LUCAS (Charles) - Recueil provenant de la bibliothèque personnelle de Charles Lucas
Reference : 37107
Ensemble de 62 pièces reliées en 4 volumes in-8°, 3 de demi-chagrin vert, dos à nerfs et un de demi-maroquin vert, dos lisse orné d'un décor romantique doré (reliures de lépoque).
Précieux recueil de 62 pièces (dont 15 en double), composé en partie de ses propres uvres, constitué par Charles Lucas pour sa bibliothèque personnelle. Chaque volume est précédé d'un index de sa main.Charles Lucas (1803-1899) est l'homme "qui, sans conteste, pendant le XIXe siècle, a le mieux incarné les ambitions et les ambiguïtés de la réforme pénitentiaire (...) et a fondé la Science des prisons" (J.G. Petit).Il personnifia le libéralisme pénal de la Restauration, jetant les bases d'un système pénitentiaire qui récusait l'emprisonnement perpétuel. Guizot le nomma inspecteur des prisons dès le changement de régime, en 1830. Il demeura trente-cinq ans à ce poste.À partir de 1830, l'engouement pour l'amélioration du système pénitentiaire suscita des centaines d'ouvrages. Charles Lucas se constitua une très riche bibliothèque spécialisée, augmentée des nombreuses brochures que l'inspecteur général des prisons recevait. On trouve ici une importante réunion de 21 plaquettes traitant de la colonie agricole du Val d'Yèvre qu'il avait fondée, en 1841, pour recevoir des jeunes délinquants. Après avoir acheté 140 ha de marais au Val dYèvre près de Bourges, Charles Lucas soumit son projet au ministère de lIntérieur qui ne le retint pas. En 1846, il décida de se lancer personnellement dans "laventure". La construction coûta 450.000 francs et lEtat alloua 80 centimes par jour et par colon qui furent transférés de la prison de Fontevraud dès 1847 : 100 en 1850 puis 400 en 1860. En 1865, Charles Lucas devenu aveugle fut remplacé par son fils docteur en droit. En 1872, la colonie fut louée, puis acquise par lEtat et "nationalisée". La loi de 1912 sur les tribunaux pour enfants entraîna une réduction progressive des effectifs jusquen 1924 pour le Val dYèvre ferma définitivement.
Précieux exemplaire conservé dans ses reliures strictement de l’époque, avec, fait particulièrement rare, des fers absolument identiques sur les trois premiers volumes. Paris, Veuve Coignard et Jean Baptiste Coignard fils, 1692‑1693-1696. 4 volumes in-12 de : I/ (20) ff., 252 pp., 8 pp. ch. 27-34, 34 pp., (1) f.bl.; II/ (9) ff., 399 pp. et (1) p. de privilege; III/ (6) ff., 335 pp., (1) p. de privilège, 1 cahier bruni ; IV/ (8) ff., 321 pp., (1) f. d’errata, 1 figure gravée sur cuivre entre les pp. 296 et 297 de « l’arbre de Porphyre ». Cachet en marge inf. des p. 13 du tome 1, p. 12 du tome 2, pp. 1 et 13 du tome 3, pp. 1 et 13 du tome 4. Plein veau moucheté de l’époque, dos à cinq nerfs ornés de fleurons dorés, roulette dorée sur les coupes, tranches mouchetées rouges. Reliure de l’époque. 164 x 92 mm.
Édition originale collective – les tomes 3 et 4 sont ici en édition originale aux dates de 1692 et 1696 - de la fameuse « Querelle des Anciens et des Modernes », œuvre majeure de Charles Perrault. Le 4ème volume est ici l’un des rares connus à la date de 1696, la date commune étant de 1697. Scheler (V, p. 169) mentionne : « J’ai rencontré un exemplaire du ‘Parallelle des anciens et des modernes’ dont le tome 4 était daté M.DC.LXXXXVI (1696). Il comportait, relié à la fin, un errata intitulé ‘Fautes à corriger’, tiré sur un feuillet indépendant » ; cas du présent exemplaire. Cette édition originale présente l’intégralité des brûlots que Perrault lança dans une querelle qui devait enflammer tout le milieu littéraire de son temps et se prolonger pendant tout le XVIIIe siècle, jusqu’à Condorcet, jusqu’au Génie du Christianisme. « Perrault fonde l’expérience du progrès culturel dans une théorie historique (…). C’est dans la ‘Querelle’ que se forme la nouvelle conscience historique qui sera celle des Lumières : le trait fondamental de l’histoire devient un mouvement irréversible vers l’avant » (P. -E. Knabe, R. Mortier, F. Moureau, L’aube de la modernité 1680-1760, p. 6 sq.). Ce texte fondateur revêt une telle importance que nous allons en décrire la Genèse et l’aboutissement. Les Classiques ou Anciens menés par Boileau soutenaient une conception de la création littéraire comme imitation des auteurs de l’Antiquité. Cette thèse était fondée sur l’idée que l’Antiquité grecque et romaine avait atteint une fois pour toutes la perfection artistique. Le choix par Racine pour ses tragédies de sujets antiques déjà traités par les tragédiens grecs illustre cette conception de la littérature respectueuse des règles du théâtre classique élaborées par les poètes classiques à partir de la Poétique d’Aristote. Les Modernes, représentés ici même par Charles Perrault, qui soutenaient le mérite des auteurs du siècle de Louis XIV, affirmaient au contraire que les auteurs de l’Antiquité n’étaient pas indépassables, et que la création littéraire devait innover. Ils prônaient une littérature adaptée à l’époque contemporaine et des formes artistiques nouvelles. Si l’humanisme découvre les anciens pour entrer dans les temps modernes, imite l’Antiquité pour créer les formes neuves de la Renaissance, il se divise au XVIIe siècle en deux courants qui séparent l’imitation réglée des chefs d’œuvres antiques de l’innovation. Une première querelle – italienne – des Classiques et des Modernes éclate sous la Renaissance. Les Modernes sont alors anti scolastiques. Cette querelle italienne annonce la querelle française tout en étant différente. D’après Fumaroli, la querelle italienne « poursuit l’enquête comparative (la syncrisis, le paragone, la conférence) commencée par la Renaissance entre deux époques des lettres, des arts et des mœurs. Elle est le fait de lettrés qui se sentent plus enracinés dans la République des Lettres que dans aucun État contemporain. La comparaison entre Antiquité et Modernité est pour eux une condition de la liberté d’esprit. Il s’agit moins en Italie d’une Querelle que d’un championnat. La Querelle française en revanche est le fait d’hommes de lettres qui ont les yeux fixés sur leur roi ; ils font ou feront partie de la constellation d’Académies domiciliant la République française des Lettres dans l’État royal. Au cœur de leur âpre débat, on n’est pas surpris de reconnaître qu’ils rivalisent à qui détient la meilleure méthode de louer leur roi. » En France, la prise progressive de contrôle de l’espace des lettres (académie, cour) par les classiques qui prônent l’imitation des règles et des textes anciens est marquée par des querelles, autour par exemple de la question du merveilleux en littérature: doit on se limiter aux mythes païens ou peut on utiliser les héros chrétiens, voire revenir à des épopées chrétiennes et françaises ? Le christianisme ne l’emporte-t-il pas sur les grands modèles passés ? De 1653 à 1674 les partisans d’un merveilleux moderne se singularisent contre les « Anciens ». En 1677, c’est leur première victoire, lorsque après le débat sur l’affaire des inscriptions, il est décidé que les monuments du règne seraient gravés en français (et non plus en latin). Les deux partis sont alors constitués : d’un côté, les doctes (clergé académie) qui prônent le respect des règles imitées de l’antiquité (par exemple celle de la bienséance) dans un humanisme moral tourné vers une rigueur et l’éternité de l’œuvre. De l’autre, des poètes galants, ou des esprits nouveaux, critique de la génération des classiques de la cour, s’appuyant sur les goûts du public parisien. Perrault déclencha les hostilités le 27 janvier 1687, lorsqu’il présenta, à l’occasion d’une guérison de Louis XIV, à l’Académie française son poème Le siècle de Louis le Grand dans lequel il faisait l’éloge de l’époque de Louis XIV comme idéale tout en remettant en cause la fonction de modèle de l’Antiquité. La sortie de Perrault provoqua une protestation immédiate de la part de Boileau. La polémique enfla avec la publication par Perrault des quatre volumes du "Parallèle des anciens et des modernes" où il attaque les Anciens en comparant dans un dialogue fictif les réalisations des Anciens avec les réalisations modernes dans presque tous les aspects de la vie humaine. La polémique tournait essentiellement autour de deux modèles esthétiques opposés : le principe de l’imitation orienté vers l’Antiquité comme idéal de beauté absolu d’une part et d’autre part le principe du génie de l’imagination qui puise son inspiration en lui-même, et sur l’opposition entre la soumission à la superstition antique contre une critique cartésienne (Fontenelle) La belle Antiquité fut toujours vénérable ; Mais je ne crus jamais qu’elle fût adorable. Je voy les Anciens sans plier les genoux, Ils sont grands, il est vray, mais hommes comme nous ; Et l’on peut comparer sans craindre d’estre injuste, Le Siècle de LOUIS au beau Siècle d’Auguste. (Charles Perrault, Parallèle des anciens et des modernes en ce qui regarde les arts et les sciences.) Si tel est le débat manifeste, Fumaroli suppose d’autres enjeux : « tout au long de la Querelle, qu’il s’agisse d’Euripide ou d’Homère, ce sont, sous Louis XIV, les Anciens qui admettent ce qu’il y a de vif, de déconcertant, de déchirant dans la représentation de la vie humaine par les poètes antiques, tandis que les Modernes sont favorables à des conventions morales et esthétiques uniformes et confortables. » Pour lui, sous l’apparent progressisme des Modernes se cachaient aussi des enjeux de pouvoir. Boileau était proche de Port Royal. En défendant les Anciens, il aurait aussi défendu, au nom de la diversité des héritages, des marges de liberté dans la République des lettres. La Monnoye juge les positions des deux parties tellement déroutantes qu’il met les rieurs de son côté par cette épigramme : Boileau, Perrault, ne vous déplaise, Entre vous deux, changez de thèse : L’un fera voir par le Lutrin Que la muse nouvelle a le pas sur l’antique ; Et l’autre par le Saint-Paulin Qu’aux poètes nouveaux les anciens font la nique. (La Monnoye.) Finalement, Le Grand Arnauld dut s’entremettre pour réconcilier