Paris, Debarle, 1795. 9 tomes en 7 volumes in-8 (204 x 124 mm), 2 ff. n. ch., 480 pp.; 1 f. n. ch., 454 pp., 1 f. n. ch.; 1 f. n. ch., 417 pp.; 1 f. n. ch., 270 pp. mal chiffrées 37O, 1 f. n. ch.; 1 f. n. ch., 179 pp., 1 p. n. ch.; 2 ff. n. ch., 395 pp.; 1 f. n. ch., 253 pp., 1 p. n. ch.; 1 f. n. ch., 247 pp. mal chiffrées 246; 1 f. n. ch., 360 pp. Demi-percaline janséniste marron, dos lisse à faux nerfs frappés à froid, titre et tomaison en doré, des rousseurs, quelques déchirures dont trois avec petit manque de texte (reliure du XIXe siècle).
Reference : 8798
Édition originale d'un des ouvrages les plus importants et des plus détaillés sur le procès deLouisXVI.Publié peu de temps après les faits par Poncelin de La Roche-Tilhac, c'est un des plus précieux recueils contemporains. L'ouvrage contient toutes les pièces justificatives qui furent données à la Convention. Ces documents occupent les quatre derniers tomes. De l'ardent défenseur de la Révolution à la véhémente critique du pouvoir en place. Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac (1746-1828) fit ses études chez les Jésuites et devint docteur en droit. Ayant embrassé l'état ecclésiastique auquel il s'était tôt destiné, il fut nommé chanoine de Notre-Dame de Montreuil-Bellay en Anjou. Il acheta la charge de conseiller du roi à la Table de marbre et devint avocat du roi. Puis il s'établit à Paris, rue Garancières, et s'occupa de divers travaux historiques. Au début de la Révolution, il ouvrit une maison de librairie-imprimerie et se lança dans une activité journalistique intense. D'abord ardent partisan de la Révolution (qui l'a libéré de certaines contraintes), il en défendit les principes et en propagea les idées. Cependant, au fur et à mesure que les événements révolutionnaires se précipitèrent (notamment à la suite du 10 août 1792), il prit ses distances par rapport au nouvel ordre des choses. Après le 9 thermidor, Poncelin et son journal le Courrier passèrent ouvertement au royalisme (de même pour la Gazette française qu'il créa en janvier 1792 avec Fiévée pour rédacteur). Accusé d'avoir “provoqué au rétablissement de la royauté”, il fut condamné à mort le 26 octobre 1795 par le conseil militaire de la section du Théâtre-Français, mais il réussit à fuir et à se cacher. Rentré à Paris, il y reprit son activité polémique au cours de l'année 1796. Il multiplia dans ses feuilles les diatribes virulentes et participa à des polémiques incessantes et acharnées. En janvier 1797, par représailles, des militaires l'outragèrent et le fouettèrent dans l'appartement du directeur Barras ; cette “poncelinade” fit scandale. L'affaire devint pendant quelques jours le sujet de conversation de tout Paris ; les journaux s'en emparèrent (ceux de la réaction s'indignèrent et dramatisèrent) et l'on ironisa sur “la fustigation de l'abbé Poncelin, ce respectable père de famille”. Quoi qu'il en soit, Poncelin n'en continua pas moins, après son aventure, à s'élever contre le Directoire, et, le 18 fructidor an V (4 septembre 1797), ses journaux, comme tous ceux du parti royaliste, furent supprimés. Lui-même est condamné, ainsi que nombre de rédacteurs et imprimeurs (Auvray, les frères Fleschelle, etc.), à la déportation. Par une nouvelle fuite, il échappa à cette peine, mais ses presses furent brisées et jetées dans la rue. Il reparut après le 18 brumaire an VII et, ne pouvant plus exercer son activité journalistique (le Consulat supprima 40 journaux en un jour), se contenta d'assurer son commerce de librairie. Cependant de mauvaises affaires l'obligèrent à abandonner son commerce. En 1811, il quitta Paris et s'installa dans sa maison de campagne, à Ouarville, près de Chartres, où il mena jusqu'à sa mort une retraite studieuse. Collection complète de cet important recueil.Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, III, col. 1050. Cioranescu, Bibliographie de la littérature française du XVIIIe siècle, II, p. 1414, n°50993. Granderoute, Dictionnaire des journalistes, n°650. Monglond, La France révolutionnaire et impériale, III, col. 333.
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