2026 2026. Marcel Proust - Pages Choisies / Librairie Hachette 1954
Editions Gallimard 2026 2026. Marcel Proust: Jean Santeuil / Gallimard 1952 . bon état
Bon état
Sans date. Classiques Français/ Marcel Proust: Un amour de Swann . état correct
Etat correct
1999 1999. Marcel Proust - Un Amour de Swann / Le Livre de Poche 1999
Bon état
Livre de Poche Sans date. Septième et dernier tome de 'À la recherche du temps perdu' 'Le Temps retrouvé' voit le narrateur après des années d'inactivité littéraire comprendre grâce à des expériences de mémoire involontaire que son véritable destin est d'écrire l'œuvre que le lecteur vient justement de lire. Le roman explore la rédemption par l'art et la victoire sur le temps à travers l'écriture
Très bon état
Marcel proust 254 pages 10 9cm x 17 9cm x 1 6cm. Sans date. 254 pages.
Bon état
Le Livre de Poche 1962 1962. Marcel Proust : Un amour de Swan / Le livre de poche 1962 LBN7
Bon état
Un des 12 rares grands papiers, imprimés sur hollande Paris, Mercure de France, (12 mai) 1906. 1 vol. (135 x 190 mm) de 224 p., [1] et 1 f. Demi-maroquin taupe à coins, filets dorés sur les plats, dos à nerfs ornés de caissons d'encadrement, tête dorée, date en pied, couvertures et dos conservés (reliure signée de [Jean] Duval). Édition originale de la traduction française par Marcel Proust. Longue préface inédite de Proust : « Sur la lecture ». Un des 12 premiers exemplaires sur hollande (n° 9).
Marcel Proust commence à s’intéresser aux ouvrages de Ruskin à l’automne 1899 lorsqu’il se plonge dans la lecture de celui qu’il appelle « ce grand homme », après avoir découvert le chapitre intitulé « La lampe de la mémoire » des Sept Lampes de l’architecture. Une révélation. Apprenant quelques mois plus tard la mort du critique d’art, il écrit à Marie Nordlinger, une amie anglaise, cousine de Reynaldo Hahn, pour lui exprimer, outre sa tristesse, son désir de pérennité des ouvrages de l’écrivain : il prépare alors plusieurs hommages à Ruskin sous forme d’articles nécrologiques et de notes qui deviendront, avec des modifications amplifiées, les péritextes de sa future traduction de la Bible d’Amiens. Une tâche ardue puisque Proust connaît à peine l’anglais : c’est madame Proust mère qui fait le ‘mot à mot’, collaborant ainsi d’une manière capitale à la traduction de La Bible d’Amiens. Malade, elle fut remplacée par Marie Nordlinger dans ce rôle de défricheuse lorsque Proust aborda Sésame et les lys, aidée par Robert d’Humières, le traducteur de Kipling au Mercure de France. Après la mort de sa mère, Proust reprit les épreuves et écrivit à Marie Nordlinger : « J’ai clos à jamais l’ère des traductions que Maman favorisait ». Il désirait de son propre aveu se consacrer à son œuvre personnelle et décide, dans cette idée, de faire précéder sa traduction d’une préface ô combien importante, un texte délicieux intitulé « Sur la lecture » : « Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Je n’ai essayé, dans cette préface, que de réfléchir à mon tour sur le même sujet qu’avait traité Ruskin : l’utilité de la lecture. Ruskin a donné à sa conférence le titre symbolique de Sésame, la parole magique qui ouvre la porte de la caverne des voleurs étant l’allégorie de la lecture qui nous ouvre la porte de ces trésors où est enfermée la plus précieuse sagesse des hommes : les livres ». Remaniées, ces 52 pages prendront ensuite place dans Pastiches et mélanges sous le titre « Journée de lecture ». Précieux exemplaire sur hollande, celui de Jeanne Jacquemin. Peintre autodidacte, elle enflamme la critique à sa première exposition en 1892 et étonne par son physique androgyne et sensuel : la jeune femme rousse « aux yeux préraphaéliques » incarne parfaitement le symbolisme. Membre de la société de la Rose-Croix, elle est admirée par Huysmans, Verlaine, Odilon Redon, et noue avec Stéphane Mallarmé une relation d’amitié et d’admiration réciproque. La « peintresse aux yeux verts », ainsi qu’il la surnomme, est souvent citée dans le Journal d’Edmond de Goncourt ; elle donnera plusieurs lithographies pour L’Estampe moderne et illustrera La Mandragore, un « Conte de Noël » de Jean Lorrain publié en 1894. Dépressive, elle est soignée par le docteur Samuel Pozzi, le père français de la gynécologie, qui connaissait à merveille le Tout-Paris. Amant de Sarah Bernard, surnommé « Docteur Dieu », c’est un ami de la famille Proust ; du père, le Pr. Adrien Proust, épidémiologiste de renom, comme de ses fils Robert (qui fut son élève à l’hôpital Broca) et Marcel (à qui il procura en 1914 la dispense lui évitant d’être envoyé au front). Il encouragea le développement de la radiothérapie, essentiellement à l’hôpital Tenon où le service d’oncologie-radiothérapie porte désormais son nom. Il soigna Jeanne Jacquemin des années durant. L’exemplaire passa ensuite entre les mains du libraire Ronald Davis – c’est probablement lui qui fit établir la reliure, comme il fit exécuter à la fin des années 1920 tout un ensemble des œuvres de Proust (Christie’s, Londres, 2007, lot n° 133), dont un Swann et ce volume sur hollande. Sur ce même papier, on ne connaît par ailleurs que les exemplaires suivants : Léon Blum (conservé à la BnF) ; n° 2 (reliure de Maylander, collections Simonson-Hayoit-Leroy) ; n° 8 (collection R. et B. Loliée). Aucun des 12 ne figurait à l’exposition Proust et son temps de 1971. De la bibliothèque de Jeanne Jacquemin (ex-libris).
