Paris, Flammarion, 1988. In-8 broché, couverture illustrée, 410 pp. + 16 pp. de documents photographiques hors texte.
Reference : 4129
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Rouen, éditions Élisabeth Brunet Département de la Seine-Maritime, fort volume in-8° (15,8 x 24,3 cm) de 648 pages, broché, couverture à rabats imprimée en ton direct, intérieur imprimé en deux tons, noir et bleu.
Pour ses uvres, on le sait, Flaubert sest imposé un travail inlassable, polissant chaque phrase, traquant chaque image, corrigeant chaque mot. Au contraire, dans la monumentale correspondance que certains lecteurs tiennent pour son chef-duvre, cest « lami Flaubert » qui prend la plume, souvent après dix ou douze heures de travail, et qui sautorise enfin le plaisir dune écriture au fil de la pensée, vive, chaleureuse, dune liberté de ton et dun charme incomparables. Admirateur éperdu quand il écrit à Victor Hugo, ou oncle affectueux à sa nièce chérie, amant enflammé dans des lettres à Louise Colet ou mentor tout dévoué à son « disciple » Maupassant, indéfectible ami toujours, il sabandonne à chacun de ses correspondants, ouvrant la bonde des humeurs et idées du moment. Quil sadresse à son oncle Parain ou à Zola, il déploie verve, esprit, tendresse, voire ce quil appelait son Hénormité. Tout naturellement, ces quatre cent quarante lettres retenues (un dixième de lensemble) - dun chahut de collège au tout dernier rendez-vous proposé à Maupassant - racontent aussi le vivant atelier de luvre en cours ou en projet, illustrant le principe intangible « Tout pour lArt, le Beau, le Vrai ». Quelles soient envoyées par « lermite de Croisset », le mondain de Paris, ou le rêveur éveillé qui voyage en Bretagne, aux Pyrénées ou en Orient, les lettres tracent le portrait dun artiste par lui-même, âme sensible qui ressent, pressent, voit tout mieux que quiconque et l'exprime si finement, que chacun y trouve réconfort et « substantifique moelle ». Lorsque jai appareillé en mars-avril 2020 (!) pour la grande traversée des quatre mille cinq cents lettres connues, je ne me doutais pas que lidée dune anthologie sinsinuerait avant de simposer, quasi-réflexe de lectrice-libraire réjouie et enthousiaste prête à recoiffer une casquette déditeur intermittent. Je pensais simplement aux lecteurs curieux qui, comme moi avant de commencer, nauraient pas encore embarqué pour ce long voyage, ne soupçonnant pas la chaleur des lettres, les horizons larges quelles dégagent, la voix dun ami quon y entend. Et songeais que les connaisseurs seraient heureux de partager de nouveau son intimité, son goût de la farce comme sa sensibilité exacerbée. Celle dun artiste, toujours « une monstruosité, quelque chose de hors-nature » (lettre à sa mère, de Constantinople, 15 décembre 1850). Choix d'amateur pour les amateurs (à l'heure où le curieux qui veut tout lire, le peut), chronologique, donnant le texte intégral de chaque lettre et guidé par une idée simple : retenir le plus possible de lettres « fortes », typiques « morceaux danthologie », sans négliger pour autant des billets plus anodins qui aident à comprendre lhomme privé dans les courbes de sa vie et de son époque, les articulations avec ses uvres et les principes qui les sous-tendent. Car nulle part ailleurs que dans ses lettres, Flaubert ne sest montré si entier. « Vous me demandez quels livres lire. Lisez Montaigne, lisez-le lentement, posément ! Il vous calmera. Et nécoutez pas les gens qui parlent de son égoïsme. Vous laimerez, vous verrez. Mais ne lisez pas, comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non. LISEZ POUR VIVRE. » (Lettre à Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, Croisset, 6 juin 1857)
1912 1 Exemplaire n° 10. Paris, Mercure de France, 1912, in-12 broché, dos scotché.
Première édition.
Neuchâtel, À la Baconnière, de la collection "Langages", 1979, in-8° de 303 pages, broché, couverture jaune imprimée à rabats. Bibliographie, table.
1874 1 P., Michel Lévy frères / Librairie Nouvelle, 1872, in-8° de 2 ff.n.ch. (faux-titre, titre.) et 337 pp., broché, couverture imprimée, titre dans un encadrement noir, marque de l'imprimeur J. Claye au verso du faux-titre.
