‎Laure Junot, duchesse d'Abrantès (1784-1838), mémorialiste.‎
‎Lettre autographe signée‎

‎Laure Junot, duchesse d'Abrantès (1784-1838), mémorialiste. L.A.S., [7 octobre 1808], 1p in-8. Recommandation autographe en marge d'une lettre, découpée de la lettre, recommandant à M. B. (nom biffé, illisible) monsieur de Percy, de famille honorable. Elle signe « L J Duchesse D'abrantès ». [361] ‎

Reference : 014890


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‎COCTEAU (Jean)‎

Reference : 24142

(1915)

‎Lettre autographe signée.‎

‎ Les mécènes à la rescousse de l'effort de guerre [Paris, 16 mars 1915]. 1 page en 1 f. (210 x 270 mm) a en-tête de la revue Le Mot, enveloppe conservée. « Comme je suis content que vous aimiez notre beau projet de contre-offensive. Il faudrait que les Alliés m'aident. À Dimanche. Jean Cocteau ».‎


‎Brève et enthousiaste, cette lettre autographe signée de Jean Cocteau s'adresse à Cypa Godebsky, le demi-frère de Misia Sert : Le projet dont il est question ici est Le Mot, revue patriotique d'art et de propagande fondée par Cocteau et Paul Iribe en novembre 1914. Si Cocteau a été réformé, il ne reste pas inactif : engagé comme brancardier de la Croix-Rouge, il assiste au bombardement de Reims et participe à l'évacuation des blessés. Le traumatisme est fort. De retour à Paris, il fonde cette revue à la fois graphique, belliqueuse et provocante, exploitant un patriotisme sans nuances. Le Mot connaîtra vingt numéros entre novembre 1914 et juillet 1915. Pour mener à bien l'entreprise, Cocteau doit en financer la poursuite : il sollicite alors des mécènes, notamment Cypa Godebsky, rencontré lors des convois sanitaires à Reims, et dont le salon est réputé pour accueillir les grands artistes et écrivains du moment - de Valéry à Gide, de Satie à Vuillard, de Fargue à Conrad. Les Godebsky, installés rue d'Athènes et à La Grangette à Valvins, jouent un rôle essentiel dans l'écosystème artistique de l'époque. Leur générosité ne s'exerce pas à distance : Ravel dédicacera son Ma Mère l'Oye aux enfants du couple, Jean et Mimi. Dans ce contexte, la lettre de Cocteau, datée du 16 mars 1915, marque un moment décisif : celui de la recherche de soutiens. «À dimanche» renvoie aux célèbres soirées Godebsky, où Cocteau espère rallier un allié de plus à son «beau projet de contre-offensive» artistique - contre l'ennemi, mais aussi contre l'indifférence. Nulle surprise de trouver chez eux un écho favorable au Mot de Cocteau, à qui ils donnent rendez-vous au prochain dimanche. Un allié de plus pour l'écrivain, qui mènera à son terme la revue dont le dernier et vingtième numéro paraîtra en juillet 1915. ‎

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‎CHAMSON (André)‎

Reference : 10992

(1928)

‎Lettre autographe signée.‎

‎ S.l., 22 mars 1928. 2 f. recto (105 x 134 mm), rédigés à l'encre noire. 1 lettre autographe signée (2 pages in-12) datée du 22 mars 1928. ‎


‎ Rédigée à l'encre noire, elle est adressée à un homme dont il vient de faire la connaissance, « qui dirige le destin de nos efforts dans le Monde » et que Chamson aimerait beaucoup revoir mais il part travailler dans le midi « à un roman plus pathétique [Le Crime des justes], je crois, plus dramatiquement mouvant que ceux que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui. » ‎

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‎SAINT-JOHN PERSE‎

Reference : 28694

(1948)

‎Lettre autographe signée.‎

‎ Saint-John Perse pour Fontaine Washington - 2800 Woodley Road, 2 mai 1948. 4 pages 1/2 en 5 f. (180 x 265 mm) sur papier vergé fin, à l'encre noire. Long courrier de Saint-John Perse au directeur de la revue Fontaine, Max-Pol Fouchet, alors que ce dernier envisage un numéro spécial consacré au poète. ‎


