Paris, André Pralard, 1703 In-8 (188 x 122 mm), 8 ff. n. ch., 732 pp., 6 ff. n. ch., 4 cartons reliés tous ensemble à la fin avec annotation manuscrite sur un carton et soulignage au crayon sur un autre. Maroquin vieux rouge, triple filet d'encadrement doré sur les plats, armoiries au centre, dos à nerfs, caissons décorés de fleurons dorés et pièces d’arme dorées, auteur et titre dorés, filet doré sur les coupes, roulette dorée intérieure, tranches dorées sur marbrure, légère fente en tête des mors avec petite restauration, tache angulaire en partie inférieure, petit trou dans la marge inférieure des premiers feuillets, petite tache brune marginale pp. 85-86 (reliure de l’époque).
Reference : 10645
Edition originale de ce manuel d’enseignement théologique par l’un des apôtres du gallicanisme.Cet ouvrage pose la première pierre d’une théologie française qui n’eut pas de suite, le gallicanisme. Elle revendique la spécificité de l’église catholique de France, soumise aux lois nationales, et cantonne le pouvoir du pape aux seules questions spirituelles. S’opposant ainsi à la doctrine ultramontanisme qui vise à faire reconnaître l’infaillibilité pontificale, portée par les ordres religieux et les jésuites. Louis Ellies Du Pin fit de l’affirmation et la défense de la doctrine gallicane, le projet de sa vie. "Destiné très précisément à la formation théologique des laïcs le Traité de la doctrine chrétienne et orthodoxe n’épargnait guère « les prétentions ultramontaines »" (Gres Gayer). Comme bon nombre des écrits de l’auteur, il fut mis à l’Index peu après sa publication.Professeur de philosophie au Collège royal, Louis Ellies Du Pin (Paris,1657-Paris, 1719) consacra la plus grande partie de sa vie à rédiger l’immense Bibliothèque universelle des auteurs ecclésiastiques. Les jugements qu’il portait sur plusieurs Pères le firent condamner à Rome et par certains théologiens. Il s’attira notamment les foudres de Bossuet, "l’aigle de Meaux", qui rédigea coup sur coup un Mémoire sur ce qui est à corriger de la Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques de Monsieur Du Pin et des Remarques sur l’Histoire des conciles de M. Dupin. "Mais de toute évidence, c’est l’attaque de Bossuet qui s’est montrée la plus dommageable. Ellies Du Pin ne voulut pas comprendre qu’il lui fallait surtout s’humilier devant l’intransigeant prélat" (Gres Gayer). Cette inimitié accéléra la chute de Du Pin qui fut exilé à Châtellerault.L’exemplaire de Jacques-Bénigne Bossuet, cité par OHR.Cousin de Racine, neveu du célèbre orateur évêque de Meaux, dont il hérita de la bibliothèque et qu’il augmenta considérablement, Jacques-Bénigne Bossuet (Dijon, 1664-Paris, 1743) fut nommé évêque de Troyes en 1716. Comme son oncle, il ne recherchait que les ouvrages de théologie qui lui étaient nécessaires. Cet exemplaire est le premier ouvrage avec les fers de Bossuet cité par Olivier, Hermal et de Roton.Il comprend trois notes manuscrites anciennes à l’encre brune (pages 2, 307 et sur un des cartons reliés in-fine). Bel exemplaire en maroquin armorié du temps.Jacques Gres Gayer, "Un théologien gallican témoin de son temps : Ellies Du Pin (1657-1719)" in Revue d'histoire de l'Église de France, année 1986 pp. 76 - 86 – 90. O. H. R. pl. 2299, fer n°1.
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