Paris, chez Auguste-François et Prosper DONDÉ-DUPREY, 1826. Un volume in-8 demi basane, dos lisse à filets et titre dorés, 518 pages. Reliure de l'époque légèrement frottée sinon bon état.
PIERRUGUES se propose ici d’éclairer le lecteur sur certains aspects méconnus de la société romaine et de ses mœurs. Longtemps jugées insolites, triviales et même “inconvenantes”, ces particularités pouvaient choquer dans une culture classique magnifiée et idéalisée, qui faisait de l’Antiquité gréco-romaine la mère de la civilisation, de la culture et de la vertu, expliquant ainsi que tout un pan de l’histoire ait longtemps été occulté par de doctes et prudes professeurs. À côté de ce qui relève de la sexualité et de l’érotisme tels que nous les concevons aujourd’hui, l’auteur traite ici aussi bien de termes médicaux, de termes argotiques et d’expressions populaires que de textes juridiques ou de coutumes relatives au mariage, à la vie conjugale, aux loisirs, aux fêtes religieuses et à l’anatomie humaine.Dans cet inventaire assez bigarré, nous trouvons aussi bien Acidalia, un des surnoms de VÉNUS, la déesse de l’amour, que Mentula, l’une des appellations du membre viril, ou les Tabulae matrimoniales, tablettes qui scellaient un contrat de mariage et se trouvaient symboliquement brisées au moment du divorce. Pêle-mêle nous rencontrons les termes Meretrix, qualifiant une courtisane ou une prostituée, Ornatrix, une femme de chambre esclave faisant office de coiffeuse, le dieu mineur JUGANITUS, invoqué la nuit de noces pour présider au premier acte charnel des nouveaux époux, ou encore les Cotyttia, des mystères célébrant en Grèce la déesse COTYS, qui avaient la réputation de se conclure par des orgies. Évoquons enfin l’étrange Campanus morbus, une maladie vénérienne éruptive qui aurait eu pour foyer initial la région de Capoue (est-ce un hasard si, par ailleurs, cette ville est connue pour ses fameux délices ?).Dépourvu de la verve grivoise et du sens comique qui caractérisent généralement un dictionnaire érotique, cet ouvrage s’apparente finalement plutôt à un guide destiné à faire découvrir la face cachée de la civilisation romaine et à bien comprendre les auteurs latins dans le texte.Les définitions, plutôt courtes, sont largement illustrées de citations tirées des meilleurs auteurs antiques, en particulier OVIDE, PÉTRONE, SUÉTONE, PLAUTE, JUVÉNAL, HORACE, SÉNÈQUE, MARTIAL et CATULLE. (Cf Le Dicopathe) Tous nos livres sont visibles sur notre site : https://www.livrepoesie.com/