‎Platon‎
‎La republique‎

‎ Club Français du Livre, 1968. Collection Portique n°33. In-8° reliure cuir editeur sous rhodoid . Bon etat.‎

Reference : 13939


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Librairie Frédéric Delbos
M. Frédéric Delbos

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‎ROBESPIERRE, Maximilien 1758 – Guillotiné le 28 juillet 1794 / COURTOIS, Edmé-Bonaventure.‎

Reference : LCS-A59

‎Rapport fait au nom de la Commission chargée de l’examen des papiers trouvés chez Robespierre et ses complices, par E. B. Courtois, Député du département de l’Aube, Dans la séance du 16 Nivose, l’an 3è de la République une et indivisible. « Dans son « Rapport fait au nom de la Commission chargée de l'examen des papiers trouvés chez Robespierre et ses com¬plices », Courtois nous permet de mesurer, incidemment et à son insu l’immense popularité dont Robespierre jouissait auprès des patriotes. » (Istor)‎

‎Bordeaux, An Troisième de la République. Bordeaux, Veuve J.B. Cavazza, An troisième (1795). In-8 de 101 pp., (2) ff., pp. 103 à 396 mal chiffrées 386; demi-basane brune, pièce de titre en maroquin rouge, tranches jaspées. Reliure de l’époque. 180 x 111 mm.‎


‎Ce rapport constitue un document de première importance sur l'action de Robespierre et de ses partisans. «Courtois (1756-1816), conventionnel, embrassa avec beaucoup de chaleur la cause de la révolution et fut, dès le commencement, nommé receveur du district dans sa ville natale, puis député à l’assemblée législative, où il ne se fit point remarquer. Nommé, par le même département (l’Aube), député à la Convention nationale, en 1792, il s’y montra encore fort peu à la tribune; mais il y fut intimement lié avec Danton, et par conséquent opposé à Robespierre. Dans le procès de Louis XVI il vota pour la mort, contre l’appel au peuple et contre le sursis. On sent que Courtois dut courir de grands dangers, lorsque son ami Danton fut envoyé à l’échafaud. Il se condamna de plus en plus au silence, et ne le rompit que dans la fameuse journée du 9 thermidor, où il concourut de tout son pouvoir au renversement de Robespierre. Nommé l’un des membres de la commission qui dut examiner les papiers saisis chez Robespierre et ses complices, il fut chargé par ses collègues de rédiger et de lire à la Convention le rapport de cette affaire; et il y travailla pendant près de 6 mois. Ce ne fut que dans la séance du 16 nivose an III (janvier 1795) qu’il fit lecture de ce fameux rapport, devenu l’un des monuments les plus curieux de la révolution française. Les pièces en sont la partie la plus vraie et celle qui caractérise le mieux cette époque. Après le 9 thermidor, Courtois fut dans la Convention un des adversaires les plus actifs et les plus redoutables du parti que l’on appelait ‘la queue de Robespierre’; et il rendit véritablement beaucoup de services aux victimes de la Terreur…» (Biographie universelle). Élu à l'assemblée législative en 1791, ami de Danton, Courtois avait pris sa revanche après le 9 thermidor en demandant à faire partie de la commission chargée d'inventorier les papiers trouvés chez Robespierre. «Dans son «Rapport fait au nom de la Commission chargée de l'examen des papiers trouvés chez Robespierre et ses complices », Courtois nous permet de mesurer, incidemment et à son insu, l’immense popularité dont Robespierre jouissait auprès des patriotes. « Des agrégations coupables lui firent respirer, de toutes les parties de la France, l'encens criminel qu'elles brûlaient en son honneur ; c'était à qui enivrerait l'idole... et des milliers de fanatiques irréligieux ne semblèrent avoir chassé de leurs temples les dieux qu'ils adoraient depuis tant de siècles que pour se prosterner devant leur nouveau dieu Maximilien. Il faut parcourir ces papiers pour s'en convaincre... » (1) « ...Un agent national nous apprend, à son tour, que c'est l'Être suprême dont Robespierre a prouvé l'existence qui (par reconnaissance sans doute) veille sur ses jours et que la République est sauvée ». Et Courtois de nous renvoyer au n° XVIII des pièces justificatives (2). Il s'agit d'une lettre du citoyen D... à Robespierre, qu'il est nécessaire de transcrire intégralement pour suivre dans ses explications l'expéditeur lui-même. « Carismont, ci-devant Saint Aignan, le 12 prairial, l'an deuxième de la République Française. L'agent national provisoire du district de Carismont (3), ci-devant Saint- Aignan…‎

