Lyon, M. Dodeman imprimeur, 1940-1943. 141 livraisons in-folio.
Importante collection quasi complète, de cet hebdomadaire d'actualités fondé à Lyon par Jean Prouvost (Roubaix, 1885 – 1978) en octobre 1940, après sa démission du poste de Haut-Commissaire à la propagande du gouvernement Pétain (10 juillet 1940). Replié à Lyon en zone libre, Prouvost y maintient son empire de presse : une édition lyonnaise de Paris-Soir — distincte de l'édition parisienne réquisitionnée par les Allemands et qu'il désavoue, et deux hebdomadaires, Marie-Claire et 7 Jours, dont le tirage atteint 700000 exemplaires.Dès le premier numéro (6 octobre 1940), l'éditorial annonce la ligne du journal : « Entre l'abdication et la rébellion, il y a la place pour autre chose : une collaboration qui ne soit une constante prostration. La loi de l'armistice a imposé à notre pays une dure tâche, accompagnée d'âpres exigences. La France le sait. Sans défaillance, elle s'est mise à l'oeuvre. Elle fait sa Révolution » Document de première main sur l'idéologie de la collaboration en zone libre.Collection : 1940 : n° 1 à 13 (6 oct. – 29 déc.). Manque n° 11. 1941 : n° 14 à 60 (5 janv. – 28 déc.). 1942 : n° 61 à 108 (4 janv. – 27 déc.). 1943 : n° 109 à 146 (10 janv. – 20 nov.). Manquent n° 127 et 145. Le dernier numéro (n° 156) paraîtra le 2 avril 1944 selon la BnF.La marque 7 Jours fut reprise en 1960 par Prouvost à la suite du rachat de Télé 60, qui deviendra Télé 7 Jours.
, , 1840. 1 carte coloriée, entoilée et repliée de 45 x 53 cm.
Carte du canton d' Aargau au nord de la Suisse gravée par J. Scheurmann. Petite tâche brune angulaire ; trace de mouillure sur l'ensemble de la toile.
A Paris, Imprimé pour les Sociétaires de l'Académie des beaux livres, 1890-1894. 4 tomes en 3 vol. grand in-8 de (4)-XVI-251-(4) ; (4)-VIII-269-LII-(4) pp. 1f. bl. ; VIII-114-XLIII-(4) pp. 1 f. bl. XI-92-XL-(4) pp., demi-maroquin vert, dos à six nerfs orné de motifs dorés et à froid, couvertures illustrées et dos conservés, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).
Collection complète. Revue de la Société des Bibliophiles contemporains fondée par Octave Uzanne en 1889, dissoute par le même en 1894.Les Annales littéraires publiées pour chaque exercice couvrent les années 1890, 1891, 1892 et 1893 ; chaque saison est suivie des Annales administratives (avec une pagination romaine séparée), à l'exception du premier exercice publié séparément (1889-1890) qui manque à notre exemplaire. Contient :Tome I (1890). Un des 250 exemplaires numérotés sur papier vélin filigrané. Vignette de titre tirée en bistre et 5 planches hors-texte d'après Gery-Bichard, Abot, Courboin et Ch. Gérard : portrait en couleurs d'Élisabeth de Roumanie dont la serpente imprimée porte un sonnet de Georges Bengesco ; portrait de la Reine d'Angleterre et Membres du bureau en médaillon. Articles d’Ashbee, Uzanne, Tissandier, Brivois, Jules Claretie, Jean Richepin, Paul Lacombe etc.Tome II (1891). Un des 225 exemplaires numérotés sur papier vergé. Portrait du duc d'Aumale en frontispice gravé par Manesse d'après Bonnat, d'une vignette de titre gravée par Courboin, Portrait de Lytton gravé par Paul Avril, têtes de chapitres et culs-de-lampe gravés par Morice-Viel, 1 fac simile. Articles sur Meredith (Lord Lytton), le chevalier d'Éon, un manuscrit de Musset, les Décalogues rimés etc.Tome III (1892). Un des 200 exemplaires numérotés sur papier vergé. Frontispice dessiné et gravé à l'eau-forte par A. Bertrand.Tome IV (1893) Un des 210 exemplaires numérotés. 1 planche hors texte. Articles d'Albert Robida avec vignettes du même dans le texte, de Gausseron, Eudel, Maurice Quentin-Bauchart (Jean Berleux) etc.Collations conformes à Vicaire I, 515 qui ne mentionne pas la 4e et dernière année (1893 imprimée en 1894).Très bel exemplaire à grandes marges relié à l'époque avec les couvertures illustrées.
Paris, Imprimerie Royale, 1736-1770. 35 vol. in-4, veau blond, dos orné à nerfs, pièces de titre en maroquin rouge et de tomaison en maroquin olive, tranches rouges (reliure de l'époque).
