Paris Denoël et Steele 1935 1 vol. broché in-12, broché, 27 ff. non paginés. Edition originale. Traces de mouillures claires.
Reference : 73666
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M. Henri Vignes
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Publié en 1785, sans l’assentiment de l’auteur, «Le Diable au corps» a été condamné à la destruction par un arrêt de la cour d’assises de la Seine, en date du 9 août 1842 et par un jugement prononcé par la 6ème chambre du tribunal correctionnel de la Seine le 12 mai 1865. Londres, 1785. In-12, maroquin rouge, double filet doré, dos orné, dentelle intérieure, tranches dorées. Reliure de la fin du XIXè siècle. 131 x 80 mm.
Edition originale «introuvable aujourd’hui» de la première parution du «Diable au corps», imprimée dès l’année 1785, l’un des plus illustres romans érotiques parus simultanément avec les œuvres du Marquis de Sade. Ce titre sera repris par Raymond Radiguet (1903-1923) pour son roman autobiographique paru l’année de sa mort. Le Diable au corps est un tableau des mœurs parisiennes un peu avant la Révolution et ce tableau, Nerciat l'a complété par un autre: les Aphrodites, qui a lieu une quinzaine d'année plus tard, pendant les premières convulsions révolutionnaires. C'est sans aucun doute à propos du Diable au corps et Les Aphrodites que Baudelaire écrivit cette note qu'il avait l'intention de développer « La Révolution a été faite par des voluptueux ». Cette rarissime édition originale est ornée de 4 figures érotiques. Publiée de manière clandestine en 1785, sans l'assentiment de l'auteur, cette édition livre au public la première version de la première partie du Diable au corps (1803), dont le texte à l'époque était toujours en cours d'écriture par Nerciat. Ce récit très libre se présente sous la forme d'un dialogue au verbe croustillant et érotique entre plusieurs personnages: une superbe marquise, la comtesse de Motte-en-feu, véritable laidron piquant et blonde ardente qui porte un certificat non équivoque des plus nombreuses & des plus chaudes aventures, une soubrette, un prélat, etc. Le Diable au corps a été condamné à la destruction par un arrêt de la cour d'assises de la Seine, en date du 9 août 1842 et par un jugement prononcé par la 6ème chambre du tribunal correctionnel de la Seine le 12 mai 1865. Si Nerciat, qui joua sur les deux tableaux (royauté ou république), souvent par nécessité financière ou par simple sécurité pour sa personne, ne fut pas aussi fin politique ou chanceux qu'un de ses illustres patrons, Talleyrand, il laissa à la postérité une œuvre littéraire autrement moins périssable. Ses romans, si raisonnables et convenables en philosophie politique, fourmillent de joie de vivre et de santé heureuse, tout à l'opposé du cynisme et de la dureté de la vie politique de son époque, particulièrement corrompue et sanglante. Si son œuvre reflète sa vie, le chevalier, subtil libertin, dut connaître à travers tant de vicissitudes professionnelles de très joyeux moments. Si elle ne la reflète nullement, cette vie chaotique dut lui être particulièrement pénible pour soutirer de lui une telle compensation imaginaire. S'il faut trancher, son œuvre est largement autobiographique et propose un miroir très fidèle des mœurs fort libres (mais sans leur corruption et leurs violences) de l'aristocratie française que la réaction, lors de la Restauration post-napoléonienne, n'avait pas encore assombri de son implacable répression des mœurs. En somme, sa vie fut aussi dangereuse que son œuvre est joyeuse. «André et Nerciat aurait écrit Le Diable au Corps quelques années avant la Révolution et l’eût fait imprimer dès 1789 ou 1790, si les évènements n’eussent entraîné l’ajournement de son projet. Il s’est plaint d’avoir été victime dès 1785 d’un contrefacteur qui, avant même que la rédaction de l’ouvrage fût achevée, en aurait publié une partie en y introduisant beaucoup de