Édition originale de la préface de Flaubert (35 pages) qui a préparé cette première édition collective des poèmes de Bouilhet, le dédicataire de Madame Bovary, "ma conscience littéraire, mon jugement, ma boussole". La préface est le seul texte critique publié par Flaubert qu'il termine par ce qu'il appelle une "moralité", probablement l'un des plus vibrants éloges de l'amitié qu'on puisse lire.Bel exemplaire broché, non coupé, avec le portrait-frontispice de Louis Bouilhet lithographié daprès la photographie de Legé. Carteret I, 145.
Paris 9 mai 1877 | 13.50 x 20.50 cm | 2 pages sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée de Gustave Flaubert adressée à Léon Cladel. Enveloppe jointe. Quelques soulignements et corrections manuscrites de l'auteur. Minuscules taches d'eau. Trois petites restaurations à l'aide d'adhésif sur la seconde page ainsi que deux traces de pliures inhérentes à la mise sous pli du courrier. Amusante lettre dans laquelle Gustave Flaubert, dont la renommée littéraire n'est plus à faire, apporte son soutien à son ami Léon Cladel qui peine à faire publier l'un de ses ouvrages. Le « maître » - c'est ainsi que Léon Cladel nomme son confrère - démarre cette lettre avec enthousiasme: « J'ai commencé votre bouquin hier à 11 heures il était lu, ce matin à 9 ! ». Le « bouquin » dont il est ici question est L'Homme de la Croix-aux-Bufs que Flaubert avait accepté de relire pour son ami le 30 avril; il en avait d'ailleurs réclamé le manuscrit déposé chez l'éditeur Georges Charpentier à ce dernier: « Cladel m'a écrit pr me dire qu'il désirait que je lusse (pardon du subjonctif) le roman en feuilles qui est chez vous. Donc envoyez-le-moi, ou apportez-le-moi. » (Lettre du 3 mai 1877). Léon Cladel, très proche de Gustave Flaubert, semble lui avoir fait part des craintes de l'éditeur édouard Dentu quant à la publication de son ouvrage: « Et d'abord il faut que Dentu soit fou, pr avoir peur de l'im le publier. » En familier aguerri de l'impitoyable monde de l'édition, Flaubert se place en professionnel et déclare : « Rien n'y est répréhensible soit comme politique, soit comme morale. Ce qu'il vous a dit est un prétexte ? » Cette question de la répréhension morale n'est pas sans faire écho au célèbre procès intenté à l'auteur de Madame Bovary. Tel un critique littéraire dithyrambique, Flaubert complimente son confrère : « Je trouve votre livre, un vrai livre. C'est très bien fait, très soigné, très mâle. & je m'y connais mon bon. » Lecteur scrupuleux, il se permet néanmoins quelques remarques sur le manuscrit de Cladel (« J'ai deux ou trois petites critiques à vous faire (des niaiseries) - ou plutôt des avis à vous soumettre.») avant de se raviser : «Qqfois, il y a des prétentions à l'archaïsme et à la naïveté. C'est l'excès du bien. » L'attitude de Flaubert est ici quasi paternelle et en tout cas bienveillante: conscient des capacités de son ami il souhaite l'encourager et voir la publication de son ouvrage aboutir : « Mais encore une fois, soyez content & dormez sur vos deux oreilles - ou plutôt ne dormez pas - et faites souvent des uvres pareilles.» L'écrivain bienveillant évoque également dans cette missive un autre éditeur, Georges Charpentier : « Quant à Charpentier (auquel je remettrai vos feuilles vendredi - jour où je dîne chez lui) je vais lui chauffer le coco violemment, & en toute conscience, sans exagération & sans menterie. » Charpentier qui édite Flaubert depuis 1874 est devenu un proche ami de l'écrivain avec lequel il entretient une riche correspondance. En ce mois de mai 1877, il vient juste de publier Trois contes qui fut pour Cladel l'occasion d'une émouvante célébration de son maître ès Lettres : « Où diable avez-vous pris ce rutilant pinceau dont vous brossez vos toiles, les petites comme les grandes, et cette sobriété que certains latins vous envieraient ? Être à la fois Chateaubriand et Stendhal, et de plus Flaubert ». Cette admiration est réciproque et Flaubert éprouve pour ce «véritable artiste» une estime non feinte : «La fin est simplement sublime! - & du plus gd effet.» Il réitèrera, quelques semaines plus tard ses compliments : «C'est travaillé, ciselé, creusé. L'observation, chez vous, n'enlève rien à la poésie ; au contraire, elle la fait ressortir.» En effet, Cladel s'affirmera comme le véritable héritier du style flaubertien, bien plus que Zola qui lui reprochera justement de «travaille[r] sa prose avec acharnement » et de « s'efforce[r] de rendre parfaite chaque phrase qu'il écrit». C'est finalement Edouard Dentu qui publiera le manuscrit de L'Homme de la Croix-au
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