‎ROUGEYRON (André).‎
‎Agents d'évasion. Agents for escape.‎

‎ Alençon (Orne), Imprimerie alançonnaise, Maison Poulet-Malassis, 1947, gr. in-8°, vii-236 pp, 16 photos sur 4 pl. hors texte, 4 cartes et plans, broché, bon état. Édition originale numérotée sur papier bouffant, enrichie d'un envoi a.s.‎

Reference : 87452


‎"A la déclaration de la guerre avec l’Allemagne, l’auteur, André Rougeyron, est affecté, en sa qualité d’expert en mécanique à l’Armement, dans une usine de matériel de traction située à Colombes, en région parisienne. Il est alors âgé de quarante ans. En juin, de retour dans sa ville de Domfront, il écoute "la mort dans l’âme" l’annonce de la demande de capitulation par le maréchal Pétain. En janvier 1941, son activité professionnelle l’amène à voyager dans l’Orne, la Mayenne et la Manche. Il ne trouve pas à cette époque un réseau de résistance qui lui permette de faire du renseignement. En février 1943, requis pour le travail en Allemagne à Flers, il parvient à être déclaré inapte. Le 5 juillet 1943, suite au crash d’un bombardier dans le secteur de la forêt d’Andaine, il vient en aide à quatre aviateurs américains. Il devient ainsi un "agent d’évasion", activité qui consiste à cacher des aviateurs alliés abattus au-dessus du sol français et/ou à les aider à rejoindre l’Angleterre. Mais André Rougeyron est un novice qui ignore tout des procédures basiques de sécurité en matière de clandestinité. Comme il le fera systématiquement par la suite, les fugitifs sont installés à domicile, chez lui ou chez des proches, ce qui semble d’emblée fort imprudent. Dans le même registre, les aviateurs vont être présentés à diverses personnes dans la région, un peu comme on le ferait de célébrités. Tout cela souligne l’amateurisme de ce qu’il conviendrait d’appeler une chaîne de la solidarité, untel offrant le gîte, un autre le couvert. Un résistant, Claude Monnot, lui donne enfin la possibilité d’accompagner ses protégés jusqu’à Flers, où ces derniers partent pour Paris avant d'être dirigés vers la frontière espagnole. Cette première expérience aurait dû lui démontrer qu’une solide organisation est nécessaire pour ce type de sauvetage. Dans les mois qui suivent, l’auteur continue à beaucoup se déplacer pour son travail. Il en profite pour renseigner la Résistance sur l’organisation, les défenses côtières et les forces aériennes des Allemands. En janvier 1944, il est chargé de s’occuper d’un pilote anglais qu’il va lui-même accompagner à Paris. Mais il échoue à trouver une filière d’exfiltration susceptible de prendre le relais à partir de la capitale. Début mai, il reçoit pour mission de récupérer trois aviateurs britanniques qui se cachent dans la forêt de Ger. C’est un agriculteur qui s’occupe jusqu’alors de leur ravitaillement. Le 3 juin, il apprend de la bouche d’un autre résistant que le débarquement allié est prévu dans la nuit du 5 au 6 juin (p. 81). A compter du Débarquement, de violents bombardements ravagent la région. De nombreux appareils alliés sont abattus, ce qui amène André Rougeyron à cacher jusqu’à onze aviateurs britanniques et américains. Les Allemands pillant ou réquisitionnant sans cesse les habitations, les fugitifs sont constamment déplacés d’une cache à une autre, jusqu’à finir dans son propre domicile. Ce sont essentiellement des commerçants qui fournissent les vivres nécessaires à leur entretien. Pendant cette période tumultueuse, l’auteur est jour et nuit accaparé par ses activités de responsable de la Défense Passive, tout en posant des crève-pneus sur les routes pour ralentir les convois allemands. A de nombreuses reprises, il apparaît que beaucoup de gens de Domfront et des alentours connaissent ses activités dans la Résistance. D’ailleurs, on ne sait jamais très bien qui fait quoi, tant semble grande l’interactivité entre les gens du pays. Et c’est bien là l’aspect le plus surprenant de son récit. Il n’est donc pas surprenant que, le 3 août, il soit arrêté à Domfront par la police allemande et par des éléments de la Milice. En fait, il fait partie d’un coup de filet général qui vise des réseaux de Résistance implantés dans la région. Après avoir subi un interrogatoire musclé dirigé par le chef de la Sipo-SD de l’Orne, l’auteur est incarcéré à la prison d’Alençon, puis transféré le 9 août à Fresnes. Les conditions de détention y sont abominables. Le 15 août, sans autre forme de jugement, il fait partie des 4 000 détenus qui, de la gare de Pantin, sont déportés pour Buchenwald. Le 20 août, il pénètre dans l’enceinte du camp. Le reste de son récit est consacré à la description "classique" de l’univers concentrationnaire. Il ne reste que trois semaines à Buchenwald avant d’être envoyé dans le Kommando de travail d’Holzen, un petit camp situé dans le Hanovre. Début avril 1945, devant l’avancée des Américains, les Allemands font évacuer ce camp. Profitant d’une attaque aérienne, l’auteur s’échappe avec un camarade. Ils errent ensuite dans la campagne jusqu’à l’arrivée des troupes britanniques. André Rougeyron est rapidement rapatrié et retrouve Domfront le 1er juin. (A la déclaration de la guerre avec l’Allemagne, l’auteur, André Rougeyron, est affecté, en sa qualité d’expert en mécanique à l’Armement, dans une usine de matériel de traction située à Colombes, en région parisienne. Il est alors âgé de quarante ans. En juin, de retour dans sa ville de Domfront, il écoute "la mort dans l’âme" l’annonce de la demande de capitulation par le maréchal Pétain. En janvier 1941, son activité professionnelle l’amène à voyager dans l’Orne, la Mayenne et la Manche. Il ne trouve pas à cette époque un réseau de résistance qui lui permette de faire du renseignement. En février 1943, requis pour le travail en Allemagne à Flers, il parvient à être déclaré inapte. Le 5 juillet 1943, suite au crash d’un bombardier dans le secteur de la forêt d’Andaine, il vient en aide à quatre aviateurs américains. Il devient ainsi un "agent d’évasion", activité qui consiste à cacher des aviateurs alliés abattus au-dessus du sol français et/ou à les aider à rejoindre l’Angleterre. Mais André Rougeyron est un novice qui ignore tout des procédures basiques de sécurité en matière de clandestinité. Comme il le fera systématiquement par la suite, les fugitifs sont installés à domicile, chez lui ou chez des proches, ce qui semble d’emblée fort imprudent. Dans le même registre, les aviateurs vont être présentés à diverses personnes dans la région, un peu comme on le ferait de célébrités. Tout cela souligne l’amateurisme de ce qu’il conviendrait d’appeler une chaîne de la solidarité, untel offrant le gîte, un autre le couvert. Un résistant, Claude Monnot, lui donne enfin la possibilité d’accompagner ses protégés jusqu’à Flers, où ces derniers partent pour Paris avant d'être dirigés vers la frontière espagnole. Cette première expérience aurait dû lui démontrer qu’une solide organisation est nécessaire pour ce type de sauvetage. Dans les mois qui suivent, l’auteur continue à beaucoup se déplacer pour son travail. Il en profite pour renseigner la Résistance sur l’organisation, les défenses côtières et les forces aériennes des Allemands. En janvier 1944, il est chargé de s’occuper d’un pilote anglais qu’il va lui-même accompagner à Paris. Mais il échoue à trouver une filière d’exfiltration susceptible de prendre le relais à partir de la capitale. Début mai, il reçoit pour mission de récupérer trois aviateurs britanniques qui se cachent dans la forêt de Ger. C’est un agriculteur qui s’occupe jusqu’alors de leur ravitaillement.Le 3 juin, il apprend de la bouche d’un autre résistant que le débarquement allié est prévu dans la nuit du 5 au 6 juin (p. 81). A compter du Débarquement, de violents bombardements ravagent la région. De nombreux appareils alliés sont abattus, ce qui amène André Rougeyron à cacher jusqu’à onze aviateurs britanniques et américains. Les Allemands pillant ou réquisitionnant sans cesse les habitations, les fugitifs sont constamment déplacés d’une cache à une autre, jusqu’à finir dans son propre domicile. Ce sont essentiellement des commerçants qui fournissent les vivres nécessaires à leur entretien. Pendant cette période tumultueuse, l’auteur est jour et nuit accaparé par ses activités de responsable de la Défense Passive, tout en posant des crève-pneus sur les routes pour ralentir les convois allemands. A de nombreuses reprises, il apparaît que beaucoup de gens de Domfront et des alentours connaissent ses activités dans la Résistance. D’ailleurs, on ne sait jamais très bien qui fait quoi, tant semble grande l’interactivité entre les gens du pays. Et c’est bien là l’aspect le plus surprenant de son récit. Il n’est donc pas surprenant que, le 3 août, il soit arrêté à Domfront par la police allemande et par des éléments de la Milice. En fait, il fait partie d’un coup de filet général qui vise des réseaux de Résistance implantés dans la région. Après avoir subi un interrogatoire musclé dirigé par le chef de la Sipo-SD de l’Orne, l’auteur est incarcéré à la prison d’Alençon, puis transféré le 9 août à Fresnes. Les conditions de détention y sont abominables. Le 15 août, sans autre forme de jugement, il fait partie des 4.000 détenus qui, de la gare de Pantin, sont déportés pour Buchenwald. Le 20 août, il pénètre dans l’enceinte du camp. Le reste de son récit est consacré à la description "classique" de l’univers concentrationnaire. Il ne reste que trois semaines à Buchenwald avant d’être envoyé dans le Kommando de travail d’Holzen, un petit camp situé dans le Hanovre. Début avril 1945, devant l’avancée des Américains, les Allemands font évacuer ce camp. Profitant d’une attaque aérienne, l’auteur s’échappe avec un camarade. Ils errent ensuite dans la campagne jusqu’à l’arrivée des troupes britanniques. André Rougeyron est rapidement rapatrié et retrouve Domfront le 1er juin." (Stéphane Lamache, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.‎

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