Paris : Albin Michel, 1958. DOUBLE ENVOI DE PIERRE BENOIT ET PAUL GUIMARD À MARCEL PAGNOL
In-12° (188 x 125 mm) 178 pp. - [1] f., broché, couverture illustrée. Édition originale et unique, exemplaire du SP (service presse), de cette transcription de douze entretiens radiophoniques menés entre octobre et décembre 1957 par Paul Guimard. Pierre Benoit, écrivain à succès, membre de l'Académie française, avait alors publié quarante romans dont toutes les héroïnes portaient un prénom commençant par la lettre A. Double envoi autographe signé de Pierre Benoit et Paul Guimard à Marcel Pagnol : « A Marcel Pagnol, / Je t'embrasse / Pierre Benoit ». « Hommage de Paul Guimard ». Pierre Benoit oeuvra ardemment en coulisse, après la Seconde Guerre mondiale, pour faire entrer Marcel Pagnol à l'Académie Française. C'est l'auteur de Marius qui, lors des funérailles de son ami Pierre Benoit au « cimetière marin » de Ciboure, lut le discours d'hommage au nom de l'Académie française. Légers plis au dos, couverture légèrement insolée.
Montbéliard : sans date (vers 1817). UNE ÉTUDE MANUSCRITE À SIX MAINS DE LA FLORE DE MONTBÉLIARD
In-8° (224 x 184 mm), [1] f. - 191 pp. (numérotées 54-241, avec le ff. 86-87 coupé et un cahier inséré portant les pages 86-87-87a-87b) manuscrites aux encres brune et noire et au crayon, cahier de papier bleu à plats cartonnés, pièce de titre laissée blanche au plat supérieur. Manuscrit botanique inédit recensant quelque 700 espèces indigènes de la commune de Montbéliard et de ses environs. Organisé par classe et ordre, le manuscrit ne comprend que les parties sur les Monocotyledones et les Dycotiledones. La première partie consacrée aux plantes Acotyledones, mentionnée à la table, est absente (elle ne semble pas avoir été reliée). L'ouvrage débute ainsi à la page 54 avec l'espèce n°131. Il se conclut par 6 ff. de table alphabétique. Pour chaque espèce, l'auteur recense le nom scientifique, parfois le nom vernaculaire, la période de floraison ou quelques informations (« ce sont ces espèces qui, dans de certaines anées, donent à nos vins le goût qu'on appelle arneyi dans notre patois » [p. 89]), et surtout les lieux d'observation et de cueillette : « canal qui va de la rigole à la machine hydraulique » (p. 59), « vigne du Notaire Fallot » (p. 141), « en juin et juillet 1812 et 1813, il se trouvait abondamment dans les fossés des graviers ; mais depuis qu'on les a curés, on ne l'y trouve plus » (p. 78), « il n'y a pas longtemps que les apothicaires en faisaient recueillir par une femme qui est morte, sans vouloir jamais indiquer le lieu où elle croit » (p. 122)... Le botaniste s'appuie parfois sur les observations de ses prédécesseurs, citant principalement Léopold-Emmanuel et Charles-Emmanuel Berdot (auteurs d'une Enumeratio Methodica stirpium, in agro Montbelgardensi lectarum demeurée à l'état de manuscrit). Il n'hésite toutefois pas à conclure à des erreurs de leur part : « je l'ai cherchée inutilement plusieurs années de suite dans le lieu indiqué. Je présume que Berdot l'a confondu avec l'allium sphacrocephalum qui est très commun dans toute la champagne du Doubs. Il a les feuilles cylindrinques et l'al rotundum les a plates. » (p. 88). Un ouvrage ou manuscrit portant le titre Catalogue des plantes indigènes à l'ancienne principauté de Montbéliard / Bernard, directeur des jardins de S. M. le roi de Würtemberg / 1813-1825 est conservé à la bibliothèque de la Société d'Émulation de Montbéliard (091 BER (05)) ; Charles Contejean, dans sa communication du 13 août 1853 à la même société, attribue à Pierre-Frédéric Bernard un manuscrit non-daté portant le titre Catalogue des plantes indigènes à l'ancienne principauté de Montbéliard et aux contrées qui l'avoisinent. Néanmoins, Contejean mentionne dans Revue de la Flore de Montbéliard que le manuscrit en question recense 859 espèces, alors que le présent n'en comprend que 826. Il semble en tous cas s'agir d'un manuscrit de travail collaboratif. En effet, un second auteur a ajouté la table, les indications d'ordre en tête de page, un cahier de 2 ff. et une centaines d'espèces non-recensées par son collègue. Il effectue en outre de nombreuses corrections -- ratures, organisation du manuscrit, orthographe du nom des espèces -- et fait part de ses découvertes : « [Première main] Je ne l'ai observé qu'au bord de la route vis-à-vis des neufs moulins et en abondance autour du grand tilleul vis-à-vis de la porte St Pierre. En 1817 il n'y existait plus. [Deuxième main] Le printemps de 1818 on a reproduit plusieurs individus » (p. 148) ; « je l'ai trouvé en 1821 sur les bords de la Grappiotte » (p. 191). On relève enfin deux annotations d'une troisième main, pp. 191 et 199 : « en Juin M. Wetzel l'a trouvée près de Betancourt. Très rare. » Le manuscrit semble ainsi avoir été composé par un premier botaniste autour de 1817, puis être passé aux mains du second vers 1818 ; le troisième auteur a pris le relais avant la mort de Pierre-Frédéric Wetzel en septembre 1844. Trois principaux botanistes effectuent à cette période des travaux sur la flore de Montbéliard : Pierre-Fréderic Bernard (1749-1825), surintendant des jardins du roi à Stuttgard, rejoint Montbéliard en 1813 pour se consacrer à l'étude de sa flore indigène. Il fait la même année la connaissance de Pierre-Frédéric Wetzel, tanneur de profession qui, frappé par cette rencontre, se tourne vers la botanique. Selon Contejean (communication du 13 août 1853), « Tant que Bernard vécut, les deux amis se livrèrent conjointement à l'étude de nos plantes indigènes. Le docteur [Léopold Théodore] Flamand les accompagnait quelquefois dans leurs excursions. » (p. 12) C'est Wetzel qui initia à la botanique Charles Contejean (1824-1907), l'un des fondateurs de la Société d'émulation de Montbéliard. Reliure usagée, dos manquant.
Paris : A. Blaizot, 1906. UNE RELIURE À DÉCOR ORIENTALISANT, EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE PERSONNELLE DE RENÉ KIEFFER
In-4° (282 x 220 mm), [2] ff. bl. - [3] ff. - IV pp. - [1] f. - 302 pp. - [2] ff. - [2] ff. bl., maroquin caramel à grain long, dos lisse orné, décor doré à la plaque mosaïqué de maroquin bleu sur les plats, roulette intérieure avec fleurons en écoinçons, contregardes et gardes de papier marbré doré et argenté, tête dorée, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée RENÉ KIEFFER au contreplat supérieur et avec son étiquette estampée dorée à la première garde blanche). Un des 325 exemplaires sur vélin de Rives (n° 359) avec envoi de l'éditeur « à l'ami Kieffer / bien cordialement / A. Blaizot », après 50 exemplaires sur Japon avec un tirage à part en noir sur chine et d'un exemplaire sur vélin avec tous les dessins originaux. Il est revêtu d'un décor orientalisant qui rappelle les motifs architecturaux arabes. Première édition illustrée, ornée de 82 compositions originales de Pierre Vidal lithographiées en couleurs (en en-têtes, culs-de-lampe et bandeaux), de 41 lettrines et d'encadrements à la couronne. Pierre Vidal est un artiste reconnu pour ses illustrations d'oeuvres comme Salammbô de Flaubert ou Carmen de Mérimée. Rattaché au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France, il y laisse une production abondante d'aquarelles sur les costumes, ameublements et coiffures de la Belle Époque. Les aventures du Roi Pausole, roman feuilleton paru en 1900, se situe dans une utopie libertine du nom de Tryphème. Le roi, mène une vie tranquille entouré de son harem de 366 femmes lorsque Aline, sa belle-fille, quitte soudainement le palais. Le souverain part alors à sa recherche. Monod 7368. Dos légèrement insolé avec légère tache en partie haute.
Paris ; Villefranche-de-Rouergue : Barbou ; Pierre Vedeilhié, 1766. DE LA BIBLIOTHÈQUE DU GRAND-AUMÔNIER DE MARIE-ANTOINETTE
In-12°(168 x 102 mm), xiv pp., [1] f., 313 pp., [5] ff., veau moucheté, dos lisse orné, tranches rouges mouchetées de noir en gouttière, armes au centre des plats. Édition originale attribuée par Barbier à Pierre Rulié, curé à Cahors (IV, 240). L'auteur, inspiré par les ouvrages de Lyttelton et Warburton, propose de prouver la réalité d'un miracle, ici celui des martyrs de Typase : Hunéric, roi des Vandales (qui avaient alors envahi les provinces septentrionales de l'Afrique), fit couper la langue aux chrétiens ayant refusé de se convertir à l'arianisme ; trois jours plus tard, les victimes de ce supplice auraient retrouvé l'usage de la parole. Après avoir défendu l'authenticité des témoignages et sources attestant le miracle, l'auteur s'attache à démontrer son caractère de miracle divin (plutôt que d'intervention diabolique). Suivent une critique du « pyrrhonisme » de Rousseau au sujet de la divinité de Jésus Christ et un portrait de Jésus-Christ issu de l'ouvrage Les droits de la religion chrétienne & catholique sur le coeur de l'homme. Provenance : Pierre-Augustin-Bernardin de Rosset de Rocozels de Fleury (1717-1780), avec ses armes au centre des plats. Evêque de Chartres sous le nom de Pierre VI de 1746 à 1780, premier aumônier de Marie Leszczynska (1743) puis grand-aumônier de Marie-Antoinette (1774), fait commandeur de l'ordre du Saint-Esprit en 1777. Petit-neveu du cardinal de Fleury, ce prélat issu d'une grande famille languedocienne fut l'un des évêques les plus influents de son temps par sa proximité avec la famille royale. Sa bibliothèque, constituée de trois fonds majeurs (une partie de celle du cardinal de Fleury dont il hérita en 1743, le fonds de Mgr Godet des Marais et celui de son prédécesseur Mgr de Mrinville) fut vendue aux enchères à Paris le 29 mai 1780. Le catalogue de cette vente est référencé par Guigard dans son Nouvel armorial du bibliophile (1890, I, p. 362). Les exemplaires de cette provenance sont à ce jour très peu courants. Ex-libris manuscrit " Moisane (?) clerc tonsuré ". Mouillure notamment visible sur les plats et principalement en tête de la seconde partie de l'ouvrage, Manque à la coiffe de tête, petit manque en queue au mors supérieur, petite galerie au mors inférieur.