fautes et en y apportant ça et là de désastreuses retouches: «Pas le moindre écart, pas la moindre addition, le moindre retranchement qui ne soit un contre-sens, une platitude, ou du moins une faute contre le goût, sans parler des innombrables difformités purement typographiques». Cette contrefaçon, ou plutôt cette pré-façon, introuvable aujourd’hui, avait pour titre: les Écarts du tempérament ou le Catéchisme de Figaro, esquisses dramatiques. Londres, 1785, in-18, et portait en épigraphe: Et flon flon, lure lure lure, Chacun à son ton et son allure, Elle fut réimprimée quelques années plus tard sous un titre différent: les Écarts du libertinage et du tempérament ou Vie licentieuse de la comtesse de Motte-en-feu, du Vicomte de Molengin, du valet Pinefort, de la Conbanal, d’un âne et de plusieurs autres personnages. Nouvelle édition. A Conculix, chez l’abbé Boujarron, bon bretteur, 1793, in-18 de 132 pages avec gravures. Il est peu probable que la première de ces deux éditions d’une partie du futur Diable au corps ait été vraiment publiée sans la complicité de l’auteur. Il est possible, certes, qu’elle ait été imprimée sans que Nerciat ait pu se relire sur épreuves et signer le bon à tirer, mais il va de soi que l’éditeur a disposé d’un manuscrit qui n’a pu être mis en circulation que par Nerciat lui-même. Les protestations de celui-ci ressemblent un peu aux plaintes de la prostituée dont la pudeur se trouve offensée». Pascal Pia, Les livres de l’enfer.
«Le premier livre de cuisine imprimé des temps modernes.» (G. Oberlé). (1528). (4) ff: page de titre imprimée en rouge et noir dans un encadrement, table, cxi ff., (1) f. de marque d’Antoine du Ry; impression en caractères gothiques sur deux colonnes, nombreuses lettrines décorées de motifs végétaux ou historiées. Peau de truie ivoire sur ais de bois, dos à nerfs, pièce de titre en maroquin brun, tranches mouchetées. Reliure ancienne. 238 x 167 mm.
Superbe exemplaire de la plus rare édition de Platine imprimée au XVIe siècle. «Edition que nous n’avons pas vue» mentionne Vicaire (col. 694). L’exemplaire cité et décrit de la bibliothèque de l’Arsenal de Toulouse est incomplet de la remarquable page de titre en rouge et noir. «Nous devons à Platine (1421-1481) le plus important traité de cuisine du XVe siècle.» (G.Oberlé). Le livre de Platine connaîtra une diffusion internationale et sera traduit en plusieurs langues. Grâce à cela, il va renouveler la cuisine européenne, en l'italianisant. Le souci primordial qui doit guider, selon lui, les cuisiniers est de distribuer de la joie, de la santé et du bien-être. Il se réclame d'Épicure, de Columelle et d'Apicius. Au XVème siècle, si le succès de certains manuscrits culinaires médiévaux est indéniable, c'est avec l'invention de l'imprimerie que les recettes de cuisine sont diffusées à plus grande échelle en Italie, en Allemagne et en France. Le premier livre de cuisine à bénéficier de cette technologie est De honesta voluptate et voletudine de Platine de Crémone dit « Il Platina », pseudonyme de Bartolomeo Sacchi (1421-1481). Rédigé en latin et imprimé à Rome en 1473, ce traité de gastronomie très original mêle souvenirs littéraires de l'Antiquité, recettes de cuisine et médecine médiévale. Plus qu'un livre de cuisine, De honesta voluptate et valetudine servira de "manuel de bien vivre" dans l'Europe humaniste du XVIèmesiècle. Platine est né à Piàdena, région de Crémone, en Italie en 1421. Après une courte carrière militaire et des études de lettres, il se rend à Florence où il devient précepteur chez les Médicis et se lie avec les humanistes de la ville. En 1461, il s’installe à Rome où il est secrétaire du Cardinal Francesco Gonzague, puis abréviateur des papes Pie II et Paul II. En 1475 il est nommé à la tête de la Bibliothèque du Vatican nouvellement créée. Il écrit alors le Liber de vita Christi ac pontificum omnium et Historia urbis Mantuae. Mais