Florence Stamperia Granducale 1856 1 In-12 (168 x 103 mm), XXVI pp., 804 pp. Maroquin rouge à grain long, large décor doré en encadrement avec couronne de fleurs, armes dorées au centre des plats, dos lisse orné avec titre doré et date dorée dans un cartouche, coupes et coiffes décorées, dentelle intérieure dorée, tranches dorées, pp. 25-26 presque déreliées, rousseurs éparses, petits frottements sur les coiffes, coins légèrement émoussés, 2 portraits en déficit (reliure de l’époque).
Almanach toscan pour l’année 1856, l’une des dernières années du grand-duché qui disparaît en 1859 avec l’unification de la péninsule italienne. Imprimé sur les presses du grand-duché, il est orné de deux feuillets imprimés sur papier glacé, dont un titre avec encadrement doré et un titre illustré d'une vignette gravée sur cuivre. L'ouvrage contient en particulier des pages détaillées sur les familles régnantes d’Europe et fait l’inventaire des charges officielles à la Cour. Quelques croix manuscrites à l’encre aux pp. 183-202 qui inventorient les chambellans. Bel exemplaire en maroquin aux armes du Grand-Duc de Toscane.
Paris, Lesclapart, 1783. In-12 (121 x 60 mm), 288 pp. Maroquin rouge, guirlande florale dorée encadrant les plats, fleur de pavot en écoinçon, armes dorées au centre, dos lisse orné de fleurons de caissons dorés, coupes et chasses décorées, doublures et gardes de tabis bleu, tranches dorées (reliure de l'époque).
L'almanach du Tout-Paris. Initié en 1772, ce premier "Tout-Paris" - liste alphabétique des personnes de qualité de la capitale avec leurs adresses -, fut édité annuellement jusqu'en 1790. À partir de 1782, cette publication fut scindée en deux parties : l'une mondaine, l'autre commerciale. Le second volume, consacré aux métiers, portait le même titre que le premier, mais débarrassé des mots "seconde partie" afin de pouvoir se vendre seul, comme publication séparée, avec son propre calendrier. On peut donc supposer que les deux volumes étaient vendus séparément. Cette pratique explique que notre exemplaire de la première partie ait été considéré individuellement comme complet. Il a d'ailleurs été relié sans aucune tomaison. Cet Almanach était commercialisé, dans les années 1780, par Lesclapart, Libraire de Monsieur, frère du Roi, à la Sainte-Famille, au n° 11 rue du Roule. Très bel exemplaire en maroquin aux armes de l'époque. Grand-Carteret, Almanachs français, n° 492. Olivier, Hermal et Roton, Reliures armoriées françaises, planche 434.
Paris, Édouard Pelletan, 1898-1905. 1 6 volumes in-12 (193 x 136 mm). Demi-maroquin prune, filet doré en bordure, dos lisses ornés en long, titres et dates en doré, têtes dorées, non rognés, couvertures illustrées et dos conservés, quelques frottements aux mors et aux coins, deux petits trous sur le cuir d'un volume, un mors en partie fendu, dos légèrement passés (G. Desnaux).
Collection complète de cette brillante publication bibliophilique annuelle, publiée par l’éditeur d’art Édouard Pelletan. Elle est illustrée de 28 compositions de Henry Bellery-Fontaine – sa première expérience livresque, – gravées par Froment (année 1898), de 38 figures dessinées et gravées par Florian (1899), de 31 illustrations de Steinlen gravées par Froment père et fils (1900), de 30 compositions en couleurs d’Eugène Grasset gravées par Émile Froment (1901), de 31 bois originaux de Paul Colin (1902) et de 47 figures de Louis Dunki gravées par Léon Perrichon (1903). Les contributions sont l’œuvre d’écrivains et de bibliophiles de renom, parmi lesquels Anatole France, Jules Claretie, Henri Beraldi, Clément-Janin, Pierre Dauze, Georges Vicaire, etc. Tirage à 1200, 1000 puis 900 exemplaires ; un des exemplaires du tirage ordinaire sur beau papier, numéroté et paraphé par l’éditeur. Il comprend bien les prospectus de parution reliés en tête et le catalogue de l’éditeur à la fin de chaque volume. Très bon exemplaire, bien établi par Georges Desnaux. Fléty, 58.
Paris, Les Impénitents, 1960. In-4, en feuilles, couverture rempliée, titre imprimé sur le premier plat, chemise et étui de l'éditeur.
Chantefable du treizième siècle adaptée par Maurice Pons, cet ouvrage est le sixième des Impénitents sous la présidence de Francis Garnung. Il est illustré d'un frontispice d'Edouard Pignon et de 9 eaux-fortes de Walter Spitzer, dont 3 sur double page. Il fut tiré à 120 exemplaires, tous sur vélin de Rives. Celui-ci est un des 25 exemplaires de tête signés par Walter Spitzer, comprenant une suite en bistre sur Marais et l'estampe signée. Bel exemplaire.
Lyon, Jacques Sacon, 1518. In-folio (353 x 250 mm), 13 ff. n. ch. (table, épitre, prologue), le titre-frontispice manque, CCCXVII ff., 1 f. blanc, 25 ff. non chiffrés, manque le dernier feuillet blanc. Veau brun sur ais de bois, triple filet d'encadrement estampé à froid sur les plats, décor central composé d'un quadrillage de losanges et de fleurons, dentelle florale en encadrement, dos à nerfs en basane refait à l’imitation se prolongeant sur les plats avec triple filet à froid et dentelle florale, titre, date et lieu dorés sur étiquette rouge, fermoirs, protection de coin en laiton, charnières usées, fendues au caisson supérieur, coiffe supérieure manquante, trous de vers en tête et en queue au dos de la reliure, des usures, trois coins abimés avec perte de leurs protections en laiton, petits trous de vers dans la marge au coin inférieur des six premiers feuillets, déchirure sans manque sur 1,5 cm dans la marge inférieure du feuillet aa2, feuillets aa2 et aa7 renforcés en gouttière, feuillet aa8 collé en gouttière avec perte de quelques lettres, déchirure dans la marge en gouttière au feuillet aa9, déchirures marginales restaurées aux feuillets 1, 32 et 76, petite auréole marginale aux feuillets 53 à 65, dans le coin inférieur des feuillets 138 à 149 (reliure de l’époque).
