8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., Dentu, 1877, in-12, xvi-404 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état
Notes de voyage de Gustave de Molinari (1819-1912), ce propagateur passionné de la liberté économique, sur la Russie et les réformes du gouvernement d'Alexandre II. — "Sur l'émigration des Tatars de Crimée dans la Dobrogea, voir p. 200. Dans le dernier chapitre une description pittoresque de Constantinople avant la guerre suscitée par la Russie. Une vue d'Athènes. C'est un des meilleurs livres de voyage de l'époque." (N. Iorga, Revue historique du sud-est européen, 1937) — "[Molinari] a parcouru la Russie vers 1860, époque où peu d'Occidentaux s'y risquaient et il est retourné à plusieurs reprises. Il a fait diverses traversées de l'Atlantique, est allé trois fois aux États-Unis, autant au Canada, il a visité la Martinique et Panama. Il s'est promené en Europe dans tous les sens. Il a publié en partie ses impressions de voyage dans des lettres au “Journal des Débats”, qui ont été reproduites dans plusieurs volumes dont la lecture, très attrayante, est pleine d'enseignements." (Yves Guyot, Journal des économistes, 1912)
P., Nathan, 1988, gr. in-8°, 305 pp, 48 planches d'illustrations en couleurs, 8 cartes, biblio, index, belle reliure plein chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, encadrement à froid sur les plats, couv. illustrée à rabats conservée, bon état (Coll. Origines)
De la Haute Antiquité à l'aube du XVIe siècle, quand le monde bascule et que s'ouvrent les chemins vers l'Amérique... Ce livre, qui déploie le faisceau des routes millénaires sur les traces des voyageurs illustres qui les ont reconnues, est l'inventaire des mythes qui ont aimanté les rêves des hommes et, de tout temps, les ont jetés sur les routes des caravanes et des océans. Grandes routes caravanières et maritimes, routes commerciales, de migrations ou de conquêtes, chemins des ambassadeurs, des missionnaires ou des explorateurs, routes mythiques de la soie, des épices et de l'ambre : elles ont porté l'ardeur des hommes et leur espérances qui à sonné le glas du « monde clos ».
Calmann-Lévy, 1967, in-8°, 300 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, une carte, broché, couv. défraîchie, état correct
Par un naufragé de La Méduse.
Grasset, 1942, pt in-8°, 258 pp, broché, couv. illustrée, bon état
Abdi était l'un des fidèles marins d'Henry de Monfreid. Un Somali, issu d'une tribu vivant sur les pentes montagneuses bordant l'océan Indien. Il nous raconte la fabuleuse aventure de ses parents, Mamout et Aïcha, poursuivis par la fatalité et traqués par le naïb d'Eïd qui convoite leur or. Ce sont des figures inoubliables d'amants du désert. Un récit véridique, qui nous replace dans un monde violent, passionné, où la cruauté, la ruse, la rapacité voisinent avec la fidélité, la pitié, la loyauté à toute épreuve.
L'Harmattan, 1998, in-8°, xviii-300 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Sciences et société)
Ethnies 16-17, 1994, in-8°, 315 pp, avec la collaboration de Martine Dauzier, Mario Humberto Ruz, cartes, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée
London, Raphael Tuck & Sons, 1933, pt in-8°, 72 pp, un frontispice en couleurs et 16 pl. de gravures et photos (dont 14 hors texte), index, reliure pleine percaline bordeaux de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, 1er plat avec titres dorés et une gravure de la cathédrale en couleurs contrecollée, qqs piqures, bon état. Texte en anglais
La cathédrale de Southwark se trouve sur la rive sud de la Tamise ; le quartier abrite aujourd'hui le Théâtre du Globe, restauration de la célèbre salle de Théâtre élisabéthain où de nombreuses pièces de William Shakespeare furent créées.
Lille, S.I.L.I.C., 1954, in-8°, 222 pp, 12 pl. de photos en héliogravure hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Pygmalion, 1986, gr. in-8°, 451 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 4 cartes, chronologie, glossaire, biblio, index, broché, discret C. de bibl. sur la page de faux-titre, bon état, envoi a.s.