SABOURAUD (Brigitte) ; MAC ORLAN (Pierre, Préf.) [Dumarchey (Pierre)]
Reference : 1258
Paris : La nef de Paris, s. d. [1958]. « LA PLACE QUE J'OCCUPE À L'ÉCLUSE, C'EST ELLE QUI AURAIT DÛ L'AVOIR. » (BARBARA)
In-8° (204 x 132 mm), 53 pp., broché, non découronné. Édition originale. Exemplaire du service presse, après 100 exemplaires sur verger Lana, avec envoi autographe signé : « à J. Hebey / ces « chansons à dire » que j'ai pris plaisir à écrire -- / seront-elles agréables à lire ? / Brigitte Sabouraud ». Ce recueil de 43 pièces poétiques à réciter ou à chanter est illustré d'un portrait photographique de l'auteur par le studio Harcourt, agrafé au premier cahier. Avec une préface de Pierre Mac Orlan : « Brigitte Sabouraud [...] est un peu comme une image de la Seine, la Seine qui est un fleuve populaire d'une sympathique élégance. C'est aussi, selon les hasards poétiques de ses chansons et de ses poèmes, tantôt une Ophélie du groupe Guillaume Apollinaire, tantôt une rôdeuse de berges, mais de bonne famille, portant en soi la mélancolie nuancée du fleuve de Paris ». Comédienne et compositrice, Brigitte Sabouraud (1922-2002) fonde, avec Léon Noël, Marc Chevalier et André Schelesser, le cabaret l'Écluse quai des Grands-Augustins, et en prend la direction. Elle s'y produit elle-même sur scène, s'accompagnant à l'accordéon, et y interprète chansons de marins, textes de Francis Carco, ainsi que ses propres compositions ; plusieurs seront reprises par Barbara, qui comme Jacques Brel est révélée au public parisien sur les planches de l'Écluse. 2 bibliothèques françaises : BnF (Tolbiac) et Angers ; 2 bibliothèques étrangères : University of Illinois, University of Wisconsin. Petites taches et piqûres à la couverture.
Lyon : Cercle lyonnais du livre, 1934. L'ATLANTIDE EN ALGÉRIE, EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE PERSONNELLE DE RENÉ KIEFFER
In-f° (321 x 250 mm), [4] ff. bl. - [2] ff. - [1] pl. - 303 pp. - [6] ff. - [3] ff. - [1] f. bl. - [3] ff. - [2] pl. - [3] ff., maroquin bleu nuit mosaïqué au dos et sur les plats de maroquins orange, caramel et chocolat, avec jeux de filets à froid et à l'or, décor au centre des plats estampé au palladium, encadrement d'un filet intérieur, contregardes et gardes de soie moirée, gardes de papier marbré, tête dorée, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée RENÉ KIEFFER au contreplat supérieur et avec son étiquette estampée sur la première garde blanche). Tirage limité à 162 exemplaires sur vélin d'Arches, celui-ci le n°11 imprimé pour « Monsieur René Kieffer ». Son propriétaire l'a revêtu d'une luxueuse reliure Art déco en plein maroquin mosaïqué, ornée d'un décor reprenant « l'inscription berbère » qui, dans le roman, révèle le prénom de la reine d'Atlantide (p. 73). Cet exemplaire est bien complet de la section « Planches remplacées », reliée in-fine, comprenant [5] ff. où figurent 3 illustrations non retenues (pour les pp. 185, 188 et 248). Il comporte en outre deux épreuves en noir d'illustrations non retenues, ajoutées « à certains exemplaires » selon Monod. Il contient également un retirage des pp. 1-2 et 7-8, joint à l'ouvrage car un accident du mouillage après le tirage avait taché certains exemplaires. L'ouvrage est illustré de 89 compositions en couleurs gravées sur bois par Pierre Bouchet d'après des peintures, dessins et croquis de Paul-Élie Dubois, réalisées lors d'un voyage dans le massif du Hoggar (Algérie). Après avoir exposé au Salon des artistes français, Paul Élie Dubois (1886-1949) séjourne deux années à la villa Abd-el-tif d'Alger (fonctionnant sur le principe de la villa Médicis). En 1928, il participe à la mission scientifique d'exploration du Hoggar, dont il ramène croquis, dessins, peintures et documents décoratifs. Les quelque 400 oeuvres « algériennes » qu'il expose au Salon des Tuileries lui valent l'estime de la critique et la distinction « d'Ambassadeur du Hoggar ». Il présente à Paris 7 conférences sur la région. « L'idée d'associer à cette documentation L'Atlantide de Pierre Benoit, » souligne l'éditeur, « de situer sur ce cadre réaliste la brillante fantaisie du roman, était trop séduisante pour ne pas emporter tous les suffrages. » Elisabeth Cazenave. Paul-Élie Dubois, Peintre du Hoggar. Éditions du Layeur, Paris, 2006 ; Monod 1338. Dos légèrement insolé.
PESSIN (Marc) ; BUTOR (Michel) ; SPILMONT (Jean-Pierre) ; PÉJU (Pierre) ; DOBZYNSKY (Charles)
Reference : 1479
Conseil général de l'Isère. Musée départemental de Saint-Antoine L'Abbaye., 1999. LES TRACES EN RELIEF D'UNE CIVILISATION ISÉROISE IMAGINAIRE PRÉTENDUMENT DISPARUE
In-f° (352 x 200 mm), 8 ff - 6 ff - 3 ff - 2 pl. en noir de plus petit format - 4 ff. - 4 ff. - 4 ff. - 4 ff. - 4 ff. - 4 ff - 4 ff - 4 ff - 4 ff - 4 ff. - 4 ff, en feuilles sous couverture blanche gaufrée. Édition originale de ce livre d'artiste paru à l'occasion de l'exposition « Marc Pessin, le voyageur immobile » organisée au Musée départemental de Saint-Antoine l'Abbaye entre mars et octobre 1999. Tirage limité à 500 exemplaires numérotés et signés par l'artiste au justificatif de tirage. L'ouvrage, présenté en feuilles sous couverture blanche gaufrée, réunit 14 cahiers de 2 à 8 ff. présentés chacun sous une couverture de papier fort imprimé en relief. Sérigraphies, estampes, gaufrages et reproductions photographiques résument la production plastique et éditoriale de Marc Pessin, et plus particulièrement son projet « d'archéologie pessinienne » mêlant traces paléographiques, botaniques, zoologiques et bibliographiques d'une civilisation iséroise imaginaire prétendument disparue. L'ouvrage réunit également plusieurs textes en hommage à l'artiste, dont un article de Michel Butor intitule? « Botanique martienne ». 3 exemplaires au CCFr : Albi, Grenoble, Strasbourg. Un à l'OCLC : Lausanne.
Paris : Ponthieu, 1823. LA PENSÉE D'UN LIBÉRAL DONT LE PROPOS NE S'AVÈRE TOUJOURS QUE TROP ACTUEL
In-8° (205 x 123 mm), XXIII pp. - [1] p. bl. - 174 pp. - [1] f. verso bl., demi-basane brune à coins, dos lisse orné, tranches marbrées multicolores (reliure de l'époque). Édition originale rare, l'auteur dédit cet « ouvrage consacré à vaincre les obstacles qui se sont de tout temps opposés au bonheur de la société » à Benjamin Constant « défenseur des libertés publiques ». Il se compose ainsi : Principes d'un bon gouvernement ; Des passions de l'homme ; De l'orgueil individuel ; De l'intérêt individuel ; De l'attachement aux préjugés ; Du fanatisme religieux ; Du fanatisme politique ; De la délation ; De la compression de l'opinion publique ou de la pensée ; De l'industrie. Pierre-Gustave Bonnain (1800-1842), né à Saintes, de Pierre Bonnain et de Marguerite, alias Marie-Thérèse, Luraxe, fut l'époux de Jeanne-Félicité Cadiot et le frère de M. Armand Bonnain, ancien directeur des messageries. Son acte de naissance l'appelle Paul-Auguste ; son acte de décès, Paul-Gustave. Avocat de profession, il fut sous-préfet après 1830. Il publiera De l'esprit de la jeunesse (1821), Mes regrets ou le Panthéon (1822) et quelques mémoires juridiques. 3 exemplaires en France : BnF Tolbiac, Nantes et Rouen. Un à l'étranger : British Library. Quelques épidermures, quelques rousseurs plus notables sur quelques pages, notamment le titre, déchirure sans perte restaurée p. 172.
Vienne : Imprimerie impériale et royale de la Cour et de l'Etat, 1868. EDITION PRIVÉE, L'EXEMPLAIRE PERSONNEL DU SECRÉTAIRE FRANÇAIS À LA 2E CONVENTION INTERNATIONALE TÉLÉGRAPHIQUE
In-4° (325 x 238 mm), [5] ff. - 459 pp. - [1] ff., demi-basane rouge chagrinée à coins, dos lisse orné, plats de percaline, tranches peignées multicolores (reliure éditeur de l'époque). Édition unique, privée, réservée vraisemblablement aux participants à la conférence. L'exemplaire personnel du secrétaire français, Pierre-Paul Vigier, accompagné de 4 documents le concernant, notamment un passeport pour la conférence et une lettre de nomination avec son diplôme de réception au grade de chevalier à l'ordre de la Légion d'honneur, octroyé justement pour sa participation à l'événement. L'ouvrage traite de la révision de la 1e convention internationale de Paris. Suit le règlement de service international complétant cette 1e convention. Il présente ensuite les procès-verbaux de l'ensemble des 21 séances (dont celle d'ouverture) de la conférence de Vienne, qui se déroulèrent du 12 juin au 21 juillet 1868. L'importance de la première Convention télégraphique internationale, initiée à la demande de Napoléon III, ne saurait être sous-estimée : pour la première fois, les règlements, les tarifs et les techniques étaient harmonisés dans toute l'Europe, jusqu'à ses frontières avec l'Afrique et l'Asie. Des effets se firent également sentir sur les relations internationales. Juste avant 1865, certains des 20 États signataires avaient été en guerre : le second conflit entre le Schleswig-Holstein et le Danemark, auquel la Prusse et l'Autriche avaient également participé, avait pris fin l'année précédente. Néanmoins, le traité télégraphique fut signé par tous. Trois ans plus tard, en 1868, la deuxième Conférence télégraphique internationale, organisée à Vienne, fut axée sur des questions techniques et administratives plutôt que sur la diplomatie. Point important, la conférence dota l'Union télégraphique internationale d'un bureau à Berne, ce qui permit à l'organisation de répondre aux besoins croissants de ses membres en matière d'échange d'informations. Pierre-Paul Vigier (1829-1872) fit carrière dans la télégraphie, alors en plein développement. Secrétaire de la Conférence télégraphique internationale de Vienne en 1868, il participe à la rédaction des rapports consignés dans cet ouvrage. Sa mort subite à l'âge de 42 ans mit fin à une carrière prometteuse. Détail des pièces jointes au volume : Passeport du ministre des affaires étrangères daté du 5 juin 1868 autorisant M. Vigier à se rendre en Prusse, en Autriche et aux Pays-Bas, avec prière aux officiers civils et militaires de lui donner ci-besoin une protection. Impression sur parchemin avec encadrement gravé. Acte de l'ordre impérial de la légion d'honneur, daté du 15 Août 1868, faisant état de la nomination de M. Vigier « inspecteur des lignes téléphériques, secrétaire de la conférence internationale de Vienne » au grade de chevalier. Signé du grand chancelier, du secrétaire général et du chef de la division administrative. Le cahier est composé de deux feuillets de quatre pages chacun. Il s'agit de deux extraits d'une lettre du ministre des affaires étrangères en date du 3 Août 1868. Diplôme de l'ordre impérial de la légion d'honneur faisant de M. Vigier un de ses chevaliers. Impression sur parchemin signé à la date du 15 Août 1868. « Passe-port à l'étranger valable pour un an ». Impression sur parchemin, encadrement gravé. Fait à Saint Malo le 3 février 1871 autorisant M. Vigier, natif de Périgueux et demeurant à Angers de se rendre à Londres. Signé par le sous-préfet Henri Merlin, ce passeport imprimé comporte de nombreuses corrections témoignant du changement de régime faisant suite à la chute de Napoléon III. « Empire français » est ainsi remplacé par « République française » et « au nom de l'empereur » et remplacé par « au nom du peuple français ». Le document nous donne des informations détaillées sur le physique de M. Vigier. « Les années 1850-1914 sont le moment d'une première vague de mondialisation, caractérisée par une mutation d'ensemble de l'économie internationale tendant à l'unification des marchés des biens, des services, du travail et du capital. Cette mondialisation profite de la révolution communicationnelle associée à l'essor des réseaux télégraphiques. Les câbles du télégraphe traversent les continents et les océans, et raccourcissent drastiquement le temps de transit de l'information. Ces réseaux planétaires sont à la fois des instruments de marché et des outils au service des gouvernements et des États. Le télégraphe contribue à une intégration accrue du système économique mondial autour d'un petit nombre de places commerciales et financières, dont il renforce l'interdépendance et transforme souvent radicalement les modes de fonctionnement. Les gouvernements l'utilisent pour administrer efficacement les territoires coloniaux et les relier aux centres de décision. Son développement suscite aussi des transformations culturelles majeures, comme la naissance d'une sphère médiatique structurée autour des agences de presse et du « fil » de l'actualité internationale. » Un seul exemplaire en France, deux en Suède, un en Allemagne. Locher, Fabien. « Les météores de la modernité : la dépression, le télégraphe et la prévision savante du temps (1850-1914) », Revue d'histoire moderne & contemporaine, vol. 56-4, no. 4, 2009, pp. 77-103. Frottements notamment aux mors et aux coins, petits manques à la première garde couleurs, mouillure en partie haute décroissante sur les 30 premières pages, rares rousseurs.