Paris. Gallimard, NRF. In-12. Br. Tome I : Hommage à Marcel Proust. 1927. 319 p. Ex. N° 465 sur vélin pur fil Lafuma-Navarre. Tome II : Répertoire des Personnages de " A la Recherche du Temps Perdu" par C. Daudet. Précédé de "La Vie Sociale dans l'Oeuvre de Marcel Proust" par R. Fernandez. 1927. 175 p. Ex. N° 465 sur Vélin pur fil Lafuma-Navarre. Tome III : Morceaux Choisis de Marcel Proust. 1928. 372 p. Ex. N° 465 sur Vélin pur fil Lafuma-Navarre. Tome IV : Au Bal avec Marcel Proust par La Princesse Bibesco. 14ème édition. 1928. 202 p. Tome V : Autour de Soixante Lettres de Marcel Proust par L. Daudet. 1929. 242 p. Ex. N° 468 sur Vélin pur fil lafuma-Navarre. Tome VI : Marcel Proust Lettres à la NRF. Bibliographie Proustienne par G. Da Silva Ramos. Proust à la Mazarine. 1932. 283 p. Ex. N° 162 sur vélin pur fil Lafuma-Navarre. Tome VII : Répertoire des Thèmes de Marcel Proust par R. Celly. 1935. 382 p. Tome VIII : L'Amitié de Proust par G. Cattaui. 1935. 228 p. Bon état. Rousseurs. Couvs. défraichies.
s. l. mardi (25 octobre 1904) | 12.60 x 20.40 cm | 12 pages sur 3 bifeuillets
Lettre autographe signée de Marcel Proust,adressée à René Peter. Douze pages rédigées à l'encre noire sur troisbifeuillets de papier blanc bordé de noir. Déchirures aux extrémitéslelong des plis des bifeuillets, n'affectant pas le texte. Publiée dans Kolb, IV, n°168. Très longue lettre de Proust, pleine de sous-entendus, au dramaturge René Peter. Vantant le succès de ce dernier, Proust fait la sublime confession de sa propre vanité d'écrivain et de ses ambitions littéraires. Il laisse subtilement transparaître sa jalousie pour la maîtresse de Peter et déclare également sa dévotion absolue à Reynaldo Hahn. Il s'agit d'une des premières missives qu'il envoie à Peter, son ami d'enfance, après avoir récemment repris contact avec lui. * Proust, éternellement accablé de maux, reste reclus et s'excuse d'avoir manqué la répétition de la nouvelle pièce de Peter, Le Chiffon. La comédie en trois actes de Peter sur une musique de Reynaldo Hahn, créée à l'Athénée le mois suivant, connaîtra un franc succès et une soixantaine de représentations avant la fin de l'année. Le jeune Proust se remet à l'opinion dithyrambique de Hahn qui avait assisté aux répétitions, et lamissive se mue en une déclaration d'amour au compositeur et à son jugement impeccable : "Reynaldo m'a dit que votre pièce était délicieuse et ravissante, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, qu'il y avait ri et pleuré comme il ne rit et pleure jamais au théâtre et que la langue était exquise. Cela j'en étais certain. Mais ne connaissant rien de vous, je ne pouvais savoir si vous aviez le génie dramatique. J'en suis certain maintenant car si je ne connais pas de juge aussi sévère, aussi ridiculement sévère que Reynaldo, je n'en connais pas non plus qui ait plus de goût. De sorte que sa sévérité habituelle, sa perspicacité foncière, donnent à son enthousiasme une valeur très grande à mes yeux". Dans un enchevêtrement caractéristique d'aveu et de déni, Proust cache à peine ses ambitions et sa quête de reconnaissance. Il appelle de tous ses vux les mêmes lauriers qu'il place sur la tête de Peter : «votre pauvre et charmante mère qui comme tous ceux qui aiment et qui ont vécu, la vie meurtrissant toutes nos tendresses, a tant souffert, assiste à ce grand bonheur, à ces premiers rayons de la gloire sur votre front charmant, que Vauvenargues dit plus doux que le soleil levant. Je n'en parle que par citation, ne les ayant jamais connus moi-même !» Il finira même par instiller sa vocation littéraire dans le parcours du narrateur de La Recherche, sa formation d'homme de lettres davantage marquée par les déceptions que par les «rayons de la gloire» tant attendus par Proust lui-même. Elle culmine cependant dans le Temps retrouvé par une épiphanie: le narrateur sait maintenant quoi écrire et, surtout, comment l'écrire. La lettre marque les débuts du trio Proust-Peter-Hahn dont la complicité était telle qu'ils formeront un vocabulaire spécial dont eux seuls avaient le secret. Le fleuve de mots de cette lettre illustre parfaitement cet indéniable lien entre désir et admiration intellectuelle : «Car je tiens aussi au succès, je suis extrêmement matériel dans mes vux pour ceux que j'aime et je leur souhaite toutes les voluptés depuis les plus hautes jusqu'aux plus grossières». Malgré ces démonstrations de générosité, l'écrivain ne peut cependant masquer une certaine jalousie envers Robert Danceny, fictif co-auteur du Chiffon qui n'était autre que la maîtresse de Peter, Mme Dansaërt. Proust lui fait élégamment mais explicitement référence : «Cela me rend heureux de penser que la charmante femme dont on m'assure que c'est elle qui se cache sous le nom masculin de votre collaborateur, sera de moitié dans votre uvre. Je ne dis pas de votre succès, car collaboratrice ou non, elle eût toujours par le cur partagé votre succès, ayant je crois pour vous une amitié profonde». Typique d'un Proust transposant ses désirs à travers la fiction, l'écrivain formera dans les
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s. l. s. d. [ca 1907] | 12.60 x 20.40 cm | 3 pages sur un double feuillet
