Ed. G.L.M. 1935. In-8 br. Poèmes et proses de P. Albert-Birot, J. Baron, J. Follain, P. Courthion, etc. Quatre images du cirque Klein et deux images de G. Prieto. E.O. ex. num.
Reference : 30267
la Librairie Les Autodidactes
M. Léon Aichelbaum
53, Rue du Cardinal-Lemoine
75005 Paris
France
01 43 26 95 18
Tous nos prix sont nets. Envois à le charge du destinataire. Pour Paris, Les réservations par téléphone ne pourront excéder 48 heures. Tous nos ouvrages sont garantis complets et en bon état, sauf indication contraire. Nous vous prions de nous excuser de ne pouvoir répondre aux demandes d'ouvrages déjà vendus. Vos règlements effectués par chèques en devises ou en euros hors France devront être majorés de 15 euros. <br />
Charmante lettre adressée à Madame Dettelbach, cantatrice mondaine connue pour le salon musical qu’elle animait et dans lequel on rencontrait notamment Proust ou Raynaldo.Le début de la lettre reprend en partie le texte de l’opéra de Jules Massenet intitulé Werther : « Je vous écris de ma petite chambre » que Paul Reboux a accompagnée d’une portée et de la musique du compositeur. L’écrivain se plaint de sa pluvieuse retraite, probablement située dans la région de Rouen : « Je vous écris de ma petite chambre, Où la pluie me retient captif, car dans cet affreux pays, elle n’a pas encore cessé depuis la mort de Jeanne d’Arc, que le ciel pleure toujours, sans doute… ».Il adresse ses voeux de bonheur pour la nouvelle année à Madame Dettelbach : « J’ai vu partir sans regret l’année défunte. C’est une de moins pour la vie, mais une de plus pour l’amitié. Je ne vous souhaite rien, puisque vous avez tout le désirable, qu’un tout petit, petit ennui de temps en temps, pour rompre la monotonie du bonheur et permettre de mieux l’apprécier. »Le papier choisi possède des bords dentelés et un encadrement floral à motifs embossés sur le premier feuillet. Reboux a pris soin d’ajouter un ornement en papier de couleurs représentant deux mains se serrant au milieu d’un bouquet de fleurs blanches.
Intéressant ensemble de 4 lettres autographes signées du dramaturge Jean Anouilh (1910-1987) à l’agent théâtral Robert de Machiels (1880-1965) écrites aux alentours de 1938. Malgré l’insistance de Machiels pour faire entrer Anouilh dans son catalogue d’auteurs, ce dernier campe sur ses positions. Dans les deux lettres qui apparaissent comme des réponses à une sollicitation de Machiels, Anouilh défend, d’une plume sans équivoque, la liberté de jouir de ses pièces dans son propre intérêt : « Je ne peux que vous redire ce que je vous ai dit l’année dernière pour Le Voyageur sans bagage : je suis en rapports personnels avec … et … depuis l’achat de Y’avait un prisonnier et vous comprenez bien qu’il est tout naturel d’éviter, pour moi, sur cette affaire, des frais d’agence qui – en cas de réussite – je l’ai hélas constaté, sont tout à fait disproportionnés avec la présentation d’un manuscrit. » Créée pour la première fois en 1933 au Théâtre de l’Athénée, la pièce Y’avait un prisonnier avait été achetée par la Métro Goldwyn Meyer, permettant à l’auteur de s’installer un an en Angleterre avec femme et enfant.« La métro G. M. ne m’a demandé aucune option sur mes prochaines pièces j’aime donc mieux leur laisser courir leur chance dans l’aimable ambiance de l’offre et de la demande au lendemain de la générale. C’est pour cette raison – non pas pour d’hypothétiques coupures – que je préfère pas (sic) communiquer tout de suite le texte de La Sauvage. »Pliures, quelques déchirures aux pliures sans manque.
Très belle lettre du dramaturge Francis de Croisset à son confrère Alfred Mortier (1865-1937) à propos de sa pièce intitulée Penthésilée, pièce héroïque en trois actes, parue chez Chiberre en 1923 : « Merci très vivement cher Ami pour l’envoi de votre belle pièce héroïque. C’est une œuvre qui restera. »Il se réfère ensuite aux propos de l’écrivaine Aurel (de son véritable nom Aurélie de Faucamberge) épouse d’Alfred Mortier depuis 1906 : « Et comme elle est singulièrement vraie cette parole que cite Aurel dans sa préface aigue et profonde cette parole de Marie Lenéru. » Aurel publia un article élogieux dans le numéro 35 du journal La Pensée française du 23 septembre 1922 intitulé Un Théâtre de la femme. Penthésilée et la critique, dans lequel on peut lire cette conclusion : « Je vois, en somme, cette Penthésilée d’Alfred Mortier comme l’avant première de tout un théâtre de la femme, le vrai, où nous aurons retrouvé la femme normale sous les déguisements dont les hommes nous couvrent pour s’épargner l’étude […] ».Comme Aurel, Francis de Croisset loue la modernité d’Alfred de Mortier « Au reste, je ne connais rien de plus moderne que vos tragédies. Elles demeurent d’aujourd’hui par les sentiments qu’elles expriment - et que tout heureusement elle choisit ! - et elles sont de toujours, grâce à leur forme qui rejoint celle de nos plus grands [textes ?] classiques. ».
Dans la première lettre, s’adressant à un « cher confrère », René Doumic (1857-1930) écrivain, journaliste et critique littéraire, évoque un rendez-vous avec le président de la République, Gaston Doumergue le premier janvier 1925 à 14h15 : « Le président de la République nous recevra demain à 2h . »Dans la seconde lettre, plus brève, il est question de son ami Pierre Janet et d’une faveur qu’on lui demande qu’il semble ne pas vouloir accorder « Mais regardez l’en-tête de ce papier. Vous comprendrez qu’il me soit difficile de rien dire de mon confrère d’hier, sauf que les je ne les partage pas. »
1918
Malgré l’utilisation de l’expression « mon cher vieux ami que j’aime », c’est bien à Marguerite Moreno que Colette adresse cette très émouvante lettre.Restée à Paris, Colette survit, entre la peur des bombardements qui s’estompe progressivement, supplantée par celle, encore plus terrible, de ne plus revoir son mari (Sidi) : « Écrire aujourd’hui ? je n’ai qu’une chose à t’écrire, la même que demain : j’ai appris que Sidi est entre Ham et Noyon. Cela suffit bien à emplir une lettre, n’est-ce pas ? Évidemment je « tiens », mais je n’ai pas de lettres, je ne peux pas en avoir. Alors… J’ai un grand mal de tête et je me promène beaucoup. On ne nous bombarde plus, depuis 24 heures au moins. Et puis, tu sais, les alertes de nuit, les tambours et tout l’orchestre, ce que je m’en f… en ce moment. C’est pas une alerte de nuit qui me fera lever, moins maintenant que jamais. À part mon état d’Ham (ah ! ah !) tout va bien. Du moins je le crois. »Alors, comme souvent, l’écriture apparaît comme un remède : « Vois à quoi tu échappes, et réjouis-toi de tout ce que tu rencontres ; pourvu que tu me l’écrives. […] Mais j’avoue que je suis un peu décollée. Vieillir, comme ce serait beau, et dépasser ce moment qui est comme une boule dans la gorge. »Reste d’onglet en marge.