Editions Pierre Seghers, Paris, 1949. Edition originale. L'un des 50 exemplaires sur Alfa, seul grand papier. Broché in-12, dos très légèrement éclairci. Peu courant.
Reference : FOS-532
Librairie Eric Fosse
M. Eric Fosse
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S.D. COMPTE-RENDU DU PROCS DE LAMIRAL JEAN-PIERRE ESTEVA DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE EN MARS 1945 PAR FRANCIS CARCO RDIG SOUS LA FORME DUNE NARRATION PROSODIQUE INTITULE IMPRESSIONS DAUDIENCE . Jean-Pierre Esteva. N Reims en 1880. Mort en 1951. Jeune officier pendant la Premire guerre mondiale, il est affect la flotte en Mditerrane. Promu contre-amiral en 29. Il devient vice-amiral en 35. Prend le commandement des Forces navales du Sud. Aprs lArmistice de juin 1940, il rejoint le Marchal Ptain dont il deviendra trs proche. Il est envoy par le Gouvernement de Vichy en Tunisie o il met la disposition des Allemands les bases ariennes franaises. Arrt en septembre 1944, son procs souvre le 15 mars 1945 devant la Haute Cour de Justice recre par ordonnance du gouvernement provisoire en novembre 1944 afin de juger le Chef de lEtat, le Chef du Gouvernement, les Ministres, les Gouverneurs gnraux, les Hauts fonctionnaires, les Militaires, etc.Ayant pous aprs la guerre Eliane Ngrin, une jeune femme dorigine juive, Francis Carco fut contraint lexil ds lexcution des premiers dcrets anti-juifs imposs par le gouvernement de Vichy. Le couple fuit la France et se rfugie en Suisse dans le Valais o les Carco feront la connaissance de Jean Graven, un professeur de droit de luniversit de Genve qui fut charg aprs la guerre par les Nations Unies de la poursuite et de l'extradition des auteurs de crimes de guerre et crimes contre l'humanit, terme dont on lui doit la paternit. Il sera le reprsentant officiel de la nation helvte lors des procs de Nuremberg. Est-ce sous son influence que Carco se rendit au procs Esteva ?...Au premier jour du procs Esteva devant la Haute Cour de Justice, Carco dpeint en quelques lignes non pas lenceinte du tribunal comme on sy attendrait, mais la couleur lumineuse des siges qui lui rappelle la Tunisie, le pays o lamiral perptra sa forfaiture ...Est-ce en souvenir de lavenue de Carthage et de ses terrasses de caf que les siges quon nous destine sont constitus par une double range de chaises pliantes dun vert pistache assez inattendu ? Ce serait pousser un peu trop loin le got de la couleur locale. Toutefois, dans le cadre austre o va se drouler le procs Esteva, ce vert mrite quon en savoure la note pimpante dont la prsence nous aide voquer latmosphre de Tunis. Rsident gnral, lamiral Esteva que la chambre daccusation a dfr le 7 du mois dernier devant la haute Cour de Justice, prend place avec un garde au banc do il devra rpondre des faits retenus contre lui (...) Le regard de Carco se porte ensuite sur laccus lui-mme qui arbore croix et mdailles militaires ou honorifiques ...Cest un homme avec sa plaque de commandant (grand officier) de lOrdre de la Lgion dHonneur, sa mdaille militaire, sa croix de guerre palmes, les cinq toiles de bronze quil porte sur ses manches, cest un homme de prs de soixante cinq ans (chauve) qui, trs digne, rclamera (de ses juges), de sortir le front haut (ainsi quil y a droit, dit-il) de cette salle o il doit, pour le moment faire figure de prvenu. Chauve et barbu, sans sa casquette aux dorures rutilantes il a moins lair dun grand marin que dun (brave homme) bourgeois (de la belle poque) cossu que sa bonne foi met labri (des pires) de toute compromission. Carco juge demble lattitude du Prsident de la Haute Cour envers le prvenu que ...Cest entre ces deux hommes que le drame se noue. On le sent ds le dbut. Un drame qui passe et de beaucoup la personne de laccus pour prendre de plus