son œuvre majeure est le De honesta voluptate et valetudine, rédigé avant 1467 et dont il confie l’impression, en 1473, à Ulrich Han (1425-147.), l’un des tous premiers imprimeurs de Rome. Publié sans nom d’auteur, l’ouvrage rencontre sans doute un certain succès puisqu’une nouvelle édition paraît en 1475 à Venise (chez Laurentius de Aquila & Sibyllinus Umber) avec, cette fois-ci, la mention de l’auteur. Une vingtaine d’éditions se succèdent ensuite jusqu’au milieu du 16ème siècle à Venise, Bologne, Cologne, Bâle et Strasbourg. Mais c’est en France que l’ouvrage connut sa plus large diffusion grâce à la traduction de Didier Christol (14..-15..), prieur de Saint-Maurice près de Montpellier, qui augmenta le texte de nombreux commentaires. La première édition française de 1505 fut imprimée à Lyon. Une seconde édition lyonnaise, celle-ci, la plus rare de toutes, paraîtra le 4 juin 1528. Le titre de l’ouvrage annonce les thèmes abordés : le plaisir de la table (voluptate) et la bonne santé (valetudine), sans tomber dans les excès (honesta). Dans son prologue Platine précise : « J’écris à l’intention de tout citoyen qui recherche la bonne santé, la modération et l’élégance de la nourriture plutôt que la débauche, et pense avoir montré à la postérité que les hommes de notre temps avaient assez de talent au moins pour imiter sinon régaler nos ancêtres ». La première partie de l’ouvrage liste les principaux aliments et la meilleure façon de les préparer. La seconde partie contient, quant à elle, près de 200 recettes de plats classés en fonction de leurs vertus médicinales. Platine s’inspire des textes des naturalistes et médecins grecs et latins, Caton, Virgile, Pline ou Dioscoride. Basé sur les enseignements de Galien et la théorie des humeurs, il s’inscrit également dans la tradition de la diététique hippocratique selon laquelle la digestion serait un processus de cuisson chargé de transformer les propriétés des aliments, classés selon quatre types (froid, chaud, humide et sec), qui auront des impacts sur les quatre humeurs et quatre tempéraments humains. Les maladies internes étant dues à l’excès d’une humeur dans le corps, il suffit, pour obtenir la guérison, de l’évacuer ou de la faire disparaitre par un régime approprié. Ainsi, on administrera aux malades souffrant de fièvre des aliments particulièrement froids, telles que les cucurbitacées ou les salades - qui ne sont guère conseillées en temps ordinaire. Le De l’honneste volupté combine habilement la théorie (par l’analyse des qualités de chaque aliment) et la mise en pratique sous forme de recettes de cuisine. Les aliments « froids » pourront être réchauffés par des épices et des condiments dont la force se trouve être tempérée à son tour par des assaisonnements plus doux. Un gibier d’eau naturellement humide et froid, comme l’eau où il vit, sera ainsi asséché si on le rôtit et qu’on l’accompagne d’épices chaudes et sèches. Le De l’honneste volupté est organisé en dix livres. Pouletz au verjust : les pouletz cuyras avec quelque chair sallee, et quant seront demy-cuytz, mettras dedans ton pot des raysins passis levés les grains […] Après, decouperas menuement du persil et de la mente, et pilleras du poyvre et redigeras du saffran en pouldre. Et quant lesdits pouletz seront cuytz, tu mettras tout et infondiras dedans ledit pot […] Cette viande […] pource quest saine grandement et salutaire au corps, nourrist grandement, est de facile concoction, et convient sur tout à l’estomach, au cueur, foye et aux reins et : et aussi réprimist la colere. De la chair sallee ou jambon de porceau : la chair sallee du porceau, entrelardée du gras et du maigre, couperas a belles lesches ou pièces deliee, puis les friras à la poille, non mye grandement ; et cuytes et que soient mises sur ung plat, inspargiras par dessus icelles du vin aigre / sucre / cynamone et persil découpe bien menu. Tartre de cerises ou griotes : les cerises aigres qui sont dictes griotes exossees pilleras au mortier, pillees que soient y adjousteras des roses rouges bien pillees, ung peu de fromaige frais et du vieulx pillez ou gratusez, ung peu de poyvre, aussi peu de gingembre, aulcunement plus de sucre, quattre oeufz bien batus. Et tout mesle ensemble feras cuyre en la poille bien oincte et subscrostee a petit feu, et yssue du feu la surfondras du sucre et eaue rose. Et plus original, l’ours, dont Platine précise toutefois qu’il est préférable de ne pas manger la tête car il “a le cerveau envenimé”… Sa viande est de surcroit difficile à digérer. Les ours “nuysent à la rate & au foye, engendrent mauvaises humeurs… cest une viande fastideuse & visqueuse sur toutes autres chairs…& donnent petit nourrissement”. Les éditions lyonnaises de Platine au 16ème siècle: Depuis 1472 et la création du premier atelier par un marchand Barthélémy Buyer (1433-1485), Lyon n’a cessé d’accueillir de nouveaux imprimeurs. Classée troisième ville d’impression en Europe derrière Venise et Paris, elle attire les gens de lettres et devient un foyer de l’humanisme. En 30 ans, une cinquantaine d’imprimeurs viennent concurrencer Barthélémy Buyer ; la plupart sont allemands, quelques-uns viennent de Venise mais peu sont lyonnais. Si la plupart des œuvres sont écrites en latin et pensées pour des personnes lettrées, une quinzaine d’imprimeurs lyonnais ont imprimé les grands classiques de la littérature culinaire médiévale en langue vulgaire. On dénombre ainsi neuf éditions du Viandier de Taillevent imprimées entre 1534 et 1615, cinq éditions de La fleur de toute cuysine entre 1567 et 1604, deux éditions du Livre de cuysine tres utile et proufitable chez Olivier Arnoullet en 1542 et 1555, une de Pratique de faire toutes confitures chez Benoist Rigaud en 1588, De re cibaria (« Des aliments ») chez Sebastien Honoratum en 1560 et du Thresor de santé chez Antoine Huguetan en 1607. Pour l’œuvre de Platine, on dénombre 5 éditions lyonnaises imprimées entre 1505 à 1571. La première édition en langue vernaculaire de l’ouvrage de Platine, datée de 1505, paraît sous le titre Platine en francoys tresutile & necessaire pour le corps humain qui traicte de hôneste volupte et de toutes viandes et choses que lôme mange… L’ouvrage ici présenté est la seconde édition lyonnaise, la plus rare de toutes. Sorti des presses d’Antoine du Ry (14..-15..) en 1528, il prend le titre de Platine De honeste volupte. La page de titre en rouge et noir est ornée d’un encadrement gravé sur bois. Les caractères sont gothiques (bâtarde française). Au colophon figure : « imprime nouvellement a Lyon par Antoine du Ry, lan mil cinq cens vingt et huit, le IIII jour de juing ». À ses débuts, l’imprimé se situe dans la continuité du manuscrit. Ces deux éditions de l’ouvrage de Platine sont ainsi caractérisées par la présence des lettrines de grand modèle, gravées sur bois, ressemblant aux lettrines des miniaturistes. Les caractères typographiques utilisés pour ces deux éditions sont de la famille des gothiques et du groupe des bâtardes. A la Renaissance, la bâtarde française est essentiellement utilisée pour les ouvrages en langue vernaculaire. Elle est dérivée des cursives gothiques et se caractérise entre autres par des f et des s prolongés en dessous de la ligne que l’on voit distinctement sur ces deux éditions de 1505 et 1528. Caractéristiques de l’édition de 1528: La plus rare et la plus chère des éditions de Platine possédées par Yemeniz: ses éditions de 1480 et 1485 furent adjugées 160 F. Or et 23 F. Or (n° 884 et 883), celle-ci, reliée aussi par Trautz-Bauzonnet, fut adjugée 165 F. Or (n° 886) tandis que «Le Grant Testament de Maistre François Villon» imprimé par Guillaume Nyverd (vers 1518-1520) était adjugé 80 F. Or (n° 1625). Ce volume était adjugé 432818 € le 2 juin 2023. Le plus bel exemplaire répertorié en reliure ancienne depuis un siècle.
