Important portrait dédicacé [Paris, mars 1948] 1 tirage argentique original (110 x 170 mm). Encadré Important portrait de Curzio Malaparte, portant ce chaleureux envoi autographe : « à Mon très cher Guy Tosi, avec ma fidèle reconnaissance, bien affectueusement, Curzio Malaparte, Paris, mars 1948 ».
Reference : 32663
Beau portait dédicacé, qui témoigne de la reconnaissance profonde de Malaparte envers celui qui avait largement contribué à imposer son oeuvre en France. Italianiste et spécialiste de Gabriele d'Annunzio, auquel il consacra sa thèse d'État, Guy Tosi entra en 1943 aux Éditions Denoël en qualité de lecteur. Après la mort de Robert Denoël, il en devint le directeur littéraire et joua un rôle déterminant dans le renouvellement du catalogue de la maison, où il accompagna notamment les oeuvres de Blaise Cendrars, Henry Miller, Louis-Ferdinand Céline et Curzio Malaparte. C'est à Tosi que revient l'initiative décisive d'accueillir chez Denoël la traduction française de Kaputt. Publié en septembre 1946, ce récit halluciné de l'Europe en guerre connut immédiatement un retentissement considérable et établit durablement la réputation française de Malaparte. L'auteur trouva en Tosi non seulement un éditeur, mais un interlocuteur attentif, capable de défendre ses livres, de négocier leurs traductions et d'accompagner leur réception. Blaise Cendrars, devenu lui aussi proche de Tosi, reconnut aussitôt la puissance du livre : après avoir lu Kaputt, il félicita l'éditeur d'avoir publié ce « grand livre, assez dégueulasse, comme je les aime », qui lui semblait refléter pleinement la violence de l'époque. Cette admiration conduisit Cendrars à placer sous le signe de Malaparte la section « Naples » de Bourlinguer. Il y saluait à la fois l'auteur de Kaputt, le jeune engagé volontaire de la Grande Guerre et le proscrit des îles Lipari. Les deux écrivains ne s'étaient pourtant pas encore rencontrés et c'est Guy Tosi les réunit pour la première fois le 4 juin 1948, à Paris, lors de la réception organisée par Denoël à l'occasion de la publication de Bourlinguer. Datée de mars 1948, cette photographie précède de quelques mois cette rencontre. Elle appartient également à une période essentielle de la relation entre Malaparte et son éditeur : Tosi travaille alors à la préparation française de La Peau, dont les choix de traduction et de publication donnent lieu à une correspondance abondante, que la formule « ma fidèle reconnaissance » donne toute la portée : elle remercie une fidélité éditoriale éprouvée, mais appelée à se prolonger autour du second chef-d'oeuvre de l'écrivain italien.
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Paris, mars 1948 1 tirage argentique original (110 x 170 mm), encadré Beau portrait en buste de Malaparte. Il est offert et dédicacé : " à Mon très cher Guy Tosi, avec ma fidèle reconnaissance, bien affectueusement, Curzio Malaparte, Paris, mars 1948 ".
Professeur d'italien et de littérature comparée à la Sorbonne, Guy Tosi fut d'abord le spécialiste en France de Gabriele d'Annunzio, qui fut le sujet de sa thèse d'État. Il rentre en 1943 aux Éditions Denoël, en qualité de lecteur, dont il devient après guerre le directeur littéraire et fut, à ce titre,l'éditeur, entre autres, de Louis-Ferdinand Céline, Blaise Cendrars, Henry Miller et bien entendu Curzio Malaparte, pour lequel il accepte le manuscrit de Kaputt, qui est publié en septembre 1946. Le roman connaît un succès retentissant. ; Blaise Cendrars - qui devient au même moment un proche de Tosi -, s'y reconnaîtra même, félicitant ce dernier d'avoir édité le roman, qu'il a " beaucoup aimé (...). C'est un grand livre, assez dégueulasse, comme je les aime, reflétant bien l'époque " (Cendrars, lettre à Guy Tosi, 27 septembre 1946). Cendrars dédiera même à l'italien une nouvelle de Bourlinguer, "Naples", « Au dégueulasse et génial Curzio Malaparte, l'auteur de Kaputt, en souvenir de la Légion, en hommage au jeune garibaldien en chemise rouge de la forêt d'Argonne, au fantassin de la montagne de Reims, et ma main amie au déporté des Lipari. Blaise Cendrars (Napolitain d'occasion). » Les deux hommes se rencontreront pour la première fois en 1948, à l'occasion d'un séjour de Malaparte à Paris, par l'intérmédiaire de Tosi, lors de la soirée de lancement de Bourlinguer.