les parties et, le 30 août 1694, Perrault et Boileau s’embrassèrent en public à l’Académie française. La réaction du public de l’époque pourrait donner à penser que Perrault et son parti remportèrent la victoire dans cette polémique, mais il n’y eut pas de victoire nette. Le siècle de Louis XIV brille par les œuvres de ceux qui ont dépassé les « anciens » au-delà de leurs œuvres, en s’appuyant sur le génie propre de la langue et du siècle : Pascal souligne d’ailleurs que ceux que nous appelons les anciens, étaient des modernes en leur temps. Le débat connut un renouveau dans la deuxième décennie du XVIIIe siècle avec la mise en vers, en 1714, par Houdar de la Motte – à une époque où Perrault et Boileau étaient déjà morts – d’une traduction de l’Iliade publiée par Anne Dacier en 1699. Il y avait « corrigé » et raccourci l’original et l’avait accompagné d’une préface contenant un Discours sur Homère où il prend la défense des Modernes. Anne Dacier répliqua avec son Des causes de la corruption du goût où elle débat la question de la priorité de l’original ou d’une traduction, dans une prolongation d’une discussion du troisième dialogue du Parallèle de Perrault. Cette polémique, dans laquelle des auteurs aussi différents que Fénelon, l’abbé Terrasson et Jean Boivin intervinrent, s’acheva de même en 1716 avec une réconciliation personnelle des principaux acteurs. Elle est entrée dans l’histoire de la littérature sous le nom de Querelle d’Homère. Même avec l’épuisement du conflit, les répercussions de la querelle des Anciens et des Modernes ont continué de se faire sentir au cours du siècle des Lumières pour se poursuivre jusqu’à la querelle suscitée par le romantisme. Marivaux fut un des représentants importants du courant moderne au début du XVIIIe siècle, en établissant un genre tout à fait nouveau de théâtre, inconnu des Anciens, avec ses comédies morales et poétiques. Diderot poursuivra en définissant le genre du drame bourgeois, cette comédie larmoyante où la tragédie imminente était résolue avec des réconciliations vertueuses et des flots de larmes. La querelle des Anciens et des Modernes servit en fait de couverture, souvent pleine d’esprit, à des opinions opposées d’une portée beaucoup plus profonde. D’un côté, c’était l’idée même d’autorité qui était attaquée et de l’autre, le progrès. Le renouvellement de l’intérêt pour l’Antiquité à l’époque classique se traduisit par une réévaluation critique des acquis de l’Antiquité qui finit par soumettre les Écritures même à l’examen des Modernes. L’attaque de l’autorité en critique littéraire a eu des équivalences avec les progrès de la recherche scientifique. Le défi jeté à l’autorité par les Modernes dans le champ littéraire annonçait déjà les remises en question dont la politique et la religion allaient faire l’objet. Déjà inscrite dans une plus longue tradition européenne de contestation de structures semblables (en particulier à la Renaissance, lorsque Galilée ridiculise l’autorité accordée à Aristote dans son Dialogue des deux systèmes du monde), la querelle des Anciens et des Modernes déclenchée par la polémique entre Perrault et Boileau a pareillement été rapidement reçue au-delà des frontières françaises et adaptée aux situations locales. La Grande-Bretagne de l’époque prit la querelle des Anciens et des Modernes un peu moins sérieusement. William Temple prit le parti des Anciens dans son essai Essay upon the ancient and modern learning (Essai sur l’étude antique et moderne) (1690) en réaction à la Digression sur les Anciens et les Modernes (1688) de Fontenelle, qui reprend l’image selon laquelle « nous sommes des nains juchés sur des épaules de géant », image qui provoqua une avalanche de réponses. Le critique William Wotton, avec ses Reflections upon ancient and modern learning (Réflexions sur l’étude antique et moderne) (1694), le critique et classiciste Richard Bentley et Alexander Pope furent au nombre de ceux qui prirent le parti des Modernes à cette occasion. Bien que le débat ait été clos en Angleterre dès 1696, le sujet semble avoir stimulé l’imagination de Swift qui vit dans les camps opposés des Anciens et des Modernes un résumé de deux manières générales de regarder le monde. Ce thème est développé dans sa satire A Tale of a Tub (Conte du tonneau), composé entre 1694 et 1697 et publié en 1704, longtemps après la fin de la querelle en France. L’expression de « Bataille des Livres » vient de la satire publiée anonymement en 1704 par Swift, Full and True Account of the Battle fought last Friday between the Ancient and the Modern Books in St. James’s Library (Compte-rendu complet et véritable de la bataille survenue vendredi dernier entre les ouvrages antiques et modernes de la bibliothèque de St. James). La querelle des Anciens et des Modernes a eu une version allemande avec la polémique touchant au merveilleux entre Johann Christoph Gottsched, Johann Jakob Bodmer et Johann Jakob Breitinger. Johann Joachim Winckelmann a également joué un rôle important dans l’acclimatation de la querelle dans le monde germanophone avec, en particulier ses Gedanken über die Nachahmung der Griechischen Werke in der Malerei und Bildhauer-Kunst (Pensées sur l’imitation des œuvres grecques en peinture et en sculpture) (1755). Vers la fin du XVIIIe siècle, la thématique de la querelle des Anciens et des Modernes apparaît avec Herder, Schiller et Schlegel Dans « De l'Allemagne » Germaine de Staël « appelle les Français à renouveler leurs modèles, à sortir des limites trop strictes du classicisme d’où bien peu cherchaient à s’évader, et que le pouvoir en place maintenait fermement » Face à la référence constante aux anciens qu’impose l’Empire, elle préfère la culture allemande d’un sentiment national libre, dans laquelle elle voit une création féconde. Ce texte introduit le romantisme en France. Son ami Benjamin Constant reprend sur un plan politique cette critique de l’imitation des anciens: dans son discours de 1819, il oppose « la liberté des anciens » à la « liberté des modernes ». Il faut adjoindre à la première, limitée à une dimension publique soumettant le citoyen à la grandeur de l’État, la défense de la seconde, l’espace autonome privé, affranchi du contrôle du pouvoir. Chateaubriand reprend sur un plan moins tranché certains aspects de la querelle (par exemple en préférant le merveilleux chrétien au classique). En ce sens les pensées « progressistes » et les mouvements littéraires romantiques et post romantiques qui insistent sur la liberté sont influencés par les modernes. Par opposition, on retrouve des échos de ce débat au XXe siècle, en général chez des penseurs post heideggériens, interrogeant la dérive d’un humanisme qui se soumettrait, depuis les Lumières, à la modernité, voire à la mode. Ils lui reprochent d’entraîner l’asservissement de la culture à l’étroitesse de la raison technicienne, et au mythe d’un progrès démocratique du « tout culturel ». Alain Finkielkraut par exemple, y voit une « défaite de la pensée », abandonnant l’exigence de la tradition. Il est reproché à cette critique des modernes un certain élitisme. Politiquement, c’est le philosophe Leo Strauss qui réactive dans la période contemporaine la thématique de la Querelle des Anciens et des Modernes. Il l’utilise pour souligner la différence entre l’expérience de la vie politique des Anciens et l’expérience des Modernes. Celle-ci s’enracine pour lui dans la colère antithéologique de Machiavel et de Hobbes, pour s’épanouir dans les nouvelles conceptions de la liberté issues du mouvement des Lumières. Pour lui, un des acteurs fondamentaux de cette querelle dans les temps modernes est Jean-Jacques Rousseau. Précieux exemplaire en reliure de l’époque, avec le quatrième volume dans le premier tirage de 1696, inconnu de Tchémerzine qui le cite à la date de 1697. L. Scheler, dans ses commentaires et addenda, annonce avoir rencontré un exemplaire de cette première édition, semblable à celui-ci : « le tome IV est daté de 1696 et comporte, relié en fin, un errata intitulé ‘Fautes à corriger’ tiré sur un feuillet indépendant et d’un papier plus épais. » Ce tome IV contient, de plus, une gravure à pleine page représentant « L’Arbre de Porphyre augmenté d’un degré métaphysique ». Bibliographie : Hubert Gillot, La Querelle des Anciens et des Modernes en France: De la Défense et Illustration de la langue française aux Parallèles des anciens et des modernes. Paris: Champion, 1914. Augustin Simon Irailh, Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la république des Lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours. Paris: Durand, 1761. Slatkine reprints, 1967. Anne-Marie Lecoq, La Querelle des Anciens et des Modernes : XVIIe-XVIIIe siècles. Précédé d’un essai de Marc Fumaroli, suivi d’une postface de Jean Robert Armogathe. Paris: Gallimard, 2001. Alain Niderst, « Les « Gens de Paris » et les « Gens de Versailles » dans Louise Godard de Donville », d’un siècle à l’autre : anciens et modernes. XVIe colloque, Janvier 1986. Paris: Éd. du CNRS, 1987. (Centre Méridional de Rencontres sur le xviie siècle ; 17) pp. 159-165. Hippolyte Rigault, Histoire de la querelle des anciens et des modernes. Paris: Hachette, 1856. Marc Fumaroli, La Querelle des Anciens et des Modernes + extraits, Paris, Gallimard-Folio, 2001. Charles Perrault a écrit deux grands livres : « Histoires ou Contes du Temps passé » Paris, 1697 et « Paralelle des Anciens et des Modernes » Paris, 1688-1696. L’on connait une dizaine d’exemplaires complets de l’édition originale de premier tirage des « Contes du Temps passé » et guère plus d’exemplaires de la « Querelle des anciens et des Modernes » complet du dernier volume à la date de 1696. Précieux exemplaire conservé dans ses reliures strictement de l’époque, avec, fait particulièrement rare, des fers absolument identiques sur les trois premiers volumes.
Fort intéressant mémoires, rares en élégante reliure ancienne. Avignon, 1759. 1 volume in-12 de (2) ff. et 204 pages. Plein veau marbré glacé, dos lisse orné, tranches jaunes. Reliure de la fin du XVIIIe siècle. 162 x 85 mm.
