Notes et commentaires de J. Salem, Nathan, Les intégrales de Philo, 1998, 143 p., broché, bon état.
Reference : 3083
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Paris chez Lottin ; chez la Veuve Desaint 1776-77 ; 1776 4 vol. in-12° (171 x 105 mm), [1] pl; - xxiv pp. - 439 pp. + [1] f. - 438 pp. - [3] ff. + xlii pp. - 311 pp. - viii pp. - 401 pp. - [3] ff. + [1] f. - [1] pl. - x pp. - [1] f. - 472 pp. (numérotation erronée en fin de volume), veau havane, dos à cinq nerfs orné, encadrement d'un triple filets, filet sur les coupes, roulette intérieure, tranches rouges (reliures d'époque).
Le vademecum de l'ecclésiastique en mal d'idées pour ses sermons. Seconde édition, des Lettres (il parut de nombreuses contrefaçons), augmentée par rapport à l'originale d'une préface et d'un troisième volume (en deux tomes) de pièces diverses. Seconde édition également de La vie du Pape Clément XIV, augmentée d'une préface et de quelques pièces. Célèbre supercherie littéraire composée par Louis-Antoine de Caraccioli, les Lettres intéressantes du pape Clément XIV paraissent pour la première fois un an après la mort du pape, alors que sa postérité, marquée par sa suppression de la Compagnie de Jésus, peine à se définir. Pédagogue de profession, fervent adepte de la démocratisation des savoirs, Caraccioli imagine le personnage d'un Ganganelli philosophe et éducateur dispensant ses conseils aussi bien à des religieux qu'à des personnalités de la politique, des sciences et des lettres, à la noblesse ou même à une mère de famille. Mais dès la parution de la premièrs édition, plusieurs voix s'élèvent pour remettre en question l'authenticité des lettres. Caraccioli persiste et signe : on lit ainsi, dans la préface à sa Vie du Pape Clément XIV : « On sait qu'il y a, comme en France des esprits ardens à dénigrer Clément XIV, & à le faire passer pour un personnage très-médiocre, & que sa vie conséquemment, ainsi que ses Lettres, ne peuvent manquer d'avoir des contradicteurs, qui en nieront l'autenticité » (p. viii). Sommé, en 1777, de produire les originaux, Caraccioli traduira lui-même ces lettres apocryphes vers l'italien. La Vie du Pape Clément XIV est illustrée d'un portrait frontispice gravé par De Launay le Jeune d'après Prevost d'une vignette placée en en-tête gravée par Baquoy d'après Prevost et d'une vignette de fin non-signée. Les Lettres sont quant à elles ornées d'une frontispice allégorique gravé par Billé d'après Queverdo et d'un petit portrait en-tête signé Beugnet au dernier tome. Louis-Antoine Caraccioli (1719 : Le Mans-1803 : Paris), précepteur et polygraphe, chercha à suppléer à sa modique fortune en composant un grand nombre d'ouvrages, presque tous publiés sous pseudonyme, qui se succédèrent rapidement. Écrits dans un sincère respect de la religion et de la morale, à défaut "de vues profondes ou style brillant", les ouvrages de cet auteur prolifique eurent surtout beaucoup de succès "parmi les ecclésiastiques de province qui trouvaient dans plusieurs d'abondants matériaux pour leurs sermons, quelquefois même des sermons tout faits". (Michaud, Biographie universelle, VI-643) La plupart furent traduits en italien, en allemand, quelques-uns en anglais. PROVENANCE : « Ma mère / V B... » et « V. Bazile », mention manuscrite à chacun des volumes (XVIIIe siècle). Non identifié. Frottement dans un angle au plat supérieur du tome III, coiffe de tête arasée et petit manque en queue de mors supérieur au tome I. Quelques feuillets légèrement brunis.
