Victor Havard | Paris 1885 | 11.5 x 18.2 cm | Relié
Edition originale sur papier courant. Reliure en demi basane bordeaux, dos lisse éclairci orné de doubles filets dorés, plats de papier marbré, quelques griffures sur le second plat, gardes et contreplats de papier à la cuve, quelques accrocs sur les coupes, reliure de l'époque. Rousseurs. Envoi autographe signé de Guy de Maupassant « à Monsieur [Amaury] Renoul », gérant de la Librairie Nouvelle, établie au 15 boulevard des Italiens. L'arrière-boutique de cette institution parisienne tenait lieu de salon littéraire pour tout ce que la capitale comptait de personnalités artistiques et intellectuelles. * Amaury Renoul (1837-1898) fut l'un des hommes de lettres les plus en vue du Paris de la fin du XIXe siècle. Il côtoya notamment Flaubert. Maupassant lui dédicaça au moins trois ouvrages entre 1884 et 1886. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Paul Ollendorff | Paris 1888 | 12 x 18.50 cm | relié
Edition originale. Reliure à la bradel en demi percaline havane, dos lisse, date en queue, pièce de titre de chagrin noir habilement restaurée, plats de papier marbré, reliure de l'époque. Envoi autographe signé de Guy de Maupassant à son ami l'écrivain Catulle Mendès. Bel exemplaire agréablement établi. Provenance : de la bibliothèque d'Arthur Christian avec ses ex-libris encollés au premier contreplat. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Paul Ollendorff | Paris 1890 | 13 x 19 cm | broché
Édition originale, un des 150 exemplaires numérotés sur Hollande, seuls grands papiers après 5 Japon. Très bel exemplaire, tel que paru, enrichi d'une importante pièce autographe d'Elme-Marie Caro, 1 page à l'encre brune sur un feuillet double, non daté [1887?]. Dernier roman de Maupassant, Notre Cur est également l'un des plus autobiographiques. Fortement inspiré des célèbres «Salons» littéraires et artistiques tenus par des femmes du monde, que fréquentait Maupassant, le roman confronte un homme de lettres à l'une de ces maîtresses femmes du Paris de la fin du XIXème. Ainsi décrit-il Michèle de Burne comme «un être raffiné, de sensibilité indécise, d'âme inquiète, agitée, irrésolue, qui semblait avoir passé déjà par tous les narcotiques dont on apaise et dont on affole les nerfs». à travers cette femme moderne, libérée mais oppressante, qui ne trouve de plaisir amoureux que dans la réduction en esclave de son amant, Maupassant établit en creux le portrait de la comtesse Potocka dont il est un des plus fervents «Macchabées» ou «morts d'amour», selon les règles du jeu littéraire instaurées dans son célèbre Salon. Notre exemplaire est enrichi d'une précieuse «Convocation extraordinaire du Club des Macchabées», amusante pièce autographe rédigée par le philosophe Elme-Marie Caro. La comtesse Potocka y est désignée en ces termes: «la Patronne, chef du Pouvoir Exécutif et Décoratif des Macchabées» et la liste des «convoqués spécialement et d'office, sans atermoiements ni excuses» réunit quelques habitués du Salon de la comtesse: Clovis Bachelier, Adrien de Montebello, Olivier Taigny et Dubois y représentent l'administration, Jean Béraud et Henri Gervex le monde artistique, Georges Legrand, Elme-Marie Caro, Gustave Schlumberger les Lettres. Le «Président» de cette société n'est autre que Coquelin aîné de la Comédie française. Maupassant, bien qu'il n'apparaisse pas sur cette invitation tenait cependant un rôle majeur au sein de ce Salon puisqu'il était le «Secrétaire perpétuel du Conseil permanent du Club des Macchabées». Précieux témoignage de cette fascinante comtesse qui inspira Maupassant mais également Marcel Proust pour sa duchesse de Guermantes et Aimé Guerlain qui créa pour elle son parfum Shore's caprice. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Paris s. d. [début janvier 1884] | 10.20 x 13 cm | 4 pages sur un feuillet double
Lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 67 lignes à l'encre noire sur un papier à en-tête « GM 83, rue Dulong », enveloppe jointe. Publiée dans Marlo Johnston, «Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka»,Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre2009. Cette longue missive débute par une commission qui a été faite à Maupassant : « Je m'acquitte tout de suite d'une commission dont on me charge pour vous, bien qu'il me semble y découvrir un peu d'ironie. La princesse Ouroussow, qui vient de m'écrire pour me demander d'aller la voir ce soir, me prie, en post-scriptum, de la rappeler à votre souvenir lorsque je vous verrai. » La princesse Ouroussow était l'épouse de l'ambassadeur russe à Paris. Avec la Comtesse, elle faisait partie de ce gotha mondain qui entourait les auteurs et les artistes. L'ironie dont il fait mention est celle-ci : « Comme des gens réputés perspicaces ont affirmé que toute la pensée d'une lettre de femme est dans le post-scriptum, [...] j'ai tenu à remplir immédiatement mon rôle d'intermédiaire. » Il a déduit de cet ajout « que la lettre de la princesse, malgré ce qu'elle contient d'aimable pour moi, s'adressait à vous ». Cette étonnante lettre aborde par la suite un penchant peu connu de Maupassant : son goût pour les fétiches. Il informe sa correspondante que : « La main, depuis qu'elle est revenue de chez vous, me semble dans une agitation extraordinaire. » Il s'agit de la fameuse main que Maupassant avait acheté à George Powell. C'était par l'entremise du poète Charles Swinburne (que Maupassant sauva presque de la noyade) que les deux hommes se rencontrèrent à Étretat en 1868. Powell et Swinburne y partageaient une maison, emplie de la collection de curiosités de Powell. La main dont il est question était momifiée et elle a inspiré Maupassant par deux fois. Une première en 1875 avec La Main de l'écorché, puis en 1885 avec La Main. Cette nervosité du porte-bonheur conduit Maupassant à s'interroger : « Peut-être avez-vous eu tort de ne point la garder comme fétiche ? » Il ajoute : « Mais j'ai d'autres fétiches singuliers. En voulez-vous un ? » En effet, il en possède une collection : « Je possède la chaussure d'une petite Chinoise morte d'amour pour un Français. » Il commente les potentiels effets de ces objets : « Ce talisman porte bonheur aux désirs du coeur. J'ai encore une grande croix en cuivre, fort laide, qui faisait des miracles parait-il dans le village où je l'ai trouvée. » Mais ces talismans ne fonctionnent pas tous comme ils le devraient : « Depuis qu'elle est chez moi elle n'en fait plus. C'est peut-être le milieu qui la gêne. » Ce n'est pourtant pas le plus étonnant : « Mais ce que je possède de plus singulier ce sont les deux extrémités d'un homme trompé par sa femme et mort de chagrin. L'épouse coupable conserva le pied et la corne de ce mari [...] et les fit souder ensemble. J'ignore quel peut-être l'effet de cet objet. » Malgré le sérieux de l'affaire, Maupassant ne se départit pas de son humour : « Dites, Madame, voulez-vous un fétiche ? J'ajoute que mes amis prétendent que je porte bonheur moi-même ! Je mets à vos pieds ce dernier porte-veine qui demande la préférence. » Pour faire écho à sa déclaration concernant les post-scriptum féminins, il en ajoute deux à sa lettre. Dans le premier il demande à la comtesse Potocka de le rappeler au souvenir de Mme Lambert. Cette dame était l'épouse d'Eugène Lambert, peintre connu pour ses chats et qui fréquentait le même milieu que Maupassant et la comtesse. Le second est bien plus savoureux : « Il ne faut pas attacher aux post-scriptum des hommes la même importance qu'à ceux des femmes. » Provenance : collection Jean Bonna. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
s. l. [Paris] s. d. [circa juillet 1884-décembre 1889] | 7 x 9.10 cm | 2 pages sur une carte-lettre
Carte-lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 13 lignes à l'encre noire, à en-tête « GM 10, rue Montchanin ». Publiée dans Marlo Johnston, «Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka»,Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre2009. Dès 1877, la santé de Maupassant subit une détérioration continue. Cela commence cette année-là par la contraction de la syphilis. En outre, il doit faire face à la démence qui court dans la famille. En proie à de violentes migraines, sa sociabilité en a parfois souffert : « Je dois vous prévenir que je suis plus muet et plus ennuyeux que jamais, je le sais, vous pouvez donc ne pas me le dire. » Il prend tout de même le soin de rassurer sa correspondante : « Moi je serai ravi de vous voir. Je vais rester fort peu de temps à Paris, je ne vous fatiguerai donc pas trop. » Provenance : collection Jean Bonna. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Paris s. d. [16 janvier 1884] | 10.10 x 13 cm | 2 pages sur un feuillet rempliée
Lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 26 lignes à l'encre noire sur un feuillet de papier vergé à en-tête "GM 83, rue Dulong". Publiée dans Marlo Johnston, «Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka»,Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre2009. Maupassant évoque l'épisode qui marque son entrée dans la familiarité avec la comtesse: la fameuse histoire des poupées. À la suite d'un pari perdu, la comtesse Potocka avait fait envoyer à Maupassant des poupées de chiffon représentant les dames invitées à un futur dîner. Par jeu, Maupassant pris six d'entre elles et leur bourra le ventre de tissu avant de les renvoyer à la comtesse. Dans un mot qui accompagnait l'envoi, Maupassant se vantait de les avoir toutes engrossées en une seule nuit. Pour se sortir d'une soirée qu'il préfèrerait passer chez la comtesse il a du : « [...] faire des démarches de diplomate, d'employer des ruses et des machinations des plus habiles.» Malgré tout, il ne pourra que se:«[...] sauver vers onze heures ou onze heures et demie.» Afin de connaître les invitées qui se trouveront à cette soirée, il demande à Potocka: «Il faudra me redonner six poupées». Une petite boutade qui reflète leur niveau d'intimité. Il regrette de s'être engagé pour cette soirée qui l'empêche de se rendre chez la comtesse: «Voyez-vous où j'en suis? La soirée pour laquelle je m'étais engagé ne devant commencer à être agréable que vers minuit, tous invités partis.» À bout, il se propose de: «[...] crier, comme le beau-frère de votre amie: "A moi le camphre et le nénuphar"!», les deux substances étaient utilisées comme anaphrodisiaque ou pour calmer l'énervement. Malgré son peu d'envie, il devra se rendre à ce dîner mais il compte offrir: «[...] à Dieu, et à Vous, ce sacrifice qui me semblera délicieux. Je viendrai avec des sentiments de contrition et d'exaltation sacrée.» Pour conclure la plus humoristique des lettres de Maupassant à la comtesse Potocka, l'auteur signe: «Maupassant prêtre libre». Provenance : collection Jean Bonna. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
[Paris] s. d. [décembre 1880-juillet 1884] | 11.70 x 9 cm | en feuilles
Carte-lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 19 lignes à l'encre noire, à en-tête « GM 83, rue Dulong ». Publiée dans Marlo Johnston, «Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka»,Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre2009. Maupassant fait partie du cercle de soupirants de la Comtesse Potocka qu'elle a surnommé les « Macchabées ». L'auteur était très sollicité socialement et cela lui crée des problèmes d'emploi du temps : « Or, voici le cas [...] Legrand m'avait recommandé de ne pas m'engager [...] à ce dîner en m'annonçant une invitation de sa belle-soeur, invitation qui n'est pas venue. » Il décide de lever le doute en allant chez son ami Georges Legrand : « prendre le vent. » Ami proche de Maupassant, c'est lui qui l'introduisit auprès de la comtesse Potocka. L'auteur lui dédiera en 1884 la nouvelle Suicide, reprise dans le volume Les Soeurs Rondoli et qui avait auparavant été publiée dans la revue Le Gaulois. Maupassant semble plus inquiet d'aller chez Potocka qu'il a surnommée « présidente » et dont la « conscience [le] préoccupe. Je m'efforcerai de bien la diriger. » Il fait référence à la création de la « Société religieuse Coopérative sous la dénomination de Société Anonyme Anti-Soporifique pour la Récréation perpétuelle de la comtesse Potocka », un des nombreux jeux qui avaient lieu lors de soirée chez la comtesse Potocka. Avant de la quitter, il lui réitère son admiration : « Je suis aux pieds de ma présidente. » Provenance : collection Jean Bonna. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Triel s. d. [8 juillet 1889] | 9.90 x 15.20 cm | 3 pages sur un feuillet rempliée
Lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 38 lignes à l'encre noire sur un feuillet double. Publiée dans Marlo Johnston, «Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka»,Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre2009. Plus sombre que d'ordinaire, Maupassant semble tracassé par un fait qu'il ne mentionne pas mais dont il s'excuse auprès de la comtesse: «Je vous demande encore pardon, ce qui du reste n'atténue pas mon remords; et je vous assure qu'il est cuisant car j'ai cette arrière-pensée que cous m'en voudrez un peu pendant longtemps.» Maupassant s'était fait une réputation de farceur ainsi que d'homme au langage très libre, sans doute avait-il dépassé une limite en parole ou en action. Quelques années auparavant, il s'était illustré avec la fameuse blague des poupées. La comtesse Potocka avait offert à Maupassant des poupées de chiffon représentant les invitées d'un dîner qu'elle organisait chez elle. Par jeu, il bourra le ventre des dites poupées et les renvoya le lendemain à la comtesse, prétendant ainsi les avoir engrossées dans la nuit. La farce fut connue et provoqua bien des réactions outrées mais la comtesse avait fini par lui assurer son pardon. Quel qu'ait été l'événement malheureux, les courriers semblent s'être croisés: «Votre lettre m'a été renvoyée à Triel car le facteur ne me savait pas à Paris.» Pensant subir de nouveau des remontrances il avoue avoir: «[...] été, en la lisant pénétré de confusion.» Soucieux de plaire à la comtesse, il exprime son inquiétude: «Pourquoi suis-je ainsi nerveux, par moments, comme une femme, sans motifs réels, et sans avoir ressenti, vraiment, aucun froissement. Je n'en sais rien. Je ne peux que le constater.» Qu'ils soient les signes avant-coureurs de la folie où il terminera ses jours, ou les conséquences de ses sentiments pour la comtesse, qu'il s'effraie de fâcher, ces accès de nervosité ne cesseront plus de la vie de l'auteur. Pour s'assurer de la venue de la comtesse à Triel, Maupassant lui demande confirmation: «Je compte sur vous demain n'est-ce pas.» Pour ce faire, il lui conseille le train: «Si vous venez par le chemin de fer, comme vous y paraissez décidée, j'irai vous attendre à Meulan [...]Si vous veniez par le bateau de Georges je vous prie de vouloir bien m'en informer par une dépêche.» Le Georges en question est Georges Legrand, journaliste, «Macchabée» de la comtesse, qu'il fit connaître à Maupassant, et selon le peintre Jacques-Émile Blanche, le seul qui ait eu ses faveurs. Provenance : collection Jean Bonna. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
s. l. s. d. [juillet-août 1885] | 9.60 x 15.50 cm | une feuille
Insolite manuscrit de Guy de Maupassant, donnant une fausse composition du vaccin contre la rage, qu'il appelle « Élixir Pasteur », fabriqué entre autres avec« sept larmes de candidat académique repoussé », « cinq gouttes de bave de journaliste » et « un centimètre d'orgueil de romancier ». «Elixir Pasteur Vous prenez un chien enragé que vous faites manger par un lapin; vous faites ensuite dévorer ce lapin par un mouton, le mouton par un rat, le rat par une mouche, la mouche par une araignée et l'araignée par une grenouille. Ce dernier animal reçoit donc le virus rabique à sa septième puissance et il enrage instantanément. Vous lui enlevez alors l'il gauche dont vous extrayez le fluide visuel au moyen d'une seringue à morphine. Vous mettez ce fluide dans un petit pot de granit avec cinq gouttes de bave de journaliste, quarante gouttes de salive d'avocat, dix-huit gouttes nasales d'un invalide, sept larmes de candidat académique repoussé, deux milligrammes de sang froid du général Brière de Lille, un centimètre d'orgueil de romancier - vous faites bouillir pendant dix-huit heures et puis vous communiquez ce remède au malade au moyen d'un petit clystère. C'est par cette méthode que tout accident a été évité pendant le dernier congrès.» Cette amusante prescription est adressée à la comtesse Potocka, riche aristocrate mondaine et intellectuelle dont la grande beauté et la personnalité volage apparaissent en filigrane de nouvelles et de chefs-d'uvre romanesques de l'auteur (Mont-Oriol, Notre cur, humble drame). * Maupassant écrit à Emmanuela Pignatelli di Cergharia, épouse du comte Nicolas Potocki, qui occupait avenue Friedland à Paris, un hôtel somptueux où elle réunissait une véritable cour de soupirants « morts d'amour pour elle », surnommés « Macchabées » par allusion aux sept frères martyrs de la Bible. Le compositeur Camille Saint-Saëns