Belle édition imprimée en caractères gothiques sur deux colonnes par Jacques Sacon (1472-1530) pour le compte du célèbre imprimeur allemand Anton Koberger."Le célèbre imprimeur de Nuremberg a eu plusieurs fois recours aux presses lyonnaises" (Brunet) pour des éditions de la Bible, et en particulier à l'atelier de Jacques Sacon."Cette édition fut établie, à partir de la version révisée par Alberto Castellano, par Johannes de Gradibus, aussi connu sous les noms de Jean de Gradi ou Jean des Degrés, un jurisconsulte, canoniste et théologien milanais, Conseiller de Milan pendant l'occupation française, sûrement établi à Lyon et décédé en 1525. Plusieurs bibles furent successivement imprimées sous ce nom entre 1512 et 1516, puis en 1518, 1519, 1521 et 1522. C'est à partir d'une de ces bibles, imprimée en 1521 par Jacques Sacon, que, d'après Aimé Vingtrinier, Luther fit sa traduction en allemand de la Vulgate, dont la première édition parut en 1534" (Marion Chalvin). Une illustration foisonnante.Cette édition est illustrée de très nombreuses lettrines ornées gravées sur bois, dont six plus grandes parmi lesquelles quatre sont illustrées de figures, et de nombreuses vignettes dont "des suites allemandes et archaïques employées dans les bibles précédentes" (Baudrier), une suite de vignettes par Leroy encadrées de motifs Renaissance, et une suite "de style bâlois". Elle comprend deux illustrations gravées sur bois à pleine page, la nativité (200 x 167) et un grand bois (215 x 167) divisé en 6 compartiments montrant les 6 jours de la Création, un bois à mi-page représentant le roi Salomon (163 x 137) et 140 ? [et non 136] vignettes. À quelques exceptions près, cette importante illustration de bois gravés peut être divisée en trois séries. La première série concerne des sujets de l'Ancien Testament et furent gravés avec des encadrements. La seconde série concerne majoritairement des sujets du Nouveau Testament avec aussi des bois pour l'Ancien Testament. La troisième série comprend des bois plus petits, on les trouve dans les deux parties.La Création, Salomon et les petits bois furent gravés pour une Bible latine imprimée par Sacon pour Anton Koberger en 1512 et furent copiés sur des illustrations vénitiennes dont une partie remonte à la célèbre bible traduite en italien par Niccolo Malermi imprimée en 1490 par Giovanni Ragazzo pour Luc Antonio Giunta. Cette Bible servit de prototype pour une succession de bibles imprimées au début du XVIe siècle.Sacon fut le premier imprimeur lyonnais à avoir copié les bois de Giunta et son modèle fut la bible latine in-quarto de 1511 imprimée par le même. Celle-ci contenait des bois du XVIe siècle avec encadrements ornés, qui n'étaient pas dans les premières éditions de Giunta, les bois du Nouveau Testament de différentes formes et de style et la troisième série de petits bois.Cette édition de 1518 est enrichie par "une suite de vignettes de style bâlois" (Brun). Annotations manuscrites marginales aux f. LXXX et LXXI et sur la dernière page. Bel exemplaire de cette bible illustrée, conservée avec les plats sur ais de bois décorés de sa première reliure.Marion Chalvin, Jacques Sacon, imprimeur-libraire lyonnais du XVIe siècle (1497-1529), 2011, p. 43. Baudrier, Bibliographie lyonnaise, XII, p. 347. Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance, p. 123. Brunet I, 874. Harvard college Library, French Sixteenth Century Books, I, 63.
Paris, Sumptibus suis ediderunt Bibliopolae usum Parisiensium, 1778. Quatre volumes grand in-8 (223 x 142 mm). Maroquin rouge à long grain, bordure dorée formée de deux doubles filets se croisant aux angles, agrémentée d’une large guirlande de pampre, fleurs de lys aux angles, armes au centre, dos lisse richement orné, titre et tomaison dorés, filet ondulé sur les coupes, grecque intérieure, tranches dorées, dos très légèrement passés, coiffes et coins légèrement frottés, bordures des gardes brunis, quelques rousseurs (Gaudreau).
Nouvelle édition du bréviaire selon le rite parisien promulgué par l’archevêque de Paris Charles Gaspard Guillaume de Vintimille, comte du Luc. Publié pour la première fois en 1736, cet ouvrage fut dès lors l’un des livres les plus diffusés dans les diocèses français. Exemplaire aux armes de Louis XVIII, offert par le roi à l’évêque de Perpignan. Une note manuscrite du duc de Fezensac sur la première garde précise que l’exemplaire fut offert par le roi Louis XVIII lui-même: «Ce bréviaire appartenait à Monsieur de Saunhac Belcastel évêque de Perpignan de 1822 à 1853, ancien émigré, le dernier survivant du clergé de l’ancien régime. Le roi Louis XVIII le lui avait donné à l’occasion de son élévation. Seulement la maison du Roi ayant fait relier aux armes royales un bréviaire parisien, l’exemplaire n'a jamais servi. [...] Donné par l’évêque de Perpignan en 1904. Fezensac». Le supplément annoncé dans cette note, ajouté postérieurement et non relié aux armes, n’est pas joint ici. Cet exemplaire a ensuite appartenu à Jules-Louis-Marie de Carsalade du Pont, évêque de Perpignan de 1900 à 1932, surnommé «l’évêque des Catalans». Originaire du Gers, celui-ci fut chanoine d’Auch et fonda la Société archéologique du Gers. Il fut enfin offert à Philippe de Montesquiou-Fezensac, duc de Fezensac (1843-1913), homme politique et sénateur du Gers, président du Jockey-Club de 1908 à sa mort, qui a apposé son ex-libris héraldique au premier contreplat. Chaque volume porte l’étiquette du relieur Gaudreau, rue St-Jacques n°110 à Paris, et un volume (Pars Verna) porte en plus l’étiquette de Méquignon fils, libraire rue St-Séverin n°11 à Paris. Bel exemplaire revêtu d’une séduisante reliure décorée de Gaudreau. Fléty, Dictionnaire des relieurs français…, p. 78.
Paris, Prault, Molini, Durand et veuve Quillau, 1760-1773. 50 volumes in-12 (140 x 80 mm). Maroquin vieux rouge, trois filets dorés en encadrement sur les plats, dos à nerfs ornés de caissons de fleurons dorés, filet sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées, quelques éraflures, petits trous de ver au dos de deux volumes, rares petites restaurations anciennes, rares rousseurs ou mouillures marginales (reliure de l’époque).
