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‎Charles-Irenée CASTEL, Abbé de Saint-Pierre (1658-1743).‎

Reference : LCS-A63

‎Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe. Rare édition originale de ce qui va devenir le plus célèbre ouvrage de l’Abbé de Saint-Pierre, le Projet de paix perpétuelle.‎

‎Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque. Utrecht, Antoine Schouten, 1713. - Projet pour rendre la paix perpétuelle entre les souverains chrétiens, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour affermir beaucoup davantage les maisons souveraines sur le trône, proposé autrefois par Henry le grand. Utrecht, Schouten, 1717. 3 volumes in-12, I/ (1) portrait de l’auteur, (3) ff.., xxiv pp., 400, (10); II/ (1) gravure à pleine page, (1) f. de titre, 423 pp., (9) pp.; III/ xxxiv pp., (10) pp., 455 pp., (4) pp., 4 gravures hors-texte à pleine page dont une dépliante. Veau brun, filet à froid autour des plats, dos à nerfs richement ornés, coupes décorées, tranches marbrées. Reliure de l'époque. 165 x 93 mm.‎


‎Rare édition originale de ce qui va devenir le plus célèbre ouvrage de l’abbé de Saint-Pierre, le Projet de paix perpétuelle. L'abbé de Saint-Pierre (1658-1743) a rédigé non moins de quatre ébauches de ce texte, imprimées à petit tirage, avant de publier cet état définitif, qu'il fit donc imprimer sans nom d'auteur et sous une fausse adresse. Se situant dans le cours d'une vieille tradition pacifiste, le Projet donne des moyens géométriques d'obtenir une paix définitive. Le principal d'entre eux, anticipant les tentatives du XXe siècle en la matière, consistait en la réunion d'un congrès européen permanent, siégeant à Utrecht et composé des représentants de chaque pays. Chargé de résoudre les conflits entre membres par l'arbitrage et la médiation, il ne devait recourir à la force qu'en cas de refus d'une sentence. La présente édition édition, Utrecht, Schouten, 1713, fut complétée en 1717 d'un 3e tome. Charles Irénée Castel, Abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est issu d'une famille de noblesse normande. Ayant reçu les ordres mineurs (1680), l'abbé de Saint-Pierre, ami de Fontenelle, est mêlé assez tôt à la vie intellectuelle parisienne. Il sera un des fondateurs du club de l’entresol, société de libre réflexion politique. Jusqu'à la fin de sa vie, il multiplie les projets de réforme sur les impôts, le système bancaire, les routes, les armées, l'assistance aux pauvres, la pédagogie, l'orthographe. « Le « Projet de paix perpétuelle, » conçu vers 1708, a eu d'abord trois ébauches imprimées successives, à petit tirage, dont une, éditée peut-être sans son aveu, est datée de Cologne, 1712, sous le titre de « Mémoires pour rendre la paix perpétuelle en Europe ». La version la plus développée paraît en 1713 (deux tomes), complétée par un volume d'éclaircissement (1717), suivi par un « Abrégé» (1729) et une dernière édition (1747). Le « Projet » expose, dans une logique toute cartésienne, les moyens de mettre fin à la guerre. Se situant dans une tradition pacifiste qui remonte à l'Antiquité, il est aussi le sursaut d'une conscience révoltée par la politique belliciste de Louis xiv. Il préconise une diète européenne, siégeant à Utrecht, composée par les représentants de chaque pays. La situation territoriale des nations participantes étant garantie, la Diète règle par la médiation et l'arbitrage des différends entre les États. L'intervention armée est seulement prévue contre tout membre de l'alliance qui ne se conformerait pas à la décision arbitrale. La modernité et la générosité de ce projet, qui avait aussi pour les États l'avantage de « procurer une diminution très considérable de leur dépense militaire », ne font aucun doute. Mais l'auteur reste attaché à une idéologie d'Ancien Régime : en témoignent son souci d'assurer aux princes dans leurs États, grâce à leur alliance, « un prompt et suffisant secours (...) contre les séditieux et les rebelles », ainsi que ses variations, d'une version à l'autre, sur les rapports à établir entre la confédération des nations chrétiennes et l'Empire Ottoman, l'une d'elles (en 1717) impliquant l'organisation d'une croisade contre les Turcs. Malgré ses limites, ce rêve pacifique stimule Jean-Jacques Rousseau qui publie en 1761 un « Extrait du projet de paix perpétuelle », assurant à l'abbé une renommée européenne. Kant a été un de ses émules, comme tous ceux qui ont voulu préparer la « Société des Nations ». Roland Desné. Ce célèbre livre constitue l’une des toutes premières tentatives d'organisation systématique de la société internationale. Ému par les souffrances engendrées par la guerre de Succession d’Espagne, l'abbé de Saint-Pierre proposait aux États de renoncer à la force et de régler leurs litiges devant une - société européenne - disposant d'une