Paris : L'Huilier, 1821. CONFLIT DES GÉNÉRATIONS SOUS LA SECONDE RESTAURATION
In-16° (175 x 115 mm), [3] ff. - 137 pp., cartonnage à la Bradel, dos lisse orné de filets (habillage de l'époque). Édition originale et unique de cet essai défendant la jeunesse française, accusée sous la seconde Restauration de se placer en « ennemie du bon ordre ». D'après Agnès Thiercé, le XIXe siècle marque l'invention du « conflit des générations et de la jeunesse comme force révolutionnaire », incontrôlable et surtout susceptible à la contagion. Le 20 mars 1821, plus spécifiquement, une émeute éclate à Grenoble : plusieurs étudiants de la faculté de droit sont désignés comme agitateurs et, dans un contexte où le gouvernement de Richelieu cède peu à peu à la pression des ultras, Louis XVIII ordonne la suppression de la faculté. L'auteur de cet essai, lui-même étudiant en droit, s'élève contre ces mesures répressives, et s'oppose au discours qui construit la jeunesse comme une force anti-patriotique : « Ne serait-ce pas cet amour décidé de la lumière et de la raison qui attirerait tant d'ennemis à la jeunesse française ? Dans le fait, elle est ennemie du bon ordre, dans le sens que les partisans des privilèges l'entendent. Si elle voulait se prêter au retour de l'ignorance, recevoir des chaînes d'une classe d'hommes, orgueilleux contempteurs des droits de leurs semblables, elle mériterait leurs éloges. » (pp. 8-9) [...] « Le gouvernement, assujetti à une malheureuse influence, agit comme s'il ne devait jamais avoir aucune relation avec la jeunesse. C'est elle, cependant, qui est destinée à remplir un jour les principales fonctions de l'État : elle remplacera un jour ceux qui blâment et censurent hautement ses principes. » (p. 136). Pierre-Gustave Bonnain (1800-1842), né à Saintes, de Pierre Bonnain et de Marguerite, alias Marie-Thérèse, Luraxe, fut l'époux de Jeanne-Félicité Cadiot et le frère de M. Armand Bonnain, ancien directeur des messageries. Son acte de naissance l'appelle Paul-Auguste ; son acte de décès, Paul-Gustave. Avocat de profession, il fut sous-préfet après 1830. Il publiera Mes regrets ou le Panthéon (1822), De la société et de ses vices principaux (1823) et quelques mémoires juridiques. 2 exemplaires en France : BnF (Tolbiac), Bordeaux. Aucun à l'étranger. Bibliographie : GAVEN, Jean-Christophe. « La suppression de la faculté de droit de Grenoble sous la restauration : Opportunités administratives d'un contrôle politique » In : Les Facultés de droit de province au xixe siècle. Tome 2 : Bilan et perspectives de la recherche [en ligne]. Toulouse : Presses de l'Université Toulouse Capitole, 2011. THIERCÉ, Agnès, « Révoltes de lycéens, révoltes d'adolescents au xixe siècle », Histoire de l'éducation, 89. 2001. pp. 95-120. Provenance : Eugène Durand Forgues (1857-1932). " EVG D. FORGVES, Parisiis - 1921 ", vignette contrecollée sur le contreplat supérieur. Magistrat colonial en Martinique, en Guadeloupe, en Indochine et à Madagascar, Eugène Durand Forgues est le fils de l'écrivain Paul-Émile Daurand-Forgues. Il publia Mémoires et relations politiques du baron de Vitrolle (1884), et Lettres inédites de Lamennais à Montalembert (1898), continuation de l'oeuvre de son père. Frottements.
Paris : SEGEP, 1954. SUR UN POÈTE NORMAND, À UN ROMANCIER NORMAND
In-12° (192 x 143 mm), 110 pp. - [1] f., broché. Édition originale, pour laquelle il semble n'y avoir pas eu de grand papier, de cette étude critique, « analytique, psychologique, psycho-physiologique » et catholique du poème de Wilfrid Lucas Le Grand Voilier des âges (1952). Illustré d'un frontispice en noir par Jacqueline Vigouroux. Envoi autographe signé au romancier et journaliste Pierre Varenne : « Au grand écrivain Pierre Varenne / cette étude d'un poète catholique sur l'un de ses compatriotes normands / en hommage / RP Holingue ». Auteur de fresques poétiques retraçant le canon Biblique, Wilfrid Lucas fut couronné par l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre. Paperolle au nom de l'auteur. Plis et petites déchirures marginales à la couverture.
[Roubaix] : Brandes, 1983. L'AMANT DES FEMMES-CHAUVE-SOURIS
In-12° (193 x 146 mm), 25 pp. - [2] ff. - [1] f. bl., broché, couverture rempliée. Édition originale du second des fantaisistes « voyages » de Pierre Bettencourt sur la « planète innomée ». Tirage limité à 250 exemplaires numérotés sur Arches (celui-ci le n°107). Les Nonnes grises reparaîtra en 1990 dans le recueil Voyage sur la planète innomée (imprimerie nationale) avec des illustrations de Dado, puis sera à nouveau édité séparément par RLD avec un frontispice d'Alechinsky. « On trouve ici quelques notes qui datent de mon second voyage sur la planète innomée. Elles concernent plus précisément une communauté que je n'avais fait qu'entrevoir lors de mon premier voyage et qui m'avait déjà fort intrigué, je veux parler des femmes-chauve-souris. Elles naissent le plus souvent dans des familles ordinaires et rien ne peut laisser d'abord prévoir la mutation dont elles vont être l'objet. Mais à l'âge de la puberté, leur peau se couvre d'un léger duvet gris, de larges surfaces membraneuses commencent à se développer entre le corps et les bras qui s'allongent démesurément, les mains prenant des proportions gigantesques, et elles revêtent peu à peu l'apparence qu'elles vont présenter adultes. Incapables de poursuivre leurs études, impropres aux tâches ménagères, [elles n'ont plus alors qu'à] rejoindre les communautés dont elles feront partie désormais. Nettement plus menues que les femmes de leur race, mais il semble plus intelligentes et plus vives, elles sont encore recherchées par les hommes pour la vénusité de leurs formes, et cette peau grise légèrement duvetée où le visage, les fesses et les seins totalement imberbes et d'un rose de bonbon fondant, ressortent avec évidence. » (pp. 9-10). Homme de lettres souvent associé à l'art brut, Pierre Bettencourt (1917-2006) fut également éditeur et typographe, publiant, en plus de ses propres oeuvres, des textes d'Artaud, Michaux, Ponge, Dubuffet... Il signa une abondante oeuvre littéraire placée sous le signe de la « facétie sérieuse » (Yves Peyré) ainsi qu'une multitude de sculptures-tableaux dits « hauts-reliefs ». Quelques salissures à la couverture, petit grignotage de rongeur au pli du rabat.
[REVUE] Antoine Adam, Jean Aicard, Marc Alyn, Jean Babelon, Yvette Barre-Barteaux, Camille Barthélémy, Jacques Baudou, Pierre Béarn, Camille Belliard, Louise Bellocq, Luc Bérimont, Charles Bertin, Jeannette Besançon-Flot, Paul Bialais, Jean Biès, Maurice Blin, Françoise Blond, Georges Bouillon, Maurice Bourg, Charles Braibant, Benoit Braun, Thomas Braun, André Breton, Suzanne Briet, Carlo Bronne, Roger Brucher, Charles Bruneau, Jean-Paul Brunet, Pierre Brunon, Roger Caminade, Albert Caquot, Jules Carrez, Carzou, Jean Cazenobe, Robert Cecconello, Elise Champagne, J. Charlet, Suzette Clément-Bodart, (Colette), Hubert Collin, Colonel Compagnon, Pierre Congar, Yves Congar, René Constant, Roger Cordier, Raymond Creuze, (Vera Cuningham), André Danjon, (Dante), Marcel Dardoise, Paul Dauchy, René Daumal, L.R. Dauven, Gabriel Delattre, Marie Delcourt, Bernard Delmas-Payer, Paul Denis, Victor Demanet, Patrick Demouy, Marcel Derwa, André Dhôtel, Marie-Thérèse Donnay, Gustave Doré, Michel Doury, Paul Dresse, Blaise Druart, Henri Druart, René Druart, Jean Ducasse, (Charles Duits), André Dulière, René Dumesnil, René Dürrbach, M. Failly, Lionello Fiumi, (Flaubert), Yves Florennes, Jean Follain, Paul Fort, Maud Frère, Raymond Gailly, André Galland, Yves Gandon, Jean-Pierre Gehin, Maurice Genevoix, Pierre Gentil, Gabriel Germain, Giacomelli, Yves Gibeau, R. Gillard, Michel Gillet, Willy Gilson, (Godefroy de Bouillon), Robert Goffin, E. Golfouse, Armand Got, Grandville, (Grévisse), Henri Guillemin, Guillevic, Paul Guth, François Héber-Suffrin, Jean Héber-Suffrin, Maurice Henry, (François de Herain), Jean Héraux, Dominique Hoizey, Robert Hossein, Houdon, Marie Howet, Lucien Hubert, Georges Jacquemin, Adrien Jans, Raymond Jubert, Hubert Juin, Anne-Marie Kegels, Frédéric Kiesel, Françoise Korganov, Maurice Kunel, Elisabeth de La Mauvinière, Henry de La Tour, Denise Laborde, Marcel Lallemand, Armand Lanoux, Georges Laurent, Jean L'Herbault, France Lambert, Armand Lanoux, Georges Laurent, Paul Leclers, Camille Lecrique, Suzette Lefèvre, Jean Leflon, Fernand Léger, Jeannine Lelièvre, Jules Leroux, Jean Levy, Jacques-Gérard Linze, J.K. Longuet, Gérard Macé, (André Malraux), Pierre Manil, Jean Marchal, Maugis, André Maurois, Jean Mazeraud, Mehul, P. Michel, (Albert Mockel), Arsène Muzerelle, (Agnès Nanquette), Général Nerot, Alphonse de Neuville, Etienne Noiret, Général Noiret, (Marcel Noppeney), Pierre Nothomb, Christine Orbey, Michel Pakenham, (Paul Palgen) (Georges Paulet), Jean Paulhan, Joséphin Péladan, Louis Pergaud, Patrick Perin, Régine Pernoud, Pierre Petitfils, Pierre-Luc Petitjean, André Pézard, Jean Piaubert, Gaston Picard, Michel Picard, Marie-Pierre Pinard, Maurice Piron, Charles Plisnier, Henri Pourrat, J.-M. Poussart, Michel Prince, Jean Renac, Paul Renaudin, Patrick Reumaux, Graham Reynolds, Pierre Richard, Arthur Rimbaud, René Robinet, Jeanne Roge, Jean Rogissart, Pierre Rogissart, Elyane Ronnet, Félicien Rops, Elisabeth Rouy, Noël Ruet, Christophe Ryelandt, Saint-Pol-Roux, Jacques Saunier, Michel-Paul Sécheret, Pierre Seghers, Jean Servais, Arsène Soreil, Michel Taillandier, Roger Taillardant, Stéphane Taute, André Theuriet, Marcel Thiry, Charles Thomas, Jacques Thomas, Eva Thomé, Gaston Titaux, Suzanne Tourte, Marc-Edo Tralbaut, Noël Tuot, Jacques Vadon, (Roger Vailland), Jean-Paul Vaillant, Philippe Vaillant, Edmond Vandercammen, Jacques Vaucherot, (Verlaine), Max Vilain, Y. Vineuil, René Violaines, Robert Vivier, Patrick Vloebergh, Jean-Claude Vuaroqueaux, Louise Weiss, Elie Willaime.