Edition originale recherchée des « Mémoires » de l’auteur des Contes ou Histoires du temps passé, fort rare en élégante reliure ancienne. Tchemerzine, V, 188. Cette originale a été réimprimée en septembre 2010 par « Kessinger publishing ». Les Mémoires s’arrêtent après la rupture avec Colbert et furent publiées par l’architecte Pierre Patte. « Destinés à ses enfants, écrits avec une certaine candeur, ils révèlent des particularités curieuses sur Bernini et Riquet. » D’origine tourangelle, mais établie à Paris, la famille Perrault appartient à une haute bourgeoisie de robe de sensibilité moderne et janséniste dont les fils sont avocat (Jean), receveur général des finances (Pierre), architecte et médecin (Claude) ou docteur en théologie (Nicolas). Quant à Charles, s’il paraît suivre un banal cursus de futur robin (brillantes études littéraires au collège de Beauvais à Paris, licences en droit, et inscription au barreau en 1651), il rompt en réalité avec l’institution scolaire. Puis, on le voit s’essayer à célébrer les grands événements du royaume : odes sur la paix à l’occasion du traité des Pyrénées (1659), sur le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse (1660), sur la naissance du Dauphin (1661), avec un talent littéraire discuté (par Racine) mais un succès politique croissant, au point d’apparaître bientôt au jeune roi et à ses administrateurs comme une recrue de choix pour mener à bien le projet culturel de remise en ordre de la France ; en même temps qu’il est commis à la surintendance des bâtiments royaux, Perrault qui vient encore de prouver sa science encomiastique (Discours sur l’acquisition de Dunkerque par le roi… 1663), est nommé, sur recommandation de Chapelain, secrétaire de la Petite Académie (future Académie des inscriptions été belles-lettres). Il est élu à l’Académie française (1671) dont il devient chancelier à la mort de Séguier (1672) et redéfinit les règles de fonctionnement. Son efficacité s’avère une nouvelle fois telle que, la même année, Colbert lui confectionne un office sur mesure (le contrôle général des bâtiments). A la mort de Colbert (1683), il est congédié de sa charge de contrôleur général et exclu de la Petite Académie par Louvois ; seulement resté directeur de l’Académie, il est de facto mis d’office, à cinquante-cinq ans, dans une retraite presque totale. Charles Perrault se consacre alors à l’éducation de ses enfants (il est veuf depuis 1678), mais surtout reprend et approfondit une réflexion religieuse (Épître chrétienne sur la pénitence, louange de Louis XIV protecteur de la religion catholique, 1683, ode Aux nouveaux convertis, 1685, etc.), qui s’avérera constituer le soubassement éthique de la querelle prochaine des Anciens et des Modernes. En témoigne sa consultation de deux religieux, anciens modérés, Bossuet et Huet, à propos de son Saint Paulin évêque de Nole (1686), épopée en six chants qui paraît suivie d’une épître à Fontenelle, Le Génie. Le 27 janvier 1687, la lecture publique du Siècle de Louis XIV de Charles Perrault, à la gloire des Modernes, fait éclater une querelle entre Anciens et Modernes, dont les enjeux dépassent les polémiques de leurs chefs de file respectifs, Boileau et lui-même. Elle se soldera d’ailleurs par la réconciliation (1694) de ceux qui n’étaient vraisemblablement que « différemment du même avis » (Boileau). Au fil de la querelle paraissent les quatre volumes des Parallèles des Anciens et des Modernes (1688 à 1697), où Perrault livre la somme théorique de ses positions en même temps qu’il propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde : d’une part, sous forme théologique, La Création du monde (1691), devenu Adam ou la Création de l’homme, sa chute et sa réparation… (1697), et de l’autre sous la forme, apparemment naïve, de Contes en vers ou de Contes ou Histoires du temps passé (1691 à 1697). Fort intéressant Mémoires, rares en élégante reliure ancienne.
14 vol. in-folio, brochés ou en feuilles, couvertures originales, chemise cartonnée (quelques frottements et taches, manques au dos sans atteinte à l'oeuvre d'Henri Duparc, L'Invitation au voyage, quelques minuscules déchirures marginales, chemise un peu défraîchie).
14 grands formats musicaux de poèmes de Baudelaire : 1- DEBUSSY (Claude). Cinq poèmes de Charles Baudelaire : Harmonie du soir. Paris, Durand, 1904. 5 pp. 2- DEBUSSY (Claude). Cinq poèmes de Charles Baudelaire : Le Balcon. Paris, Durand, 1904. 9 pp. 3-DEBUSSY (Claude). Cinq poèmes de Charles Baudelaire : Recueillement. Paris, Durand, 1904. 5 pp. 4- DEBUSSY (Claude). Le Jet d'eau. Paris, Durand, 1907. 10 pp. 5- DEBUSSY (Claude). Cinq poèmes de Charles Baudelaire : La Mort des amants. Paris, Durand, 1904. 3 pp. 6- DUPARC (Henri). Mélodies : L'Invitation au voyage. Paris, E. Baudoux, s.d. 8 pp. 7- DUPARC (Henri). La Vie antérieure. Paris, Rouart, Lerolle & Cie, 1945. 7 pp. 8- CHARPENTIER (Gustave). Poëmes chantés : La Cloche félée. Paris, au Menestrel, 1922. 5 pp. 9- CHARPENTIER (Gustave). Poëmes chantés : Parfum exotique. Paris, au Menestrel, s.d. 7 pp. 10- FAURÉ (Gabriel). Mélodies : Hymne. Paris, J. Hamelle, s.d. 5 pp. 11- FAURÉ (Gabriel). Mélodies : Chant d'automne. Paris, J. Hamelle, 1948. 6 pp. 12- CHARPENTIER (Gustave). La Musique. Paris, Menestrel, s.d. 27 pp. 13- CHARPENTIER (Gustave). Poèmes chantés. Paris, Henri Tellier, s.d. 7 pp. Belle couverture illustrée par Rochegrosse. 14- RICHLI (Édouard). Élévation. Genève, Siècle musical S.A., 1937. 6 pp. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Edition originale du voyage du Comte de Chambord émigré dans les Highlands dédicacée à S.A.R. Madame la Duchesse de Berry. Exemplaire de présent offert à Henri V, Comte de Chambord, exceptionnellement enluminé à la main à son intention. Paris, Dentu, Palais Royal ; Edimbourg, 1835. Petit in-folio de : 137 pp. de texte, 1 portrait d’Henri V à pleine page, 1 fac-similé de la lettre de la Duchesse de Berri à M. d’Hardiviller, 28 lithographies hors texte sous serpente. Relié en plein maroquin vert à grain long, encadrement de filets dorés, fleur de lys aux angles, chiffre H ceint d’une guirlande fleurdelysée au centre des plats, dos à cinq nerfs fleurdelysé, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque, signée de Marchant. 335 x 248 mm.
Edition originale rarissime dédicacée à S.A.R. Madame la Duchesse de Berry, du voyage du Comte de Chambord emigré dans les Highlands en 1832, lors de son exil qui suivit la révolution de 1830. Exemplaire personnel d’Henri V, comte de Chambord, entièrement enluminé à son intention. Henri-Charles-Ferdinand-Marie-Dieudonné d’Artois, duc de Bordeaux, puis comte de Chambord, dit Henri V, fils posthume de Charles-Ferdinand, duc de Berry et de Marie-Caroline-Ferdinande-Louise de Bourbon-Sicile, naquit à Paris le 29 septembre 1820 après la mort de son père et fut titré duc de Bordeaux ; lorsqu’une souscription publique lui eut offert en 1821 le château de Chambord, il porta le titre de comte de Chambord qu’il échangea en 1830 contre le nom d’Henri V, Charles X et le duc d’Angoulême ayant abdiqué en sa faveur. Il épousa en 1846 Marie-Thérèse-Béatrix-Gaétane, archiduchesse d’Autriche-Este, fille du duc de Modène François IV, et mourut en exil, sans postérité, le 24 août 1883 à Frohsdorf en Autriche. Le volume est l’œuvre du peintre Charles Achille d’Hardiviller (1795-1835). Elève de David, il avait été le professeur de dessin du duc de Bordeaux devenu Comte de Chambord. Il fut lié à son destin et à celui de la duchesse de Berry jusqu’à la révolution de 1830, qui ruina sa carrière. Son œuvre de lithographe, qui commence dès 1821, retrace depuis l’enfance la vie du duc de Bordeaux. On retiendra de cette période deux portraits du duc, l’un pour la duchesse de Berry, l’autre pour la duchesse d’Angoulême ; le portrait de Mlle de Berry ; l’un des quatre tableaux commandés par la duchesse de Berry, représentant les fêtes qu’elle avait données ; Le martyre de S. Etienne (ministère de l’Intérieur) ; Jeanne Hachette (Hôtel de ville, Beauvais) ; Le martyre de S. Donatien et S. Rogatien, pour la ville de Nantes. Hardiviller grava entre 1830 et 1835 de nombreux portraits, parmi lesquels celui de Lafayette, de Sébastien Erard, de Walter Scott, du duc de Reichstadt (d’après Tassaert). Ses dernières œuvres portent la date de 1835. Dans ce somptueux volume, l’artiste dessine maintes fois Henri V devant les paysages des Highlands, seul ou accompagné. Hardiviller dédie son livre à « S.A.R. Madame la Duchesse de Berri ». Le volume contient la dédicace à SAR et la « Lettre de Son altesse Royale Madame la Duchesse de Berri à Monsieur d’Hardiviller » datée « Gratz 27 octobre 1833 ». Le volume se compose de 137 pages de texte écrites par l’artiste relatant le voyage d’Henri V, d’une lettre gravée de la Duchesse de Berry et de 29 lithographies originales merveilleusement gouachées à l’époque. Notre exemplaire est ainsi conforme à l’exemplaire non colorié de la British Library quant au nombre de lithographies. L’on sait que le nombre de lithographies varie selon les exemplaires ; de 32 dans les exemplaires du tirage courant à 29 dans les exemplaires de luxe, d’Hardiviller ayant jugé trois de ses estampes indignes d’orner les exemplaires de présent. Précieux exemplaire de présent imprimé sur grand papier vélin relié en maroquin vert de l’époque au chiffre d’Henri V, comte de Chambord, l’un des rarissimes connus avec l’ensemble des lithographies en somptueux coloris main de l’époque. L’exemplaire porte l’étiquette : « De la bibliothèque du Comte de Chambord (Henri V de France, duc de Bordeaux) né en 1820. Acquise par Maggs Bros Ltd de Londres ».
Précieuse réunion de deux ouvrages érotiques de la fin du XVIIIe siècle ornés de 18 figures libres. A Londres, [Paris, Cazin], 1782. - Etrennes aux amateurs de Vénus. A Paphos, ou Cythère [Paris], s.d. 2 ouvrages en 1 volume in-12. I/ 1 frontispice gravé, 43 pp. et 5 eaux-fortes érotiques hors texte de Borel gravées par Elluin, non signées; II/ (1) f. bl., (2) ff. de titre, (1) f. d’avis aux amateurs, 12 ff. d’Airs accompagnés d’autant d’eaux-fortes libres hors texte. Papier restauré sur le f. Aiii (Parapilla), 8 planches remontées au format de l’édition. Maroquin brun, décor de filets dorés et pointillés et de fleurons aux angles des plats, dos à nerfs orné, doublures et gardes de soie rose, tranches dorées sur témoins. Reliure signée de Semet & Plumelle.
