S.l.n.e., août 1773. 1773 1 vol in-8° (197 x 135 mm) de: 56 pp. dont faux titre et tire; vignette gravée sur le titre encadrant un soleil au visage humain, bandeau gravé en entéte. Ex-libis contrecollé au dos du titre P. Veron) Non rogné, couverture de papier à la colle fauve ancienne, chemise de toile verte moderne).
Reference : 6488
Edition originale de cette rarissime publication sur les comètes due à Jonas de Gelieu et parue anonymement. Jonas de Gélieu (1740 - 1827) est un pasteur et scientifique suisse considéré comme un des précurseurs de l'apiculture moderne. Il fait des études scientifiques et adhère à des sociétés savantes. Il est lauteur de plusieurs publications scientifiques, notamment dans Corps d'observations de la Société d'agriculture, de commerce et des arts, établie par les États de Bretagne (Rennes, 1758) et de louvrage « Le Conservateur des Abeilles, ou moyens éprouvés pour conserver les ruches et pour les renouveler » (Mulhausen, 1816). La présente publication parait la même année que « Réflexions sur les comètes qui peuvent approcher de la terre » (Paris, Gibert, 1773) de lastronome français Jérôme de La Lande. De tout temps, les comètes nous ont surpris, voire effrayés. Phénomènes célestes parfois très spectaculaires, inattendues, incomprises, les comètes ont engendré de tout temps des peurs, utilisées par les responsables politiques, militaires ou religieux pour conforter leur pouvoir. Promouvoir les craintes a été souvent une manière efficace dasseoir son autorité et les comètes en furent un moyen percutant. Ce nest quau siècle des Lumières quEdmond Halley prouvera que les comètes suivent les lois naturelles du mouvement des planètes. Il montrera que la comète qui porte son nom revient tous les 75 ans, en décrivant une orbite très allongée. Mais si le mystère de lapparition des comètes fut ainsi résolu, les craintes persistèrent, avec leurs cortèges de prévisions de fin du monde. Lobjectif de Gélieu est le même que celui de Lalande : expliquer et rassurer les populations. Ainsi introduit-il son essai : « J'ai longtemps envisagé comme un paradoxe étrange ce qu'osait avancer le célèbre Jean-Jacques Rousseau, qu'il y a plus d'erreurs dans l'Académie des Sciences que chez tout un peuple de Hurons. L'événement prouve aujourd'hui que cet éloquent écrivain ne s'est pas tout-à-fait trompé. Une terreur panique se répand dans toute l'Europe, à l'occasion de la comète annoncée pour un jour préfix, et que le peuple attend le 2 octobre prochain. Les ignorants ajoutent foi fans examen aux décisions trop incertaines de nos profonds calculateurs ; les savants, trompés eux-mêmes par un appareil imposant d'algèbre et de géométrie, ne font pas exempts d'effroi. La méfiance est suspendue dans tous les cercles de femmes ; on les voit pâlir en écoutant et racontant tour-à-tour ce qu'elles ont appris du déluge universel ou de l'embrasement total dont notre globe est menacé. La frayeur a passé jusques dans les villages ; on attend dans deux mois d'ici la destruction du genre humain ; et s'il était un autre globe où nous puffions nous retirer, on verrait les Européens quitter ce-Ini-ci par milliers, pour chercher ailleurs un asile... Rassurez-vous, curs pusillanimes ; apprenez qu'il y a plus d'erreurs dans la seule Académie des Sciences, que chez tour un peuple de Hurons. Plus heureux, dans ce moment, par la profonde ignorance, le stupide Américain connaît assez les astres pour s'orienter dans les plus vastes déserts, et pour retrouver la demeure Gélieu donne ensuite un état des connaissances astronomique sur les comètes, leurs éléments : « Le noyau de la comète est le corps même de cet astre, de forme à-peu-près sphérique. Lorsqu'il s'approche du soleil, et lorsquil s'en éloigne, il laisse après lui une traînée de lumière, plus ou moins longue, que l'on appelle tantôt barbe, tantôt queue, et tantôt chevelure ; dénominations différentes d'une feule et mème chose, selon les divers aspects fous lesquels nous voyons la queue ; car les comètes n'ont jamais de chevelure ni de barbe réelle. De l'aveu de tous les observateurs, les énormes queues qui suivent ordinairement les comètes, font formées par les vapeurs & les exhalaisons de leurs noyaux échauffés, peut-être même embrasés par l'ardeur du soleil. Cette conjecture est plus que probable, et se change même en certitude, quand on considère que la queue augmente en longueur à mesure que la comète s'approche du soleil » Provenance P. Veron, collectionneur d'ouvrage sur les