La Haye, Nicolas Wilt, 1709. In-8 (14)-204-(14) pp., table, titre-frontispice et 30 planches repliées hors texte, vélin rigide, dos lisse muet (reliure de l'époque).
Reference : 44948
Deuxième édition française revue et corrigée, parue un an après la première (1708), illustrée d'un frontispice et 30 planches gravées. L'édition originale allemande a paru en 1703.« Leonhard Christoph Sturm (1669-1719), fils du mathématicien et pasteur Johann Christoph (1653-1703) est connu comme mathématicien, architecte et ingénieur. Après des études de théologie et de mathématiques, il est nommé en 1694 professeur de mathématiques à l’académie de cavalerie de Wolfenbüttel, puis à l’université de Francfort. Membre de l’Académie des sciences de Prusse en 1702, il devient en 1711 directeur des bâtiments du prince de Mecklembourg, avant d’occuper brièvement, huit ans plus tard, la même fonction pour le duc de Braunshweig-Wolfenbüttel. L’église Saint-Georges, l’hôtel de ville, le presbytère et une école sont édifiés sur ses plans dans la ville de Calvörde (Saxe) détruite par un incendie. On ne lui doit pas moins de seize ouvrages différents concernant l’architecture militaire et la fortification, dont la publication s’étale de 1692 à 1761 et comporte trente-quatre éditions au total, d’après l’inventaire dressé par Klaus Jordan. Sturm serait d’autre part le traducteur du Deutsch-Redender Vauban qui est l’ouvrage du chevalier de Cambray. Sturm publie d’abord « Der Wahre Vauban » en allemand en 1703 ; une traduction en français paraît à La Haye à la date de 1708 et une seconde édition « revue et corrigée » sort en 1709 (avec une faute d’impression à la date : MDDCIX au lieu de MDCCIX), puis en 1710. Deux rééditions allemandes posthumes sortent des presses nurembergeoises en 1737 et 1761. Le propos de l’auteur est critique : « tous les traités qui ont été mis au jour sous le nom de Vauban ne sont pas de lui », affirme-t-on dans l’« avis du libraire au lecteur ». Pour Pierre Lazard, l’Allemand a déformé les idées vaubaniennes « de manière à faire passer (ses) propres idées sous l’étiquette de Vauban ». Ouvrage de mathématicien et de pédagogue, le livre contient une première partie d’arithmétique et une deuxième de géométrie, qui prennent près de la moitié des pages. La troisième partie sur la fortification commence par deux chapitres assez traditionnels de vocabulaire. Puis vient la méthode pour tracer sur papier un front bastionné à la Vauban, avec les différents ouvrages détachés possibles et, parmi eux, les lunettes de glacis pareilles aux ouvrages construits par exemple à Bergues Saint-Winoc en 1692. Le chapitre 11 entre dans le vif du sujet : à l’occasion de la présentation de la « nouvelle manière de fortifier de Mr de Vauban », celle qui emploie les tours bastionnées à Landau mais qui a été en quelque sorte perfectionnée à Neuf-Brisach, Sturm fait le reproche d’abord de coûter cher, puis d’être démunie de la fausse-braye chère aux ingénieurs germano-hollandais. Il appelle à la rescousse Georg Rimpler, Werthmuller (Johan Jacob Werdmüller) et Johann Bernhard Scheither, auteurs allemands des années 1672-1691 qui renouvellent ponctuellement la fortification bastionnée classique. Les « règles fondamentales de la fortification » constituent le livre trois. L’analyse du tracé fortifié avec bastions orillonnés est la base du discours de Sturm, qui en corrige ce qu’il estime être les défauts en faisant référence à Coehoorn et à Blondel. Quant à ses propos sur les citadelles et la fortification irrégulière, ils témoignent moins des idées de Vauban que des siennes propres, comme le disait Lazard. Les illustrations en sont les villes de Juliers, Coblence, Coevoorden, Naarden, où Vauban n’a rien eu à faire. Les dernières pages sur l’attaque des places ne reflètent pas non plus la typique manière par parallèles mise au point par Vauban » (Philippe Bragard).Cachet ex-libris au verso du frontispice « Bibliotheca Regiomontana » (Königsberg), ex-libris gravé 18e portant la devise « Plurimis coelum paucissimis terram aspicit » ; cachet monogramme au titre.Très bon exemplaire complet de ses trente planches d'architecture, conservé dans sa reliure de l'époque salie ; quelques petites rousseurs, trace de mouillure au cinquième feuillet liminaire.Philippe, Bragard. Du Fay Et Les Autres. La Diffusion de la Fortification selon Vauban dans La Théorie Européenne Autour De 1700 in Influence de Vauban dans le monde, Besançon, Namur, 2014, pp. 17-38.
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