[Georges Ville (1824-1897), chimiste et agronome]. Manuscrit, sd [ca.1868], 1p in-folio. Intéressante liste des fermes écoles expérimentant les engrais chimiques. Par les petites croix, il semble que Ville leur ait envoyé un questionnaire mais toutes n'ont pas répondu. [291]
Reference : 013040
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Manuscrit autographe signé, s.d. [c. 1947 ?]. Page de titre et 17 p. in-4 au feutre noir (bleu pour la dédicace), numérotées aux rectos d’un cahier à petits carreaux de 20 feuillets, chemise à rabats brune. Exceptionnel manuscrit du premier poème, d’inspiration surréaliste, d’Yves Bonnefoy. Un bref fragment parut en 1946 dans La Révolution la Nuit (n° 1, janvier 1946), revue dirigée, entre autres, par le poète et sa compagne Éliane Catoni, mais la version complète ne fut publiée pour la première fois qu’en 2001 (Farrago-Éditions Léo Scheer), basée sur 7 feuillets dactylographiés conservés par l’auteur (mention «Bonnefoy, 1945 »). On constate de nombreuses différences (plus d’une quarantaine) entre le texte de cette édition (repris dans la « Pléiade ») et le présent manuscrit: – dans la section I, il s’agit pour beaucoup de variations de vocables ou d’accords – de temps, de nombre, notamment en début de poème. Ainsi «fausse neige » (ms) devient « neige noire » (p.12), « cinq heures» (ms), «six heures» (p.12), « preuves fixes» (ms), « preuves sourdes» (p.12). – la section II est retouchée de manière plus profonde : déplacements de strophes (notamment dans l’enchaînement de la suite des «Je ne me souviens plus»), vers ajoutés ou supprimés. Ces modifications révèlent la volonté appuyée du poète de chercher le rythme juste afin de créer une musique des lieux de l’inconscient qui n’est scandée d’aucune ponctuation. « Cet enthousiasme, ce premier grand allant vécu par moi dans les mots, il se marque, me semble-t-il, dans la structure même des vers de ce Cœur-espace, qui sont plutôt des versets, une forme qui demande pour s’éployer qu’un apport d’énergie la soutienne jusqu’à son terme lointain. Et que son champ, ce fût bien le lieu inconscient, soudain entrouvert avec ses investissements et ses vœux plus ou moins fortement chiffrés, métaphoriquement ou métonymiquement, par des situations de la société et de la famille, c’est ce que me semble montrer les évocations successives que je vois abordées dans la suite précipitée des strophes avec une résolution où ne laisse pas de se manifester, toutefois, la force latente de la censure » (Yves Bonnefoy, entretien avec Maria Silvia Da Re, dans Le Cœur-espace, Farrago Éditions Léo Scheer, 2001, p. 42). Seul conservé de cette première œuvre poétique, notre manuscrit est inconnu des éditeurs de la « Pléiade » qui se fondent sur le texte de la version dactylographiée de 1945. Il ne présente presque aucune rature (deux en tout) et porte une dédicace à Charles Duits qui, après son retour d’Amérique, s’était lié d’une vive amitié avec Yves Bonnefoy. Véritables frères d’écriture, les deux jeunes poètes épris de surréalisme se soumettaient réciproquement leurs manuscrits à la fin des années 1940, échangeant critiques et corrections comme l’atteste leur correspondance inédite entre 1947 et 1962. Jusqu’à ce que Lucille Vines, la première femme de Duits, le quitte pour Yves Bonnefoy, rompant toute relation entre les deux écrivains, définitivement… Document unique.
