Edition originale du Traité des sensations, « l’œuvre importante de Condillac ». Précieux exemplaire, grand de marges, conservé dans sa reliure de l’époque aux armes de la duchesse de Montmorency-Luxembourg. 2 tomes reliés en 1 volume in-12 de (1) f., VI pp., 345 pp., (2) ff., 336 pp. Veau marbré, triple filet or encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné de pièces d’armes et filets dorés, pièce de titre en maroquin rouge, filet or sur les coupes, tranches rouges. 165 X 98 mm. Edition originale du Traité des sensations, « l’œuvre importante de Condillac ». Précieux exemplaire, grand de marges, conservé dans sa reliure de l’époque aux armes de la duchesse de Montmorency-Luxembourg. ________________________________ Condillac, Etienne bonnet de. Traité des sensations, à Madame la comtesse de Vassé, par M. l’Abbé de Condillac, de l’Académie Royale de Berlin. Londres, & se vend à Paris, 1754. Edition originale du Traité des sensations, « l’œuvre fondamentale de Condillac » (Serge Nicolas). Tchemerzine, II, 479 ; Garrison & Morton, 4968 ; Blake, 97 ; INED, 1165 ; Brunet, 3642 ; En Français dans le Texte, 158. Dans le Traité des sensations, le plus célèbre de ses écrits, Condillac se propose d’expliquer par nos sensations la formation de toutes nos idées, et par nos besoins le développement de toutes nos facultés. Il établit que nos pensées et nos connaissances viennent d’une seule source : les sensations, processus purement physique. C’est le langage, invention purement humaine, qui permet d’organiser les sensations pour élaborer une pensée consciente. « Cet ouvrage est infiniment supérieur et aux aperçus de Diderot, et aux pages les plus éloquentes que profondes de Buffon et à l’exposition que l’on trouve dans l’Essai analytique de Bonnet ». (Dictionnaire de la conversation, XVI, p.130). Après l'Essai sur l'origine de nos connaissances, où il avait tâché de développer une philosophie résolument sensualiste, et pour répondre notamment à des objections formulées par Diderot, Condillac tente dans le Traité des sensations une genèse systématique des facultés humaines à partir de la seule sensation, en raisonnant sur une fiction : celle d'un être identifié à une statue. Condillac ouvre à sa statue un sens, puis un autre, etc et procède à l'inventaire des connaissances acquises à chaque fois. Visant surtout à débouter le préjugé des idées innées, il choisit comme première modalité sensorielle la moins intellectuelle de toutes : l'odorat et montre tout ce que l'on peut tirer d'une sensation olfactive. Mais ce n'est qu'au chapitre du toucher que la statue, qui a déjà des idées et des sentiments, acquiert la connaissance du monde extérieur. C'est la sensation de double contact ou sensation de solidité, qui instruit la statue de façon décisive et lui ouvre la carrière des connaissances véritables et enfin du langage qui permet toutes les opérations analytiques. « Condillac est dans son étude des causes et des conséquences de l'accroissement démographique, beaucoup plus près de Cantillon que les physiocrates qui le critiquèrent. Dans son Traité des sensations, qui est clair et logique, Condillac a, par sa théorie de la psychologie des sensations, largement dépassé Locke et Hartley » (Spengler). « Une Histoire de la philosophie et de la psychologie française ne peut être écrite sans référence à Condillac (1714-1780), certainement le plus grand philosophe français du siècle des Lumières qui a compté comme représentants les noms illustres, entre autres, d’Alembert, Diderot, d’Holbach, Helvétius, La Mettrie, Montesquieu, Rousseau, Vauvenargues, Voltaire… L’œuvre de Condillac, qui se situe en continuité directe avec celles de Descartes et de Locke, est la plus complète d’entre toutes. C’est ainsi qu’elle va constituer le socle sur lequel va s’édifier la philosophie française après la rupture que va engendrer la révolution de 1789 » (Serge Nicolas, Histoire de la philosophie). Dans la dégénérescence du rationalisme cartésien, l’action de Condillac était nécessaire : elle préparait de loin la philosophie positive du siècle suivant(J. Patry). « Le Traité des sensations exerça une influence immense sur tous les penseurs du XVIIIème siècle, notamment en France et en Italie » (Dictionnaire des ouvrages). Précieux exemplaire, grand de marges, conservé dans sa reliure de l’époque aux armes de la duchesse de Montmorency-Luxembourg (1707-1787). Madeleine-Angélique de Neufville de Villeroy épousa en 1721 Joseph-Marie duc de Boufflers, lieutenant général, gouverneur de Beauvais ; elle fut nommée dame du palais de la reine en 1734. Devenue veuve, elle se remaria en 1750 avec Charles-Anne-François-Frédéric de Montmorency duc de Piney-Luxembourg, dit le maréchal de Luxembourg, maréchal de France. Ce fut elle qui accueillit Jean-Jacques Rousseau à Montmorency. « Pendant un hiver assez rude, au mois de Février, j’allois tous les jours passer deux heures le matin, et autant l’après-dinée dans un Donjon tout ouvert que j’avois au bout du jardin où étoit mon habitation. Ce fut dans ce lieu, pour lors glacé, que, sans abri contre le vent et la neige, et sans autre feu que celui de mon cœur, je composai dans l’espace de trois semaines ma Lettre à d’Alembert sur les Spectacles. C’est ici, car la Julie n’étoit pas à moitié faite, le prémier de mes ecrits, où j’aye trouvé des charmes dans le travail » (OC I, p. 495). « J’avois fait de ce Donjon mon cabinet de travail, en sorte que j’y avois une table couverte d’épreuves et de feuilles de l’Emile et du Contrat Social, et brochant ces feuilles à mesure qu’on me les envoyoit j’avois là tous mes volumes longtems avant qu’on les publiât » (OC I, p. 570). Au mois de juillet 1759, Jean-Jacques Rousseau qui fréquente le château du Maréchal, lit La Nouvelle Héloïse à la duchesse de Luxembourg.
Reference : 15620
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A Londres et se vend à Paris, chez De Bure l'aîné, 1754. 16,5 x 10,5 cm, vj-345 et 335 pp. Deux volumes reliés plein veau raciné d'époque, dos lisse ornés, pièces de titre, tranches rouges. Reliures légèrement usées, tome i coiffe sup. abîmé, traces de frottements, coins émoussés, tome II coiffe sup. arasée, coins émoussés, petit manque à une pièce de titre. Sinon bons exemplaires. Édition originale de « l'oeuvre fondamentale de Condillac ». Dans ce Traité des sensations, Condillac se propose d expliquer par nos sensations la formation de toutes nos idées, et par nos besoins le développement de toutes nos facultés. Il établit que nos pensées et nos connaissances viennent d une seule source : les sensations, processus purement physique. C'est le langage, invention purement humaine, qui permet d'organiser les sensations pour élaborer une pensée consciente.