Remarquable collection des meilleurs auteurs italiens, tant en vers qu’en prose, imprimée à Paris par Prault le jeune et complétée par Molini et Durand. Chaque ouvrage donné par Prault est orné d’un portrait de l’auteur gravé en taille-douce par Littret ou Demautort et d’un titre-frontispice gravé par divers artistes d’après Moreau. Certains volumes possèdent un second frontispice d’après Cochin et, pour deux d’entre eux, plusieurs bandeaux gravés d’après le même. «L’éditeur de cette collection n’a cherché que l’accueil favorable des Amateurs de la littérature italienne, & a négligé ses intérêts par la dépense qu’il a été obligé de faire pour perfectionner cet ouvrage. On y trouve la commodité du format, la netteté du caractère qu’il a fait fondre exprès, la beauté du papier et les corrections exactes des textes» (Osmont, Dictionnaire typographique, historique et critique, II, 454). Notre collection comprend 15 titres édités par Prault en 1767-1768et 5 titres imprimés par d’autres éditeurs, soit 47 volumes: Orlando Furioso de l’Arioste (4 vol.), Il Decamerone de Boccace (3 vol.), Ricciardetto di Nicolo Carteromaco de Forteguerri (3 vol.), Il Torracchione desolato de Corsini (2 vol.), La Divina commedia de Dante (2 vol.), Il Pastor Fido de Guarini (1 vol.), Il Malmantile Racquistato de Lippi (1 vol.), les œuvres de Machiavel (8 vol.), Le Rime de Pétrarque (2 vol.), Il Morgante Maggiore de Pulci (3 vol.), La Gerusalemme liberata (2 vol.) et Aminta, Favola Boscareccia (1 vol.) du Tasse, La Secchia Rapita (1 vol.) de Tassoni, un Vocabolario portatile (1 vol.) et Il Tempio di Gnido traduit du français en italien (1 vol.); Orlando Innamorato de Boiardo (Molini, 4 vol.), Orlandino Di Limerno Pitocco de Folengo (Molini, 1 vol.), Poesie de Metastasio (Durand, 6 vol.), Di Tito Lucrezio Caro della natura delle Cose, libri VI traduit par Marchetti (sans nom, 2 vol.) et Opere di G. Cornelio Tacito par Davanzati (veuve Quillau, 2 vol.). Brunet, sous le nom «Collection des auteurs italiens imprimés à Paris, chez Prault, Delalain, Durand et Molini», donne deux autres titres qui complètent la collection et qui font ici défaut: Il Congresso di Cithera du comte Algarotti et Nimfale Fiesolano de Boccace. Notre exemplaire est en revanche bien complet du Di Tito Lucrezio Caro della natura delle Cose et du Tempio di Gnido, deux titres «que l’on joint à cette collection», et comprend un ouvrage supplémentaire, les œuvres de Tacite traduites en italien par Davanzati. Superbe collection reliée au XVIIIe siècle pour un amateur. Il est rarissime de rencontrer cette collection quasiment complète et reliée de manière uniforme. Les volumes se vendent séparément et les bibliographies ne les rassemblent pas forcément. Cette collection a été reliée à l’époque en maroquin rouge décoré, avec quelques variantes dans les fers. Les trois volumes de Pulci sont en maroquin à dentelle à dos lisses. Les six volumes de Metastasio, édités par Durand, sont eux dans une reliure semblable également à dos lisses. Très bel exemplaire en maroquin rouge de l’époque. Brunet, supplément au Dictionnaire bibliographique des livres rares de Duclos et Cailleau, 1802, p. 507. Luigi Greco, «Un libraire italien à Paris à la veille de la Révolution», Mélanges de l'école française de Rome, 1990, n°102-2, pp. 261-280.
1863. In-folio, 27 ff. sur vélin. Couverture de vélin, petit accroc sur le plat inférieur, quelques rousseurs et feuillets légèrement jaunis.
Constitution pour la création du diocèse de Calabozo au Venezuela, au sud de Caracas, par le pape Pie IX.Après la révolution bolivarienne et l’indépendance du pays en 1830, les couvents avaient été abolis ou transformés en collèges nationaux.Cette lettre se situe juste après la guerre fédérale meurtrière (1859-1863). Elle réaffirme les prérogatives de l’Eglise au Venezuela. La constitution détaille l’organisation et les modalités de l’institution du diocèse. Le premier évêque ne sera institué qu’en 1881. Document calligraphié à l’encre noire, avec frontispice et initiales de chaque page calligraphiées. Signatures manuscrites de la curie enregistrant le document.
Nancy, Jean-Baptiste Cusson, 1714. In-12 (99 x 61 mm), 221 pp., 6 pp. n. ch. Maroquin olive, dentelle dorée en encadrement sur les plats, chiffre couronné au centre, dos à 4 nerfs orné de petits fers, pièce de titre en maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes et sur les chasses, doublure et gardes de soie rose, tranches dorées sur marbrures (reliure de l’époque).
Édition nancéenne donnée par Cusson, qui suit le texte latin des éditions parisiennes comme celles parues à l’adresse de Frédéric II Léonard, en 1702. Le titre porte les insignes de la Passion. Certains exemplaires possèdent un frontispice gravé (L’Âme fidèle en prière devant la croix) qui n’a pas été relié dans notre exemplaire. Installé à Paris à la toute fin du XVIIIe siècle, l’imprimeur-libraire Jean-Baptiste Cusson (1663-1732) quitta sa ville natale pour rejoindre Nancy en 1711 à l’invitation des autorités ducales. Soutenu financièrement par le duc de Lorraine, il s’imposa comme un grand éditeur lorrain, depuis La Lorraine ancienne et moderne de Jean Mussey condamné aux bûcher en 1712 par le Parlement de Paris jusqu’à la publication difficile de l’Histoire de Lorraine de dom Calmet en 1729. Son fonds de commerce était cependant constitué d’ouvrages de piété, dont l’Imitation de Jésus Christ qu’il édita tous les ans et pour laquelle il donna une nouvelle traduction. Exemplaire au chiffre de Victor-Amédée II, duc de Savoie. Fils du duc Charles-Emmanuel II, prince de Piémont, et de Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie, Victor-Amédée II (Turin, 1666-Moncalieri, 1732) était surnommé le « Renard de Savoie » pour sa politique de retournement d’alliances, qui lui permit de renforcer et d’agrandir ses États. Après avoir épousé la nièce de Louis XIV, Anne-Marie d’Orléans, il entretint des relations tumultueuses avec la France : il prit part à la Ligue d’Augsbourg puis s’allia à Louis XIV au début de la guerre de Succession d’Espagne, avant de rejoindre l’Autriche en 1703. À la suite des traités d’Utrecht en 1713, il est reconnu roi de Sicile et roi de Sardaigne à partir de 1720. Il eut pour favorite Jeanne-Baptiste d’Albert de Luynes, comtesse de Verrue, une des plus fines lettrées du XVIIIe siècle et la seule véritable femme bibliophile de son temps. Bel exemplaire d’illustre provenance.
Paris, Villerey, 1808. In-8 (234 x 155 mm), 2 ff. n. ch., 46 pp., 1 f. n. ch., 22 pp., 1 f. bl. Demi-maroquin rouge à long grain, frise dorée en encadrement sur les plats, dos lisse orné de roulettes dorées, titre doré, petits frottements sur les coiffes, les mors et les coins, trace d’étiquette ancienne au dos et cote manuscrite dans un angle du plat supérieur, quelques rousseurs (reliure de l’époque).