Tête de collection illustrée de 228 planches hors texte, exemplaire abondamment annoté en marge de tous les volumes par Alfred Moquin-Tandon (Montpellier, 1804 - Paris, 1863).Botaniste, zoologiste, médecin et écrivain aux intérêts encyclopédiques, entomologue, ornithologue, physiologiste, linguiste et poète occitan, Moquin-Tandon fut professeur de zoologie à Marseille (1829-1833), puis professeur de botanique et directeur du Jardin botanique de Toulouse (1833-1853), avant d'occuper la chaire d'histoire naturelle médicale à la faculté de médecine de Paris (1853) et de devenir directeur du Jardin des Plantes. La diversité de ses intérêts intellectuels qui le conduisirent aussi bien à publier une Monographie de la famille des Hirudinées (1827) qu'à faire paraître Las Flors del gay saber (1841), anthologie de poésie occitane, ou à rédiger sous pseudonyme un poème fabriqué « comme issu d'un manuscrit du XIVe siècle », explique l'intérêt qu'un naturaliste du XIXe siècle porta à ce grand recueil d'histoire littéraire et d'érudition. Ses annotations marginales constituent un témoignage précieux sur la lecture savante de cette institution au siècle suivant.« La publication des Mémoires de l'Académie des inscriptions, selon le titre qui leur est le plus généralement attribué, fut d'abord destinée à démentir l'image fausse d'une académie occupée "à déchiffrer des inscriptions et des médailles antiques ou à en faire de nouvelles". Comme c'est la règle dans ce type d'écrits, il y a lieu de distinguer entre les Mémoires, "pièces que l'on a jugé à propos d'imprimer tout au long" et l'Histoire, composée de "différents extraits d'autres pièces qu'on n'a voulu ni donner en entier ni perdre totalement". Le recueil se confond avec les activités de l'Académie des inscriptions, grande institution de la monarchie et une de ses plus belles réalisations intellectuelles. Il a servi de modèle aux Académies de province qui ont à leur tour voulu faire connaître au public les travaux de leurs membres. » (Henri Duranton).Principaux collaborateurs : Caylus, Gros de Boze, Fréret, Charles de Brosses, La Curne de Sainte-Palaye. Les tomes 11, 22 et 33 sont des tables des matières sous forme d'index ; décor différent aux quatre derniers volumes.Bel exemplaire. Quelques menus défauts. Brunet, I, 26 ; Sgard, 601.
A Grenoble, chez J. M. Cuchet, 1792. In-4 broché de 3 pp.
A Paris, De l'Imprimerie Royale, 1792. In-4 broché de 2 pp.
Paris, Guillaume Merlin, Vincent Sertenas, 1556. In-4 de (4)-178 ff., (signatures a-z4 A-X4, les deux derniers feuillets sans signature) veau brun, dos orné à nerfs, plats ornés d'un double encadrement de filets dorés avec larges fers dorés en écoinçons et grand motif doré au centre, tranches dorées (reliure de l'époque).
Un des grands textes sur les institutions parisiennes. Ce recueil de règlements offre un précieux aperçu de l'activité commerciale parisienne à la fin du XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle, avec notamment de longs chapitres consacrés aux tarifs douaniers, au sel, au charbon de bois et au commerce du vin. Le prévôt des marchands (charge que l'on ne rencontrait qu'à Paris et à Lyon) et les quatre échevins formaient la partie élue du Corps de ville de Paris, et cet ensemble est ce qui ressemblait le plus sous l'Ancien Régime à une « municipalité » parisienne qui n'existait pas vraiment. De surcroît, la situation particulière de la capitale exigeait des institutions et usages spécifiques. L'ouvrage forme le compendium de tout ce droit particulier. Ex-libris manuscrit du couvent des Récollets de Paris « Ex libris Recollectorum Conventus Parisiensis » (titre) ; ex-libris manuscrit de l'époque sur la garde supérieure « Ce livre appartient à Monsieur Boudon, marguillier du Monestier et sergent de l'Hospital ».Bel exemplaire réglé ; vignette de titre aux armes de la Ville de Paris. Discrètes restaurations, pâle mouillure marginale sur quelques feuillets.Saffroy, II, 24889 ; Paris capitale des livres, 28a.
Genève, Droz, 1985. In-8 broché de (6)-167-(2) pp.
Articles de J.-P. Machelon, A. Plessis, S. Rials, M. Guillaume-Hofnung, J. Clinquart. Conclusion de Guy Thuillier et Jean Tulard.
Paris, Librairie Stock, 1898-1899. 72 livraisons reliées en 1 vol. in-folio, demi-basane rouge (reliure de l'époque).
Collection complète de ce journal satirique militant pour la révision du procès du capitaine Dreyfus. Organe de combat dreyfusard, il est beaucoup plus rare que son adversaire anti-dreyfusard le Psst. Principaux dessinateurs : Ibels, Couturier, Hermann-Paul, Valloton, L. Barré.« C'est exactement douze jours après la parution du Psst, que le premier numéro du Sifflet parut. Le principal animateur en fut Ibels, mais il s'entoura de collaborateurs dont le plus assidu était Couturier. Hermann-Paul donna également quelques dessins. Ibels et ses amis reprenant exactement le même format et la même formule que leurs concurrent anti-dreyfusards, attaquent les adversaires du procès en révision, spécialement les officiers et naturellement Esterhazy. Malgré le talent de ses dessinateurs, le Sifflet est dans l'ensemble moins incisif que le Psst ; il souffre de venir à sa remorque et l'obsession de son adversaire est telle qu'il reprend parfois - à l'envers - certaines de ses images, instituant ainsi un curieux dialogue qui ne manque pas de piquant » (Jacques Lethève).Bon exemplaire. Dos abimé.