Précieuse réunion de deux ouvrages de la fin du XVIIIe siècle, orné de figures libres. Cohen, col. 176; Pia, Les Livres de l'Enfer, col. 424 et 995; Gay-Lemonnyer, Bibliographie des ouvrages relatifs aux femmes et à l'amour, III, 629-631; Drujon, Catalogue des ouvrages poursuivis, supprimés ou condamnés, 1879, p. 298. Édition Cazin recherchée, tirée sur papier vergé. Elle connut plusieurs rééditions et copies. Etrennes aux amateurs de Vénus, avec le texte gravé et encadré d’un double filet. Illustration: Parapilla: premier tirage des 6 figures libres hors texte: non signées, elles ont été gravées par Elluin d'après Borel ; Etrennes: 12 eaux-fortes libres. Tirage: Etrennes aux amateurs de Vénus, un des quelques exemplaires sur papier vergé légèrement bleuté. Charles Bordes se lia à Voltaire et devint l’ennemi de Jean-Jacques Rousseau qui le critiqua beaucoup. Parapilla, paru en 1776 «à Florence chez Cupidon», eut un succès immédiat. On décrivit cet ouvrage comme s’il avait été traduit de l’italien (l’auteur se disait issu «de l’académie des Arcades») ce qui lui accordait «le rare mérite de traiter d’un sujet obscène en n’employant que de décentes expressions». Poème facétieux et érotique, Parapilla s'inspire de la Novella dell'angelo Gabriello publiée à Paris en 1757. «Le sujet est licencieux, mais les expressions sont honnêtes; l'ouvrage a été comparé à Vert-Vert, mais il offre plus d'intérêt, l'action marche plus rapidement, et, s'il n'était rare à cause de la nature de son sujet, tout le monde y reconnaîtrait sans difficulté un des meilleurs poèmes badins qu'on ait faits jusqu'ici » (Gay III, 630). Le poème illustre les vagabondages de “Parapilla”, une tige qui se métamorphosa grâce à l'intervention de l'archange Gabriel en un instrument de jouissance. Ces errances libertines se terminent par l'apothéose de la plante magique: «Le beau Phénix, transporté dans les Cieux, Devint le page & l'amant des Cometes.»Un ouvrage renié et banni. Alors que Charles Borde n'a jamais avoué être l'auteur de Parapilla, il en distribua lui-même des exemplaires; cet ouvrage lui est donc généralement attribué, même si d'autres comme Mirabeau l'ont revendiqué. Le texte a été réimprimé, en 1778, dans un recueil de pièces libres intitulé Le plus joli des recueils. Parapilla fut retiré par ordre à la vente Auvillain, en 1865, et sa réimpression condamnée sous le Second Empire. Etrennes aux amateurs ne mentionne aucune date de parution mais a dû être édité avant le 19 mai 1815, date de sa condamnation par un arrêt de la cour royale de Paris. Bel exemplaire de ce rare erotica provenant de la prestigieuse bibliothèque Charles Hayoit avec ex libris.
Dans ces deux œuvres, Perrault propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde: d’une part sous forme spirituelle avec «Adam» et de l’autre, sous la forme apparemment naïve d’«Histoire ou Contes du Temps passé». Paris, Jean Baptiste Coignard, 1697. In-12 de (5) ff., 93 pp. et (1) p. de privilège, vignette de Coypel gravée par Simonneau en tête de chaque chant, notes manuscrites dans la marge inf. des pp. 2, 4, 5, 8. Plein veau brun granité, dos à nerfs richement orné, pièces de titre de maroquin rouge, coupes décorées, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 162 x 97 mm.
Edition originale la plus rare de Charles Perrault (1628-1703) parue en 1697, simultanément avec les Histoires ou Contes du temps passé et leur faisant pendant. Tchemerzine, V, 177; Conlon, Prélude, 8322. «Edition originale, très rare, de ce poème orné d’une vignette en-tête gravée par C. Simonneau d’après Coypel». (Debacker, 971). Au fil de la querelle des Anciens et des Modernes paraissent les quatre volumes des Parallèles des Anciens et des Modernes (1688 à 1697), où Perrault livre la somme théorique de ses positions en même temps qu’il propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde: d’une part, sous forme spirituelle avec Adam ou la Création de l’homme, sa chute et sa réparation… (1697), et de l’autre sous la forme apparemment naïve des Contes ou Histoires du temps passé (1697). En bon courtisan et sachant l’intérêt que le roi portait aux écrivains de son règne, Perrault y exaltait la supériorité des auteurs modernes sur leurs devanciers. Boileau, Racine et quelques autres gens de lettres d’une solide culture, agacés par cet encens prodigué au souverain et par la faveur et les multiples charges, honorifiques et lucratives, dont bénéficiait Perrault, protestèrent avec ironie ou violence. La «querelle des Anciens et des Modernes» était ouverte, qui devait durer trois longues années. Cette lutte, qui passionna l’opinion, occasionna des discussions, des débats publics et des brouilles innombrables, fut marquée par une floraison d’ouvrages. Perrault débuta par quatre volumes intitulés Parallèle des Anciens et des Modernes, dans lesquels Boileau s’indigna, à juste titre, de voir Quinault mis au-dessus de Racine et le peintre Lebrun au-dessus de Raphaël. Ces contes font de Charles Perrault le créateur d’un genre littéraire, inconnu avant lui. Ecrits pour des enfants, ces récits ont charmé les contemporains et bientôt pris rang de chef-d’œuvre. Est-ce par l’originalité des sujets traités? Nullement! Ces récits, en qui de savants auteurs ont cru voir un reflet des contes d’Orient, comme ils ont rapproché les fées des péris, étaient déjà connus et répétés avec mille variantes par les nourrices à leurs marmots. «Qu’est-ce que ma Mère L’Oye, a écrit Anatole France, sinon notre aïeule à tous, et les aïeules de nos aïeules, femmes au cœur simple, aux bras noueux qui firent leur tâche quotidienne avec une humble grandeur et qui, desséchées par l’âge, n’ayant comme les cigales ni chair ni sang, devisaient encore au coin de l’âtre, sous la poutre enfumée et tenaient à tous les marmots de la maisonnée ces longs discours qui leur faisaient voir mille choses?» Ces «longs discours», d’autres, avant Perrault, avaient en vain tenté de les fixer. Notre grand conteur y a réussi. Il leur a donné leur forme concise, classique, définitive, celle d’une œuvre d’art. Une scène de la rue, un mur blanc, un morceau de charbon sont, depuis la plus haute Antiquité, les éléments de tous les graffiti, mais qu’un Callot ou qu’un Forain saisisse le charbon et l’œuvre d’art surgit! Quand La Fontaine avait écrit ces vers prophétiques: Si Peau-d’Ane m’était conté, J’y prendrais un plaisir extrême. Le monde est vieux, dit-on: je le crois; Cependant, Il le faut amuser encor comme un enfant! il y mettait une nuance d’ironie. Il marquait nettement que le conte n’était pas encore entré dans notre littérature. Il n’aurait plus osé écrire ces vers après Perrault, car on vit surgir alors une floraison, presque soudaine, de contes dus, non plus à des nourrices, mais à la fine fleur des dames de la cour et de la ville. Perrault est le chef d’école dont, deux siècles plus tard, Meilhac et Halévy (Barbe-bleue), Théodore de Banville (Riquet à la houppe), Armand Silvestre (Grisélidis) et d’autres s’inspireront pour en tirer des spectacles en prose ou en vers. En l’année 1697, Charles Perrault (1625-1703) livre ses deux plus rares éditions originales: Adam et Histoires ou Contes du temps passé. Dans ces deux œuvres, Perrault propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde: d’une part sous forme spirituelle avec «Adam» et de l’autre, sous la forme apparemment naïve d’Histoire ou Contes du Temps passé. Superbe exemplaire à grandes marges conservé dans sa pure reliure de l’époque.
PASTEUR (Louis), GERNEZ (Désiré), PUISEUX (Victor), SERRET (Joseph-Alfred), CARNOT (Sadi), CHAMBERLAND (Charles), HERMITE, LAMY (A.), BRANLY (Edouard), VERDET (E.), BLANCHET (P.-H.), LECHARTIER (G.), VAN TIEGHEM (Ph.), MASCART (E.), COMBESCURE (Ed.), PICART (A.), DUCLAUX (E.), DARBOUX (G.), STEPHAN (E.), VIOLLETTE (Charles), SIMON (Ch.), HOUEL, KRONECKER, PICART (A.), GOHIERRE DE LONGCHAMPS, LEVISTAL (A.), MARIE-DAVY, MERAY (Charles), SONREL, CLASEN (B.-I.), GAUTIER (Paul), BILLET, ISAMBERT (F.), GRUEY (L.-J.), DIDON (F.), RADAU (R.), JACOBI (C.-G.-J.), BAILLAUD, BELTRAMI, SAINT-LOUP (L.), TERQUEM (A.), RAULIN, WOLF (C.), CORNU (A.), DITTE (Alfred), NEWENGLOWSKI, ALLEGRET, BICHAT, PHILLIPS, MARIE (Maximilien), BRISSE, BOUQUET, ANGOT (Alfred), TANNERY (Jules), MATHEY (J.), RESAL (H.), LEMMONIER (H.), BOURGET (J.), APPELL (P.), ANDRE (Ch.), TOURNOUER, MOUTON (L.), PICARD (Emile), BERTHELOT, WEIERSTRASS, GLYDEN (Hugo), MARGOTTET (J.), HAUTEFEUILLE (P.), BRILLOUIN (Marcel), HIOUX (V.), CHAPPUIS (J.), PARMENTIER (F.), ELLIOT, NICOLAS (J.), BRUNEL, GOURSAT, etc.
Reference : 13592
Paris, Gauthier-Villars, 1864-1884. 20 tomes in-4 reliés en 17 volumes, 39 planches dépliantes hors-texte (certaines en couleurs), quelques figures dans le texte, reliure de l'époque demi-basane, dos ornés (dos frottés, manques à quelques coiffes, rousseurs). Exemplaire du mathématicien Victor Puiseux (1820-1883), un des membres du comité de rédaction de la revue (notes de relieur).
Rare ensemble des 20 premières années (de 1864 à 1884 ; interruption de la revue en 1871) des Annales scientifiques de l'Ecole Normale Supérieure, revue fondée par Louis Pasteur, qui préside le comité de rédaction pendant toute la première série. * Trois articles de Pasteur : Mémoire sur la fermentation acétique (série I, tome 1), Note historique sur les recherches de MM. Gernez et Viollette relatives à la cristallisation des dissolutions sursaturées (I, 3), Note sur l'application de la méthode de M. Pasteur pour vaincre la pébrine (co-signé par Raulin, II, 1). Un article de Sadi Carnot : Réflexion sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance (II, 1). Un article d'Edouard Branly : Etude des phénomènes électrostatiques dans les piles (II, 2). * Mathématiques, Physique, Biologie, Géologie, Météorologie, Astronomie. Eclipses. * Voir photographies / See pictures. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
P., NRF, N°14, 15 février 1910 ; in-8, broché. 188 pp.- 2 pages hors-texte de fac-similé d'écriture, 1 portrait de Philippe par Ch. Guérin reproduit en héliogravure. Très bon état.
