Hazan, Paris, 1947, in-8 (230x145mm), 271pp., broché, couverture grise imprimée en bleu, chemise et étui.
Reference : 1245
Tirage à 2000 exemplaires numérotés sur vélin du Marais. Frontispice et 4 eaux-fortes originales hors-texte en couleurs par Hermine DAVID. Bel exemplaire.
Le Ver-Vert
M. Jean-Claude Benoit
06 85 75 19 17
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Tendre billet autographe du petit Anatole France à sa mère [Paris], 27 juillet 1851. Encre sépia sur 1 f. (c. 155 x 205 mm). Tendre mot autographe du petit Anatole France alors âgé de 7 ans à sa mère : « petite maman je t'aime tu m'as… ton Anatole », qui a accompagné sa signature d'un petit dessin le représentant avec un chapeau ; en haut du feuillet, l'auteur a également entouré d'un grand cercle son patronyme. On joint : l'étude de Georges Girard. La Jeunesse d'Anatole France (Paris, Gallimard, 1925) où ce billet est reproduit.
Quelques rares pages manuscrites d'enfant, pieusement conservées, montrent l'affection d'Anatole France pour ses parents, et son lien tout particulier de tendresse avec sa mère. Ce manuscrit, brouillon - en apparence - appartient à ces mots spontanés et urgents que le coeur d'un enfant, tout à coup, ne peut retenir - et que ses parents, qui ne s'y trompent pas, gardent comme un trésor. Madame France fit sans doute ainsi, elle qui nota sur le billet la date du « 27 juillet 1851 » comme pour mieux se souvenir plus tard de cet élan d'amour, fugace et fragile par nature. Elle fit de même du reste sur une autre de ces productions enfantines qui nous sont parvenues, alors que son petit garçon lui écrivait, un « dimanche 5 septembre 1852 », un billet plus long - il a un an de plus - mais qui toujours disait son amour et sa joie d'avoir cette maman-là : « tu seras toujours la plus heureuse mère et moi le plus heureux enfant ». Rien ne changera à ce sujet dans la longue vie de France, qui, jusque dans son agonie paraît-il, prononça le nom de sa mère. Dans La Jeunesse d'Anatole France où ce billet est reproduit (p. 35-36), l'attachement du jeune Anatole pour ses parents semble par ailleurs harmonieusement réparti, et France avait une égale affection pour son père. Cependant, une complicité particulière devait sans doute l'unir à la destinataire de ce billet en laquelle il avait si confiance et qu'il ne redoutait pas : il est notable que lorsqu'il entra au collège Stanislas dont on connaît par le carnet de son maître M. Allain le premier semestre de l'année scolaire 1856-1857 (France a alors douze ans), il ne fit jamais signer ses mauvaises notes ou ses pensums par son père mais toujours par sa mère. Avisé, le jeune adolescent estimait sans doute aussi que son père serait imperméable au ton d'humour que les qualificatifs d' « insouciance », de « légèreté », de « négligence » et les remarques du type « devoir généralement fait avec un sans-gêne merveilleux » pouvaient receler. Ce même M. Allain ne se priva pas des années plus tard d'envoyer une lettre de félicitations à son ancien élève qui venait d'entrer à l'Académie française... Née en 1911 à Chartres de père inconnu, Amable-Antoinette Gallas, future Antoinette France, fut élevée par un personnage « pittoresque », un certain Dufour dont France gardera un souvenir très vif qui servira plusieurs de ses romans : il sera le capitaine Victor du Crime de Sylvestre Bonnard, le Mathias de Pierre Nozière, l'oncle Hyacinthe du Petit Pierre. Antoinette France eut une enfance « sans joies » et précaire qu'attestent le manque d'argent du foyer et les déménagements successifs. L'histoire dit qu'elle ne trouva le bonheur qu'au jour de son mariage avec Noël-François Thibault connu sous le nom de France, qui exerçait le métier de libraire quand il l'épousa en 1840. Installé au n° 16 de la rue de Seine, le ménage déménagea bientôt au n° 19 du Quai Malaquais où naquit, le 16 avril 1844, Anatole France, au premier étage de la librairie de son père. Il faut imaginer l'enfant choyé, au logis ou à la librairie, disposant facilement de papier et d'encre, dont le parrain n'est autre que le prince des autographes, Jacques Charavay, quand il griffonna ce message à sa mère. D'elle, il dira plus tard qu'elle avait « un esprit charmant, l'âme belle et généreuse et le caractère difficile ». Il se souviendra de quelle complicité ils usaient tous les deux lorsqu'il 'volait' le libraire France, son père, à l'ouverture des ballots de livres dont il avait souvent la charge : « si son père n'y veillait, il mettrait la boutique au pillage, écrémant avec la complicité de sa mère les nouvelles acquisitions, faisant disparaître les plus belles pièces d'un lot, quitte à les restituer à regret. » (in G. Girard, La Jeunesse d'Anatole France, p. 104). C'est pour sa maman encore, l'année où il écrit ce billet, qu'il commence la rédaction d'un cahier de réflexions à son usage : le petit garçon qu'il est alors a déjà quelque réflexe d'homme du livre et de la 'chose imprimée', notant dans cet Avertissement adorable : « Anatole a fait un livre qui est intitulé Pensées Chrétiennes. Il est trop jeune pour le faire imprimer, il est âgé de sept ans, il attend qu'il ait vingt ans. »
PUF, Revue française de Psychanalyse, tome LI, n° 5, revue trimestrielle, Juillet-Septembre 1987, 1299-1486 pp., broché, couverture très légèrement défraîchie.
SOMMAIRE: A. Green - La capacité de rêverie et le mythe étiologique - S. Lebovici - Le psychanalyste et "la capacité à la rêverie de la mère" - P. Israël - Malaise dans la pratique. "La capacité de rêverie de la mère": pour quoi faire? - G. Diatkine - La "capacité de rêverie de la mère" et la psychanalyse - CONFERENCES: A. Bécache - La chair et le sang - LES LIVRES - F. Missenard - Le drame de l'enfant doué, de Alice Miller - S. Lebovici - Bébés/mères en révolte, de Rosine Debray.
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Exemplaire de tête : celui de l'éditeur, Sven Nielsen, avec envoi signé et photographie originale. Paris, Presses de la Cité, (8 novembre) 1974. 1 vol. (135 x 205 mm) de 121 p., [2] et 1 f. Cartonnage éditeur rouge. Édition originale. Un des 150 premiers exemplaires sur pur fil (n° 2). Envoi signé : «à mon vieil ami et éditeur Sven Nielsen et à Colette, en souvenir de trente ans de collaboration sans masques et en toute affection, Georges Simenon, décembre 1974». Jointe : photographie originale noir et blanc, représentant Georges, Marc et Henriette Simenon ensemble, à Lakeville, en août 1952. Ce sera la seule visite de Simenon mère à son fils. [provenance : archives Claude Menguy, offert par Simenon, photographie prise par Denyse Simenon].