Lettre autographe signée de Marcel Proust, probablement adressée à Madame Catusse. La destinataire ainsi que la date de la missive ont été déterminées par Jean-Yves Tadié. Trois pages rédigées à l'encre noire sur un bifeuillet de papier blanc bordé de noir. Une pliure transversale inhérente à l'envoi. Sombre et admirable missive empreinte de mélancolie proustienne, alors que le futur auteur de la Recherche ressent plus que jamais les affres du deuil de sa mère dont le souvenir est ravivé au passage de la nouvelle année. L'écrivain à la générosité légendaire charge également sa fidèle confidente, Madame Catusse d'acheter un cadeau au couple Straus, dont l'épouse a inspiré le personnage de la Comtesse de Guermantes. La fin 1907, date présumée de cette lettre faisant allusion au Nouvel An approchant, marque le deuxième réveillon passé sans Madame Proust, décédée deux ans auparavant : « Le jour de l'an n'est qu'une occasion pour moi comme s'il était besoin d'occasions ! de me souvenir et de pleurer ». Ce sentiment a été évoqué l'année précédente dans une lettre à Anna de Noailles (« le jour de l'an a eu sur moi une puissance d'évocation terrible. Il m'a tout d'un coup rendu les mémoires de Maman que j'avais perdues, la mémoire de sa voix », février 1906). Ce moment fatidique agira sur Proust comme une pernicieuse madeleine, à la fois réminiscence sensorielle et conscience aiguë du manque de l'être aimé.Il débutera bientôt l'écriture de la Recherche afin de conjurer par les mots cette figure maternelle dont l'absence demeurera insoutenable. Pour l'heure, Proust est en prise à ses éternelles crises d'asthme « provoquées ou exaspérées par ces brouillards terribles » qui le forcent à la réclusion et même au silence : « le téléphonage m'est très périlleux. Et je suis aussi très fatigué pour écrire ». Il s'attelle à l'écriture d'une série de Pastiches pour le Figaro « qui n'étaient, en réalité, qu'un avant-dernier détour avant l'écriture de la Recherche » (George D. Painter). L'un de ces Pastiches portait sur l'escroquerie subie par le président de la maison De Beers, dont Proust possédait des actions. S'imaginant déjà ruiné, il mentionne ses revers de fortune en lettres capitales « VOUS AI-JE RACONTE PAR TÉLÉPHONE MES DÉSASTRES FINANCIERS ? ... » Amie de la mère de Proust, la destinataire Mme Catusse est un soutien précieux pour l'écrivain. La prolifique correspondance de Proust avec celle que Ghislain de Diesbach surnomme sa « Notre-Dame-des-Corvées » représente une ressource inépuisable de connaissances sur sa vie secrète, ses peurs et ses tergiversations. Proust l'appela affolé lors d'une crise d'aphasie dont fut victime sa mère peu avant sa disparition. Alors que son isolement se fait toujours plus grand après son installation au 102 boulevard Haussmann l'année précédente, Proust sollicite l'aide de celle-ci dans de nombreuses affaires, notamment l'achat de fameux cadeaux : « J'aurais voulu vous demander si vous n'avez par hasard rien vu pouvant convenir aux Straus, quoique cela me déplaît toujours de coïncider avec le jour de l'an ». Ce sentiment inspirera un passage de La Prisonnière fustigeant ces mêmes « cadeaux du premier janvier » offerts à Madame Verdurin : « objets singuliers et superflus qui ont l'air de sortir de la boîte où ils ont été offerts et qui restent toute la vie ce qu'ils ont été d'abord [...] ». Connu pour ses frénétiques démonstrations de prodigalité, Proust surmonte ici son aversion pour ces cadeaux de circonstance. Le moindre service rendu à l'écrivain donnait en effet lieu à d'extravagantes dépenses auxquelles les époux Straus n'échappent pas. Avocat de son état, Emile Straus avait sans doute assisté l'écrivain dans ses affaires de succession : « je sens que les services répétés que m'a rendus M. straus ne peuvent rester sans remerciements, puisque je crois qu'il n'accepterait pas d'honoraires. Si vous aviez vu par hasard quelque chose de très joli, dans quelque genre que ce soit,
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Nrf | Paris 1919 | 13 x 19 cm | broché sous chemise-étui
Edition originale sur papier courant en dépit d'une mention de troisième édition. Précieux envoi autographe signé de Marcel Proust à René Boylesve. Notre exemplaire est présenté dans une chemise-étui à rabats en demi maroquin kaki, dos lisse très légèrement éclairci avec indications bibliophiliques dorées en queue, plats de papier marbré, intérieur de papier vert amande. Mouillure angulaire très pâle affectant les premiers feuillets. * René Boylesve découvre l'uvre de Marcel Proust en 1913, à l'occasion de la parution du premier volume de la Recherche. D'abord dérouté par l'écriture proustienne, il se montre bientôt dithyrambique: «Notre uvre, à nous, est ruinée par celle-là. Nous avons travaillé en vain. Proust supprime la littérature des cinquante dernières années.» (cité par GERARD-GAILLY Émile, «Note liminaire», dans BOYLESVE René, PROUST Marcel, Quelques échanges et témoignages, 1931, p.24). Quant à Proust, l'admiration à l'égard de son aîné évoquée dans notre envoi n'est pas feinte; ainsi quelques mois avant sa mort louait-il les romans