Paris, Tyographie de Plon, 1898-1899. 72 livraisons in-folio, en feuilles.
Tête de collection (72/85). Journal violemment anti-dreyfusard publié quinze jours après le fameux « J'accuse » de Zola.Forain et Caran d'Ache, deux des meilleurs caricaturistes de l'époque, n'avaient pas hésité à se lancer dans la bagarre, estimant que le devoir de l'artiste est de s'unir aux autres pour faire luire la vérité. Psst est un journal sans texte, contenant selon les numéros de trois à quatre images.Exemplaire avec quelques défauts (petits manques marginaux).
Paris, Tyographie de Plon, 1898-1899. 85 livraisons en 1 vol. in-folio, demi-basane brune (reliure de l'époque).
Collection complète. Journal violemment anti-dreyfusard publié quinze jours après le fameux « J'accuse » de Zola.Forain et Caran d'Ache, deux des meilleurs caricaturistes de l'époque, n'avaient pas hésité à se lancer dans la bagarre, estimant que le devoir de l'artiste est de s'unir aux autres pour faire luire la vérité. Psst est un journal sans texte, contenant selon les numéros de trois à quatre images. Bon exemplaire.
Paris, Tyographie de Plon, 1898-1899. 85 livraisons en 2 vol. in-folio brochés, couvertures illustrées, boîte demi-percaline noire.
Un des 75 exemplaires tirés sur papier du Japon. Collection complète.Journal violemment anti-dreyfusard publié quinze jours après le fameux « J'accuse » de Zola.Forain et Caran d'Ache, deux des meilleurs caricaturistes de l'époque, n'avaient pas hésité à se lancer dans la bagarre, estimant que le devoir de l'artiste est de s'unir aux autres pour faire luire la vérité. Psst est un journal sans texte, contenant selon les numéros de trois à quatre images. Bel exemplaire.
Paris, E. Bernard et Cie, 1898. 2 séries en 1 vol. grand in-8, titre et 32 planches, demi-percaline rouge à coins, couvertures conservées (Carayon).
Recueil contenant l'ensemble des caricatures en simili aquarelle croquant l'oeuvre de Zola avec un regard anti-dreyfusard. Les dessins de Lebourgeois furent publiés fin juillet 1898 ; Zola était présenté dans une situation violemment comique. L'Assommoir : un ouvrier vomit sur le coin d'un mur, avenue de la Grande Armée ; Pot-bouille : Zola séduit une cuisinière ; L'Argent : Zola se courbe devant un financier ventru, polytechnicien ; La Débâcle : Zola, en italien, quitte Paris en courant vers Bordeaux ; La Curée : Zola mange l'Assiette au beurre avec un porc et un chien ; Germinal : Zola contemple une femme qui montre son postérieur à un soldat ; Le Rêve : Zola en académicien ; La Confession de Claude : Zola en bateleur de foire tape sur un tambour sur lequel sont inscrit les mots J'accuse… Pour conclure, Lebourgeois présente le romancier comme un aliéné : Rochefort et Drumont accompagnent Zola portant une camisole de force à la porte de l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne. Bel exemplaire.
Sans lieu, , 1887. Album in-4 de (2) ff. manuscrits et 49 aquarelles de forme médaillon sur papier Whatman montées sur papier fort, demi-veau fauve glacé à coins, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin rouge (reliure de l' époque).
Collection complète de 49 aquarelles originales demeurées inédites, signées A. Baudon, constituant une reconstitution en images de l'affaire Fualdès depuis le meurtre jusqu'à la décapitation des condamnés.Dans la nuit du 19 au 20 mars 1817, l'ancien procureur impérial Antoine Bernardin Fualdès (1761-1817) est égorgé dans une ruelle sordide de Rodez, une vielle et un orgue de Barbarie couvrant ses cris selon la rumeur, et son corps est jeté dans l'Aveyron. L'affaire, vraisemblablement politique, Fualdès, bonapartiste notoire, avait déjoué un complot royaliste en 1814, passionne la France entière puis l'Europe et jusqu'aux États-Unis. Elle se déroule en trois procès successifs : le premier à Rodez (août-septembre 1817, 11 accusés, 243 témoins), annulé pour vice de forme ; le second à Albi (mars-mai 1818), aboutissant à l'exécution de Bastide, Jausion et Collard, guillotinés le 3 juin 1818 ; un troisième procès à Albi (décembre 1818-janvier 1819) se solde par un non-lieu. Victor Hugo mentionne l'affaire dans Les Misérables (ch. 169) ; Balzac y fait allusion ; Théodore Géricault réalise une série d'études sur le sujet.« Dans un pays usé par les guerres napoléoniennes, agité par des complots et des conspirations, l'affaire Fualdès agit comme un révélateur. Elle annonce le mariage entre la presse écrite et les chroniques judiciaires, le crime et les récits populaires, l'encre et le sang. En fait foi la profusion d'images produites : lithographies et estampes sont publiées par dizaines. Quant aux chansonniers, ils propagèrent une complainte qui sera fredonnée jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle » (Musée Fenaille, Rodez).L'album manuscrit contient un titre, une introduction sur l'histoire de la Complainte composée en 1818, suivis d'une bibliographie de neuf ouvrages sur le procès. Le frontispice réunit les portraits en médaillons des onze personnages principaux avec leur nom. Les 48 médaillons circulaires suivants sont chacun accompagnés d'une strophe de la complainte calligraphiée, le tout dessiné et aquarellé par Auguste Baudon (1821-1905), médecin à Mouy (Oise) et malacologiste distingué, auteur d'un Catalogue des mollusques de l'Oise (1855, 1862) dont il dessina lui-même les planches. Baudon était également sculpteur et peintre et publia sur l'archéologie, la paléontologie, l'anthropologie et l'histoire de l'Oise, dont il était membre de la société savante.Provenance : Bibliothèque Philippe Zoummeroff, Crimes et châtiments, n° 296.Criminocorpus, L'affaire Fualdès, le sang et la rumeur.
