Paris, Grasset, 1921. In-8 (266 x 228 mm), 231 pp., 2 ff. n. ch., 2 ff. bl. Broché, couverture imprimée rempliée, non coupé, dos un peu bruni en pied, chemise en demi-chagrin marron, dos lisse, auteur, titre et mention du papier Japon dorés, étui bordé (P. Goy & C. Vilaine).
Reference : 9056
Seconde édition, un des 5 exemplaires de tête sur Japon impérial. Cette édition de luxe tirée à 780 exemplaires parut douze ans après l’édition originale. L’entrée de l’impressionnisme en littérature. Premier livre de Jean Giraudoux, alors âgé de 27 ans, les Provinciales avait été saluées dès leur publication par André Gide: "Les qualités de ce livre sont si remarquables qu’elles me laissent croire que l’auteur, sur lequel du reste je ne sais rien, a déjà passé la première jeunesse." L’ouvrage figura même sur la liste finale du prix Goncourt, soutenu notamment par Jules Renard. Dans ce recueil de nouvelles, de courts récits et de simples suites d’émotions, Giraudoux fait déjà preuve d’une spontanéité poétique qui enchante tout ce qu’il décrit. "Usant sans excès des mythes et des métaphores, Giraudoux introduisait l’impressionnisme dans le roman français.[…] Il créait vraiment une sensibilité nouvelle, plus proche de la vie réelle que celle du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, mais aussi sensible aux moindres frissonnements des existences banales et quotidiennes de la province" (Dictionnaire des œuvres). Très bel envoi autographe à son éditeur et ami Louis Brun, "nourrice de ce livre, très amicalement Jean Giraudoux" accompagné d’un rarissime croquis de Giraudoux représentant Pellevoisin, ce paradis perdu de l’enfance qui sert de cadre aux Provinciales. Jean Giraudoux avait remis son manuscrit à Bernard Grasset à l’été 1908, mais celui-ci tomba gravement malade peu après et dut se retirer quelques temps à Montpellier: c’est donc Louis Brun, son second, qui prépara la publication. Fidèle compagnon de route de Bernard Grasset, Louis Brun (1884-1939) était un assistant brillant, qui avait de l’instinct et soignait ses relations avec les journalistes – il mena tambour battant la campagne de presse pour la publication de Du côté de chez Swann en 1913. C’est d’ailleurs son exemplaire sur papier Japon impérial, enrichi d’un envoi et de plusieurs lettres de Proust où l’écrivain montre un véritable talent de communicant, qui fit sensation en vente récemment. Il succomba à la jalousie de sa femme, qui l’assassina en août 1939 avant de se jeter à la mer, d’être sauvée puis acquittée. Sa bibliothèque fut dispersée à l’hôtel Drouot entre décembre 1941 et juin 1942. Louis Brun possédait sans doute l’une des plus belles collections sur Giraudoux, faites de manuscrits et de grands papiers avec des envois remarquables. Citons celui-ci, prémonitoire, sur un exemplaire de Judith(1931):"à mon vieil ami Brun, avec l’espoir que ses noces d’argent seront moins sanglantes que celles d’Holopherne." Exceptionnel exemplaire à toutes marges. Talvart et Place, VII, 138. Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres, V, 577-578. Maximilien Vox, «Bernard Grasset, précurseur», Communication & Langages, 1971, n°12, pp. 81-90.
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Coloniæ, Apud Nicolaum Schouten (Leiden, Jean Elzevier), 1658. (32), 608 pp. 8vo. Contemporary overlapping vellum, handwritten title to spine. Willems 829; Brunet, iv, 396; Tchemerzine-Scheler, v, p. 69; Peignot, Livres Condamnés, ii, 27; En Français dans le Texte 96; PMM 140 (both for the original edition). First Latin edition of the famous Lettres Provinciales, translated by Pierre Nicole (and with additions (p. 510-608) by Pierre Nicole (as "Willem Wendrockius" and as "Paulus Irenaeus")), published under the pseudonym Wilhelm Wendrock, a few months after the original French edition and just as that edition forbidden (by the Conseil d'État on September 23, 1660) and burnt. The book was printed by Jean Elzevier "pour le compte de ses parents d'Amsterdam" who had very good relations with the jansenists and were about to publish the first collective edition of the Provinciales (see Willems). Born in 1623, Pascal came under Jansenist influence in 1646. 'In 1654, after a period of discouragement and repeated meditations, he underwent a mystical experience which effected his definite conversion to a religious life ..... He now, in 1655, took up his residence in Port Royal ..... Attacks by the Jesuits on the Jansenist cause and on Antoine Arnauld led to the publication in 1656-7 of eighteen Lettres de Louis de Montalte à un Provincial de ses amis et aux RR. PP. Jesuites sur la morale et la politique de ces peres; they were composed by Pascal and are known as his Lettres provinciales. They deal with two subjects: divine grace, and the ethical code of the Jesuits ... Against the relaxed morality which the Jesuits were said to teach, he makes a vigorous appeal to public opinion by means of quotations from Jesuit works and by dialogues in which Jesuits are made, by their admissions, to cast discredit on themselves. The Lettres provinciales, written with polite irony and the utmost simplicity, lucidity, and objectivity, were an enormous success and dealt the Jesuits a blow from which they never recovered. The work was placed on the Index and was ordered by the Royal Council to be burnt (1660)' (Oxford Companion to French Literature, p. 541).After his mystical experience Pascal brought into this new existence "the gift of concrete precision which was the mark of his genius. The Lettres Provinciales are masterpieces of both the esprit de géométrie and the esprit de finesse. The first carried to the extreme the demands of a morality that was sincerely Christian and did not permit of serving two masters at the same time; the second unmasked one by one the abstract formulae, seemingly framed for juridical and secular purposes, behind which lay hidden the complaisance of the casuists. He forced the faithful Christian to scrutinize his own conscience, laying bare the depths of desire and the libido which testifies to the persistence of the original sin. (.....) If the influence of Pascal, which has been decisive in the history of positive science, in the history of French literature and in the history of Christian thought, continues to be felt in our own days, the reason is that no work invites us more to pass byond discursive abstractions and to uncover by direct contact with the realities of nature and of the soul the springs of vivifying intuition (Léon Brunschvicg in ESS, vol 12, pp. 7-8).'L'ouvrage le plus lu à son epoque, Les Provinciales ont contribué à imposer un art d'écrire classique' (En Français dans le Texte).'The Lettres Provinciales, as they are called, are the first example of French prose as we know it today, perfectly finished in form, varied in style, and on a subject of universal importance ... Pascal's weapon was irony, and the freshness with which the gravity of the subject contrasts with the lightness of the manner is an enduring triumph. The vividness of and distinction of his style recalls the prose of Milton at its best' (Printing and the Mind of Man). - Provenances: Guillaume Hoffman with engraved ex-libris "G.H.", manuscript ex-libris C. Stahl and a small stamp in blank portion of the title "Bibl. Familiæ Pajacsich."
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Cologne, Balthasar Winfelt, 1684 In-8 de (20) ff., 613 pp., maroquin marine à grain long, plats ornés d'une succession d'encadrement de filets dorés et de roulettes à froid avec larges fleurons d'angle, dos à nerfs orné et doré, coupes et bordures décorées, tranches dorées (Thouvenin).
"Polyglotte, clandestine et des plus distinguées. Belle édition dite ""des quatre langues"", imprimée en français, latin, espagnol et italien. Elle permit aux Provinciales d'accéder à une audience européenne. La traduction latine est l'œuvre de Pierre Nicole qui se cache ici sous le pseudonyme de Wendrock. L'adresse de Cologne est fictive, l'impression passant pour provenir de l'officine bruxelloise d'Eugène Henri Fricx. Si les enjeux théologiques dans la querelle qui opposait jésuites et jansénistes ont quelque peu perdu de leur acuité, il n'en reste pas moins que ""Les Provinciales ont contribuer à imposer un art d'écrire classique"" (En français dans le texte, n° 96). Boileau tenait Les Provinciales pour ""le plus parfait ouvrage de prose qui soit en notre langue""; Bossuet vantait à Fénelon les ""grâces des Provinciales"" et déclarait que c'était l'ouvrage ""qu'il eut préféré avoir écrit"". Un portrait gravé vers 1780 ajouté en frontispice d'après le portrait posthume de Quesnel. Ex-libris ""Clapeyron"" manuscrit sur le titre. Splendide exemplaire, en parfait état de conservation, élégamment relié par Thouvenin. Rahir, Bibliothèque de l'amateur, 574. - Maire, Bibliographie des œuvres de Blaise Pascal, II, 99 et 212 : ""Edition faite avec beaucoup de soin et la typographie atteint une réelle beauté""."
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Les Provinciales, ou lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. Jesuites sur la Morale & la Politique de ces Peres. Avec les notes de Guillaume Wendrock, Docteur en Theologie de l'Université de Salzbourg en Allemagne. Traduites en François. Nouvelle édition, Revue, corrigée & augmentée. Sl, sn, 1712. 3 volumes petit in-8, (8) ff, 360 pp, (8) ff ; (6) ff, 362 pp, (7) ff ; (6) ff, 332 pp, (6) ff. Veau brun, dos à cinq nerfs, titres et tomaison grenat, tranches rouges (reliures de l'époque). Gravure de frontispice sur chaque volume (le pape foudroyant les mauvais livres, portraits de Pascal et de Nicole). Titres rouges et noires. Epidermures, coins frottés, coiffes manquantes, mors partiellement ou complètement fendus, manques en queue du dos du premier volume.
Correspond au numéro 64 du catalogue de la collection Basse, qui la décrit comme suit : "Au titre de chaque volume, entre la tomaison et le fleuron, on lit l'indication sommaire de ce que contient chaque tome. T.I : Contenant la préface de Wendrock, l'histoire des Provinciales et les cinq premières lettres avec leurs notes. Frontispice gravé : le Pape foudroyant les mauvais livres. 7 feuillets, 360 pages et 8 feuillets de table. T. II : Contenant les lettres sixième, septième, huitième, neuvième et dixième, avec leurs notes. Portrait gravé de Blaise Pascale, 5 feuillets, 362 pages et 7 feuillets de table. T. III: Contenant les huit dernières lettres, avec leurs notes. Portrait gravé de Pierre Nicole, 4 feuillets, imprimés et 1 feuillet blanc, 332 pages et 6 feuillets de table. Jolie édition française, imprimée sur un excellent papier".