Premier tirage de cette jolie suite gravée par Villerey d’après Eustache Le Sueur. Elle comprend un portrait d’Eustache Le Sueur, 22 figures reproduisant les tableaux du peintre et 3 vues de la Chartreuse de Paris, l’ensemble gravé sur cuivre par Antoine Claude François Villerey (Paris, 1754-1828). La suite est précédée d’un Abrégé de la vie de Le Sueur par l’historien Antoine-Joseph Dezallier d’Argenville, d’un Abrégé de la vie de saint Bruno par l’abbé Jean-François Godescard et d’une description des planches. Très rare exemplaire sur papier vélin comprenant les gravures en double état avant la lettre, l’un au trait, l’autre définitif, soit 52 planches. Les exemplaires prestigieux passés en vente ces dernières années, dont ceux aux armes de Napoléon Ier (Bibliothèque du château de Daubeuf et à divers, Beaussant Lefèvre, 2013) et Marie-Louise d’Autriche (Les Collections Aristophil, Bibliothèque napoléonienne, 2019) ne contenaient qu’un seul état des planches. La Vie de Saint Bruno est l’œuvre la plus célèbre d’Eustache Le Sueur (Paris, 1616-1655). En 1645, l’artiste reçut cette commande de 22 tableaux retraçant la vie du saint pour décorer le cloître du couvent des Chartreux à Paris. Ces peintures, à l’origine exécutées sur bois puis transposées sur toile, furent offertes au roi Louis XVI en 1776 et sont aujourd’hui conservées au Louvre. Exemplaire à belles marges, en reliure d’époque.
Paris Firmin Didot 1821-1823 1 3 volumes in-4 (306 x 225 mm), 3 ff. n. ch., VIII pp., 65 pp., 288 pp. ; 2 ff. n. ch., 598 pp.; 2 ff. n. ch., 722 pp. mal chiffrées 622. Demi-cuir de Russie rouge à coins, dos à nerfs orné, rousseurs (reliure de l'époque).
Édition originale. Cette galerie historique française est composée de 177 portraits d'hommes et de femmes célèbres : artistes, écrivains, poètes, guerriers, hommes d'État, etc. Les notices historiques furent rédigées, entre autres, par Alavoine, Andrieux, Auger, Boissy d'Anglas, Denon, Dumas, Duval, de Ségur, Villemain, etc. L'éditeur y a ajouté 97 fac-similés de lettres et documents manuscrits de ces personnalités françaises de l'Ancien régime. Le troisième volume ‹‹ quoique daté de 1823, n'a été complété qu'en 1830 ›› (Brunet). L'ouvrage est illustré de 177 portraits en lithographie. L'illustration se compose d'un frontispice d'après Fragonard et de 177 beaux portraits en médaillon lithographiés. Le frontispice allégorique représente Apollon, Minerve et la France personnifiée, s'épaulant mutuellement en avançant vers la recherche de la Vérité. Très bon exemplaire en reliure décorative. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, II, col. 1458.
Reference : 8811
Paris, Antoine Chappiel pour Germain Hardouin, 5 octobre 1504 In-8 (213 x 125 mm), 84 ff. n. ch. (sur 92; les feuillets B3, C2, C7, C8, D1, D3, et 2 ff. parmi D5 à D8 manquants). Maroquin vieux rouge, bordure de rinceaux et fleurs de grenade dorés en encadrement sur les plats, dos à nefs orné de caissons de fleurons dorés, coupes filetées, roulette intérieure, tranches dorées, quelques rares petites taches sur le vélin, auréole dans la marge inférieure du f. A5 (reliure du XVIIIe siècle).
Très rare livre d’heures imprimé sur peau de vélin, par Antoine Chappiel pour le compte du libraire parisien Germain Hardouin. L’USTC n’en répertorie que 9 exemplaires, dont 4 en France et un seul aux États-Unis. Imprimée en caractères gothiques sur 33 lignes par page, cette édition est la seconde donnée par Germain Hardouin, frère de Gilles Hardouin. Elle fut longtemps considérée comme incunable et datée de 1497 d’après l’almanach (f. A2r), qui couvre les années 1497-1520. Brigitte Moreau a restitué la date de 1504 grâce à l’adresse de l’imprimeur présente au colophon: «Les presentes heures a lusaige de Romme ont este achevees le V jour de Octobre. Par Anthoinne Chappiel imprimeur demourant a Paris en la rue saint Jehan de beauvais a lenseigne des congnis. Pour Germain Hardouyn Libraire.» L’illustration se compose de la belle marque de l’imprimeur occupant tout le titre et de 37 (sur 47)gravures sur bois: 7grandes figures à deux-tiers de page dont 6 dans un encadrement architectural et 30 vignettes. Il manque ici 8 feuillets parmi les premiers cahiers, dont 8 grandes figures et 2 petites. Somptueux exemplaire entièrement enluminé à l’époque. Toutes les figures de cet exemplaire ont été soigneusement enluminées à l’époque. Les 7 grandes figures (sur 15) comprennent l’Homme anatomique (A1r), la Crucifixion (A7v), l’Annonciation (B4r), la Fuite en Égypte (E3r), le Couronnement de la Vierge (E6v), David oint par Samuel (F5r) et Le Riche et Lazare (G4r), les 6 dernières contenues dans des encadrements peints à l’or et en rouge, vert et brun. Le texte est par ailleurs entièrement réglé à l’encre rouge et toutes les initiales et les bouts de ligne ont été rubriqués en rouge ou en bleu avec rehauts d’or. L’enluminure a probablement été réalisée par les coloristes de l’atelier des frères Hardouin, qui proposaient des exemplaires de luxe rehaussés par leurs soins. L'exemplaire de Louis Duriez, membre des bibliophiles françois (cat. 1828, n°102, adjugé 40 fr.)et de M. de Bruyères-Chalabre (cat. 1833, n° 116, adjugé 46 fr.). Il est cité par Brunet dans sa Notice sur les heures gothiques imprimées à Paris à la fin du XVe et dans une partie du XVIe siècle, 1864, n° 214. L’exemplaire n’est pas décrit comme incomplet dans ces deux ventes anciennes, mais les descriptions sont succinctes. Notes anciennes de mains différentes sur les gardes avec les prix d'achat et les noms de ces deux possesseurs. Petit cachet trilobé dans l’angle inférieur du feuillet de titre. Très bel exemplaire en maroquin décoré du XVIIIe siècle. Renouard/Moreau, Inventaire chronologique des éditions parisiennes du XVIe siècle, 1504, n° 49: «c. 1504 d’après l’adresse d’A. Chappiel». USTC, n° 70433. Lacombe, Livres d’heures imprimés au XVe et au XVIe siècle…, 1907, n° 53: daté de 1497 d’après l'almanach. Brunet, Manuel du libraire et de l’amateur de livres, supplément I, col. 617: «Premières heures publiées par Hardouin» (donne 17 grandes figures).
Paris, Jacques Collombat, 1728. Petit in-12 (139 x 80 mm), 10 ff. n. ch., 506 pp. mal ch. 502 (pagination 139-142 répétée), 1 f. n. ch. Maroquin vieux rouge, filet doré en encadrement sur les plats, petite fleur de lys aux angles, armes au centre, dos à nerfs orné de caissons fleurdelisés, titre doré, roulette dorée sur les coupes et sur les chasses, tranches dorées, légers frottements aux coiffes et aux coins, une piqûre de ver au dos, mouillure dans la marge supérieure de quelques feuillets (reliure de l’époque).
