1974 Gallimard 1974
Reference : 6061
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Gallimard, 1974, in-12, 203 pp, broché, couv. à rabats, bon état
"A Londres, en 1817, un ouvrage était publié en français par l'éditeur Murray, avec un titre très alléchant : Manuscrit venu de Sainte-Hélène d'une manière inconnue ! Que de mystères, d'autant qu'aucun auteur n'était précisé. Bien sûr, tous les lecteurs pensaient aussitôt à Napoléon exilé depuis 1815 sur la très lointaine île de Sainte-Hélène, perdue dans l'Atlantique sud. L'Empereur aurait pris la plume pour livrer ses mémoires et aurait réussi à faire passer le manuscrit à la barbe de ses geôliers anglais. Le succès fut foudroyant : Murray dût ordonner quatre autres rééditions dans la seule année 1817. Une édition en langue anglaise fut promptement imprimée et de nombreuses contrefaçons ou traductions virent le jour à Bruxelles, Gand, Francfort. En France, l'ouvrage séditieux fut interdit, ce qui ne pouvait que renforcer son attraction et le rendre encore plus intéressant. De nombreuses copies manuscrites circulèrent alors dans les salons parisiens et bientôt dans tout le pays. La question était « Est-ce de lui, n'est-ce pas de lui ? » Le Manuscrit est écrit dans un style vigoureux, martelé de citations « à la Bonaparte », comme celle-ci « Ma tâche était donc de terminer la Révolution en lui donnant un cours légal afin qu'elle pût être reconnue et légitimée par le droit public de l'Europe ». Certaines pages sont plus intimes et tendres car elles sont consacrées à Joséphine. Napoléon, ou tout du moins le « je » qui parle pour lui, y exprime un amour violent et indéfectible pour la belle créole. On sait aujourd'hui que cet ouvrage est un formidable pastiche, extrêmement réussi, car le ton employé, les anecdotes racontées (à part quelques erreurs) font « vraies ». Nombre d'anciens compagnons de Napoléon s'y sont fait prendre et ont juré que le Manuscrit était bien les mémoires de l'Empereur. Mais très vite des opinions plus sceptiques s'élevèrent, comme celles de Méhée de la Touche, un agent double, royaliste et bonapartiste, habitué donc à démêler le vrai du faux, qui exprima ses doutes sur l'authenticité dans une brochure intitulée « Réflexions sur le Manuscrit de Saint-Hélène ». Il résuma son sentiment par cette phrase : C'est lui, mais pas de lui. Il y voyait plutôt « l'éloge d'un tyran par des plumes libérales » . Un certain Fabry, agent royaliste, eut la même intuition. Il trouvait étrange que « le général Bonaparte » exprime des regrets d'avoir dissout le Tribunat ou rompu avec les libéraux. Fabry y notait une « certaine couleur vaudoise » (cette région suisse où vivaient l'écrivain Mme de Staël et ses amis, groupe d'opposants au régime napoléonien). Il est généralement admis de nos jours, bien que le doute ne soit pas levé totalement, que l'auteur soit un certain Lullin de Châteauvieux, agronome de formation (passionné par les moutons mérinos, entre autre), fin lettré et ami de Mme de Staël, femme écrivain exilée en Suisse par Napoléon. Lullin de Châteauvieux était un habitué du salon littéraire de Coupet (Suisse), demeure de Mme de Staël. Il était certainement un grand observateur et un grand auditeur de ce qui s'y disait. Il se serait imprégné des conversations autour de Napoléon, au point de pouvoir entrer dans la peau du personnage et de raconter son histoire à la première personne du singulier. Il révéla la supercherie en 1841 sur son lit de mort à son gendre, Jean-Edouard Naville, qui en fit une notice biographique, seule preuve de la paternité de l'œuvre. Une récente étude a démontré que l'auteur de cette notice est en fait le gendre de Mme Staël, Gabriel Eynard, ce qui renforcerait l'hypothèse d'un travail collectif sous la conduite de Germaine de Staël et dont Lulllin, quasi-inconnu et qui n'avait jamais rencontré Napoléon, aurait été le prête-nom dissimulé, dans un jeu de cache-cache destiné à masquer les véritables auteurs, le groupe dit de Coppet, en l'occurrence Benjamin Constant, Victor de Broglie, Lullin de Chateauvieux et son cousin Gabriel Eynard, sur l'instigation de Mme de Staël." (Fondation Napoléon) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
BROCHE BON ETAT COIFFFE LEGEREMENT FROTTER PHOTOS SUR DEMANDE. Manuscrit venu de sainte-helene d'une manière inconnue. NRF Gallimard, Broché, 1974
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1817 London, John Murray, Bruxelles, P. S. Demat, 30 avril 1817. 20 x 13 cm, in-8, II - 124 pp., broché sous couverture bleue d'attente, titre manuscrit au 1er plat et au dos.
L'une des premières éditions de cet opuscule que l'on tenta d'attribuer à Napoléon lui-même. L'originale porte la date du 12 avril 1817, celle-ci, probablement la deuxième, est peu commune. Nombreux et très utiles renvois manuscrits anciens aux 44 notes de Napoléon dans les "Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon" (dits Mémoires de Napoléon), tome II, pp. 205 à 296 où sont réfutés de nombreux passages de l'ouvrage. Complet de la préface an anglais de l'éditeur attribuant le texte à "Buonaparte" et de celle de "l'auteur". Ex-libris manuscrit illisible de l'auteur des renvois. Petites déchirures à la couverture d'attente, très bon pour le reste.
Paris, Le Normant, Rey et Gravier, juin 1817 2 vol. in-8, XVI-478 pp. et XI-460 pp., demi-maroquin rouge à petits coins, dos lisse, filets dorés (rel. de l'époque).
Edition la plus complète (la première ne forme qu'un volume, et porte la date de 1816), surtout augmentée par le nombre de pièces justificatives (elles sont au nombre de 111 et occupent l'intégralité du volume II). Ce titre révisé est le premier à commencer à faire état de documents provenant de la captivité.Exceptionnel exemplaire de Talleyrand, avec son ex-libris.Davois II, 42. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Paris, Le Normant, Rey et Gravier, 1817. 2 vol. in-8 de XVI-486 pp. ; XI-460 pp., demi-basane brune à petits coins de vélin, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge (reliure de l'époque).
Deuxième édition augmentée. Dernier des trois volets contre le retour de Buonaparte livré avec des pièces justificatives par le publiciste Jean-Baptiste-Germain Fabry (1780-1821) pour dénoncer un Empereur "vaincu à Waterloo, fugitif, déserteur, abandonnant son armée, délaissé de ses deux chambres (qui) après avoir signé pour la seconde fois sa propre dégradation alla ensevelir sa honte". Coiffes de tête arasées mais bon exemplaire. Cachet PV. Davois II, 42.