de Boylesve, célébrant non seulement un «art en apparence si simple et qui dit tout» mais aussi «un perfectionnement suprême de technique» (PROUST Marcel, Correspondance, t.XX et XXI, 1991, p. 332 et 778). Les deux hommes n'étaient pas proches mais correspondirent à partir de 1917. En faisant parvenir à Boylesve un exemplaire de ses Pastiches et mélanges, Proust dut le ravir: quand il n'écrivait pas, Boylesve était bibliophile. Ainsi, à propos d'un autre de ses ouvrages, Proust eut cette délicate attention : «J'avais une hésitation en ce qui concerne votre exemplaire. D'habitude, ceux qui sont tirés pour moi sans marque d'édition, sont un peu mieux que les "originales". Cette fois-ci, le "mieux" ne m'apparaît pas; et comme je suis incapable de distinguer le "pur fil" du reste, je ne sais pas, des deux sortes d'exemplaires, ce qui est préférable. [...] Vous seriez mille fois gentil de me dire ce que vous voulez. C'est parce que je vous sais bibliophile que vous écris à propos d'un livre de moi, chose de peu d'importance [...].» (PROUST Marcel, op. cit., t.XXII, p. 156-157) Provenance : Bibliothèque Heilbronn (ex-libris). - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Envoi signé sur cette première traduction d'un titre de Ruskin. Paris, Mercure de France, (15 février) 1904. 1 vol. (110 x 180 mm) de 347 p., [2] et 1 f. Demi-maroquin taupe à coins, filets dorés sur les plats, dos à nerfs ornés de caissons d'encadrement, tête dorée, date en pied, couvertures et dos conservés (reliure signée de [Jean] Duval). Édition originale de la traduction française, par Marcel Proust. Exemplaire du premier tirage et de première émission, numéroté à la presse, sans mention (n° 555). Envoi signé : « À Monsieur [nom du dédicataire tronqué], avec ma bien profonde et bien reconnaissante sympathie, son tout dévoué, Marcel Proust ».
Marcel Proust commence à s'intéresser aux ouvrages de Ruskin à l'automne 1899, dès son retour d'Évian-les-Bains, en se plongeant dans la lecture intensive de celui qu'il appelle « ce grand homme » après avoir découvert le chapitre intitulé « La Lampe de la mémoire » des Sept Lampes de l'architecture. Quelques mois plus tard, il apprend dans Le Figaro du 21 janvier 1900 la mort du critique d'art et écrit immédiatement à Marie Nordlinger, une ami anglaise de Manchester, cousine de Reynaldo Hahn, lui exprimant, outre sa tristesse, son désir de pérennité des ouvrages de l'écrivain : il prépare alors plusieurs hommages à Ruskin sous formes d'articles nécrologiques et de notes qui deviendront, avec des modifications amplifiées, les péritextes de sa future traduction de La Bible d'Amiens. Tâche ardue puisque Marcel Proust connaît à peine l'anglais : sa mère fait le « mot à mot », qu'il remanie avec les conseils de Marie Nordlinger et de Robert d'Humières, traducteur de Kipling. Au terme de quatre longues années d'un travail acharné et d'un commentaire personnel sur l'art et la création, Proust achève sa préface, la traduction et les notes, dont certaines se développent sur plusieurs pages. L'ouvrage portera une dédicace à Adrien Proust, au lieu de celle destinée à Reynaldo Hahn : « à la mémoire de MON PÈRE, frappé en travaillant le 24 novembre 1903, mort le 26 novembre, cette traduction est dédiée ». Il s'en excusera dans la dédicace personnelle lorsqu'il offrira un exemplaire à Hahn, « tant [s]on petit Papa désirait le voir paraître que maintenant j'ai mieux aimé vous le retirer pour le lui offrir ». Proust, néanmoins, lui dédicacera le second texte de Ruskin qu'il traduira trois ans plus tard, Les Sésames et les Lys. Seuls deux extraits paraissent en revue, en février et mars 1903, un an avant la parution en volume, dans La Renaissance latine du Prince de Brancovan. À ce dernier, qui se moquait de son piètre niveau d'anglais, Proust répondra : « Je crois que cette traduction, non pas à cause de mon talent qui est nul, mais de ma conscience qui a été infinie - sera une traduction comme il y en a très peu, une véritable reconstitution [...]. À force d'approfondir le sens de chaque mot, la portée de chaque expression, le lien de toutes les idées, je suis arrivé à une connaissance si précise de ce texte que chaque fois que j'ai consulté un Anglais - ou un Français sachant à fond l'anglais - sur une difficulté quelconque, il était généralement une heure avant de voir surgir la difficulté et me félicitait de savoir l'anglais mieux qu'un Anglais. En quoi il se trompait. Je ne sais pas un mot d'anglais parlé et je ne lis pas bien l'anglais. Mais depuis quatre ans que je travaille sur La Bible d'Amiens je la sais entièrement par coeur et elle a pris pour moi ce degré d'assimilation complète, de transparence absolue, où se voient seulement les nébuleuses qui tiennent non à l'insuffisance de notre regard, mais à l'irréductible obscurité de la pensée contemplée ». Il n'a été tiré que sept exemplaires en grand papier. L'exemplaire fut probablement établi par le libraire Ronald Davis dans les années 1920-1930, lorsqu'il fit relier à l'identique tout un ensemble d'oeuvres de Proust (Christie's, Londres, 2007, lot n° 133), dont un Swann et un volume sur hollande de La Bible d'Amiens.