CDU, 1956, in-4°, 179 pp, texte dactylographié, biblio, broché, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne)
P., Félix Alcan, s.d. (1895), gr. in-4°, 2 ff.n.ch., x-462, 1 f.n.ch. pp, un portrait gravé de l'auteur en frontispice, 64 gravures dans le texte par Riou, certaines à pleine page, 15 cartes dans le texte et une carte repliée hors texte en couleurs, reliure demi-maroquin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filet à froid sur les plats, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), coiffes et nerfs frottés, bon état. Edition originale
Edition originale, ornée d'un portrait de l'auteur en frontispice, 64 gravures dans le texte par Riou, certaines à pleine page, 15 cartes dans le texte et une carte repliée hors texte en couleurs. Préfacé par le vicomte Melchior de Vogüé, l'ouvrage relate le voyage du lieutenant-colonel Monteil à travers le Sénégal, le Mali, le Niger, le Nigéria et la Libye. L'objectif de cette mission était de reconnaître les pays situés entre le Niger et le Tchad, en particulier la ligne Say-Barroua, qui délimitait arbitrairement les zones d'influence française et anglaise. À partir de Saint-Louis du Sénégal, l'expédition Monteil passa par Kayes, Kita, Bamako et Ségou Sikoro, traversa la boucle du Niger jusqu'à Say, puis gagna le Lac Tchad par Sokoto et Kano, avant de se diriger vers Tripoli. Monteil est ainsi le premier Français à se rendre au lac Tchad, et le premier Européen à y parvenir par l'Atlantique. Les illustrations ont été réalisées d'après les documents de l'auteur et les photographies du commandant Quiquandon. Bon exemplaire de cette importante relation (Numa Broc, Afrique, pp. 235-236).
P., Librairie C. Klincksieck, 1954, gr. in-8°, 163 pp, reliure pleine basane fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane acajou (rel. de l'époque), bon état
Seuil, 1964, in-8°, 368 pp, 4 pl. de photos hors texte, 6 cartes dont une dépliante hors texte, biblio, index des noms propres, des notions et des sources citées, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état (Coll. Esprit « Frontière ouverte »)
"... Dans cet ouvrage, « les exemples concerneront surtout l'Afrique de l'Ouest, Nigeria compris, qui rassemble d'ailleurs près des trois quarts des Musulmans d'Afrique ». L'auteur envisage un grand nombre de problèmes, d'ordre historique et actuel, comme l'indiquent les en-têtes de chapitre : Les hommes et les sources, La pensée sauvage, Les fétiches ont tremblé, Les cinq piliers de la foi, Marabouts en noir et blanc, La marche des femmes, Recherche d'une église, Le don des langues, La voie africaine du socialisme, Courants et tendances, L'Islam noir en marche. Ainsi, dans la partie historique, depuis le Ghana, cité « pour la première fois à la fin du VIIIe siècle », jusqu'aux exploits et entreprises de Samory à la fin du XIXe siècle, l'auteur envisage les anciennes formations politiques du Tekrour, Mali, Songhay, Bornou, les Fouta et les États haoussa-peul. Sont envisagés ensuite les problèmes que pose l'introduction et la diffusion de l'Islam dans le monde négro-africain. « L'Islam noir ne peut se définir que par rapport à l'animisme », nous dit-on, très justement. Ainsi, « la famille musulmane reste cernée par trois problèmes principaux : la dot des filles, la polygamie des femmes et le matrilignage des mères »..." (Montserrat Palau Marti, Revue de l'histoire des religions, 1965)
Seuil, 1971, in-8°, 416 pp, 2e édition, revue, corrigée et augmentée, 4 pl. de photos hors texte, 6 cartes dont une dépliante hors texte, biblio, index des noms propres, des notions et des sources citées, broché, couv. illustrée, dos insolé, bon état (Coll. Esprit « Frontière ouverte »)
"... Dans cet ouvrage, « les exemples concerneront surtout l'Afrique de l'Ouest, Nigeria compris, qui rassemble d'ailleurs près des trois quarts des Musulmans d'Afrique ». L'auteur envisage un grand nombre de problèmes, d'ordre historique et actuel, comme l'indiquent les en-têtes de chapitre : Les hommes et les sources, La pensée sauvage, Les fétiches ont tremblé, Les cinq piliers de la foi, Marabouts en noir et blanc, La marche des femmes, Recherche d'une église, Le don des langues, La voie africaine du socialisme, Courants et tendances, L'Islam noir en marche. Ainsi, dans la partie historique, depuis le Ghana, cité « pour la première fois à la fin du VIIIe siècle », jusqu'aux exploits et entreprises de Samory à la fin du XIXe siècle, l'auteur envisage les anciennes formations politiques du Tekrour, Mali, Songhay, Bornou, les Fouta et les États haoussa-peul. Sont envisagés ensuite les problèmes que pose l'introduction et la diffusion de l'Islam dans le monde négro-africain. « L'Islam noir ne peut se définir que par rapport à l'animisme », nous dit-on, très justement. Ainsi, « la famille musulmane reste cernée par trois problèmes principaux : la dot des filles, la polygamie des femmes et le matrilignage des mères »..." (Montserrat Palau Marti, Revue de l'histoire des religions)
P., Armand Aubrée, 1835, in-8°, 450 pp, broché, bon état
Tome 39 : Voyages en Amérique : Basil Hall (Etats-Unis 1827-1828), Mistress Trollope (Etats-Unis 1827-1831).
