Lacour Laocur, 1992. In-8 carré broché de 217 pages; Papier jauni et tranches salies sinon bon état
Reference : 195185
ISBN : 2869715846
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Paris / Marseille / Alger / Toulon : Dentu / A. Barlatier / Brachet et Bastide / Monge et Villamus, 1842. « LE COLON AFRICAIN NE DEVRA JAMAIS LAISSER ROUILLER SON FUSIL »
In-8° (230 x 150 mm), 128 pp., broché, couverture imprimée. Édition originale de cet ouvrage dans lequel le général Bugeaud, alors gouverneur général de l'Algérie, préconise une colonisation militaire (plutôt que civile) du pays. Envoyé en Algérie en juin 1836 pour écraser la résistance d'Abdelkader, Bugeaud se déclare dans un premier temps opposé à la colonisation de peuplement, qu'il juge trop coûteuse. Toutefois, nommé gouverneur général de l'Algérie en 1840, il résout de se consacrer au projet de conquête « absolue », et détaille dans cet ouvrage les méthodes par lesquelles il propose d'y parvenir. Bugeaud demande ainsi le maintien des mêmes effectifs militaires pour la « pacification » (contre-guérilla qu'il dirigera de façon particulièrement violente) que pour la conquête, afin d'accorder la priorité à la soumission de l'entièreté du pays: « Ne serait-ce pas de la dernière imprudence que de négliger l'élément militaire dans la constitution des colons qui viendront s'implanter dans sur le sol d'un peuple si guerrier, si fanatique, si prompt à recourir aux armes? [...] Le colon africain ne devra jamais laisser rouiller son fusil ». (p. 32) Selon Bugeaud, l'armée pourrait, tout en combattant la résistance, préparer le terrain à une future colonisation de peuplement en développant elle-même l'agriculture et le commerce jusqu'à devenir auto-suffisante. Il illustre son exposé par un état des recettes de l'Algérie en 1841. Bugeaud conclut en élaborant un plan de « soumission » des arabes sur le long terme par le biais de l'appel du commerce: « C'est l'alcool qui a vaincu les Indiens, c'est le commerce qui soumettra les Arabes; la force peut les vaincre, il faudra long-temps pour qu'elle les domine; mais le commerce seul pourra nous attacher les populations [...] Chaque arabe qui s'enrichira deviendra notre partisan. » (pp. 110-111); « Que nous soyons assez forts pour commander la paix, assurer la liberté des communications et prévenir les exactions; que chacun puisse être riche sans danger, et l'Arabe deviendra producteur par l'appât de l'argent, deviendra aussi consommateur par sa possession. » (p. 113) Gouverneur général de 1840 à 1847, Bugeaud établira un système de gouvernement indirect en collaboration avec la noblesse arabe tout en menant une politique militaire de dévastation (terre-brûlée, enfumages...). Entré en conflit avec François Guizot, il est remplacé par le duc d'Aumale. Thomas-Robert Bugeaud (Limoges, 1784 - Paris, 1849), officier des guerres de l'Empire puis député de la Dordogne sous la monarchie de Juillet, fut gouverneur général de l'Algérie de 1840 à 1847. Il y conduisit la conquête du pays, fut fait maréchal de France en 1843 et duc d'Isly en 1844. Bibliographie : Tailliart 2701; Playfair 946. Couverture tachée et roussie, manques au dos. Rousseurs plus ou moins présentes, quelques feuillets coupés maladroitement.