Charles Louis Philippe est mort à Paris le 21 décembre 1909. Il était l'un des fondateurs de la NRF. Ce numéro de la jeune revue lui est entièrement consacré. Il s'ouvre par un hommage de Claudel, puis on trouve les textes de : Michel Arnauld, L'uvre de Charles-Louis Philippe - Anna de Noailles, La Mère et l'Enfant - Marcel Ray, L'Enfance et la Jeunesse de Charles-Louis Philippe - Marguerite Audoux, Souvenirs - Régis Gignoux, Dans l'Île Saint-Louis - Émile Guillaumin, Charles-Louis Philippe en Bourdonnais - Charles-Louis Philippe, Journal de la Vingtième Année - Lettres - Les «Charles Blanchard» - André Gide, Journal sans dates. Suivent les notes de : Maurice Beaubourg, Quatre histoires de pauvre amour, par Charles-Louis Philippe, Édition de l'Enclos - Jean Schlumberger, La bonne Madeleine et la pauvre Marie, par Charles-Louis Philippe (Bibliothèque artistique et littéraire) - Henri Ghéon, La Mère et l'Enfant, par Charles-Louis Philippe (Bibliothèque artistique et littéraire) - Bubu de Montparnasse, par Charles-Louis Philippe (Édition de la Revue Blanche) - Edmond Pilon, Le Père Perdrix, par Charles-Louis Philippe (Bibliothèque Charpentier) - André Ruyters, Marie Donadieu, par Charles-Louis Philippe (Fasquelle) - Élie Faure, Croquignole, par Charles-Louis Philippe (Fasquelle) - Léon Werth, Les contes du «Matin», de Charles-Louis Philippe, Principaux articles sur Charles-Louis Philippe.On joint un article de Marcel Ray (1878-1951, normalien, journaliste, diplomate), ami d'enfance de CH.-L. Philippe, qui livre des souvenirs sur l'écrivain et des textes inédits composés lorsqu'il était lycéen au Lycée Banville à Moulins en 1893-1894
Roman policier par Mazy Valentine,traduit par Charles de Richter ,en feuilles,tapuscrit a l’encre rouge et noire,corrigé,ratures,annotations au crayon et encre,daté 3 juin 1944- barré,mais visible, au dernier feuillet : Saint Donat sur l'Herbasse, Centre de Résistance - ?, 217 pages numerotées (p.203 en double).- Charles de Richter a traduit entre autres John Dos Passos La grosse galette (Big money) nrf / Gallimard, Paris, 1946 - publié ?:Signé Jules César, Éditions NEF, coll. Le Livre de minuit, 1943 ? erreur Wiki - .,pas à la BNF ? - provenance archives Charles de Richter,période toulonnaise.- joint à l'achat, scan du contrat d'édition la BRUYERE 1950; non paru ?.- Pendant la guerre 1939/1945, Saint Donat fut un relais important dans l'organisation de la Résistance et a accueilli de nombreux réfugiés, parmi eux , Louis Aragon et Elsa Triolet.- Sera joint à tout achat, le scan de l'autobiographie de Charles de Richter,3 feuillets tapuscrit.
lisible,bon etat,quelques feuilles un peu effrangées- Romancier, auteur de comédies et de recueils de contes d'inspiration provençale, auteur et traducteur de romans policiers. - Secrétaire et collaborateur de Gaston Leroux, dont il a terminé le roman "Les chasseurs de danse". - Collaborateur à la revue "Sur la Riviera".Charles de Richter est un auteur français né le 14 février 1887 à Phlippeville (Algérie). Il vit quelque temps avec son père le Baron Jules de Richter, célèbre boulevardier et entre ainsi en relation avec Robert de Montesquiou, Boni de Castellane, etc. Il rencontre alors un homme qui aura une grande influence sur lui; Ernest Lajeunesse, critique dramatique au Journal, dont il devient le secrétaire. Il côtoie alors Tristan Bernard, Alfred Capus, Georges Feydeau, Gaston Leroux, Blasco Ibanez. Et commence à écrire pour Fantasio et diverses revues théâtrales. Il débute au théâtre comme co-auteur du Journal Joué qui tiendra près de deux ans au théâtre de L'Athénée. Il écrit aussi quelques revues. Mobilisé en 14, il est renvoyé dans ses foyers en raison d'une grave maladie de coeur. Sur l'insistance de Maeterlinck, de Gaston Leroux et de Ibanez, il assume la rédaction en chef de la revue parisienne Sur la Riviera, publiée l'hiver à Nice et l'été à Deauville. C'est alors qu'il séjournait à Nice qu'il tâte du roman: Gaston Leroux, très malade, lui demande de terminer une oeuvre en cours de publication. Charles de RICHTER s'étant exécuté, envisage alors de faire une carrière de romancier: Il avait déjà fait paraître un recueil de vers et un livre pour enfants. ....... Remise de 20% pour toutes commandes supérieures à 200 €
Paris, Alphonse Levavasseur, 1836. 2 vol. in-8, XVI-434 pp. 5 pl. + 507 pp. 14 pl., demi-chagrin à coins aubergine de Petit successeur de Simier, double filet doré sur les plats, dos à nerfs orné de caissons dorés et du chiffre doré B.B., tête dorée (dos légèrement éclairci, minuscules frottements et épidermures, pâles rousseurs, p. XVI relié entre le frontispice et le titre, l'encre ferro-gallique de la lettrine a dégradé le papier).
Première édition complète de ce recueil de lettres de Charles de Brosses, rédigées lors de son voyage en Italie. L'édition originale était fautive et ne donnait pas le texte intégral des lettres. Elle est ornée d'un portrait de l'auteur en frontispice, d'après Cochin et gravé par Saint-Aubin et des portraits de Jean Bouhier, de François Ier de Lorraine, de Charles III d'Espagne par Barbié, de Buffon d'après un buste de Houdon par Delafontaine gravé par Duperel, au premier volume. Le second comprend un frontispice un profil d'homme non identifié, une vue de la Place d'Espagne de Rome dépliante contrecollée sur papier fort et des portraits du père Guérin de Tencin par Desrochers, daté sur la planche 1740, de Clément XII, de Domenico Silvio Passionei, de Jacques III d'Angleterre d'après Belle gravé par Busan, du prince Charles Édouard Stuart d'après Toqué gravé par Busan, de Neri Maria Corsini, de Niccolò Coscia, de Troiano Acquaviva d'Aragona, de Jean François de Troy, d'Annibale Albani, d'Alessandro Albani et de Benoît XIV. Le second volume contient également un poème manuscrit d'un sonnet en italien, signé du docteur Nicolò Bonanno e Lanza, un noble de la ville de Lupane, en l'honneur du cardinal Alessandro Albani orné d'un belle lettrine et joliment calligraphié. Les deux volumes sont complets de leur errata. Ex-libris héraldique du comte de Baillon. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque. Utrecht, Antoine Schouten, 1713. - Projet pour rendre la paix perpétuelle entre les souverains chrétiens, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour affermir beaucoup davantage les maisons souveraines sur le trône, proposé autrefois par Henry le grand. Utrecht, Schouten, 1717. 3 volumes in-12, I/ (1) portrait de l’auteur, (3) ff.., xxiv pp., 400, (10); II/ (1) gravure à pleine page, (1) f. de titre, 423 pp., (9) pp.; III/ xxxiv pp., (10) pp., 455 pp., (4) pp., 4 gravures hors-texte à pleine page dont une dépliante. Veau brun, filet à froid autour des plats, dos à nerfs richement ornés, coupes décorées, tranches marbrées. Reliure de l'époque. 165 x 93 mm.
Rare édition originale de ce qui va devenir le plus célèbre ouvrage de l’abbé de Saint-Pierre, le Projet de paix perpétuelle. L'abbé de Saint-Pierre (1658-1743) a rédigé non moins de quatre ébauches de ce texte, imprimées à petit tirage, avant de publier cet état définitif, qu'il fit donc imprimer sans nom d'auteur et sous une fausse adresse. Se situant dans le cours d'une vieille tradition pacifiste, le Projet donne des moyens géométriques d'obtenir une paix définitive. Le principal d'entre eux, anticipant les tentatives du XXe siècle en la matière, consistait en la réunion d'un congrès européen permanent, siégeant à Utrecht et composé des représentants de chaque pays. Chargé de résoudre les conflits entre membres par l'arbitrage et la médiation, il ne devait recourir à la force qu'en cas de refus d'une sentence. La présente édition édition, Utrecht, Schouten, 1713, fut complétée en 1717 d'un 3e tome. Charles Irénée Castel, Abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est issu d'une famille de noblesse normande. Ayant reçu les ordres mineurs (1680), l'abbé de Saint-Pierre, ami de Fontenelle, est mêlé assez tôt à la vie intellectuelle parisienne. Il sera un des fondateurs du club de l’entresol, société de libre réflexion politique. Jusqu'à la fin de sa vie, il multiplie les projets de réforme sur les impôts, le système bancaire, les routes, les armées, l'assistance aux pauvres, la pédagogie, l'orthographe. « Le « Projet de paix perpétuelle, » conçu vers 1708, a eu d'abord trois ébauches imprimées successives, à petit tirage, dont une, éditée peut-être sans son aveu, est datée de Cologne, 1712, sous le titre de « Mémoires pour rendre la paix perpétuelle en Europe ». La version la plus développée paraît en 1713 (deux tomes), complétée par un volume d'éclaircissement (1717), suivi par un « Abrégé» (1729) et une dernière édition (1747). Le « Projet » expose, dans une logique toute cartésienne, les moyens de mettre fin à la guerre. Se situant dans une tradition pacifiste qui remonte à l'Antiquité, il est aussi le sursaut d'une conscience révoltée par la politique belliciste de Louis xiv. Il préconise une diète européenne, siégeant à Utrecht, composée par les représentants de chaque pays. La situation territoriale des nations participantes étant garantie, la Diète règle par la médiation et l'arbitrage des différends entre les États. L'intervention armée est seulement prévue contre tout membre de l'alliance qui ne se conformerait pas à la décision arbitrale. La modernité et la générosité de ce projet, qui avait aussi pour les États l'avantage de « procurer une diminution très considérable de leur dépense militaire », ne font aucun doute. Mais l'auteur reste attaché à une idéologie d'Ancien Régime : en témoignent son souci d'assurer aux princes dans leurs États, grâce à leur alliance, « un prompt et suffisant secours (...) contre les séditieux et les rebelles », ainsi que ses variations, d'une version à l'autre, sur les rapports à établir entre la confédération des nations chrétiennes et l'Empire Ottoman, l'une d'elles (en 1717) impliquant l'organisation d'une croisade contre les Turcs. Malgré ses limites, ce rêve pacifique stimule Jean-Jacques Rousseau qui publie en 1761 un « Extrait du projet de paix perpétuelle », assurant à l'abbé une renommée européenne. Kant a été un de ses émules, comme tous ceux qui ont voulu préparer la « Société des Nations ». Roland Desné. Ce célèbre livre constitue l’une des toutes premières tentatives d'organisation systématique de la société internationale. Ému par les souffrances engendrées par la guerre de Succession d’Espagne, l'abbé de Saint-Pierre proposait aux États de renoncer à la force et de régler leurs litiges devant une - société européenne - disposant d'une Assemblée générale et de bureaux spécialisés (pour les problèmes juridiques, le commerce…). Avec un grand luxe de détails, et beaucoup d'optimisme, l’Abbé explique pourquoi les États ont plus d'intérêt