Michel Lévy frères | Paris 1857 ; [26 mars 1872] ; 11 janvier 1931 | 12 x 18.50 cm | 2 volumes reliés et deux lettres autographes
Reference : 89986
Edition originale comportant toutes les caractéristiques de première émission dont la faute à "Sénart" au feuillet de dédicace. Reliures en demi chagrin vert sapin, dos à quatre nerfs ornés de doubles caissons dorés décorés en angles de ronds dorés, très discrètes restaurations aux coiffes, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier caillouté, reliures de l'époque. Exemplaire exceptionnellement enrichi d'une lettre autographe signée de Gustave Flaubert adressée à sa nièce Caroline Commanville, surnommée Loulou surune page d'un bifeuilletencollée sur une garde du premier volume : "Mardi 11h. Mon Loulou, ta gdmère a très bien supporté le voyage et, malgré l'abominable état où est plongé Croisset, son humeur est bonne. Je n'en dirais pas autant de la mienne. Mon irascibilité touche à la démence. Je vais m'habiller pour aller à Rouen payer des notes - choisir des papiers - & faire une visite à l'hôtel dieu. J'ai couché dans ta chambre. On ne sait pas comment se retourner dans la maison - qui pue violemment - et nous n'avons ni femme de ménage - ni cuisinière. Je t'embrasse ainsi qu'Ernest Ton vieux - peu gai GFlaubert." La lettre est accompagnée dun ex-dono signé de Heeckeren, 11 janvier 1931 apportant des précisions concernant la lettre manucrite de Flaubert, sur un billet autographe encollé sur le contreplat en regard : "Mon cher ami, Loulou, c'est la nièce de Flaubert et c'est elle-même qui remis cet autographe à ma mère ; c'est elle aussi qui écrivit au crayon la date : 1872... [...]" * Fille de la sur de Flaubert morte quelques jours après lavoir mise au monde, et délaissée presque aussitôt par son père, la correspondante de cette lettre Caroline Commanville fut élevée par sa grand-mère et par son oncle. Elle resta toujours pour Gustave Flaubert la fille quil navait jamais eue. Dans cette lettre explosive, Flaubert ne fait pas secret de son humeur détestable - tout à l'écriture de la Tentation de Saint-Antoine, ses relations avec l'éditeur deMadame Bovary Michel Lévy s'étaient gravement déterioriées. Lévy avait également diffusé Salammbô en 1862 puis LÉducation sentimentale en 1869 dont les ventes s'étaient avérées très mauvaises. Mais l'éditeur rechigne alors à publier les poésies de Louis Bouilhet, lami décédé de Flaubert. De plus, l'écrivain considère que Lévy s'était enrichi sur le succès de Bovary : la brouille est consommée en cette année 1872, et Flaubert choisira Charpentier en 1873 pour publier la dernière réédition de Madame Bovary. A l'écriture de cette lettre, Flaubert était arrivé à Croisset avec sa mère dont létat déclinait rapidement. Elle mourra quelques jours plus tard le 6 avril 1872. A la disparition de l'écrivain en 1880, Caroline deviendra la dépositaire de tous ses manuscrits et publiera la première édition de saCorrespondance en 1887. La lettre de Flaubert est publiée dans Correspondance, Louis Conard, 1930, vol. 6, p. 359-360 ainsi que dans la Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, vol. IV, p. 501. La lettre ainsi que l'ex-dono figurent dans l'édition électronique de la Correspondance de Flaubert de l'Université de Rouen Normandie. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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