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‎HUGO (Victor)‎

Reference : 003296

(1872)

‎Ruy Blas, Drame en cinq actes, en vers‎

‎Michel Lévy Frères, 1872‎


‎In-8 (25,5 x 17 cm), XXIII pp.2 ff., 147 pp., , demi-bradel cuir de Russie rouge, tête jaspée, non rogné (reliure de l'époque). Nouvelle édition, en partie originale, augmentée d'un poème de six pages, intitulé "A la France de 1872", daté du 19 février 1872, jour de la reprise de la pièce au théâtre de l'Odéon. gravure de Morin à l'eau-forte en frontispice. Exemplaire sur papier vergé de Hollande Van Gelder avec filigrane. Envoi autographe signé par Victor Hugo à M. Ravu. (léger frottement en haut du dos et légère distension de la couture en début de volume).‎

Henri Picard et Fils - Paris

Phone number : 01 43 59 28 11

EUR1,500.00

‎HUGO Victor‎

Reference : 58439

(1872)

‎Actes et paroles 1870 - 1871 - 1872‎

‎Michel Lévy frères, Paris 1872, 11,5x18cm, relié.‎


‎Édition originale sur papier courant, il a été tiré 100 exemplaires sur Hollande en grands papiers. Reliure en demi chagrin rouge, dos à quatre fins nerfs sertis de pointillés dorés orné de fleurons dorés et de filets à froid, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliure de l'époque signée de Derveaux fils. Rares rousseurs affectant principalement les marges de certains feuillets. Exceptionnel envoi autographe signé de Victor Hugo à son fils François-Victor sur la page de faux-titre: «À mon bien aimé Victor. V.» En 1872, seuls deux des cinq enfants que Victor Hugo a eus avec son épouse Adèle Foucher sont encore en vie: François-Victor, qu'il appelle simplement Victor et sur lequel il reporte son affection, et Adèle, emmurée dans la folie, qui vient d'être internée à son retour de la Barbade. Hugo note alors dans ses carnets: «Il y a tout juste un an, je partais pour Bordeaux avec Charles [son autre fils] qui n'en devait pas revenir vivant. Aujourd'hui je revois Adèle. Que de deuils!» Mais les tragédies continueront de frapper le vieil écrivain: le «bien-aimé» François-Victor succombera l'année suivante, en 1873, de la tuberculose. François-Victor Hugo est l'auteur d'une monumentale traduction des uvres complètes de William Shakespeare, la première respectueuse de la langue du dramaturge anglais: «Pour ceux qui, dans Shakespeare, veulent tout Shakespeare, cette traduction manquait», écrira avec émotion Hugo dans la préface. Agréable exemplaire enrichi d'une très émouvante dédicace de Victor Hugo à son fils. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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EUR7,500.00

‎HUGO Victor‎

Reference : 64251

(1872)

‎L'année terrible‎

‎Michel Lévy frères, Paris 1872, 15,5x23cm, broché.‎


‎Edition originale sur papier courant. Petits manques parfois comblés et restaurés en marges des plats. Envoi autographe signé de Victor Hugo : "Aux pieds de madame d'Alton-Shée." Précieux exemplaire de présent dans sa condition d'origine. Victor Hugo n'est pas avare de compliments envers les femmes, mais l'expression «aux pieds de Ma Dame» est réservée aux premiers exemplaires offerts à chaque parution à Juliette Drouet. «Aux pieds de Madame», en un seul mot, hommage en apparence plus sobre, est en réalité toujours adressé à des femmes dont le poète est épris comme, par exemple, Léonie d'Aunet, pour laquelle il enrichit ses exemplaires de la même dédicace intime. C'est pourtant ici à une femme mariée, de trente ans sa cadette, que l'écrivain dédicace ce recueil de poèmes sur la guerre de 1871. Son mari, le Comte Edmond d'Alton-Shee, est d'ailleurs un ami de longue date de Victor Hugo, pair de France comme lui et partageant les mêmes combats démocratiques. Ils tentèrent justement tous deux de prévenir la catastrophe de 1871, comme en témoigne cette lettre que lui adresse Hugo, le 2 aout 1870: «Je suis absolument d'accord avec vous. Il faudra saisir le joint. À un moment donné, la civilisation, ayant pour verbe la révolution, doit mettre le holà. Je désire le Rhin pour la France, (...) Mais rien par Bonaparte ! rien par cette affreuse guerre ! Nous sommes d'accord.». Ce n'est pourtant pas à ce frère d'arme et de plume que Victor Hugo offre cet exemplaire mais à son épouse, la jeune Valentine, dont la grande beauté fut immortalisée par un autre ami de la famille, le peintre Paul Chenavard qui fut également son amant. C'est en septembre 1872, au moment de la parution de l'Année terrible, que le cur du poète vieillissant cède aux attraits de la trop séduisante épouse dont le mari, à présent presque aveugle, ne peut sans doute plus apprécier les charmes. Le couple rend en effet visite à Victor Hugo à Guernesey et logent dans un hôtel «en face de Hauteville-House(...) où [ils] ont deux chambres pour 20 francs par semaine.» «Ils sont chez moi toute la journée, déjeunent et dînent chez moi, et n'ont que la rue à enjamber.» (lettre à Judith Mendès, 10 septembre1872) Cette proximité avec l'envoûtante dame inspire à Hugo un long poème nostalgique qu'il compose le 5 septembre mais qu'il ne publiera que onze ans plus tard, après la mort d'Edmond, dans Toute la Lyre. Il faut lire entre les lignes de son poème «A Madame d'A-sh.» pour deviner les relations qu'entretint alors le poète avec cette muse: « ... Noble femme aux vaincus fidèle, votre sourire frais et beau, quand il luit sur moi, me rappelle cette aurore sur ce tombeau» Cependant, l'intime dédicace manuscrite dont il l'honore sur son recueil de poèmes témoigne d'une passion qui ne s'atténuera pas avec le temps puisqu'après son retour en France c'est avec le même feu qu'il l'invite à lui rendre visite : «Avez-vous trouvé mon nom, à votre porte, madame ? Mon nom venait se jeter à vos pieds, et vous demander une grâce. Soyez assez bonne pour venir dîner (...) je serai bien heureux de me mettre à vos pieds» (lettre à Valentine D'Alton-shee, 1er aout 1873) Exceptionnelle dédicace manuscrite et secrète déclaration d'un poète amoureux de la beauté des femmes. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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EUR4,500.00

‎HUGO Victor‎

Reference : 60006

(1873)

‎La libération du territoire‎

‎Calmann Lévy, Paris 1873, 15,5x23,5cm, relié.‎


‎Edition originale vendue au profit des Alsaciens-Lorrains, mention de deuxième édition. Reliure à la bradel en plein papier marbré, dos lisse, pièce de titre de maroquin noir, couvertures comportant des piqûres conservées, tête dorée, reliure signée de Thomas Boichot. Envoi autographe signé de Victor Hugo à Léon Bienvenu. Quelques rousseurs affectant principalement les premiers et derniers feuillets. Provenance : de la bibliothèque de Léon Bienvenu avec le cachet imprimé de sa bibliothèque et numéroté de sa main sur la page de titre. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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‎HUGO Victor‎

Reference : 69841

(1873)