S.l.n.d., , (1731 circa). Manuscrit in-8 calligraphié de (24) ff., texte encadré, maroquin rouge, dos lisse orné, titre doré en long sur le dos : Chansons manuscrites du Père Girard, filets d’encadrement dorés sur les plats, frise intérieure (Purgold).
Précieux chansonnier consacré à l'affaire célèbre qui opposa la famille d'une jeune convulsionnaire illuminée, Catherine Cadière, à son confesseur, le père jésuite Jean-Baptiste Girard, Contient : Chanson sur l’air La Faridondaine ; Autre sur l’air Monsieur le Prevost des Marchands ; Autre sur l’air Or écoutez petits et grands ; Grace à la poudre de Chilly ; Cadière ce monstre nouveau ; Parodie de la lettre écrite le 22 juillet 1730 par le Père Girard à la Demoiselle Cadière ; Sur l’air que je regrette mon amant ; Autre Sur l’air de Joconde ; Sonnet c’est Madelle Cadière qui parle ; Chanson sur le Père Girard et Mlle Cadière ; Autre Si le devoir de mon saint ministère ; Imprécations contre le Parquet du Parlement d’Aix ; Épigramme La Guerre s’allumait souvent ; Autre oraison nouvelle courte et facile Dieu garde nos roys des Guignards et nos filles de Girard.« L’affaire Girard-Cadière commence en 1728, quand le père Jean-Baptiste Girard (1680-1733), jésuite, arrive à Toulon, où il est nommé recteur du Séminaire Royal de la Marine. Les sermons de cet homme du Nord, précédé d'une grande réputation à Aix et à Marseille , attirent de nombreuses dévotes, qui composent le cercle des « girardines ». Il est rapidement soupçonné d'entretenir des relations charnelles avec une de ses pénitentes, Catherine Cadière, alors âgée de 19 ans, fort dévote et piquée de sainteté. Il est question d'avortement, de sorcellerie, de convulsions et le fait divers tourne rapidement à la controverse religieuse entre jésuites et jansénistes. Le procès se déroule au Parlement d'Aix-en-Provence en 1731. C'est pendant cette année que le retentissement de l'affaire est le plus important : factums, chansons, gazettes s'en font l'écho de façon complaisante ou polémique. On en parle à la cour et dans toute l'Europe. La tension retombe après le double acquittement prononcé par les magistrats aixois, le 10 octobre 1731, mais l'affaire ne cesse d'inspirer les auteurs les plus variés (…) Les pièces satiriques sur l'affaire Girard-Cadière s'inscrivent dans la tradition des vers satiriques et des chansons, qui, depuis le seizième siècle, dépeignent les vices, travers et ridicules de la société et des personnages de l'Ancien Régime. (…) Il est difficile de classer ces poésies qui hésitent entre l'obscénité joyeuse et la hantise charnelle, entre le pamphlet agressif et le couplet plaintif, entre l'exercice de style aux prétentions littéraires et la gauloiserie sans orthographe. Notons que le classement opéré par les recueils, en fonction de la nature du texte, ne donne qu'une vision approximative de la réalité. En effet, les feuillets étaient probablement éparpillés, d'une diffusion désordonnée, écrits par différents auteurs, les compilations élaborées pendant l'affaire relèvent d'un travail d'érudit amusé qui nous éloigne quelque peu de l'authenticité du document. (…) Épigramme, rondeau, stance, prière, prophétie, conte, imprécation, épitaphe, conclusion, contre, logement, lettres, anagramme, apostrophe. Cette richesse dans le genre illustre d'une belle façon l'inspiration créatrice suscitée par l'affaire, l'esprit de jeu littéraire et l'intérêt porté à tel ou tel protagoniste. La poésie ici ne réside pas dans la qualité de la rime ou de la métaphore mais se dévoile souvent dans l'excès, dans la surenchère du langage et exprime une soudaine intensité, une émotion. Au-delà de l'affaire du P. Girard et de la demoiselle Cadière, ces documents semblent utiles pour approfondir notre connaissance des mentalités et témoignent de la passion des Français pour les scandales de la vie privée et les procès retentissants qui prendront une place de plus en plus importante dans les gazettes et mémoires judiciaires au fil du siècle . Il ne faut donc rien écarter et se pencher avec attention sur la richesse informative de ces miscellanées. » (Stéphane