Reference : 5194
LA GRIVE, 1958-1972. 33 fascicules in-8, agrafés ou brochés.
Manquent les numéros 101-106, 108, 127, 130, 133-137, 139, 143, 146, 154. [5194]
Anne-Marie Albiach, Pierre Alechinsky, Antonin Artaud, Geneviève Asse, Paul Auster, Yves Bonnefoy, William Blake, Georges Braque, Pierre Chappuis, René Char, Eduardo Chillida, Jean Daive, René Daumal, André du Bouchet, Philippe Denis, Christian Dotremont, André du Bouchet, Claude Dupin, Odysseus Elytis, Claude Esteban, Claude Garache, Lorand Gaspar, Roger Giroux, Christian Gabriel Guez Ricord, Juan Gris, Martin Heidegger, George Henein, Emmanuel Hocquard, Vladimir Holan, Philippe Jaccottet, Roger Laporte, Henri Lefebvre, Michel Leiris, Ossip Mandelstam, Henri Michaux, Juan Miro, Eugenio Montale, Roger Munier, Bernard Noël, George Oppen, Boris Pasternak, Octavio Paz, Fernando Pessoa, Alejandré Pizarnik, Pascal Quignard, Charles Racine, Alain-Christophe Restrat, Pierre Reverdy, Claude Royet-Journoud, Jean-Luc Sarré, Joseph Sima, Pierre Soulages, Arpad Szenes, Pierre Tal Coat, Antoni Tàpies, Dylan Thomas, Pierre Torreilles, Jean Tortel, Viera da Silva, Raoul Ubac, Bram Van Velde, Rosemarie Waldrop, Robert Walser, François Zénone, Zao Wou-Ki, Louis Zukofsky.
Reference : 46437
Paris: Maeght éditeur. Directeur: Claude Esteban. 20 volumes 19x26cm, brochés sous couvertures illustrées par Raoul Ubac, illustrations en noir dans et hors texte. N°1 à 23/24, hiver 1973 - printemps-été 1981 : 24 numéros dont 4 doubles : 9/10, 13/14, 19/20 et 23/24). Importante revue de poésie lancée par Adrien Maeght après la disparition de L’Éphémère. Animée par Claude Esteban 9 ans durant, elle occupe une place majeure dans le paysage poétique de ces années-là, tant par le travail de traduction que par l’émergence d’une nouvelle génération de poètes.Contributions de Anne-Marie Albiach, Pierre Alechinsky, Antonin Artaud, Geneviève Asse, Paul Auster, Yves Bonnefoy, William Blake, Georges Braque, Pierre Chappuis, René Char, Eduardo Chillida, Jean Daive, René Daumal, André du Bouchet, Philippe Denis, Claude Dupin, Odysseus Elytis, Claude Esteban, Claude Garache, Lorand Gaspar, Juan Gris, Martin Heidegger, George Henein, Emmanuel Hocquard, Vladimir Holan, Philippe Jaccottet, Roger Laporte, Henri Lefebvre, Michel Leiris, Ossip Mandelstam, Henri Michaux, Juan Miro, Eugenio Montale, Roger Munier, Bernard Noël, Boris Pasternak, Octavio Paz, Fernando Pessoa, Pascal Quignard, Charles Racine, Alain-Christophe Restrat, Pierre Reverdy, Claude Royet-Journoud, Jean-Luc Sarré, Joseph Sima, Pierre Soulages, Arpad Szenes, Pierre Tal Coat, Antoni Tàpies, Dylan Thomas, Pierre Torreilles, Viera da Silva, Raoul Ubac, Rosemarie Waldrop, Robert Walser, Louis Zukofsky, etc. - Ensemble en très bon état.
Tous nos livres sont visibles sur notre site : https://www.livrepoesie.com/
Paris, l'Auteur, Imprimerie Félix Malteste et Cie, 1856-1858. 21 pièces et 1 feuillet de table manuscrit reliés en 1 vol. in-12, demi-chagrin noir, dos à nerfs (reliure de l'époque).
Exceptionnelle réunion de 21 brochures sur la communauté icarienne fondée par Etienne Cabet (1788-1856) « l'un des mouvements communisants les plus marquants du XIXe siècle [qui] conduisit plusieurs centaines de socialistes à La Nouvelle-Orléans en 1848-1849 : [Cabet] y racheta l'ancienne colonie mormone de Nauvoo (dans l'Illinois) qui, sous sa direction, devait compter jusqu'à mille huit cents personnes avant d'éclater en 1856 sous l'effet de graves dissensions internes » (BnF, Utopie, 2000, p. 226).Jean-Pierre Béluze ou Beluze (1821-1908), gendre posthume de Cabet et son successeur, anima le mouvement de coopération sous le Second Empire. « Pendant douze années, Béluze assura ainsi la direction du " Bureau icarien de Paris ", chargé de propager la doctrine et de venir en aide aux colonies de Nauvoo et de Cheltenham, en même temps que de trouver de nouveaux adhérents et de les mettre en route pour Icarie. Cette activité le conduisit à de nombreux voyages en province. En février 1856, par exemple, il était signalé dans la région de Poligny, dans celle de Montbéliard, à Dôle, à Arbois. Il était dénoncé à de nombreux parquets, fut plusieurs fois poursuivi, et deux fois emprisonné (ainsi lors d’une condamnation à quinze jours de prison prononcée pour distribution d’écrits et colportage, le 12 avril 1856, par le tribunal correctionnel de Besançon). De janvier 1852 à décembre 1855, il put collecter 150 000 F environ, sur lesquels 115 000 furent envoyés à Nauvoo. Les frais de bureau ne s’étaient pas, durant le même temps, élevés à 20 000 F, sur lesquels il avait payé une pension alimentaire annuelle de 3 000 F à la femme et à la fille de Cabet, Céline, femme de Firmin Favard* et sa future femme, et assuré le fonctionnement du bureau : cela faisait à peine 1 750 F par an pour la rétribution du gérant, le loyer et les fournitures de bureau. Après la scission dans la colonie, et après la mort de Cabet, survenue le 8 novembre 1856, Béluze continua à recevoir son traitement, porté à 3 000 F, à charge pour lui de subvenir à toutes les dépenses de fonctionnement. La veuve de Cabet et sa fille Céline, elle-même devenue veuve, étaient, avec Béluze, les seuls employés du bureau et les mandataires de la colonie de Saint-Louis. Béluze s’efforça d’entraver le déclin de l’école icarienne. Il maintint un minimum de liaison avec les groupes de province, notamment avec celui de Lyon. Toutefois, en présence des difficultés et des déboires, devant le zèle fléchissant des disciples d’Icarie, il commença à éprouver des doutes sur la portée et la valeur de l’expérience communiste tentée par Cabet. Sa pensée évolua et s’éloigna peu à peu des idées qu’il avait professées jusque-là. Le 6 janvier 1863, alors que depuis deux ans il avait dû, pour alléger les charges du " Bureau icarien ", ouvrir un cabinet d’affaires à son nom et épouser Céline Favard (le 20 mars 1862), pour sauver la fille et la femme de Cabet d’une misère prochaine, il donna sa démission de gérant du bureau » (Maitron). Cachet répété "Timbre impérial" ; quelques pâles mouillures et salissures. Contient : 1. [CABET (Étienne)]. Opinions et sentiments publiquement exprimés concernant le fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, mars 1856. 36 pp., premier plat couverture conservé. Prudhommeaux, B.592. [CABET (Étienne)]. Le fondateur d'Icarie aux Icariens. Paris, l'auteur, avril 1856. 11 pp., premier plat de couverture conservé. Prudhommeaux, B.613. [CABET (Étienne)]. Guerre de l'opposition contre le citoyen Cabet, fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, août 1856. 72 pp. Prudhommeaux, B.684. [Beluze (Jean-Pierre)]. Lettre sur la colonie icarienne, par un Icarien. Paris, l'auteur, 1856. 46 pp. Prudhommeaux, B.695. [CABET (Étienne)]. Manifestes de l'opposition et réponse du citoyen Cabet. Paris, l'auteur, 1856. 24 pp. premier plat couverture conservée. Prudhommeaux, B.716. [CABET (Étienne)]. Départ de Nauvoo du fondateur d'Icarie avec les vrais Icariens. Paris, l'auteur, 1856. 23 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, B.727. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Mort du fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, 1856. 12 pp., premier plat de couverture conservé. Prudhommeaux, C.028. [BELUZE (Jean-Pierre)].La Colonie icarienne à Saint-Louis. Paris, l'auteur, 1857. 24 pp. premier plat de couverture conservé. Prudhommeaux, C.039. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Célébration du premier anniversaire de la naissance du fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, mars 1857. 23 pp., couverture conservée. Prudhommeaux, C.0410. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Célébration à Saint-Louis du neuvième anniversaire de la fondation d'Icarie. Paris, l'auteur, avril 1857. 24 pp. Prudhommeaux, C.0611. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Compte-rendu de la Gérance de la Communauté icarienne, à Saint-Louis, sur la situation morale et matérielle de la Communauté pendant les mois de novembre et décembre 1856 et les mois de janvier et février 1857. Paris, l'auteur, mai 1857. 24 pp. Prudhommeaux, C.0812. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Organisation du travail dans la communauté icarienne. Paris, l'auteur, 1857. 23 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, C.0713. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Emprunt icarien de un million de francs. Paris, l'auteur, juillet 1857. 21 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, C.1014. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Contrat social ou Acte de société de la communauté icarienne. Lois sur l'admission. Paris, l'auteur, août 1857. 46 pp. Prudhommeaux, C.1115. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Notre Situation à Saint-Louis. Paris, l'auteur, octobre 1857. 23 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, C.1216. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Lettre à Maximilien. Paris, l'auteur, 1858. 45 pp. Prudhommeaux, C.14 17. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Deuxième lettre à Maximilien. Paris, l'auteur, mars 1858. Paginé 52-70. Prudhommeaux, C.14 18. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Compte-rendu de la situation morale et matérielle de la communauté, du mois d'août 1857 au mois de février 1858. 26 pp. Prudhommeaux, C.1319.[BELUZE (Jean-Pierre)]. Cheltenham. Paris, l'auteur, 1858. 22 pp. Prudhommeaux, C.1520. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Inauguration du cours icarien. Paris, l'auteur, 1858. Prudhommeaux, C.1621. Blanc (Louis). Le Socialisme. Droit au travail. Troisième édition Paris, Au bureau du "Nouveau-Monde", 1849. 72 pp.
Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque. Utrecht, Antoine Schouten, 1713. - Projet pour rendre la paix perpétuelle entre les souverains chrétiens, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour affermir beaucoup davantage les maisons souveraines sur le trône, proposé autrefois par Henry le grand. Utrecht, Schouten, 1717. 3 volumes in-12, I/ (1) portrait de l’auteur, (3) ff.., xxiv pp., 400, (10); II/ (1) gravure à pleine page, (1) f. de titre, 423 pp., (9) pp.; III/ xxxiv pp., (10) pp., 455 pp., (4) pp., 4 gravures hors-texte à pleine page dont une dépliante. Veau brun, filet à froid autour des plats, dos à nerfs richement ornés, coupes décorées, tranches marbrées. Reliure de l'époque. 165 x 93 mm.
Rare édition originale de ce qui va devenir le plus célèbre ouvrage de l’abbé de Saint-Pierre, le Projet de paix perpétuelle. L'abbé de Saint-Pierre (1658-1743) a rédigé non moins de quatre ébauches de ce texte, imprimées à petit tirage, avant de publier cet état définitif, qu'il fit donc imprimer sans nom d'auteur et sous une fausse adresse. Se situant dans le cours d'une vieille tradition pacifiste, le Projet donne des moyens géométriques d'obtenir une paix définitive. Le principal d'entre eux, anticipant les tentatives du XXe siècle en la matière, consistait en la réunion d'un congrès européen permanent, siégeant à Utrecht et composé des représentants de chaque pays. Chargé de résoudre les conflits entre membres par l'arbitrage et la médiation, il ne devait recourir à la force qu'en cas de refus d'une sentence. La présente édition édition, Utrecht, Schouten, 1713, fut complétée en 1717 d'un 3e tome. Charles Irénée Castel, Abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est issu d'une famille de noblesse normande. Ayant reçu les ordres mineurs (1680), l'abbé de Saint-Pierre, ami de Fontenelle, est mêlé assez tôt à la vie intellectuelle parisienne. Il sera un des fondateurs du club de l’entresol, société de libre réflexion politique. Jusqu'à la fin de sa vie, il multiplie les projets de réforme sur les impôts, le système bancaire, les routes, les armées, l'assistance aux pauvres, la pédagogie, l'orthographe. « Le « Projet de paix perpétuelle, » conçu vers 1708, a eu d'abord trois ébauches imprimées successives, à petit tirage, dont une, éditée peut-être sans son aveu, est datée de Cologne, 1712, sous le titre de « Mémoires pour rendre la paix perpétuelle en Europe ». La version la plus développée paraît en 1713 (deux tomes), complétée par un volume d'éclaircissement (1717), suivi par un « Abrégé» (1729) et une dernière édition (1747). Le « Projet » expose, dans une logique toute cartésienne, les moyens de mettre fin à la guerre. Se situant dans une tradition pacifiste qui remonte à l'Antiquité, il est aussi le sursaut d'une conscience révoltée par la politique belliciste de Louis xiv. Il préconise une diète européenne, siégeant à Utrecht, composée par les représentants de chaque pays. La situation territoriale des nations participantes étant garantie, la Diète règle par la médiation et l'arbitrage des différends entre les États. L'intervention armée est seulement prévue contre tout membre de l'alliance qui ne se conformerait pas à la décision arbitrale. La modernité et la générosité de ce projet, qui avait aussi pour les États l'avantage de « procurer une diminution très considérable de leur dépense militaire », ne font aucun doute. Mais l'auteur reste attaché à une idéologie d'Ancien Régime : en témoignent son souci d'assurer aux princes dans leurs États, grâce à leur alliance, « un prompt et suffisant secours (...) contre les séditieux et les rebelles », ainsi que ses variations, d'une version à l'autre, sur les rapports à établir entre la confédération des nations chrétiennes et l'Empire Ottoman, l'une d'elles (en 1717) impliquant l'organisation d'une croisade contre les Turcs. Malgré ses limites, ce rêve pacifique stimule Jean-Jacques Rousseau qui publie en 1761 un « Extrait du projet de paix perpétuelle », assurant à l'abbé une renommée européenne. Kant a été un de ses émules, comme tous ceux qui ont voulu préparer la « Société des Nations ». Roland Desné. Ce célèbre livre constitue l’une des toutes premières tentatives d'organisation systématique de la société internationale. Ému par les souffrances engendrées par la guerre de Succession d’Espagne, l'abbé de Saint-Pierre proposait aux États de renoncer à la force et de régler leurs litiges devant une - société européenne - disposant d'une Assemblée générale et de bureaux spécialisés (pour les problèmes juridiques, le commerce…). Avec un grand luxe de détails, et beaucoup d'optimisme, l’Abbé explique pourquoi les États ont plus d'intérêt à adopter son projet qu'à le rejeter, avec des arguments que reprendront par la suite les théoriciens libéraux, notamment la paix qui favorise le commerce et les discussions sur le fonctionnement d'un système à deux ou trois acteurs. Au-delà de son aspect utopiste qu'avait déjà dénoncé Rousseau (qui, en matière d'utopie, s'y entendait mieux que personne), l'abbé de Saint-Pierre a eu une vision qui anticipe sur plusieurs points les organisations internationales du XXème siècle et fait de multiples réflexions sur la société internationale qui en font un des grands fondateurs de la théorie des relations internationales. (Hervé Coutau-Bégarie. Paris, 1987). «Cette œuvre capitale, publiée à très petit nombre d’exemplaires, est à peu près introuvable, même en édition courante. Elle constitue, avec deux siècles d'avance sur l'Histoire, le premier essai d'organisation de la sécurité collective. Les idées développées par l'Auteur, reprises d'un projet dû à Henri IV et retrouvé dans les Mémoires de Sully, furent jugées à l'époque utopiques et subversive. Elles paraissent maintenant, sur beaucoup de points, prophétiques. Elles valurent à l’auteur d’être chassé de l’Académie française et de gagner l’immortalité en la perdant. Les calamités qui accompagnèrent et suivirent les guerres de religion au XVIè siècle avaient provoqué dans les esprits une aspiration générale vers une paix définitive, aspiration qui se concrétisa dans ce qui fut par la suite appelé le "Grand Projet" de Henri IV, rapporté par Sully dans les Oeconomies Royales, publiées en 1638: un plan pour l'établissement d'une Confédération destinée à maintenir la paix au sein du monde chrétien. En 1623paraissait un livre intitulé "Le Nouveau Cynée", attribué à un écrivain dont on sait peu de choses, Emeric de La Croix, qui présentait également un plan destiné à assurer une paix perpétuelle entre les nations chrétiennes, lié à un projet de liberté totale de commerce entre les nations. Assez vagues dans leurs conceptions, ces projets n'eurent aucun retentissement à l'époque où ils furent publiés. Par contre, celui que publia Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre eut dès sa parution une grande audience, qui se prolongea pendant le XVIIIe le XIXe et le début du XXe siècle. L'abbé de Saint-Pierre, qui avait accompagné l'abbé de Polignac au Congrès d'Utrecht en 1712, avait été témoin des difficultés qu'éprouvait la conclusion de la paix. Il forma aussitôt le projet de la rendre perpétuelle, et dressa sur le champ les articles du traité qui devait amener ce résultat important. Ce projet fut publié en trois volumes, dont les deux premiers parurent en 1713, et le troisième en 1717. Le bon abbé y démontrait que les traités de paix et d'alliance ne présentaient aucune garantie de durée, et que la paix qu'ils établissaient n'était en réalité qu'une trêve. Le seul moyen de rendre la paix permanente était de la garantir à l'aide d'institutions analogues à celles qui préservent au sein de chaque État la vie et la propriété des citoyens. II proposait donc un plan en cinq articles, qui commentait et expliquait longuement, en indiquant les moyens pratiques de les réaliser: 1°) une alliance générale et perpétuelle entre tous les souverains, sur la base des derniers traités signés. 2°) une contribution de chaque allié à la sûreté et aux dépenses de cette grande alliance. 3°) Le renoncement à jamais pour tous à la voie des armes pour le règlement des différends, et l'engagement d'avoir toujours recours à la conciliation par la médiation des grands alliés, dans le lieu de l'Assemblée Générale. L'intervention immédiate de la totalité des Grands Alliés contre tout souverain qui refuserait d'exécuter les jugements et les règlements des Grands Alliés. 5°) Le règlement à la majorité des voix, de toutes les décisions nécessaires- et importantes pour procurer à la Grande Alliance plus de sécurité et de solidité. Ce projet exposait en fait les bases morales et politiques des institutions qui, après les deux guerres mondiales, tentèrent la pacification du monde: la Société des Nations, et l'Organisation des Nations Unies, qui, toutes deux, se sont réclamées des idées de l’abbé de Saint-Pierre. Le projet de l'abbé peut donc à juste droit être considéré comme 1'utopie la plus importante qu'ait produit l'ancien régime. L’ouvrage parut en deux temps: deux volumes en 1713, c'est à dire à la fin du règne de Louis XIV, dont l'abbé de Saint-Pierre avait vivement critiqué la politique. Le tome troisième, paru en 1717, au début de la régence de Philippe d'Orléans, à l'époque où ce dernier s'efforçait de faire oublier, par de sages mesures, les misères du règne précédent, est dédicacé au Régent. Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre, connu sous le nom d'abbé de Saint-Pierre, né le 18février 1658au château de Saint-Pierre et mort le 29avril 1743à Paris, écrivain et académicien français, est un représentant du courant des Lumières politiques favorable à des réformes impulsées par l'autorité monarchique. Il est surtout connu pour avoir pensé un monde sans guerre. Il fréquente le cercle de madame de La Fayette et celui de la marquise de Lambert, antichambre de l'Académie française et lieu de ralliement des Modernes, visite Nicole, qu'il tient en haute estime, et Malebranche. Grâce à Fontenelle, chef de file des Modernes, et à Madame de Lambert, il est élu en 1695au 8e fauteuil, en remplacement de Bergeret, et n'ayant alors encore presque rien écrit. Dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Fontenelle plaçait ainsi l'un de ses partisans. Il continua d'être reçu dans les salons littéraires, chez mesdames de Tencin, Dupin, d'Avaray, de Coigny, de Matignon, Geoffrin, d'Aiguillon. Introduit par son disciple et ami, le marquis d'Argenson, il participe aux travaux du club de l'Entresol de l'abbé Alary fondé en 1724et publie des mémoires sur des sujets variés pour tenter de persuader le pouvoir monarchique d'impulser des réformes en faveur du plus grand nombre. Après la cessation en 1731des activités de l'Entresol, à la demande du ministre Fleury, Saint-Pierre rassemble et révise la plupart de ses écrits pour les publier en Hollande dans la série des Ouvrages de politique et de morale édité en seize volumes à Rotterdam chez Jan Daniel Beman entre 1733et 1741. À la fin de sa vie il se lie avec Madame Dupin, dont il est le mentor, tout en continuant à promouvoir la paix, y compris auprès de Frédéric II de Prusse auprès de qui il se rend en 1740. Il meurt à Paris le 29avril 1743. Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.