‎Quinze jours plus tôt, Fouchet lui avait confirmé que tous les voyants étaient au vert : « Au travail, plus que jamais. Je n’ai pas cessé, d’ailleurs de préparer les futurs numéros, avec la certitude que Fontaine ne pouvait disparaître. L’hommage à Saint-John Perse n’a rien perdu de mes soins. Je le prévois pour le n° 66 (15 juillet). Tous les collaborateurs (André Gide, Denis de Rougemont, Gaëtan Picon, Albert Béguin, Marcel Raymond) ont été ‘relancés’. Dans une semaine, je vous dirai et le plan du sommaire et ceux qui y participent. Je viens d’écrire à Georges Schéhadé et à Gabriel Bounoure, que ce projet enthousiasmait. Dès que ces études me seront parvenues, nous bâtirons. […] » (lettre de M.-P. Fouchet à Saint-John Perse du 15 avril 1948). De si bonnes nouvelles, se réjouit le poète, alors que Fontaine connaît des difficultés : « Non, cher Ami, Fontaine ne pouvait pas périr !… Mais que votre lettre est émouvante dans sa simplicité. Je n’ai pas de peine à mesurer ce qu’a pu être votre épreuve, au plus intime et solitaire de vous-même. J’aime qu’à travers tout, j’aime qu’envers et contre tout, vous ayez su garder en vous le courage de ne pas désespérer. L’action est dure, pour l’entreprise intellectuelle, sur le plan des nécessités matérielles. Puissiez-vous, humainement, avoir trouvé du moins quelque solidarité de cœur, à Paris, parmi tous ceux qui doivent tant à la poursuite de votre effort. L’épreuve fait mieux comprendre ce qui a été en péril. C’est le destin même de votre Revue qui semble réaffirmé, et sa mission, mieux éclairée. Sa maladie de croissance est faite, à l’heure la plus malsaine, et sa survivance est assez symbolique pour animer autour d’elle le meilleur, et le plus sain, et le plus précieux. Mes félicitations pour votre victoire, et, pour votre nouveau combat, mes vœux, encore plus confiants et plus ‘exigeants’. Je m’emploierai de mon mieux, de ce côté de l’eau, à vous assurer le plus de sympathie possible, et, s’il se peut, de solidarité. Il y a là de la chose française en jeu, comme je souhaiterais qu’on l’entendît. Je suis touché de penser qu’au milieu de tant de soucis vous ayez gardé celui de ce numéro d’hommage dont vous voulez bien me reparler. » Le dernier numéro de Fontaine mis en vente date alors de… novembre 1947 (n° 63). Les sommaires, depuis, sont envisagés, les textes regroupés. Mais faire renaître Fontaine paraît vite impossible, malgré les envies. Une annonce aux autorités est même donnée le 28 avril 1948, avec un plan de parution détaillé. C’est probablement ce qui rend Fouchet si optimiste concernant son projet avec Perse, qui aurait représenté un retour à la littérature des plus importants. Las, la publication du numéro 64 sera sans cesse repoussée, prolongeant la lente agonie du titre, ce qui provoquera des inquiétudes, légitimes, chez le Saint-John Perse en juin. Ce numéro d’hommage sera néanmoins publié deux ans plus tard, « dans les Cahiers de la Pléiade, augmenté d’autres textes à l’automne 1950, c’est-à-dire quelques mois après la liquidation de la Société des Éditions de la Revue Fontaine, prononcée le 15 juillet 1950. Les noms de Max-Pol Fouchet et Fontaine n’y sont pas mentionnés une seule fois " (in François Vignale, La Revue Fontaine, Rennes, PUR, p. 247). Perse, de fait, avait tout prévu pour ce numéro spécial dont il attendait tant : « Voici, sans plus de phrases, mes réponses à votre lettre : 1° - Je vous envoie sous même pli le texte que vous attendez de moi – titre : ‘Et vous mers...’ (début de poème)’ - [ Faites imprimer en italiques une italique assez pleine, si possible) ; Et surtout assurez-moi, je vous en prie, la garantie d’un envoi d’épreuves à corriger moi-même. (J’y tiens essentiellement, ayant toujours eu tous déboires à cet égard : les ‘coquilles’ ont un goût particulier pour mes textes comme certains colimaçons pour les plantes des grèves.) ] Inutile de me renvoyer le manuscrit avec les épreuves. 2° - Les pages sur Briand dont vous a parlé Rougemont n’ont pas leur place dans votre numéro d’hommage littéraire. Simple discours de circonstance que j’ai eu à prononcer, à titre purement humain, dans une commémoration publique à l’étranger. J’ai pu le retrouver et vous l’envoie amicalement, puisque vous m’en parlez, mais à titre personnel et pas pour publication. Rien de moi, ni sur moi, hors du plan littéraire. Gardez-moi bien, autant qu’il dépendra de vous, contre tout rattachement de St.J.P. à Alexis Léger. Je vous ai déjà dit ce que je pensais des méfaits d’une telle liaison, entre mon plan absolu de poète et le plan latéral d’une vie professionnelle. Ma personnalité privée non plus n’appartient pas au public, et j’aime que vous ayez eu le tact de ne me demander aucun portrait. Si vous croyez devoir conserver telle quelle l’étude de Marcel Raymond, qui avait fait preuve envers moi de la plus grande délicatesse personnelle et à qui je n’ai marqué en fait aucune réserve, soit, mais pas d’autre exception dans ce sens. 3° - J’ai demandé à Breton et à Paulhan de vous donner quelque chose. Leur témoignage me ferait plaisir, amicalement autant qu’intellectuellement. Mais je ne sais s’ils sont informés de la résurrection de ‘Fontaine’ et de la reprise de votre projet. Voulez-vous vous en assurer directement auprès d’eux ? Dans les générations suivantes, que je connais mal, Michaux et Char sont les seuls dont la sympathie littéraire aurait un sens pour moi. Mais je ne connais pas personnellement le premier, et avec le second, que je tiens pour un vrai poète, je n’ai jamais eu qu’un bref échange de lettres. Je suis heureux de vous entendre mentionner Béguin. Je compte sur Rougemont pour me venger un peu d’absurdes interprétations littérales, lui qui a si intelligemment traité de l’ordre ‘fabuleux’ dans son dernier et très beau livre. Avec mon affectueuse pensée, transmettez-lui de ma part ce reproche : de ne m’avoir pas encore fait connaître son adresse en Europe. J’essaie de retrouver pour vous, dans les dépôts épars d’une vie sans foyer, la dernière et très longue lettre que j’ai reçue de Valéry, peu avant sa mort – intéressante, moins pour l’éloge excessif de les premiers poèmes (nous étions trop vieux amis pour qu’il ne fût point partial), que par d’étranges confidences, des plus inattendues, sur les limites de sa conception poëtique (nous n’avions jamais été d’accord à ce sujet). Je m’excuse, cher Ami, de n’avoir pu vous répondre plus tôt. À l’instant seulement votre lettre au retour d’un voyage dans le Sud. Encore tous les vœux que je mets pour vous dans une amicale et très cordiale pensée. Alexis Léger. » ‎