Lamotte).Bel exemplaire en maroquin rouge relié par Purgold, illustré d’une gravure de l’époque repliée en frontispice, représentant le jésuite Guignard aux Enfers (XVIe siècle) accompagnée de la légende bilingue latin / français : Quoi donc Guignard ici fait les honneurs ? : Tel est l’orgueil de cette race impie / Partout elle aspire aux grandeurs / Et cette illustre compagnie / pour gouverner tout l’univers / Entretient des Sujets même dans les Enfers. Cette gravure parut en 1759 après l'attentat de Damiens contre Louis XV le 5 janvier 1757 (Jaime, Musée de la caricature, 1837, XVIIIe siècle p. 2)Provenance (sans marque explicite) : Henri-Noel-François Huchet (1782-1861), comte de la Bédoyère ; officier supérieur des Gardes du corps des Rois Louis XVIII & Charles X, il accompagna Charles X jusqu’à Cherbourg en 1830 puis donna sa démission immédiatement après cet acte de fidélité à son Roi. Il laisse derrière lui une des plus remarquables bibliothèques de l’époque.Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de M. le comte de La B*** (1837), n°706 ; Stéphane Lamotte, Le P. Girard et la Cadière dans la tourmente des pièces satiriques, Dix-huitième siècle, vol. no 39, no. 1, 2007, pp. 431-453 ; Claude Duneton, Histoire de la chanson française, t. I, pp. 614-615.
, , 1731. 23 pièces reliées en 1 vol. in-folio, veau brun, dos orné à nerfs, tranches rouges (reliure de l'époque).
Réunion de pièces relatives au procès du Père Girard, de la compagnie de Jésus, accusé devant le Parlement d’Aix de séduction et de magie ; mais soutenu par les jésuites, d'accusé il devint accusateur, et le parlement d'Aix qui voulait sa mort le renvoya aux juges ecclésiastiques, qui se hâtèrent de l'absoudre. « Ce procès qui retint l'attention de toute l'Europe scandalisée, se termina par l'acquittement de Girard, accusé "d'enchantement, rapt, inceste spirituel, avorement et subornation de témoins".1- Lettre d'un magistrat désintéressé à un de ses amis au sujet du procès intenté contre le Père Girard, jésuite La Haye, chez Dhonet, 1731, 10 pp. 2- Dénonciation des factums de Maître Chaudon, avocat de la Demoiselle Cadière, à Messieurs les avocats du Parlement de Provence. Nancy, chez Nicolas Barbier, 1731, 13 pp. 3 bis- Seconde et troisième parties du mémoire du Procès Demoiselle cadière contre le Père Girard. La Haye, 1731 pages 23 à 50. 3- Résultat des mémoires de la Demoiselle Cadière et adhérans contre le Père Girard : Première partie, 21 pp. Le texte 3 est le début du texte 3 bis et devrait précéder le 3 bis ; il y a eu inversion lors de la reliure. 4 - Mémoire instructif pour Messire François Cadière, Prêtre de la ville de Toulon, appellant du Décret d'assigné contre lui rendu le 23 février dernieret de ce qui s'en suivi... Signé François Cadière/ Bourgarel, Avocat/ Simon, Procureur. 60 pp. s.l.n.d. 5- Réflexions sur la récrimination en prétendu complot imputé au Père Estienne Thomas Cadière, Prêtre religieux de l'Ordre de Saint Dominique par le Père Jean-Baptiste Girard, jésuite , Recteur du séminaire royal de la Marine de la ville de Toulon. Toulouse, Imprimerie J. Desclassan, 1731, 52 pp. 6- Mémoire instructif pour le Père Nicolas de Saint Joseph, prieur des Carmes déchaussés du Couvent de la ville de Toulon, décrété d'ajournement personnel ... Toulouse, Desclacçan, imprimerie-Librairie Rue de la Poterie, 1731, 52 pp. 7 à 13 : Suppliques de Catherine Cadière à NOSSEIGNEURS DU PARLEMENT : chaque supplique comporte 4 pp. s.l. 1731. 14 - Acte protestatif et interpellatif fait par la demoiselle Cadière à la Dame supérieure de second monastère de la Visitation de la ville d'Aix. 2 pp non datées signées Catherine Cadière/ Chaudon avocat/ Aubin , Procureur. Marseille, chez Sibié, Imprimerie du Roi sur le port, s.d. 15- Parallèle des sentiments du Père Girard avec ceux de Molinos, justifié par les lettres qu'il écrivait à la Dame Catherine, par ce qu'il lui enseignait, de même qu'à ses autres pénitentes et par ce qu'il pratiquait lui-même. 12 pp non datées, signées Monsieur le Conseiller de Villeneuve d'Ansouis/ Chaudon , avocat/ Aubin, Procureur Aix, chez