Mercure de France, 1906. In-12 br. " Collection d'auteurs étrangers ". Les deux conférences de John Ruskin, réunies sous le titre Sésame et les Lys, ont été publiées en 1865. La traduction, les notes et la préface : Sur la lecture sont de Proust. Année de l'E.O. Envoi autographe de Marcel Proust au Docteur Émile Gagey. Le Docteur Gagey a loué, à la grande consternation de Proust à cause du bruit, l'entresol de 102 boulevard Haussmann, Proust habitait au premier étage directement au-dessus. Dans une lettre à Mme. Catusse [Fut la plus chère amie de la mère de Proust] d'octobre 1906, Proust a écrit : " ma tante ayant eu l'idée qui n'a pas mon approbation entière de louer l'entresol (ce n'est pas fait mais cela va l'être) du 102, au Docteur Gagey (?), cet homme demande des travaux fous, et il est probable que cela va me forcer à prolonger mon charmant hivernage. De plus (ceci tou à fait entre nous) comme nous n'avons pas le droit de louer à un médecin, je suis convaincu qu le locataire du deuxième que malgré mes prières on n'a pas voulu consulter, va nous faire un procès, etc..." En février 1907 il la écrit " Les travaux du locataire sont presque achevés ".
Épreuves corrigées S.l., [circa février 1903]. 12 p. in-8, montées sur papier et formant un placard de 49 x 130 cm, sous étui à rabats de Julie Nadot. Rares épreuves corrigées de passages de La Bible d'Amiens, pour la parution dans la revue littéraire La Renaissance latine du 15 février 1903. Nombreuses corrections autographes, donnant plusieurs variantes inédites, qui témoignent du soin méticuleux porté par Proust à cette traduction dont le succès l'encouragera à se prêter une seconde fois à l'exercice avec Le Sésame et les Lys deux ans plus tard.
Marcel Proust commence à s'intéresser aux ouvrages de Ruskin à l'automne 1899, dès son retour d'Évian-les-Bains, en se plongeant dans la lecture intensive de celui qu'il appelle « ce grand homme » après avoir découvert le chapitre intitulé « La Lampe de la mémoire » des Sept Lampes de l'architecture. Une révélation. Quelques mois plus tard, il apprend la mort la mort du critique d'art dans Le Figaro du 21 janvier 1900 et écrit immédiatement à Marie Nordlinger, une ami anglaise de Manchester et cousine de Reynaldo Hahn, lui exprimant, outre sa tristesse, son désir de pérennité des ouvrages de l'écrivain : il prépare alors plusieurs hommages à Ruskin sous formes d'articles nécrologiques et de notes qui deviendront, avec des modifications amplifiées, les péritextes de sa future traduction de La Bible d'Amiens. Les premiers - et seuls - extraits paraissent en février et mars 1903, un an avant la parution en volume. Le texte de ces épreuves évoquent des épisodes de l'hagiographie des saints Martin, Geneviève et Jérôme, et parurent dans la revue littéraire La Renaissance latine (numéro du 15 février 1903) du Prince de Brancovan, malgré les réticences de ce dernier qui le moquait encore, le mois précédent, pour sa traduction qu'il jugeait « légère ». Proust, lui fera alors cette belle réponse : « Je crois que cette traduction, non pas à cause de mon talent qui est nul, mais de ma conscience qui a été infinie - sera une traduction comme il y en a très peu, une véritable reconstitution [...]. À force d'approfondir le sens de chaque mot, la portée de chaque expression, le lien de toutes les idées, je suis arrivé à une connaissance si précise de ce texte que chaque fois que j'ai consulté un Anglais - ou un Français sachant à fond l'anglais - sur une difficulté quelconque - il était généralement une heure avant de voir surgir la difficulté et me félicitait de savoir l'anglais mieux qu'un Anglais. En quoi il se trompait. Je ne sais pas un mot d'anglais parlé et je ne lis pas bien l'anglais. Mais depuis quatre ans que je travaille sur la Bible d'Amiens je la sais entièrement par coeur et elle a pris pour moi ce degré d'assimilation complète, de transparence absolue, où se voient seulement les nébuleuses qui tiennent non à l'insuffisance de notre regard, mais à l'irréductible obscurité de la pensée contemplée ». Mais la tâche fut ardue en effet puisque Proust connaît à peine l'anglais : sa mère fait le « mot à mot », qu'il remanie avec les conseils de Marie Nordlinger et de Robert d'Humières, traducteur de Kipling. Au terme de ces longues années d'un travail acharné et d'un commentaire personnel sur l'art et la création, Proust achève enfin sa préface, la traduction et les notes, dont certaines se développent sur plusieurs pages. L'ouvrage, qui sera achevé un an plus tard (en février 1904) portera une dédicace à Adrien Proust qui vient de mourir, au lieu de celle destinée à Reynaldo Hahn : « à la mémoire de mon père, frappé en travaillant le 24 novembre 1903, mort le 26 novembre, cette traduction est dédiée ». Il s'en excusera dans la dédicace personnelle lorsqu'il offrira un exemplaire à Hahn, « tant [s]on petit Papa désirait le voir paraître que maintenant j'ai mieux aimé vous le retirer pour le lui offrir ». Proust, néanmoins, lui dédicacera la second texte de Ruskin qu'il traduira trois ans plus tard, Les Sésames et les Lys.