Paris : Plon, Nourrit, et Cie, 1887. ENVOI AU PREMIER EXPERT DU ROMAN RUSSE EN FRANCE
2 vol. in-8° (229 x 150 mm), [2] ff., 407 pp. + [2] ff., 495 pp., demi-chagrin brun, dos à 5 faux-nerfs orné, premier plat de couverture conservé. Édition originale de cette histoire des débuts de la colonisation de l'Algérie, de l'administration du général Clauzel à la rupture du traité de la Tafna. Envoi autographe signé de l'auteur à son collègue Académicien le Vicomte de Vogüé: « à Monsieur le Vicomte E. M. de Vogüé Cordialement Camille Rousset » Camille Rousset, historiographe du Ministère de la guerre déjà auteur de La Conquête d'Alger (1878), déroule ici une historiographie encore fortement subordonnée au projet de colonisation: « « L'Algérie, comme l'ancienne Grèce, a eu ses Temps héroïques, son âge légendaire. J'appelle de ce nom les dix années, de 1830 à 1840, dont la période s'achève avec ces lignes. C'est une ère confuse, incohérente, pleine de disparates, mais qui, ce me semble, ne manque ni d'originalité ni de grandeur. Les hommes y sont livrés à eux-mêmes, dans le libre jeu de leurs qualités et de leurs défauts, sans direction, sans contrôle, aux prises avec des difficultés de toute sorte. La France hésite; dix fois, elle semble près de renoncer à cette lutte ingrate, d'abandonner cette Afrique dévorante: l'honneur la retient cependant, et ce sont des défaites à venger qui l'enracinent dans un sol imprégné de son sang. En face d'elle et par elle a grandi un Arabe de génie; lui seul a de la persévérance, un dessein suivi, une volonté que rien ne décourage: c'est un caractère. Mais voici qu'en face de lui va se dresser, à son tour, un homme de guerre à sa taille, aussi persévérant, énergique, résolu, qui, après avoir d'abord hésité lui-même, entraînera dans son élan les hésitations de la France. Avec lui tout se range, tout s'organise, tout se règle. » (v. 2, pp. 400-401) » L'auteur fera encore paraître, en 1889, La Conquête de l'Algérie 1841-1857 (Plon, 2 vol.) Camille Rousset (Paris, 1821 - 1892), historien, enseigna à Grenoble avant d'être nommé en 1864 historiographe et bibliothécaire du ministère de la Guerre. Son Histoire de Louvois reçut le grand prix Gobert de l'Académie française, où il fut élu en 1871; il consacra plusieurs volumes à la conquête de l'Algérie. Provenance : Marie-Eugène-Melchior de Vogüé (1848-1910).. Après avoir travaillé cinq ans comme diplomate à Saint-Pétersbourg, de Vogüé rentre en France où il contribue, grâce à ses traductions et à son influent recueil d'articles Le Roman russe (1886), à la diffusion des oeuvres de Pouchkine, Gogol, Dostoïevski et Tolstoï. Il est reçu à l'Académie française en 1888. Bibliographie : Tailliart 1766. Rares rousseurs. Reliure frottée.
Tours : Ad. Mame et cie (et chez Waille à Paris), 1845. L'ESPRIT DE CROISADE DE LA CONQUÊTE ALGÉRIENNE
In-8° (210 x 136 mm), [2] pl., 408 pp., [2] pl., demi-chagrin rouge, dos à 4 faux-nerfs orné, plats de papier chagriné, tranches dorées. Édition originale de ce récit de voyage, témoignage de la seconde étape de la conquête algérienne. L'ouvrage est illustré d'un titre gravé et de trois planches hors-texte gravés par Théodore Ruhierre d'après Karl Girardet. En 1841, le journaliste ultramontain Louis Veuillot part pour l'Algérie en qualité de secrétaire de Thomas Robert Bugeaud, nommé gouverneur général. À son retour, il compose à partir de lettres écrites à son frère cet ouvrage qui, bien que critique de certains aspects du processus colonial, cristallise l'esprit de Croisade qui animait certains acteurs de la conquête: « « Mahomet a pu plonger ses spectateurs dans l'ignorance la plus abrutissante et la plus féroce: il n'a pu les rendre aussi pervers qu'il le fut lui-même; une chose est restée à ces peuples malheureux: c'est l'instinct du bon et du beau, l'instinct de la vérité, l'instinct du salut; par là l'Europe catholique pourrait les sauver; l'Europe politique et incrédule ne le veut pas, elle préfère les anéantir. Elle y parviendra, car Dieu les lui livre et leur heure est venue; mais elle n'accomplira qu'avec lenteur, au prix de son sang, et pour sa punition peut-être, l'oeuvre terrible de rendre à la croix, nues et dépeuplées, les terres fertiles qu'elle pouvait lui donner couvertes d'une moisson d'âmes. Il plaît à Dieu d'étendre son royaume en ce monde, il lui plaît d'ôter le sceptre aux farouches ennemis du Christ; mais il ne lui plaît pas qu'on tue les hommes avant d'avoir essayé de les convertir; ceux qui auront mieux aimé verser le sang que prêcher l'Évangile n'auront pas impunément réussi. » (p. 168) » Louis Veuillot (Boynes, 1813 - Paris, 1883), journaliste et écrivain catholique, dirigea le quotidien L'Univers. En 1841, il accompagna en Algérie le général Bugeaud, dont il était le secrétaire; il en tira Les Français en Algérie. Provenance : Tampon à froid: "Collège de St James (Manche) / Le Directeur Henri Fouasse". Bibliographie : Tailliart 1987; Playfair 1088. CCFR (21/10/2026) : BnF: 2 exemplaires (Tolbiac, Arsenal) et une version numérisée (Gallica). CCFr: 1 exemplaire (Foix). Coins frottés, dos insolé. Restauration ancienne à une déchirure p. 21-22.