Imbert , s.d. 16 - Réponse à l'écrit qui a pour titre Mémoire des faits qui se sont passés sous les yeux de Mr Evêque de Toulon lors de l'origine de l'affaire du Père Girard, jésuite et de Demoiselle Cadière . Signé Catherine Cadière/ Chaudon/ Aubin Aix, Joseph David, 18 pp. 17- Réflexions sur les prétendues contradictions que le Père Girard oppose à la Demoiselle Cadière dans ses réponses par devant l'Official. Signé Chaudon, avocat/ Aubin , Procureur. s.l.n.d. 14 pp 18- Réponse de la Demoiselle Cadière à la seconde partie du second mémoire du Père Girard 40 pp. s.l.n.d. 19- .Réponse au second mémoire instructif du Père Jean-Baptiste Girard , jésuite par Demoiselle Catherine Cadière de la ville de Toulon, querellanteen crimes d'enchantement, de Quiétisme, d'inceste spirituel, d'avortement, de subornations de témoins contre le dit Père Girard querellé. Fin de la première partie. Signé Catherine Cadière, Chaudon avocat, Aubin; Procureur, Monsieur le Conseiller de Villeneuve d'Ansouis, rapporteur. Aix, Imprimerie René Adibert, imprimeur du Roi, s.d., 40 pp. 20- Observations sur les réponses personnelles du Père Girard jésuite et de la demoiselle Cadière . Toulouse, Imprimerie de Joseph Desclassan, imprimeur près le Collège de Paix, s.d., 48 pp 21- Analyse des témoins produits par le Promoteur en l'Officialité de Toulon pour Demoiselle Catherine Cadière contre le Père Jean Baptiste Girard, jésuite. Aix, chez René Adibert, 39 pp. 22- Précis des charges pour Demoiselle Catherine Cadière de la ville de Toulon, querellante en inceste spirituel et autres crimes contre le Père Jean Baptiste Girard, jésuite. Aix, Imprimerie Veuve de Joseph Senez, 1731, 24 pp.23- Réponses au mémoire instructif du Père Jean Baptiste Girard, jésuite pour Demoiselle Catherine Cadière de la ville de Toulon, appelante à minima du Décret d'assigné rendu par Monsieur le Commissaire du Parlement le 23 Février dernier et en principal querellante en inceste spirituel et autres crimes. Aix, Imprimerie de la veuve Joseph Senez, 1731, 84 pp.Manques de cuir aux coiffes et au bas du mors supérieur, mors fatigués, frottements, coins arrondis, mouillures claires importantes par endroits et quelques pages brunies.
A La Haye, Chez Swart, 1731. 8 tomes en 8 vol. in-12, veau brun, dos ornés à nerfs, tranches rouges, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge (reliure de l'époque).
Édition in-12 publiée l'année de l'originale in-folio.« Recteur du séminaire de la Marine et directeur des Ursulines de Toulon, le père Girard mit en œuvre les doctrines du quiétisme pour corrompre plusieurs femmes et filles, notamment une demoiselle Catherine Cadière qu'il rendit grosse et voulut faire passer pour sainte. Après lui avoir administré plusieurs breuvages qui amenèrent un avortement, il se débarrassa d'elle en l'enfermant dans un couvent, et continua avec d'autres pénitentes, dont deux furent enceintes de ses oeuvres, ses scandaleux débordements, sanctifiées par de honteuses maximes adroitement exploitées, et entremêlés d'extases, de visions et de jongleries prétendues miraculeuses. Sur les instances des frères de la Cadière, il fut accusé de séduction et de magie ; mais soutenu par les jésuites, d'accusé il devint accusateur, et le parlement d'Aix qui voulait sa mort le renvoya aux juges ecclésiastiques, qui se hâtèrent de l'absoudre » (Larousse).Bel exemplaire provenant de la bibliothèque d'Alexandre Jean Mignot, neveu de Voltaire (ex-libris armorié), et frère de Mme Denis, nièce et compagne de Voltaire. L'abbé Mignot fut Sous-diacre du diocèse de Paris, abbé commendataire de Scellières-en-Champagne 1755, conseiller-clerc au Grand Conseil 1750-1770, conseiller au Grand Conseil 1774-1791, et homme de lettres.Caillet I, 1886 ; Gay III, 985.
A La Haye, Chez Swart, 1731. 8 tomes en 4 vol. in-12 de (4)-30-(4)-172-16-36-38-(2)-8 pp. ; (4)-144-147 pp. ; (4)-191-131 pp. ; (4)-144-28-128 pp. ; (4)-168-51-108 pp. ; (4)-160-92-15-55 pp. ; (4)-203-104 pp. ; (4)-133-106-132-33-11-36 pp., vélin dur à petits rabats, tranches jaspées, pièces de titre en maroquin rouge (reliure de l'époque).
