S.l. [Lyon], s.d. (juillet 1848), in-4, 12 pp., 539 pp., couvertes d'une écriture moyenne, assez cursive, mais lisible (environ 20 lignes par page), rares ratures et biffures, avec des passages ou des termes soulignés par l'auteur à l'encre rouge, demi-chagrin bouteille à coins, dos à nerfs muet orné de caissons à froid et de petits tortillons dorés, simple filet à froid sur les plats (reliure de l'époque). Coupes et coins frottés.
Reference : 244727
Très curieux manuscrit sur la Charbonnerie, la maçonnerie lyonnaise, les clubs républicains, et leurs liens avec le mouvement ouvrier de la région.L'adresse et la date se déduisent aisément des indications qui terminent la dédicace au "citoyen général Cavaignac, président du Conseil des ministres, chargé du pouvoir exécutif" (pp. 1-5). Malheureusement, l'auteur ne signe que par l'initiale G, ce qui ne saurait nous conduire bien loin pour son identification précise. Quelques éléments sont cependant à retirer de ce texte liminaire, qui pourraient permettre une identification formelle à partir des listes des personnels de la police lyonnaise : l'auteur est un ancien combattant des journées de juillet 1830 ; c'est un fervent républicain, par tradition familiale et par conviction personnelle, mais opposé au socialisme et à la "démagogie", dont il désire "sincèrement l'anéantissement" ; ancien élève à la fois de Broussais, et de la Faculté de droit de Paris, il remplit sous la Monarchie de Juillet les fonctions de commissaire de police "dans diverses contrées de la France, particulièrement dans le littoral, puis à Lyon" ; il est adepte de la phrénologie et applique ses principes en matière criminelle. Enfin, au moment où il rédige cette dédicace, il est commissaire central de l'arrondissement de Lyon.Le texte lui-même, extrêmement diffus - voire confus en plusieurs parties -, se gargarisant fréquemment de grands mots et d'expressions forgées, se divise en 8 chapitres, qui tous cherchent à refléter et l'importance des sociétés secrètes lyonnaises dans la structuration du mouvement ouvrier local, prompt aux grèves et aux insurrections, et la surveillance constante de leurs activités par les autorités de police, encore très désorganisées et aux effectifs insuffisants (à l'été 1848, la police lyonnaise se composait seulement d’un commissaire central - notre rédacteur -, d’un unique inspecteur de police, de douze commissaires de police, et de 59 agents, dont 7 surnuméraires) :1. Les sociétés secrettes à Lyon, adhérentes et corrélatives avec les départemens circonvoisins dont elles sont le point de direction (pp. 13-20). - 2. Coup d'oeil sur les causes motivées de l'anéantissement industriel, les phases de la révolution, intrigues de la Charbonnerie, abus, &c. (pp. 21-94). - 3. Le général Gémeau. Faits et attentats divers. Le bateau à vapeur Le Vautour, le capitaine Barillon et les Voraces. Clubs de femmes. Élections dans plusieurs communes influencées par la violence, &c. (pp. 95-156). - 4. Exposition et analyse reproductive de l'acte d'accusation dans le procès des incendiaires d'Oullins. Considérations concluantes pour l'avenir (pp. 157-196). - 5. Suite des abus et violences. Considérations topographiques de localités ; exposition de doctrines subversives, &c. (pp. 197-272). - 6. Analogies, époques, le comte Muraire (pp. 273-380). - 7. [Sans titre] (pp. 381-420). - 8. Suite du compte rendu des événemens successifs (pp. 421-539).C'est le chapitre 3 qui contient le plus de détails concrets sur les débuts de la Seconde République à Lyon : le commandement du général Auguste-Pierre Walbourg Gemeau comme chef de la garnison ; la curieuse affaire du Vautour en mars 1848 (une flamme blanche déployée par le capitaine Barillot aux environs des ateliers nationaux de Perrache, avec des liserés rouge et bleu trop petits, avait alerté les ouvriers qui crurent à l'arrivée d'une troupe royaliste et qui attaquèrent le bateau, qui fut confisqué par le commissaire Arago au profit de la République) ; les activités de la société des "Voraces" de la Croix-Rousse, issue d'une partie des Compagnons du Devoir ; celles du Club central démocratique, etc.Le chapitre 4 documente assez bien les journées des 27 et 28 février 1848 qui virent 200 émeutiers venus de Lyon se livrer à l'incendie et au saccage d'un établissement d'Oullins, le Refuge Saint-Joseph fondé par l'abbé Rey, sous le prétexte que les enfants employés au travail de la soie exerçaient une concurrence déloyale aux professionnels.Le chapitre 6 renferme un long et curieux développement sur le comte Honoré Muraire (1750-1837), important acteur de la Révolution française, mais dont le rapport avec la région lyonnaise ne s'éclaircit guère qu'en une note de la page 279 ("Muraire était intimement lié avec mon père. Je l'ai beaucoup connu et étudié la médecine avec son fils mort en 1823 à la Guerre d'Espagne. J'ai eu de grandes obligations à son père, dont je me plais à retracer le caractère avec l'énergie de la fidélité reconnaissante" - vous m'en direz tant ..).Sans titre, le chapitre 7 contient surtout de longues digressions hostiles aux Jésuites, ce qui ne présente pas une grande originalité dans le contexte."Un des caractères les plus remarquables qui distingue la population indigène de Lyon, est sans contredit, le fond d'arrière pensée qu'on y rencontre, à côté de ce principe né d'association, de rapprochement".Cf. Prieur (Florent) : Une ville en ordre : l’étatisation de la police lyonnaise (1848-1862), in RHU (2002). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
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