En 1970, à soixante-dix ans, Simenon est appelé au chevet de sa mère, née Brüll, à Liège. Huit jours durant, il reste auprès d'elle à l'hôpital. Ce face-à-face lui inspirera ce livre et ces mots post-mortem : « Nous ne nous sommes jamais aimés de ton vivant, tu le sais bien. Tous les deux nous avons fait semblant... ». Mal aimé - Henriette lui préférait Christian, son cadet -, Georges Simenon souffrira de l'indifférence maternelle et de sa jalousie : elle jugeait le succès de l'auteur comme une injustice faite à son fils Christian. Simenon la mettra en scène dans Pedigree - la figure touchante, pour le coup, d'Elise Peters -, puis dans Le Chat - personnage brossé sans concession et sans compassion ; l'adaptation réalisée par Pierre Granier-Deferre en 1970 avec Simone Signoret donne la mesure du personnage. Cette mère, ignorée voire détestée mourra sans avoir presque jamais quitté sa ville de Liège à l'âge de quatre-vingt-dix ans, en décembre 1970. Le voyage de Lakeville sera l'un des rares déplacements hors du pays. L'exemplaire n° 1 est celui de Georges Simenon. Fort logiquement, le n° 2 est celui que l'auteur réserve à son éditeur et ami, Sven Nielsen. Ce dernier avait rencontré en 1945 Georges Simenon, qui accepte de lui préfacer le premier livre qu'il publie, Traqué, de l'auteur norvégien Arthur Omre. Le début d'une très longue collaboration - et d'une amitié -, Simenon cédant en 1947 aux Presses de la Cité l'ensemble des droits d'exploitation de son oeuvre, au détriment de Gallimard. Jusqu'en 1981, les Presses de la Cité publieront 141 livres inédits de Simenon pour un tirage moyen de 300 000 exemplaires. Une longue amitié unira les deux hommes ; Simenon lui vouera une fidélité sans failles sur le plan éditorial. Exemplaire de choix.
Toulouse-Lautrec, le vélo et les « Chaînes Simpson» [c. début de juin 1896]. 4 p. en 1 f. (230 x 180 mm) plié, à l'encre noire. Belle lettre à sa mère Adèle Zoë Tapié de Céleyran ; elle est inédite et ne figure par dans la Correspondance (éd. par Schimmel, Gallimard, 1991). « Vendredi Ma chère maman, nous sommes un peu en calme plat ou plutôt en calme de course. Je travaille d'après des champions de vélocipédie qui sont sinon aussi fantasques que des femmes mais [barré] souvent insaisissables et très occupés. Cela me fait du bien car cela se passe en plein air. Mon bateau est décidément loué à partir du 20 juin... J'ai 3 affiches à exécuter d'ici là et par la chaleur qu'il va faire ce sera tout juste amusant. Je n'ai pas pu repincer encore Guibert [son ami le riche Maurice Guibert, photographe amateur qui laissa plusieurs portraits fameux de Toulouse-Lautrec, lequel fit un portrait de lui] mais j'ai d'autres camarades pour aller à Anvers. - Quan[t] à Arcachon... Pas d'autres nouvelles en vue. Je vous ferai envoyer le Figaro illustré, où j'ai des dessins. Poutogeades et vous embrasse. Yours... H. (…)».
Lettre absente de la Correspondance éditée par Herbert Schimmel, écrite au moment précis où Lautrec accompagne à Londres Louis Bouglé (dit L. B. Spoke), représentant des chaînes Simpson, pour croquer sur le vif les cracks de la piste et nourrir la grande affiche « La Chaîne Simpson » qui sera composée pour le commerce de cycle que Bouglé l'orléanais ouvrira boulevard Haussmann à Paris. Toulouse-Lautrec, lui-même fasciné par le mouvement, les sports d'une façon générale et le vélo en particulier, accepte la commande de Bouglé avec passion, traversant la Manche avec lui et assistent, un peu avant l'été 1896, à une course d'importance au vélodrome de Catford, dans le Grand Londres. Le billet à sa mère fixe l'agenda de ce mois de juin sous pression et situe l'artiste « en plein air », au contact direct des champions cyclistes alors au faîte de la mode. On lira à l'arrière-plan de la célèbre composition anglaise qui en sera faite les visages du vainqueur, Constant Huret, mené par une quintuplette, les officiels sur la pelouse (Bouglé et W. S. Simpson), l'orchestre