vastes, de plus effarantes proportions. En effet ni les instructions qua reues Esteva lors du dbarquement des troupes de laxe en Tunisie, ni son empressement leur venir en aide contre les forces allies, ne constituent aux yeux du Premier Prsident le fond mme du procs (...) Cest de Vichy quil est question. De son gouvernement qui na pas su ou qui plutt na pas voulu se dgager de ltreinte mortelle du Reich. (Le reste ne compte gure. Lamiral a beau protest) Et tout est l, (lheure des comptes approche uniquement) pour cette premire audience, alors labjecte trahison, ( Tunis), le crime (inexpiable) dont il faudra pourtant un jour payer le prix...Dans le deuxime temps du texte, Carco reprend la question essentielle pose par le premier Prsident au Procureur gnral, une question thique qui pose souvent dbat ...Victime ou complice ?... avait dit le premier Prsident au sujet dEsteva. Les deux, rpond ds le dbut de son rquisitoire le Procureur Mornet qui, rfutant lun aprs lautre les arguments de lamiral, tablit que par ftichisme envers Ptain, il abdiqua de bonne heure toute sorte de dignit. La consigne dobissance jure au marchal, la perdu. La question est pineuse, elle sera de mme pose lors des procs des Nazis : celle de lobissance infaillible la hirarchie ... Nous devons prparer les revanches futures , crivait en 40 lamiral. Or lide mme de ces revanches a bien vite disparue. Lanne suivante, excutions massives dotages, dclaration de la guerre par le Fhrer la Russie, recrutement en masse douvriers pour lAllemagne. Est-ce quun franais naurait enfin point o se ressaisir en prsence de pareils faits ? Son devoir le lui commandait. Mais non; Les ordres que reoit Esteva de Vichy (nveillent) le trouvent toujours pris les suivre ou les faire excuter. Voil le crime. (Car la pire trahison consiste dans lavilissement. Et Esteva, sciemment, y a particip. Messieurs, conclut lavocat gnral, jai mis mes dernires forces au service de mon pays et ce nest pas sans ltre longuement interrog quen mon me et conscience, je vous propose de refuser les circonstances attnuantes un homme qui, pour se couvrir, vous dit quil a prt serment au marchal... Et plus bas (sans plus) comme sil sadressait lui-mme : Il nest pas de serments qui tiennent devant une trahison ! ...Lamiral Esteva chappa la peine de mort ; il fut condamn la prison vie. Graci en aot 1950, il dcda quelques mois plus tard.
[1930-1940] 1 vol. relié Importante correspondance de travail échangée entre Carco (1886-1958) et l'un de ses collaborateurs, Jean Auzanet (1877-1943), auteur d'une douzaine de pièces ou romans historiques tombés dans l'oubli. Lettre après lettre, on peut suivre le patient travail de relecture et de correction effectué par ce dernier en marge des différentes publications de Carco au début des années 1930 : "Le Roman de François Villon" (Éditions Trémois, 1930), préface aux "Liaisons dangereuses" (À la Cité des Livres, 1931), réédition de "Bob et Bobette" (Albin Michel, 1931), "Prisons de femmes" (Les Éditions de France, 1931), "Le Fanfaron" (roman inachevé, 1932).Mais l'essentiel de cette correspondance, sur plus de 50 pages, concerne la genèse de la biographie romancée de Verlaine, dont Carco soumet l'idée le 10 août 1938 : "Je me mettrai dans la peau de Verlaine quand il rédigeait ses souvenirs (…) Je montrerai Verlaine en train de revivre son existence, ce qui me permettra de ne retenir que l’essentiel". Le 21 août, l'écrivain précise son projet : "Je prends Verlaine à son arrivée à Paris en 1886, cour St-François, quatre jours après la mort de sa mère, c'est-à-dire le 25 janvier, au commencement de sa déchéance totale (...). Il est au tournant dangereux : il entre dans la vieillesse, sa jambe coule, l'hôpital (dont Mme Verlaine mère ne voulait pas entendre