Paris - Angers Techner (sic) - Levavasseur 1851 - décembre 1830 In-8° (212 x 140 mm), 14 pp. - [1] f. + [2] ff. - 52 pp. + [2] ff. - 52 pp. + [2] ff. - 32 pp. + + [2] ff. - 36 pp. + [2] ff. - 60 pp. + 36 pp. + 8 pp. + 8 pp. [suivi de] [2] ff. - III - [1] - 24 pp. [suivi de] [2] ff. - vii - [1] - 79 pp. [1] p. bl., parchemin à recouvrement à la bradel, dos orné, non rogné en gouttière et en queue (A. F. THIEBAUT REL., reliure postérieure, fin du XIXe siècle)
Un recueil de pièces rares de l'infatigable Grille Le premier ouvrage est un recueil factice pour lequel l'auteur fit imprimer un titre général et des pièces liminaires (épître dédicatoire, lettres de Championnet à sa mère, notes d'Esmenard). Il nous apprend dans l'épître qu'il rassemble ici ses « lettres et pièces historiques et philosophiques » en un volume, au nombre de 30 exemplaires seulement. Il est ainsi constitué de brochures en éditions originales non réimprimées publiées en 1846-47 et probablement avant pour la dernière : Lettre à M. le Dr Pariset, sur les médecins et la médecine, sur l'Institut et le Collège de France, sur Champfort, Andrieux, Mirabeau, le tombeau d'Agnès Sorel : élections, exclusions, réintégrations, querelle entre un prélat et un archevêque. (Techener, 1847) ; Lettres à M. Étienne Vieusseux sur le Brabant et Anvers au temps de l'Empire, l'Institut et le Directoire, Napoléon, Chénier, Bénezech, Lacépède, Laborde, M. de Châteaubriand, etc. (id.) ; Lettre à M. le Marquis de La Porte sur des livres, des événements, des hommes de l'ancien et du nouveau régime. (ibid.) ; Lettre à M. Darreste sur le Louvre, la Bibliothèque et l'Opéra. (ibid.) ; Lettre à M. Champollion Figeac, sur l'Institut et ses dépenses, Suard, Hédouin, Beaumarchais, Le marquis de Paroy et les Bonaparte, etc. (ibid.) ; Lettres à M. Paul Lacroix (bibliophile Jacob) sur le Bulletin des arts et sur Jean-Antoine Vial, Servan de Sugny, l'Institut, Cailhava et Fontanes, Merle, Clonart et les suicides. (Techener, 1846) ; Lettres sur la vie et la mort (s. l. n. d. [Techener, 1846]) ; Épître à la Reine sur la restauration d'une église de village (s. l. n. d. ) L'exemplaire de La bibliothèque Mazarine contient à la suite deux Lettres à M. Aimé-Martin qui, non présentes ici, sont remplacées par deux brochures non moins rares, en éditions originales, L'Essai sur Revellière-Lépeaux et la pièce du Jeune romantique. Cette comédie qui n'en était pas vraiment une prit le nom de tableau satirique et ses cinq actes prirent le nom de parties. Elle est habile cependant tel le passage avec les deux libraires (pp. 20 à 26). L'ensemble de ces textes ne fut publié qu'à très peu d'exemplaires. François-Joseph Grille (1782 - 1853), fonctionnaire, écrivain malicieux et infatigable, journaliste irrespectueux, fut bibliothécaire de sa ville natale Angers. Il manifestera sa vie durant une véritable passion du service public. Il occupa plusieurs emplois au sein du ministère de l'Intérieur. En 1814, il fut nommé chef de la 3e division, sciences et beaux-arts de ce ministère puis nommé commissaire du gouvernement provisoire le 30 mars 1848. Ses différentes carrières au sein de l'administration furent interrompues en raison des prises de position qui l'opposèrent au pouvoir en place. Son oeuvre politique et littéraire, publiée sous un grand nombre de pseudonyme, « fut sous-tendue par une soif de justice sociale et la recherche d'un humanisme modéré, elles provoqueront sa quatrième et ultime destitution. » (Claudie Gohier Segretain) PROVENANCE : Ex-libris contrecollé au contreplat supérieur d'Eugène Daurand-Forgues, fils du critique Paul-Emile Daurand-Forgues. Une correction manuscrite, vraisemblablement de l'auteur, à la Lettre à Champollion Figeac, rousseurs à l'Épître à la Reine ainsi qu'au Jeune romantique ; Pour certaines pièces : Laporte - VI, 169 à 173 ; Quérard - XI, 165-166
Paris Paris : Éditions René Kieffer 1919 In-4° (290 x 225 mm), [1] f. - 159 pp. - [3] ff. - [1] f. bl., maroquin brun, dos à 5 faux-nerfs, niche ménagée au centre du plat supérieur accueillant un décor à la plaque, surplombant un décor au fleuron à froid, fleuron répété aux quatre angles du plat inférieur, charnières cuir, encadrement intérieur d'un filet double, contregardes et gardes de satin imprimées, gardes de papier marbré, tête dorée, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée RENÉ KIEFFER au contreplat supérieur et avec son étiquette estampée sur la première garde blanche).
