Monaco, Éditions du Rocher, 1946. Un volume de 330 x 260 mm pour 83 pp. Non relié, en feuillets sous chemise rempliée illustrée. Chemise de plats en noir et blanc, impression noir et blanc, impression en rouge sur la p. de titre. Sur pur fil des papeteries Johannot, avec une introduction de Pierre Emmanuel, illustré de bois gravés par Léon Zack. L'un des 300 exemplaires tirés, celui-ci portant le numéro 117. Feuillets non coupés et non rognés. Bandeaux en haut des poèmes, dessins en fin de poèmes, titre courant frappé de deux lions en haut de chaque page. "Il est des génies de crise qui surgissent dans l'extrême contradiction. Aux époques où l'homme s'écroule, étouffant sous les décombre son sens, il appartient à certaines voix élémentaires de dominer le fracas des ruines, et de crier ce sens hors du tombeau... Ce sont des œuvres vraiment grandes, que celles qu remettent tout en question, même l'art : qui poussent l'homme du dedans, à la manière d'un feu central, vers sa forme encore ignorée. L'esprit de prophétie les anime, non pour prédire un destin qui serait comme embusqué en tel lieu du futur, mais pour projeter les puissances de l'homme, créer en avant l'espace temporel. Tant que l'homme se repose dans l'illusion d'un équilibre sûr, ces voix demeurent dans le silence. Mais au retour des cycles de catastrophe, pareilles à des volcans, elles rentrent en activité." (Introduction) Protestant calviniste, Théodore Aggripa d'Aubigné (1552-1630) fut écuyer du roi Henri IV de Navarre. Courtisan doué, mais enclin aux querelles, il participe à plusieurs guerres pour son roi et sa religion avant de s'exiler à Genève. Il publiera Les Tragiques en 1616. Ce livre se décline en sept chants ou livres racontant les guerres de religion entre les catholiques et les protestants. Oublié, puis redécouvert au XIXe siècle, il fut réédité juste après la Seconde guerre mondiale, les éditions du Rocher le trouvant alors très à propos.
Reference : 0137
Menues traces de frottements sur le plat de couverture, léger froissement en coiffe, quelques rousseurs éparses, à part ça intérieur frais. Édition artistique à la décoration sobre, mais pleine d'impact.
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Établi au Brésil depuis plus de 10 ans, j'ai été surpris de découvrir bien des livres français qui valent le détour. Signatures rares, éditions originales, belles reliures, livres anciens ou plus modernes avec une part belle aux Brasiliana en français. Faites vivre la France qui rayonne hors frontières et suivez-nous sur Instagram @librairienoisette Frais de port compris. Envoi DHL possible en supplément. Paiements par virement bancaire IBAN ou SWIFT. As a native French who lived in Brazil for over 10 years, I had the pleasant surprise to discover many worthy books in French and English. Rare signatures, first editions, beautiful bindings, antique and more modern books, with some serious titles in English too. Follow us on Instagram @librairienoisette. Shipping included. DHL shipping available at an additional cost. Payments by IBAN or SWIFT bank transfer.
IMP. FOLLOPPE. 1976. In-8. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 246 pages.. . . . Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues
Sommaire : les tragiques conflit social et genèse poétique - d'aubigné prosodiste novateur - les images de parenté dans les tragiques - le sang dans les tragiques - l'inspiration biblique dans les tragiques - la saint barthelemy et le saint bonaparte - le périple d'aubigné etc. Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues
Rouen, Adrian de Launay, 1603. In-12 de 789pp., (3)ff. de table. Petite galerie de vers marginale p.487 à 512 avec perte d'une lettre à 2 ff., petite tache angulaire marginale à 5 ff.. Intérieur frais. Plein veau glacé havane, dos à nerfs orné de fleurons, titre et date dorés, encadrement d'un double filet à froid et fleurons dorés aux angles sur les plats, tranches dorées. Légers frottements aux charnières. Agréable reliure du 19ème
Les Novelli de Matteo Bandello sont publiées pour la première fois à Lucques en 1554 en trois volumes rassemblant 186 nouvelles. Un quatrième volume, comportant 28 histoires supplémentaires, paraît à Lyon en 1573. Parmi elles, L'Histoire de deux amants (Histoire III), dont l'un mourut de venin, l'autre de tristesse, immortalisée par Shakespeare dans Roméo et Juliette. En 1559, Pierre Boaistuau et François de Belleforest publient à Paris leur traduction en français de quelques nouvelles. Boaistuau donne de son côté une traduction libre de six récits tragiques (Histoires tragiques, extraites des uvres italiennes de Bandel) et François de Belleforest sa propre traduction de douze autres histoires (Continuation des Histoires Tragiques) dont la publication se poursuivra jusquen 1582. Ces deux premières parties, rassemblant dix-huit histoires, ont ensuite été publiées à Lyon, chez Jean Martin en 1564 sous le titre