Paris Nouvelles Editions du Siècle - Nouvelles Editions Latines, Fernand Sorlot 1935 1 vol. relié in-8, demi-chagrin cerise, dos à nerfs, pièce de titre de chagrin miel, couverture illustrée conservée, 159 pp., 73 photos en noir. Edition originale du tirage courant (après 15 vélin). Très bon exemplaire en reliure d'époque.
Reference : 116355
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M. Henri Vignes
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Revue de Intérets Economiques du Centre - Organe Officiel de Groupements Régionaux : Saint-Etienne et sa Région. Verdun
Reference : 49663
14e année - Nouvelle série - numéro spécial - juin 1932 - broché - 28 pages
bon état (couverture un tachée avec légers plis, rousseurs)
Premier tirage, avec dessin d'un combattant Paris, Librairie Hachette, 1916. 1 vol. (110 x 175 mm) de 269 p. et [1] f. Bradel demi-percaline bleue, titre et filets dorés, chiffre en pied (reliure de l'époque). Édition originale. Préface d'Ernest Lavisse. Exemplaire du premier tirage, que l'on reconnaît au feuillet d'annonce en regard de la page de titre, qui n'indique que le seul titre de Riou déjà paru. Contrecollé en regard du faux-titre, un dessin de trois-quart du visage d'un poilu, daté de 1917, signé «Maurice» (qui n'est pas Genevoix).
Jeune normalien, Maurice Genevoix intègre en septembre 1914 le 106e régiment d'infanterie et part combattre en Argonne, notamment à la Tranchée de Calonne : il y est grièvement blessé six mois plus tard, le 25 avril 1915 de trois balles, deux au bras et une à la poitrine. Après sept mois de soins, il rentre à Paris, rue d'Ulm et, sous les encouragements du secrétaire général de l'École normale supérieure, Paul Dupuy, avec qui il avait longuement correspondu pendant l'enfer de ces six mois, il accepte de relater son expérience du front et publie Sous Verdun, en avril 1916. Suivront Nuits de guerre, en mai 1917, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et enfin Les Éparges, en septembre 1923 : une oeuvre à la fois historique et littéraire, parmi les plus saisissantes jamais produites sur la Grande Guerre. Là où certains pouvaient reprocher aux autres « grandes oeuvres» des écrivains de guerre (Roland Dorgelès avec Les Croix de bois, Henri Barbusse pour Le Feu, Georges Duhamel avec Civilisation, pour ne citer que les principales) des excès de lyrisme ou des récits individuels plus que des expressions collectives, les récits de Genevoix décrivent avec une authenticité rarement égalée la camaraderie des tranchées et surtout l'horreur, la folie, la cruauté de la guerre, et aussi les paradoxes et les choix parfois aberrants du commandement. A tel point que Sous Verdun et La Boue furent amputées par la censure lors de leurs parutions. C'est d'après un journal de route de huit mois (du 25 août 1914 au 25 avril 1915) que Genevoix recomposera ses jours de campagne ; les deux premiers volumes, Sous Verdun et Nuits de guerre, n'omettant aucun jour. « Ces cinq volumes ne sont pas cinq oeuvres différentes ; ils sont à proprement parler les cinq tomes d'une même oeuvre : la transcription et le développement du carnet de l'auteur [même si Genevoix précisera plus tard qu'ils furent aussi composés de mémoire] (...) Parmi les auteurs de la guerre Genevoix occupe le premier rang, sans conteste. Ce n'est point-là une opinion dogmatique, ce n'est pas l'expression d'un goût individuel. (...) Il faut bien le reconnaître, et rira qui voudra, Genevoix a la génie du récit de guerre et son oeuvre est incomparable» : ces mots sont ceux de John Norton Cru, à l'occasion de la présentation qu'il fait de l'auteur dans son ouvrage Témoins, publié en 1929, et qui présente les cinq récits de Genevoix. Pour les rédiger, l'auteur utilise aussi des lettres envoyées à