Édition in-12 publiée l'année de l'originale in-folio. « Recteur du séminaire de la Marine et directeur des Ursulines de Toulon, le père Girard mit en œuvre les doctrines du quiétisme pour corrompre plusieurs femmes et filles, notamment une demoiselle Catherine Cadière qu'il rendit grosse et voulut faire passer pour sainte. Après lui avoir administré plusieurs breuvages qui amenèrent un avortement, il se débarrassa d'elle en l'enfermant dans un couvent, et continua avec d'autres pénitentes, dont deux furent enceintes de ses oeuvres, ses scandaleux débordements, sanctifiées par de honteuses maximes adroitement exploitées, et entremêlés d'extases, de visions et de jongleries prétendues miraculeuses. Sur les instances des frères de la Cadière, il fut accusé de séduction et de magie ; mais soutenu par les jésuites, d'accusé il devint accusateur, et le parlement d'Aix qui voulait sa mort le renvoya aux juges ecclésiastiques, qui se hâtèrent de l'absoudre » (Larousse). Bel exemplaire.Caillet I, 1886 ; Cohen, 863 (pour l'édition in-folio) ; Gay III, 985.
Melun, Imprimerie Administrative, 1932. Grand in-8 de 428 pp., chagrin rouge, dos à nerfs orné de deux fleurons et une guillotine, couverture et dos conservés (reliure éditeur).
Tirage unique à 450 exemplaires « tous hors commerce ». « Le président de la République, Paul Doumer, fut assassiné le 6 mai 1932, à l'âge de 75 ans. Ce crime perpétré par un réfugié russe nommé Paul Gorgulov suscita une intense émotion dans le pays, rappelant le précédent de 1894 quand le président Sadi Carnot avait été mortellement poignardé par un anarchiste italien. La thèse de l'acte isolé est très souvent reliée à une explication d'ordre psychiatrique : le crime serait l'oeuvre d'un fou. C'est un argument que les avocats de Gorgulov tentèrent d'exploiter pendant son procès. Ils cherchèrent dans son passé des arguments à l'appui de leur thèse. Né le 29 juin 1895, dans une famille de paysans caucasiens aisés, Paul Gorgulov aurait été gravement blessé à la tête par un éclat de grenade au début de la Première Guerre mondiale. Ce qui expliquerait ses comportements étranges et violents. Il émigra ensuite en Tchécoslovaquie. Accusé de viol à deux reprises, suspecté d'avoir pratiqué des avortements ayant entraîné la mort des patientes, il prit la fuite et débarqua à Paris. Arrêté pour exercice illégal de la médecine, endetté jusqu'au cou pour avoir dilapidé ses économies au casino, Gorgulov était sous le coup d'un arrêté d'expulsion. Pour ses avocats, c'est le désespoir d'un homme tombé dans la déchéance qui pouvait expliquer son crime. L'expertise médicale sur l’état mental de Gorgulov aboutit à la conclusion qu'il ne présentait pas de troubles mentaux, ce qui le rendait entièrement responsable de ses actes. Mais ce constat fut contesté par une contre-expertise affirmant que l'accusé était un psychopathe délirant (...). » (Gérard Noiriel). Condamné à mort par la cour d'assises de la Seine, Paul Gorgulov est guillotiné en public le 14 septembre 1932.Spectaculaire reliure de l'éditeur au dos orné d'un fer doré à la guillotine.
Paris, Typographie de Firmin Didot frères, 1850. In-folio de 4 pp.
Manifeste daté de Kiel, 22 juillet 1850, publié au nom de la Lieutenance générale (Statthalterschaft) des duchés de Schleswig-Holstein et signé par Friedrich von Reventlou, Wilhelm Hartwig Beseler, Friedrich Boysen, Francke, Krohn, Fontenay et Rehhoff, composition attestée dans les publications officielles de juillet 1850.Le texte s'inscrit dans la première guerre des duchés (1848-1851), née de la volonté des populations germanophones du Schleswig et du Holstein de préserver leurs droits politiques et constitutionnels et de se rapprocher du mouvement national allemand, face à la volonté danoise d'affermir son autorité sur les duchés. La Lieutenance générale, installée à Kiel, constituait le gouvernement provisoire du mouvement schleswig-holsteinois. Le manifeste intervient quelques semaines après les préliminaires de paix du 10 juillet 1850, dans une période de forte tension entre la Lieutenance, le Danemark et les puissances allemandes.La Bibliothèque numérique allemande conserve un exemplaire du manifeste imprimé à Kiel en 17 pages ; l'exemplaire parisien de 4 pages correspond à une édition distincte, destinée à faire connaître la position de la Lieutenance dans le contexte diplomatique européen.
A Marseille, de l'imprimerie de Rochebrun et compagnie, 1799. Immense placard imprimé mesurant 50 x 110 cm.
Placard destiné à être affiché sur les murs de Marseille, contresigné par le rapporteur Pottet et le greffier Edme, accompagné du timbre du Conseil de guerre de la 8e division militaire.
, , 1770 ca. In-4 manuscrit de (132) ff., table ; relié à la suite : Mémoire sur la culture de la pimprenelle. Par M. Le Blanc inspecteur des manufactures, in-4 de (4) ff. Joint : Arbres, arbustes, plantes et graines, in-4 manuscrit en feuilles de (2) ff. ; Mémoire sur la culture de la pimprenelle, in-folio en feuilles de (4) ff. Ensemble en 1 vol. in-4, vélin vert, dos à nerfs, pièce de titre en maroquin rouge (reliure de l'époque).