XVIII histoires tragiques, puis réimprimées à Turin par César Farine en 1570. Notre exemplaire comprend donc ces 2 premières parties avec au total 18 histoires. L'histoire tragique est un genre de fiction dans la littérature française des XVIe et XVIIe siècles, un rendu baroque de nouvelles du style de Boccace, se concentrant sur le côté sombre de la nature humaine. Il s'agit d'une forme narrative brève, proche de la nouvelle sauf par lesthétique hyperbolique de la violence qui le caractérise. Dès sa naissance en 1559, l'histoire tragique ne se conçoit qu'au pluriel. Ses origines sont italiennes. L'ancêtre de ce genre d'histoire est l'érudit Pierre Boaistuau qui a sélectionné parmi Bandello les six histoires les plus sombres et les plus sanglantes et les a modifiées pour ses moyens. Il a été suivi par l'historiographe royal François de Belleforest qui a adapté 12 autres histoires pour la nouvelle édition en 1570. Le succès de l'ouvrage encourage une foule d'imitateurs tels Jacques Yver, Vérité Habanc ou Bénigne Poissenot puis au XVIIe siècle François de Rosset. Joli exemplaire élégament relié. Brunet I, 638
Paris, Briasson, 1731. 3 volumes in-12 (166 x 100 mm), 3 ff. n. ch., 366 pp., 1 f. n. ch. ; 2 ff. n. ch., 380 pp. ; 2 ff. n. ch., 400 pp. Maroquin vert, plats décorés d’un triple filet doré en encadrement, dos à nerfs orné de caissons de fleurons dorés, titre doré, date et lieu dorés en queue, double filet doré sur les coupes et les coiffes, large frise dorée en encadrement des contreplats, tranches dorées sur marbrures, quelques frottements sur les plats, dos légèrement ternis, peau fendue sur 2 cm à un mors, taches d'encre légères au tome deux pages 216, 291, 292 et sur la planche en regard, petit manque angulaire de papier page 331 du tome trois (Chambolle-Duru 1869).
Première édition en trois volumes à la même date.Ce recueil de tragédies galantes, publié anonymement, comprend quatorze nouvelles. "Les premières éditions de ce recueil sont moins complètes" (Gay-Lemonnyer). Parmi ces nouvelles, Zingis, Jacqueline de Bavière et L'Amitié singulière sont les oeuvres d'Anne de la Roche-Guilhem (1644-1710).Celle intitulée Don Carlos, nouvelle historique, reprend la nouvelle publiée sans nom d’auteur par César Vichard de Saint-Réal (1643-1692) à Amsterdam en 1673.Cette édition est illustrée d’un frontispice, de lettrines, de culs de lampe et bandeaux et de 16 planches hors texte gravées en taille douce, « ce qui est rare dans les histoires tragiques (c’est la seule occurrence à notre connaissance) ». Elles « représentent des scènes galantes, des rencontres amoureuses, des personnages implorant la pitié de souverains, des scènes orientales, des scènes bourgeoises ressemblant fort aux tableaux de genre, et il n’y a qu’une seule représentation de meurtre, pour illustrer la première histoire du dernier tome » (Nicolas Cremona).Aux histoires tragiques, genre littéraire qui rencontra un grand succès jusqu’au début du XIIIe siècle, ces quatorze récits narratifs ajoutent des éléments romanesques, échange de lettres, sentiments amoureux. « En cette fin de règne de Louis XIV, l’heure n’est plus au récit sanglant, mais au récit galant, même si à la fin tous les personnages importants meurent, et l’auteur du recueil reprend le terme d’histoires tragiques pour hériter des lecteurs de ce genre, sans pour autant appliquer exactement la formule qui avait fait le succès de Rosset en son temps » (Nicolas Cremona).L’apparition en France de la littérature tragique est liée à la traduction par Pierre Boaistuau (Nantes, 1517–Paris, 1566), en 1559, de six des 214 nouvelles de l’italien Matteo Bandello (1485–1561), inventeur de cette forme narrative. François de Belleforest (près de la ville de Samathan, 1530 – Paris, 1583), son collaborateur, poursuivra leur traduction : « Il se place donc dans le sillage de Boaistuau, mais élimine comme il le dit les « comptes joyeux » pour ne conserver des écrits de Bandello que ce qui justifie le titre d’Histoires tragiques » (Stephan Ferrari).L'exemplaire relié par Chambolle-Duru cité par Gay.Le premier exemplaire signalé par Gay de cette édition citée en référence est celui de la vente "Fontaine, en 1870, reliure de Chambolle-Duru". Il figure sous le numéro 571 du Catalogue de livres anciens et modernes rares et curieux de la librairie Auguste Fontaine de 1870.René-Victor Chambolle (1834 – 1898) fut associé à Hippolyte Duru (1803 – 1884) de 1861 à 1863, date à laquelle il devint seul propriétaire de l’atelier de reliure. Il « conserva la raison sociale Chambolle-Duru, connue et estimée des amateurs depuis 35 ans » (Fléty). Son fils, René Chambolle (1873 – 1915) lui succéda et maintint la notoriété de l’atelier.Très bel exemplaire en maroquin vert signé Chambolle-Duru.Gay-Lemonnyer, 594. Nicolas Cremona, "Pleines de chair et de sang” : poétique d’un “genre à succès”, l’histoire tragique [1559-1644], Paris III, 2009, p. 442. Fléty, p. 40.