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avec des notes de Guillaume Wendrock 2 volumes, in12, 15x8, reliés pleine basane époque,bon état; Tome II , 538pp, Lettres V-VIII - Tome IV, 490pp, Lettres XIII-XVIII. volume complet en eux-mêmes. Amsterdam, 1761 "Les Provinciales" ou "Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis" est une œuvre majeure de la littérature française écrite par Blaise Pascal (1623-1662), philosophe, mathématicien et théologien du XVIIe siècle. Cet ouvrage est une série de dix-huit lettres publiées entre 1656 et 1657, dans lesquelles Pascal défend la cause des jansénistes et critique vivement la doctrine et les pratiques des jésuites. L'œuvre tire son nom du personnage fictif de Louis de Montalte, qui représente Pascal lui-même, et du destinataire des lettres, un provincial non nommé qui est un ami du personnage principal. Les lettres sont écrites dans un style épistolaire et polémique, utilisant l'ironie et la satire pour dénoncer les abus et les erreurs présumés des jésuites. Pascal, fervent janséniste, s'attaque principalement à la doctrine de la grâce des jésuites, qu'il considère comme une perversion de la théologie catholique. Il critique également leur casuistique, c'est-à-dire leur utilisation sophistique des raisonnements pour justifier des actions moralement douteuses. Les lettres de Pascal sont rédigées avec une grande force rhétorique et sont à la fois incisives et spirituelles. Outre sa dimension polémique, "Les Provinciales" représentent également un important développement de la pensée philosophique de Pascal. Il y expose notamment sa vision de la morale, sa critique de la raison humaine et son plaidoyer pour une foi religieuse basée sur la grâce divine plutôt que sur les œuvres humaines. L'œuvre a rencontré un grand succès et a eu un impact considérable à l'époque, tant sur le plan littéraire que théologique. Elle a contribué à façonner l'image des jésuites dans l'opinion publique et a joué un rôle dans les conflits religieux et politiques de l'époque. "Les Provinciales" sont aujourd'hui considérées comme une œuvre majeure de la littérature française et une référence dans le domaine de la rhétorique et de la polémique. Elles sont étudiées dans les cursus universitaires et restent une source d'inspiration pour les écrivains et les penseurs intéressés par la philosophie morale et la théologie du XVIIe siècle. ref/25/7
chez Nicolas Schoute 11 x 17,5 Cologne 1659 Deux volumes petit in-8, reliure plein veau raciné de l'époque, dos à cinq nerfs guillochés, entre-nerfs ornés de fleurons et de petits fers dorés, pièces de titre et de tomaison, titre et tomaison dorés, plats encadrés d'un léger filet à froid, filet doré sur les coupes, tranches jaspées de rouge. Premier volume : [1] f. bl., [7] ff. bl., de titre et d'advertissement, 320 pp. pour les Lettres, [1] f. de titre pour "La Théologie morale", [1] f. de table, 1 f. de faux titre, 240 pp., pour les deux premières partie de "La Théologie morale des Jésuites". Deuxième volume : [1] f. bl., [1] de faux titre, pp. 243 à 328 pour la troisième partie et 493-[1] pp., pour les dernières parties de "La Théologie morale des Jésuites". Rare troisième édition française et dernière édition publiée du vivant de Pascal par Jean Elzevier de Leyde. Cette édition des Provinciales "amplement retravaillée" et "considérablement augmentée de pièces relatives à la lutte contre les casuistes" (Jean Mesnard) est l'oeuvre du janséniste Louis Gorin de Saint-Amour (1619-1687). Il existe deux versions de cette édition, l'une se termine par 415 pp., l'autre, la plus complète - notre exemplaire - par 493 pp. Elle est réputée "par sa belle impression, par la composition de ses titres et l'excellence du papier" (Jean Hippolyte Basse) et intéressante par ses variantes. C'est cette édition qui avait été "retenue par l'abbé Louis Cognet pour l'édition des classiques Garnier en 1965, et rééditée avec des compléments par Gérard Ferreyrolles en 1992". (Jean Mesnard). Sources : "Monographie des éditions des lettres provinciales par Blaise Pascal", n° 29, J. H. Basse, 1876 / "Catalogue d'une collection unique de volumes imprimés par les Elzévier", n° 853 et 854, Edouard Rahir, 1896 / "Préludes à l'édition des Provinciales", Jean Mesnard, in Varia, Centre International Blaise Pascal, 1996. Habiles restaurations, intérieur frais, Bel exemplaire. Peu fréquent. (Bbis8). PHOTOS NUMERIQUES DISPONIBLES PAR EMAIL SUR SIMPLE DEMANDE-DIGITAL PHOTOGRAPS MAY BE AVAILABLE ON REQUEST