Une publication en suspens, le temps de la guerre. Exemplaire sur Japon, non numéroté, portant à la justification la mention « Imprimée pour Monsieur René Kieffer ». Il est agrémenté, d'un dessin original, d'une suite sur Chine et de 2 suites sur Japon (avec et sans fond) à l'instar des 20 exemplaires de tête. Suivent 30 exemplaires sur Japon avec une suite sur Chine et une suite sur Japon, 20 exemplaires sur vélin avec une suite sur Chine et 180 exemplaires sur vélin, pour un tirage total de 250 exemplaires numérotés. L'exemplaire est également truffé : - d'une décomposition en couleurs de la gravure de la couverture, en 6 planches, - de 3 cartonnettes portant 5 dessins orginaux d'Orazi (gouache blanche) ayant servi à l'illustration de la dernière garde soie, - de 2 lettres de G. Miroux, traducteur du texte, à René Kieffer : il lui propose lui-même le titre de « Lettres d'amoureuses », puis déclare vouloir s'attacher à rendre cette traduction « plus exacte que celle de chez Charpentier où il y a ça et là des contre-sens ». Il s'efforce « toutes les fois que je le puis de donner du rythme à la phrase pour que ça n'ait pas l'air d'être traduit d'un prosateur », - de 3 lettres de Manuel Orazi à René Kieffer. Dans l'une, il propose à Kieffer d'éditer Le Satyricon de Petrone ou bien L'Art d'aimer d'Ovide (ce qu'il fait en 1950), ajoutant qu'il connait bien le sujet « en [sa] qualité de romain ». Dans la lettre de 1909, il indique avoir déjà trouvé toutes les compositions. Enfin, dans la lettre de 1910, il s'interroge sur le coût d'une impression en couleurs. L'ouvrage est habillé d'un décor d'inspiration grecque comportant au centre du plat supérieur une niche accueillant un décor doré à la plaque mosaïqué, représentant une Nikê sur un char tiré par 4 chevaux. Les contregardes et gardes présentent des eaux-fortes inédites tirées en deux tons sur satin, ici jaune. L'illustration, réalisée par Manuel Orazi, comprend 21 compositions in-texte représentant les « amoureuses » et plusieurs culs-de-lampe. Chaque page est par ailleurs ornée d'encadrements de style Art nouveau à motif de chouette d'Athéna. Manuel Orazi (Rome : 1860 - Paris ; 1934) est un illustrateur italien associé à l'art nouveau. Surtout connu pour des affiches publicitaires de grande marques, il s'essaye à l'illustration de livres et collabore au Figaro illustré. En 1921, il réalise 5 affiches pour le film L'Atlandide, s'occupant aussi des décors et costumes de ce film français à gros budget. L'achevé d'imprimer est daté de 1914, la publication ayant été suspendue le temps de la guerre ; mais les difficultés rencontrées ne s'arrêtent pas là : l'illustrateur prend beaucoup de retard. Il considère aussi que la traduction n'a pas aidé à son travail car elle a été faite par « un vieux professeur presque inconnu » (Sanjuan p. 81). A cause du retard d'Orazi, les illustrations n'ont pas été gravées (comme annoncé) mais reproduites par procédé photomécanique. (Sanjuan p. 103) Les lettres d'amoureuses ou plutôt Les Héroïdes, titre officiel, est un recueil de lettres fictives attribuées aux héroïnes de la mythologie. Des personnages comme Pénélope, Médée ou Déjanire écrivent à leurs partenaires pour exprimer leurs peines d'être séparées d'eux. Monod 8809 ; Sanjuan 10