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EUR1,500.00

‎BAR, Jacques-Charles [Giacomo Carlo Rabelli].‎

Reference : LCS-17879

‎Mascarades Monastiques et Religieuses de toutes les Nations du Globe, Représentées par des figures coloriées dans la plus exacte vérité, avec l’abrégé historique, chronologique et critique de chaque ordre, enrichi de notes sur l’origine de toutes ces pieuses folies ; par Giacomo Carlo Rabelli. Dédié à la République Française, par l’Auteur. Edition originale appartenant au tirage de tête sur papier vélin ornée, fait rare, de 55 estampes (25 en couleurs d’époque - 30 en noir) dont trois en triple épreuve, 23 en double épreuve et 2 sur papier bleu, illustrant, sous la Révolution, les vies monastiques.‎

‎Édition originale rare de cet essai anticlérical illustré de 26 planches. A Paris, l’An Ier de la République Française, 1792. Imprimé l’An II, 1793. In-8 de xxiv pp., 254 pp., 26 estampes en 55 planches (25 en couleurs, 30 en noir) dont 23 en double épreuve, 3 en triple épreuve et 2 sur papier bleu. Maroquin rouge, triple filet doré sur les plats, dos lisse orné, coupes décorées. Reliure du XIXe siècle. 219 x 130 mm.‎