Livre de prières à l’usage de la Chapelle du roi. Ce type d’ouvrages, réservés à l’usage de chapelles privées, ici la chapelle royale de Versailles, était tiré à un petit nombre d’exemplaires pour la famille royale. Chacun des exemplaires était relié aux armes de leurs membres. Exemplaire aux armes de Marie-Josèphe de Saxe, épouse du Dauphin. Fille d’Auguste III, roi de Pologne et électeur de Saxe et de Marie-Josèphe d’Autriche, Marie Josèphe de Saxe (Dresde, 1731-Versailles, 1767) devint dauphine de France par son mariage avec Louis de France, fils aîné de Louis XV et de Marie Leszczynska, qu’elle épousa en 1747. Réputée pour son intelligence, sa douceur et sa droiture, elle fut la mère des trois derniers rois de France de la Maison de Bourbon: Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. «Sa bibliothèque personnelle ne contenait que des livres de piété et des ouvrages en petit nombre sur la théologie, l’histoire, la musique et les beaux-arts. Ils sont généralement bien reliés» (Quentin-Bauchart). De la bibliothèque de Pierre-Camille Aurier de Piessac (Craponne, 1786-Orléans, 1866), avec son ex-libris armorié. Chef d’escadrons des Lanciers de la Garde, il possédait une importante bibliothèque qu’il légua à ses petits-enfants, nés de Montaudoin. Bel exemplaire en maroquin armorié de l’époque. O. H. R., Manuel de l’amateur de reliures armoriées…, pl. 2526, fer n°4. Quentin-Bauchart, Les Femmes bibliophiles, II, p. 97.
Paris, Briasson, 1731. 3 volumes in-12 (166 x 100 mm), 3 ff. n. ch., 366 pp., 1 f. n. ch. ; 2 ff. n. ch., 380 pp. ; 2 ff. n. ch., 400 pp. Maroquin vert, plats décorés d’un triple filet doré en encadrement, dos à nerfs orné de caissons de fleurons dorés, titre doré, date et lieu dorés en queue, double filet doré sur les coupes et les coiffes, large frise dorée en encadrement des contreplats, tranches dorées sur marbrures, quelques frottements sur les plats, dos légèrement ternis, peau fendue sur 2 cm à un mors, taches d'encre légères au tome deux pages 216, 291, 292 et sur la planche en regard, petit manque angulaire de papier page 331 du tome trois (Chambolle-Duru 1869).
Première édition en trois volumes à la même date.Ce recueil de tragédies galantes, publié anonymement, comprend quatorze nouvelles. "Les premières éditions de ce recueil sont moins complètes" (Gay-Lemonnyer). Parmi ces nouvelles, Zingis, Jacqueline de Bavière et L'Amitié singulière sont les oeuvres d'Anne de la Roche-Guilhem (1644-1710).Celle intitulée Don Carlos, nouvelle historique, reprend la nouvelle publiée sans nom d’auteur par César Vichard de Saint-Réal (1643-1692) à Amsterdam en 1673.Cette édition est illustrée d’un frontispice, de lettrines, de culs de lampe et bandeaux et de 16 planches hors texte gravées en taille douce, « ce qui est rare dans les histoires tragiques (c’est la seule occurrence à notre connaissance) ». Elles « représentent des scènes galantes, des rencontres amoureuses, des personnages implorant la pitié de souverains, des scènes orientales, des scènes bourgeoises ressemblant fort aux tableaux de genre, et il n’y a qu’une seule représentation de meurtre, pour illustrer la première histoire du dernier tome » (Nicolas Cremona).Aux histoires tragiques, genre littéraire qui rencontra un grand succès jusqu’au début du XIIIe siècle, ces quatorze récits narratifs ajoutent des éléments romanesques, échange de lettres, sentiments amoureux. « En cette fin de règne de Louis XIV, l’heure n’est plus au récit sanglant, mais au récit galant, même si à la fin tous les personnages importants meurent, et l’auteur du recueil reprend le terme d’histoires tragiques pour hériter des lecteurs de ce genre, sans pour autant appliquer exactement la formule qui avait fait le succès de Rosset en son temps » (Nicolas Cremona).L’apparition en France de la littérature tragique est liée à la traduction par Pierre Boaistuau (Nantes, 1517–Paris, 1566), en 1559, de six des 214 nouvelles de l’italien Matteo Bandello (1485–1561), inventeur de cette forme narrative. François de Belleforest (près de la ville de Samathan, 1530 – Paris, 1583), son collaborateur, poursuivra leur traduction : « Il se place donc dans le sillage de Boaistuau, mais élimine comme il le dit les « comptes joyeux » pour ne conserver des écrits de Bandello que ce qui justifie le titre d’Histoires tragiques » (Stephan Ferrari).L'exemplaire relié par Chambolle-Duru cité par Gay.Le premier exemplaire signalé par Gay de cette édition citée en référence est celui de la vente "Fontaine, en 1870, reliure de Chambolle-Duru". Il figure sous le numéro 571 du Catalogue de livres anciens et modernes rares et curieux de la librairie Auguste Fontaine de 1870.René-Victor Chambolle (1834 – 1898) fut associé à Hippolyte Duru (1803 – 1884) de 1861 à 1863, date à laquelle il devint seul propriétaire de l’atelier de reliure. Il « conserva la raison sociale Chambolle-Duru, connue et estimée des amateurs depuis 35 ans » (Fléty). Son fils, René Chambolle (1873 – 1915) lui succéda et maintint la notoriété de l’atelier.Très bel exemplaire en maroquin vert signé Chambolle-Duru.Gay-Lemonnyer, 594. Nicolas Cremona, "Pleines de chair et de sang” : poétique d’un “genre à succès”, l’histoire tragique [1559-1644], Paris III, 2009, p. 442. Fléty, p. 40.
Paris, Union latine d'éditions, 1931. In-8 (215 x 169 mm), 3 ff. réglés vierges, 3 ff. n. ch., VIII pp., 224 pp., 3 ff. n. ch., 3 ff. réglés vierges. Demi-chagrin marron à coins, dos à nerfs orné, non rogné, tête dorée, quelques frottements (reliure de l'époque).
