Paris Albin Michel 1950 In-12 93 pp, très légers manques en tête et en queue, mouillure hors-texte sur les premières pages
Reference : 5597
Correct Broché à raba
Librairie Le Cosmographe
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France
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Collection des titres publiés sous l'Occupation, dont Le Silence de la mer Paris, Éditions de Minuit, 1942-1944. 24 + 2 vol. (120 x 160 mm). Brochés, sous chemise et étui pour chaque volume, plein papier marbré, pièce de titre en long au dos. Belle collection en condition brochée de volumes publiés sous l'Occupation par les Éditions de Minuit, Édition originale du titre-phare de la Résistance littéraire sous le pseudonyme de Vercors, achevé d’imprimer le 20 février 1942, bien complet du manifeste des Éditions de Minuit sur feuillet volant, et édition originale de 25 autres titres, dont 23 publiés clandestinement.
C'est le 21 juin 1943 que Paul Éluard reçoit la direction littéraire des Éditions de Minuit des mains de Pierre de Lescure, son co-fondateur (avec Vercors), contraint à la complète clandestinité : « Une heure avant mon départ, j'eus un entretien avec [Éluard] de quelques minutes. Nous étions assis sur des sacs de montagne. Il me dit simplement : «Entendu, comptez sur moi !» (cité par Anne Simonin, p. 107). Depuis près d'un an déjà, alors qu'il a lui-même trouvé refuge à l'automne 1942 chez le libraire Lucien Scheler et qu'a paru « Courage » son premier poème clandestin en février 1943 dans Les lettres françaises, Éluard oeuvre à réunir les poèmes que publieront le 14 juillet 1943, sous sa direction désormais, les Éditions de Minuit : L'Honneur des poètes. Seuls trois titres avaient alors été publiés, le dernier, Chroniques interdites, en avril 1943, plus d'un an après Le Silence de la mer, et l'audacieuse entreprise clandestine devait encore faire ses preuves. Pour la confection du Silence de la mer à l'hiver 1942, l'imprimeur Ernest Aulard que connaissait Jean Bruller/Vercors avait trouvé un typographe du boulevard de l'Hôpital spécialisé dans les faire-part et les cartes de visite, Georges Oudeville. Vercors voulait un livre de petit format, d'une centaine de pages, à la finition soignée. Aulard fournit le papier et les plombs. La machine, une minerve, ne permettant de tirer que huit pages à la fois, le travail d'impression prit près de trois mois et, chaque semaine, Bruller apportait huit pages du manuscrit, détruites à mesure de l'avancement de la composition, et repartait avec les pages imprimées, déposées boulevard Raspail dans des bureaux où travaillait une amie de Pierre de Lescure, puis, après une perquisition allemande, dans un café du boulevard de la Gare. Fin janvier 1942, le travail de presse était achevé. Yvonne Paraf, une amie de Vercors, se chargea du brochage et Vercors lui-même colla les couvertures. Il en résulte un livre de qualité, à la typographie parfaite ; de « la belle ouvrage » comme s'en félicitera Vercors lui-même. Cette gageure avait démontré, comme le dira Jean Lescure (le directeur de la revue Messages), « qu'il était possible de publier de vrais livres clandestinement. [...] On pouvait sortir de la pauvreté des ronéos, enlever ce caractère peu convainquant à nos publications et leur restituer la dignité de l'imprimé, l'autorité du livre » (cité par Simonin, p. 92). Personne, pas même Aulard ni Oudeville ni même sa propre épouse, ne soupçonnera jusqu'en 1944 que Vercors était l'auteur du livre et les quelques initiés garderont le secret. En février 1942, 350 exemplaires sont constitués : 100 pour la zone Nord, rapidement diffusés sous le manteau ; 250 pour la zone Sud, dont pas moins de 200 sont saisis par les Allemands alors qu'ils transitent vers Lyon. Une chaîne se crée pour la diffusion de l'ouvrage, et le premier exemplaire parvient à Jean Paulhan, par l'intermédiaire de Jacques Debû-Bridel, un jeune fonctionnaire du ministère de la Marine, mais le coup d'éclat demeure sans lendemain dans un premier temps. Les choses changent rapidement sous l'impulsion d'Éluard, et les titres nouveaux, au nombre de huit dès la fin de l'année 1943, se succèdent à bon rythme : Le Cahier noir de François Mauriac (sous le pseudonyme de Forez) en août ; Angleterre de Jacques Debû-Bridel (Argonne) et La Pensée patiente de Léon Motchane (Thimerais) en septembre ; Le Musée Grévin de Louis Aragon (François La Colère) et Les Amants d'Avignon d'Elsa Triolet (Laurent Daniel) en octobre ; Contes d'Édith Thomas (Auxois) et La Marche à l'étoile de Vercors en décembre. La publication du livre de l'épouse d'Aragon ne se fait pas sans remous, qu'impose Éluard, jusqu'à trahir aux yeux de certains l'emprise sur la maison d'édition du parti communiste, auquel Éluard lui-même a tout récemment adhéré à nouveau. Et, de fait, alors