‎Édition originale rare de cet essai anticlérical illustré de 26 planches. Cohen 111 ; Brunet IV, 1070-1071. Exemplaire du tirage de tête sur papier vélin. « Tome I (seul paru) : XII-254 pp., plus 26 planches dessinées par Bar et gravées par lui en manière de lavis » (Cohen, 111). « C’est le début d’une réduction du grand ouvrage décrit ci-dessus. Rabelli n’est que l’anagramme italianisé de Bar ». (Cohen, qui estime les exemplaires de base de 80 à 100 F OR, ce qui situe cet illustré parmi les livres significatifs du XVIIIe siècle). « Ces planches ont été gravées par Bar en manière de lavis et coloriées par lui à la main. Pendant la Révolution, par mesure de prudence, Bar changea son nom en celui de Rabelli et appela son livre les Mascarades monastiques. Il publia du reste sous ce titre une édition réduite qu’on trouvera décrite ici même. » « Adresse en dédicace a la République Française, Par un Français Républicain. C’est à vous Français régénérés, mes compatriotes, que je fais l’hommage de mon travail : s'il peut vous être utile, et vous délasser de vos occupations, j’aurai atteint le but que je me propose. J’invoque la vérité, en vous faisant passer en revue toutes ces institutions bizarres que la cupidité, dirigée par l’ignorance, a décorées du masque de la piété ; mais les tems des prestiges sont écoulés : vous verrez la chose sans son masque ; elle vous paraîtra dans toute sa difformité. Vous verrez, quelle était la piété qui logeait dans les cloîtres, quand les Français les ont détruits. Vous aurez aussi comment les moines ont et peuvent avoir des mœurs, quand vous aurez bien réfléchi sur la nature de leurs devoirs, et sur les devoirs de la nature. « Il est des momens de faiblesse Où la nature peut tomber ; On court risque de succomber, Quand on est obligé de combattre sans cesse. » Nouveau choix de vers. Vous ne pourrez plus être trompés par ces hommes hypocrites, dont le dehors séduit quand vous ne jugerez les individus que sur leurs actions : c’est-là, la vraie pierre de touche des hommes, comme le fruit est celle des arbres. Surtout n’oubliez pas, qu'il faut bien longtems à une âme vraiment vertueuse, pour prendre la teinture du vice, et que rarement le vice, reprend réellement le lustre de la vertu. Le moine est né pour vivre des abus : Détruisez-les, le moine ne vit plus. La révolution m’a donné la liberté d’écrire la vérité sur une classe qui avait toujours su la chasser loin du vulgaire ; elle me rendra plus sévère à moi-même, que ne le furent jamais les censeurs du despotisme, mais je n’en serai pas pour cela plus esclave des préjugés en découvrant les défauts d'un institut, ou les vices des moines, je ne ferai rien perdre à l'ordre, s'il est estimable. Je ferai connaître également le vice et la vertu : la même main qui déchire le masque à l'hypocrite, lèvera aussi le voile épais dont la modeste vertu se couvre. Nulle passion ne me fera jamais laisser en arrière la vérité, ni l’affubler d’habits lugubres, je ne sais pas la déguiser, et si j'avais quelques ornemens à lui donner, je préférerais à tout autre les attributs de la gaité franche, parce que c'est ordinairement le moyen qui, par l'agréable, conduit à l'utile. L'amitié même, ne me fera pas déguiser la vérité. Amicus plato sed magis amica veritas. L'an premier de la République Française. Rabelli » Cohen ne décrit qu’un seul exemplaire orné de 26 planches en couleurs sans préciser de tirage : « La Bedoyère, aujourd’hui à la B.n.F. ». « Charles Renouvier nous apprend que l'auteur, surpris par la Révolution pendant la composition de son recueil de tous les costumes religieux et militaires, accommoda une partie à l'usage de la Révolution, sous le titre de "Mascarades monastiques et religieuses", 1793. In-8 avec des figures au lavis qu'il a signées Rabelli (anagramme) ». Exemplaire remarquable, non rogné, orné de 55 estampes - 25 coloriées à la main, 30 en noir, dont 3 en triple épreuves, 23 en double épreuve, 2 estampes sont gravées sur papier bleu. Porte le fameux ex-libris bleu, n212, au chiffre LM.‎

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EUR5,500.00

‎POSTEL, Guillaume‎

Reference : LCS-16169

‎De la République des Turcs : & là où l’occasion s’offrera, des meurs & loy de tous Muhamedistes. La société ottomane à la Renaissance par Guillaume Postel‎

‎L’édition originale de La République des Turcs de Guillaume Postel, « l’un des ouvrages les mieux documentés sur la société ottomane à la Renaissance ». Poitiers, Enguibert de Marnef, 1560. 3 parties en 1 volume petit in-4 de : I/ (1) f.bl., (4) ff., 127 pp., (1) p.bl. ; II/ 57 pp., (3) pp.bl. ; III/ (4) ff., 90 pp., (1) f.bl., suite de 56 gravures à pleine page numérotées (sur 57) reliée à la suite, (1) f.bl. Relié en plein veau brun granité de l’époque, triple filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs finement orné, coupes décorées, tranches rouges. Reliure du XVIIIe siècle. 205 x 146 mm.‎