Premier tirage des illustrations du peintre Paul Dardé. Cette édition, traduite et annotée par Raoul Mortier, est illustrée de 20 planches hors texte en couleurs de Paul Dardé. Elle fut tirée à 1000 exemplaires numérotés, celui-ci sur vergé chiffon. La nouvelle traduction de Raoul Mortier parut l'année d'avant en 1930. Un “artiste maudit”. Paul Dardé (Olmet, 1888-Lodève, 1963) quitta l'école à 13 ans pour aider son père comme berger. Il continua à lire et s'amusa au modelage et à la sculpture. Remarqué, il fut présenté au graveur et professeur de dessin de Lodève Max Théron, qui lui enseigna son art pour la plus grand joie de son nouvel élève. Au cours de son service militaire il suivit les cours du soir de l'École des Beaux-Arts de Montpellier. Il obtint plusieurs prix, fut admis à celle de Paris en 1912 et reçut une bourse pour aller en Italie. Il y voyagea plusieurs mois, abandonna à son retour l'École des Beaux-Arts de Paris, fit un bref passage dans l'atelier de Rodin et se mit à travailler seul. En 1914, il partit au front, comme brancardier, fut hospitalisé puis réformé. En 1919, il commença sa série de commandes commémoratives de monuments aux morts pour des villes du sud de la France. Au salon de 1920, il exposa au Grand Palais à Paris son Grand faune qui obtint le Grand Prix National des Arts. Cette notoriété lui apporta des commandes. En 1924, il installa un plus grand atelier près de Lodève. Cependant il contracta des dettes qui l'amèneront à la perte de tous ses biens, vendus aux enchères. En 1936 il s'exila à Saint-Maurice-Navacelles sur le Larzac, où il se construisit de ses propres mains un nouvel atelier et une demeure spartiate. Il n'en redescendit que 20 ans plus tard, alors très malade, et termina ses jours à Lodève dans une petite maison familiale. On trouve ses œuvres conservées au Musée d'Art Occidental Moderne de Tokyo (Tête de Christ, 1919), au musée d'Orsay à Paris (Eternelle douleur, 1913), au musée national de Préhistoire des Eyzies (L'Homme Primitif, 1931), et surtout au Musée Fleury de Lodève (2 800 dessins et 567 sculptures dont le Grand faune). Il illustra, outre La chanson de Roland, La Croisade contre les Albigeois, Hamlet et Macbeth de Shakespeare. Bon exemplaire en reliure du temps. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, III, p. 360. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°2563.
Paris, Curmer, 1842. Dix livraisons et 2 ouvrages en un volume in-12 (195 x 124 mm), 2 ff. n. ch., 25 pp., 21 pp., 20 pp., 2 ff. n. ch.; X pp., 24 pp., 1 f. n. ch.; XIV pp., 20 pp., 1 f. n. ch.; 2 ff. n. ch., 40 pp., 1 f. n. ch.; 2 ff. n. ch., XII pp., 53 pp., 1 f. n. ch.; 34 pp., 1 f. n. ch.; 2 ff. n. ch., 20 pp., 1 f. n. ch.; 16 pp., 1 f. n. ch.; 34 pp., 1 f. n. ch.; 70 pp. Cuir de Russie marron, filet à froid sur les plats, dos à nerfs orné de caissons de filets à froid, titre, éditeur et date en doré, coupes filetées, dentelle intérieure, tranches dorées, étui bordé, dos légèrement éclairci, petite tache sur le second plat, rousseurs éparses (R. Petit).
"Un des plus importants ouvrages illustrés du XIXe siècle" (Carteret). Cette jolie publication de Léon Curmer est illustrée de 10 frontispices, d’une planche hors texte et de 66 vignettes dont 10 sur Chine appliquées dans le texte, le tout gravé sur cuivre ou sur bois d’après Adrien Féart, Penguilly, Charles Jacque, Jeanron, Trimolet et Pauquet. Paru en dix livraisons, l’ouvrage renferme: Madame Acker de Gavarni, le Lai des deux amants et le Lai du Bisclavaret de Marie de France, La Réconciliation de Ludwig Tieck, Geneviève de Brabant de Matthias Emmich, Le Baron de Grogzwig de Charles Dickens, Le Conseiller Krespel de Hoffmann, Sâvitri, épisode du Mahabharata, Rosemonde de Henri Blaze, Lénore de Burger et Le Combat des rats et des grenouilles ici attribuée Homère. Deux autres ouvrages ont été reliés à la suite de cet exemplaire: une seconde édition de Lénore (Paris, Cherbuliez, 1850) et La Batrachomyomachie, poème héroïcomique imité de Leschès… suivie de deux épîtres attribuée à l’abbé Bourdillon (Lyon, Guyot, 1835). L’amateur qui a fait relier ce volume n’était pas mécontent de son ajout: ces pièces "sont versifiées avec élégance & facilité et méritent assurément d’être tirées de l’oubli. Je me félicite de les avoir jointes au Recueil de Curmer: elles ne dépareront pas" (note à l’encre sur le dernier feuillet blanc du relieur, datée de novembre 1863). L’amateur a aussi conservé avec l’exemplaire deux prospectus de l’éditeur sur papier vert. Ex-libris "H. Petit" avec la devise Aliquid in minimo. Un autre ex-libris sur une petite étiquette blanche aux initiales [M. V.?] est accompagné d’une vignette gravée représentant un chien de chasse. Bel exemplaire relié par Rémy Petit, qui exerça à Paris dans la seconde moitié du XIXe siècle. Carteret, Le Trésor du bibliophile : époque romantique, 1801-1875, III, 499-504. Vicaire, VI, 704-709. Brivois, 335: "très recherché aujourd’hui et rare en bonne condition". Fléty, 143.
Paris, Curmer, 1857. 5 volumes in-4 (269 x 200 mm), 2 ff. n. ch., 504 pp.; 2 ff. n. ch., 488 pp.; 2 ff. n. ch., 534 pp.; 2 ff. n. ch., 500 pp.; 2 ff. n. ch., 559 pp., 3 pp. n. ch. Maroquin noir, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de filets d'encadrement dorés avec titre et tomaisons, double filet doré sur les coupes, large dentelle sur les chasses, tranches dorées, des rousseurs (H. Lefèvre).
Première édition avec les notes de l'abbé Delaunay. Cette bible est proposée dans la traduction de Le Maistre de Sacy, considérée tout au long du XVIIIe siècle comme la traduction de référence. Elle est enrichie des notes explicatives d'Henri Delaunay (1804-1881), qui fut chanoine de Meaux, et curé du diocèse de Paris en l'église de Saint-Etienne du Mont. Il légua sa collection d'Imitatio Christi à la bibliothèque Sainte-Geneviève. L'édition est illustrée d'un frontispice gravé par Brevière d'après G. Fath et de 50 planches avec serpentes légendées d'après Raphael, Roberts, Poussin, Bartlett, etc., gravées par des artistes anglais. L'exemplaire du baron de Carayon-Latour. Edmond de Carayon-Latour (1811-1887) était le petit-fils du maréchal d'Empire Catherine-Dominique, marquis de Pérignon (Grenade, 1754-Paris, 1818). Son père, officier de dragons puis receveur général à Bordeaux, lui laissa une grande fortune. Edmond de Carayon-Latour épousa en 1847 Henriette de Chateaubriand (1824-1903), la petite nièce du célèbre auteur et ministre. En 1854 il acquit la propriété de Grenade en Gironde où il créa avec son épouse le Château du même nom, où cinq générations se succédèrent jusqu’à nos jours. Homme politique, il fut conseiller général et député du Tarn de 1840 à 1861 et défendit avec beaucoup d’énergie et d’indépendance les principes conservateurs et les intérêts religieux. Sa devise, “fayre pla, layssa dire” (faire bien, laisser dire) est reportée sur son ex-libris. On peut lire sur la façade arrière du château de Grenade la devise de la famille de son épouse, dont la noblesse remonte aux croisades : "Mon sang a teint la bannière de France". Le relieur H. Lefèvre exerça durant la seconde partie du XIXe siècle, à Paris, rue Saint-Honoré puis rue Duphot. Très bon exemplaire en maroquin du temps. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, I, col. 473. Fléty, Dictionnaire des relieurs français…, p. 176.