Bruxelles : 1781. RECUEIL COMPRENANT DE NOMBREUX INÉDITS DE DUCLOS
In-12° (170 x 107 mm), viii pp, 430 pp., 32 pp., veau moucheté, dos à cinq nerfs orné, tranches rouges (reliure de l'époque). Édition originale du premier volume des Pièces intéressantes, compilé par Pierre-Antoine de La Place, qui comprend de nombreux inédits de Duclos. On y trouve notamment une correspondance entre Jean-Baptiste Rousseau et le comte de Bonneval sur les démêlés qui forcèrent ce-dernier à se réfugier en Turquie, une relation de la conversion de la comédienne Mlle Gautier, une correspondance entre le cardinal Fleury et le cardinal de Tencin... Le second volume des Pièces intéressantes paraît en 1784; la série en compte 8, publiés jusqu'en 1790. La deuxième édition est donnée à Maestricht à partir de 1785. Relié avec Addition nécessaire au recueil intitulé : Pièces intéressantes et peu connues, pour servir à l'histoire (32 pp. in fine) réfutant l'anecdote selon laquelle Louis XIV aurait fait exécuter le légitime propriétaire de la terre de Courson, Balthazar de Fargues, ancien Frondeur. Jean-François de La Harpe, dans son Cours de littérature, n'est pas tendre avec La Place: « Il peut être utile de faire voir comment cet homme, sans talent, sans esprit, sans connaissances, sans savoir même écrire en français, parvint cependant à une sorte de fortune dans les lettres; j'entends fortune d'argent, c'est la seule qu'il put faire. » (p. 335) Selon La Harpe, La Place s'était déjà aventuré, avec un succès relatif, dans plusieurs entreprises littéraires (traduction de Shakespeare, composition d'épitaphes pour des amis encore vivants...) lorsqu'il entra en possession d'un recueil manuscrit d'inédits de Charles Pinot Duclos intitulé Mémorial. Il en fit paraître une grande partie dans le présent volume puis, encouragé par le succès de l'ouvrage, réunit les quelques pièces restantes dans un second tome qu'il gonfla d'anecdotes copiées de-ci de-là ainsi que de ses propres essais poétiques et historiettes. Soucieux d'exploiter jusqu'au bout le filon des Pièces intéressantes, La Place donna encore six volumes de ces mélanges. (Cours de Littérature, t. XIV, pp. 343-45). Quérard (IV, 545) évalue ainsi la situation: « Les pièces qui composent le premier volume sont extraites des manuscrits de Duclos, et il y en a de curieuses. Les autres volumes ne sont guère qu'un ramas d'anecdotes suspectes et indignes de voir le jour. » Mention manuscrite à la première garde blanche « vol. rare que j'ai payé 6? en 1781. » Coiffes arasées, mors fendus en têtes, coins frottés.
RACINE (Jean) ; CORNEILLE (Pierre) ; VOLTAIRE [Arouet (François-Marie)] ; ETC.
Reference : 956
S. l. : s. d. (vers 1800). UN ÉLÉGANT RECUEIL MANUSCRIT DE MORCEAUX DRAMATIQUES DES XVIIE ET XVIIIE SIÈCLES, DE LA BIBLIOTHÈQUE DE CAMBACÉRÈS
In-8° (185 x 116 mm), [2] ff. - 254 pp. (dont 1 p. bl.) manuscrites à l'encre brune, papier au filigrane au cornet (Gaudriault, pl. 54 n° 409, 1777) maroquin rouge à grain long, dos lisse orné, encadrements de filets et roulettes sur les plats, roulette sur les coupes, double-roulette intérieure, garde de soie bleu ciel moirée avec encadrement d'une roulette, charnières de maroquin rouge, tranches dorées, étui de maroquin vieux rouge à grain long, encadrement de roulettes et filets sur les plats avec chiffre au centre, ruban de soie verte (reliure de l'époque signée COURTEVAL). Élégant recueil manuscrit d'extraits d'oeuvres dramatiques, vraisemblable exemplaire de présent au deuxième consul. L'ouvrage est illustré de 5 dessins originaux d'une grande finesse d'exécution : 6 vignettes placées en culs-de-lampe, et un premier dessin qui représenterait la dédicatrice à l'oeuvre, découpé et rapporté dans un insert pour être placé en frontispice. Sont cités principalement Voltaire (Zaïre, Adélaïde du Guesclin, Alzire, Marimane, Brutus, Oreste, Olympie, Mérope, Mahomet le prophète, Sophonisbe, Sémiramis, Catilina, L'orphelin de la Chine, Tancrède, Le Triumvirat, La mort de César), Jean Racine (Bérénice, Phèdre, Andromaque, Esther, Athalie, Mithridate, Bajazet, Britannicus, Iphigénie) et Pierre Corneille (Cinna, Sertoris, Horace, Le Cid, La mort de Pompée, Rodogune, Héraclius, Médée, Polyeucte). Pour ces deux derniers auteurs, la copiste a rédigé une courte biographie. On ajoutera Thomas Corneille (Ariane), Jean-Jacques Lefranc de Pompignan (Didon), Edme-Louis Billardon de Sauvigny (La mort de Socrate), Claude Guimond de la Touche (Iphigénie en Tauride), Jean de Rotrou (Vencenlas), Crébillon père (Athée et Thyreste, Rhadamiste et Zénobie, Électre), Jean-Baptiste Vivien de Chateaubrun (Les Troyennes), Jean-François Ducis (Abufar [pièce la plus tardive du recueil, créée en 1795], et un Othello librement adapté de Shakespeare), Antoine Vincent Arnault (Oscar), Jean-Baptiste-Louis Gresset (Edouard III) et enfin Jean-François de la Harpe (Warwick, Mélanie), qui apparaît également en traducteur de Sophocle (Électre) et d'Euripide (Hécube). Luxueusement relié par Courteval, relieur parisien actif de 1798 à 1835, souvent désigné comme l'inventeur de la gaufrure. Lesné, qui comme les auteurs cités dans le manuscrit goûtait l'alexandrin, dressait ainsi son portrait : « Courteval épura le goût de la reliure / Ses ouvrages seront recherchés de tous temps, / Des fameux amateurs, des riches et des grands ; / Long-temps ils en feront leurs plus chères délices ; / Mais des grands ouvriers admirez les caprices : / Courteval de son art se montre si jaloux, / Qu'au dire des relieurs c'est le plus grand des fous. / Il travaille tout seul, et de peur de malfaire, / Prend très peu d'ouvriers, et jamais d'ouvrière [...] » (pp. 27-28). Lesné, Mathurin-Marie. La Reliure, poëme didactique en six chants. Paris : Lesné/Nepveu, 1820. Provenance : Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824), chiffre " JC " sur les plats de l'étui. Cambacérès fit son entrée en politique à la Révolution comme président du tribunal criminel de Montpellier. Élu député de l'Hérault à la Convention Nationale de 1792, il participa au procès de Louis XVI. S'opposant dans un premier temps à l'exécution du roi, il se rapprocha des Montagnards et réclama finalement la mort sans délai. Ce revirement de position lui assura un rôle d'importance au sein de la Convention. Il occupa ensuite les postes de président du Conseil des Cinq-Cents (1796) puis de Ministre de la Justice (1799). Au lendemain du coup d'état du 18 brumaire, Cambacérès, " caution révolutionnaire " du nouveau régime, siégea comme Deuxième consul aux côtés de Napoléon Bonaparte et de Charles-François Lebrun avant d'être nommé archichancelier de l'Empire. Mené à présider conseils et séances du Sénat en l'absence de Napoléon, assurant l'intérim lors des guerres de la Quatrième Coalition, il disputa au Prince Joseph Bonaparte la place de 2e personnage de l'Empire ; Joseph Pinaud le décrira ainsi comme " plus qu'un numéro deux, moins qu'un numéro un " (Cambacérès, 2018). Les ouvrages de la bibliothèque de Cambacérès, reliés pour la plupart en maroquin rouge ou vert, portent tous son chiffre ou ses armes. Frottements à l'étui, petite tache brune marginale à quelques feuillets.
Paris : Cercle lyonnais du livre, 1925. LE RÉCONFORT CHALEUREUX D'UNE MAISON DE CAMPAGNE, EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE PERSONNELLE DE RENÉ KIEFFER
In-4° (280 x 200 mm), [2] ff. bl. - [1] f. - [1] pl. - [1] f. - 169 pp. - [3] ff. - [2] ff. bl., maroquin prune, dos à 5 faux-nerfs, décor doré à la plaque mosaïqué de maroquins de diverses couleurs, encadrement intérieur d'un triple filet et de 2 fleurons en écoinçons, contregardes et gardes de papier marbré, couvertures et dos conservés, tête dorée, étui bordé (reliure signée RENÉ KIEFFER au contreplat supérieur et avec son étiquette estampée sur la première garde blanche). Un des 121 exemplaires nominatifs (n° 61) imprimé pour « M. René Kieffer » en tant que membre du Cercle lyonnais du livre. L'ouvrage fut tiré à 154 exemplaires numérotés dont 20 mis dans le commerce et 13 pour les collaborateurs. Il fut aussi tiré 30 suites de tous les bois sur Chine. Seule édition illustrée de l'ouvrage, elle comporte 53 illustrations gravées sur bois dont un frontispice, 16 bandeaux, 16 en-tête et 20 culs-de-lampe. Il est vêtu d'une reliure de maroquin prune avec sur les plats, un décor mosaïqué, illustratif, représentant une maison de campagne apparaissant derrière un conifère. Pierre Gusman est tout autant historien de l'art que graveur et photographe. Après un Grand Tour en Italie, il expose ses illustrations sur Pompéi à l'École des Beaux-Arts en 1897 puis est couronné en 1900 par le prix Charles Blanc de l'Académie Française pour son ouvrage sur Pompéi. Alors qu'il aurait pu continuer sur la voie de l'archéologie, il décide de s'engager pour le sort des graveurs en créant la Société de la gravure sur bois originale en 1911. Il collabore à de nombreuses revues et illustre des ouvrages de la littérature française. Spécialiste de la gravure, il organise des expositions internationales sur cette technique, dirige plusieurs revues sur le sujet et publie personnellement des ouvrages scientifiques tel que La gravure sur bois et d'épargne sur métal du XIVe au XXe siècle. Auteur issu de la campagne roannaise, Louis Mercier est le rédacteur en chef du Journal de Roanne à partir de 1922. Pétainiste pendant le régime de Vichy, il est aussi connu du cercle des écrivains pour ses poèmes, inspirés de la vie rustique et de la nature. Surnommé le « poète officiel de l'Eglise », sa poésie est influencée par le symbolisme, le parnasse et le romantisme. Le Poème de la maison, son 3ème recueil de poésies, rend compte de la douceur intime que renferme pièces et meubles de la maison de campagne. Monod 8037. Dos insolé et décharge des illustrations.