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‎SOUDAY (Paul) - VINSON (Paul, lettre adressée à)‎

Reference : 7123

(1923)

‎Lettre autographe signée.‎

‎ Lettre (112 x 144 mm) datée du 23 juillet 1923. ‎


‎Souday remercie Vinson, chef adjoint du cabinet du Ministère de l'Instruction publique de son "aimable lettre" et des bonnes nouvelles dont celle-ci était porteuse. Il exprime sa reconnaissance au Ministre au sujet d'une décision qu'il prît concernant Paul Valéry. « Dites à monsieur le ministre (Léon Bérard) que je lui suis personnellement reconnaissant d'avoir pris cette décision : Paul Valéry est un admirable poète dont la réputation ne fera que grandir...». ‎

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‎TOULOUSE-LAUTREC (Henri)‎

Reference : 28203

(1896)

‎Lettre autographe signée à sa mère.‎

‎ Toulouse-Lautrec, le vélo et les « Chaînes Simpson» [c. début de juin 1896]. 4 p. en 1 f. (230 x 180 mm) plié, à l'encre noire. Belle lettre à sa mère Adèle Zoë Tapié de Céleyran ; elle est inédite et ne figure par dans la Correspondance (éd. par Schimmel, Gallimard, 1991). « Vendredi Ma chère maman, nous sommes un peu en calme plat ou plutôt en calme de course. Je travaille d'après des champions de vélocipédie qui sont sinon aussi fantasques que des femmes mais [barré] souvent insaisissables et très occupés. Cela me fait du bien car cela se passe en plein air. Mon bateau est décidément loué à partir du 20 juin... J'ai 3 affiches à exécuter d'ici là et par la chaleur qu'il va faire ce sera tout juste amusant. Je n'ai pas pu repincer encore Guibert [son ami le riche Maurice Guibert, photographe amateur qui laissa plusieurs portraits fameux de Toulouse-Lautrec, lequel fit un portrait de lui] mais j'ai d'autres camarades pour aller à Anvers. - Quan[t] à Arcachon... Pas d'autres nouvelles en vue. Je vous ferai envoyer le Figaro illustré, où j'ai des dessins. Poutogeades et vous embrasse. Yours... H. (…)». ‎


‎Lettre absente de la Correspondance éditée par Herbert Schimmel, écrite au moment précis où Lautrec accompagne à Londres Louis Bouglé (dit L. B. Spoke), représentant des chaînes Simpson, pour croquer sur le vif les cracks de la piste et nourrir la grande affiche « La Chaîne Simpson » qui sera composée pour le commerce de cycle que Bouglé l'orléanais ouvrira boulevard Haussmann à Paris. Toulouse-Lautrec, lui-même fasciné par le mouvement, les sports d'une façon générale et le vélo en particulier, accepte la commande de Bouglé avec passion, traversant la Manche avec lui et assistent, un peu avant l'été 1896, à une course d'importance au vélodrome de Catford, dans le Grand Londres. Le billet à sa mère fixe l'agenda de ce mois de juin sous pression et situe l'artiste « en plein air », au contact direct des champions cyclistes alors au faîte de la mode. On lira à l'arrière-plan de la célèbre composition anglaise qui en sera faite les visages du vainqueur, Constant Huret, mené par une quintuplette, les officiels sur la pelouse (Bouglé et W. S. Simpson), l'orchestre militaire, la mécanique des relais et toute une « guerre des chaînes » qui passionne l'Europe sportive en 1896. Une troisième personne aurait pu figurer sur cette affiche : Tristan Bernard, qui dirigeait deux vélodromes, celui de la Seine à Levallois et le Buffalo de Neuillye, qui n'était pas à Londres ce jour là. Toulouse-Lautrec, malgré ses jambes atrophiées et sa croissance arrêtée à jamais à 152 cm, ne put jamais pratiquer, mais il fut sans doute le premier des illustrateurs « à comprendre que la mouvante bicyclette n'était pas un «un sujet indigne», et put s'en passionner. Son ami, un certain Paul - le futur Tristan - Bernard, le faisait entrer à la pelouse parmi les officiels. Mais le petit homme s'écartait pour aller s'asseoir tranquille, sur le gazon : regardant les mille et une scènes pittoresques, il écoutait les cris de la foule, et derrière les lorgnons ses yeux regardaient tout aussi vifs à retenir l'essentiel que sa plume le serait à fixer hâtivement sur le papier les traits les plus marquants de ses modèles, «chipés» sans qu'ils s'en doutent» ( Jean Durry, chapitre V, « dire le cyclisme» de L'En-Cycle-opédie). L'année 1896 marque la création de deux des plus anciennes courses cyclistes en France : le Paris-Roubaix, créé le 19 avril (51 partants), puis Paris-Tours, le 17 mai ; c'est également la fondation de l'Union Cycliste de France, tandis que le Français Jean Dubois porte le record du monde de l'heure cycliste à 38.220 km au Vélodrome Buffalo à Paris. 256.084 bicyclettes sont alors recensées dans le pays, réservées à une élite urbaine : le prix d'un vélo correspond alors à quelques 800 salaires horaires. Rare document inédit. ‎

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