‎La libération du territoire‎

‎Michel Lévy frères, Paris 1873, 15,5x24cm, broché sous chemise et étui.‎


‎Édition originale, mention de deuxième édition. Notre exemplaire est présenté sous étui et chemise avec dos de toile verte et plats de papier marbré, ex-libris H. Bradley Martin encollé en pied du verso du premier plat de la chemise. Nous joignons la couverture du catalogue de la vente de la bibliothèque de George et Maurice Sand en 1890 sur lequel a été encollée la fiche descriptive de notre exemplaire avec son prix d'adjudication au crayon de papier. Exceptionnel envoi autographe signé de Victor Hugo à George Sand. «?Mais que pensaient-ils l'un de l'autre, ces deux personnalités marquantes de la vie littéraire du 19è siècle?? Parce qu'ils ne se sont jamais rencontrés ces deux-là, pourtant ils étaient parfaitement contemporains?: Victor Hugo (1802-1885), George Sand (1804-1876). Certes il y eu les aléas de la vie?: George Sand ne publie réellement qu'en 1832, à un moment où Victor Hugo est déjà au fait de sa gloire ; et puis il y eut l'exil de Victor Hugo de 1851 à 1870, mais cela n'explique pas tout?! Au début, ils ne font pas vraiment parti de la même coterie?: Victor Hugo, Pair de France, soutien de Louis-Philippe d'un côté, George Sand socialiste de l'autre. Ils ne s'apprécient pas vraiment même si George Sand porte une certaine admiration agacée à Victor Hugo, traité de grandiloquent?: «?le plus bavard des poètes sublimes?» tandis que Hugo lui, trouve carrément que «?Sand ne sait pas écrire?»?! Puis, avec le coup d'état de Napoléon III, Victor Hugo évolue politiquement ; rapidement il déborde George Sand sur sa gauche, s'exile alors que George Sand s'accommode de l'exil intérieur. Leur relation ne se réchauffe que très, très faiblement?: «?George Sand a du talent, c'est tout?». En exil Victor Hugo publie Les Châtiments, uvre très critique qui est évidemment interdite en France. George Sand aimerait bien que Victor Hugo soit moins intransigeant dans ses écrits de façon à être publié. La publication des Contemplations en 1856, nettement moins polémique, est saluée par George Sand et marque une nouvelle phase de leurs relations. En fait, leur premier contact épistolaire ne concerne pas la vie littéraire. Nini la petite fille de George Sand meurt en 1855, Victor Hugo toujours très marqué par le décès de sa fille Léopoldine compatit ; la perte d'un être cher les rapproche. Les voici amis, George Sand devient un «?génie?», elle sera souvent invitée à Guernesey ... sans suite, leur relation ne sera jamais familière. Victor Hugo lui apporte son soutien lors de la parution des Beaux Messieurs de Bois Doré (1858), mais George Sand s'énerve quand il refuse l'amnistie de 1859 alors que de son côté elle cherche à adoucir la situation des proscrits. Lors de la publication des Misérables (1862) Victor Hugo cherche le soutien de George Sand mais ce soutien lui fera défaut. Victor Hugo en est attristé, George Sand affirmera préférer la poésie de Victor Hugo à son uvre en prose. Au retour d'exil, avec la Commune, voici une nouvelle incompréhension ; Victor Hugo soutient, George Sand est horrifiée?: légaliste et choquée par la violence, elle condamne avec des termes extrêmement durs cette Commune de Paris. Néanmoins, à partir de là, ces deux-là se soutiennent et se défendent dès que l'un ou l'autre est attaqué. En 1876, c'est Victor Hugo qui prononcera le célèbre éloge funèbre de George Sand?: «?Je pleure une morte, je salue une immortelle ...?» Les relations de George Sand et de Victor Hugo ont donc beaucoup évolué au cours de leur vie. C'est sans doute le reflet de leurs évolutions personnelles mais peut-être que leur entourage, les idées politiques ou l'opinion que l'autre avait de sa propre uvre interféraient aussi avec la critique littéraire ; même nos grandes personnalités sont sous influence?! «?Victor Hugo et George Sand, et s'ils s'étaient rencontrés???» Voilà une uvre de théâtre fictionnelle que nous propose Danièle Gasiglia. Mais peut-être que, comme le suggère Danièle Bahiaoui?: «?Tous les deux dans une même pièce, c'est un de trop?!?»?» (Blog «?Nous en Boischaut Sud?» conférence de Danielle Bahiaoui, Arnaud Laster et Danielle Gasaglia) Provenance?: Maurice Sand (venet Ferroud, Paris, 24 février-3 mars 1890, lot 418), H. Bradley Martin (ex-libris gravé), Philippe Zoummeroff (vente Piasa, Paris, 2avril 2001, lot 112). - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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EUR12,000.00

‎HUGO Victor‎

Reference : 45162

(1879)

‎La pitié suprême‎

‎Calmann Lévy, Paris 1879, 15x24cm, relié.‎


‎Édition originale. Reliure en demi chagrin bleu nuit à coins, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés orné de doubles caissons dorés agrémentés d'arabesques latérales et d'étoiles dorées, date et mention «?ex. de J. Drouet?» dorées en pied, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés (restaurations marginales sur les plats), tête dorée, ex-libris Pierre Duché encollé sur une garde, élégante reliure signée de René Aussourd. Exceptionnel envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet, le grand amour de sa vie?: «?Premier exemplaire à vous, ma dame. V.?» Composé en 1857, ce long poème philosophique sur la Révolution était originellement destiné à conclure la Légende des siècles. Victor Hugo le publie finalement en 1879 à l'occasion de sa prise de position en faveur des communards. Plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort, La Pitié suprême illustre l'une des premières et plus ferventes luttes politiques de Hugo, qu'il mène encore à l'aube de ses 80 ans?: «?Si mon nom signifie quelque chose en ces années fatales où nous sommes, il signifie Amnistie.?» (Lettre aux citoyens de Lyon, 1873) Confrontant Hugo et Machiavel, J. C. Fizaine souligne la rigueur intellectuelle du poète au service d'un humanisme érigé en principe universel?: «?Machiavel s'adresse à ceux qui veulent devenir princes. Hugo s'adresse pour commencer aux peuples, qui ont subi la tyrannie?: c'est La Pitié suprême, qui définit ce qui doit rester immuablement sacré, la vie humaine, sans que la haine, le ressentiment, le souvenir des souffrances passées autorisent à transgresser cet interdit, sous peine de ne pouvoir fonder aucun régime politique et de retomber en-deçà de la civilisation.?» (Victor Hugo penseur de la laïcité - Le clerc, le prêtre et le citoyen) C'est auprès de Juliette Drouet qu'il mène ce dernier combat. Publié en février 1879, peu après leur installation avenue d'Eylau, La Pitié suprême semble un écho politique à la nouvelle légitimité conquise par les deux vieux amants après cinquante ans d'amours coupables. L'ultime combat de Hugo en faveur de l'amnistie et le pardon résonne dans sa vie affective à l'instar du poème qu'il composera à la mort de Juliette en 1883?: «?Sur ma tombe, on mettra, comme [une grande gloire, Le souvenir profond, adoré, combattu, D'un amour qui fut faute et qui devint [vertu...?» Très bel exemplaire parfaitement établi et d'une extraordinaire provenance, la plus désirable que l'on puisse souhaiter. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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‎HUGO Victor‎

Reference : 46925

(1879)