à adopter son projet qu'à le rejeter, avec des arguments que reprendront par la suite les théoriciens libéraux, notamment la paix qui favorise le commerce et les discussions sur le fonctionnement d'un système à deux ou trois acteurs. Au-delà de son aspect utopiste qu'avait déjà dénoncé Rousseau (qui, en matière d'utopie, s'y entendait mieux que personne), l'abbé de Saint-Pierre a eu une vision qui anticipe sur plusieurs points les organisations internationales du XXème siècle et fait de multiples réflexions sur la société internationale qui en font un des grands fondateurs de la théorie des relations internationales. (Hervé Coutau-Bégarie. Paris, 1987). «Cette œuvre capitale, publiée à très petit nombre d’exemplaires, est à peu près introuvable, même en édition courante. Elle constitue, avec deux siècles d'avance sur l'Histoire, le premier essai d'organisation de la sécurité collective. Les idées développées par l'Auteur, reprises d'un projet dû à Henri IV et retrouvé dans les Mémoires de Sully, furent jugées à l'époque utopiques et subversive. Elles paraissent maintenant, sur beaucoup de points, prophétiques. Elles valurent à l’auteur d’être chassé de l’Académie française et de gagner l’immortalité en la perdant. Les calamités qui accompagnèrent et suivirent les guerres de religion au XVIè siècle avaient provoqué dans les esprits une aspiration générale vers une paix définitive, aspiration qui se concrétisa dans ce qui fut par la suite appelé le "Grand Projet" de Henri IV, rapporté par Sully dans les Oeconomies Royales, publiées en 1638: un plan pour l'établissement d'une Confédération destinée à maintenir la paix au sein du monde chrétien. En 1623paraissait un livre intitulé "Le Nouveau Cynée", attribué à un écrivain dont on sait peu de choses, Emeric de La Croix, qui présentait également un plan destiné à assurer une paix perpétuelle entre les nations chrétiennes, lié à un projet de liberté totale de commerce entre les nations. Assez vagues dans leurs conceptions, ces projets n'eurent aucun retentissement à l'époque où ils furent publiés. Par contre, celui que publia Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre eut dès sa parution une grande audience, qui se prolongea pendant le XVIIIe le XIXe et le début du XXe siècle. L'abbé de Saint-Pierre, qui avait accompagné l'abbé de Polignac au Congrès d'Utrecht en 1712, avait été témoin des difficultés qu'éprouvait la conclusion de la paix. Il forma aussitôt le projet de la rendre perpétuelle, et dressa sur le champ les articles du traité qui devait amener ce résultat important. Ce projet fut publié en trois volumes, dont les deux premiers parurent en 1713, et le troisième en 1717. Le bon abbé y démontrait que les traités de paix et d'alliance ne présentaient aucune garantie de durée, et que la paix qu'ils établissaient n'était en réalité qu'une trêve. Le seul moyen de rendre la paix permanente était de la garantir à l'aide d'institutions analogues à celles qui préservent au sein de chaque État la vie et la propriété des citoyens. II proposait donc un plan en cinq articles, qui commentait et expliquait longuement, en indiquant les moyens pratiques de les réaliser: 1°) une alliance générale et perpétuelle entre tous les souverains, sur la base des derniers traités signés. 2°) une contribution de chaque allié à la sûreté et aux dépenses de cette grande alliance. 3°) Le renoncement à jamais pour tous à la voie des armes pour le règlement des différends, et l'engagement d'avoir toujours recours à la conciliation par la médiation des grands alliés, dans le lieu de l'Assemblée Générale. L'intervention immédiate de la totalité des Grands Alliés contre tout souverain qui refuserait d'exécuter les jugements et les règlements des Grands Alliés. 5°) Le règlement à la majorité des voix, de toutes les décisions nécessaires- et importantes pour procurer à la Grande Alliance plus de sécurité et de solidité. Ce projet exposait en fait les bases morales et politiques des institutions qui, après les deux guerres mondiales, tentèrent la pacification du monde: la Société des Nations, et l'Organisation des Nations Unies, qui, toutes deux, se sont réclamées des idées de l’abbé de Saint-Pierre. Le projet de l'abbé peut donc à juste droit être considéré comme 1'utopie la plus importante qu'ait produit l'ancien régime. L’ouvrage parut en deux temps: deux volumes en 1713, c'est à dire à la fin du règne de Louis XIV, dont l'abbé de Saint-Pierre avait vivement critiqué la politique. Le tome troisième, paru en 1717, au début de la régence de Philippe d'Orléans, à l'époque où ce dernier s'efforçait de faire oublier, par de sages mesures, les misères du règne précédent, est dédicacé au Régent. Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre, connu sous le nom d'abbé de Saint-Pierre, né le 18février 1658au château de Saint-Pierre et mort le 29avril 1743à Paris, écrivain et académicien français, est un représentant du courant des Lumières politiques favorable à des réformes impulsées par l'autorité monarchique. Il est surtout connu pour avoir pensé un monde sans guerre. Il fréquente le cercle de madame de La Fayette et celui de la marquise de Lambert, antichambre de l'Académie française et lieu de ralliement des Modernes, visite Nicole, qu'il tient en haute estime, et Malebranche. Grâce à Fontenelle, chef de file des Modernes, et à Madame de Lambert, il est élu en 1695au 8e fauteuil, en remplacement de Bergeret, et n'ayant alors encore presque rien écrit. Dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Fontenelle plaçait ainsi l'un de ses partisans. Il continua d'être reçu dans les salons littéraires, chez mesdames de Tencin, Dupin, d'Avaray, de Coigny, de Matignon, Geoffrin, d'Aiguillon. Introduit par son disciple et ami, le marquis d'Argenson, il participe aux travaux du club de l'Entresol de l'abbé Alary fondé en 1724et publie des mémoires sur des sujets variés pour tenter de persuader le pouvoir monarchique d'impulser des réformes en faveur du plus grand nombre. Après la cessation en 1731des activités de l'Entresol, à la demande du ministre Fleury, Saint-Pierre rassemble et révise la plupart de ses écrits pour les publier en Hollande dans la série des Ouvrages de politique et de morale édité en seize volumes à Rotterdam chez Jan Daniel Beman entre 1733et 1741. À la fin de sa vie il se lie avec Madame Dupin, dont il est le mentor, tout en continuant à promouvoir la paix, y compris auprès de Frédéric II de Prusse auprès de qui il se rend en 1740. Il meurt à Paris le 29avril 1743. Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.
Paris, Jules Renouard et Cie, 1898-1905. 5 vol. in-8, 400 pp. + 461 pp. + 438 pp. + 365 pp. + 343 pp., dos à nerfs, armes du comte d'Antioche dorées en queue du dos, tranches mouchetées (petites taches, quelques minuscules épidermures, petites rousseurs).
Édition publiée par P. Pélicier, sous les auspices de Société de l'Histoire de France. Ex-libris héraldique du comte d'Antioche. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Édition originale absolument rarissime de « La Marquise de Salusses, ou la patience de Grisélidis » de Charles Perrault, conservée dans sa reliure de l’époque. Paris, chez la Veuve de Jean-Baptiste Coignard et Jean-Baptiste Coignard Fils, 1691. In-12 de (6) ff., 324 pp., (1) f.bl. Petit trou de vers dans la marge blanche des 5 premiers feuillets, sans la première garde blanche. Relié en plein veau brun de l’époque anciennement restauré, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches mouchetées. Mors et dos frottés. Reliure de l’époque. 166 x 91 mm.
Édition originale absolument rarissime de ce conte de Charles Perrault parue quelques semaines avant la première édition séparée. Il s’agit ici de l’édition originale avec le titre à l’adresse de la veuve et du fils de J.B. Coignard. Certains exemplaires de cette édition originale portent l’adresse de J.B. Coignard, d’autres celle de sa veuve et de son fils. J.B. Coignard est décédé en 1688 et certains des livres imprimés sur les presses familiales en 1690 portent l’adresse de sa veuve. Mais de nombreux livres sont encore imprimés avec l’adresse de J.B. Coignard jusqu’en 1697. Ainsi, la première édition séparée de La Marquise de Salusses, qui paraît à la fin de 1691, est encore imprimée avec l’adresse de J.B. Coignard. Il est donc extrêmement difficile de savoir lequel des deux feuillets de titre, celui avec l’adresse de l’imprimeur ou celui avec l’adresse de sa veuve et de son fils, fut imprimé avant l’autre. Il est probable que quelques exemplaires de l’édition originale aient été remis dans le commerce à la fin de l’année 1691 avec un titre de relais. Mais donner l’antériorité à l’un ou l’autre feuillet de titre semble difficile. Le 25 aout 1691, l’abbé de Lavau lit à l’Académie Française ‘La Marquise de Salusses ou la patience de Grisélidis’, qui est accueillie avec beaucoup d’applaudissements. La nouvelle en vers de Charles Perrault paraît peu après dans le ‘Recueil’ de l’Académie pour 1691, où figure également ‘A Monsieur ** en luy envoyant la Marquise de Salusses’, ainsi que différents textes de lui. Elle sera aussi, toujours en 1691, publiée séparément chez Jean-Baptiste Coignard. Seule l’édition séparée qui paraît quelques semaines plus tard est décrite par Tchemerzine et déjà qualifiée par lui de « rarissime » (V, 172). Seuls Gumuchian (n°4472), Stoerer et Tannery (n°402) décrivent la présente édition (à l’adresse de J.B. Coignard). « Il est probable que cette nouvelle soit ici en édition originale » écrit Tannery. La lecture du volume, « achevé d’imprimer le 22 septembre 1691 », soit moins d’un mois après la première lecture du texte, ne laisse aucun doute. Dans le passage intitulé « A Monsieur ** en luy envoyant la Marquise de Salusses », page 195, le conteur écrit « Si je m’estais rendu à tous les differents avis qui m’ont esté donnez sur l’Ouvrage que je vous envoye, il n’y seroit rien demeuré que le conte tout sec & tout uni, & en ce cas j’aurois mieux fait de n’y pas toucher & de le laisser dans son papier bleu où il est depuis tant d’années…Ensuite de cette conférence j’ay pris le parti de laisser mon Ouvrage tel à peu près qu’il a esté lu dans l’Académie… J’apprendray du public ce que j’en dois croire et suivray exactement tous ses avis, s’il m’arrive jamais de faire une seconde édition de cet ouvrage ». Cette seconde édition est décrite par Tchemerzine comme originale puisqu’il ignore l’existence de la nôtre. Le récit puise sa source dans le Décaméron de Boccace. A nouveau publiée en 1694, la nouvelle est alors suivie de deux autres contes également en vers, Peau d’Ane et Les Souhaits ridicules dont ce sont les éditions originales. Précieux exemplaire à grandes marges conservé dans sa reliure en plein veau de l’époque.
