp. sous couv. muette[ Edition originale ] [ On joint :] Lettre à un Pair de France, [ 1ère lettre ] Le Normant Père, Paris, 1824, 44 pp. ous couv. muette [ Edition originale ] [ On joint : ] Lettre à un Pair de France,[ 2e lettre ] Le Normant Père, Paris, 1824, 88 pp. sous couv. muette [ Edition originale ] [ On joint : ] De la Censure que l'on vient d'établir en vertu de l'article 4 de la loi du 17 mars 1822, Troisième édition, Le Normant Père, Paris, 1824, 44 pp. [ On joint : ] Les Amis de la Liberté de la Presse. Marche et Effets de la Censure, Le Normant Père, Paris, 1827, 32 pp. [ Edition originale ] [ On joint : ] Opinion de M. le Vicomte de Chateaubriand Pair de France, sur le Projet de Loi relatif à la Police de la Presse. Deuxième édition, Chez Ladvocat, Paris, 1827, 104-16 pp. (Prospectus des Oeuvres complètes) sous couv. imprimée [ On joint : ] De la Restauration et de la Monarchie élective, ou Réponse à l'interpellation de quelques journaux sur mon refus de servir le nouveau gouvernement, Chez Le Normant Fils, Paris, 24 mars 1831, 48 pp. sous couv. muette [ Edition originale ] [ On joint : ] De la nouvelle Proposition relative au Bannissement de Charles X et de sa Famille, ou Suite de mon dernier écrit : De la Restauration et de la Monarchie élective, Le Normant Fils, Paris, octobre 1831, 155 pp. et 2 ff. sous couv. imprimée [ Edition originale ] [ On joint : ] Mémoire sur la Captivité de Mme la Duchesse de Berry, Le Normant Editeur, Paris, 1833, 121 pp. et 2 ff. sous couv. imprimée [ Edition originale ] [ On joint : ] Discours prononcé à la Chambre des Pairs par M. le Vicomte de Chateaubriand à l'occasion de la mort de M. le Comte de Sèze le 18 juin 1828, (Extrait du Moniteur de 1828), Typographie de Firmin Didot Frères, Paris, 1861, 30 pp. sous couv. imprimée
Intéressante réunion de 12 brochures et volumes brochés dont 8 éditions originales, parmi lesquelles les deux éditions de la "Lettre à un Pair de France", à savoir celle s'opposant à la poursuite de la politique de Villèle et la second relative à l'indemnisation des émigrés. Une partie des brochures est conservée sous un étui moderne.
P., Crédit Lyonnais, 1964, in-4 carré, reliure en tissu créé par Pierre Frey, 146 pp., Luxueuse publication offrant une sélection des pages les plus évocatrices des Mémoires d'outre-tombe. Elle est illustrée de nombreuses reproductions in et hors-texte en noir et en couleurs. Préface par Maurice Mogenet et étude critique de Pierre Clarac.
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