P., Editions Hors Commerce, 2001, in-8°, 156 pp, préface d'André Bourin, broché, couv. illustrée, bon état
Une dame de 85 ans se souvient de son enfance et la raconte. 1920 à 1936. Enfance dans le Nord-Tonkin, aux confins de la Chine, puis à Hanoï et Doson. Le père est fonctionnaire des Douanes, chargé de contrôler le trafic de l'opium. Avec son épouse, ils se plongent dans l'amour, l'opium et la lecture. Livrée à elle-même, la petite fille découvre un pays fascinant et dangereux : les tigres rôdent la nuit autour de la maison sur pilotis, les révoltes indigènes éclatent. Et l'opium, par son commerce, son rituel, son influence, est omniprésent. Jeune fille, elle rencontre des aventuriers en tout genre, de singuliers pédagogues, des intellectuels indochinois, futurs dirigeants du Vietnam, des hauts fonctionnaires français qui feront évoluer le statut de la colonie. Entre insouciance et prise de conscience des conflits politiques, sociaux et raciaux qui agitent l'Indochine de cette époque, ce récit est "un précieux document sur un monde et un temps disparus". Il nous aide à mieux comprendre le destin cruel et exceptionnel de ce pays. — "L'odeur de l'opium imprègne le livre tout entier." (André Bourin)
La Renaissance du Livre, 1946, pt in-8°, 348 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 2 cartes, broché, dos frotté, bon état (Coll. La Vie dans l'Histoire)
P., Maradan, 1808-1809, 8 vol. in-8°, cviii-400,lxiv-451,458,lxxxiv-568,lxxii-427,507,lxxxviii-490 et 509 pp, reliures plein veau marbré lég. épidermées, dos lisses très ornés, plats encadrés de filets dorés (reliure de l'époque). Bon exemplaire
Ouvrage contenant d'innombrables articles du plus grand intérèt, entre autres : Sur l'Afrique et l'esclavage, le Mexique, la Turquie, la Syrie, le commerce dans le Levant, la Perse, l'Empire Birman, la Chine, le Tonkin ainsi qu'un trés grand nombre de renseignements sur les moeurs et coutumes, les métiers, etc. Chaque mission est précédée d'un important tableau historique et géographique. Tomes I à III : Missions de la Chine. Précédé d'un tableau géographique de la Chine, de sa politique, des sectes religieuses, de la littérature, et de l'état actuel du christianisme chez ce peuple ; tome IV : Missions de l'Inde. Précédées du tableau historique de la découverte et de la conquête de l'Indostan, et des premiers établissemens portugais et français, dans cette contrée de l'Asie ; tome V et VI : Missions du Levant. Précédées d'une notice historique sur la vie de Mahomet, la religion, le génie, et les conquêtes de ce faux prophète ; tomes VII et VIII : Missions de l'Amérique. Précédées d'un tableau historique de la découverte du nouveau Monde, et des premiers établissemens des Espagnols, des Anglais et des Français, etc. (Chadenat, 4911).