que le poète part se cacher en Lozère en octobre 1943 tout en continuant à veiller aux parutions, se multiplient les publications militantes dans l'orbe du Parti, de la collection « Témoignages » où paraît Le Crime contre l'esprit d'Aragon aux titres imprimés spécialement pour le Comité national des écrivains, notamment Pages choisies de Jacques Decour, le jeune martyr communiste fondateur des Lettres françaises. L'activité ne se réduit pas à ces libelles et l'exigence littéraire est maintenue en 1944 avec Nuits noires de John Steinbeck (prouesse technique du fait du nombre double de pages à imprimer) fin février, un second volume de L'Honneur des poètes et 33 sonnets composés au secret de Jean Cassou (Jean Noir) qu'il a gardés en mémoire jusqu'à sa sortie de prison, en mai, Le Temps mort de Claude Aveline (Minervois) en juin et Dans la prison de Jean Guéhenno (Cévennes) début août. Remarquable ensemble des volumes publiés sous l'Occupation par les Éditions de Minuit, à l'exception d'À travers le désastre de Jacques Maritain, le seul dans un format in-8, et du rarissime Éléments de doctrine de Léon Motchane (Thimerais). La série est augmentée de deux titres publiés à la Libération (voir liste ci-après). Liste des volumes comme suit : [Jean BRULLER] VERCORS, Le Silence de la mer. 1942 [Jean BRULLER dir.], Chroniques interdites. 1943 [Paul ÉLUARD dir.], L'Honneur des poètes. [François MAURIAC] FOREZ, Le Cahier noir. [Léon MOTCHANE] THIMERAIS, La Pensée patiente. [Jacques DEBÛ-BRIDEL] ARGONNE, Angleterre. [Louis ARAGON] François LA COLÈRE, Le Musée Grévin. [Elsa TRIOLET] Laurent DANIEL, Les Amants d'Avignon. [Yves FARGE], Toulon. Coll. « Témoignages » *. [Louis ARAGON] LE TÉMOIN, Le Crime contre l'esprit. Coll. « Témoignages » **. 1944 [Roger GIRON] VEXIN, L'Armistice. Coll. « Témoignages » ***. Ces 3 volumes, de la collection « Témoignages », sous un même coffret. [Edith THOMAS] AUXOIS, Contes. 1943 [Jean BRULLER] VERCORS, La Marche à l'étoile. [Jean PAULHAN dir.], Pages choisies de Jacques Decour. 1944. Imprimé pour le CNE. John STEINBECK, Nuits noires. [Paul ÉLUARD dir.], L'Honneur des poètes**. Europe. [Jean CASSOU] Jean NOIR, 33 sonnets composés au secret. [Claude AVELINE] MINERVOIS, Le Temps mort. [Claude MORGAN] MORTAGNE, La Marque de l'homme. Péguy-Péri. Deux voix françaises. [Jean PAULHAN dir.], Chroniques interdites**. [Jean PAULHAN dir.], Les Bannis. Imprimé pour le CNE. [Georges ADAM] HAINAUT, À l'appel de la liberté. [Jean GUÉHENNO] CÉVENNES, Dans la prison. + Jacques DEBÛ-BRIDEL, Les Éditions de Minuit. Historique et bibliographie. + Pierre BOST, La Haute Fourche.
Ensemble en reliure d'époque, dont Le Silence de la mer Paris, Éditions de Minuit, 1942-1944. 18 vol. (120 x 160 mm). Veau teinté bleu-blanc-rouge, dos lisses, titres dorés, têtes dorées, décor doré sur chaque plat, doublures et gardes de papier en damiers tricolores coloriés, chacun des 3 ensembles de 6 volumes rassemblés par couleur dans des étuis bordés (reliures signées de Zipélius Brillouin). Édition originale. Rare collection en reliure d’époque de 18 volumes publiés aux Éditions de Minuit sous l’Occupation, entre le 20 février 1942 (Le Silence de la mer) et le 1er août 1944 (Dans la prison). L’exemplaire du Silence de la mer est bien complet du manifeste.
Les volumes de cet ensemble, en parfait état, ont vraisemblablement été confiés dans l'immédiat après-guerre à l'atelier Zipélius Brillouin : derrière ce nom mystérieux, se dissimule un duo, composé de Jeanne Zipélius et de Madeleine Brillouin. Installées à Paris en 1941, elles exposent leurs travaux dès 1946 au Salon des artistes décorateurs, et officieront jusqu'à la fin des années cinquante. Elles ont créé ici un ensemble étonnant avec un décor aux filets dorés, différent sur chaque premier plat, interprétant chaque titre de la collection. Il est à noter que l'absence de certains volumes est assurément le résultat d'un choix et non d'une imperfection ou d'une négligence bibliophilique. Parmi les 25 titres de même format in-16, seuls font défaut les trois volumes de la collection « Témoignages » et les deux titres imprimés pour le Comité national des écrivains, où se manifeste plus explicitement l'influence communiste extra-littéraire, ainsi que la traduction du roman de John Steinbeck, Nuits noires, seul titre à n'avoir pas été originellement écrit en français. Cet ensemble pavoisé aux couleurs nationales peut se lire comme le monument littéraire français pur de « l'intelligence en guerre ». Vignes-Lacroix, L'Intelligence en guerre, n° 21 ; Vignes, Bibliographie des Editions de Minuit, n° 1 ; Simonin, Le Devoir d'insoumission, pp. 80 et sq ; Debû-Bridel, La Résistance intellectuelle ; Dalloz, Vérité sur le drame de Vercors, pp. 37 et 122 ; Fléty, 179 ; Librairie Vrain, Reliures de femmes, 82.