parler) le guette. Enfin, la dernière amarre qui le retenait à un semblant de dignité bourgeoise, est rompue. Mais à mesure qu'il s'embourbe, sa gloire grandit. Il y a là un double courant magnifique à montrer."Carco prie son assistant de se documenter sur l'environnement de Verlaine à l'époque, les cafés, le jardin du Luxembourg, les personnes qu'il fréquente... "Ramassez tout ce que vous pourrez sur Eugénie et Philomène !"La question de l'homosexualité reste une énigme qui fait l'objet de longs développements contradictoires. "Comme Porché, je crois que Verlaine a corrompu (si j'ose dire) Rimbaud par amour de la poésie ! et non pas que Rimbaud a perverti Verlaine (si ce n'est spirituellement). L'un tout sens, avec de gros désirs charnels, l'autre diabolique, méprisant, impossible. Le drôle de ménage s'explique bien ainsi. Quant aux deux pouffiasses de la fin, je m'en remets à vous pour déterminer dans quelle part, Verlaine leur est redevable de son inspiration". Auzanet y va de sa propre analyse : "Ces femmes peu séduisantes auxquelles il a d'abord recouru dès son adolescence, avaient, de par leur laideur même, quelque chose de masculin, d'hommasse. Il a pu fort bien subir une déformation du goût, devenir de moins en moins exigeant et finir par trouver désirables les 'charmes' si j'ose dire, de ce Rimbaud qui était très mal tenu et qui ressemblait à un grand chien". Carco émet une autre hypothèse le 2 septembre : "Pour la tendance à la pédérastie, elle s'est produite de bonne heure en raison de la laideur physique du poète qui, repoussé par les femmes, s'est tourné vers ses camarades mâles. Ne croyez-vous pas cela satisfaisant ? Il avait l'instinct femelle (sa sensibilité ne le prouve que trop) et plus tard parce qu'on l'empêchait de voir son fils : un transfert s'est opéré et Verlaine s'est cru le père d'élection de Létinois. Chez tous les passifs, la hantise est de devenir actif. J'en ai eu de nombreux exemples sous les yeux. Avec l'âge, 'elles' se croient des hommes, pareils à la grande Sapho, pas vrai ?" Finalement, le 17 septembre 1938, Carco avoue son incompréhension : "Dans ses amours d'hommes, on a trop insisté sur les révélations érotiques : elles existent, bien entendu, mais la prise de possession de Verlaine par Rimbaud a été plus complète, plus entière qu'on le dit. C'est de l'envoûtement". Cette correspondance inédite, rédigée sur des papiers de différents coloris, formats et en-têtes, est complétée par plusieurs documents originaux annexes : un portrait de Carco, un récépissé de virement, des lettres signées d'André Billy, Jérôme Carcopino, Jean Marèze, ainsi que F.-A. Cazals (1865-1941, qui fixe rendez-vous à Jean Auzanet en 1938 pour l'entretenir du souvenir de Verlaine).Ensemble unique, en très belle condition.
Francis Carco aurait t heureux de recevoir son correspondant, mais plusieurs confrences lappellent en province. Peut-tre en profitera-t-il pour ...prendre le soleil du midi. Autre ennui : ...Utrillo nest pas Paris actuellement mais Angoulme avec sa femme. Vous pourriez toutefois crire Suzanne Valadon [la mre dUtrillo], avenue Junot (jignore le n) mais en indiquant en face du 14 votre lettre ne sgarerait pas...Francis Carco, dsol de ce contretemps, ne len remercie pas moins ...du service de (sa) belle revue...
Exemplaire broche, parfait etat, 32 phototypies et non 34 comme indique dans le descriptif d'Amazon. Envoi autographe signé de Françis Carco. Trtes bel exemplaire.
Merci de nous contacter à l'avance si vous souhaitez consulter une référence dans notre boutique à Authon-du-Perche.
[Marie Laurencin] - Marie LAURENCIN (illustratrice). Louis CODET, Jean PELLERIN, Roger ALLARD, André BRETON, Francis CARCO, M. CHEVRIER, F. FLEURET, G. GABORY, Max JACOB, Valery LARBAUD et A. SALMON.