‎La pitié suprême‎

‎Michel Lévy, Paris 1879, 15,5x23,5cm, relié.‎


‎Edition originale. Reliure en demi chagrin vieux rouge comportant quelques discrètes restaurations, dos à cinq nerfs, date en queue, plats de papier à la cuve, contreplats et gardes doublés de papier peigné, couvertures conservées, tête rouge, reliure de l'époque. Très précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Alphonse Daudet. Tampon de la bibliothèque de Madame Daudet sur la première garde. Victor Hugo représente pour Alphonse Daudet, comme pour les autres écrivains de sa génération, le maître incontesté du Panthéon des arts. Sa figure tutélaire parsème les uvres de Daudet, fréquemment convoquée aux côtés de celles de Rousseau, Byron, Sand et Delacroix. Si durant l'enfance et la jeunesse de Daudet, Hugo, géant exilé sur son île de Guernesey, demeure un idéal inaccessible, « presque en dehors de l'humanité », son retour en France lui permet de le rencontrer enfin. Aux alentours de 1875, peu après la parution de ses premiers ouvrages, Alphonse et Julia Daudet sont ainsi accueillis chez Hugo qui vit désormais avec Juliette Drouet. Ils deviendront dès lors des intimes de la maison jusqu'à la mort du poète. Victor Hugo participe à l'éducation du jeune Léon Daudet, meilleur ami du petit-fils de Hugo, Georges et, plus tard, époux éphémère de Jeanne. Dans sesSouvenirs d'un cercle littéraire, Julia Daudet évoque leur amitié de dix années avec l'« idole de toute la France poétique » : « Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table ; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet il de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puissance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. [...] Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. » L'amitié entre le dernier grand écrivain romantique et l'un des maîtres de l'école naturaliste naissante témoigne de l'acuité de Victor Hugo qui, au faîte de sa gloire, conserve une attention particulière et bienveillante pour la littérature moderne pourtant éloignée du lyrisme hugolien. Cette dédicace de Hugo à Daudet sur une uvre qualifiée, avecLe PapeetReligions et Religion, de « testament philosophique» par Henri Guillemin, résonne symboliquement comme le legs à un fervent disciple de la responsabilité politique et morale de l'écrivain. Provenance: Alphonse Daudet, vente Sicklès (1990, IV, n°1200) puis vente Philippe Zoummeroff (2 Avril 2001). Extrait deSouvenirs d'un cercle littéraire par Julia Daudet : " Comment oublier cette première visite chez lui, rue de Clichy, dans le modeste appartement tellement disproportionné à sa gloire, à l'idée qu'on se faisait de cette gloire qui eût comblé des palais: Il se lève du siège qu'il occupait au coin du feu, en face de Mme Drouet, sa vieille amie, (...) je suis étonnée de sa petite taille, mais bientôt, quand il va m'accueillir et me parler, je le trouverais très grand, très intimidant. Et cette timidité que je ressentis alors, je l'éprouverai toujours en face d Victor Hugo, résultat de cette grande admiration, de ce respect, comme d'un dieu absent, que mes parents m'avaient inculqué pour le poète de génie. Je ne vaincrai jamais ce tremblement de la voix chaque fois que je répondrai à ses paroles obligeantes, et je m'étonnerai pendant près de dis ans d'entendre des femmes, admises auprès de lui, l'entretenir de leur intérieur et de leurs futilités habituelles. Ce soir-là, quand il m'eut présentée, toute confuse, à Mme Drouet, elle me dit avec une charmante bonne grâce : Ici, c'est le coin des vieux et vous êtes trop jeune pour nous. Mais M. Victor Hugo va vous présenter à sa bru, Mme Lockroy; lui seul a qualité pour cela. Et je fus conduite à l'autre bout de la pièce, médiocrement grande, pourtant, mais qui était comme séparée en deux par une table surmontée d'un éléphant de bronze, très majestueux, japonais ou chinois, je pense. Il suffisait à faire deux petits groupements très distincts qui communiquaient facilement, mais sans se confondre. A ce moment de son retour, Victor Hugo était éblouissant d'esprit, de souvenirs nombreux et racontés avec une verve inépuisable, quand la politique n'envahissait pas trop sa table hospitalière. Et quelle grâce dans l'accueil, quelles nobles façons, quel beau sourire de grand-père sous ses cheveux que j'ai vus peu à peu blanchir jusqu'à la neige des quatre-vingts ans I Les poètes, tous les poètes fréquentaient ce salon de la rue de Clichy, et plus tard l'hôtel de l'avenue d'Eylau. Mais là, fut-ce le changement de place? Il y eut comme une marche descendue dans la santé, puis dans l'esprit du beau vieillard. Et pourtant, il aimait toujours à recevoir ses amis, et l'hospitalité de cette maison ouverte n'était pas un de ses moindres charmes, car, autour de la table, embellie en un bout par les deux petits-enfants du Maître, les convives cherchaient encore leur mot d'ordre aux yeux de l'hôte, et lui-même retrouvait parfois une veine de souvenirs si vivants, si pittoresquement exprimés, qu'on en restait ébloui toute une soirée. M mo Drouet vieillissait doucement auprès de lui, abritée sous deux bandeaux de neige, d'une élégance un peu théâtrale et surannée, jusqu'au jour où un mal impitoyable creusa ses traits si fins, en fit l'effigie douloureuse qu'a peinte Bastien Lepage, qui devait mourir en proie aux mêmes tortures. Dans les derniers temps, le Maître regardait douloureusement, aux dîners intimes, cette assiette vide, cette noble figure ravagée. Madame Drouet, vous ne mangez pas, il faut manger, avoir du courage. Manger! Elle se mourait. Le savait-il? Essayait-il de se leurrer lui-même le beau vieillard si résistant et si fort, et qui voyait partir cette compagne de cinquante années! Dans le grand salon où se penche le beau portrait de Bonnat, au geste paternel, où le buste par David préside immensément ; dans le petit salon, orné de ces tapisseries rayées et multicolores qui semblaient tendues pour Dona Sol ; dans le jardin rejoint à la vérandah par un perron de deux marches réapparaissent Leconte de Lisle, Meurice et Vacquerie, Paul de Saint-Victor, le souriant Banville, Flaubert et Goncourt conversant ensemble, Mallarmé, Léon Cladel, François Coppée, Catulle Mendès, Clovis Hugues, ombres dans un Eden évanoui ; puis Léon Glaize, Gustave Rivet, Pierre Elzéar, la toute petite Mme Michelet offrant des roses un soir de fête, puis des ambassadeurs, des diplomates, l'empereur du Brésil; des peintres, des sculpteurs, et tant d'hommes politiques que je n'en sais plus les noms ! Voici l'impression immédiate que je traçai de l'une de ces soirées où nous nous étions rendus, Alphonse Daudet et moi, un soir de neige, où pendant le trajet notre cheval tomba trois fois en traversant l'esplanade des Invalides : Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet il de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puis- sance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. Alphonse prétend que dans un salon rempli de talents de toutes sortes, de tout âge, un tout jeune homme, l'auteur inconnu, le poète ignoré aura pour lui les regards féminins s'il est beau. Catulle Mendès lui répond qu'il restera d'abord inaperçu, et que toute les femmes iront à la notoriété : ceci me paraît plus vrai. Les femmes heureusement n'ont point que les yeux de leur visage, mais ceux de l'esprit et du cur. Pour les intellectuelles, la beauté d'un artiste, d'un grand poète ne compte pas, c'est le regard du penseur, la physionomie tourmentée de l'homme qui vit de ses sensations. Elles vont au talent, au chagrin qui passe, elles ne songent guère à la beauté physique. Maintenant on pourrait répondre que c'est par une sympathie ambitieuse qu'elles recherchent les auteurs célèbres, mais l'autre sentiment, celui qui les attirerait vers cette jeunesse tentante dont parle Alphonse, me paraît moins avouable. Et je ris de cette prétention des deux causeurs charmants, de nous classer, de nous analyser. Mais dire la femme, c'est comme si on disait l'oiseau ; il y a tant d'espèces et de genres, les ramages et les plumages sont tellement différents ! Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. Ses beaux cheveux blancs ombrant sa fine tête comme deux ailes de colombe, et les nuds de son corsage suivant sa respiration douce, presque résignée, de vieille femme endormie. Ce fut bientôt après cette soirée qu'eut lieu la grande manifestation de Paris défilant, avenue d'Eylau, devant les fenêtres de cette petite chambre qui devint mortuaire en mai 1885, remplie de roses et simplement meublée, telle que la représente, au musée Victor Hugo, une pièce prise dans l'ancien appartement du poète, place Royale. Bien évocateur, ce vieux logis du Marais," et quand on pense que Victor Hugo y composa presque toutes ses pièces historiques on se représente le poète, ouvrant, aux heures matinales qui lui étaient familières, cette haute fenêtre sur les hôtels tous égaux et du même style, qui entourent la Place, et se remémorant les tournois, les duels, les promenades et les agitations de plusieurs générations disparues sous l'ombre de ces arcades anciennes et solides et ne gardant pas trace de la fugitive humanité. Nous dînions encore chez Victor Hugo la semaine qui précéda sa mort. Il nous dit en entrant plus pâle qu'à l'ordinaire, la démarche fléchie : Je vais bientôt m'en aller, je le sens ; puis s'appuyant à l'épaule de Georges : Sans 'cela' il y a longtemps que je serais parti. Je n'ai jamais oublié l'accent un peu solennel et comme prophétique de ces paroles, j'en fus pénétrée de tristesse et de pressentiment; j'y sentis la dispersion de ce centre unique au monde et qui ne put se reformer jamais !" - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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EUR12,000.00

‎HUGO Victor‎

Reference : 48336

(1878)

‎Le Pape‎

‎Calmann-Lévy, Paris 1878, 15x23,5cm, relié.‎


‎Edition originale, un des 15 exemplaires sur Whatman. Reliure à la bradel en pleine percaline rouge, dos lisse orné d'un fleuron doré, pièce de titre de maroquin bleu nuit,double filet et date en queue, reliure de l'époque signée Paul Vié. Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Leconte de Lisle, poète et chef de file du mouvement parnassien, qui reprendra le fauteuil de Victor Hugo à l'Académie française. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 48262

(1843)

‎Les Burgraves‎

‎E. Michaud, Paris 1843, 14,5x23,5cm, relié.‎


‎Edition originale. Reliure à la bradel en demi percaline bleu-gris à coins, dos lisse orné d'un motif floral stylisé doré, date et double filet dorés en queue, pièce de titre de chagrin marine comportant un petit manque angulaire en tête, plats de papier marbré, couvertures conservées, reliure signée de Champs. Envoi autographe signé de Victor Hugo à son ami le critique littéraire Henri Trianon. Petite correction manuscrite sur la première page de l'introduction, quelques piqûres sur les pages de titre et de faux-titre. Provenances : des bibliothèques Morizet, Raymond Boueil avec son ex-libris gravé, Maurice Escoffier (Le mouvement romantique N°1557), Robert Schumann avec ses initiales manuscrites (1965, N°207) et Philippe Zoummerouff (2001, N°62). - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 56714

(1835)