Mesnil-sur-l'Estrée (Eure) typographie Firmin-Didot 1912 In-12° (196 x 153 mm), [2] ff. - 390 pp., reliure à la Bradel, veau porphyre, dos à 4 faux-nerfs, supra-librum estampé au centre du plat supérieur, courvertures et dos conservés, tête dorée (reliure attribuée à Charles Meunier)
AU SUPRA-LIBRUM DU RELIEUR CHARLES MEUNIER. Édition privée tirée à 135 exemplaires hors commerce de ce recueil de lettres du graveur Eugène Mouchon à Angelo Mariani, « vulgarisateur de la coca ». Un des 120 exemplaires sur vélin-teinté (après 15 sur vélin moire) imprimé spécialement pour « M. Ch. Meunier » (n° 56). L'ouvrage est illustré par l'auteur de 2 autoportraits placés en frontispice (« M. E. Mouchon à sa table de graveur » et « M. E. Mouchon imprimant ses épreuves ») ainsi que de 29 culs-de-lampe et 38 bandeaux : le premier figure une médaille au profil de Mariani dans un décor de feuilles de coca. Sont réunies dans ce volume 37 lettres composées par Eugène Mouchon (1843-1914), prolifique graveur de billets de banque, de décor de médailles et de timbres (dont la célèbre série « Droits de l'homme » de 1900). Médaillé d'or à l'Exposition universelle de 1889, premier prix d'orfèvrerie en 1893, Mouchon avait travaillé pour plusieurs pays étrangers, notamment la Belgique, la Grèce et l'Éthiopie. La vieillesse le contraint cependant à une relative inaction : « L'outil n'obéit plus à la main, déjà moins sûre depuis que l'oeil ne la dirige plus avec la même précision qu'autrefois [...] je touche à tout et non seulement je ne fais rien de bon mais je fais de mal en pis » [p. 11]. L'artiste laisse donc sa pensée divaguer : de l'aviation à Napoléon, de la mélancolie des ruines aux Algonquins, d'une anecdote domestique au Goncourt 1910... quelques sonnets et parodies de sa composition ponctuent le flot des idées. Mouchon adresse, entre septembre et décembre 1910, ces « gibbosités de [son] esprit » à son ami Angelo Mariani, qui en aurait encouragé la publication. Le pharmacien Angelo Mariani (1838-1914) dépose en 1863 le brevet du « vin Mariani à la coca du Pérou » qui fait sa fortune : le breuvage qui contient, dans une bouteille d'alcool à 14-17°, entre 6 et 7 grammes de cocaïne, est vendu aussi bien en pharmacie (où il est prescrit contre la grippe, les affections nerveuses, l'anémie, l'impuissance...) que comme apéritif. Interdit en France en 1910, le vin Mariani a eu le temps de faire des émules : une imitation américaine de la boisson est l'ancêtre du Coca-Cola. S'il n'est ni le premier ni le dernier à produire du « vin de coca », Mariani se distingue de la concurrence grâce à la publicité. Il publie notamment une série de 14 volumes de l'Album Mariani, recueil de biographies illustrées de personnalités contemporaines qui vantent, en quelques phrases autographes reproduites en fac-similé, les bienfaits du vin Mariani. Participent au projet Sarah Bernhardt, le pape Léon XIII, Louise