Vercors - Jean Bruller / Jacques Debû Bridel / Minervois - Claude Aveline / Hainaut - George Adam / Cévennes - Jean Guehenno
Reference : 3652
Editions De Minuit 12,5 x 17,5 Paris Six volumes in-16, brochés, dans un emboitage cartonnée au dos carré de cuir, recouvert de papier marbré violine, titre "Edition (sic) de Minuit - Sous l'oppression" doré au dos, sous étui cartonné recouvert du même papier marbré. Volume I. Nouvelles Chroniques - Chroniques interdites, 14 juillet 1944, 91 p. Volume II. Le silence de la mer - Récit, Vercors [Jean Bruller], 16 avril 1945, 89 p. Volume III. Les Editions de Minuit - Historique par Jacques Debû-Bridel et bibliographie, 24 avril 1945, vélin gris-bleu, 99 p., exemplaire n°1202/3500. Volume IV. Le temps mort, Minervois [Claude Aveline], 1er juin 1944, 75 p. Volume V. L'appel de la liberté, Hainaut [George Adam], 30 juillet 1944, 91 p. Volume VI. Dans la prison, Cévennes [Jean Guehenno], 1er août 1944, 68 p. Fondées en 1941 sous l'occupation à l'initiative de Jean Bruller-Vercors et de de Pierre de Lescure, Les Editions de Minuit avaient deux objectifs : "permettre à des écrivains français d'être publiés en France sans avoir à se soumettre à la censure de l'occupant, et projeter à l'étranger une image de la France qui fasse concurrence à celle de Vichy" (James Steel). Le premier volume clandestin "Le silence de la mer" est imprimé en février 1942. Les ouvrages étaient tirés entre 1000 et 1500 exemplaires. Notre ensemble contient quatre éditions originales clandestines publiées " aux dépens de quelques lettrés patriotes sous l'oppression", (L'historique des Editions, Le temps mort, L'appel de la liberté, Dans la prison), la deuxième édition du collectif "Chroniques interdites" et la troisième édition du Silence de la Mer. C'est le relieur, qui, au dos de la surcouverture, a repris le titre de la collection "Sous l'oppression" qui correspond à la première publication publique des titres parus clandestinement. Au passage, il a oublié le "S" à "Edition de Minuit". Bel ensemble dans un emboîtage en parfait état. (MB11) PHOTOS NUMERIQUES DISPONIBLES PAR EMAIL SUR SIMPLE DEMANDE-DIGITAL PHOTOGRAPS MAY BE AVAILABLE ON REQUEST Livre
Paris, Les Editions de Minuit, (1945). Un vol. au format in-12 (193 x 123 mm) de 89 pp., broché.
''Le Silence de la Mer est intimement lié à la création de la maison d’édition clandestine Les Editions de Minuit. Cette nouvelle, écrite dès 1941, devait initialement paraître dans La Pensée libre. Mais cette revue est anéantie définitivement par une perquisition de la Gestapo. ''Au travers ce récit, poussant la sobriété aussi loin que possible, Vercors y met en scène la résistance passive et muette qu'un homme et sa nièce opposent à l'envahisseur, représenté ici sous les traits d'un officier allemand ayant réquisitionné une chambre chez eux. Werner VonEbrennac, musicien cultivé, élégant et extrêmement civilisé, croit en la fraternité des peuples et pense qu'au sortir de cette guerre, la France se relèvera plus grande que jamais. Issu d'une famille de tradition francophile, il tâchera de se faire accepter par ces deux personnages qui, malgré eux, ressentent toute la noblesse d'âme de leur ennemi. Jusqu'au jour où le silence, dont on pouvait croire qu'il dissimulait, tel celui de la mer, le grouillement de toute une vie en profondeur qui n'attendait que la délivrance, change de nature et devient un silence de désespoir et de mort...'' Coiffe inférieure du premier plat très légèrement effrangée. Papier parfois légèrement oxydé. Du reste, très belle condition.
ALBIN MICHEL. 1954. In-8. Broché. Etat d'usage, Coins frottés, Dos abîmé, Quelques rousseurs. 187 pages - Rousseurs naturelles - Manque au dos, ouvrage partiellement désolidarisé du dos. . . . Classification Dewey : 840.091-XX ème siècle
Table : Désespoir est mort, Le silence de la mer, Ce jour-là, Le songe, L'impuissance ... Classification Dewey : 840.091-XX ème siècle