Paris : F. G. Levrault, 1827. DE LA BIBLIOTHÈQUE DU GÉNÉRAL DE SALLE
In-12° (186 x 119 mm), x pp. - 262 pp. - [5] ff., demi-maroquin vert, dos orné de filets à l'or, tranches mouchetées (reliure de l'époque). État de l'artillerie à la date de 1827, comprenant les tables pour chacun des grades et une table alphabétique des employés et officiers de l'artillerie. Le propriétaire de l'ouvrage a actualisé à l'encre brune la liste des maréchaux de camp (titre équivalent à celui de « général de brigade » ) et la liste des colonels, barrant certains noms (Bon de Lignim, Cottin...) pour en ajouter d'autres (Gourgaud, Berthier...). PROVENANCE : Victor Abel De Salle (ou Dessales, 1776-1864), ex-libris manuscrit « Gnl / de Salle », à la première garde blanche. Il figure, p. 4, à la liste des maréchaux de camp. Victor Abel De Salle s'enrôle à l'âge de seize ans dans les bataillon des volontaires de Seine-et-Oise, où il est élu premier sergent de la compagnie des canonniers. Il participe aux batailles de Jemapes et de Fleurus puis au siège de Mayence et aux luttes de Schérer et Championnet en Italie avant d'être décoré, en 1804, de la Légion d'honneur. Appelé en 1809 à la Grande Armée, il rejoint Napoléon sur l'île de Lobau après la débâcle d'Essling où, chargé des troupes d'équipages de pont, il organise le passage des soldats et l'évacuation des blessés. Il contribue ensuite à la victoire de Wagram grâce au déploiement d'un pont de 120 mètres sur un bras du Danube. À l'issue de cette bataille, De Salle est fait colonel. Il reprend le combat en 1813 et est envoyé à Magdebourg, où il continue de lutter après la chute de l'Empire. Promu, De Salle est chargé de porter à Louis XVIII « l'acte de soumission de la garnison et une lettre de félicitation à sa majesté pour son retour au milieu du peuple » (Revue de Paris, p. 421). Malgré cela, le Roi ne confirme pas son grade de général de brigade, que Napoléon lui rend à son retour de l'île d'Elbe avant de le nommer chef d'artillerie du premier corps. Toutefois De Salle, qui selon ses dires avait « sucé avec le lait l'amour des Bourbons », manifeste une certaine ambivalence à l'égard de l'Empereur : « Je ne dissimulerai pas que, si mon amour-propre n'eût pas été froissé, j'aurais été franchement pour les Bourbons contre lui qui, en abdiquant, nous avait déliés de tous nos serments. » (p. 421). Il participe à la campagne de Belgique au rang de maréchal de camp (terme remplaçant celui de général de brigade) et y commande la « Grande batterie », principale batterie d'artillerie française, composée de 80 canons. Denys de Champeaux, entré par alliance dans la famille De Salle, fait paraître le 15 janvier 1895 dans la Revue de Paris des extraits des Mémoires que le Baron De Salle destinait à ses enfants. Quelques frottements, légères marques d'adhésif sur les gardes.