militaire, la mécanique des relais et toute une « guerre des chaînes » qui passionne l'Europe sportive en 1896. Une troisième personne aurait pu figurer sur cette affiche : Tristan Bernard, qui dirigeait deux vélodromes, celui de la Seine à Levallois et le Buffalo de Neuillye, qui n'était pas à Londres ce jour là. Toulouse-Lautrec, malgré ses jambes atrophiées et sa croissance arrêtée à jamais à 152 cm, ne put jamais pratiquer, mais il fut sans doute le premier des illustrateurs « à comprendre que la mouvante bicyclette n'était pas un «un sujet indigne», et put s'en passionner. Son ami, un certain Paul - le futur Tristan - Bernard, le faisait entrer à la pelouse parmi les officiels. Mais le petit homme s'écartait pour aller s'asseoir tranquille, sur le gazon : regardant les mille et une scènes pittoresques, il écoutait les cris de la foule, et derrière les lorgnons ses yeux regardaient tout aussi vifs à retenir l'essentiel que sa plume le serait à fixer hâtivement sur le papier les traits les plus marquants de ses modèles, «chipés» sans qu'ils s'en doutent» ( Jean Durry, chapitre V, « dire le cyclisme» de L'En-Cycle-opédie). L'année 1896 marque la création de deux des plus anciennes courses cyclistes en France : le Paris-Roubaix, créé le 19 avril (51 partants), puis Paris-Tours, le 17 mai ; c'est également la fondation de l'Union Cycliste de France, tandis que le Français Jean Dubois porte le record du monde de l'heure cycliste à 38.220 km au Vélodrome Buffalo à Paris. 256.084 bicyclettes sont alors recensées dans le pays, réservées à une élite urbaine : le prix d'un vélo correspond alors à quelques 800 salaires horaires. Rare document inédit.
16/02/1869 TRÈS BEAU SONNET EMPREINT DE TENDRESSE FILIALE EN HOMMAGE À SA MÈRE ÉLISABETH-ZÉLIE DE BANVILLE :...Ma mère, pour fêter sous les cieux rajeunis, Le jour où tu naissais, je veux avec tendresse Faire parler encore la lyre enchanteresse Dans le triste silence où nos cœurs sont unis. Voici venir le temps des lilas et des nids : Déjà, comme une haleine errante et charmeresse, La brise du printemps suave nous caresse, Ma mère, et ce nest pas moi seul qui te bénis ! Car, du séjour lointain caché sous tant de voiles, Sitôt quavec la nuit seffacent les étoiles, Ceux qui sont dans les cieux nous regardent pleurer...Théodore de Banville qui vouait à sa mère une véritable adoration, lui rendit souvent hommage dans ses poésies. Le tout premier recueil de Banville, Les Cariatides, salué par Charles Baudelaire, souvre sur un poème dédié à sa mère : « Oh ma mère, ce sont nos mères dont les sourires triomphants, bercent nos premières chimères, dans nos premiers berceaux denfants... ». Dans son avant-propos à Roses de Noël (recueil entièrement consacré à sa mère et publié en 1878), Banville déclarait : « Les quelques poëmes qui suivent ne sont pas des œuvres d'art. Ces pages intimes, tant que ma si faible santé et les agitations de ma vie me l'ont permis, je les écrivais régulièrement pour mon adorée mère, lorsque revenaient le 16 février, jour anniversaire de sa naissance, et le 19 novembre, jour de sa fête, sainte Elisabeth. Parmi ces vers, destinés à elle seule, j'avais choisi déjà quelques odes qui ont trouvé place dans mes recueils. Les autres ne me paraissaient pas devoir être publiés, et je sais bien ce qui leur manque. Presque jamais on ne se montre bon ouvrier, lorsqu'on écrit sous l'impression d'un sentiment vrai, au moment même où on l'éprouve. Mais, en les donnant aujourd'hui au public, j'obéis à la volonté formellement exprimée de Celle qui ne sera jamais absente de moi et dont les yeux me voient. D'ailleurs, en y réfléchissant, j'ai pensé qu'elle a raison, comme toujours ; car le poëte qui veut souffrir, vivre avec la foule et partager avec elle les suprêmes espérances, n'a rien de caché pour elle, et doit toujours être prêt à montrer toute son âme. Paris, le 19 novembre 1878. Roses de Noël, A ma mère...). CE PRÉSENT POÈME SEMBLE INÉDIT.