1988 Grande et importante acrylique sur toile signée au dos, 1988 (130/190 cm).
Reference : 1490
« Mouvement en mouvement. Concassé cubiste, déboité pop, splitté conceptuel ou persistance rétienne du futurisme. L’art a volé en éclat. L’art éclaté. Lulu et l’art éclaté. Activisme et créativité, speedés comme une Formule 1 dans l’anneau du Nürbringen, le processus accéléré, les images superposées, informations et détails par milliards. L’art atomisé dans un cyclotron. Lulu dans le cyclotron. (CharlÉlie Couture.) « Le Groupe Bazooka va fonctionner pendant six ans sous une forme proche de celle du commando, bien que leurs buts restent exclusivement artistiques. Ils procèdent par interventions graphiques. John Heartfield, les Futuristes et les Constructivistes servent de référence à la création de leurs publications éphémères, dont chaque page fonctionne comme une unité visuelle, cassant la notion de style, les règles de la bande dessinée et celles de la maquette de presse. En 1978, Libération produit leur journal ‘‘ Un regard moderne ‘’, journal d’artistes qui mélange textes et images. Le groupe se sépare au début des années 80 mais reste toujours complice sur des opérations éphémères : clips, génériques, émissions télévisuelles, expositions. À cette époque, Lulu Larsen ajoute à sa pratique permanente du dessin celle de la peinture. Pratiquée d’abord en performance dans l’esprit interventionniste de ses débuts, elle évolue vers la toile, qui est depuis son support de prédilection. Il expose en RDA, en Hongrie, en Yougoslavie. En 1989, il montre dans ces pays l’exposition ‘‘ Dix révolutions à travers le monde ‘’, où il évoque les grands mouvements révolutionnaires qui ont marqué le vingtième siècle. Ce travail ne revendique aucun engagement idéologique, il se situe dans le champ de l’émotion et d’un jeu mené en toute liberté à partir des contraintes de la thématique. » (Pierre Ponant.) « Il y a chez Lulu Larsen une obsession du fragment, un regard qui ne peut plus embrasser le monde entier, mais qui tente, malgré tout, d’en recoller les morceaux. Son œuvre, traversée de collages, de ruptures visuelles et d’accidents graphiques, fonctionne comme une anatomie incomplète : un corps du monde recomposé à partir de débris d’images, de pensées suspendues. Chaque élément semble provenir d’un organisme plus vaste, aujourd’hui disloqué. Ce qui se montre n’est pas la totalité, mais la tentative : celle d’un artiste qui, conscient de l’impossibilité de réparer la beauté, continue pourtant à en tracer la cartographie fragile. » (Christian Chapiron.) Né au Mans en 1954 (et mort en 2016 à l’Hôpital Bretonneau de Paris), cofondateur de Bazooka en 1974, Lulu Larsen a participé à la plupart des publications du groupe : Loukhoum breton, Bien dégagé sur les oreilles, Activité sexuelle : normale, Bulletin périodique, Un regard moderne. Ses œuvres ont été exposées à la Grande halle de la Villette (La Fée électrique), à Saint-Denis (Babylone Bobigny), au Műcsarnok de Budapest (Médias d’artistes), à la galerie Christian Desbois de Paris, à Hérouville Saint-Clair et au Musée Sainte-Croix des Sables-d’Olonne (Bazooka, Un regard moderne), à la Maison rouge/Fondation Antoine de Galbert (L’Esprit français, contre-cultures 1969-1989), à la Villa Médicis, au MAMCO et à la Cité de la musique (Europunk), Sur une proposition de Pascal Barbe et sur l’instigation de Pierre Ponant, l’expo Dix révolutions dans le monde a été montrée en 1989 à l’Institut français de Hongrie, au Centre culturel français de Belgrade et au FRAC de Fort-de-France. Une rétrospective a aussi été consacrée à l’artiste en 2025 à la galerie Art & art : Lulu Larsen, Le puzzle sans modèle."
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