lui écrivit une mazurka, Guerlain créa pour elle un parfum ; son charme fut immortalisé par le peintre Léon Bonnat, et un jeune Marcel Proust signera une chronique du Figaro sur son salon si réputé. Elle fut la grande conquête et muse de Maupassant, qui ne cessa de la courtiser jusqu'à la fin de sa vie. L'auteur donne à la comtesse une improbable recette de l'Élixir Pasteur, inspirée par les expériences sur la rage de Louis Pasteur à partir de la moelle du lapin. Le manuscrit autographe, non-daté, a probablement été écrit en 1885 dans le courant de juillet-août, lorsque Pasteur injecte avec succès son vaccin antirabique au petit Joseph Meister, âgé de neuf ans. Maupassant déploie ses talents pour la farce et la parodie, dévoyant le langage médical pour créer un faux vaccin : « Ce dernier animal reçoit donc le virus rabique à sa septième puissance et il enrage instantanément. Vous lui enlevez alors l'il gauche dont vous extrayez le fluide visuel au moyen d'une seringue à morphine. Vous mettez ce fluide dans un petit pot de granit avec cinq gouttes de bave de journaliste ». Diagnostiqué syphilitique depuis une dizaine d'années, Maupassant était en effet particulièrement familier des remèdes et potions, fréquent visiteur de villes d'eaux et suivi par de nombreux médecins avant son internement à la clinique du docteur Blanche, où il mourut de paralysie générale le 6 juillet 1893. Cette lettre humoristique adressée à la comtesse Potocka fait partie des innombrables tentatives de séduction engagées par Maupassant, amoureux éternellement contrarié : l'écrivain lui offrit ses manuscrits, composa des poèmes sur des éventails, et se rendit presque quotidiennement chez elle pendant ses séjours à Paris. Leur correspondance se poursuivit pendant de nombreuses années, Maupassant venant même à créer la « Société Anonyme Anti-Soporifique pour la Récréation perpétuelle de la Comtesse Potocka », dans le seul but de distraire la comtesse et d'échapper à son indifférence : « Sentant donc que mes efforts demeurent souvent stériles devant votre indifférence voulue j'ai cherché p
Cannes s. d. [8 mars 1885] | 11.10 x 17.20 cm | une page et quart sur un bifeuillet
Lettre autographe signée de Guy de Maupassant, au critique Vittorio Pica. 1 pageŒà l'encre noire sur deux page d'un bifeuillet, avec sa mention manuscrite en tête "Cannes. Villa mon plaisir". Enveloppe autographe jointe, avec un manque dû à l'ouverture. Discrets transferts d'encre sépia sur le premier feuillet, d'une autre missive de Maupassant. Charmantelettre de Maupassant à la vue défaillante, annonçant son voyage en Italie, qu'il fera le mois suivant en compagnie du peintre Henri Gerveix et de Henri Amix. Il adresse cette lettre et sa nouvelleYvette au critique littéraire napolitain Vittorio Pica, quifit paraître de nombreuses études dans les revues littéraires italiennesFantasio, Napoli Letteraria et La Tavola Rotonda sur les chefs-d'oeuvre de l'écrivain, dont Mademoiselle Fifi, Pot-Bouille, Une Vie, et Bel-Ami. Accablé par des troubles visuels, Maupassantéprouve le besoin d'une perpétuelle fuite en avant, et fait son grand tour de Côte d'Azur et deMéditerranée dans les années 1880, dont il publierales impressions sous forme de chroniques. "Mon cher Confrère, Excusez si je ne vous écris jamais, mais j'ai les yeux si malades que la seule pensée d'écrire dix lignes me torture. J'ai l'intention d'ailleurs de faire plus, et d'aller vous serrer la main dans le courant d'avril. Je veux aller voir Naples, et descendre jusqu'à la Sicile. Je serai heureux de vous dire toute la reconnaissance que je vous ai pour votre si cordiale confraternité. Je me demande si vous avez reçu Yvette [souligné plusieurs fois]. Dans tous les cas j'en ai encore un exemplaire ici, je vous l'adresse en le recommandantcar les employés des Postes sont plus que suspects. [...]" Le mois suivant cette lettre, Maupassant sillonnera avec ses compères la Riviera Ligure, Savone, Gênes, puis Venise puis Naples et son golfe : "Naples et ses habitants indisciplinés le séduisent davantage. Le désordre et la saleté de la ville l'amusent. Il félicite le laxisme avec lequel ce peuple du soleil appréhende la vie". (Cosimo Campa, Maupassant). On ne sait s'il ira finalement serrer la main de son correspondant