Amsterdam, Pierre Mortier, 1729. 2 volumes in-12 (141 x 80 mm), frontispice, titre, 12 ff. n. ch., 203 pp. ; frontispice, titre, 2 ff. n. ch., 191 pp. Maroquin citron, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, filet doré sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale. Cet ouvrage demeuré anonyme est illustré d'un frontispice répété au second volume et de 6 gravures hors texte non signées. L'exemplaire de Guyon de Sardière et du duc de La Vallière. Cet exemplaire porte la signature de Guyon de Sardière sur chaque volume. Fils cadet de Jacques Guyon et de la célèbre Jeanne-Marie de La Motte (Madame Guyon, 1648-1717), Denis Guyon , seigneur de Sardière (1674-1759), a deux ans lorsque son père meurt. Il fut un grand bibliophile. Sa bibliothèque était formée d'ouvrages de littérature française et d'histoire. Il acquit une grande partie des livres de la bibliothèque de Diane de Poitiers, à la vente qui eut lieu au château d'Anet en 1724. Son extraordinaire collection fut négociée et achetée en bloc avant la vente par la duc de la Vallière. Cet exemplaire figurait sous le n°1011 du catalogue imprimé pour la vente en 1759. Petit-neveu de la duchesse de La Vallière, favorite de Louis XIV, Louis-César de la Baume Le Blanc, duc de la Vallière (1708-1780), fut l’un des plus puissants seigneurs de la Cour de Louis XV. Il fut l’un des plus grands bibliophiles du XVIIIe siècle. Avec l'aide de son bibliothécaire, l'abbé Rive, il rassembla une bibliothèque choisie, achetant des bibliothèques entières et revendant les ouvrages qu'il avait en double. Sa bibliothèque a été vendue en trois vacations en 1767, 1783 et 1788. Une partie en a été acquise par le comte d'Artois et incorporée au fonds de la bibliothèque de l'Arsenal. Bel exemplaire en maroquin citron de l'époque.
Paris, Defer de Maisonneuve, 1790. 2 volumes in-12 (145 x 83 mm), 2 ff. n. ch., 296 pp., 2 ff. n. ch., 300 pp. Basane racinée, roulette dorée encadrant les plats, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, filet doré sur les coupes, tranches coquilles à l'imitation des gardes, une coiffe restaurée avec infime manque (reliure d'époque).
Première édition de ce choix de pièces de poésie, ‹‹ la plupart assez lestes ››, d'auteurs des XVII et XVIIIème siècles. Citons Piron, Piis, Chaulieu et Voltaire, parmi d'autres. L'édition est imprimée sur beau papier vergé légèrement bleuté et ornée de 6 ‹‹ agréables petites estampes ›› (Cohen) dessinées par Le Barbier et gravées par Gaucher. Très bon exemplaire en reliure d'époque. Cohen/de Ricci, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, col. 147. Gay-Lemonnyer, Bibliographie des ouvrages relatifs à l’amour…, I, col. 401.
Paris, Pierre Gaillard, 1803. 4 tomes en 2 volumes in-8 (190 x 110 mm), 1 f. n. ch., VI pp., 1 ff. bl., 136 pp.; 1 f. n. ch., 182 pp., 1 f. n. ch; 1 f. n. ch., 152 pp. ; 1 f. n. ch., 152 pp., 1 f. n. ch. Demi-chagrin rouge, dos à nerfs, titre et tomaison dorés, tranche dorée, un coin légèrement abîmé (reliure de la fin du XIXe siècle).
Cette édition est illustrée d'un frontispice et de 100 gravures à mi-page d’après les dessins de Romain de Hooghe. Les Cent Nouvelles nouvelles sont considérées comme le premier recueil de nouvelles français. Cette édition est la réimpression d’une des meilleures éditions illustrées de ce recueil. Destinées à la cour de Bourgogne, rédigées dans le style du Decameron de Boccace, les Cent Nouvelles nouvelles sont contées par divers seigneurs de cette cour où Philippe le Bon, amateur de lettres et des arts, attirait à lui littérateurs, poètes, peintres et musiciens. Les bibliographes ont longtemps attribué à Antoine de La Sale, le secrétaire de ce petit cercle de lettrés, la paternité de la majorité des nouvelles du recueil, désormais attribuées à Philippe Pot. De la bibliothèque de P. R. Dupperay avec son ex-libris gravé (1945) comprenant la devise "Sanctus Amor Patriae Dat Animum". Très bon exemplaire. Brunet, I, 1735-1736 (pour l’édition de 1701).
Paris, Leroy, 1788. 2 volumes in-folio (390 x 250 mm), 104 pp.; 2 ff. n. ch., 100 pp. Veau fauve tigré, encadrement de filets dorés sur les plats, fleurons dorés en écoinçons, dos à nerfs ornés, pièces rouge foncé pour les titres, havane pour la tomaison, deux filets dorés sur les coupes, tranches marbrées, coiffes et coins restaurés, petites piqûres marginales sur certaines planches (reliure de l’époque).
Rare édition originale de cet intéressant recueil de 100 notices biographiques, et autant de portraits gravés, de personnalités ayant marqué l’Europe dans des domaines variés, entre le XVe et le XVIIIe siècle: les rois depuis Louis XI, des papes et des évêques, des personnages de la cour (la Duchesse de La Vallière, Madame de Maintenon…), des hommes de lettres (Érasme, Rabelais, Racine...), des scientifiques, des musiciens, des peintres, etc. L’ouvrage fut publié en 10 livraisons de 10 portraits chacune, à raison d’une livraison par semaine, selon les précisions de l’avant-propos. Chaque notice de deux pages est accompagnée d’un portrait gravé d’après «les meilleurs maîtres » (Bibliotheca Hulthemiana, III, n°21968), dont Philippe de Champaigne, Gérard Edelinck, Quentin de La Tour et Hyacinthe Rigaud. Certaines de ces planches avaient déjà été vendues séparément. L’ouvrage comporte également un titre-frontispice allégorique non signé ainsi qu’une vignette sur la page de titre aux armes de l’éditeur, Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac (Dissais, 1746–Ouarville, 1828) avec sa devise Firmior petra. Les trois pages de table et privilège en fin du deuxième volume font défaut mais une table alphabétique manuscrite de l’époque (2 ff.) a été ajoutée à notre exemplaire. Les exemplaires de cet ouvrage tiré à petit nombre sont très peu courants, qui plus est complets de toutes leurs planches et livraisons. Seuls 3 exemplaires de cette édition originale se trouvent dans les institutions publiques françaises(médiathèque de Chambéry, bibliothèque de Versailles, Bibliothèque nationale). Très bel exemplaire en veau d’époque. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, III, col. 408. Inconnu à Cohen (Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle).