ses proches, à son père, à son frère René, et surtout celles envoyées à Paul Dupuy, rue d'Ulm : « Ce que je devais taire aux miens, écrit-il dans Jeux de glaces (1960), je le confiais librement à ces lettres, avec le souci d'être vrai, de partager sans retenue.» Sous Verdun est salué par la critique : « C'est du Maupassant [à qui l'écrivain consacra un mémoire alors qu'il était à l'École normale supérieure] de derrière les tranchées », s'enthousiasme Le Journal des débats. « On voit la guerre, dans son horreur et sa vérité, toute frémissante. » C'est un succès d'estime pour Genevoix, qui voit son ouvrage flirter avec les 10 000 exemplaires et qui est pressenti pour le Goncourt, avant que la parution du Feu de Barbusse ne viennent, en quelques semaines, changer la donne. En décembre, deux Goncourt sont à décerner : celui pour 1914 (non décerné) et celui pour 1916 : « en deux scrutins, la décision est validée, avec des majorités claires et nettes : le prix Goncourt 1916 est attribué à Barbusse avec huit voix contre deux et celui de 1914 à Adrien Bertrand par neuf voix contre une, celle d'Octave Mirbeau qui offre son suffrage à Genevoix. Comme il fallait bien justifier son vote, il fut hypocritement reproché au normalien d'avoir choisi un titre [Sous Verdun] qui donnait l'impression qu'il allait parler de la grande bataille de 1916, alors que son ouvrage relatait les affrontements survenus en Meuse d'août à octobre 1914. Le favori d'avril s'était fait doubler par une étoile filante et un mourant. » (In Jean-Yves Le Naour, La Gloire et l'Oubli. Maurice Genevoix et Henri Barbusse, témoins de la Grande Guerre, de Michalon, « Histoire », 2020). Bel exemplaire du premier tirage, sans mention d'édition et avec le bon feuillet d'annonce du catalogue en tête.
Verdun, Editions Lorraines, Frémont, sans date, in 8 broché, 160 pages, jaquette illustrée.
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RHA. 2016. In-4. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 143 pages - nombreuses photos, illustrations et cartes en noir et blanc et en couleurs dans et hors texte.. . . . Classification Dewey : 355.021-Militaria
Sommaire : Verdun, nouvelles approches historiographiques - La bataille aérienne de Verdun - Verdun vu par le Haut-commandement allemand ou l'échec de la stratégie d'usure - La bataille de Verdun. Au-delà du chaos, des enseignements tactiques adossés à l'importance des forces morales - Le 20e corps d'armée français dans la Grande Guerre, une grande unité d'exception ? - Verdun 1916. Pétain et Vivelle, commandants de la IIe armée - L'organisation du commandement français à Verdun - La guerre secrète contre les dirigeables allemands (1914-1918) - De la légion arabe à l'armée royale jordanienne - Italie 1859, une campagne improvisée ? - Cibler les gares pour vaincre.Solly Zuckerman et les bombardemetns alliés sur l'Europe, 1943-1945 - Influence of Colonial Warfare on French Commanders in the Great War... Classification Dewey : 355.021-Militaria
Albin Michel, 1921, in-12, 448 pp, reliure demi-percaline havane, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, pièce de titre basane brune (rel. de l'époque), pièce de titre frottée, pt tache au dos, papier lég. jauni, bon état