‎Les chants du crépuscule‎

‎Eugène Renduel, Paris 1835, 14x21,5cm, relié.‎


‎Édition originale. Reliure en demi cuir rouge de Russie à coins, dos à quatre nerfs orné de filets et de doubles caissons dorés, date en queue dans un cartouche, contreplats et gardes de papier à la cuve, rares couvertures et dos conservés, tête dorée sur témoins, reliure signée de Bernasconi. Le feuillet de nomenclature des uvres de Victor Hugo est bien présent. Quelques traces de pliure sur certains feuillets. Un précieux poème autographe de Victor Hugo intitulé «La pauvre fleur disait au papillon céleste», sur deux feuillets repliés, a été monté sur onglet en regard de la version définitive adoptée par l'auteur et imprimée page 223 du recueil. Il s'agit d'une première version, composée de quatre quatrains. Ces vers seront repris avec quelques variantes par Hugo dans la version définitive, augmentée toutefois de quatre nouveaux quatrains. Ce poème a été composé par Hugo pour sa maîtresse Juliette Drouet, rencontrée deux ans auparavant. Il symbolise la nature de leur relation - le poète pris dans sa vie conjugale et littéraire, la jeune femme condamnée à l'attendre -, et aura une grande importance dans leur imaginaire commun: Juliette Drouet citera fréquemment le vers «Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre / À mes pieds!» dans ses lettres d'amour à Victor Hugo. On retrouve également le double motif de la fleur et du papillon aux côtés de leurs initiales entrelacées, dans le décor peint du salon chinois provenant de Hauteville Fairy, résidence de Juliette Drouet à Guernesey, décor conçu par l'écrivain lui-même et aujourd'hui conservé à la Maison Victor Hugo à Paris. Bel exemplaire non rogné, établi dans une charmante reliure signée, enrichi d'un très rare poème autographe de Victor Hugo écrit pour Juliette Drouet. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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EUR13,500.00

‎HUGO Victor‎

Reference : 70990

(1827)

‎Lettre autographe inédite signée au libraire éditeur Urbain Canel : "je pourrai donner à Monsieur Urbain Canel de beaux vers, qui, bien entendu, ne sont pas de moi"‎

‎12 novembre 1827, 12,7x20,3cm, une feuille.‎


‎Carte-lettre autographe inédite signée de Victor Hugo au libraire éditeur Urbain Canel, un cachet de la poste indiquant la date du 12 novembre 1827. 11 lignes sur un feuillet filigrané, l'adresse du destinataire (9 rue Saint Germain des Prés) ainsi que des calculs de comptes de la main de l'écrivain figurant au verso. Un jeune Victor Hugo alors âgé de vingt-cinq ans propose àUrbain Canel, qui édite la même année son livre Bug-Jagal, de contribuer auxAnnales Romantiques,recueil de morceaux choisis de littérature contemporaine. L'éditeur accèdera à sa requête et publia dans lesAnnalesde 1827 le poème "A une jeune fille", qui commence ainsi : "Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle, / Enfant ! n'enviez point notre âge de douleurs, / Où le coeur tour à tour est esclave ou rebelle, / Où le rire est plus souvent triste que vos pleurs." "S'il y avait encore une place dans les Annales Romantiques, je pourrai donner à Monsieur Urbain Canel de beaux vers, qui, bien entendu, ne sont pas de moi. Je le prie de me faire savoir [...] à temps. son bien dévoué Victor Hugo le dimanche matin" - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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EUR680.00

‎HUGO Victor‎

Reference : 70991

(1869)

‎Lettre autographe inédite signée à Eugène Rascol, directeur du Courrier de l'Europe : "Vous savez que mon raisin est en train de mûrir à votre intention"‎

‎Bruxelles 21 août 1869, 10,5x13,4cm, une feuille.‎


‎Carte-lettre autographe signée de Victor Hugo à Eugène Rascol, directeur du Courrier de l'Europe, écrite à Bruxelles et datée du 21 août [1869]. 24 lignes sur un feuillet quadrillé remplié. L'écrivain en exil s'adresse au directeur duCourrier de l'Europe, journal politique et littéraire prohibé en France et publié depuis Londres. Après l'avoir félicité pour une critique littéraire deL'homme qui ritparue dans son journal, il tente de faire la promotion du journalLe Rappel (qu'il espère distribuer en Angleterre)nouvellement fondé sur son initiative par ses deux fils ainsi que ses bons amis Auguste Vacquerie et Paul Meurice. "Bruxelles, 21 août [1869]. Les vers surL'Homme qui rit, sont très beaux. Voulez-vous être assez bon pour remettre ceci de ma part à l'auteur. Je lui conserve ses initiales, bien que j'aie cru reconnaître. Mr. Châtelain a-t-il reçu son exemplaire à la [illisible]? Recevez-vous toujours bien exactementLe Rappel ?Vous savez que mon raisin est en train de mûrir à votre intention. Si M. Lemaout et Rimmel, voulaient vous accompagner en octobre, ils seraient les bien-venus. Cordial shake hand, V.H." - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 70992

(1862)

‎Lettre autographe inédite signée à l'imprimeur Jules Claye sur l'édition de ses dessins : "je tenais extrêmement à la destruction de ces bois déplorablement manqués"‎

‎21 décembre 1862, 10,5x13,4cm, une feuille.‎


‎Lettre autographe inédite signée de Victor Hugo à l'imprimeur Jules Claye, écrite à Hauteville House et datée du 21 décembre [1862]. 31 lignes sur un feuillet remplié. L'écrivain prépare une édition de ses dessins, qui paraît l'année suivante avec une préface de Théophile Gautier, et "dont la vente était destinée à grossir la caisse du déjeuner qu'il offrait chaque semaine à plusieurs dizaines d'enfants pauvres, dans sa belle demeure de Hauteville House à Guernesey" (Victor Hugo dessinateur génial et halluciné, Jules Delalande). Hugo, très exigeant, refuse énergiquement dix-huit des vingt-quatre gravures sur bois de ses dessins, réalisés par un certain Gérard : "je tenais extrêmement à la destruction de ces bois déplorablement manqués", et fustige les actions de Castel, éditeur de l'album : "M. Castel, a fait deux fautes graves pour son succès : publier ma lettre trop tôt, publier l'album trop tard. Je crois que sa vente aux étrennes sera fort compromise, je le crains." "H.H. Mon cher Monsieur Claye, Merci de votre bonne et charmante lettre, dans tout ce que vous écrivez je retrouve votre esprit et votre coeur. Je vous suis obligé du petit procès verbal, je tenais extrêmement à la destruction de ces bois déplorablement manqués. M. Castel, a fait deux fautes graves pour son succès : publier ma lettre trop tôt, publier l'album trop tard. Je crois que sa vente aux étrennes sera fort compromise, je le crains. Serez-vous assez bon pour lui transmettre ce petit motpressé. Je vous serre la main, cher M. Claye. Victor H. Est-ce que vous voudrez bien faire jeter à la poste la lettre ci-incluse. - pardon et merci. J'en use, vous voyez, avec vous comme avec un ami". - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 70994

(1828)

‎Lettre autographe inédite signée à Laurentie sur la traduction de Roméo et Juliette d'Alfred de Vigny‎

‎17 avril 1828, 12,5x20,1cm, une feuille.‎


‎Lettre autographe inédite signée de Victor Hugo à M. Laurentie, datée du 17 avril [1828]. 17 lignes sur un feuillet remplié. Dans cette lettre à Pierre-Sébastien Laurentie, directeur du journal La Quotidienne, un jeune Victor Hugo intercède pour son ami le dramaturge et poète Alfred de Vigny qui avec Emile Deschamps avait entrepris d'écrire une nouvelle traduction en alexandrins du drame shakespearienRoméo et Juliette. La traduction, inspirée duCromwell d'Hugo créé l'année précédente[1],venait d'être présentée avec grand succès à la Comédie-Française ; sur la demande d'Emile Dechamps, Hugo est chargé de faire annoncer la nouvelle du triomphe dansLa Quotidienne dirigée par Laurentie:"Monsieur Laurentie peut savoir que je m'occupe fort peu de mes propres affaires, mais celle-ci concerne deux émissions précises d'un de mes amiset m'intéresse par conséquence plus que si elle m'était personnelle". "J'ai la vanité de croire que Monsieur Laurentie se souviendra peut-être de mon nom, c'est ce qui me détermine à lui demander de [illisible] l'insertion de la note ci-jointe dansLa Quotidienne.Monsieur Laurentie peut savoir que je m'occupe fort peu de mes propres affaires, mais celle-ci concerne deux émissions précises d'un de mes amiset m'intéresse par conséquence plus que si elle m'était personnelle. C'est donc que je me permets de la recommander instamment à l'obligeance de Monsieur Laurentie Je le prie de me croire avec reconnaissance son bien dévoué. V. Hugo" [1] «C'est en admirant, à deux genoux, votre sublime et immortel Cromwell, que j'ai pu faire quelques vers un peu modernes [...]soyez assez bon, si vous en avez le pouvoir [...]de faire dire à la Quotidienne que notre Roméo dont j'ai fait les trois premiers actes et Alfred les deux derniers, vient d'être reçu à l'unanimité par le comité du Théâtre Français», lettre d'Emile Deschamps à Victor Hugo, citée dans Emile Deschamps: 1791-1871, volume I, 1977. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 68906