cométes (Ex-libis contrecollé au dos du titre). Bel exemplaire conservé dans son état dorigine, non rogné. One volume 8vo (197 x 135 mm) of 56 pp., including half-title and title page; engraved vignette on the title page framing a sun with a human face, engraved headpiece. Bookplate pasted to the spine of the title page (P. Veron). Untrimmed, original tan-colored paper cover, modern green cloth slipcase. First edition of this extremely rare publication on comets by Jonas de Gélieu, published anonymously. Jonas de Gélieu (17401827) was a Swiss pastor and scientist considered one of the forerunners of modern beekeeping. He pursued scientific studies and belonged to learned societies. He is the author of several scientific publications, notably in *Corps d'observations de la Société d'agriculture, de commerce et des arts, établissements par les États de Bretagne* (Rennes, 1758) and the work *Le Conservateur des Abeilles, ou moyens éprouvés pour conserver les ruches et pour les renouvelable* (Mulhausen, 1816). This publication appeared in the same year as *Réflexions sur les comètes qui peuvent approcher de la terre* (Paris, Gibert, 1773) by the French astronomer Jérôme de La Lande. Comets have always surprised, even frightened, us. Sometimes spectacular, unexpected, and often misunderstood, celestial phenomena, comets have always generated fears, which have been used by political, military, and religious leaders to consolidate their power. Promoting fear has often been an effective way to establish authority, and comets have been a powerful tool for this purpose. It was only during the Enlightenment that Edmond Halley proved that comets follow the natural laws of planetary motion. He showed that the comet bearing his name returns every 75 years, following a highly elongated orbit. But while the mystery of comets' appearance was thus solved, fears persisted, along with their accompanying predictions of the end of the world. Gélieu's objective was the same as Lalande's: to explain and reassure the public. He thus introduced his essay: "For a long time, I considered it a strange paradox what the famous Jean-Jacques Rousseau dared to assert, that there are more errors in the Academy of Sciences than among an entire people of Huron. Events today prove that this eloquent writer was not entirely mistaken." Panic terror is spreading throughout Europe, due to the comet predicted for a specific day, which the people expect on October 2nd. The ignorant place their faith without question in the overly uncertain pronouncements of our profound calculators; even the learned, deceived by an imposing apparatus of algebra and geometry, are not immune to dread. Mistrust hangs heavy in every circle of women; they can be seen paling as they listen to and recount, in turn, what they have learned of the universal flood or the total conflagration threatening our globe. Fear has even reached the villages; the destruction of humankind is expected in two months; and if there were another globe to which we could retreat, we would see Europeans leaving this one by the thousands, seeking refuge elsewhere... Rest assured, cowardly hearts; Learn that there are more errors in the Academy of Sciences alone than among an entire tribe of Huron. Happier, at this moment, through profound ignorance, the stupid American knows enough about the stars to find his way in the vastest deserts and to find his way home Gélieu then gives an overview of astronomical knowledge about comets and their components: The nucleus of the comet is the body of this celestial body itself, roughly spherical in shape. When it approaches the sun, and when it moves away from it, it leaves behind a trail of light, more or less long, which is sometimes called a beard, sometimes a tail, and sometimes a coma; different names for the same thing, depending on the various aspects from which we see the tail; for comets never have a real coma or beard. By the admission of all observers, the enormous tails that usually follow comets are formed by the vapors and exhalations of their nuclei, heated, perhaps even ignited, by the sun's heat. This conjecture is more than probable, and even becomes a certainty, when one considers that the tail increases in length as the comet approaches the sun Provenance: P. Veron, collector of books on comets (Bookplate affixed to the back of the title page). A fine copy, preserved in its original, untrimmed condition.
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