"Après nous avoir conté la formidable ruée des armées allemandes sur Paris, M. Louis Dumur nous décrit leur furieuse poussée sur Verdun. Il est assez probable que les romanciers reprendront plus d'une fois ces deux thèmes épiques de la Grande Guerre que M. Louis Dumur a traités en deux vigoureux et beaux romans d'une rare puissance d'évocation et d'une rare exactitude de documentation. M. Dumur est un esprit sérieux et un écrivain réfléchi, et en ces deux oeuvres on sent qu'il ne hasarde rien qui ne soit conforme à la réalité la plus soigneusement vérifiée. Son Nach Paris et son Boucher de Verdun sont donc un double tableau peint, sinon d'après nature, du moins avec un consciencieux et probe souci de la vérité. Cette préoccupation de vérité et d'exactitude donne aux deux récits de M. Louis Dumur, à défaut d'une valeur de témoignage direct, une valeur historique certaine. Cependant, si M. Louis Dumur s'y montre historien, il n'en demeure pas moins romancier et, à ce titre, il a cherché le moyen de nous rendre aussi saisissants que possible les résultats de son enquête. Il s'agissait, en effet, de les animer et de les ordonner d'une manière vivante, et pour y parvenir, il a recouru à un artifice de composition qui consista à choisir pour « héros » de son livre un officier allemand. Ce héros ou, plus justement, ce personnage principal sera, dans le Boucher de Verdun, l'oberleutnant Hering. C'est lui qui sera le narrateur et c'est par lui et avec lui que nous pénétrerons dans les milieux militaires et sociaux allemands. C'est en sa compagnie que nous assisterons aux divers épisodes de la monstrueuse hécatombe où se brisa, sur l'autel héroïque et sacré de Verdun, le prodigieux et vain effort germanique. Partout où M. Dumur conduit son lieutenant Hering, que ce soit au quartier général de Stenay ou au grand quartier de Charleville, aux tranchées du Mort-Homme ou au fort de Douaumont, la présence du lieutenant Hering y est justifiée. Le hasard qui l'affecte à l'état-major du Kronprinz est un hasard possible. A ce point de vue, le roman de M. Dumur est fort bien construit. C'est une de ses qualités. Il en a d'autres. L'une est de nous offrir une étude psychologique très poussée et très plausible de l'officier allemand. Le Hering de M. Dumur en résume le mélange de sentimentalité et de brutalité, de platitude et d'orgueil, et cette étude M. Dumur l'a complétée par toute une hiérarchie de types militaires fort curieux que domine la figure extravagante et falote, sournoise et égoïste, cynique et couarde de l'étonnant « gigolo » à casquette plate, à longue jambes, à profil de belette qui, à son titre de kronprinz d'Allemagne, mérita d'ajouter le surnom de « Boucher de Verdun ». Cette figure, M. Dumur s'est plu à la dessiner sans lui donner pourtant une place exagérée. Ce qu'il a cherché surtout à nous rendre sensible, c'est la colère désappointée, la déception furieuse, l'étonnement haineux que l'héroïque et miraculeuse défense de Verdun suscita en ces âmes de reîtres orgueilleux et stupéfaits. Il faut lire dans le beau livre de M. Dumur le récit des préparatifs allemands contre la place et l'immense espoir qu'ils suscitaient d'une victoire définitive. Verdun pris, c'était la route de Paris ouverte. Mais quoi Verdun ne se laissait pas prendre En vain, les attaques succédaient aux attaques et toujours elles trouvaient devant elles l'invincible, l'inexplicable, la folle résistance française jusqu'au jour où reparaissaient sur les ruines informes du fort de Douaumont les vagues d'assaut du général Mangin. C'est sur cet épisode que se termine le récit du lieutenant Hering et que se clôt le livre de M. Louis Dumur. Il y montre de puissantes qualités de romancier et d'écrivain jointes à un consciencieux et ferme souci d'historien. Certains grands « tableaux », tels que celui de la reprise de Douaumont ou de l'orgie soldatesque de Charleville, maintes pages demeurent fixées dans la mémoire avec un relief et une couleur indélébiles. Le talent de M. Dumur me rappelle en plus d'un point celui de Zola, mais si M. Dumur donne pour suite à son Nach Paris et à son Boucher de Verdun une Débâcle, ce sera celle qui ramena sur le Rhin les hordes allemandes dont il nous a dit en deux beaux livres la ruée farouche et le gigantesque échec." (Le Figaro, 1921)