Manuscrit autographe complet de la première version de La Salive de l’éléphant, 67 p. in-4, sur un bloc de papier à lettre de la Librairie-papeterie du Port à Saint-Tropez, titré et daté sur le rabat supérieur « décembre 1968 ». Impressionnant manuscrit de premier jet de ce roman érotique composé sous hallucinogène et divisé en sept parties qui correspondent à des prises de drogue successives sur une période d’un mois: le premier feuillet porte la mention « commencé aux environs du 20 décembre 1968 » puis la mention rayée « abandonné le 24 décembre 1968 ». Charles Duits reprend la plume le (mention en fin de deuxième partie), puis le 15 janvier (partie 5), le 21 janvier (partie 6) et enfin le 24 janvier 1969. L’auteur fait partie de cette génération d’écrivains, avec Aldous Huxley et Henri Michaux, qui ont expérimenté l’usage des psychotropes dans leur création, principalement le peyotl, un cactus connu des Amérindiens pour ses propriétés psychédéliques. Marqué par l’influence d’André Breton, Charles Duits a recours à cet « illimiteur de conscience » pour pratiquer l’écriture automatique. Dans sa forme manuscrite, le texte se présente ainsi dans une graphie minuscule, jaillie en de longs paragraphes qui saturent les pages, presque sans ratures ni corrections. Le fond lui-même relève d’un univers fantasmatique pour « masturbateurs» qui tourne en boucle comme une vis sans fin : le narrateur est un écrivain souteneur qui partage sa vie avec deux femmes, Rose et Durande. « C’est un charmant cul celui de Rose. Un cul avec lequel on gagne sa vie et celle de son homme. Admiré des riches et des moins riches, de ceux qui peuvent cou vrir Rose de diamants et de ceux qui se masturbent en pensant à elle […] Durande est un drôle de prénom, mais Durande est une drôle de fille. Moins intelligente que Rose, assurément […] c’est avec Durande que je passe le temps lorsque Rose travaille, avec elle aussi que je me venge de Rose, qui fait parfois l’amour avec des personnes que l’on ne peut vraiment pas considé rer comme des clients. Rose trop intelligente pour être jalouse de Durande, Durande trop bête pour être jalouse de Rose.» À ces deux figures s’ajoute celle de Madame Tchang, « une négresse ? plutôt une chinoise », une experte à la salive d’éléphant, préfiguration de « la seule femme vraiment noire » (personnage du roman éponyme paru aux Éditions Éoliennes en 2016), l’entité divine à laquelle se consacrera l’écrivain devenu peintre à la fin de sa vie. Entre scènes de baise et d’extase, réflexions humoristiques ou digressions métaphysiques, le récit s’étend jusqu’à une partie à trois hallucinée. « L’univers et ses dieux ne viennent de nulle part et ne vont nulle part. Mais ils se meuvent. Et c’est ce mouvement que les hommes appellent le désir. Je bande. Mais je ne bande ni pour Rose ni pour Tchang. Je bande, tout simplement. Je bande comme l’herbe pousse, comme la terre pivote sur son axe, comme les anges glorifient. Tant que je le sais, la souffrance n’est pas. Sur ma verge viennent automatiquement s’empaler tous les vagins du cosmos. La souffrance naît lorsque je prends mon érection pour un signe. » L’ouvrage paraît pour la première fois en 1970 sous le pseudonyme de Lucifer Ilje (pour Il-Je, double de l’écrivain) chez Éric Losfeld. La comparaison du manuscrit avec le texte publié montre que, si nombre de passages sont restés intacts, l’auteur a procédé à des remaniements pour gagner en lisibilité : découpe en paragraphes et en chapitres, réécriture qui passe souvent par une mise en dialogues. Manuscrit unique.
[1949]. 3 feuillets A4, couverts au seul recto de l'écriture claire et reconnaissable de Jean Paulhan, à l'encre noire. Les feuillets sont numérotés en romain au bord supérieur, le titre en majuscules est souligné en rouge.
Manuscrit, signé par Jean Paulhan, du texte ayant paru en introduction à Fin de vie, ce bel ouvrage de la Guilde du livre rassemblant le texte de Paulhan et celui de Ramuz en fac-similés autographes, illustré par René Auberjonois. Le texte imprimé diffère très légèrement de ce précieux manuscrit, ce que vous pourrez constater dans le volume joint, bien complet de sa jaquette, La Guilde du livre 1949.