Michel, Émile Zola... ou encore Eugène Mouchon (t. 9, 1904), qui témoigne : « Les anciens s'étonnaient qu'on put mourir quand on possédait de la sauge dans son jardin, que diraient-ils aujourd'hui qu'on peut avoir de votre merveilleux vin dans la cave ? Ça vaudrait une médaille ». Médaille il y aura : en 1910, Mariani offre au musée Carnavalet une collection de plaquettes et médailles gravées pour lui par Mouchon. Quant à Charles Meunier, c'est lui qui réalise la reliure des 12 premiers volumes de l'Album Mariani offerts par le pharmacien à la Bibliothèque nationale, « petits chefs-d'uvre de cuirs incisés, d'incrustations de médailles, de mosaïques harmonieuses » (Octave Uzanne, « Un don à la Bibliothèque nationale », Le Figaro, 25 novembre 1909, p. 2-3). PROVENANCE : Charles Meunier (1865-1948) ; exemplaire imprimé à son nom, et avec son supra-librum estampé au contreplat supérieur : un livre relié portant les lettres M, E, N, I, R, traversé de deux compas tête-bêche, dans un anneau à petit décor végétal. Cet ex-libris est reproduit dans le recueil de planches Quelques ex-libris genre "Fers à dorer", composés par Charles Meunier, relieur-doreur (Maison du Livre, 1921), réunissant 32 « ex-libris dans le genre "fers à dorer", ex-libris accommodés à la reliure que quelques amateurs bibliophiles ont bien voulu me demander ». Sur ces 32 ex-libris, 5 sont au nom de Charles Meunier, dont 4 sont une variante d'encadrement sur le livre relié aux lettres M, E, N, I, R. Charles Meunier s'établit à son compte à l'âge de 20 ans après avoir fait ses armes auprès de plusieurs relieurs, dont Marius Michel. Il se spécialise rapidement dans la reliure à décor qu'il produit à tour de bras, ambitionnant de réaliser jusqu'à un décor par jour, et réunit ses meilleurs travaux en 7 albums de 100 planches chacun. Béraldi peint de lui un portrait en demi-teinte, le décrivant comme un travailleur acharné mais susceptible à la critique (et particulièrement à la comparaison avec son maître Marius Michel) qui commence depuis peu à développer un goût et une technique sûrs : « Ses dernières reliures le montrent en grand progrès matériel, avec des idées de décor vraiment inédites et personnelles. » (v. 4, p. 105). Meunier répond par une critique point par point de La reliure du XIXe siècle, parue en 4 volumes sous le titre Les Réflexions d'un praticien en marge de « La Reliure du XIXe siècle » de M. Henri Beraldi. Également éditeur (son Baudelaire illustré par Schwabe est particulièrement apprécié), Meunier fonde avec Léon Berubé la revue L'Oeuvre et l'Image, devenue Les Arts bibliophiliques. Charles Meunier fait don en 1916 d'un ensemble de 900 volumes à la bibliothèque de Genève (fonds Charles Meunier). Le reste de sa collection est dispersé en 1920 lorsque, pour marquer son départ à la retraite, il organise une vente à l'hôtel Drouot. Malgré nos recherches, nous n'avons trouvé aucun autre ouvrage portant ce supra-librum. Deux exemplaires en bibliothèque française (BnF Tolbiac, AD Marnes). Aucun exemplaire à l'étranger. Rousseurs aux gardes et premiers feuillets de textes.