(1847)

‎Lettre autographe signée à François Buloz‎

‎s.l. s.d. (circa 1847-1848), 12,1x19,1cm, une feuille.‎


‎Lettre autographe signée adressée à François Buloz,l'un des fondateurs historiques de la Revue des Deux Mondes et l'éditeur, en pré-originale, des Fleurs du Mal. Dix lignes rédigées à l'encre noire. Quelques pliures inhérentes à la mise sous pli de la missive. "Seriez-vous assez bon, mon cher Monsieur Buloz, pour me donner une bonne loge ce soir. Je suis mais, comme toujours, bien cordialement obligé. Recevez, je vous prie, la nouvelle assurance de mes sentiments les plus affectueux et les plus distingués. Victor Hugo. Octobre" Cette lettre a probablement été adressée à François Buloz alors que ce dernier était administrateur de la Comédie-Française. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 63254

(1874)

‎Mes fils‎

‎Michel Lévy frères, Paris 1874, 15x23,5cm, broché sous chemise et étui.‎


‎Edition originale sur papier courant, mention de troisième édition. Notre exemplaire est présenté sous une chemise en demi maroquin bordeaux , dos lisse, date dorée en queue, plats de papier marbré, et sous un étui bordé de maroquin bordeaux, plats de papier marbré, ensemble signé de P. Loutrel. Petits manques parfois comblés et restaurés en marges des plats. Envoi autographe signé de Victor Hugo à Monsieur Lampré. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 59889

(1858)

‎Odes et ballades ‎

‎Hachette , Paris 1858, 11x18cm, relié.‎


‎Nouvelle édition comportant un préambule original. Reliure en demi chagrin marron, dos à quatre nerfs sertis de filets noirs ornés de caissons noirs agrémentés en leurs centres de fleurons dorés, discrètes restaurations sur les mors, plats de cartonnage marron, gardes et contreplats de papier à la cuve, reliure de l'époque. Ex-libris manuscrit à la plume en regard de la page de faux-titre. Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Jules Janin. Les rapports entre Jules Janin - l'un des critiques littéraires les plus influents de l'époque notamment au Journal des Débats - et Victor Hugo furent, à leurs débuts, conflictuels. Pendant longtemps il n'eut de cesse dans ses critiques littéraires d'esquinter Victor Hugo, notamment en 1827, le «prince des critiques» se moqua du Dernier jour d'un condamné et en publia une parodie intitulée L'Âne mort ou la femme guillotinée. A la sortie de Marion Delorme, il alla même jusqu'à estimer que le dramaturge « n'entend[ait] rien à l'expression des passions ». Cependant, au tournant des années 1850, lors de l'exil d'Hugo, Janin se montra solidaire du proscrit et les deux sommités littéraires débutèrent l'échange d'une correspondance. L'envoi sur cet exemplaire de la nouvelle édition d'Odes et ballades est un témoignage de la réconciliation entre ces deux célébrités des lettres françaises. Bel exemplaire, en reliure du temps, enrichi d'un rare envoi autographe de Victor Hugo à l'un des ténors de la critique littéraire. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 53579

(1851)

‎Quatorze discours‎

‎La librairie nouvelle, Paris 1851, 16,5x25cm, broché.‎


‎Édition en partie originale qui reprend les discours les plus célèbres, dont certains, mémorables, prononcés à la tribune de l'Assemblée nationale législative, le discours sur la révision et le plaidoyer prononcé au procès de son fils, le 11 juin 1851, devant la cour d'assises de la Seine, défendant l'inviolabilité de la vie humaine; fausse mention de huitième édition. Bien complet du rare portrait de l'auteur par Masson tiré sur Chine, en frontispice. Quelques rares rousseurs. Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet?: «?à mon pauvre doux ange aimé. V.?» Précieux exemplaire de la muse et maîtresse de Victor Hugo. Cette dédicace pleine de compassion et de regret est une réponse de Hugo à la tragédie que vit Juliette cette année-là, alors qu'elle vient de découvrir qu'Hugo la trompe depuis sept ans avec Léonie Biard, qui, en juin 1851, envoie à Juliette les lettres que Victor lui a adressée. Hugo prêtera serment de fidélité éternelle à Juliette en juillet et lui dédicacera en août ce plaidoyer pour une justice plus clémente. À l'automne, Juliette exigera qu'Hugo rencontre Madame Biard pour lui signifier leur rupture, entrevue dont elle dirigea chaque détail du protocole, et auquel Hugo se soumit. Provenance?: bibliothèques Pierre Duché (1972, n°75) et Philippe Zoummeroff (2001, n°71). - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 47658

(1880)

