, , 1784. Manuscrit au pochoir rouge et noir in-folio (410 x 560 mm) en deux parties de 120-(3)-88 pp., musique notée, table, dérelié.
Reference : 44900
Recueil en plain-chant musical daté 1784 écrit au pochoir à l'usage du couvent des Ursulines de la paroisse de Saint-Jean-le-Blanc-lez-Orléans dont les religieuses étaient surnommées les « Bourniquettes », qui comprend un titre encadré d'une frise de fleurs dorée et coloriée, sept portées en rouge par page avec les notes et le texte latin en noir, lettrines, bandeaux et larges culs de lampe en couleurs (dont un cartonné page 45).« Entre la seconde moitié du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe, quelques établissements ecclésiastiques qui ne disposaient pas de presses à imprimer et avaient perdu la maîtrise de la calligraphie d’apparat, développèrent une technique de copie particulière dont le rôle est longtemps resté méconnu : le pochoir. Les pochoirs employés au XVIIIe siècle sont généralement métalliques. Faits de laiton ou de cuivre, ils sont le plus souvent découpés au ciseau, parfois frappés à l’emporte-pièce, ou, plus rarement, « gravés » à l’eau forte (cette technique permettait d’obtenir des dessins beaucoup plus fins que la découpe). Le pochoir est une écriture artificielle qui, contrairement au manuscrit, ne laisse de place ni au hasard ni aux accidents (la main ne se « trompe » pas dans ses gestes). Chaque élément alphabétique répété est identique lors de toutes ses apparitions : les lettres ne connaissent pas de variantes de forme. Plus important encore : le geste même de l’écriture manuscrite, est aboli. Même si elle est réalisée à la main, l’écriture au pochoir substitue au tracé le traitement d’une surface. Elle est, de ce point de vue, plus proche de l’imprimé que de l’écriture manuscrite. L’utilisation du pochoir correspond par ailleurs à un effort supplémentaire pour produire un livre obéissant aux critères esthétiques du moment. Et le modèle choisi est celui de l’imprimé. Le dessin des lettres n’imite pas une cursive calligraphique, mais un caractère romain. Tout est mis en œuvre pour que l’œil s’y trompe et que l’ouvrage manuscrit passe pour un « vrai » livre, c’est-à-dire un produit typographique » (Rémi Jimenes, La copie au pochoir au XVIIIe siècle : un Responsorial pour les Chartreux de Bonpas).Exemplaire dérelié auquel il manque 6 feuillets (pages 63 à 68 et 79 à 84 de la première partie).Eric Kindel, « Recollecting Stencil Letters » in Typography Papers n°5, Reading, 2003, p. 69 ; Claude-Laurent François, « Les écritures réalisées au pochoir » dans Y. Perrouseaux, Histoire de l’écriture typographique. Le XVIIIe siècle, t. I, Gap, Atelier Perrousseaux, 2010, p. 48-77 ; Ratouis, Paul. Les Bourniquettes de Saint-Charles de la paroisse de Saint-Jean-Le-Blanc-lez-Orléans (1653-1770), histoire intime d'un couvent d'ursulines, Orléans, Herluison, 1892.
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