Reference : AMO-4511
(1922)
Paris, 1922. Editions de la Nouvelle Revue Française. 1 volume petit in-8 (19,5 x 12 cm) broché de 61-(5) pages, avec 10 pointes sèches originales de Marie Laurencin tirées dans le texte au format carré 8,5 x 7,5 cm environ. Couverture rempliée imprimée en couleurs (bleu et rose) formant un éventail. Excellent état. Quelques décharges et ombres à la couverture sinon parfait exemplaire. Tirage unique à 335 exemplaires. Celui-ci, un des 27 exemplaires hors-commerce tirés sur Hollande vergé Van Gelder Zonen. Il a été tiré 300 exemplaires sur ce même papier et 8 exemplaires sur vergé bleuté du dix-huitième siècle avec une double suite des gravures, sur Japon impérial et sur vergé du dix-huitième siècle. Notre exemplaire contient en plus : - 1 état supplémentaire tiré à part de la couverture en couleurs avec l'éventail (sur vergé). - 1 état de l'éventail en couleurs tiré seul avant la lettre (sur vergé). - 1 suite complète des 10 pointes sèches tirées à part sur papier vergé Ingres. Le chiffre du tirage à part de cette suite n'est pas connu mais elle était sans aucun doute réservée aux exemplaires de tête et aux exemplaires de collaborateurs (soit une trentaine d'exemplaires en tout).
Ce délicieux volume s'ouvre sur un "Petit concert sur l'absence de Marie Laurencin" par Maurice Chevrier (daté de septembre 1920). Viennent ensuite les poèmes de Roger Allard (L'Abbesse d'Aléa), d'André Breton (L'An suave, daté d'avril 1914), de Francis Carco (Le Miroir), de Louis Codet (La Nymphe d'Auteuil), de Fernand Fleuret (Prose pour Pallas Ambigüe, daté de 1911), de Georges Gabory (Qui n'entend qu'une cloche...), de Max Jacob (Olga, petit roman, daté de 1921), de Valery Larbaud (La Rue Soufflot), de Jean Pellerin (Fil de Rêve), enfin d'André Salmon (Elégie Fraternelle, daté de juillet 1921). La page de titre a été composée en calligramme par les élèves de l'Ecole Estienne. Le volume a été achevé d'imprimer le seize janvier 1922, le texte par Coulouma à Argenteuil, les gravures par Vernant et Dollé imprimeurs en taille-douce à Paris. Au début de l'année 1922, Marie Laurencin a 39 ans. Compagne pendant six années du poète Guillaume Apollinaire, Flap, comme la surnomme son premier amant Henri-Pierre Roché, épouse finalement, en 1914, le peintre allemand Otto de Waetjen, un pacifiste qui refuse de prendre les armes contre la France, ce qui lui vaut au déclenchement de la Première Guerre mondiale d'être déchue de sa nationalité, spoliée de tous ses biens et contrainte à l'exil, en Espagne. Divorcée, elle retrouve durant l'Entre-deux-guerres sa position tout en continuant ses amours avec Nicole Groult, relation discrète mais non cachée qui aura duré une quarantaine d'années. Figure internationale, elle portraiture alors les personnages du Tout-Paris. Sous l'Occupation, elle continue cette vie mondaine et renoue avec ses amis allemands tout en aidant Max Jacob, son complice en ésotérisme, sans réussir toutefois à le faire libérer à temps du camp de Drancy. Elle y est internée à son tour à la Libération dans le cadre d'une procédure d'épuration, échappant de peu au sort des tondues?. Dès 1907 elle devenait l'amie du Paris-Artiste. Elle se lie avec Pablo Picasso, André Salmon, Kees Van Dongen, André Derain, Max Jacob, Robert Delaunay, et bien d'autres. "Coco" comme on l'appelle, fréquente tous les artistes du Bateau-Lavoir. Vraie fausse-compagne-muse un moment de Guillaume Apollinaire, elle fait montre d'une grande liberté dans ses moeurs et ses relations homosexuelles sont connues. Marie Laurencin épouse le 21 juin 1914 le baron Otto von Wätjen, dont elle a fait connaissance un an plus tôt dans le milieu artistique de Montparnasse, entre Le Dôme et La Rotonde. Par son mariage, elle devient allemande et baronne, bénéficiaire d'une rente annuelle de 40 000 marks. Le couple est surpris par la déclaration de guerre durant son voyage de