Toulouse-Lautrec, le vélo et les « Chaînes Simpson» [c. début de juin 1896]. 4 p. en 1 f. (230 x 180 mm) plié, à l'encre noire. Belle lettre à sa mère Adèle Zoë Tapié de Céleyran ; elle est inédite et ne figure par dans la Correspondance (éd. par Schimmel, Gallimard, 1991). « Vendredi Ma chère maman, nous sommes un peu en calme plat ou plutôt en calme de course. Je travaille d'après des champions de vélocipédie qui sont sinon aussi fantasques que des femmes mais [barré] souvent insaisissables et très occupés. Cela me fait du bien car cela se passe en plein air. Mon bateau est décidément loué à partir du 20 juin... J'ai 3 affiches à exécuter d'ici là et par la chaleur qu'il va faire ce sera tout juste amusant. Je n'ai pas pu repincer encore Guibert [son ami le riche Maurice Guibert, photographe amateur qui laissa plusieurs portraits fameux de Toulouse-Lautrec, lequel fit un portrait de lui] mais j'ai d'autres camarades pour aller à Anvers. - Quan[t] à Arcachon... Pas d'autres nouvelles en vue. Je vous ferai envoyer le Figaro illustré, où j'ai des dessins. Poutogeades et vous embrasse. Yours... H. (…)».
Reference : 28203
Lettre absente de la Correspondance éditée par Herbert Schimmel, écrite au moment précis où Lautrec accompagne à Londres Louis Bouglé (dit L. B. Spoke), représentant des chaînes Simpson, pour croquer sur le vif les cracks de la piste et nourrir la grande affiche « La Chaîne Simpson » qui sera composée pour le commerce de cycle que Bouglé l'orléanais ouvrira boulevard Haussmann à Paris. Toulouse-Lautrec, lui-même fasciné par le mouvement, les sports d'une façon générale et le vélo en particulier, accepte la commande de Bouglé avec passion, traversant la Manche avec lui et assistent, un peu avant l'été 1896, à une course d'importance au vélodrome de Catford, dans le Grand Londres. Le billet à sa mère fixe l'agenda de ce mois de juin sous pression et situe l'artiste « en plein air », au contact direct des champions cyclistes alors au faîte de la mode. On lira à l'arrière-plan de la célèbre composition anglaise qui en sera faite les visages du vainqueur, Constant Huret, mené par une quintuplette, les officiels sur la pelouse (Bouglé et W. S. Simpson), l'orchestre militaire, la mécanique des relais et toute une « guerre des chaînes » qui passionne l'Europe sportive en 1896. Une troisième personne aurait pu figurer sur cette affiche : Tristan Bernard, qui dirigeait deux vélodromes, celui de la Seine à Levallois et le Buffalo de Neuillye, qui n'était pas à Londres ce jour là. Toulouse-Lautrec, malgré ses jambes atrophiées et sa croissance arrêtée à jamais à 152 cm, ne put jamais pratiquer, mais il fut sans doute le premier des illustrateurs « à comprendre que la mouvante bicyclette n'était pas un «un sujet indigne», et put s'en passionner. Son ami, un certain Paul - le futur Tristan - Bernard, le faisait entrer à la pelouse parmi les officiels. Mais le petit homme s'écartait pour aller s'asseoir tranquille, sur le gazon : regardant les mille et une scènes pittoresques, il écoutait les cris de la foule, et derrière les lorgnons ses yeux regardaient tout aussi vifs à retenir l'essentiel que sa plume le serait à fixer hâtivement sur le papier les traits les plus marquants de ses modèles, «chipés» sans qu'ils s'en doutent» ( Jean Durry, chapitre V, « dire le cyclisme» de L'En-Cycle-opédie). L'année 1896 marque la création de deux des plus anciennes courses cyclistes en France : le Paris-Roubaix, créé le 19 avril (51 partants), puis Paris-Tours, le 17 mai ; c'est également la fondation de l'Union Cycliste de France, tandis que le Français Jean Dubois porte le record du monde de l'heure cycliste à 38.220 km au Vélodrome Buffalo à Paris. 256.084 bicyclettes sont alors recensées dans le pays, réservées à une élite urbaine : le prix d'un vélo correspond alors à quelques 800 salaires horaires. Rare document inédit.