Paris, Garnier, [vers 1860]. In-8 (267 x 170 mm), 2 ff. n. ch., VIII pp., 1106 pp., 1 f. n. ch. Maroquin bleu marine, dos lisse orné en long d’un encadrement de filet doré, pièce de titre et large encadrement rectangulaire mosaïqué en maroquin marron, croissants de lune et fleuron arabisant dorés, guirlande dorée sur les chasses, tête dorée, couvertures et dos conservés, quelques frottements épars, dos légèrement plus sombre (reliure du début du XXe siècle).
Nouvelle édition de la traduction de Galland, publiée pour la première fois en 1704. Revue, corrigée, elle fut ensuite augmentée d’une dissertation sur les Mille et une nuits par le Baron Sylvestre de Sacy (Paris, 1758-Paris, 1838), important linguiste et philologue spécialiste des langues orientales. Cette édition reprend les illustrations parues pour la première fois en 1840 chez l'éditeur Ernest Bourdin et Cie. Elle comprennent une couverture illustrée, un frontispice, 17 planches hors texte, et plus de 1000 gravures sur bois dans le texte figurant des scènes orientalistes dessinées et gravées par plusieurs illustrateurs de l’époque parmi lesquels Demoraine, Marville, Wattier ou Levilly. Très bon exemplaire dans une reliure orientalisante. Carteret, III, 256 (pour l’édition Bourdin).
Paris, Librairie des bibliophiles, 1887. In-12 (175 x 109 mm), 2 ff. n. ch., XLIV pp., 226 pp., 2 ff. n. ch. Maroquin rouge, important décor doré aux motifs féminins et floraux encadrant les plats, dos lisse orné dans le même esprit, titre et date dorés, double filet doré sur les coupes, grand décor doré encadrant les contreplats, tête dorée, non rogné, couvertures conservées, dos légèrement plus foncé (M. Albinhac).
"Belle publication" (Carteret) de bibliophilie. Fondée par l’éditeur Damase Jouaust, les éditions de la Librairie des Bibliophiles publièrent des rééditions de luxe soigneusement illustrées de grands textes. L’illustration comprend ici 21 eaux-fortes de Adolphe Lalauze, dont 15 têtes de chapitre et 6 culs-de-lampe. Maitrisant parfaitement la technique de l’eau-forte, Adolphe Lalauze (Rive-de-Gier, 1838-Milly-la-Forêt, 1906) exécuta des gravures pour des éditions bibliophiliques, notamment les Contes de Perrault et Le Diable amoureux de Cazotte pour les éditions Jouaust. Très en vogue dans la première moitié du XXe siècle, Les Quinze joyes de mariage offrent plusieurs tableaux sur les « joies » conjugales, c'est-à-dire les affreux malheurs de l'homme pris dans la nasse du mariage. Ce texte en prose publié anonymement est à dater de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe siècle ; il est en effet cité dans les Cent Nouvelles nouvelles (milieu du XVe siècle), dont il se rapproche par le sujet et par la satire bouffonne. Une récente étude de Stéphanie Benson, Nelly Labère et Gilles Mangard semble avoir percé le mystère qui entourait son auteur : il s'agirait d'Alain Taillecoul (vers 1350-1396), seigneur de Lauresse, dans la Sarthe. Ex-libris au chiffre doré "LI" doré sur médaillon en maroquin rouge au contreplat, et ex-libris moderne de Giorgio Mirandola, professeur de littérature française à l’université de Bergame. Bel exemplaire en maroquin décoré de Marcel Albinhac. Vicaire, I, 603. Carteret, IV, 327. Fléty, p. 41. Osterwalder, I, p. 579.
Paris, Librairie Pierre-Adrien Yvinec, 2023. In-4 (297 x 209 mm), 364 pp. n. ch. Toile bleue décorée sur chaque plat d'une illustration, titre doré sur le premier plat et au dos, signet en tissu.
Exemplaire de luxe, relié en toile, de la première partie de la collection Kilian Fritsch autour du costume et de la mode.Ce catalogue contient près de 380 descriptions d'ouvrages et 500 illustrations en couleurs.Cet ouvrage a été tiré à 1500 exemplaires sur papier couché satin 150 grammes, dont 250 exemplaires de luxe furent reliés en toile.Parfait exemplaire.
Paris, Conquet, 1881-1883. Trois volumes in-4 (282 x 193 mm), 3 ff. n. ch., XXIX pp., 12 pl. et 24 pp., 1 f. n. ch., 1 f. bl.; 4 ff. n. ch., XXIV pp., 1 f. n. ch., 12 pl. et 39 pp.; 1 f. n. ch., 12 pl. et pp. 41-104, 3 ff. n. ch. (dont 2 de bulletin de souscription). Maroquin brun, double encadrement sur les plats de six filets dorés s'enchevêtrant dans les angles, dos à nerfs orné reprenant le même motif en caisson, titre, tomaison, lieu et date dorés, double filet doré sur les coupes, guirlande intérieure composée de motifs symboliques du XVIIIe siècle, tranches dorées, quelques rousseurs (Champs).
Superbe réédition de ce recueil fameux, contenant trois suites pour servir à l’histoire de la mode vestimentaire dans la haute société française du XVIIIe siècle, entièrement gravées en réduction par Henri Dubouchet: la suite des estampes de Sigismond Freudeberg (1745-1801), composée d’un titre, de 2 tables et de 12 planches, et les deux suites de Jean-Michel Moreau le Jeune (1741-1814), composées d’un titre, de 4 tables et de 24 planches. L’éditeur a ajouté en frontispice un portrait de Freudeberg gravé d’après Mind et un portrait de Moreau par Cochin. Toutes les figures sont présentées sous serpentes légendées. Le texte de Restif de La Bretonne est accompagné de notices de Philippe Burty et de John Grand-Carteret. «Parfaite reproduction, très rare et cotée, de ces planches célèbres, fort bien gravées; elles ont eu un très vif succès» (Carteret). «Des épreuves gravées avec une perfection rare» (Brivois). Cette collection de 36 planches fut d’abord publiée à Paris entre 1774 et 1783, puis réutilisée en 1789 par Restif de La Bretonne pour illustrer son Monument du costume. Elles forment selon Colas le «plus beau recueil d’estampes du XVIIIe siècle; indépendamment de sa valeur artistique, cette collection est très précieuse pour l’étude des modes de l’époque dans la haute société.» Un des 20 exemplaires sur Japon exceptionnellement tirés pour le compte de 20 souscripteurs (celui-ci n°19 pour M. Hénin), renfermant 3 états supplémentaires des illustrations sur Japon (eau-forte pure, épreuve avancé et épreuve terminée avant la lettre). Certaines gravures sont ici en 5 états, voire 6 pour les titres. Ex-libris moderne de Giorgio Mirandola, professeur de littérature française à l’université de Bergame. Bel exemplaire en maroquin décoré de Champs. Colas, Bibliographie générale du costume et de la mode, n°1128-29. Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, VI, col. 1069-70. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p.292. Brivois, Bibliographie des ouvrages illustrés du XIXe siècle, pp. 290-291.