‎Religions et religion‎

‎Michel Lévy, Paris 1880, 15,5x23,5cm, relié.‎


‎Edition originale. Reliure en demi chagrin vieux rouge comportant quelques discrètes restaurations, dos à cinq nerfs, date en queue, plats de papier à la cuve, contreplats et gardes doublés de papier peigné, couvertures conservées, tête rouge, reliure de l'époque Très précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Alphonse Daudet. Tampon de la bibliothèque de Madame Daudet sur la première garde. Victor Hugo représente pour Alphonse Daudet, comme pour les autres écrivains de sa génération, le maître incontesté du Panthéon des arts. Sa figure tutélaire parsème les uvres de Daudet, fréquemment convoquée aux côtés de celles de Rousseau, Byron, Sand et Delacroix. Si durant l'enfance et la jeunesse de Daudet, Hugo, géant exilé sur son île de Guernesey, demeure un idéal inaccessible, « presque en dehors de l'humanité », son retour en France lui permet de le rencontrer enfin. Aux alentours de 1875, peu après la parution de ses premiers ouvrages, Alphonse et Julia Daudet sont ainsi accueillis chez Hugo qui vit désormais avec Juliette Drouet. Ils deviendront dès lors des intimes de la maison jusqu'à la mort du poète. Victor Hugo participe à l'éducation du jeune Léon Daudet, meilleur ami du petit-fils de Hugo, Georges et, plus tard, époux éphémère de Jeanne. Dans ses Souvenirs d'un cercle littéraire, Julia Daudet évoque leur amitié de dix années avec l'« idole de toute la France poétique » : « Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table ; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet il de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puissance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. [...] Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. » L'amitié entre le dernier grand écrivain romantique et l'un des maîtres de l'école naturaliste naissante témoigne de l'acuité de Victor Hugo qui, au faîte de sa gloire, conserve une attention particulière et bienveillante pour la littérature moderne pourtant éloignée du lyrisme hugolien. Cette dédicace de Hugo à Daudet sur une uvre qualifiée, avec Le Pape et La Pitié suprême, de « testament philosophique» par Henri Guillemin, résonne symboliquement comme le legs à un fervent disciple de la responsabilité politique et morale de l'écrivain. Provenance: Alphonse Daudet, vente Sicklès (1990, IV, n°1200) puis vente Philippe Zoummeroff (2 Avril 2001). Extrait deSouvenirs d'un cercle littéraire par Julia Daudet : " Comment oublier cette première visite chez lui, rue de Clichy, dans le modeste appartement tellement disproportionné à sa gloire, à l'idée qu'on se faisait de cette gloire qui eût comblé des palais: Il se lève du siège qu'il occupait au coin du feu, en face de Mme Drouet, sa vieille amie, (...) je suis étonnée de sa petite taille, mais bientôt, quand il va m'accueillir et me parler, je le trouverais très grand, très intimidant. Et cette timidité que je ressentis alors, je l'éprouverai toujours en face d Victor Hugo, résultat de cette grande admiration, de ce respect, comme d'un dieu absent, que mes parents m'avaient inculqué pour le poète de génie. Je ne vaincrai jamais ce tremblement de la voix chaque fois que je répondrai à ses paroles obligeantes, et je m'étonnerai pendant près de dis ans d'entendre des femmes, admises auprès de lui, l'entretenir de leur intérieur et de leurs futilités habituelles. Ce soir-là, quand il m'eut présentée, toute confuse, à Mme Drouet, elle me dit avec une charmante bonne grâce : Ici, c'est le coin des vieux et vous êtes trop jeune pour nous. Mais M. Victor Hugo va vous présenter à sa bru, Mme Lockroy; lui seul a qualité pour cela. Et je fus conduite à l'autre bout de la pièce, médiocrement grande, pourtant, mais qui était comme séparée en deux par une table surmontée d'un éléphant de bronze, très majestueux, japonais ou chinois, je pense. Il suffisait à faire deux petits groupements très distincts qui communiquaient facilement, mais sans se confondre. A ce moment de son retour, Victor Hugo était éblouissant d'esprit, de souvenirs nombreux et racontés avec une verve inépuisable, quand la politique n'envahissait pas trop sa table hospitalière. Et quelle grâce dans l'accueil, quelles nobles façons, quel beau sourire de grand-père sous ses cheveux que j'ai vus peu à peu blanchir jusqu'à la neige des quatre-vingts ans I Les poètes, tous les poètes fréquentaient ce salon de la rue de Clichy, et plus tard l'hôtel de l'avenue d'Eylau. Mais là, fut-ce le changement de place? Il y eut comme une marche descendue dans la santé, puis dans l'esprit du beau vieillard. Et pourtant, il aimait toujours à recevoir ses amis, et l'hospitalité de cette maison ouverte n'était pas un de ses moindres charmes, car, autour de la table, embellie en un bout par les deux petits-enfants du Maître, les convives cherchaient encore leur mot d'ordre aux yeux de l'hôte, et lui-même retrouvait parfois une veine de souvenirs si vivants, si pittoresquement exprimés, qu'on en restait ébloui toute une soirée. M mo Drouet vieillissait doucement auprès de lui, abritée sous deux bandeaux de neige, d'une élégance un peu théâtrale et surannée, jusqu'au jour où un mal impitoyable creusa ses traits si fins, en fit l'effigie douloureuse qu'a peinte Bastien Lepage, qui devait mourir en proie aux mêmes tortures. Dans les derniers temps, le Maître regardait douloureusement, aux dîners intimes, cette assiette vide, cette noble figure ravagée. Madame Drouet, vous ne mangez pas, il faut manger, avoir du courage. Manger! Elle se mourait. Le savait-il? Essayait-il de se leurrer lui-même le beau vieillard si résistant et si fort, et qui voyait partir cette compagne de cinquante années! Dans le grand salon où se penche le beau portrait de Bonnat, au geste paternel, où le buste par David préside immensément ; dans le petit salon, orné de ces tapisseries rayées et multicolores qui semblaient tendues pour Dona Sol ; dans le jardin rejoint à la vérandah par un perron de deux marches réapparaissent Leconte de Lisle, Meurice et Vacquerie, Paul de Saint-Victor, le souriant Banville, Flaubert et Goncourt conversant ensemble, Mallarmé, Léon Cladel, François Coppée, Catulle Mendès, Clovis Hugues, ombres dans un Eden évanoui ; puis Léon Glaize, Gustave Rivet, Pierre Elzéar, la toute petite Mme Michelet offrant des roses un soir de fête, puis des ambassadeurs, des diplomates, l'empereur du Brésil; des peintres, des sculpteurs, et tant d'hommes politiques que je n'en sais plus les noms ! Voici l'impression immédiate que je traçai de l'une de ces soirées où nous nous étions rendus, Alphonse Daudet et moi, un soir de neige, où pendant le trajet notre cheval tomba trois fois en traversant l'esplanade des Invalides : Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet il de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puis- sance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. Alphonse prétend que dans un salon rempli de talents de toutes sortes, de tout âge, un tout jeune homme, l'auteur inconnu, le poète ignoré aura pour lui les regards féminins s'il est beau. Catulle Mendès lui répond qu'il restera d'abord inaperçu, et que toute les femmes iront à la notoriété : ceci me paraît plus vrai. Les femmes heureusement n'ont point que les yeux de leur visage, mais ceux de l'esprit et du cur. Pour les intellectuelles, la beauté d'un artiste, d'un grand poète ne compte pas, c'est le regard du penseur, la physionomie tourmentée de l'homme qui vit de ses sensations. Elles vont au talent, au chagrin qui passe, elles ne songent guère à la beauté physique. Maintenant on pourrait répondre que c'est par une sympathie ambitieuse qu'elles recherchent les auteurs célèbres, mais l'autre sentiment, celui qui les attirerait vers cette jeunesse tentante dont parle Alphonse, me paraît moins avouable. Et je ris de cette prétention des deux causeurs charmants, de nous classer, de nous analyser. Mais dire la femme, c'est comme si on disait l'oiseau ; il y a tant d'espèces et de genres, les ramages et les plumages sont tellement différents ! Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. Ses beaux cheveux blancs ombrant sa fine tête comme deux ailes de colombe, et les nuds de son corsage suivant sa respiration douce, presque résignée, de vieille femme endormie. Ce fut bientôt après cette soirée qu'eut lieu la grande manifestation de Paris défilant, avenue d'Eylau, devant les fenêtres de cette petite chambre qui devint mortuaire en mai 1885, remplie de roses et simplement meublée, telle que la représente, au musée Victor Hugo, une pièce prise dans l'ancien appartement du poète, place Royale. Bien évocateur, ce vieux logis du Marais," et quand on pense que Victor Hugo y composa presque toutes ses pièces historiques on se représente le poète, ouvrant, aux heures matinales qui lui étaient familières, cette haute fenêtre sur les hôtels tous égaux et du même style, qui entourent la Place, et se remémorant les tournois, les duels, les promenades et les agitations de plusieurs générations disparues sous l'ombre de ces arcades anciennes et solides et ne gardant pas trace de la fugitive humanité. Nous dînions encore chez Victor Hugo la semaine qui précéda sa mort. Il nous dit en entrant plus pâle qu'à l'ordinaire, la démarche fléchie : Je vais bientôt m'en aller, je le sens ; puis s'appuyant à l'épaule de Georges : Sans 'cela' il y a longtemps que je serais parti. Je n'ai jamais oublié l'accent un peu solennel et comme prophétique de ces paroles, j'en fus pénétrée de tristesse et de pressentiment; j'y sentis la dispersion de ce centre unique au monde et qui ne put se reformer jamais !" - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 60981

(1880)

‎Religions et religion‎

‎Calmann Lévy, Paris 1880, 15,5x24cm, relié.‎


‎Édition originale. Reliure en demi maroquin noir à coins, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles caissons dorés décorés en angles, date et mention «?Ex. de J. Drouet?» dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tête dorée, reliure signée de René Aussourd. Quelques petites rousseurs principalement en début et fin de volume. Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet, le grand amour de sa vie?: «?à vous, ma dame. Humble hommage. V.?» L'exemplaire provient de la bibliothèque de Pierre Duché. Ce dernier avait acheté en bloc la bibliothèque de Juliette Drouet et avait confié les volumes à René Aussourd pour les faire relier de manière uniforme avec l'inscription permettant leur identification en queue. Ex-libris encollés sur un contreplat et une garde. C'est à la fin de l'année 1878, soit après plus de quarante ans de relation, que Victor Hugo et son amante emménagent enfin ensemble avenue d'Eylau, dans le petit hôtel où le poète finira sa vie. «?À partir de ce moment, on peut dire que la vie de Juliette ne fut plus guère qu'une tristesse ininterrompue, une servitude de toutes les heures. Elle souffre elle-même d'un cancer à l'estomac, elle sait qu'elle est condamnée, condamnée à mourir de faim?!?» (Louis Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet, Paris, 1927) Malgré ses souffrances et sa grande faiblesse physique, elle tient toujours avec fidélité le rôle de garde-malade de son «?Toto?». C'est d'ailleurs à cette époque que Bastien Lepage peint d'elle un portrait d'un réalisme frappant?: «?De son visage de déesse, sérieux et calme, la maladie impitoyable a fait une pauvre figure humaine, tirée et creusée, sillonnée de rides dont chacune semble conter quelque douleur.?» (op. cit.) Religions et religion paraît deux ans avant la disparition de Juliette; il s'agit de l'un des derniers ouvrages qu'Hugo dédicace humblement au grand et dévoué amour de sa vie. Hugo rendra d'ailleurs hommage au dévouement sans faille de sa compagne en lui offrant une photographie sur laquelle il inscrit?: «?Cinquante ans, c'est le plus beau mariage.?». Exemplaire de la plus intime provenance. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 44135

(1872)