les Cahiers de la Quinzaine | Paris 1907 | 13 x 19 cm | broché
Edition originale sur papier courant. Petits manques en tête et en pied du dos, quelques piqûres et taches claires sur les plats. Exceptionnel envoi autographe signé de Robert Dreyfus à son ami : « À Marcel Proust. Très affectueusement ». Amis d'enfance et anciens élèves du Lycée Condorcet, Marcel Proust et Robert Dreyfus fondent la revue Le Banquet en 1892, avec quelques-uns de leurs anciens condisciples dont Daniel Halévy. Paraîtront huit numéros qui contiennent les premiers pas en littérature de l'un et de l'autre. En 1907, Dreyfus, quand il rédige cet envoi à Proust empreint d'une profonde sympathie, est un auteur reconnu pour ses essais : La Vie et les prophéties du Comte Gobineau publié deux ans plus tôt lui a valu un prix de l'Académie française. Proust, quant à lui, s'attelle alors à la rédaction de son grand uvre, À la recherche du temps perdu, mais n'a encore qu'une modeste réputation d'écrivain. L'amitié entre les deux hommes traverse les décennies, comme en témoigne leur correspondance, entamée dès 1888 et poursuivie jusqu'en 1920. Bien inspiré, Dreyfus conservera précieusement les lettres de Proust qui, après la mort de celui-ci, lui permettront d'écrire un livre précieux pour les proustiens, Souvenirs sur Marcel Proust, accompagnés de lettres inédites (1926) : « Est-ce une consolation de songer : s'il avait été mieux portant, [...] il n'eût pas écrit ces lettres où scintillent encore les fusées de son esprit. » Exemplaire de la bibliothèque de Marcel Proust, offert par son ami d'enfance Robert Dreyfus. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Phone number : 01 56 08 08 85
s. l. s. d. [1908 ou 1919 ?] | 11.60 x 17.80 cm | 4 pages sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée de Marcel Proust à Maurice de Fleury, psychiatre et homme de lettres célèbre proche d'Émile Zola, qui a écrit un recueil de nouvelles ainsi que divers ouvrages médicaux sur la neurasthénie, l'insomnie, l'épilepsie. Quatre pages sur un double feuillet filigrané "Island Mill" bordé de noir. Traces de pli inhérentes à l'envoi. Publiée dans Kolb, VIII, n°32, p. 74-75. Superbe lettrevantantles mérites du pastiche littéraire, par l'un des plus grands écrivains du genre : Marcel Proust. L'écriture de la missivepeut coïncider avec la parution de sa série de pastiches sur l'Affaire Lemoine (escroquerie montée par un ingénieur français de ce nom, qui se prétendait capable de fabriquer des diamants authentiques), en première page du supplément littéraire duFigaroentre 1908 et 1909, ou bien dater de sa publication en volume, sous le titrePastiches et mélanges,en 1919. La lettre autographe est présentée sous une chemise en demi maroquin bleu nuit, plats de papier marbré à motif oeil de chat,contreplats doublés d'agneau beige, étui bordé du même maroquin. Proust remercie chaleureusement son ami Maurice de Fleury, «savant et écrivain», pour sa favorable réception de ses «petits pastiches»: «Votre double mérite devrait vous rendre doublement sévère : et vous excusez le pastiche, ce genre inférieur!», reconnaissant avec ironie la place encore précaire qu'occupait ce genre inhabituel, bien que populaire du temps de Proust. Le pastiche était davantage perçu comme une fantaisie stylistique ou même un exercice d'étudiant qu'une véritable création digne des belles lettres. L'écrivain le considère pourtant ici comme une rafraîchissante addition à la stricte hiérarchie des genres qui prévaut encore: « Manié pourtant par vos mains plus belles que les miennes, il me semble qu'il pourrait peut-être devenir comme une forme indirecte, plus discrète, plus frêle et plus élégante de critique littéraire. Des esprits très fiers pourraient s'y adonner, et des esprits très fins. comme le vôtre, très attraché par la grandeur, le sérieux, le devoir, aussi sage, pourrait s'y plaire, suivre ces jeux.»Proust revendique par ces mots l'intérêt du«pastiche critique», dontla tradition était déjà bien établie, agissant comme une analyse empirique du style d'un auteur. Depuis ses années à Condorcet, l'écrivain le pratique assidûment, avec,selon ses dires,plus ou moins de succès: «J'ai été aussi quelques fois à faire des pastiches de littérature médicale! Si j'avais pu les retrouver, ou les