Rouen : Benderitter fils, 1880. HUILE DE DAUPHIN ET MARGARINE
In-8° (230 x 148 mm), [3] ff - 142 pp, demi-chagrin vert, dos à 5 faux-nerfs, date (1881) en pied (reliure de l'époque). Édition originale et unique de ce traité de chimie portant sur les corps gras, destiné au professionnels de l'industrie et du commerce. L'auteur divise les corps gras en trois classes : huiles, beurres, et graisses et suifs. Pour chacune, il en détaille les différentes sortes, s'arrêtant sur les lieux de production, méthodes d'extraction et applications pratiques. Huile d'olive ou de ricin côtoient les plus exotiques « huiles de dauphin » provenant des pêcheries du Groenland et des îles Feroë, « très-estimées pour l'éclairage, mais on en rencontre peu dans le commerce » (p. 56) ou encore l'huile de pieds de boeuf de « Buenos-Ayres, la Plata, Montévideo, Rio-Grande », à ne pas confondre avec l'huile vendue dans le commerce sous le nom d'huile de pieds de boeuf mais fabriquée avec de la graisse de cheval (la première convient mieux au graissage des rouages délicats). Suivent entre autres quelques considérations sur les nouvelles sortes de beurre artificiel, dont la production augmente sensiblement dans les années 1880. Une seconde section de l'ouvrage est consacrée à la technique pour connaître le dosage des matières grasses contenues dans les graines et tourteaux, puis à l'ensemble des procédés permettant d'évaluer la pureté d'une huile. Un chapitre particulièrement important est consacré à l'huile d'olive, « celle dont les falsifications sont les plus fréquentes » (p. 109). 5 bibliothèques françaises : St Etienne, Poitiers, BIUM, CNAM, BnF (Tolbiac). Coins frottés. Quelques rares rousseurs.
S. l. [Modane, Savoie] : 1892. LA VIE MILITAIRE DANS LES ALPES À LA FIN DU XIXE SIÈCLE
In-16° oblong (104 x 178 mm), [38] ff. cartonnage toile beige, garde de papier vert (travail de l'époque). Carnet de dessin d'après nature d'un médecin auxiliaire dans l'Armée des Alpes, établi à l'été 1892, composé de 26 dessins, dont 21 réalisés à la plume et 5 au crayon à papier, et de 3 pages de croquis au crayon à papier. Le 2e présente le général Baron Berge, général de division à partir de 1888, puis gouverneur militaire de Lyon et commandant du 14e corps d'armée créé en 1870. Il est le premier commandant en chef de cette Armée des Alpes et joue un rôle essentiel dans l'organisation de cette dernière constituée en 1888. Cette armée créée sous la IIIe République est formée des troupes du 14e et 15e corps d'armée qui regroupent les hommes de Lyon et de Marseille. La 28e division dont fait partie Albert Fuchs correspond quant à elle au 28e bataillon alpin de chasseurs à pied. Albert Fuchs croque des moments de vie dans ce camp militaire chargé de surveiller la frontière italienne autour de Modane, ville se trouvant au coeur de la vallée de Maurienne en Savoie. Il indique être auxiliaire au 3e bis Groupe Alpin qui est le mélange entre le 1er bataillon du 97e régiment (auquel appartient Fuchs), la 12e batterie du 2e d'artillerie et un détachement du 4e génie. Les soldats de l'Armée des Alpes portent un large béret d'origine béarnaise d'un bleu nuit surnommé « la tarte ». Albert Fuchs représente sur ses dessins 18 à 21 une scène relative à la bonne manière de le porter, ce qui donne lieu à des dessins humoristiques. Il dessine autant de portraits de militaires que de civils, mais aussi des paysages comme la chapelle de Charmaix ou son chalet. Le carnet contient aussi une dizaine de belles edelweiss séchés et une carte de visite au nom de M et Mme Victor de Préssensé, théologien et pasteur protestant du XIXe siècle. Mouillures et taches d'encre noire à la couverture.