Paris : René Kieffer éditeur, 1926. HERI DE RÉGNIER CHEZ RENÉ KIEFFHER, EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE PERSONNELLE DE RENÉ KIEFFER
In-8° (240 x 190 mm), 122 pp. - [2] ff. - [3] ff. bl. - [48] pl., broché, couverture illustrée rempliée, non-coupé. Exemplaire sur papier impérial du Japon, non numéroté, agrémenté d'une suite en bleu de toutes les gravures, à l'instar des 20 exemplaires de tête. L'aquarelle originale réservée à ceux-ci est en revanche absente. Suivent 500 exemplaires sur vélin pour un tirage total de 520 exemplaires numérotés. L'ouvrage est illustré par Pierre Paschal de 48 compositions au trait coloriées au pochoir. Clément Janin, dans Les nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, du 19 mai 1928 (n° 292), loue la beauté de la couverture illustrée « sigillée d'un grand trèfle noir et or d'un puissant effet » (p. 4). Ce recueil de 3 contes, curieusement peuplé de personnages dont le nom commence par la syllabe « Her », parut pour la première fois au Mercure de France en 1895. « Par le biais de l'imaginaire symboliste, Régnier aborde la question de l'aristocratie qui lui deviendra un véritable mythe personnel et qui le travaillera tout au long de son oeuvre narrative. Elle impose une morale, une règle de vie, une distance par rapport au monde contemporain. » (Patrick Besnier. Henri de Régnier : De Mallarmé à l'Art Déco. 2015). Monod 9580 ; Sanjuan 80. Quelques traces au dos.
Paris : Bastien, 1783. RARES EXEMPLAIRE EN GRAND PAPIER DE CET IMPORTANT TRAITÉ QUI FIT SCANDALE
In-4° (261x205 mm), xxxviii - 768 pp. et [2] ff. de pl., veau blond glacé, dos à 5 nerfs orné, encadrement d'un triple filet sur les plats avec fleurettes en écoinçons, double filet sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque). Rare exemplaire réimposé in-4° de cet important traité illustré d'un portrait de l'auteur par Pruneau en frontispice et d'un curieuse gravure non signée représentant la sagesse dont on trouvera, heureusement, l'explication en regard. Le libraire dans son avis nous dit qu'il « offre au lecteur les moyens de parvenir à la connoissance de son être et de se définir lui-même. Il y trouvera la philosophie naturelle développée dans toute sa perfection, et il apprendra alors quelle conduite il doit tenir vis-à-vis de ses semblables ». Il défend notamment la tolérance religieuse, séparant ainsi la religion de la morale et ouvrant l'espace à une pensée laïque. Le texte de la présente édition est conforme à celui de l'originale de 1601, l'ouvrage fit scandale dans le monde religieux car dénoncé comme « athée superstitieux ». L'auteur dut retoucher son texte en vue de prévenir les censures de la Sorbonne, il parut donc plus ou moins expurgé dans les nombreuses éditions suivantes, principalement celles de Paris. « Nous sommes circoncis, baptisés, juifs, mahométans, chrestiens avant que nous sachions que nous sommes hommes. » C'est encore un des meilleurs traités de morale connu au XIXe siècle ; mais on y trouve quelques propositions hasardées qui en firent longtemps défendre l'impression et le firent mettre à l'Index. Pierre Charron (Paris, 1541-1603), théologien, philosophe, orateur et moraliste, fils d'un libraire qui eut 25 enfants, suivit des études de philosophie et de droit, exerça d'abord la profession d'avocat, puis reçut les ordres, et se fit bientôt un nom par ses prédications. Marguerite de France en fit son prédicateur. Plusieurs évêques l'attirèrent auprès d'eux. Il rencontra Montaigne à Bordeaux, avec qui il se lia d'une grande amitié et qui eut une grande influence sur son oeuvre. Il adopta bientôt sa philosophie. Montaigne le désigna comme héritier du blason de sa maison. Charron reconnut plus tard ce témoignage d'affection et d'estime en instituant le beau-frère de Montaigne son légataire universel. En 1595, il fut envoyé à Paris comme député à l'assemblée du clergé et devint secrétaire de cette assemblée. Quérard - II, 142. Coiffe de tête arasée, manque à la coiffe de queue, mors supérieur fendu en tête jusqu'à la première ficelle, gardes roussies, quelques feuillets très légèrement et uniformément brunis notamment en début et fin d'ouvrage, rares rousseurs.
Paris : Curmer, 1838. « LA GRAVURE SUR BOIS N'AVAIT PAS OSÉ CE QU'ELLE A FAIT POUR CE LIVRE »
In-4° (269 x 182 mm) [10] ff. - lvi - 458 pp. - [1] f. chagrin brun, dos lisse orné à la plaque, encadrement sur les plats avec décor à la plaque à froid et à l'or, initiale « P » au centre du plat supérieur, filets sur les coupes, filets intérieurs, tranches dorées, gardes de papier moirée (reliure de l'époque signée « SIMIER R. DU ROI » au dos). Célèbre édition de Paul et Virginie, à l'initiative de l'imprimeur Curmer, considérée comme un chef d'oeuvre de l'illustration du XIXe siècle. Elle est conservée dans une reliure romantique à décor de fers rocaille commandée par Curmer dernier à Simier. L'ouvrage parut en 30 livraisons entre mars 1836 et décembre 1837. L'illustration, réalisée d'après Tony Johannot, Louis Français, Ernest Meissonier, Paul Huet, Louis Steinheil, Eugène Isabey, ou encore Marville, se compose de près de 450 vignettes sur bois in-texte, de 9 gravures sur bois hors-texte, de 7 portraits gravés sur acier et d'une carte mise en couleurs. Les hors-textes sont tirés sur chine appliqué, avec la légende imprimée sur la serpente. Tony Johannot, qui signe les portraits des personnages, est donné comme illustrateur principal ; mais l'on admire également aujourd'hui les quelque 130 paysages et vues dessinés par Meissonier. Curmer apporta un grand soin à l'édition et investit dans Paul et Virginie près de 230 000 francs, dont 29 000 francs de dessin, 32 000 francs de gravure, et 11 000 francs de gravure en taille-douce (Beraldi, p. 271). Une note manuscrite, découverte dans son exemplaire personnel, exprime toute l'importance qu'il accordait à l'ouvrage : « « Grâce à toi mon cher livre, j'ai étudié la typographie et j'ai été assez heureux pour lui faire faire quelques progrès, quand on pouvait la croire aux dernières limites de la perfection ; j'ai conduit la fabrication du papier dans une voie nouvelle ; j'ai fait une révolution dans la manipulation de l'encre typographique ; la gravure sur bois n'avait pas osé ce qu'elle a fait pour ce livre. Mais aussi quels dessins ! Ou plutôt quels chefs-d'oeuvre ? C'est avec cet ouvrage que Français et Meissonier ont fondé leur juste réputation [...] Maintenant, suis ta destinée ! quand je quitterai cette terre, où tu auras encore une longue carrière à parcourir avant que nous nous retrouvions confondus dans une même poussière, que Dieu t'accompagne comme mes souhaits [...] » (Vicaire VII). » Particularités de l'exemplaire : hors-texte sur chine contrecollé avec serpentes légendées sauf comme il se doit pour le portrait à la sphère et le frontispice, titre à l'adresse de la rue de Richelieu, 9 lignes à la dernière page de la préface, cahier correctement chiffré 25 à la page 193, correction de la phrase à la fin de la table des dessinateurs et graveurs, on lit : « Tous les dessins des grandes lettres de la Flore sont de M. François » en lieu et place de « Tous les dessins des grandes lettres sont de M. François », premier cahier de la notice sur B. de Saint-Pierre signé b et IX à XVI ;- feuille 25 (pp. 192-200) en premier tirage, mention corrigée à la table, cul de lampe à la branche à la table des grandes vignettes, portraits de Madame de La Tour et du Docteur d'après Johannot, absence de la « bonne dame », p. 316, 318 et 320 blanche et non numérotée, p. 317 non chiffrée porte le titre de La Chaumière indienne orné de deux médaillons gravés sur bois représentant Meissonier et Paul Huet (noms gravés dans l'ovale à gauche des portraits), p. 319 portant le faux-titre LA Chaumière indienne, portrait de la brahmine sans l'étoile. L'exemplaire ne présente aucune rousseur. Aucun cahier décalé. Dos et pourtour des plats légèrement insolé, restaurations anciennes aux coupes aux coins.
Paris : Plon, 1953. SCÈNES DE LA VIE PARISIENNE
In-12° (189 x 125 mm), 264 pp., broché, couverture illustrée. Envoi autographe signé : « A Mademoiselle Magny. dont l'estime me touche vivement. en marque de sympathie ». À travers le personnage de Sonia, apparu pour la première fois dans le roman L'Éternel Second puis dans les chroniques de Pierre Daninos au Figaro et au Figaro littéraire, l'auteur dresse un inventaire des scènes de la vie parisienne : « Le bureau du patron et le mien », « Comment échapper aux jeux de société », « Les grands raseurs internationaux », « L'enfer du zodiaque », etc. L'ouvrage fut récompensé par le prix Courteline. Mention de 62è mille sur la couverture. Plis et 2 petites déchirures marginales à la couverture.
Paris : Paul Daffis, 1867. « ELLES ONT CESSÉ D'ÊTRE LES MARTYRES DE LA MONDE, ET ONT PU REDEVENIR, À LEUR VOLONTÉ, FRAÎCHES ET JOLIES IMPUNÉMENT. »
In-12° (180 x 120 mm), [2] ff., iv pp., 324 pp., demi-basane maroquinée violine, dos à 4 faux-nerfs orné, plats de couverture conservés sans le dos (reliure de l'époque). Édition originale de ce manuel de beauté composé par le dermatologue et syphilographe Pierre Louis Alphée Cazenave (1802-1877). Une traduction anglaise de l'ouvrage paraît à New York en 1874 chez Carleton & Co sous le titre Female Beauty; or, The Art of Human Decoration, accompagné d'une traduction de L'Art de plaire de Feydeau. Partant du principe que « Le plus sûr élément de la beauté corporelle est la santé » (p. 29), l'auteur propose ici un vadémécum d'hygiène générale : nature et fréquence des bains, régime amaigrissant riche en thé et en vin rouge, forme des vêtements, exercices, manière porter les enfants pour leur éviter de développer un physique disgracieux, rôle de la gestion des émotions fortes... Quelques réflexions sur la relativité culturelle des critères de beauté n'empêchent pas l'auteur de se prononcer sur les qualités et proportions idéales des différentes parties du corps. Une importante section de l'ouvrage est consacrée aux cosmétiques. L'auteur en brosse brièvement l'histoire avant de partager quelques recettes dont il aurait éprouvé l'efficacité dans le cadre de sa pratique professionnelle : teinture pour les cheveux, pastilles contre la mauvaise haleine à l'usage des fumeurs, lotion antirides, pommades, poudres dentifrices et soins lavants pour les cheveux impliquant huile d'amande, essence de rose, blanc de baleine, suif de mouton, alcool à 86°... S'il contient quelques instructions pour l'entretien de la barbe ou la prévention de la calvitie, l'ouvrage s'adresse plus particulièrement aux femmes, puisque « La beauté est, pour la femme, la plus précieuse de toutes les parures ; elle lui donne une force morale qui rachète sa faiblesse physique. » (p. 27) L'auteur estime : « Ainsi la délicatesse, la douceur, [...] la finesse de la peau, les traits séduisants du visage, ne pouvaient se développer dans les premiers âges de la vie sociale ; ils étaient flétris de naissance par les persécutions, l'esclavage, les exercices violents, l'exposition continuelles aux intempéries atmosphériques. Cette beauté, dont les sauvages ne soupçonnaient pas l'existence, avait besoin, pour se développer, que l'art social améliorât la condition des femmes, et encore aujourd'hui, quelle différence n'apporte pas l'éducation et le perfectionnement des moeurs ; que de charmes dont on n'aperçoit que les germes dans les rangs inférieurs de la société [...] » (p. 239). En outre, « [S]i le goût de la cosmétique s'est généralisé avec le bien-être et les habitudes de luxe, après avoir été poussé à l'excès, l'abus des parfums et des fards, les modes ridicules, ont à peu près disparu de la toilette des femmes. Débarrassées des coiffures à trois étages, des paniers et des mouches, elles ont cessé d'être les martyres de la mode, et ont pu redevenir, à leur volonté, fraîches et jolies impunément. » (p. 251). Provenance : " Gerardin Ernest Sézanne (Marne) ", tampon ex-libris au feuillet de faux-titre ; Ernest Gerardin, pharmacien établi à Sézanne, donna plusieurs mémoires sur l'histoire de la pharmacie. Dos passé, quelques rousseurs, corrections au crayon aux pp. 2 et 9.