recommencer (mais tout cela est trop loin) je les aurais publiés si j'avais su que vous lisiez cela pour vous amuser. Je n'ai pas besoin de vous dire que jugé inimitable, vous n'y figuriez pas. Mais [] d'autres sont moins parfaits et joignaient à des qualités bien intéressantes, des petits défauts dont l'imitation et la caricature étaient possibles» Le pastiche aura de multiples vertus pour l'écrivain, et son usagel'aida sans nul douteà affiner son propre style. L'exercice dépassera bientôt les confins de la critique littéraire, comme le remarque Paul Aron: «Il n'est pas faux d'affirmer que la Recherche est un gigantesque pastiche du discours social fin de siècle.» Son grand uvre contiendra en effet des pastiches à divers degrés :leur manifestation la plus remarquable étant sans doute unevraie-fausse citationdu«journal inédit des Goncourt», passage écrit de toutes pièces par Proust qui apparaît dans Le Temps retrouvé. Exceptionnel témoignage de Proust à proposd'un important procédé de sacréation littéraire,qui nourrira les pages de saRecherche. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Paris. Gallimard, NRF. Brochés In-12. Non complet. Tome I : Hommage à Marcel Proust. 1927. 319 p. N° 179 sur vélin pur fil Lafuma-Navarre. Tome II : Répertoire des Personnages de " A la Recherche du Temps Perdu" par C. Daudet. Précédé de "La Vie Sociale dans l'Oeuvre de Marcel Proust" par R. Fernandez. 1927. 175 p. ex libris principis obsta. Tome III : Morceaux Choisis de Marcel Proust. 1947. 372 p. Tome IV : Au Bal avec Marcel Proust par La Princesse Bibesco. 1928. 202 p. ex libris principis obsta. Tome VI : Marcel Proust Lettres à la NRF. Bibliographie Proustienne par G. Da Silva Ramos. Proust à la Mazarine. 1932. 283 p.
Bel ensemble en bon état. Rousseurs. Couvertures défraichies.
Aux armes de Proust de Chambourg ( Orléanais ) - CORVINUS, Johannes Arnoldi Ravens dit.
Reference : c7082
Amstelodami, Apud Danielem Elzevirium, 1664 ; petit in-12°, plein veau blond , dos à nerfs orné à 5 compartiments du fer doré des armoiries de Proust de Chambourg, tranches dorées, titre doré ; (12) pp. ( titre-frontispice gravé, titre,épitre, index), 644pp.Quelques traces pales de mouillure, petite restauration en marge de 2 feuillets, sans manque de texte, reliure frottée avec manques aux coiffes coupes et coins et en bordure du 2ème plat.
Ex-libris armorié “Aymonis Proost vel Proust de Chambourg Mili=tis in Legibus Retiae Stirpis Apud Aurelios Professoris et rectoris“ . PROUST de CHAMBOURG, Aymon, docteur et professeur en droit à Orléans, d'une ancienne famille originaire de la noblesse de Flandre : Proost ou Proust “ Il s'appliqua comme ses ancêtres à la Jurisprudence… M. Aymon Proust de Chambourg pourroit compter dans sa famille dix professeurs… Entr'autres, Antoine Proust, dit Proust de Chambourg, qui commença à enseigner en 1629, & qui fut mis professeur à Bourges , à la place de François Pinsson…“( Cf. Moreri). (Reu-CO2
, GALLIMARD, 1987 Couverture rigide, dans cassette, 1728 pages, 17.5 x 11 cm. FR. *En tr s bon tat. ISBN 9782070111268.
Marcel Proust "Valentin Louis Georges Eug ne Marcel Proust (/pru?st/; French: [ma?s?l p?ust]; 10 July 1871 ? 18 November 1922), known as Marcel Proust, was a French novelist, critic, and essayist best known for his monumental novel la recherche du temps perdu (In Search of Lost Time; earlier rendered as Remembrance of Things Past), published in seven parts between 1913 and 1927. He is considered by critics and writers to be one of the most influential authors of the 20th century.Marcel Proust "Valentin Louis Georges Eug ne Marcel Proust (/pru?st/; French: [ma?s?l p?ust]; 10 July 1871 ? 18 November 1922), known as Marcel Proust, was a French novelist, critic, and essayist best known for his monumental novel la recherche du temps perdu (In Search of Lost Time; earlier rendered as Remembrance of Things Past), published in seven parts between 1913 and 1927. He is considered by critics and writers to be one of the most influential authors of the 20th century.
Tirage de tête sur japon Paris, Gallimard, (12 juillet) 1954. 1 vol. (120 x 190 mm) de 441 p. et [3] f. Broché, non coupé. Édition originale. Préface de Bernard de Fallois. Un des 16 premiers exemplaires sur japon, celui-ci hors-commerce (D).