Précieux recueil manuscrit encyclopédique compilé par Le Blanc, inspecteur des manufactures à Montpellier et dans le Languedoc, auteur des Observations sur les foires de Montagnac et de Pézenas (1774). L'ouvrage s'inscrit dans le mouvement physiocratique des Lumières qui faisait de l'agriculture le fondement de la richesse nationale.Le recueil est organisé en sept cahiers thématiques : I. Discours préliminaire sur l'agriculture, catalogue des ouvrages agronomiques, analyse comparative des charrues et machines agricoles. II. Élevage et soins vétérinaires : prévention des maladies du bétail, alimentation des troupeaux, remèdes . III. Cultures spécifiques : trèfle, timothy, pimprenelle, amélioration des prairies humides. IV. Drainage et dessèchement des marais, amélioration des bas prés. V. Fertilisation : fumier, cendres, argile calcinée. Défrichements : débats sur les avantages et risques de l'extension des terres cultivées. VII. Sylviculture : culture du saule, de l'orme, du peuplier, transport des grands arbres. Joint un inventaire manuscrit des plantes, arbres et graines.Document de travail illustrant la circulation des savoirs agronomiques entre érudits et praticiens dans le Languedoc de la fin du règne de Louis XV.
, , 1732. In-12 de (1)-215 pp., veau marbré, pièce de titre en maroquin rouge, dos lisse orné à la grotesque, tranches rouges (reliure de l'époque).
Manuscrit unique réunissant le dossier de l'akousmate d'Ansacq, phénomène sonore extraordinaire qui troubla le Beauvaisis en 1730 et suscita pendant deux années une véritable controverse dans le Mercure de France.Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1730, les habitants d'Ansacq, près de Clermont-en-Beauvaisis, déclarèrent avoir entendu dans les airs un bruit extraordinaire, composé d'une multitude de voix humaines, de cris, de rires et de sons d'instruments. Le phénomène se reproduisit quelques mois plus tard. Curé d'Ansacq et docteur en théologie, Simon Treüillot de Ptoncour entreprit une enquête auprès de ses paroissiens, recueillit leurs témoignages et chercha à déterminer avec précision la localisation et la propagation des sons. Son premier rapport parut dans le Mercure de France de décembre 1730, où apparaît pour la première fois le terme akousmate, formé du grec akousma, « ce qui est entendu ». Le Dictionnaire de Trévoux de 1752 le définit comme un terme « nouvellement inventé » pour désigner « un grand bruit semblable à celui de plusieurs voix humaines, & de différens instrumens » et renvoie expressément à l'épisode d'Ansacq.Le présent manuscrit rassemble les pièces de cette enquête et de la controverse qu'elle suscita : la Relation d'un bruit extraordinaire comme des voix humaines entendu dans l'air par plusieurs particuliers de la paroisse d'Ansacq, dédiée à Madame la Princesse de Conti ; puis les six lettres échangées autour du phénomène : à M. de La Roque (4 et 15 février 1731) ; lettre de réfutation (25 mars 1731) ; lettres de M. Lalouat de Soulaines (15 et 25 juin 1731), qui propose une explication fondée sur les mouvements de l'air et les conditions atmosphériques ; lettre de M. Capperon (20 juin 1731), qui attribue les sons à une « fermentation froide » dans les profondeurs de la terre, suivie des Réflexions de Lalouat et de la réponse de Capperon. La controverse témoigne d'une volonté remarquable, au début des Lumières, de soumettre un phénomène réputé prodigieux à l'observation et à l'examen des causes naturelles, passage exemplaire du registre du prodige à celui de la discussion savante.Provenance : Hyacinthe-Théodore Baron (1707-1787), médecin, membre de l'Académie royale des sciences et grand bibliophile ; Catalogue Joseph Techener.Bel exemplaire, très frais, conservé dans sa première reliure, d'une écriture fine et parfaitement lisible.Catalogue de la bibliothèque de feu M. Baron, 1788, n° 900 ; Techener, Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes, 1862, n° 191 ; Dictionnaire universel français et latin, vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux, Paris, 1752, art. Acousmate.
Paris, Imp. Vallée, 1870. In-folio de 4 pp.
Numéro spécimen, seul publié. Grande caricature en couleurs par Henri Demare : La rédaction du Journal du Peuple. Rédacteur en chef : V. Dyctis. Berleux p. 34.
Paris, Louis Janet, 1831. In-12 de (4)-284 pp., 4 planches, veau olive, dos orné, filet doré, plaque à froid et dorée sur les plats, tranches dorées, dentelle intérieure (reliure de l'époque).
Édition originale de ce recueil de textes édifiants où l'on retrouve des morceaux de Chateaubriand, Hugo, Mérimée, Saintine, etc.Quatre planches hors-texte de Lynch, Condy, Colin, Engelheart gravées par Fenner, Shenton, Greatbach, Sears.Provenance : Aristide Marie avec ex-libris gravé (n°297, vente juin 1938) ; ex-libris Paul Gavault.Bel exemplaire dans une fine reliure romantique non signée ; menu défaut au dos ; quelques rousseurs.Vicaire I, 25.