Arléa, 1989, in-8°, 315 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
La route des Indes, rappelle ici Paul Morand, n'est pas seulement un fabuleux itinéraire sinuant de Venise à Alexandrie, ou d'Akaba à Aden ; c'est un mythe aussi vieux que le voyage lui-même. Un rêve partagé depuis des temps très anciens. Pour Hérodote déjà, l'Inde apparaissait comme le pays le plus célèbre et le plus riche de la terre. C'est ce voyage magnifique que Paul Morand reconstitue et raconte ici avec un talent étincelant. Il met pour cela à profit six ou sept pérégrinations dans "le Levant et l'Orient, en paquebot ou en avion, en auto ou en bateau volant, en chemin de fer ou en yacht".
Plon, 1933, in-12, (8)-334 pp, mention de mille, reliure demi-maroquin chocolat à coins, pièce de titre chagrin carmin, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, plats de couv. et dos conservés, signet (rel. de l'époque), papier lég. jauni, bon état
Londres fut la plus durable passion de Paul Morand. Des conquérants normands à la diplomatie insulaire en passant par les pubs, les clubs, les courses de lévriers et les maisons hantées, il compose une encyclopédie à la gloire de la capitale britannique et des Anglais : "À leur amour de l'excentricité seul on peut juger déjà que les Anglais furent un grand peuple". Une oeuvre majeure pour mieux comprendre "cette ville qui fait de la lumière avec rien, avec des gris".
Grasset, 1928, in-12, 303 pp, broché, bon état
Magie noire, recueil de nouvelles consacré à l'Afrique, paraît en 1928 chez Grasset, chez qui Morand a publié une grande partie de son oeuvre. C'est l'époque de ses grands succès parmi les "4 M" lancés par Bernard Grasset : lui, Mauriac, Montherlant et Maurois. Epoque où Joséphine Baker triomphe au music-hall, où l'on se précipite au Bar nègre pour écouter du jazz, et où masques africains et compositions cubistes ornent les murs des appartements parisiens. C'est toute cette "magie noire" ("Le jazz a des accents si sublimes, si déchirants que, tous, nous comprenons qu'à notre manière de sentir, il faut une forme nouvelle") que Paul Morand fait éclater à son livre, dans un style nerveux et moderne, à une époque où l'hypothèse même de la culture noire faisait ses débuts. A travers les destins d'Occide, provisoirement porté au pouvoir en Haïti, de la danseuse Congo et de tant d'autres personnages, Morand fait mieux que de l'exotisme contemporain : un livre jazzy, swinguant, qui donne envie de manger le monde.
Grasset, 1949, in-12, 281 pp, broché, couv. très lég. salie, bon état
"Donc : New York. A part le passage fameux de Voyage au bout de la nuit, on ne peut pas dire que la littérature française se soit illustrée dans cette dimension redoutable. Vous êtes à New York ou vous n'y êtes pas. Un Français, en général, n'y est pas. (...) Morand a vite vu, compris, dessiné la situation. Le livre est publié en 1930, moment du grand tournant : économique, technique, géopolitique. Il est un des seuls Européens à saisir l'événement. D'où sa tentation de le maîtriser, dans un livre qui est à la fois un essai de mythologie, une prophétie nerveuse, un guide touristique, un reportage, un traité d'ethnologie, une longue nouvelle..." (Philippe Sollers)
Le Caire, CEDEJ, 1993, in-8° carré, 571 pp, texte sur 2 colonnes, 5 photos hors texte, un croquis dépliant et 5 planches en couleurs, broché, jaquette, bon état. On joint un carton d'invitation (2 volets, avec photo) à une réception donnée chez l'éditeur au Caire à l'occasion de la sortie de l'ouvrage
L'ouvrage évoque la figure de Morcos Fahmy, avocat égyptien de confession copte, célèbre dans l'entre-deux-guerres, à travers la biographie que sa propre fille a rédigée. Le récit, retrace les principaux moments d'une existence, avec ses hauteurs et ses dépressions. Il met en relief le côté professionnel, les nombreuses affaires dont l'avocat s'est occupé, les causes qu'il a défendues. Il présente aussi l'engagement politique au lendemain de la première guerre mondiale, sans que cela débouche sur une affiliation partisane. Il dégage enfin le réformisme social d'un homme préoccupé du statut de la femme en Orient, comme de la pénalité de l'adultère. À travers l'étude d'un cas, se découvrent moins une époque ou une société que des jeux d'influence entre individus, groupes. forces ; les interconnexions entre le juridique (civil et pénal), le politique, le social et le religieux ; les effets de miroirs entre passé et présent, personnage et portrait ou sujet et récitant. Ainsi une histoire individuelle s'inscrit-elle dans une histoire nationale...