À Paris, chez Vallat-la-Chapelle, 1767-1768, in-8, 3 vol. : front, XCV-[1]-264 pp, 2 pl. + portrait-front, [2]-LVI pp. et pp. 201 à 684-[4], 19 pl. + front, XXXII-320 pp, 13 pl, Veau marbré de l'époque, dos à nerfs et fileté, pièce de titre rouge et tomaisons brunes, tranches rouges, Première édition de ce travail de "longue haleine" dont l'auteur avait annoncé la publication en 1740, lors de la parution de son Traité des sens (Rouen, chez l'auteur), qui en était un "morceau détaché" concernant les cinq sens. L'auteur, Claude-Nicolas Le Cat (1700-1768), y présente l'aboutissement de ses recherches à la fois en physique et en physiologie et apparait comme l'un des premiers adeptes d'une approche mécaniste de la physiologie (DSB). Il y expose notamment une théorie de la propagation de la lumière qui s'oppose à celle de celle de Newton. Les deux premiers tomes se présentent comme deux parties du Traité des sensations et le troisième comme un supplément. Le premier tome concerne la physiologie des sensations et des passions ; Le second tome correspond au traité des sens, tel qu'il avait été publié en 1740, c'est à dire avec pagination débutant par 201 (ff. O1) ; il est précédé de la dédicace aux seigneurs du Parlement de Normandie et d'une longue préface propre à l'édition de 1767, dans laquelle Le Cat insiste sur le fait qu'il s'agit d'un "reste des exemplaires distribués en 1740". Le troisième tome comprend une Théorie de l'ouïe. L'ouvrage compte 34 planches gravées sur cuivre, la plupart dépliantes, dont le portrait-frontispice par Wille d'après Thomiers, 1 frontispice allégorique par Bacheley et 1 autre par Desmarest ; plusieurs gravures, dont les vignettes en tête, sont de Herisset. Le Cat fut le fondateur de l'Académie Royale de Rouen et l'un des plus célèbres chirurgiens français du XVIIIe siècle. Il s'établit à Rouen en 1729 comme chirurgien de l'archevêque La Vergne de Tressan qui fut son protecteur, puis devint chirurgien en chef de l'hôtel-Dieu de Rouen en 1731, où il établit un amphithéâtre de dissection en mars 1736. Cet "habile lithotomiste" (Frère) était par surcroît membre de plusieurs sociétés savantes (Académies de Paris, Londres, Madrid, etc.). Charnières intérieures du t. II fragiles. Feuillets brunis. Blake 260. DSB VIII pp. 114-115. Frère II, 182-183. Wellcome III, 468. Couverture rigide
Bon 3 vol. : front., XCV-[1]-264
À Paris, chez Vallat-la-Chapelle, 1767-1768, in-8, 3 vol. : portrait, XCV-[1]-264 pp, 2 pl. + front, [2]-LVI pp. et pp. 201 à 684, 19 pl. + front, VI-XXXII-320 pp, 13 pl, Basane marbrée de l'époque, dos à nerfs et fleuronnés, pièces de titre rouges, tomaisons vertes, tranches rouges, Première édition de ce travail de "longue haleine" dont l'auteur avait annoncé la publication en 1740, lors de la parution de son Traité des sens (Rouen, chez l'auteur), qui en était un "morceau détaché" concernant les cinq sens. L'auteur, Claude-Nicolas Le Cat (1700-1768), y présente l'aboutissement de ses recherches à la fois en physique et en physiologie et apparait comme l'un des premiers adeptes d'une approche mécaniste de la physiologie (DSB). Il y expose notamment une théorie de la propagation de la lumière qui s'oppose à celle de celle de Newton. Les deux premiers tomes se présentent comme deux parties du Traité des sensations et le troisième comme un supplément : Le premier tome concerne la physiologie des sensations et des passions ; Le second tome correspond au traité des sens, tel qu'il avait été publié en 1740, c'est à dire avec pagination débutant par 201 (ff. O1) ; il est précédé de la dédicace aux seigneurs du Parlement de Normandie et d'une longue préface propre à l'édition de 1767, dans laquelle Le Cat insiste sur le fait qu'il s'agit d'un "reste des exemplaires distribués en 1740". Le troisième tome comprend une Théorie de l'ouïe. L'ouvrage compte 34 planches gravées sur cuivre, dont le portrait-frontispice par Wille d'après Thomiers, 1 frontispice allégorique par Bacheley et 1 autre par Desmarest ; plusieurs gravures, dont les vignettes en tête, sont de Herisset. Le Cat fut le fondateur de l'Académie Royale de Rouen et l'un des plus célèbres chirurgiens français du XVIIIe siècle. Il s'établit à Rouen en 1729 comme chirurgien de l'archevêque La Vergne de Tressan qui fut son protecteur, puis devint chirurgien en chef de l'hôtel-Dieu de Rouen en 1731, où il établit un amphithéâtre de dissection en mars 1736. Cet "habile lithotomiste" (Frère) était par surcroît membre de plusieurs sociétés savantes (Académies de Paris, Londres, Madrid, etc.). Épidermures, accidents aux coiffes et aux coins. Blake 260. DSB VIII pp. 114-115. Frère II, 182-183. Wellcome III, 468. Couverture rigide
Bon 3 vol. : portrait,
London, Chez de Bure l'aîne, 1754. Small 8vo. 2 cont. full mottled calf, richly gilt backs, tome-and titlelabels in leather, gilt. Very slightly rubbed. Fine. 2 halftitles. (2),VI,345"(4),335,(1) pp. Old owners name on titles, 1 leaf with a tear, repaired without loss. A few minor brownspots, fine and clean.