Tout Corneille : l'édition Wolfgang d'Amsterdam. Un des plus beaux exemplaires connus : celui d'Henri Bordes, relié par Lortic. [Amsterdam], Suivant la Copie imprimée à Paris, [Abraham Wolfgang], 1664-1678. 10 vol. (75 x 134 mm) de 1 portrait, 9 frontispices et 61 figures. Maroquin rouge, dos à nerfs ornés de caissons dorés, titre, tomaisons et dates dorés, au centre des plats médaillon ovale cerclé de petits fers et entrelacs dorés, encadré d'un double jeu de filets dorés, doublures de maroquin bleu, roulette et filets dorés encadrant une large dentelle dorée, fleurons d'angle, double garde peignée, tranches dorées sur marbrure (reliure signée de Pierre-Marcellin Lortic). Le théâtre complet de Pierre Corneille et Thomas Corneille : L’Illusion comique, Rodogune, Le Cid, Cinna ou Polyeucte... Exemplaire de choix, aux bonnes dates, sans exception (de 1664 à 1678) aux pedigrees impeccables : Pierre-Marcellin Lortic, Henri Bordes et Jules Lemaître. Cette édition est précisément décrite par Picot dans sa Bibliographie cornélienne, sous le n° 381. Elle est célèbre et contient d’admirables gravures, illustrant la totalité du théâtre des deux frères. Après les cinq premiers volumes de Pierre Corneille, l’éditeur poursuit jusqu’en 1678, avec les Tragédies et Comédies de son frère Thomas.
Un des plus beaux exemplaires connus de cette « charmante édition exécutée à Amsterdam par Abraham Wolfgang, et justement recherchée, sinon pour le texte lui-même, du moins pour la beauté de l’impression et du papier et pour l’élégance des figures. Cette édition a l’avantage de donner, non pas un choix, mais la suite complète des pièces de Corneille. Elle est devenue depuis quelques années, dit M. Brunet, un objet d’une très grande importance auprès des bibliomanes français, et il est fort difficile d’en trouver des exemplaires complets. » (Picot, 381). Assertion confirmée par Willems : « Cette collection est difficile à réunir. Les exemplaires qui ne laissent rien à désirer pour les dates des pièces et la grandeur des marges se paient fort cher. » C’est le cas de cet exemplaire, en exceptionnelle condition et d’une grande hauteur de marges (134 mm). Toutes les pièces, figures, titres généraux et frontispices sont bien présents, ainsi qu’une grande partie des feuillets blancs qui séparent parfois les pièces. Il est bien complet de l’avis de l’imprimeur au lecteur et du portrait au tome 1, souvent manquants. Les 5 volumes du Théâtre de Pierre Corneille portent tous la marque d’Abraham Wolfgang, signée « Quarendo » et dite au « Renard guettant sa proie » : Partie I : portrait de Corneille, sans nom de graveur ; frontispice gravé représentant le buste de Corneille couronné par deux ‘Renommées’, avec ce titre : « Le Théâtre de P. Corneille » ; 5 f. pour l’« Avis de l’Im- primeur au Lecteur » (avis signé A. W.) et la table des pièces de Pierre Corneille et de Thomas Corneille ; 74 p. pour le « Discours du Poëme dramatique » et les « Examens ». Suivent les huit pièces (de Mélite à l’Illusion comique), chacune, précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie II : frontispice gravé représentant deux ‘Amours’, dont l’un déploie un voile sur lequel on lit : « Le Théâtre de P. Corneille », et l’autre gravant des armes sur une pierre ; 1 f. pour le titre, 92 p. contenant le « Discours de la Tragédie » et les « Examens ». Suivent les 7 pièces (du Cid à la Suite du Menteur), chacune précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie III : frontispice gravé, représentant la ‘Vérité’ debout sur une sphère entourée de rois orientaux tenant une écharpe sur laquelle on lit : « Le Théâtre de P. Corneille » ; 1 f. pour le titre ; 68 p. pour le « Discours des trois Unitez » et les trois « Examens ». Suivent les 7 pièces (de Rodogune à Œdipe), chacune précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie IV : frontispice gravé ; 1 f. pour le titre ; 4 f. pour l’« Avertissement » pour Sertorius. Suivent les 4 pièces (de Sertorius à Othon) chacune précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie V : frontispice gravé. Suivent 5 pièces (de Agesilas à Surena) chacune précédée d’une figure, d'un avis « Au lecteur » et d’un titre, avec une pagination distincte. Ces 5 volumes sont complétés par les œuvres de son frère, Thomas Corneille : Partie I : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (des Engagemens du hazard au Berger extravagant). Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée, avec pour certaines une « Epistre ». Partie II : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Le Geolier de soy mesme à Darius). Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée. Partie III : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Stilicon à Pyrrhus, roy d’Epire) dont les 4 premières seulement sont mentionnées, les 2 dernières Pyrrhus, roy d’Epire et Persée... sont ici bien présentes, les titres ayant été ajoutés anciennement à l’encre dans la liste. Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée. Partie IV : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Antiochus à La Mort d’Annibal. Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée, avec pour certaines une « Epistre ». Partie V : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Ariane au Comte d’Essex), mais chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée, avec pour certaines un « Argument », une note pour la « Décoration du prologue » et un avis « Au lecteur ». Élu au fauteuil 14 à l’Académie française, en 1647, Pierre Corneille en était le doyen lorsqu’il mourut en octobre 1684. Tous les membres de l’Académie s’en émurent et proposèrent à son frère, affligé, de pourvoir au siège vacant. Il y sera élu à l’unanimité le 2 janvier 1685 ; Thomas ne pouvant décemment faire l’éloge de son frère qu’il remplace, ce fut Racine qui s’en chargea en même temps qu’il recevait Thomas et cela reste l’unique exemple de deux discours, d’hommage et de réception, par le même académicien dans l’histoire de l’institution. Voltaire dit du frère cadet, qu’exception faite de Racine il était le seul de son temps qui fût digne d’être le premier au-dessous de son frère. C’était un homme qui aurait une grande réputation s’il n’avait point eu de frère ». Bon grammairien, Thomas Corneille écrivit un Dictionnaire des arts et des sciences et un Dictionnaire universel géographique et historique. À l’Académie, il recevra Fontenelle le 5 mai 1691. Exceptionnelle réunion des œuvres des deux frères, en parfaite condition. L’exemplaire a été établi avec un soin délicat et attentionné par Pierre-Marcellin Lortic, puis vendu à Henri Bordes. Né à Saint-Gaudens le 4 avril 1822, le Gascon Pierre-Marcellin Lortic, dit « le Frondeur », arrive à Paris à la fin des années 1830 et intègre comme ouvrier l’atelier de Pierre-Paul Gruel : le jeune homme se distingue par un fort caractère et des conceptions personnelles qu’il affirme haut et fort et, alors qu’il n’a que vingt-deux ans, s’installe en 1844 au 199 rue Saint-Honoré, adresse qui sera la sienne jusqu’à son déménagement au 1 rue de la Monnaie, vers 1860. « Les reliures de Pierre-Marcellin Lortic se distinguent par le poli de leur maroquin, leur fermeté, leur légèreté, la finesse de leurs cartons et leurs nerfs très pincés et la subtilité de leur dorure, même si ’Le Frondeur’ n’est pas doreur et qu’il confie ses travaux aux plus grands spécialistes de l’époque, notamment Wampflug et Maillard [...] Au-delà de son perfectionnisme et de la maîtrise incontestable dont il fera preuve, il va révolutionner cet art industriel qu’est la reliure, que ce soit au niveau de la relation avec le bibliophile, de l’approche commerciale, développant une conception très personnelle de son art et n’apprécie que modérément la critique et le conseil des bibliophiles. De là naîtra peut-être sa principale innovation commerciale : ne plus attendre le client, acquérir lui-même des ouvrages, les relier à son goût et les proposer directement à la vente dans un atelier qui devient également, par le fait, une librairie. Le concept est révolutionnaire, à une époque où la reliure de luxe procède de la commande d’un particulier qui apporte ensuite son ouvrage chez le relieur, avec ses indications. Il vaudra à Lortic les critiques des libraires et des amateurs, mais démontre que le relieur avait une très bonne connaissance du livre et des goûts de l’époque, si ce n’est bibliographique » (Hugues Ouvrard, in Portrait de Pierre-Marcellin Lortic, en ligne). Son goût sûr le pousse d’ailleurs vers des ouvrages d’exception ou des raretés bibliographiques qu’il établit avec grand soin et dont il ne se dessaisit que pour les vendre aux grands bibliophiles de son époque qui sont ses clients : Ambroise Firmin- Didot (qui possédait 504 reliures signées de lui) l’architecte Joseph Lesoufaché, le duc d’Aumale, l’architecte Hippolyte Destailleurs, l’armateur bordelais Henri Bordes, le duc de Parme, le duc de Rivoli, Edmond de Goncourt, Auguste Poulet-Malassis, Charles Asselineau, Théodore de Banville et bien sûr Charles Baudelaire, qui confia à Lortic la reliure de huit exemplaires de l’édition originale des Fleurs du mal. Depuis 1876, Lortic collait dans le coin gauche du premier contreplat de ses reliures une étiquette représentant huit livres empilés indiquant les multiples prix qu’il obtient à Londres (en 1851, il n’a alors que vingt-neuf ans), Paris (1855 et 1878), Vienne (1873) et Philadelphie (1876). Il est, en 1878, le premier relieur fait chevalier de la Légion d’honneur et modifie alors son ex-libris en y ajoutant cette décoration. Ce Corneille porte cette marque, ce qui permet de dater la reliure de ces années-là. Il met fin à ses activités professionnelles en 1884 ; ses fils reprendront la suite. Notre exemplaire contient cet ex-libris à chaque volume, en plus de son fer, au centre du premier contreplat, qui est sa signature. Des bibliothèques Pierre-Marcellin Lortic (ex-libris, troisième version de 1878), Henri Bordes (ex-libris et vente, 1911) ; Jules Lemaître (ex-libris et vente, 1917). Picot, Bibliographie cornélienne, 381 (cite un exemplaire en maroquin rouge doublé de maroquin bleu, de la collection Benzon, mais c’est probablement un autre exemplaire) ; Willems, p. 466.