1937. Branle-bas de combat , 9 feuillets manuscrits autographes (27,1 x 21 cm. ) comportant de nombreuses ratures, d’un seul mot à un paragraphe entier. Quatre paragraphes sont ainsi biffés, et non repris dans la version publiée dans la revue le CINEMAtographe. On joint à ce manuscrit les deux seuls numéros de la revue CINEMAtographe, parus en mars et mai 1937, in-folio de 16p. chacun. Le texte des 9 feuillets autographes présentés ici correspond à la seconde partie, qui occupe la p. 4 de la revue. On joint un papillon annonçant les projections du tout jeune Cercle du Cinéma qui deviendra en 1936 la Cinémathèque française.
Illustré de nombreuses photographies des films dont il est question dans les 2 n° de la revue. C’est en mars 1937 que paraît, dans le CINEMAtographe, la première partie de ce « scénario-feuilleton », avec la mention scénario pour Marcel L’Herbier. La seconde partie est publiée deux mois plus tard dans le second et dernier numéro. Cette fois, le scénario est pour Raymond Bernard (le fils de Tristan Bernard); une note en bas de page précise ironiquement «... Nous avions d’abord pressenti M. Marcel L’Herbier pour la réalisation de notre film. Depuis, ayant été voir Marthe Richard, il nous a semblé que M. Raymond Bernard était momentanément plus qualifié... ». Marcel L'Herbier s'était spécialisé dans les films commerciaux « avec décors marins et militaires, scènes de cocufiage et jalousie». Marthe Richard est un film dans lequel Edwige Feuillère - espionne - sacrifie sa vertu sur l'autel de la Patrie... Branle-bas de combat a été joué pour la première fois en décembre 1949 sur la scène de la Rose Rouge, dans un spectacle d'Yves Robert consacré à Prévert et intitulé Entrées et sorties et ainsi de suite. Il sera publié dans Spectacle en 1951, avec quelques variantes par rapport au manuscrit présenté ici. D. Gasiglia-Laster & A. Laster in Oeuvres complètes, t. 1, éd. Gallimard, p. 1153."Branle-bas de combat", 9 autographed manuscript pages (27.1 x 21 cm.). With many erasures, from a single word to a whole paragraph. Four paragraphs are thus crossed out, and not included in the version published in the journal CINEMAtographe. Attached to this manuscript are the only two issues of the journal Cinematographe, published in March and May 1937, in folio of 16p. each. The text of the 9 autograph pages presented here corresponds to the second part, which occupies p. 4 of the review. We join a flyer announcing the screening of the young Cinema Circle which will become in 1936 the French cinematheque.Illustrated with many photographs of the films mentioned in the second issue of the magazine.It was in March 1937 that the first part of this « scénario-feuilleton » appeared in the CINEMAtographe, with the mention scenario for Marcel L'Herbier. The second part is published two months later in the second and last issue. This time, the script is for Raymond Bernard (the son of Tristan Bernard); a note at the bottom of the page says ironically "... Nous avions d'abord contacté M. Marcel L'Herbier pour la réalisation de notre film. Depuis que nous sommes allés voir Martha Richard, il nous a semblé que M. Raymond Bernard était momentanément plus qualifié... ". Marcel L'Herbier specialized in commercial films "with marine and military decor, scenes of cuckoldering and jealousy". Marthe Richard is a film in which Edwige Feuillère - spy - sacrifices her virtue on the altar of the Motherland... Branle-bas de combat was played for the first time in December 1949 on the stage of the Red Rose, in a Yves Robert's show devoted to Prévert and entitled Entrées et sorties et ainsi de suite. It will be published in Spectacle in 1951, with some variations compared to the manuscript presented here.D. Gasiglia-Laster & A. Laster in Oeuvres complètes, t. 1, éd. Gallimard, p. 1153.
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