Rare first edition of Condillac's main work. Condillac's philosophy of science was considered the most authoritative reading of Newtonian methodology. Among many others Lavoicier and other protagonists of the chemical revolution were influenced by his reform of nomenclature, as were and are botanists, zoologists and geometrics by his scientific explanations. His psychological empiricism is now considered the first positivist account of science.Condillac was one of the greatest French philosophers of the Enlightenment. He was friends with Rousseau and Diderot and was a forerunner in the junction between epistemology and philosophy, which was inspired by Locke and Newton, as the two sciences almost merged into one in this period. ""Condillac contibuted to the synthesis more decisively than did any other writer."" (D.S.B. III:380).In this his main and most important work Condillac shows how more complicated functions of the soul arise from the combination and counter-effects of the sensations. According to his highly influential theory, all thought is derived from sense-perception, by placing sensations in a certain order with the help of language and mathematical signs.His ""philosophy of science as language occupies a midpoint in the evolution of scientific epistemology between the empiricism of Locke and the positivism of Comte."" (D.S.B. III:380).Condillac viewed language as the analyst of experience and in this work puts forth his idea that effective knowledge is derived from the mind's ability to invent and manipulate symbols of uniform and determinate significance. He approached all problems genetically and adduced the acquisition of language by regarding a baby. ""(I)n the most comprehensive of his works, the ""Traité des sensations"", he sets out, faithful to his genetic approach, to trace in principle the process by which a being organized with the capacity of becoming human learns to avail itself of the several senses with which it is provided."" (D.S.B. III:381).
Fayard, 1984, in-8°, 438 pp, reliure cartonnée crème de l'éditeur, bon état (Coll. Corpus des œuvres de philosophie en langue française)
Elève des Jésuites de Lyon, puis du Séminaire de Paris, ordonné prêtre en 1740, Condillac (1714-1780) quitta très tôt le sacerdoce pour la vie mondaine des gens de lettres. De 1758 à 1767, il vit à Parme, précepteur de l’Infant, pour lequel il rédige un Cours d’études. De retour à Paris, il est élu à l’Académie française ; en 1759, il sera membre de l’Académie de Berlin, puis en 1776, de la Société Royale d’Agriculture d’Orléans. Déclinant l’offre du Dauphin qui souhaitait lui confier l’éducation de ses fils, il se retire chez sa nièce pour y préparer l’édition future – et posthume – de son oeuvre. Les contemporains apprécièrent le Traité des Systèmes plus que ceux qui suivirent : l’abbé Raynal le trouve « plus agréable et plus estimable » ; d’Alembert, à l’article Système de l’Encyclopédie, cite abondamment le premier chapitre. Par la suite, les Idéologues puis Auguste Comte en retiendront les leçons. Le Traité critique l’abstraction sous toutes ses formes, en analysant, non les contenus, mais les conditions logico-formelles du discours qui rendent la pensée systématique inacceptable : cela permet à l’auteur d’envelopper sous la même réfutation des doctrines aussi disparates que la métaphysique des idées innées et l’art divinatoire. Un bon système n’est pas une totalisation partant de principes a priori, mais la liaison d’une multiplicité de données à partir d’un phénomène bien choisi : celui de Newton montre en science le modèle optimal de la systématicité, paradigme à importer dans les autres disciplines, arts mécaniques, beaux-arts, éthique et politique. (Catalogue des Auteurs, CF) — "Le Traité des sensations est paru en 1754; le Traité des animaux en 1755. Nous publions les textes revus et corrigés par l'Auteur, figurant dans l'édition posthume des Œuvres de Condillac (1798) établie d'après les manuscrits autographes. Nous nous sommes contentés de moderniser la typographie." (Francine Markovits) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.