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Léon Du Bois. Lettre autographe signée à Charles Méré, 1930 Auteur dramatique, scénariste et directeur de production français Lettre autographe signée de Léon Du Bois, compositeur et organiste belge, adressée à Charles Méré, président de la Sté des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, datée du 5 décembre 1930. Rédigée à l'encre noire, sur un double feuillet de papier vergé à entête "Edénie". Il remercie son correspondant pour l'invitation à la fête Artistique et littéraire pour commémorer le Centenaire de Romantisme, le lundi 15 décembre, mais regrette de ne pouvoir accepter car il ne peut voyager à cause de son état de santé. Dimensions : 13,8 x 18 cm État : Voir photos et description pour plus de détails. Nombre de pages : 2 pages
Claude Bauret - Belle lettre autographe signée à un ami - Mort de sa mère - 1979 Belle lettre autographe signée de Claude Bauret, adressée à un ami, datée du 19 décembre 1979, écrite à l'encre brune sur un feuillet de papier type kraft, elle témoigne d un moment d intimité et de recueillement à la suite du décès de sa mère. Dans ce courrier empreint d émotion, Claude évoque la perte de sa mère avec une grande sensibilité, et remercie son correspondant pour ses mots justes, qui ont su toucher sa douleur. "J'ai senti à travers vos mots que vous aviez saisi ce qui faisait l'essence de ma mère. Elle me manquera pour cette qualité maintenant absente" Un très beau témoignage épistolaire empreint de pudeur, de chaleur et de reconnaissance amicale. Dimensions : 20.9 x 29.5 cm État : Voir photos et description pour plus de détails. Nombre de pages : 2 pages
[Paris] 13 [juillet] 1858 (mal datée « juin ») | 13.30 x 20.60 cm | 2 pages sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée de Charles Baudelaire, rédigée au crayon de papier, adressée à sa mère. Papier en-tête à tampon sec du Grand Hôtel Voltaire, Faubourg Saint-Germain. Adresse de Madame Aupick à Honfleur (Calvados) de la main de l'auteur ainsi que plusieurs tampons postaux en dates des 13 et 14 juillet 1858. Quelques soulignements, biffures et corrections de l'auteur. Trace de sceau de cire avec initiales de Charles Baudelaire au crayon, probablement de la main de l'auteur. Un morceau de papier du second feuillet a été amputé, sans atteinte au texte. Cette lettre a été publiée pour la première fois dans la Revue de Paris le 15 septembre 1917. Ancienne collection Armand Godoy, n°102. Précieux document, témoignage d'un moment décisif de la vie du poète?: la réconciliation avec la désormais veuve Aupick, cette mère sacrée «?qui hante le cur et l'esprit de son fils?». * Baudelaire, victorieux, a surmonté l'obstacle que représentait l'encombrant beau-père, dont il a même souhaité la mort?: il est prêt à reprendre sa place auprès de sa mère dont il s'est souvent senti délaissé. Après le décès de son mari en avril 1857, cette dernière invite son fils à venir vivre à ses côtés dans sa «?maison-joujou?» de Honfleur. Cette lettre nous montre un Baudelaire en proie à des sentiments complexes?: déchiré entre son aspiration à un idéal fusionnel et son inexorable attraction vers le spleen. Pour le «?bas bohème?» (comme l'appellent les Goncourt) harcelé par les créanciers, Honfleur et l'attention exclusive de sa mère, sont les promesses de l'accomplissement de sa destinée poétique. C'est en ces termes que le poète fait part de cet espoir à ses amis, notamment Antoine Jaquotot (d'ailleurs cité à la fin de la lettre que nous proposons)?: «?Je veux décidément mener cette vie de retraite que mène un de mes amis, [...] qui, par la vie commune qu'il entretient avec sa mère a trouvé un repos d'esprit suffisant pour accomplir récemment une fort belle uvre et devenir célèbre d'un seul coup.?» (20 février 1858) «?Tu vas, dans peu de jours, recevoir le commencement de mon déménagement [...]