napolitain,Vittorio Pica. Ce dernier s'intéresse très tôt aux mouvements naturalistes et symbolistes français : "Curieux de tous les mouvements d'avant-garde, il s'était d'abord occupé des naturalistes - il a entretenu des rapports suivis avec Maupassant, Huysmans et Zola -, ensuite il s'intéressa aux symbolistes, à Mallarmé et à Verlaine surtout, auxquels il a consacré des études d'une justesse admirable" (Petralia, Bibliographiede Rimbaud en Italie cit., p. 37). Collaborateur des plus prestigieuses revues nationaleset internationales de tendance moderniste, il est l'un des premiers fondateursde la Biennale de Venise, dont il sera le secrétaire général de 1920 à 1926. Esthétique missive de l'écrivain pérégrinateur à un grand admirateur de ses oeuvres. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Charpentier | Paris 1880 | 12 x 19 cm | relié
Édition originale sur papier courant. Reliure en demi chagrin vert bouteille, dos à cinq nerfs orné de motifs floraux dorés, plats de papier marbré, tranches mouchetées, reliure de l'époque. Bel et rare exemplaire établi dans une reliure strictement de l'époque. Notre exemplaire est enrichi des signatures manuscrites de Guy de Maupassant, Emile Zola, Joris-Karl Huysmans, Léon Hennique, Paul Alexis et Henri Céard sur la première garde. * Ce véritable manifeste du Naturalisme que constituent Les Soirées de Médan se compose de six nouvelles, « L'Attaque du moulin » d'Émile Zola, « Sac au dos » de J.-K. Huysmans, « La Saignée » d'Henry Céard, « L'Affaire du grand 7 » de Léon Hennique, « Après la bataille » de Paul Alexis, et bien sûr, « Boule de Suif » de Guy de Maupassant, qualifiée de chef-d'uvre par Gustave Flaubert. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
GALLIMARD In Octavo Couronne , broché , in octavo couronne sur papier velin pur fil, l'un des 894 , non rogné, 269 pages ( on joint un article de presse concernant l'auteur par F. Nouricier ). Déchirure sans manque en charnière sup. de plat. Propre.
EDITION ORIGINALE . TRES BON ETAT Mise à jour du Samedi 27 Juin 2026. Paiement PayPal immédiat, Mondial Relay pour : France, Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Italie, Portugal, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne (Communiquer votre point ou locker si connu). Une participation supplémentaire peut être demandée pour les colis lourds hors France où les envois compris entre 5 et 25 kg sont dégressifs : 2 à 4 kilogrammes - 7.99 / 5 à 10 kg - 15.99 / 15 -25 kg - 25.99. Certaines de nos collections ( Vian, Céline, Camus (...) peuvent être expédiées en Franco de port. Pour linternational hors Europe (Suisse, Canada, Japon, Etats-Unis, les frais dexpéditions peuvent varier selon le poids (mise à jour : 1 juin 2026).
S. n. | Cannes 28 Avril 1941 | 21 x 27 cm | une page et demi
Lettre autographe datée et signée de Guy Des Cars (38 lignes à l'encre noire depuis l'hôtel Le Gray d'Albion à Cannes) à Léon Daudet concernant la parution de son premier ouvrage "L'officier sans nom". Traces de pliures inhérentes à la mise sous pli, deux annotations aux crayons bleu et rouge probablement de la main de Léon Daudet. Guy Des Cars demande à Léon Daudet, journaliste au quotidien monarchiste et vichyssois l'Action Française, de se fendre d'un article recensant son premier ouvrage"L'officier sans nom": "... peut-être le premier paru en zone libre sur la guerre..." Afin de favoriser la rédaction de la critique tant espérée, Guy Des Cars énumère et brandit ses galons de patriotisme en évoquant ses faits de guerre et en faisant étalage de son nationalisme : "... Depuis longtemps fidèle lecteur de l'Action Française, je serais très désireux que votre journal parle d'un ouvrage Français, écrit par un Français..." Sur les conseils de Jean Ajalbert et Francis Carco, Guy Des Cars se permet de solliciter ce coup de pouce de l'influent journaliste politique, son article devant coincider avec la distribution del'ouvrage : "... à ce moment mon livre sera en vente un peu partout..." Le père de"L'officier sans nom" espère que Léon Daudet ne lui tiendra pas trop rigueur de son impertinente demande et qu'il recevra favorablement : "... j'ose espérer que mon premier "enfant" ne vous décevra pas trop..." - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -