Paris : Dufour 1760-1761 4 8 tomes en 4 volumes in-12, 157 x 94 Veau marbré, filet à froid en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné, tranches rouges (reliure de l’époque). 215 pp. ; 202 pp. ; 216 pp. ; (2 ff.), 220 pp. ; (6 ff.), 188 pp. ; (1 f.), 173 pp., (1 f.) ; (1 f.), 168 pp. ; (2 ff.), 175 pp.
Reference : 1838
Édition rare du roman le plus célèbre et le plus populaire du chevalier de Mouhy (1701–1784).Longtemps considéré par ses contemporains comme « un plumitif besogneux, un vil tâcheron des lettres et un styliste au-dessous du médiocre » (Florence Magnot, L’Hospitalité et peur de l’autre dans La Mouche de Mouhy, Clermont-Ferrand, 2000), le chevalier de Mouhy fascine aujourd’hui par « l’existence de liens étroits entre sa vie, celle d’un “nouvelliste à la main” et informateur zélé de Voltaire puis de la police, et une œuvre éminemment parasite, qui se fait la caisse de résonance d’autres œuvres » (ibid.).L’auteur prend ici pour thème « le parasite, motif qui informe le mode de création propre à ce romancier, non seulement parce qu’il copie les grands auteurs (Lesage, Marivaux, etc.), mais encore parce qu’il parasite le fil de sa narration de nombreux développements digressifs et de notes. La notion de parasite est centrale car le narrateur est une “mouche” c’est-à-dire un petit mouchard bientôt employé par la police pour intercepter et rapporter les bruits et les rumeurs de la ville » (Ibid. p. 106). Selon René Démoris et Florence Magnot-Ogilvy, Mouhy entraîne son lecteur « dans une folle équipée à travers les registres romanesques les plus variés, du trivial au fantastique, du picaresque au tragique de l’amour fou, dans un univers soumis au règne du hasard. Une étonnante expérience de collage et une très originale création romanesque qui dit quelque chose de la liberté et de la folie au siècle des Lumières. » (Préface de La Mouche ou les Aventures de M. Bigand, Classiques Garnier, 2010, par René Démoris et Florence Magnot-Ogilvy.)Publié pour la première fois entre 1736 et 1742, l’ouvrage a connu des rééditions et des réorganisations. Les deux premières parties furent rééditées en 1758, avec une nouvelle approbation datée du 15 septembre et un privilège accordé à Gabriel Valleyre le 22 décembre. Le texte a été révisé et les chapitres réorganisés : les trois derniers chapitres de la première partie de l’édition originale constituent désormais les trois premiers chapitres de la seconde partie de l’édition de 1758.Cet exemplaire rassemble les huit parties de l’ouvrage, avec des titres de relais à l’adresse de Dufour, datés de 1761 (sauf celui de la seconde partie, daté de 1760). Les deux premières parties proviennent de l’édition de 1758, avec le privilège à cette date. Les autres parties semblent être des réemplois d’exemplaires de l’édition originale restant en stock, comme en témoigne l’approbation de 1736 sur la troisième partie.Bel exemplaire en reliure d’époque, provenant de la bibliothèque du comte Joseph Thomas d’Espinchal (1748–1823), puis de son fils Henri d’Espinchal (1773–1853). Le premier, colonel de dragons et fondateur de la Coalition d’Auvergne, fut une figure de l’opposition à la Révolution. Le second, officier de hussards au service de la Grande-Bretagne, devint lieutenant dans les gendarmes d’ordonnance en 1806, puis capitaine au 3e Chasseurs à cheval. Leurs ex-libris figuraient dans chaque volume, mais ne sont conservés que dans le second.Reliures très habilement restaurées. Quelques rousseurs éparses. Le feuillet de table de la seconde partie a été reliée en tête de celle-ci.Provenance : Joseph Thomas d’Espinchal, avec ex-libris. - Henri d’Espinchal, avec ex-libris.Bibliographie : Florence Magnot, Hospitalité et peur de l’autre dans La Mouche de Mouhy, in : L’Hospitalité au XVIIIe siècle, Clermont-Ferrand, 2000, p. 105 et suivantes. Littérature XIXe, Toulouse, Poésie
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