Louis Conard Libraire-Éditeur 1914 324 pages in8. 1914. broché. 324 pages. Servitude et grandeur militaires est un recueil de trois nouvelles publié par Alfred de Vigny en 1914. L'œuvre décrit la condition militaire avec humanité et s'élève contre la doctrine de Joseph de Maistre qui exaltait le guerrier comme instrument aveugle d'une mission divine. Vigny ancien militaire lui-même y exalte la réflexion et la dignité personnelle face à l'autorité et au 'séidisme'
Bon état couverture légèrement usagée intérieur propre pages non coupées
Larousse 2026 210 pages in8. 2026. Broché couverture rempliée. 210 pages. Le Journal d'un poète d'Alfred de Vigny est un recueil de réflexions jugements et considérations personnelles de l'auteur présentées dans l'ordre chronologique. Il offre un reflet historique de sa vie avec un style aérien et un rythme constant révélant la part la plus choisie de ses idées qui ont servi de point de départ à son œuvre littéraire
Très bon état
Librairie A. Lemerre 116 pages 7x10.5x0.5. Sans date. broché. 116 pages. Les Destinées est un recueil posthume de poèmes philosophiques d'Alfred de Vigny publié en 1864. L'œuvre explore la question de la destinée humaine avec un profond pessimisme opposant à la fatalité un stoïcisme aristocratique et une réflexion sur la condition humaine. Les onze poèmes écrits entre 1838 et 1863 abordent des thèmes comme la fatalité la mort et la résistance par la dignité
Bon état
Le livre de poche 1965 255 pages in8. 1965. broché. 255 pages. Servitude et grandeur militaires est un recueil de trois nouvelles d'Alfred de Vigny qui propose une méditation sur la condition militaire. L'ancien officier y décrit le soldat comme un être soumis à une servitude comparable à celle de l'esclave privé de sa vie et arraché à son foyer mais dont l'abnégation et le sens de l'honneur constituent la grandeur. L'œuvre s'élève contre la vision du guerrier comme instrument aveugle d'une mission divine
Bon état
Alphonse Lemerre Éditeur 1886 418 pages in12. 1886. broché. 418 pages. Cette édition critique du théâtre complet d'Alfred de Vigny présente l'œuvre d'un dramaturge romantique majeur convaincu de la nécessité de rénover le genre théâtral mais qui finit par abandonner cette tribune. L'édition revue sur manuscrits et contextualisée dans les débats de l'époque comprend ses trois pièces originales ainsi que des traductions et adaptations
Bon état
A. Lemerre 1885 485-319-307-298 pages in12. 1885. broché. 4 volume(s). 485-319-307-298 pages. Stello est un roman d'Alfred de Vigny publié en 1832 structuré en 42 chapitres. Il met en scène le Docteur Noir qui pour guérir le jeune poète Stello de ses aspirations idéalistes lui raconte l'histoire tragique de trois poètes (Gilbert Chatterton et André Chénier) persécutés par le pouvoir illustrant le conflit entre la création artistique et la société
Bon état certaines pages non coupées
Hachette Jeunesse 1948 1948. Alfred de Vigny: Cinq-Mars/ Hachette Bibliothèque de la Jeunesse 1948 . Alfred de Vigny: Cinq-Mars/ Hachette Bibliothèque de la Jeunesse 1948
Bon état
Aristide Quillet Sans date. Alfred de Vigny: Servitude et Grandeur Militaires/ Librairie Aristide Quillet . Alfred de Vigny: Servitude et Grandeur Militaires/ Librairie Aristide Quillet
1929 1929. Alfred de Vigny: Poésies complètes-Servitude et Grandeur militaires/ Hachette 1929 . Alfred de Vigny: Poésies complètes-Servitude et Grandeur militaires/ Hachette 1929
Bon état
Robert Laffont Marseille 1944 Grand in-4 carré ( 335 X 260 mm ) de 168 pages, plein chagrin noisette, filets à froid sur les plats se prolongeant sur le dos avec titre doré en long "à la chinoise", tête dorée, couverture et dos conservés, étui bordé. Ouvrage illustré de dessins et lithographies de Benno VIGNY ( Ce cinéaste franco-allemand fut le compagnon de la mère de Charles TRENET ). Comédie cinématographique d'après William SHAKESPEARE. Tirage limité à 375 exemplaires numérotés, celui-ci un des 350 exemplaires numérotés sur vélin blanc de Rives à la forme. Dos légèrement éclairci, bel exemplaire.