. Ce seront d'abord des livres tu les rangeras proprement dans la chambre que tu me destines.?» Avec ses livres, il confie à sa mère le soin de lui composer un univers de création idéal. Mais en marge de ses promesses et espoirs d'une vie enfin paisible et sereine, Baudelaire laisse transparaître son attachement à sa vie de poète maudit?: «?Tu sais cependant bien que ma destinée est mauvaise.?» Au-delà de ses «?nouveaux embarras d'argent?» c'est bien son uvre qui le retient à la capitale?: «?Si mon premier morceau à la Revue contemporaine a été retardé, c'est uniquement parce que je l'ai voulu; j'ai voulu revoir, relire, recommencer et corriger.?» Le «?premier morceau?» évoqué par Baudelaire n'est autre «?De l'Idéal artificiel, le Haschisch?», premier texte des Paradis artificiels à venir (1860), qui ne paraîtra que dans le numéro du 30 septembre 1858 de la revue. Ce passage de la lettre, montrant l'acharnement perfectionniste de Baudelaire, rappelle la complexité tentaculaire des brouillons et épreuves du poète qui, jusqu'au dernier instant (jusque sur les premiers exemplaires de ses Fleurs du Mal, voir notre exemplaire), n'a de cesse de le corriger méticuleusement. En dépit de ses problèmes financiers, le poète corrige et modifie sans relâche, ne pouvant alors proposer qu'un nombre d'articles très restreint. Pourtant Baudelaire croit plus que jamais à son enrichissement par l'écriture et promet: «?Cette fois-ci je m'en tirerai à moi tout seul, sans emprunter un sol.?» Baudelaire ne quittera finalement Paris pour Honfleur qu'en janvier 1859 et n'y restera pas. Au bout de quelques semaines, il s'ennuiera de l'effervescence parisienne et surtout de Jeanne Duval qui le réclame?: il quitte sa mère pour son amante et regagne sa Babylone, inexorablement attiré par le spleen. Il n'effectuera alors plus que de brefs séjours à Honfleur jusqu'à son exil pour la
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19 août 1915 | 22.20 x 28.60 cm | 2 pages sur un feuillet
Lettre autographe en allemand signée du peintre Franz Marc adressée à sa mère Sophie Marc née Maurice ; deux pages rédigées à l'encre noire.Trace de pli horizontale et verticale. Lettre restée inédite - ne figure pas dans la dernière édition de sa correspondance de guerre (Briefe aus dem Feld, Norderstedt, 2019). Longue et exceptionnelle lettre inédite de Franz Marc adressée à sa mère pendant la Première Guerre mondiale, rédigée quelques mois avant sa mort à Verdun.Dans l'horreur du conflit, le futur martyr de l'expressionisme allemand trouve refuge dans les images de son enfance et les histoires du front vécues aux côtés de ses chers chevaux. Le peintre mystique des animaux, en poste sur le front d'Alsace, raconte une désopilante chasse au sanglier improvisée lors d'une promenade à cheval, qui lui rappelle un conte illustré de son enfance : The Three Jovial Hunstmen de Randolph Caldecott (1880). A travers ses souvenirs, Franz Marc nous dévoile une des sources d'inspiration à l'origine de ses célébrissimes chevaux, qui donnèrent leur nom au mouvement «Blaue Reiter» créé en 1911 avec Wassily Kandinsky. Les chevaux des Huntsmen de Caldecott ressemblent en effet aux toiles de Franz Marc des années 1905-1910. Cette anecdote contée dans la lettre est à l'origine de plusieurs «chevaux chassant» croqués sur le front, ainsi qu'une carte postale illustrée d'un croquis des mêmes «Jagende Pferde», qu'il enverra à la poétesse Else Laske-Schüler en septembre 1915. La lettre plonge dans le quotidien de Franz Marc, qui par une cruelle ironie du destin dut se battre dans la région natale de sa mère Sophie Marc née Maurice, destinataire de cette lettre. Elle étaitnée en 1847 dans le village alsacien de Guebwiller.Lorsque la guerre éclata en août 1914, cemembre