‎Ruy Blas. Drame en 5 actes, en vers‎

‎Michel Lévy frères, Paris 1872, 12x19cm, relié.‎


‎Nouvelle édition, en partie originale car augmentée de la préface intitulée «?à la France de 1872?» éditée à l'occasion de la reprise de la pièce, à l'Odéon, le 19février 1872. Reliure en demi-chagrin brun, dos à cinq nerfs, couvertures conservées. Exceptionnel envoi autographe de Victor Hugo à sa maîtresse Juliette Drouet?: «?premier exemplaire aux pieds de ma dame?». Depuis sa création jusqu'à sa consécration tardive, l'histoire de Ruy Blas est intimement mêlée à celle de Juliette Drouet. Recluse chez elle durant toute l'écriture de la pièce, Juliette en fut la première lectrice, le 12 août 1838 (Hugo en acheva l'écriture le 11). Immédiatement, elle tombe amoureuse de ce drame romantique dont Hugo lui promet le rôle-titre au côté de Frédérick Lemaître?: «?Quel miracle que ta pièce, mon pauvre bien-aimé, et que tu es bon de me l'avoir fait admirer la première?! Jamais je n'avais rien entendu de si magnifique. Je n'en excepte même pas tes autres chefs-d'uvre. C'est une richesse, une magnificence, un éblouissement [...] Oh mon beau soleil, vous m'avez aveuglée pour longtemps.?» Rapidement, Juliette connaît la pièce par cur, certains vers évoquant farouchement la relation du poète et de la comédienne?: «?Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un [homme est là Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile; Qui souffre, ver de terre amoureux d'une étoile; Qui pour vous donnera son âme, s'il le faut; Et qui se meurt en bas quand vous brillez en [haut?» (Acte II, scène 2) Le 15 août, Hugo lui confirme le rôle de Doña Maria de Neubourg. Juliette ne pouvait espérer une plus belle preuve d'amour?: «?Je vois de la gloire, du bonheur, de l'amour et de l'adoration, tout cela dans des dimensions gigantesques et impossibles...?» Malheureusement, loin de présager la gloire espérée, cette nouvelle marquera le début de la guerre ouverte d'Adèle, qui jusque-là était peu intervenue dans la relation adultérine de son mari. à la fin de l'été, Adèle écrit au directeur du théâtre?: «?Je vois le succès de la pièce compromis [...] car le rôle de la Reine a été donné à une personne qui a été un élément du tapage fait à Marie Tudor. [...] L'opinion [...] est défavorable [...] au talent de Mlle Juliette. [...] Cette dame passe pour avoir des relations avec mon mari. - Tout en étant personnellement convaincue que ce bruit est dénué entièrement de fondement, [...] le résultat est le même. [...] j'ai quelque espoir que vous [...] donnerez le rôle à une autre personne.?» Ce sera l'amante de Frédérick Lemaître qui en héritera. Juliette ne cache pas son désarroi?: «?Je porte en moi le deuil d'un beau et admirable rôle qui est mort pour moi à tout jamais. [...] J'ai un chagrin plus grand que tu ne peux l'imaginer.?» Et, même si Ruy Blas ne rencontre pas le succès escompté, sa passion pour la pièce reste intacte?: «?J'ai versé tout mon sang pour vous, pour votre pièce.?» Le 5 décembre 1867, alors que l'Odéon projette une reprise de la pièce, Napoléon III la fait interdire car «?il ne faut pas que le scandale d'Hernani se renouvelle?». Juliette est plus affectée encore qu'Hugo par cette injustice, comme en témoigne son abondante correspondance. Ses lettres sur le sujet sont réunies dans l'ouvrage de Paul Souchon Autour de Ruy Blas. Lettres inédites de Juliette Drouet à Victor Hugo, Albin Michel, 1939. Pendant des années, elle milite pour sa réhabilitation et, lorsqu'en 1872 Ruy Blas est enfin accueilli à l'Odéon, elle assiste et commente chaque étape de cette résurrection. Ainsi au sortir de la première lecture de Hugo aux comédiens, le 2 janvier 1872?: «?Victoire, mon grand bien-aimé?! Émotion profonde et enthousiaste de tout ton auditoire. [...] Ruy Blas depuis le premier mot jusqu'au dernier est le chef-d'uvre des chefs-d'uvre. Je suis sortie de là éblouie, ravie, t'aimant, t'admirant et t'adorant comme le premier jour où je t'ai entendu. C'était autour de moi, tout à l'heure chez toi, à qui était le plus transporté et le plus ému de l'auteur et de la pièce. Je suis honteuse de te le dire si mal, mais je cède au besoin de mon cur tout plein de ton génie et de mon amour. Te voilà, mon adoré, je me hâte de baiser tes ailes et tes pieds.?» Avec Sarah Bernhardt dans le rôle de la reine, la pièce est un triomphe qui ira croissant au fil des représentations. Le lendemain de la première, Juliette commente cette consécration attendue depuis plus de trente ans?: «?Tu vois, mon bien-aimé, que je t'avais dit la vérité sur le prodigieux et formidable enthousiasme de tous les spectateurs hier. Jamais tu n'[en] as eu et n'en pourras avoir de plus grand. C'était un délire général qui allait crescendo à chaque vers. Ta sublime poésie subjuguait toutes les âmes et on sentait des effluves d'adoration sortant de tous les curs. Les tonnerres d'applaudissements étaient si continus et si forts qu'il jaillissait des étincelles électriques de toutes les mains. [...] Quant à moi, je sens dans ce mois béni un renouveau d'amour et il me semble que tous mes doux souvenirs refleurissent et parfument mon âme de bonheur. Et je voudrais déposer à tes pieds un bouquet divin.?» C'est Victor Hugo qui finalement dépose «?aux pieds de [s]a dame?» ce chef-d'uvre du romantisme en témoignage de leur amour mythique. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor‎

Reference : 66575

(1847)

‎Théâtre de Victor Hugo. Hernani - Marion Delorme - Le Roi s'amuse - Lucrèce Borgia - Marie Tudor - Angelo - Ruy-Blas - Les Burgraves‎

‎Michel Levy Frères, Paris 1847, 17x27cm, relié.‎


‎Première édition en grand format du théâtre d'Hugo, publiée chez Michel Lévy, qui deviendra son principal éditeur après avoir racheté les droits de l'écrivain. Reliure en demi maroquin noir à coins, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles caissons dorés décorés en angles, date et mention «?Ex. de J. Drouet?» dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tête dorée, reliure signée de René Aussourd. Le dos conservé présente quelques manques comblés et a été doublé. Précieux et amusant envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet, le grand amour de sa vie?: « à Madame Juju signé Monsieur Toto?». Signé du célèbre surnom qu'elle lui donne dans ses lettres d'amour, ce bel exemplaire du théâtre d'Hugo imprimé sur papier vélin illustré par Louis Boulanger marque ici la complicité facétieuse des amants les plus célèbres de la littérature française. Cet envoi rappelle la carrière de comédienne de Juliette Drouet, qu'elle abandonna à la fin des années 1830 afin de se consacrer exclusivement à son illustre amant. De leur mythique rencontre quinze ans plus tôt lors d'une lecture de Lucrèce Borgia, à la jalousie d'Adèle Hugo qui lui refusa le rôle de l'héroïne de Ruy Blas écrit pour elle, la relation d'Hugo et Juliette Drouet, la comédienne contrariée, n'aura de cesse de revenir au théâtre. L'exemplaire provient de la bibliothèque de Pierre Duché (1972, n° 72). Ce dernier avait fait l'acquisition de la totalité de la bibliothèque de Juliette Drouet, et confié les volumes à René Aussourd pour les faire relier de manière uniforme avec l'inscription permettant leur identification en queue. Ex-libris encollés sur un contreplat et une garde. Exemplaire de la plus intime provenance. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎HUGO Victor ‎

Reference : 59

‎L.A.S. adressée à [Eugène d’Auriac]. S.l.n.d. 21 février [1837]. 1 page in-8.‎

‎ DÉCÈS DE SON FRÈRE EUGÈNE.« Je vous écris (…) avec un cœur bien triste. Mon frère Eugène vient de mourir. Je ne me doutais pas l’autre soir quand je vous promettais avec tant de confiance la soirée de jeudi, qu’un si douloureux évènement dût surgir d’ici là. (…) Plaignez-moi et aimez-moi toujours un peu ». ‎


L.A.S. adressée à [Eugène d’Auriac]. S.l.n.d. 21 février [1837]. 1 page in-8.. HUGO Victor
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‎HUGO Victor ‎

Reference : 101

‎Lettre autographe signée adressée à M. Menouches. Sans lieu, ni date « 5 avril ». 1 p. in-8, avec adresse. Encre insolée. Trace de montage. Petite déchirure à la pliure sans atteinte au texte.‎

‎ Hugo remercie avec un livre«Vous m'envoyez, monsieur, une belle et curieuse chose. Comment vous en remercier? Ne vous en prenez qu'à vous. Je fais comme l'ours. Je vous jette sur la tête un pavé. Mais c'est un pavé de papier. Hélas, direz-vous, ce ne sont pas les moins lourds (...)».En post-scriptum, Hugo ajoute : « il manque un volume. Qu’on réimprime. Vous le recevrez prochainement ». ‎