Louis connard 2026 420 pages in8. 2026. Demi basane d'époque. 420 pages.
Etat correct
Sans date. 5 H.LABASTE R. NICOLLE - ALFRED DE VIGNY OEUVRES CHOISIES
Etat correct
1933 1933. Livre un peu tuilé / bombé et pages jaunies sinon restant en bon état voir photo
Alphonse Lemerre Éditeur 299 pages in12. Sans date. broché. 299 pages.
Bon état couverture légèrement usagée intérieur trés propre certaines pages partiellement déliées
Librairie Ch. Delagrave 274 pages petit in8. Sans date. broché. 274 pages.
Etat correct traces sur la couverture
Angoulême 1932 104 pages in-8. 1932. broché. 104 pages. In-8 carré (246x190 mm) 104 pages (Avec Table des matières). Livre broché Couverture illustrée en couleur. Couverture et Culs-de-lampe de G.-J. Fauveaud. 3 pages en fac-similé d'une lettre signée Alfred de Vigny. Une illustration en couleurs hors-texte. Ex. N°45 sur Papier Vergé pur fil Lafuma (Un des 107 - petit tirage). Couverture en bon état général un peu brunie. Intérieur propre avec quelques fines rousseurs claires. Papier non coupé. Poids : 320 gr
Editions Hatier 1955 1955. 2 Alfred de Vigny: Cinq-mars ou une conjuration sous Louis XIII / Hatier 1955
Très bon état
Sans date. 2 Oeuvres de Alfred de Vigny: Stello / Éditions R. Simon non daté
Bon état
1914 1914. Alfred de Vigny: Cinq-Mars ou Une Conjuration sous Louis XII / Louis Conard 1914
librairie éditeur 1914 1914. Alfred de Vigny - Poemes / Louis Conard Librairie Editeur 1914
Précieux exemplaire dédicacé par l’auteur à sa cousine la comtesse de Clérembaut revêtu d’une fine et élégante reliure romantique. Paris, Urbain Canel, 1826. 2 tomes en 2 volumes in-8 de : I/ (1) f.bl., (2) ff., 411 pp., (1) p.; II/ (2) ff., 491 pp., (1) p. Reliés en plein veau glacé, filet doré et diverses roulettes à froid encadrant les plats, large motif décoratif frappé à froid au centre des plats, dos à nerfs finement ornés, coupes décorées, tranches dorées, rares rousseurs. Reliure de l’époque. 202 x 125 mm.
Edition originale de cet «ouvrage extrêmement rare» d’Alfred de Vigny, le «premier roman historique français». (Carteret, II, p. 452). Vicaire, VII, 1053; Clouzot, p. 274. « Peu commun» souligne Clouzot. Cinq-Mars, publié en 1826, fut considéré comme le premier grand roman historique français. Vigny place les hommes illustres au premier plan, procédé qui contribue à créer un genre hybride entre le roman et l'histoire, mais aussi à créer un décalage entre le fait historique et l'action. Cinq-Mars cristallise l'épineux problème du rapport entre histoire et fiction. Vigny défend l'idée d'un récit qui « perfectionne l'évènement pour lui donner une grande signification morale ». Répondant aux critiques qui lui reprochent ses écarts d'imagination et de poésie, il affirme que la liberté qu'il prend avec l'histoire est « la liberté que les Anciens portaient dans l'histoire même », car «à leurs yeux l'histoire était aussi une œuvre d'art ». L'action du roman se situe au début du XVIIe siècle et a pour cadre la cour du roi Louis XIII. Il relate l'histoire du marquis de Cinq-Mars qui, homme de bravoure et de fermeté, sut gagner l'estime du roi en organisant un mouvement d'opposition au cardinal de Richelieu. Cependant, des manipulations, des complots, des trahisons diverses amenèrent finalement le roi à abandonner son champion et permirent à Richelieu de triompher. En choisissant cet épisode historique et en magnifiant le personnage de Cinq-Mars, Vigny prenait délibérément partie en faveur d'une aristocratie restée fidèle à l'idéal chevaleresque. Cinq Mars, favori du roi, y incarne l’ancienne noblesse sacrifiée par Richelieu à la monarchie absolue et unitaire. En faisant revivre cette authentique conjuration ourdie en 1639, Vigny réalise un désir d’enfant : «Apres avoir lu les ‘Mémoires’ du Cardinal de Retz, il me vint dans l’esprit d’écrire une Histoire de la Fronde. J’avais quatorze ans… Il me sembla depuis