NECKER (Jacques) - BLONDEL (Jean, attrib.) - DESGRANGES ou MARVILLE (Claude-Henri Feydeau de)
Reference : 157
(1787)
S. l. (Paris), s. l. - Genève - Paris s. n. (Panckoucke) - s. n. - idem - Les marchands de nouveautés 1784 - s. d. (1787) - 1785 - idem 4 vol. in-8° (214 x 142 mm) de VII pp. - [1] p. bl. - clix pp. - [1] p. bl. - 353 pp. -[1] p. bl. + VII pp. - [1] p. bl. - 536 pp. + 468 pp. - [1] f. v. bl. - 107 pp. (en partie non coupées) - [1] p. bl., + 247 pp. - [1] p. bl. + [2] ff. - 116 pp., veau havane moucheté, dos lisses orné, roulette sur les coupes, tranches à mouchetures rouges (reliure de l'époque)
Un des très rares exemplaires sur grand papier, ici bleuté, agréablement enrichi, du plus grand best-seller économique du XVIIIe siècle Édition originale sur grand papier bleuté, exemplaire de deuxième état1, de l'un des grands ouvrages d'économie politique. Il fut composé par Necker après sa démission du poste de contrôleur des Finances en 1781 en vue non seulement d'être nous dit-il « de quelque service à la chose publique, ne fut-ce qu'en présentant avec ordre un grand nombre de connoissances absolument essentielles à l'administration des finances » mais également de critiquer les réformes entreprises par son successeur, Charles Alexandre de Calonne (1734-1802, Ministre et contrôleur général des finances de Louis XVI entre 1783 et 1787). L'ouvrage eut un succès considérable, tant en France qu'à l'étranger. Il débute par une longue et intéressante introduction dans laquelle Necker dresse le tableau le plus fidèle que nous ayons de la situation politique et financière de la France d'avant la Révolution. L'édition comprend un tableau dépliant dans le tome 1, donnant le « Résumé de l'étendue de la population de chaque Généralité » et le « Résumé des contributions de chaque Généralité, de leur rapport avec le nombre des Habitants ». L'ouvrage est ici immédiatement suivi du Mémoire de Mr. Necker, en réponse aux faits avancés par Mr. de Calonne, édition originale publiée en 1787 sans page de titre, comme indiqué par Conlon2. Deux autres éditions furent publiées la même année, en 88 et 56 pages. C'est une réponse au discours de Calonne qui accusait Necker d'avoir publié des fausses informations dans son compte-rendu au roi. Les deux ministres rentrèrent alors dans un sévère conflit public qui aboutira à l'exil de Necker en Suisse. Le quatrième tome renferme quant à lui deux critiques peu courantes en édition originale, la première, ici en grand papier, attribuée à Jean Blondel condamne l'abolition des corvées, des impôts sur le luxe et de la publication des comptes. La seconde qui serait de Claude-Henri Feydeau de Marville fait (ou ferait mine plutôt de faire) suite aux Lettres d'un propriétaire françois à M. Necker sur son Traité de l'administration des finances parues en 1785 attribuées à Desgranges, avocat en parlement, par Conlon ou à Marville par la BnF. Elle sera elle-même suivit d'une Troisième partie des Lettres d'un propriétaire françois à M. Necker, dédiée au beau sexe et faisant suite aux observations, tableaux et calculs, sur le nouveau plan de réforme, l'agriculture, la population, le numéraire, avec l'examen de la balance du commerce publiée toujours la même année qui serait aussi de Marville. Ministre des Finances de Louis XVI de 1777 à 1781, Jacques Necker (1732-1804) fut l'un des principaux propagateurs du néo-mercantilisme contre les théories physiocratiques alors régnant. Publié après sa démission, son traité des finances, qui contenait une critique sévère de l'oeuvre de Calonne, son successeur au ministère, fut interdit en France dès sa parution. Et pourtant, « jamais livre sur les matières financières n'obtint un succès si populaire », écrivent Coquelin et Guillaumin. Un petit défaut à la coiffe du tome 2, quelques rousseurs pales, quelques feuillets brunis. 1Carpenter, The economic bestsellers before 1850, Baker library, 1975, pp. 232Le siècle des Lumière, n°87/2453