‎Rare édition originale de ces trois livres connus sous le titre général de « La République des Turcs », composés par l'orientaliste Guillaume Postel (1510-1581). Brunet, IV, 839 ; Graesse, Trésor de livres rares, 424 ; Fairfax Murray, French, n°454 (pour la seconde édition). Il s’agit de « l’un des ouvrages les mieux documentés sur la société ottomane à la Renaissance » (M. Bertaud, Les Grandes Peurs, II, p. 295). « Guillaume Postel (1505-1581) est l’un des hommes les plus savants de son époque et un visionnaire célèbre. Son ardeur pour l’étude était fort grande ; mais la misère le contraignit à quitter son pays pour aller chercher des moyens d’existence […] Il fut heureux d’accompagner à Constantinople La Forest, envoyé en Turquie pour négocier quelques affaires… Postel publia bientôt après un alphabet en douze langues et quelques autres ouvrages. François Ier l’avait nommé en 1539 professeur de mathématiques et de langues orientales au Collège royal ; mais enveloppé dans la disgrâce du chancelier Poyet, il quitta la France. Postel se trouvait à Rome vers 1554, lorsqu’il y connut Ignace de Loyola et il voulut alors entrer dans la Compagnie de Jésus. Après deux ans de noviciat il fut chassé de l’ordre par Ignace de Loyola. Les écrits dans lesquels Postel exposait ses idées mystiques le firent mettre en prison ; il s’échappa, et alla à Venise, où d’autres dangers l’attendaient. Dénoncé à l’Inquisition, il se constitua lui-même prisonnier et fut mis en liberté par le tribunal. Les nombreux écrivains qui se sont occupés de Postel sont loin d’être d’accord sur les événements de sa vie à partir de cette époque. Le seizième siècle prisa très haut le vaste savoir de Guillaume Postel, considéré par François Ier et la reine de Navarre comme un prodige d’érudition. Son entretien était recherché des plus grands seigneurs, tels que les cardinaux de Tournon, de Lorraine et d’Armagnac. On assure que quand il enseignait à Paris dans le collège des Lombards, il attirait une si grande foule d’auditeurs, que comme la grande salle du collège ne pouvait les contenir, il les faisait descendre dans la cour et leur parlait de la fenêtre. Quelque opinion que l’on se forme des sentiments exprimés par Postel dans ses nombreux ouvrages, il est juste de remarquer que tous les historiens rendent hommage à la pureté de ses mœurs, à la sagesse de sa conduite et à l’aménité de son caractère. » (Biographie générale, XL, 879-885). « Plusieurs attributs conviennent au nom de Guillaume Postel. Ce fut un voyageur ; un savant, que François Ier nomma parmi les lecteurs royaux comme professeur de langues orientales ; un visionnaire aussi, rêvant de ramener tous les hommes à la loi chrétienne, sous l’autorité du roi de France ». En 1536, les dons extraordinaires de Postel pour les langues lui valent de suivre en Turquie Jean de La Forest, ambassadeur de François Ier auprès du sultan Soliman II le Magnifique. Le Levant est une révélation, Postel en goûte l’art de vivre, y apprend l’arabe et conçoit le dessein de convertir les musulmans à la religion chrétienne. Plus qu'une relation il s'agit d'un véritable rapport de mission, dont l'écriture commença a partir de 1538. « Le but de l’ouvrage est clairement exprimé dans l’épître dédicatoire au dauphin figurant au livre I : il est primordial que ce dauphin, ‘futur empereur de son pays’, puisse ‘en voyant l’histoire et l’image du plus grand état et Prince de l’Orient’ se rendre digne de posséder les biens de son ‘plus grand ennemi quant à la religion’. Il sera d’autant plus capable de ‘débiliter’ cet ennemi qu’il sera par le menu informé de ce qui se passe chez cette ‘force turquesque’. Postel prévient ainsi qu’il écrit ce qu’il a vu, comme témoin de la puissance turque et de la grandeur de Soliman. Ce n’est pas la chronique d’un chrétien échappé d’Orient ; ce n’est pas non plus un récit de voyage plus ou moins romancé. C’est un rapport de mission. Et le scandale est là pour une opinion française qui, depuis vingt ans, lit des propos bien différents sur cet empire d’Orient. » (C. Postel, Les écrits de Guillaume Postel, p. 94). Il s'agit des trois seuls livres imprimés par Enguilbert de Marnef en cette année 1560. Ils portent la marque de l'homme au miroir sur les feuillets de titre. Cette œuvre formera l'une des références de l'Essai sur l'origine des langues de Jean-Jacques Rousseau. “Postel's work on Ottoman Empire ... represents the fruition of his experiences in the East and his appreciation of Islam” (Atabey, 977). Se trouve reliée in-fine une suite de 56 superbes gravures à l’eau-forte légèrement postérieures, représentant les costumes du levant, numérotées 1 à 56 (manque la n°17). Elles s’apparentent à celles de Nicolay dans son livre « Livre des Navigations et pérégrinations orientales » publié dans ce format en 1576. Très bel exemplaire de ce livre estimé et rare, conservé dans son élégante reliure du XVIIIe siècle.‎