noces à Hossegor. Poursuivant en Espagne leur lune de miel contrariée, les époux ne peuvent rentrer à Paris, à cause de leur nationalité. Otto, qui ne veut pas avoir à prendre les armes contre la France, refuse de retourner en Allemagne. Marie Laurencin, comme tout citoyen franco-allemand, est déchue de sa nationalité française.? Au printemps 1915, le couple s'installe à Malaga dans la villa Carmen, avenue de la Rosaleda, puis à la villa Bella Vista, avenue Jorge de Silvela. Marie Laurencin y trouve consolation dans les bras de son amant des vacances 1911, Hanns Heinz Ewers. Au début de mars 1918, le couple répond à l'invitation d'être logé à Madrid en face du Prado dans une maison de Cécile de Madrazo. Marie Laurencin se partage entre cette figure à la fois mondaine et discrète de la haute bourgeoisie anoblie. Fin novembre 1919, au terme d'un mois de voyage de Gènes à Bâle, via Milan et Zurich, au cours duquel elle aura fait la connaissance d'Alexandre Archipenko et Rainer Maria Rilke, Marie Laurencin séjourne à Düsseldorf chez la mère de son mari. Afin de faire avancer le règlement de sa propre situation, elle passe le mois d'avril 1920 à Paris, où elle est hébergée par les Groult. Le 15, Georges Auric l'introduit auprès du jeune diplomate Paul Morand, qui était son voisin à Madrid en 1918, pour entreprendre les démarches qui lui redonneront la nationalité française. Elle peut faire prononcer son divorce le 25 juillet 1921 en renonçant à toute pension. À trente huit ans, financièrement autonome, « Mademoiselle Marie Laurencin » retrouve le 15 avril 1921 définitivement Paris, où en huit ans elle changera trois fois d'adresse. C'est à la fin de l'année 1921 que se prépare l'ouvrage Eventail qui lui rend hommage par la poésie et qu'elle illustre de 10 pointes sèches auto-portraits. Au printemps 1922, Marie Laurencin est hospitalisée pour un cancer de l'estomac. Lors de la chirurgie, elle subit également une hystérectomie. En 1923, convalescente, Marie Laurencin crée des papiers peints pour André Groult, qui vit à l'ombre du succès de la maison de couture de son épouse. À la mi-décembre, accompagnée de Jean Giraudoux et de Gaston Gallimard, elle retrouve Pablo Picasso à l'enterrement de Raymond Radiguet. Portraitiste mondaine du Tout-Paris des Années folles dont elle peint les portraits, Marie Laurencin mène une vie de luxe et de mondanités. Si le portrait est pour elle un expédient lucratif et pour ses modèles un article de mode, elle ne fait pas de cet exercice imposé l'éloge d'une position sociale, masculine ou féminine, qu'il était à l'époque classique. Pendant la deuxième guerre mondiale elle affiche des positions ambigues. Faisant montre en public d'antisémitisme elle aide pourtant son ami Max Jacob. A partir de 1945 et jusqu'à sa mort en 1956 elle mènera une vie retirée et pieuse. Elle aura connu les périodes Dada, cubistes, fauves et tous les autres mouvements modernistes de l'Ecole de Paris qu'elle contribua à façonner par son propre art. Elle laisse une oeuvre immense composée de milliers de peintures, gravures et dessins. « Elle a fait de la peinture au féminin un art majeur. On ne trouve pas de mots pour bien définir la grâce toute française de Mademoiselle Marie Laurencin, sa personnalité vibre d’allégresse. » (Apollinaire) Eventail regroupe, sous ses quelques feuillets et ses jolies estampes, autour de Marie Laurencin, en guise d'hommage à son talent et à sa personne, les noms d'André Breton, Max Jacob, André Salmon, Fernand Fleuret, Valery Larbaud, Francis Carco et quelques autres. La suite des dix pointes sèhes tirées à part sur papier vergé Ingres gris est très rare car tiré à très petit nombre. L'état supplémentaire de la couverture avec la décomposition du motif en couleurs (bleu et rose) ne se rencontre jamais et n'est pas annoncé. Exemplaire de choix très bien conservé de ce petit livre emblématique de son époque.