acquitter une véritable dette d’amitié lorsque j’écrivis ‘Cinq-Mars’.. et en 1824 à Oloron dans les Pyrénées, je composai entièrement et écrivis sur une feuille de papier le plan entier de ‘Cinq-Mars’. Il n’y a pas de livre que j’ai plus longtemps et plus sérieusement médité… Ce ne fut qu’n 1826 que je me mis à écrire le livre d’un bout à l’autre, et, comme on dit, d’une seule encre». (Vigny, Journal d’un poète, mai 1837). L’éclatant succès littéraire de «Cinq-Mars» allait museler les critiques qui qualifiaient l’écrivain d’amateur et permettre à celui-ci de s’imposer au public français. Hugo écrivit dans la Quotidienne du 30 juillet 1826 un article élogieux sur le présent roman : « Admirable ! La foule le lira comme un roman, le poète comme un drame, l'homme d'État comme une histoire!» Précieux exemplaire offert par l’auteur sa cousine, la comtesse de Clérembaut, portant cet envoi signé sur le faux-titre: «A Madame la Comtesse de Clérembaut. Témoignage d’attachement. Alfred de Vigny». La comtesse de Clérembaut est la femme du Colonel comte de C., le cousin de Vigny. Vigny et la comtesse étaient très proches et entretenaient une correspondance épistolaire régulière. Bel exemplaire de cette édition originale d’une grande rareté, d’une émouvante provenance, revêtu d’une fine et élégante reliure romantique. Les exemplaires en reliure de l’époque sont de toute rareté. D’après nos recherches, seules 3 Institutions publiques françaises possèderaient cette rare originale : B.n.F., Bibliothèque de Lille et Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris. Le dernier exemplaire répertorié sur le marché international, l’exemplaire Hayoit, pourtant en reliure très postérieure, fut vendu il y a 22 ans 5000 € (Paris, Sotheby’s, vente Hayoit du 29 juin 2001, lot 330).
Exceptionnel et précieux manuscrit d'un des plus importants romans de Vigny [Paris, circa 1832]. 1 vol. (200 x 310 mm) de 3 f., 275 feuillets manuscrit et 3 f. Maroquin rouge, dos à nerfs orné de filets à froid, titre doré, doubles filets sur les coupes, tête dorée, chemise et étui moderne (reliure signée de Chambolle-Duru). Manuscrit de travail complet.
Stello a été publié dans la Revue des Deux Mondes en trois livraisons : le 15 octobre 1831, où ce récit initial est présenté comme le « fragment d'un gros livre », puis le 1er décembre 1831 et le 1er avril 1832. À partir du 9 juin 1832 (selon la Bibliographie de la France) vont s'échelonner pas moins de huit éditions, qui seront revues et corrigées par l'auteur, toutes chez Gosselin et Renduel. Comme le note Sophie Vanden Abeele-Marchal dans son étude sur la genèse de Stello, Vigny consignait dans son Journal à la date du 20 mai 1832 : « J'ai achevé de corriger moi-même et moi seul, les épreuves de la première édition de Stello. Cette édition vaudra mieux que le manuscrit que je brûlerai un de ces jours et que je conserve encore je ne sais pourquoi. » Ce ne sera dieu merci pas la cas, et Vigny y ajoutera même 8 derniers chapitres qui ne seront présents que dans l'édition imprimée [35 à 42] : « Un soir d'été » ; « Un tour de roue » ; « De l'ostracisme perpétuel » ; « Le ciel d'Homère » ; « Du mensonge social » ; « Ordonnance du Docteur Noir » ; « Effet de la consultation » ; « Fin ». Le manuscrit est rédigé à l'encre brune au recto de grands feuillets de papier vélin, surchargé de ratures, corrections et additions - parfois sur des feuillets plus petits ajoutés - et témoigne d'un important travail d'élaboration et de remaniement. Plusieurs versos présentent des lignes biffées, correspondant à des débuts de page abandonnés. La pagination, en haut à droite des feuillets, est discontinue, parfois double, avec quelques incohérences (et quelques erreurs lors de la reliure). Enfin, la numérotation et l'intitulé des chapitres ont donné lieu à des hésitations dont le manuscrit porte trace ; les derniers chapitres ne sont pas