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EUR33,000.00

‎LABILLARDIERE.‎

Reference : LCS-18397

‎Relation du voyage à la recherche de La Pérouse, fait par ordre de l’Assemblée constituante, Pendant les années 1791, 1792, et pendant la 1ère. et la 2de. année de la République Françoise. La passionnante Relation du voyage à la recherche de La Pérouse ornée de 44 planches en premier tirage.‎

‎Superbe exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque ornée d’un chiffre couronné. Paris, chez H. J. Jansen, An VIII de la République françoise [1800]. 2 volumes in-4 de texte de: I/ xvi pp., 442 ; II/ 332 pp., 113 pp. de vocabulaire et de table, (1) p. d’errata; 1 atlas in-plano de: 1 titre gravé, 44 planches numérotées dont 1 carte sur double-page. Qq. rousseurs claires en marge de certaines planches de l’atlas. Reliés de manière uniforme en demi-chagrin rouge avec plats de percaline rouge, roulette dorées encadrant les plats, chiffre couronné frappé or au centre des plats, dos à faux-nerfs ornés de bateaux dorés dans 3 caissons et du chiffre couronné répété dans un caisson, nombreux témoins. Reliure de l’époque. Volumes de texte: 298 x 228 mm. Volume d’atlas: 573x 415 mm.‎


‎Edition originale de cet «ouvrage estimé». (Brunet, III, 711). Nissen ZBI 2331; Sabin 38420. Par décret du 9 février 1791, l'Assemblée Nationale prit la décision d'organiser une expédition avec "la double mission de rechercher M. de La Pérouse, d'après les documents, instructions et ordres qui leur seront donnés, et de faire en même temps des recherches relatives aux sciences et au commerce ...". Placée sous les ordres de Bruny d’Entrecasteaux et de Huon de Kermadec, cette mission, chargée de tenter de retrouver les vaisseaux la Boussole et l’Astrolabe, se composait des flûtes la Recherche et l’Espérance. La flotte partit de Brest le 28 septembre 1791, abordant le 13 octobre à Ténériffe. La Billardière visita son pic fameux et en releva l’histoire naturelle. Le 17 janvier 1792, il relâcha au cap de Bonne-Espérance, où d’Entrecasteaux reçut un message de Saint-Félix, commandant la station des mers de l’Inde, lequel l’informait que le commodore anglais Hunter affirmait avoir vu des hommes en uniformes français dans les iles de l’Amirauté. La Billardière mit à profit le temps de son séjour au Cap pour explorer les montagnes de la Table, du Lion, Stellenbosch et leurs environs. Il s’avance même dans l’intérieur jusqu’à Fransche-Hoek, à la rencontre d'une colonie française de protestants émigrés en 1675. Il enrichit ses collections de beaucoup de plantes peu connues ou mal décrites jusque là. L'expédition appareille le 16 février. Au bout d'un peu plus de deux mois de navigation difficile les navires mouillent sur la côte de Van-Diemen, dans un port qui reçut le nom d’Entrecasteaux (23 avril 1792), La Billardière et les autres naturalistes font plusieurs excursions dans les terres. Radoubés, les vaisseaux de l’expédition de secours effectuent une reconnaissance du sud-ouest de l’Australie, de la Tasmanie, de la Nouvelle-Zélande. La Billardière, Claude Antoine Gaspard Riche (1762-1798) et Louis Ventenat (1765-1794) en profitent pour effectuer d’amples collections de spécimens zoologiques, botaniques et géologiques, et décrire les coutumes et les langues des aborigènes d’Australie. L’expédition, après une longue et périlleuse navigation, après avoir perdu son chef et quatre-vingt huit hommes de ses équipages, aborde enfin en octobre 1793 à Java où, les guerres révolutionnaires ayant éclaté entre-temps, elle est déclarée prisonnière de guerre par les Hollandais, les vaisseaux capturés et les collections de La Billardière envoyées en Grande-Bretagne. Détenu successivement à Samarang, puis à Batavia, La Billardière ne fut rendu à la liberté que le 9 germinal an III. Il peut alors gagner l’île de France, où il est reçu au jardin botanique de Pamplemousses par Nicolas Céré; mais ses collections, contenant plus de quatre mille plantes, dont les trois quarts étaient d'espèces jusque alors inconnues, avaient été transportées en Angleterre. Son ancien maître, le célèbre Sir Joseph Banks (1743-1820) intercède en sa faveur et obtient des autorités britanniques qu’elles lui renvoient ses collections intactes: «J’aurais craint, disait-il, d’enlever à un homme une des idées botaniques qu’il était allé conquérir au péril de sa vie''. Quérard, IV, La France littéraire, p. 336. La fin du texte est constituée de plusieurs vocabulaires. «La partie linguistique très développée contient les vocabulaires suivants: Malais, du cap de Diemen, des îles des Amis, de la Nouvelle-Calédonie et de l’île Waygiou». (Chadenat, n°99). Premier tirage de l’atlas qui comporte une grande carte dépliante à double-page de la mer des Indes et d'une partie de celle du Sud dressée par Barbié Du Bocage et gravée par D'Houdan et 44 planches: 24 planches de vues, portraits des indigènes des îles des Amis, de l'Amirauté et de Nouvelle-Calédonie, et ustensiles dessinées par Piron ; 14 planches de botanique d'après Redouté; 4 planches d'oiseaux d'après Audebert et une planche d'araignée, gravées par Dien, Copia, Maleuvre et Perée. «L’atlas renferme 44 belles planches: vues, costumes, scènes diverses, histoire naturelle, etc.» (Chadenat, n°613). Superbe exemplaire de ce passionnant récit de voyage, conservé dans ses reliures de l’époque ornées d’un chiffre couronné.‎

