Belleville, A. Appert, [1855]. 580 x 824 mm.
Reference : LBW-8699
Très rare et spectaculaire vue à vol d'oiseau de Paris sous le Second Empire, dessinée par Friedrich Salathé, gravée à l'aquatinte et publiée par Achille Appert à Belleville en 1855. La vue est prise depuis le Jardin des Plantes et le pont d'Austerlitz en regardant vers l'ouest, et offre une vue générale de la quasi-totalité des quartiers de Paris. Au premier plan, le pont d'Austerlitz, reconstruit en pierre en 1855 ; sur la rive gauche, le Jardin des Plantes où déambulent des promeneurs ; puis l'hôpital de la Pitié, situé à cette époque rue du Jardin du Roi, devenue la rue Geoffroy Saint-Hilaire en 1868, et transféré en 1911 sur le site de l'hôpital de la Salpêtrière, boulevard de l'Hôpital ; la Halle aux Vins ; l'Observatoire et sa coupole principale, dite coupole Arago, terminée en 1847 ; le Val de Grâce ; l'École normale supérieure, rue d'Ulm ; le marché des Carmes, ou marché couvert de la place Maubert, inauguré en 1819, dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par le commissariat de police du 5e arrondissement ; l'église Saint-Nicolas du Chardonnet ; le Panthéon ; l'église Saint-Étienne-du-Mont ; le palais du Luxembourg ; les églises Saint-Sulpice et Saint-Germain-des-Prés ; l'Institut de France ; la basilique Sainte-Clotilde ; les Invalides ; et l'École Militaire ; sur la rive droite, au premier plan, la Colonne de Juillet sur la place de la Bastille, élevée entre 1830 et 1845 ; l'Entrepôt ou Grenier d'abondance, bâtiment conçu pour l'approvisionnement des boulangers en céréales, incendié pendant la Commune de Paris ; les églises Saint-Paul et Saint-Gervais ; l'Hôtel de Ville ; la Tour Saint-Jacques ; les églises Saint-Merry et Saint-Eustache ; la Halle au blé ; le Louvre ; la Bourse ; la Colonne Vendôme ; la Madeleine ; les églises Notre-Dame-de-Lorette et Saint-Vincent-de-Paul ; le Palais de l'Industrie, construit pour l'Exposition Universelle de 1855, soit l'année de publication de cette estampe, et détruit en 1896 pour laisser place aux Petit et Grand Palais ; la gare Saint-Lazare, édifiée en 1837 sous le nom de gare du chemin de fer de Rouen ; la gare du Nord, ouverte en 1846 sous le nom de gare du chemin de fer du Nord ; et enfin la gare de l'Est, ouverte en 1849 sous le nom d'Embarcadère de Strasbourg. Le panorama s'étend au loin jusqu'à l'Arc de Triomphe, et jusqu'aux collines du Mont-Valérien, de Montmartre et de Belleville. Sur la Seine, on peut voir plusieurs ponts aujourd'hui disparus : entre les îles de la Cité et Saint-Louis, le pont Louis Philippe, pont suspendu, inauguré en 1834 et nommé pont de la Réforme jusqu'en 1852, détruit et remplacé entre 1860 et 1862 par le pont actuel, reliant à présent l'île Saint-Louis à la rive droite ; et le pont Saint-Louis, pont suspendu construit en 1842, remplacé par un pont métallique en 1861, puis reconstruit en 1969. L'île de la Cité et la place de l'Hôtel de Ville sont également reliées par une passerelle ; ouverte aux piétons en 1828, cette passerelle ou pont suspendu, nommée pont de la Grève, puis pont d'Arcole en 1830, sera démolie et remplacée en 1855 par le pont de fer conçu par l'architecte Alphonse Oudry, tel que nous le connaissons aujourd'hui. Entre le pont au Double et le Petit pont, on peut voir le pont de l'Hôtel-Dieu et les bâtiments de l'Hôtel-Dieu qui seront détruits lors de la reconstruction de l'hôpital entre 1868 et 1878. Enfin, à la pointe orientale de l'île Saint-Louis, on peut voir trois passerelles aujourd'hui disparues, dont deux ouvertes aux piétons en 1836 et remplacées par le pont de Sully en 1876 : côté rive gauche, la passerelle de Constantine, qui reliait l'île au quai Saint-Bernard ; et côté rive droite, la passerelle de Damiette, qui reliait l'île à la rive droite. Entre les deux, la troisième passerelle, dite de l'Estacade ou de Béthune ; cette digue en bois, conçue vers 1820 afin de protéger la ville des crus et des glaces de la Seine, reliait le quai de Béthune de l'île Saint-Louis à l'île Louviers, avant que celle-ci ne soit définitivement rattachée à la berge en 1842, puis aménagée et réunie au quartier de l'Arsenal ; la passerelle de l'Estacade est ici à présent reliée au quai Henri IV ; incendiée en 1833 et 1843, puis emportée en 1910 par la grande crue, elle fut reconstruite en dur en 1913 avant d'être définitivement démolie en 1932. Cette vue illustre également les débuts des Grands Travaux de Paris sous le Second Empire, conduits de 1852 à 1870 par Napoléon III et le baron Haussmann, préfet du département de la Seine. Ainsi, on peut voir sur la rive droite une percée en cours, et l'une des plus importantes de ces travaux, le boulevard Sébastopol, qui sera inauguré trois ans plus tard, en 1858, et dont la portion sur la rive gauche sera renommée boulevard Saint-Michel en 1867. Peintre, aquarelliste, graveur et dessinateur, né à Bâle en 1793, Frédéric ou Friedrich Salathé fut l'élève de Peter et Samuel Birmann à Bâle. En 1815, il se rend à Rome en compagnie de Samuel Birmann, et reste en Italie jusqu'en 1820, date de son retour à Bâle. En 1823, il s'installe à Paris et se fait un nom comme graveur au lavis. Il a réalisé de nombreuses gravures au lavis et des eaux-fortes de vues et de panoramas d'après ses propres dessins, notamment : Bataille de Navarin ; Voyage dans la vallée de Chamonix (40 pièces) ; Vues de Bordeaux, Marseille, Toulon et Cherbourg ; Panorama, pris de la coupole du Palais de l'Industrie (deux feuilles, vers 1835) ; Vues de Venise, Turin, Bade et Leipzig ; Château et musée de Berlin ; Rio de Janeiro ; ainsi que Lyon d'après Brascassat (deux pièces) ; les chutes du Niagara d'après Seleron (deux grandes pièces). Sur le même format que notre vue de Paris, il a réalisé une vue de Naples ayant pour titre Aspect Général de Naples. Très rare. Nous n'avons trouvé que deux exemplaires dans les collections publiques (BnF et British Museum). Très bon exemplaire. Quelques piqûres au niveau du ciel et dans les marges, mouillure claire dans le coin inférieur gauche. Bibliographie de la France ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, Septembre 1855, p. 630, 1421 ; Le Courrier du Bas-Rhin, Niederrheinischer Kurier, Novembre 1855, p. 4 ; Denise, Bibliographie historique & iconographique du Jardin des Plantes, 1903, p. 165, 348 ; Bénézit, Tome troisième, L-Z, p. 45.
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