« Un ouvrage fort utile pour ceux qui s’intéressent à la littérature du XVIIe siècle». Séduisant exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque. Amsterdam, Henry et Theodore Boom, 1672. In-12 de (4) ff. dont 1 frontispice gravé et 472 pp. Plein vélin souple, dos lisse. Reliure de l’époque. 132 x 73 mm.
Séduisant exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque. Première édition imprimée à l’étranger, revue et corrigée, de ce traité de Charles Sorel, de nouveau réimprimé en 1974 puis en 1981. Barbier, Anonymes, I, 692 ; Brunet, V, 458; Willems 1866.L’édition originale avait paru l’année précédente à Paris, également en 1 volume in-12.« Ce traité ‘De la Connoissance des bons livres’, Paris, 1671, ou Amsterdam, 1672, in-12, contient quelques particularités qui le font encore rechercher » (Brunet).« Les connaissances bibliographiques de Charles Sorel lui permirent d’écrire deux ouvrages fort utiles pour ceux qui s’intéressent à la littérature du XVIIe siècle : ‘La Bibliothèque française’ en 1664, puis ‘De la connaissance des bons livres’ en 1671. Il y dresse un panorama de la littérature française et livre ses propres analyses. » « Ni son siècle ni même la postérité n’ont mis en sa vraie place ce romancier, critique, érudit, historien français. Et ce pour plusieurs raisons dont la plus évidente est que Sorel n’a jamais signé ses œuvres » (Jacques Brosse).Le volume contient quatre parties : De la connoissance des bons livres de nostre langue – De l’histoire & des romans – De la poësie Françoise, & des comédies – De la manière de bien parler, & de bien écrire en nostre langue. Du bon stile, & de l’éloquence ; et du nouveau langage Français.« Son dernier ouvrage, ‘De la connaissance des bons livres’ (1672), constitue en quelque sorte ‘l’art poétique’ de Sorel : ouvrage particulièrement intéressant car, en établissant la supériorité de la narration historique sur la fiction poétique, Sorel s’oppose à toute la tradition critique, d’inspiration aristotélicienne, qui dominait en Europe depuis un siècle, et qui a fourni les principes de l’esthétique classique. [...] on y peut pêcher bien des passages intéressants et originaux, et ses réflexions en marge sont d’une grande importante pour qui veut connaître la vie intellectuelle de la première moitié du siècle. » Jacques Brosse.En outre, une récente thèse sur Molière publiée par la Sorbonne relie 5 œuvres pour « La valorisation du naturel et la défense des peintures ‘d’après nature’ en littérature » :La Clélie (1656-1660) de Scudéry,Les Nouvelles Nouvelles de Donneau de Visé, qui attribuent précisément le succès de la Clélie au fait d’avoir su « parler des choses du temps »,Un discours de Guez de Balzac, Du caractère et de l’instruction de la comédie,La préface du Roman comique (1666) de Furetière,Le traité De la connaissance des bons livres (1671) de Sorel. Provenance: ex libris manuscrit sur le titre daté de 1771.
Précieux exemplaire, l’un des rares contenant la pièce en vers de 9 feuillets d’Etienne Pasquier. Paris, Denis du Pré, 1572.In-4 de 53 ff., (1), 9 gravures à pleine page dans le texte et une gravure dépliante hors texte ; 10 ff., 26, (2) ff. dont 1 bl., 9, (2) ff.bl., 6 gravures à pleine page dans le texte. Ex libris manuscrit sur le titre. Relié en plein veau brun granité, filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs orné, coupes décorées, tranches mouchetées. Restaurations anciennes au dos. Reliure du début du XVIIIe siècle. 235 x 157 mm.
Édition originale de l’une des plus belles entrées de la Renaissance française contenant plusieurs dizaines de pièces de Ronsard, Antoine de Baïf, Amadis Jamyn, Jean Dorat, Du Faur de Pibrac, Pasquier,... en édition originale. Mortimer, French, 205-206 ; Rahir, Dutuit, 676 ; Picot, Rothschild, 3117 ; Brunet, II, 1001; Pichon, 4897; Fairfax Murray, French, 152. Un des beaux livres de fêtes français du XVIe siècle relatant le couronnement de la reine Elisabeth d’Autriche, épouse de Charles IX et fille de l’Empereur Maximilien II, qui avait eu lieu à l’abbaye de Saint-Denis, ainsi que l’entrée des souverains dans la capitale. L’ouvrage est dû à l’échevin parisien Simon Bouquet que ses collègues de l’Hôtel de Ville avaient chargé d’ordonner la fête et de diriger l’agencement des décors ; celui-ci en avait confié la mise en scène à Ronsard et à Dorat qui en fixèrent le thème : l’heureuse rencontre de la France et de la Germanie. Ce sont ces deux poètes qui firent appel à Germain Pilon pour les sculptures, à Le Conte pour les travaux de charpenterie, et pour les perspectives et les peintures à Pierre d’Angers et à Nicolo dell’Abbate, le célèbre émule du Primatice à Fontainebleau. L’édition comporte 16 planches sur bois à pleine page dont une dépliante, dues au tailleur et graveur en pierres précieuses Olivier Codoré, nom abrégé, selon Mariette, du valet de chambre et graveur en pierres fines du futur Henri IV, surnommé Coldoré à cause de l’abondance de colliers qu’il exhibait volontiers. L’illustration figure les architectures éphémères, arcs triomphaux, berceaux de lierre et de feuillage, fontaines,... dressés sur le chemin du cortège royal. Elle présente l’intérêt d’être, elle-même, « à transformations ». Ces cérémonies avaient été retardées pendant une dizaine d’années, Charles IX ne pouvant faire son entrée solennelle dans la capitale que grâce à la récente conclusion de la paix de Saint-Germain, le 11 août 1570, qui mettait un terme provisoire à une décennie de guerres de religion. « L’entrée du roi est ornée de 10 figures dont 9 mesurent 200 x 140 ; la dizième, plus grande (208 x 212) représente la perspective de la peinture dressée place du Chatelet. Ces bois offrent des similitudes avec ceux de l’Entrée de Henri II. L’Entrée de la reine est ornée de 6 bois formés chacun de deux parties : la partie inférieure est la reproduction exacte de la figure correspondantes de l’entrée du roi ; la partie supérieure seule a été regravée, avec des sujets différents. La reine ayant fait son entrée 23 jours après celle du roi, on avait dû conserver les mêmes décors et remplacer les allégories et inscriptions par d’autres mieux appropriées. Toute cette décoration serait de Codoré ainsi que le laisse entendre le privilège. Selon Mariette, Codoré serait le surnom de Fontenay, graveur en pierres fines de Henri IV. » (Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance, p. 181). Le volume comporte une remarque de premier tirage : le mot « vouloir » au f.34 v° n’a pas été ajouté à la ligne 7. Brunet (II, 1001) mentionne « A quelques exemplaires la page ‘Simon Bouquet’ est suivie d’une pièce en vers signée E. Pasquier Parisien intitulée ‘Au Roy Congratulation de la paix faicte par sa Majesté entre ses sujets l’onzieme jour d’Aoust 1570’, 9 feuillets » Notre exemplaire est l’un des très rares à posséder cette pièce en vers de Pasquier. La reine étant souffrante, une autre fête fut organisée en son honneur trois semaines plus tard. Les mêmes architectures éphémères furent employées mais on les décora de nouvelles figures allégoriques. Précieux exemplaire grand de marges et non lavé, conservé dans sa reliure du XVIIIe siècle. Les exemplaires en reliure ancienne sont rares, la plupart ayant été reliés à nouveau - et lavés par la même occasion – à la fin du XIXe siècle.
[Charles X] Mea culpa de Charles X ex roi de France, et de ses Ministres - Les adieux de Charles aux Français. - Son départ pour se rendre en Saxe passant par Hambourg accompagné seulement de cent personnes. Paris 14 août 1830.
Reference : 013495
[Charles X] Mea culpa de Charles X ex roi de France, et de ses Ministres - Les adieux de Charles aux Français. - Son départ pour se rendre en Saxe passant par Hambourg accompagné seulement de cent personnes. Paris 14 août 1830. [Paris], imprimerie de Demonville, rue Christine n°2. 2p in-4. Rare document contre le roi déchu et ses ministres, à peine répertorié, qui existe dans deux versions : la nôtre et une imprimée à Nancy chez Richard-Durupt. Le WorldCat ne donne qu'un seul exemplaire de chaque tirage : Leyde pour notre tirage, BnF pour celui de Nancy. Ce document se présente comme une lettre de Charles X, commençant et finissant par la formule « Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa », dans laquelle on voit un roi faible, naïf, manipulé par ses ministres dont certains, pourtant catholiques, ne sont que des « loups ravissants ». A la fin de la lettre, trois petits paragraphes montrent que le document date d'août 1830. En effet, il est dit que Charles X part en Saxe via Hambourg, ne pouvant se rendre en Angleterre, alors qu'il embarque le 16 août pour l'Angleterre. Très rare document. [304-2]
Paris, Librairie Durel, 1891. In-4, XI-236 pp. + 25 pp., demi-basane maroquinée rouge, dos à nerfs orné de filets dorés, tranches mouchetées (taches, rousseurs, annotations).
Catalogue de la vente des ouvrages et manuscrits de Charles Cousin et ses prix d'adjudication. Il comprend, relié en tête la note du relieur comportant le nom du propriétaire qui a commandé la reliure. Une main ancienne a noté les prix d'adjudication en marge du catalogue. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, P.-V. Stock, 1908. In-8, XIX-220 pp., broché, couverture originale imprimée (couverture empoussiérée, quelques petits manques ou déchirures marginales, quelques petites taches).
Édition originale posthume, Charles Cros étant décédé en 1888. Elle comporte une préface d'Émile Gautier ainsi qu'un avant-propos de Guy-Charles Cros, fils du poète Charles Cros. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, Pleyel, s.d . 2 volumes in-4 oblong, (28)-(10) et (11)-(28) ff., reliure de l'époque demi-vélin vert à petits coins (reliures un peu frottées, défauts, manques à une pièce de titre). Ex-libris manuscrit : Charles des Moulins. Tampon humide : Ignace Pleyel.
