Calmann-Lévy, 1930, pt in-8°, iv-217 pp, un portrait de Camille de Valous (1764-1840) en frontispice, index, broché, bon état (Nouvelle Collection Historique)
Entré dans la marine en 1778, le chevalier de Valous se trouve à la station navale des îles sous le Vent lorsque éclate la Révolution en France. Il raconte de façon détaillée dans ses souvenirs l'agitation grandissante à la Guadeloupe, à la Martinique, à Saint-Domingue. En 1793, excédée par l'anarchie, la flotte entière refuse de continuer à servir la Révolution et passe sous le pavillon du Bourbon d'Espagne. Ces souvenirs sont du plus haut intérêt pour l'histoire des Antilles françaises entre 1789 et 1793. Peu de témoignages nous sont parvenus sur l'action de la marine française aux Antilles au début de la Révolution et sur le passage de certains de ses régiments à la contre-révolution. (Fierro, 1434) — "M. de Valous nous donne le texte complet des Souvenirs de son aïeul, accompagné de notes qui en font une manière d'histoire de la Révolution dans ces parages, envisagée d'un point de vue un peu particulier. C'est celui d'un officier de la marine royale, que frappe surtout le caractère désordonné de ces mouvements, et qui réagit contre eux en militaire et en royaliste. Toute sa sympathie va naturellement aux représentants de l'autorité régulière et à leurs soutiens, parmi lesquels il signale, au premier rang, – il y a peut-être quelque exagération, – les propriétaires de la classe des mulâtres et des gens de couleur libres, à rencontre des petits blancs et des marins du commerce, toujours prêts à se mettre du côté de l'émeute. Mais le principal intérêt de ce document est de nous montrer, en quelque sorte par le dedans, l'évolution de l'état des esprits dans les états majors, et comment ceux de la division Rivière finirent par se trouver conduits, en quelque sorte malgré eux, à se réfugier à l'étranger et à livrer leurs bâtiments, pour échapper aux mauvais traitements des Anglais, à qui tous les Français restaient encore des ennemis, aux autorités espagnoles, qui du moins les accueillirent avec un peu d'humanité." (Revue de l'histoire des colonies françaises, 1931)