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EUR19,000.00

‎Bandelier André: ‎

Reference : 18247

(2007)

‎Des Suisses dans la république des Lettres. Un réseau savant au temps de Frédéric Le Grand. ‎

‎Genève, Slatkine, 2007. In-8 broché, couverture illustrée. En belle condition. ‎


‎"Au XVIIIe siècle, des Suisses ont émigré temporairement ou définitivement pour combler des attentes ou des besoins que leurs bonnes villes et campagnes ne pouvaient assouvir. Certains ont connu une gloire européenne durable : il en est ainsi de Leonhard Euler et des mathématiciens Bernoulli à Berlin et Saint-Pétersbourg. Une volumineuse correspondance allemande, celle du secrétaire perpétuel de l'Académie royale prussienne, plonge au coeur de l'émigration savante protestante. Support de la communication contemporaine et donc de la diffusion de la pensée, la lettre permet de retrouver des dizaines de jeunes gens en quête de reconnaissance et de rente : ministres sans paroisse devenus précepteurs, journalistes, bibliothécaires ou secrétaires de gouvernants ; scientifiques attirés par les académies royales. Elle conduit à écrire une histoire intellectuelle de l'Europe nordique et huguenote où Bâlois, Neuchâtelois, Vaudois sujets de Berne, Genevois jouent pleinement leur partie dans la médiation entre les cultures. La réussite passe encore par l'appartenance souhaitée à la République des Lettres, cette aspiration partagée par tous les lettrés depuis la Renaissance. Des épistoliers restés au pays, comme le philosophe Charles Bonnet, complètent le tableau d'une culture helvétique nourrie aux sources du cosmopolitisme et de l'ouverture au monde, caractéristique des Lumières de la philosophie." ‎

La Bergerie - Le Locle
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