fondateur du Blaue Reiter s'engagea en espérant, comme de nombreux artistes et intellectuels, un renouveau de « l'Europe malade ». Circonstances de la guerre obligent, le peintre rédige sa lettre en allemand et non en français, comme il avait l'habitude de le faire dans sa correspondance à sa mère. L'influence de celle-cifut déterminante dans sa démarche esthétique et spirituelle. Il sera sa vie durant marqué par une inlassable quête de la "pureté" héritée du calvinisme maternel, qui le mena peu à peu à l'abstraction, bien présente dans ses croquis au moment même de l'écriture de cette lettre. Alors sous-officier de l'armée allemande, ildonne des nouvelles d'une future promotion, remercie sa mère pour son envoi de nourriture et noircit la page du récit de sa chasse miraculeuse : «J'ai encore une histoire amusante à raconter : alors que je partais à cheval à l'aube (avant le petit déjeuner), j'ai soudain remarqué à côté de moi, dans un fossé, un jeune sanglier (un marcassin). J'ai immédiatement appelé mes compagnons de route ; il était encerclé - j'étais déjà désolé pour le pauvre animal, mais la pitié est arrivée trop tard ! - Deux d'entre eux ont sauté, l'un l'a attrapé par les oreilles, l'autre l'a piqué et le rôti pour la table de l'intendance a été récupéré. Une scène des plus comiques s'ensuivit : Nous avons ordonné au plus jeune de rentrer avec le sanglier et nous l'avons fait monter à cheval ; mais à peine le cheval a-t-il senti le sanglier sur son dos (les chevaux craignent beaucoup les sangliers) qu'il s'est cabré et a projeté le cavalier et le cochon dans un grand arc. Heureusement, il ne s'est rien passé et le cavalier embarrassé a dû ramener le sanglier à pied, puis le cheval s'est vraiment cabré dès qu'on l'a approché. Un vrai cavalier du dimanche ! Je pensais au vieux livre d'images anglais de papa : the jovial huntsman !» Au détour d'une anecdote potache, le peintre dévoile une source d'inspiration encore inconnue des commentateurs de son uvre.The Three Jovial Huntsmen ont certainement peuplé l'imaginaire du jeune Franz Marc dont les propres chevaux des années 1910 (dont les Weidende Pferde I conservés à la Lenbachhaus de Munich) sont indiscutablem
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Biponti Vendredi 12 mai 1865 | 13.20 x 20.80 cm | 1 page sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée de Charles Baudelaire, rédigée à l'encre, adressée à sa mère. Quelques soulignements, biffures et corrections de l'auteur. Cette lettre a été publiée pour la première fois dans Charles Baudelaire, Dernières lettres inédites à sa mère en 1926. Ancienne collection Armand Godoy n°197. Précieuse lettre de l'époque bruxelloise, exil volontaire du poète à la fin de sa vie. «?Il est douteux que j'habite quelque part à Paris. Je crois que j'habiterai surtout une voiture dans laquelle je ferai, si je peux, toutes mes courses en un ou deux jours.?» Angoissé par Paris cité des vices et des créanciers il appréhende cette brève visite. L'exil bruxellois est en effet synonyme d'échec pour le poète qui ne cesse, depuis son arrivée en Belgique, de repousser son retour en France. Pourtant, impatient de quitter le plat pays qu'il exècre, il raille ses autochtones?: «?On est lent ici.?» Le poète, comme jadis l'élève de dix-sept ans qui affirmait à sa mère qu'il allait se ressaisir, promet: «?Me voici en mesure d'accomplir tous mes plans. Je ne sais comment t'exprimer ma reconnaissance; et je crois que la meilleure manière sera d'exécuter mes promesses.?» Littéralement obsédé par cette mère sacrée «?qui hante [son] cur et [son] esprit?», le «?fils reconnaissant?» s'estime incapable d'atteindre sa destinée poétique sans une attention maternelle exclusive. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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