Partitions imprimées de 7 trios de Mozart, et partitions manuscrites de 2 duos, 3 trios et une sonate de Charles Desmoulins. * Voir photographies / See pictures. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Charles de LA ROUNAT. Lettre autographe signée à Charles FECHTER, un 30 septembre Écrivain Lettre autographe signée collée sur une feuille blanche, à Charles Fechter qui fut son associé à la direction de l'Odéon de mars 1857 à la fin 1858. Jointe à la lettre, une transcription faite par un ancien collectionneur. Dimensions : 20,5 x 13,3 cm Nombre de pages : 3 pages Charles de LA ROUNAT Charles de La Rounat, de son vrai nom Aimé-Nicolas-Charles Rouvenat, est un écrivain, dramaturge, journaliste et directeur de théâtre français né le 16 avril 1818 à Paris et mort le 25 décembre 1884 à Paris 6ᵉ. Charles FECHTER Charles Albert Fechter, né le 23 octobre 1824 à Belleville et mort le 5 aout 1879 à Quakertown, est un acteur français.
Charles de Richter, Mazy ou Mary Valentine - RICHTER (Charles de). - Charles de Richter
Reference : 27203
TAPUSCRIT avec corrections manuscrites, 98p.(ff),sous chemise,440.000 signes,bon état - provenance archives Charles de Richter,période toulonnaise.
Romancier, auteur de comédies et de recueils de contes d'inspiration provençale, auteur et traducteur de romans policiers. - Secrétaire et collaborateur de Gaston Leroux, dont il a terminé le roman "Les chasseurs de danse". - Collaborateur à la revue "Sur la Riviera". Charles de Richter est un auteur français né le 14 février 1887 à Phlippeville (Algérie). Il vit quelque temps avec son père le Baron Jules de Richter, célèbre boulevardier et entre ainsi en relation avec Robert de Montesquiou, Boni de Castellane, etc. Il rencontre alors un homme qui aura une grande influence sur lui; Ernest Lajeunesse, critique dramatique au Journal, dont il devient le secrétaire. Il côtoie alors Tristan Bernard, Alfred Capus, Georges Feydeau, Gaston Leroux, Blasco Ibanez. Et commence à écrire pour Fantasio et diverses revues théâtrales. Il débute au théâtre comme co-auteur du Journal Joué qui tiendra près de deux ans au théâtre de L'Athénée. Il écrit aussi quelques revues. Mobilisé en 14, il est renvoyé dans ses foyers en raison d'une grave maladie de coeur. Sur l'insistance de Maeterlinck, de Gaston Leroux et de Ibanez, il assume la rédaction en chef de la revue parisienne Sur la Riviera, publiée l'hiver à Nice et l'été à Deauville. C'est alors qu'il séjournait à Nice qu'il tâte du roman: Gaston Leroux, très malade, lui demande de terminer une oeuvre en cours de publication. Charles de RICHTER s'étant exécuté, envisage alors de faire une carrière de romancier: Il avait déjà fait paraître un recueil de vers et un livre pour enfants. ....... Remise de 20% pour toutes commandes supérieures à 200 €
Charles X. Extrait d'une ordonnance du Roi signé Charles, 1829 Extrait d'une ordonnance du Roi, signé Charles. Signé par le Ministre Secrétaire d'État au département de l'intérieur (le Vicomte de Martignac), par le Conseiller d'État secrétaire général du ministre de l'Intérieur (Marie Auguste de Balzac) et par le secrétaire Général. "[...] Nous avons ordonné, et ordonnons, ce qui suit. Article premier La portion du territoire circonscrite par une ligne jaune, sur le plan ci-annexé, et qui forme enclave dans les commune de Bérou, arrondissement de Dreux, département d'Eure-et-Loir, est distraite de la commune d'Acon, arrondissement d’Évreux, département de l'Eure, et réunis à la commune de Bérou, où elle sera exclusivement imposée à l'avenir. Article 6 Les diverse dispositions qui précèdent auront lieu sans préjudice des droits d'usage, ou autres qui seraient réciproquement acquis. Article 7 Les ministres secrétaires d’État de l'Intérieur et des finances, sont chargés de l'Exécution de la présente Ordonnance (Chacun en ce qui le concerne). Donné en notre château de St Cloud le 28 mai de l'an de grâce milhuit cent vingt neuf, et de notre Règne 5e. Signé Charles par le roi" Dimensions : 20,1 x 30,7 cm État : Voir photos pour plus de détails. Nombre de pages : 2 pages Charles X Charles-Philippe de France, comte d'Artois, né le 9 octobre 1757 au château de Versailles et mort le 6 novembre 1836 à Görtz, est roi de France et de Navarre de septembre 1824 à août 1830, sous le nom de Charles X.
( Ayuso ) - Arthur Rimbaud, Charles Marie Leconte de Lisle, Jules de Ressseguier, Alfred de Musset, Léon Dierx, Alfred de Vigny, Stéphane Mallarmé, Xavier Forneret, Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Marceline Desbordes-Valmore, Victor Mirabeau, Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Jules Barbey d'Aurevilly, Théophile Gautier, Charles Cros.
Reference : 8844
(1985)
Paris / Editions du Club du Livre 1985. In-4 en feuilles de 44 pages au format 18,5 x 27,cm. Couverture rempliée illustrée. Livre glissé sous chemise et double emboitâge en feutrine bordeaux au format 19 x 3,5 x 28 cm. Poèmes d'Arthur Rimbaud, Charles Marie Leconte de Lisle, Jules de Ressseguier, Alfred de Musset, Léon Dierx, Alfred de Vigny, Stéphane Mallarmé, Xavier Forneret, Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Marceline Desbordes-Valmore, Victor Mirabeau, Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Jules Barbey d'Aurevilly, Théophile Gautier, Charles Cros, accompagnés de 4 magnifiques gravures originales sur cuivre de Ayuso, sous serpente, signées par l'artiste. Magnifique édition originale illustrée, tirée uniquement à 966 exemplaires numéroté sur vélin de rives ( n° 287 ), après 14 du tirage de tête. Etat proche du neuf. Rare.
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1) BOUCHER (Nicolas.) Caroli Lotharingi Card. et Francisci Ducis Guysii, literae et arma, in funebri oratione habita Nancij… Paris, Morel, 1577. 4 ff. n. ch. (dont le titre dans un bel encadr. gravé), 97 ff. chiffrés, planche gravée montrant le tombeau des Guise, 3 ff. n. chiffrés portant 5 planches des détails de l’épitaphe dans de beaux encadrements et une lettre de Jac. Bornonius, incomplet des ff. 101 à 108. ÉDITION ORIGINALE. Nicolas BOUCHER, évêque de Verdun fut précepteur auprès de Charles de Lorraine, et de Charles de Vaudémont son cousin. « C’est à leur intention que Boucher publia en 1577 son éloge du duc de Guise et du Cardinal de Lorraine, ouvrage éminemment instructif pour de futurs prélats ayant besoin de modèles. » dit Cullière, Les écrivains et le pouvoir en Lorraine p 422. Ce livre est l’apologie du duc Charles de Lorraine-Guise, né en 1524. Il fut évêque de Metz à 14 ans, ensuite pourvu de l’archevêché de Reims et élevé au cardinalat en 1547. Il fonda l’université de Reims et contribua à celle de Pont-à-Mousson. Le ton de l’ouvrage est élogieux à l’égard de ces deux élèves qui donnent beaucoup d’espoir à leur maître, même si l’auteur se permet de les réprimander respectueusement en laissant entendre dans l’épître dédicatoire à quel point se feraient « hayr et mespriser » des princes qui, au temps de leur jeunesse, se seraient laissés aller à « nonchalence et faitardise. » Dumoulin 283 décrit un exemplaire avec 6 ff. liminaires (et non 4 comme dans notre exemplaire) avec 2 portraits, Index Aureliensis V, p.38 donne 4 ff. lim. comme dans notre exemplaire. Les ff. 101 à 108 manquent, il s’agit de poèmes en latin qui n’ont pas été traduits dans l’édition française (voir le n°3.)2) LORRAINE (Charles de.) Concio : ultima earum, quas habuit apud Sactu Petrum ad facras Virgines, Rhemis, in Aduentu, 1573. Paris, Morel, 1577. 17 ff. chiffrés (y compris le titre dans un bel encadr. gravé), 1 f. n. ch. blanc. ÉDITION ORIGINALE de la traduction latine par Nicolas Boucher du sermon prononcé par le Cardinal Charles de Lorraine au monastère Saint Pierre de Reims pendant l’avent 1573.3) BOUCHER (Nicolas.) La Conjonction des lettres et des armes des deux très illustres princes Lorrains Charles Cardinal de Lorraine et François Duc de Guise, frères. Reims, Jean de Foigny, 1579. 8 ff. n. ch. (dont le titre dans un bel encadr. gravé), 164 ff. ch. Les titres de chaque ouvrage sont dans de beaux encadrements sur bois gravés. Il s’agit de la première traduction en français du premier texte de ce recueil. La traduction est de Jacques Tigeou qui la dédie à Ph. Emmanuel de Mercoeur. Plus qu’une traduction, il s’agit d’une œuvre complémentaire augmentée de 5 poèmes (ff. 130, 131, 132) par G. CORROZET, N. PINTHEAU, N. GILLET et Pierre de RONSARD. Les deux poèmes de Ronsard, Epitaphe de Françolis de Lorraine Duc de Guyse et Prosopopee de M. Monseign. François de Lorraine paraissent ici en ÉDITION ORIGINALE, Tchemerzine 9 p. 463. Cette édition est en outre augmentée du sermon de Charles de Lorraine (la traduction latine de Boucher en 2), de deux oraisons du même, l’une faite au concile de Trente, l’autre au colloque de Poissy, ainsi que des Sages remontrances & derniers propos de mondit Seigneur le Duc de Guyse… Au sujet de Jacques Tigeou, voir Port, Dict. historique du Maine et Loir, III p. 588. Le verso du feuillet 127 indique qu’ “Icy faut mettre l’effigie de feu mondit Seigneur le Cardinal.,” Bibliotheca bibliographica Aureliana, 17, p. 95 mentionne aussi ce portrait hors-texte qui manque à notre exemplaire.Précieux exemplaire établi pour l’un des deux dédicataires du livre, Charles de Lorraine (1567-1607) fils du Duc Charles III et évêque de Metz avec ses armes au centre des plats. L’exemplaire a été entièrement réglé.Autres provenances : bibliothèque G. Chartener (1813-1884) qui fut bibliothécaire (ex-libris.) - Bibliothèque A. Werlé (ex-libris.) - Bibliothèque L.-A. Barbet (ex-libris manuscrit), dont il constitue le n°283 du Catal. de la bibliothèque de feu L.-A. Barbet.
Précieux exemplaire aux armes du dédicataire.