numérotés. Une « Table » finale dresse la liste des 42 chapitres. Enfin, il porte le nom des typographes entre lesquels a été répartie la copie pour la mise à l'impression. « Les Essentiels » de la Bibliothèque nationale de France présente ainsi ce chef-d'oeuvre du romantisme : « La Première consultation du Docteur noir, Stello ou Les Diables bleus est un roman à tiroirs mettant en scène Stello, jeune poète atteint de l'étrange maladie des « diables bleus » qui lui donne envie de s'engager en politique, ce que le vieux Docteur noir va entreprendre de guérir en racontant le sort malheureux qu'ont réservé trois pouvoirs politiques différents (monarchie absolue, monarchie parlementaire et démocratie) à trois poètes (Gilbert, Chatterton et André Chénier), avant de prescrire de « séparer la vie poétique de la vie politique » dans une ordonnance conclusive. L'oeuvre se distingue par une certaine virtuosité, mêlant révolte, pitié ou détachement, dans un style qui s'adapte aux histoires rapportées : la première nouvelle mime malicieusement le style fleuri d'un dix-huitième siècle matérialiste et la seconde prend des airs anglais, quand la troisième donne à éprouver l'atmosphère de la Terreur. À la psychologie du poète s'ajoute la question de sa place dans la société et, plus largement, de la possibilité d'un gouvernement satisfaisant ainsi que du rôle de l'art. » Des bibliothèques Louis Barthou et Lucien Dhuys. Détail des titres et de la double numérotation : En tête du chapitre 1 « Caractère du malade », Vigny a noté : « Ce chapitre doit être mis à la place de l'autre 1e chapitre » ; II « Symptômes » (Vigny a hésité sur le titre : « Symptômes et choses singulières que Stello dit au Docteur noir ») ; III « Conséquences des Diables-bleus » ; IV « Histoire d'une puce enragée » (4 autres titres biffés, dont « Comment le Roi eut une idée nouvelle » ; l'héroïne féminine s'appelait Madame de Châteauroux, corrigé en Mademoiselle de Coulanges) ; V « Interruption » ; VI (mal numéroté VII) « Continuation de l'histoire que fit Docteur noir » ; VII [VIII] « Un credo » (deux titres biffés, dont « Êtes-vous Poëte ? »). [Ce premier groupe est paginé 1-19 avec un feuillet 14 bis.] VIII [IX corrigé en 8, ce décalage corrigé se poursuivant sur les 4 chapitres suivants] « Demi-folie » ; IX « Suite de l'histoire de la puce enragée » ; X « Amélioration » ; XI « Un grabat » ; XII « Une distraction » [Ce 2e groupe, marqué en tête « 2e article », paginé 1-21, a été ajouté au précédent pour former la première livraison de la Revue des Deux Mondes (RDM)] ; XIII [marqué XII, le décalage se poursuivant sur les chap. suivants] « Une idée pour une autre » ; XIV « Histoire de Kitty Bell » ; XV « Une lettre Anglaise » ; XVI « Où le Drame est interrompu par l'érudition d'une manière déplorable... » ; XVII « Suite de l'histoire de Kitty Belle. Un bienfaiteur » ; XVIII « Un escalier ». [Ce 3e groupe, paginé 1-42, correspond à la 2e livraison de la RDM.] ; XIX « Tristesse et Pitié » (titre primitif biffé : « Dur comme la pensée ») ; XX « Une histoire de la Terreur ». [Ce 4e groupe est paginé 1-15 avec un 5 bis et 18-24 ; il donne le début de la 3e livraison de la RDM.] ; 21 « Un bon canonnier » ; 22 « D'un honnête vieillard » ; 23 « Sur les hiéroglyphes du bon canonnier » ; 24 « La Maison Lazare » ; 25 « Une jeune mère » ; 26 « Une chaise de paille » ; 27 « Une femme est toujours un enfant » ; 28 « Le Réfectoire » ; 29 « Le Caisson » ; 30 « La Maison de Mr de Robespierre, avocat au Parlement » ; 31 « Un législateur » ; 32 [XXXIII] « La Promenade croisée » [le début a été relié après le chapitre 32 ajouté] ; 33 [XXXIV] « Un petit divertissement » [Ce 5e groupe, paginé 1-59 (plus 20 A et B et 40 bis) et 57-88 (plus 61 bis et 62 bis) constitue et termine la 3e livraison de la Revue des deux mondes]. Aguttes, 17.11.2020, n° 111 ; Classique Garnier, « La Genèse de Stello » p. 67.