Lettre autographe signée adressée à M. Menouches. Sans lieu, ni date « 5 avril ». 1 p. in-8, avec adresse. Encre insolée. Trace de montage. Petite ... Lettre autographe signée adressée à M. Menouches. Sans lieu, ni date « 5 avril ». 1 p. in-8, avec adresse. Encre insolée. Trace de montage. Petite ...
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‎HUGO Victor & HUGO Adèle‎

Reference : 70986

(1856)

‎Lettre autographe signée à la veuve du sculpteur David d'Angers : "Mon exil est comme voisin de son tombeau, et je vois distinctement sa grande âme hors de ce monde"‎

‎Hauteville House 11 et 13 mai 1856, 14x21,5cm, une feuille.‎


‎Lettre autographe signée de Victor Hugo datée du 13 mai 1856 à la suited'une lettre inédite de Madame Victor Hugo à Madame David d'Angersdatée du 11 mai. 4 pages sur un feuillet remplié à filigrane "Barbet Smith Street Guernesey". Publiée dans Correspondance de Victor Hugo, Paris, année 1856, p. 246 Dans cette lettreimprégnée des apparitions et spectres qui hantent lesContemplationsrécemment publiées, Victor Hugo s'adresse à la veuve de son grand ami le sculpteur David d'Angers, fervent républicain et artiste particulièrement admiré des romantiques. En pleine crise mystique, Hugo parle à l'ombre du sculpteur à qui il dédia de sublimes poèmes dansLes feuilles d'automneainsi queLes rayons et les ombres et réclame auprès de sa veuve son portrait favori, un buste en marbre jadis sculpté par David d'Angers. Après l'expulsion des proscrits de l'île de Jersey,VictorHugo fait l'achat d'Hauteville House grâce au succès desContemplationset apprend avec tristesse la disparition d'un ami cher.Il écrit à la veuve du sculpteur sur le même feuillet que sa femme Adèle, également liée avec la famille de David d'Angers, créateur d'un médaillon à son effigie : «Vous êtes la veuve de notregrand David d'Angers, et vous êtes sa digne veuve comme vous avez été sa digne femme». Le sculpteur de renom s'était déjà lié au premier salon romantique de Nodier à l'Arsenal et fréquentait presque quotidiennement Hugo à la fin des années 1820 dans l'ambiance bonapartiste et bon enfant de la rue Notre-Dame des Champs, en compagnie des frères Devéria, Sainte-Beuve, Balzac, Nanteuil et Delacroix. En 1828, l'écrivain avait posé avec bonheur dans l'atelier de David d'Angers rue de Fleurus, pour un médaillon puis un buste qui avaient été suivis de deux sublimes poèmes célébrant le talent du sculpteur dansLes Feuilles d'Automne etLes rayons et les ombres.De tous ses portraits pourtant nombreux, il chérissait plus que tout autre son buste de marbre signé David d'Angers et n'hésite pas à le réclamer à sa veuve : «Avant peu, peut-être, madame, ma famille vous demandera de lui rendre ce buste qui est ma figure, ce qui est peu de chose, mais qui est un chef-d'uvre de David, ce qui est tout. C'est lui encore plus que moi, et c'est pour cela que nous voulons l'avoir parmi nous». De ces séances de pose avec le sculpteur naquirent de fructueuses conversations esthétiques et politiques où s'était affirmée leur aversion commune pour la peine de mort. Ils assistèrent au ferrement des galériens qui rejoignaient Toulon depuis Paris, décrit par Hugo dans deux chapitres duDernier jour d'un condamné. Victime de l'exil comme Hugo, David d'Angers était rentré à Paris avant de rejoindre le monde des morts: «Mon exil est comme voisin de son tombeau, et je vois distinctement sa grande âme hors de ce monde, comme je vois sa grande vie dans l'histoire sévère de notre temps». La «grande vie» de David d'Angers fut consacrée à façonner les effigies des hommes illustres, par un subtil équilibre de ressemblance et d'idéalisation. Le sculpteur prend finalement place dans le panthéon personnel de Victor Hugo, lui qui avait orné le fronton du véritable Panthéon des grands hommes où repose aujourd'hui l'écrivain: «David est aujourd'hui une figure de mémoire, une renommée de marbre, un habitant du piédestal après en avoir été l'ouvrier. Aujourd'hui, la mort a sacré l'homme et le statuaire est statue. L'ombre qu'il jette sur vous, madame, donne à votre vie la forme de la gloire». C'était en effet à l'ombre des grands hommes qu'Hugo vécut son exil à Jersey, loin du tumulte de la capitale et dans le silence ponctué par les embruns frappant les carreaux. Hugo s'était plongé dans l'occulte et parlait aux disparus :«David est une des ombres auxquelles je parle le plus souvent, ombre moi-même», déclare-t-il, rappelant le poème final desContemplations, «Ce que dit la bouche d'ombre», dicté au poète grâce au procédé spirite des «tables tournantes». Alors au sommet de leur popularité, les tables se pratiquaient dans tous les salons de Paris, jusque chez l'empereur aux Tuileries et à Compiègne. Trois ans auparavant, il s'était ému de pouvoir converser avec sa fille disparue, Léopoldine, et lui avait érigé un monument poétique, lesContemplations, dont les Hugo profitaient du triomphe : «Je suis heureux que le livre desContemplationsait été lu par vous. Vous y avez retrouvé nos chers souvenirs et nos aspirations communes. L'exil a cela de bon, qu'il met le sceau sur l'homme et qu'il conserve l'âme telle qu'elle est». Ses conversations nocturnes s'étendirent bientôt à une cohorte d'illustres personnages, qui communiquaient avec la famille Hugo par les craquements d'un guéridon. Lors de séances quasi-quotidiennes, Hugo avait invoqué l'âme de Chateaubriand, Dante, Racine, Annibal, André Chénier, Shakespeare, Molière, Aristote, Lord Byron, Louis XVI, Napoléon 1er, ou encore Jésus-Christ: «c'est seulement vers les ombres que je me tourne, car c'est là qu'est la gloire, la fierté, la grandeur des âmes, la lumière; et il y a maintenant plus de vie dans les morts que dans les vivants» confie-t-il à la veuve du sculpteur. David d'Angers avait atteint l'éternité à laquelle ils aspiraient tous deux à travers les mots et la matière, demeurant à jamais présent dans ses souvenirs et les portraits marmoréens qu'il sculpta pour lui. Au travers des lignes, se dévoile le poète desContemplations, l'homme endeuillé et toujours meurtri par la disparition de sa fille Léopoldine et de son cher ami.Hugo se livre ici à un magnifique mouvement de lyrisme épistolaire, le sculpteur angevin ayant laissé à la postérité les plus beaux portraits de l'écrivain. Bien des années plus tard,Victor Hugo lui-même fut placé en grande pompe au Panthéon des grands hommes, dont son ami David d'Angers avait orné le fronton. "Guernesey, 13 mai [1856]. Je ne veux pas, madame, que cette lettre parte sans vous porter mon remerciement, mon respect et mon souvenir. Vous êtes la veuve de notregrand David d'Angers, et vous êtes sa digne veuve comme vous avez été sa digne femme. À cette heure, toutes les fois que je me tourne vers la patrie, c'est seulement vers les ombres que je me tourne, car c'est là qu'est la gloire, la fierté, la grandeur des âmes, la lumière; et il y a maintenant plus de vie dans les morts que dans les vivants. David est une des ombres auxquelles je parle le plus souvent, ombre moi-même. Mon exil est comme voisin de son tombeau, et je vois distinctement sa grande âme hors de ce monde, comme je vois sa grande vie dans l'histoire sévère de notre temps. Soyez fière, madame, du nom grave et illustre que vous portez. David est aujourd'hui une figure de mémoire, une renommée de marbre, un habitant du piédestal après en avoir été l'ouvrier. Aujourd'hui, la mort a sacré l'homme et le statuaire est statue. L'ombre qu'il jette sur vous, madame, donne à votre vie la forme de la gloire. Je suis heureux que le livre desContemplationsait été lu par vous. Vous y avez retrouvé nos chers souvenirs et nos aspirations communes. L'exil a cela de bon, qu'il met le sceau sur l'homme et qu'il conserve l'âme telle qu'elle est. Avant peu, peut-être, madame, ma famille vous demandera de lui rendre ce buste qui est ma figure, ce qui est peu de chose, mais qui est un chef-d'uvre de David, ce qui est tout. C'est lui encore plus que moi, et c'est pour cela que nous voulons l'avoir parmi nous. Je mets à vos pieds ma tendre et respectueuse amitié. post scriptum inédit :est-ce que vous seriez être assez bonne pour faire jeter cette lettre à la poste. Mille remerciements, espérons, Madame. V.H." - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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