EUROPE. Mars 1976. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 246 pages.. . . . Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues
Sommaire : Agrippa d'Aubigné (1552-1630) par Jacques Madaule, Les tragiques : conflit social et genèse poétique par Henri Weber, D'Aubigné, prosodiste navateur par Jean Rousselot, Les images de parenté dans Les Tragiques par Claude Gilbert-Dubois, Agrippa d'Aubigné et les sorcières par Jacques Bailbé, Le sang dans Les Tragiques par James Dauphiné Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues
Paris, Matthieu Guillemot, 1585. 1 vol. in-16, veau fauve marbré, dos à nerfs orné de caissons dorés, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes, tranches jaspées de rouge et de bleu. Reliure du début du XVIIIe siècle,restaurée. La pièce de tomaison porte "to.8". (16) ff., 272 ff. Signatures : at8 et8 [A-Z]8 [Aa-Mm]8. Petit manque en pied au feuillet 127 avec perte de qq. mots du texte.
Rarissime édition originale de ce recueil de huit nouvelles écrites dans la continuation des Histoires tragiques de Boaistuau et de Belleforest (1559-1582).D'ailleurs ce volume relié au XVIIIe siècle, était destiné à compléter les sept tomes des Histoires tragiques de Boaistuau et Belleforest, car il porte la tomaison "8" : en effet, c'est pour le 8e tome des Histoires tragiques que Matthieu Guillemot avait obtenu un privilège royal. On ne connaît rien sur son auteur,Vérité Habanc, qui se qualifie de gentilhomme saintongeais, sinon qu'il était l'un des sectateurs les plus ardents du parti catholique. Comme le relève Gabriel Pérouse, il est fort vraisembable que ce gentilhomme provincial qui avait étudié à Poitiers, ait combatu dans l'armée du futur Herni III et ait participé à la bataille de Moncontour. Les allusions et développements historiques compris dans les nouvelles IV et VII nous prouvent qu'il avait vécu de près ces événements. Longtemps méconnues, elles sont pourtant d'une grande importance dans l'histoire de la littérature, car elles forment un jalon dans la pérennité du genre, illustré notamment par la suite par Poissenot et Jacques Yver, puis par Rosset. Pour ces huit nouvelles, l'auteur a recherché à s'éloigner du modèle italien de Bandello en créant des nouvelles proprement à la française. Sous couvert d'un tableau d'une certaine intransigeance morale et religieuse, l'auteur s'épanche en détails scabreux tout en s'irritant contre les comportements déshonnêtes, en particulier des femmes. Son style est parqué par l'exaltation rhétorique des controversistes de son temps et la verdeur de ses propos lui confèrent par moments des accents rabelaisiens. L'intérêt du livre réside aussi dans le témoignage qu'il nous délivre sur les usages de la société de la seconde moitié du XVIe siècle. Pour Pérouse, qui en fait une longue analyse, "le livre lui, est bien curieux, et mériterait cent fois d'être connu : ne serait-ce que pour son attrayante variété". Et les Nouvelles Histoires "malgré leurs faiblesses, sont un livre hors du commun. V. Habanc y a esquissé une "représentation" romanesque, fortement contrastée de la force et de la faiblesse humaine". Cette édition est d'une insigne rareté. A l'époque de la rédaction de son étude,n Gabriel Pérouse pensait qu'il n'en restait qu'un seul exemplaire, celui de la bibliothèque de l'Arsenal. Aujourd'hui nous piouvons en dénombrer trois autres , tous conservés dans des bibliothèques étrangères. Loviot, Revue des Livres anciens, I, 308; USTC, 59805; Cioranescu, 11291; Arbour, 93; Pérouse, Nouvelles françaises du XVIe siècle, Genève, Droz, 1977, pp. 298-310.
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