Seghers, 1990, in-8°, 316 pp, préface de Jean Meyer, cartes, glossaire français, glossaire caraïbe, biblio, index; broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Etonnants voyageurs)
Récit anonyme d’un participant à une expédition dans les Antilles qui montre les errances des marins français ainsi que les contacts avec la civilisation indigène, les animaux et les plantes de ces îles. Informe avec précision et sans fioritures sur le langage marin comme sur le langage indien. — "Il serait dommage que cet ouvrage n'attire l'attention que des amateurs d'odyssées maritimes même si ceux-ci ne peuvent qu'être comblés par un récit haut en couleurs, prodigue en drames, rebondissements et fracas, exhalant une forte odeur de poudre et d'épices. Ce manuscrit anonyme du début du XVIIe siècle, découvert à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras par Jean-Pierre Moreau, et édité par ses soins, se révèle en effet et à plus d'un titre d'un grand intérêt anthropologique. Il constitue le témoignage écrit le plus ancien dont nous disposions sur la société caraïbe des petites Antilles, antérieur de plus de vingt ans à celui du père Breton. Après un pitoyable échec dans la guerre de course sur les côtes brésiliennes, un groupe de flibustiers affamés atteint en avril 1619 les rivages de la Martinique et réside dix mois, accueilli et restauré par les indigènes en échange des produits de traite habituels, outils de fer et verroterie. Le chroniqueur, désoeuvré mais attentif, enregistre tout ce qu'il voit, soucieux du détail et le regard nullement troublé par le devoir pastoral qui affectera la vision des missionnaires des décennies suivantes. La « description de quelques sauvages des Indes » à laquelle est consacrée la moitié du manuscrit, rédigée après le retour en France du narrateur, s'organise un peu à la manière ethnographique classique : après un jugement synthétique sur le « naturel » des indigènes, sont présentées les ressources végétales et animales dont ils tirent leur subsistance, avec leurs appellations vernaculaires, les manières de les apprêter et les postures dans lesquelles elles sont consommées ; puis vient la description approfondie de ce qui, pour l'auteur, constitue la clé de voûte de l'organisation sociale caraïbe, le caouynage, grand festin et surtout libations qui attristeront tant le père Breton. L'enchaînement se fait sur les croyances et « superstitions », les jeux et les danses, les rites de mariage (avec une partie originale consacrée la sanction de l'adultère), l'intronisation des « capitaines » et enfin la guerre, le sort des captifs et la mort... Soulignons enfin la qualité du travail éditorial de Jean-Pierre Moreau : présentation éclairante, notes utiles, glossaire français indispensable et qui rend toute la saveur de la langue maritime de l'époque." (Christian Deverre, L'Homme, 1991) — "Pirates, commerçants, colonisateurs, ils sont un peu tout cela les hommes embarqués à Dieppe en 1618 sur quatre bateaux en direction des Antilles. Un voyage de plusieurs mois marqué par la maladie, la faim, la révolte, presque la mutinerie, les conduit en Martinique puis jusqu'aux côtes de la Floride et du Mexique, avant un retour piteux à Dieppe. Le récit de ces aventures nous est conté par un des participants resté anonyme et qui eût, tant pour son écriture que pour son témoignage, mérité la gloire."
P. et Neuchâtel, Editions Victor Attinger, 1933, 2 vol. in-8°, 277 et 308 pp, introduction et traduction de l'anglais par E. J. Finbert, brochés, bon état (Coll. Orient)
Le plus fameux roman picaresque oriental, publié en 1824. Sous le manteau d'un récit aux couleurs des «Mille et une nuits», James Morier, voyageur et diplomate anglais en poste à Téhéran, évoque la société persane du début du XIXe siècle : étiquette démentielle de la cour impériale, usages de la rue ou du bazar, moeurs cruelles en honneur dans les harems, statut des minorités... Gobineau, fin connaisseur de l'Asie et admirateur inconditionnel de ce classique du genre picaresque, n'hésitait pas à proclamer : "L'Orient nous a apporté deux chefs-d'œuvre, les Mille et Une Nuits, et Hadji Baba."