République Française délégation générale en Algérie Broché 1961 In-8 broché, 24 x 16 cm., 260 pages, présenté par Jean Morin, délégué général en Algérie, sur la proposition de Max Moulins ,secrétaire général de l'administration ; bon état. Livraison a domicile (La Poste) ou en Mondial Relay sur simple demande.
Paris / Alger : chez l'éditeur et chez Garnier Frères et Librairie militaire de J. Dumaine / Duros frères, 1851. « LA DERNIÈRE CONQUISE, LA MOINS AVANCÉE ET CELLE QUI A LE PLUS CONSERVÉ LE TYPE ARABE »
In-8° (220 x 146 mm), [1] f., 59 pp., broché, couverture imprimée. Édition originale de cet ouvrage portant sur la colonisation de la province de Constantine. Envoi autographe signé au premier plat de couverture: « Hommage de l'Auteur / A. de Montezon » Le père jésuite de Montezon fait paraître ce guide pour pallier le manque d'ouvrages consacrés à la province de Constantine, « la dernière conquise, la moins avancée et celle qui a le plus conservé le type arabe et les moeurs, si curieuses pour nous, des peuples nomades et pasteurs décrits dans l'Ancien testament. » (p. 7) Il peint un tableau peu enchanteur de la région qu'il décrit comme insalubre (sur Hamma par exemple « cette vallée est si malsaine que les fièvres intermittentes qui y règnent une grande partie de l'année [...] rendent ce riche jardin [...] littéralement inhabitable. » [p. 13]) et déserte - peut-être, concède-t-il, en partie en raison de la politique de la terre brûlée menée par la contre-guérilla française. Il donne pourtant quelques indications sur le potentiel agricole de la région, avec une liste des cultures qui réussissent en Algérie. Suivent quelques considérations sur la population arabe (nourriture, costume, mariages, funérailles), décrite avec grand mépris: fourbe, cupide, paresseuse et même malhabile puisque selon Montezon « l'on sait parfaitement que le pays n'a jamais fourni des ouvriers assez habiles pour avoir pu entreprendre et mener à bonne fin le moindre ouvrage d'art [et] on apprend qu'il n'existe pas en Algérie un ouvrage quelconque un peu perfectionné qui n'ait été fait par les nombreux prisonniers chrétiens que les puissances barbares capturaient presque impunément depuis des siècles. » (p. 17) Aussi Montezon décrète-t-il vain tout projet de colonisation en collaboration avec les indigènes et préconise-t-il l'usage continu de la force: « il résulte de l'étude des moeurs et du caractère de ce peuple, qu'il méprise notre civilisation et le bien-être qui en découle; qu'il a besoin de nous craindre pour nous supporter, et que tout système qui tendrait à relâcher les liens de discipline et de juste sévérité, à l'aide desquels on l'a maintenu jusqu'ici, ne pourrait que compromettre l'avenir de notre domination. » (p. 18) Une explication du fonctionnement des bureaux arabes (dont il impute les malversations aux kaïds indigènes) et de la sous-exploitation des concessions complète cet exposé. Montezon conclut en se prononçant en faveur d'une forme de colonisation civile soutenue par le gouvernement, qui aiderait à financer la fondation d'associations de capitaux et l'installation de grandes entreprises sur le sol algérien. Bibliographie : Tailliart 2484: Playfair 1556. CCFR : 5 bibliothèques: BnF (Tolbiac et Arsenal), Lyon, Sorbonne-bis, Rouen. Petits manques à la couverture notamment au dos.