Livre-clé pour comprendre la genèse de La Recherche, l'ouvrage rassemble l'essai longtemps inédit où Proust règle ses comptes avec la « méthode » Sainte-Beuve et, ce faisant, dégage sa propre poétique. Au tournant 1907-1908, revenu de Cabourg et profitant d'un répit de santé, Proust délaisse un premier chantier romanesque - le cycle des « 75 feuillets » (en réalité 76), vaste ébauche en six ensembles (« Une soirée à la campagne », « Le côté de Villebon et le côté de Méséglise », « Séjour au bord de la mer », « Jeunes filles », « Noms nobles », « Venise ») - pour lancer, d'abord pour Le Figaro, un texte « contre Sainte-Beuve » qui enfle en quelques mois jusqu'à former un essai de près de trois cents pages, qu'il gardera inédit. Sous la forme d'une conversation à voix basse avec sa mère, l'auteur y entremêle souvenirs, portraits, pages de lecture et méditation critique. Le coeur de la thèse est net : refuser l'enquête biographique comme clef des oeuvres et exiger qu'on juge un texte par sa nécessité formelle et son style. Il fait lire les premières pages à Reynaldo Hahn en novembre 1909, puis propose l'ensemble au Mercure de France à la mi-août 1909, non sans prévenir de passages qu'ils jugent lui-même impossibles à donner à lire : « Contre Sainte-Beuve, Souvenir d'une matinée est un véritable roman et extrêmement impudique en certaines parties. Un des principaux personnages est un homosexuel » (lettre à Alfred Valette, directeur du Mercure de France, publiée par Florence Callu dans le Bulletin de la Bibliothèque nationale en mars 1980). Alfred Valette avait déjà refusé les Pastiches. Proust, note Jean-Yves Tadié, « ne peut concevoir que l'on refuse son livre pour d'autres raisons que pour son immoralité » (Proust, « Introduction générale », p. XLII). Le texte est à nouveau refusé, et Proust le recompose en nommant le dernier cahier « Sainte-Beuve » qu'il souhaite voir ouvrir À la recherche du temps perdu, et l'invitation « à une soirée » qui clôt ces pages deviendra la fameuse « matinée » bien connue. In fine, le texte liminaire ne sera pas intégré et Proust gardera l'intégralité du texte inédit. C'est grâce aux recherches et découvertes de Bernard de Fallois, qui fit surgir manuscrits et dactylogrammes, que l'édition peut enfin paraître en 1954 et restituer l'acte fondateur par lequel Prous conteste le positivisme biographique et affirme son immense sensibilité critique. Très bel exemplaire broché. Rare ainsi.
Délicate correspondance, d'une amitié féminine sans égale Paris, Librairie des Champs-Élysées, (30 mars) 1928. 1 vol. (175 x 230 mm) de 136 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Un des exemplaires hors commerce, celui-ci sur vieux japon, marqué C, justifié et signé par l'éditeur.
L'ouvrage reproduit vingt-huit lettres de Marcel Proust adressées à Marie Scheikevitch, accompagnées de télégrammes, de coupures de presse et de deux photographies de l'écrivain (dont une avec Robert de Flers). Fille d'un riche magistrat russe installé en France à la fin du XIXᵉ siècle, Marie Scheikevitch (1882-1964) fut l'une des grandes figures mondaines et intellectuelles du Paris de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres. George D. Painter la décrit comme « l'une des maîtresses de maison les plus intelligentes et les plus en vue de la nouvelle génération ». Protectrice d'artistes et d'écrivains, elle réunit dans son salon des personnalités telles que Jean Cocteau, Anna de Noailles, Reynaldo Hahn ou encore la famille Arman de Caillavet. Si Proust l'aperçoit brièvement dès 1905 dans le salon de Madeleine Lemaire, leur véritable relation commence en 1912. Cette année-là, Jean Cocteau et Marie Scheikevitch lisent ensemble dans Le Figaro un article de Proust consacré à «La Grande Pitié des églises de France» et décident d'adresser à l'auteur des dépêches de félicitations. Ce geste marque le début d'une relation durable qui se poursuivra jusqu'à la mort de l'écrivain en 1922. Les deux amis se voient alors très fréquemment - « presque tous les jours », dira-t-elle plus tard - ce qui explique la relative rareté de leurs lettres : seules vingt-huit sont aujourd'hui connues. Marie Scheikevitch joue pourtant un rôle non négligeable dans la carrière de Proust. Elle lui ouvre les portes de son salon et contribue activement à faire connaître son oeuvre dans les milieux mondains et intellectuels parisiens. C'est notamment elle qui le recommande à son amant Adrien Hébrard, directeur du journal Le Temps, ce qui permettra la célèbre interview de Proust par Élie-Joseph Bois le 12 novembre 1913, premier grand article de presse consacré à À la recherche du temps perdu, à la veille de la publication de Du côté de chez Swann. Proust lui rendra hommage dans Sodome et Gomorrhe sous les traits de Mme Timoléon d'Amoncourt, « petite femme charmante, d'un esprit, comme sa beauté, si ravissant qu'un seul des deux eût suffi à plaire ». Bel exemplaire hors commerce sur vieux japon.