VIGNY (Alfred de) (1797-1863). LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À LYDIA. [Pau, décembre 1824], huit pages sur deux bifeuillets, 12,2 × 9,7 cm — bords irréguliers —, deux feuillets joints avec notes autographes de Lydia et Alfred de Vigny. Première lettre conservée de Vigny à sa future épouse, accompagnée de très émouvantes notes du poète écrites à la mort de cette dernière. « Ne nous affligeons plus, chère Lydia, je vais tenter un nouvel effort pour mon bonheur ; après tant d'obstacles surmontés je ne serai pas arrêté au moment d'obtenir votre main[,] ce que je désire le plus au monde. Je vais écrire à ma mère, mais comme elle n'a pas le même cœur que moi pour vous, je ne lui dirai pas la dureté avec laquelle Mr votre père a refusé un mot d'écrit qui attestât la part que vous auriez à son héritage. Vous avez vu aussi qu'elle ignore que vous n'avez aucun revenu actuel. — Il faut éviter de le lui faire savoir et que j'obtienne son consentement qu'elle a fait légaliser par devant notaire comme elle me l'a dit. Envoyez-moi donc comme nous avons dit la lettre que vous venez de recevoir je mettrai vos nègres en avant comme je pourrai. — Il faudrait traduire seulement les lignes qui vous regardent, et dire si la moitié de ces pauvres noirs qui travaillent tant est à votre frère. — Je ne dirai pas cela par exemple. Ensuite, chère amie, écrivez ce que nous avons dit sur le nom de l'homme d'affaires qui a entre les mains le papier où votre père vous fixe un héritage. J'enverrai tout cela à ma mère ; j'en ferai quelque chose de bien beau et j'espère que j'aurai en échange son consentement. Adieu, chère amie, je je [sic] vous en prie dites à Mme Bunbury qu'elle soit bien aimable comme avant-hier et qu'elle ne boude pas, car certainement c'est à nous de pleurer, de nous fâcher, de crier et de frapper du pied par terre, nous que tout le monde querelle de tous les côtés ; mais elle qui n'a plus rien à faire qu'à mettre des fleurs sur sa tête, à donner des bals et se moquer de nous deux, elle serait bien bonne de se fâcher. La tristesse est faite pour ceux qui s'aiment et que l'on veut séparer, pour elle, n'est-elle pas entourée de tout ce qu'elle aime ? Et si je lui suis devenu odieux, qu'elle supporte encore quelque tems ma présence, bientôt, quelque chose qui arrive elle ne me verra plus, nous partirons ensemble je l'espère encore chère amie et je suis toujours votre Alfred. Vraiment lorsque je viens à penser que Mr Bunbury avec un trait de plume qui n'est rien pour moi et tout pour sa fille pourrait tout terminer, je ne puis m'empêcher de sentir que si j'étais père je n'agirais pas ainsi, que d'inquiétudes encore, que de tourmens il va nous causer ! Est-ce pour moi que ma mère lui demandait quelque chose ? Vous le savez ? Elle est de son avis. » À cette lettre se trouvent joints deux documents particulièrement émouvants : — Un feuillet sur lequel la destinataire de cette lettre a écrit « Déc 24 », date probable de réception de la missive. — Un feuillet sur lequel le poète a écrit, sur un côté : « Janvier 1863 — — Douces reliques. Ma Lydia avait en secret conservé dans son nécessaire le plus cher pour elle de mes premiers billets en 1825 [sic] à Pau, celui par lequel je la priai à l'aider à cacher à ma mère qu'elle était dépouillée de sa fortune par sa belle-mère et que je l'aimais pour elle-même et sans rien attendre de sa fortune arrachée par ruse. » De l'autre côté : « 22 janvier 1863 Secrets et tendres souvenirs du cœur de Lydia. Laissés dans son nécessaire de voyage et retrouvés par moi. A de V[ign]y » Vigny mourra cette même année 1863. Le consentement sous réserves de Madame de Vigny pour le mariage de son fils est daté du 27 décembre 1824. Provenance : archives Sangnier (cachets). Lettre publiée dans Correspondance d'Alfred de Vigny, tome 1, sous la direction de Madeleine Ambrière, Presses universitaires de France, 1989, lettre 24-31, pages 188-189.