Assemblée générale et de bureaux spécialisés (pour les problèmes juridiques, le commerce…). Avec un grand luxe de détails, et beaucoup d'optimisme, l’Abbé explique pourquoi les États ont plus d'intérêt à adopter son projet qu'à le rejeter, avec des arguments que reprendront par la suite les théoriciens libéraux, notamment la paix qui favorise le commerce et les discussions sur le fonctionnement d'un système à deux ou trois acteurs. Au-delà de son aspect utopiste qu'avait déjà dénoncé Rousseau (qui, en matière d'utopie, s'y entendait mieux que personne), l'abbé de Saint-Pierre a eu une vision qui anticipe sur plusieurs points les organisations internationales du XXème siècle et fait de multiples réflexions sur la société internationale qui en font un des grands fondateurs de la théorie des relations internationales. (Hervé Coutau-Bégarie. Paris, 1987). «Cette œuvre capitale, publiée à très petit nombre d’exemplaires, est à peu près introuvable, même en édition courante. Elle constitue, avec deux siècles d'avance sur l'Histoire, le premier essai d'organisation de la sécurité collective. Les idées développées par l'Auteur, reprises d'un projet dû à Henri IV et retrouvé dans les Mémoires de Sully, furent jugées à l'époque utopiques et subversive. Elles paraissent maintenant, sur beaucoup de points, prophétiques. Elles valurent à l’auteur d’être chassé de l’Académie française et de gagner l’immortalité en la perdant. Les calamités qui accompagnèrent et suivirent les guerres de religion au XVIè siècle avaient provoqué dans les esprits une aspiration générale vers une paix définitive, aspiration qui se concrétisa dans ce qui fut par la suite appelé le "Grand Projet" de Henri IV, rapporté par Sully dans les Oeconomies Royales, publiées en 1638: un plan pour l'établissement d'une Confédération destinée à maintenir la paix au sein du monde chrétien. En 1623paraissait un livre intitulé "Le Nouveau Cynée", attribué à un écrivain dont on sait peu de choses, Emeric de La Croix, qui présentait également un plan destiné à assurer une paix perpétuelle entre les nations chrétiennes, lié à un projet de liberté totale de commerce entre les nations. Assez vagues dans leurs conceptions, ces projets n'eurent aucun retentissement à l'époque où ils furent publiés. Par contre, celui que publia Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre eut dès sa parution une grande audience, qui se prolongea pendant le XVIIIe le XIXe et le début du XXe siècle. L'abbé de Saint-Pierre, qui avait accompagné l'abbé de Polignac au Congrès d'Utrecht en 1712, avait été témoin des difficultés qu'éprouvait la conclusion de la paix. Il forma aussitôt le projet de la rendre perpétuelle, et dressa sur le champ les articles du traité qui devait amener ce résultat important. Ce projet fut publié en trois volumes, dont les deux premiers parurent en 1713, et le troisième en 1717. Le bon abbé y démontrait que les traités de paix et d'alliance ne présentaient aucune garantie de durée, et que la paix qu'ils établissaient n'était en réalité qu'une trêve. Le seul moyen de rendre la paix permanente était de la garantir à l'aide d'institutions analogues à celles qui préservent au sein de chaque État la vie et la propriété des citoyens. II proposait donc un plan en cinq articles, qui commentait et expliquait longuement, en indiquant les moyens pratiques de les réaliser: 1°) une alliance générale et perpétuelle entre tous les souverains, sur la base des derniers traités signés. 2°) une contribution de chaque allié à la sûreté et aux dépenses de cette grande alliance. 3°) Le renoncement à jamais pour tous à la voie des armes pour le règlement des différends, et l'engagement d'avoir toujours recours à la conciliation par la médiation des grands alliés, dans le lieu de l'Assemblée Générale. L'intervention immédiate de la totalité des Grands Alliés contre tout souverain qui refuserait d'exécuter les jugements et les règlements des Grands Alliés. 5°) Le règlement à la majorité des voix, de toutes les décisions nécessaires- et importantes pour procurer à la Grande Alliance plus de sécurité et de solidité. Ce projet exposait en fait les bases morales et politiques des institutions qui, après les deux guerres mondiales, tentèrent la pacification du monde: la Société des Nations, et l'Organisation des Nations Unies, qui, toutes deux, se sont réclamées des idées de l’abbé de Saint-Pierre. Le projet de l'abbé peut donc à juste droit être considéré comme 1'utopie la plus importante qu'ait produit l'ancien régime. L’ouvrage parut en deux temps: deux volumes en 1713, c'est à dire à la fin du règne de Louis XIV, dont l'abbé de Saint-Pierre avait vivement critiqué la politique. Le tome troisième, paru en 1717, au début de la régence de Philippe d'Orléans, à l'époque où ce dernier s'efforçait de faire oublier, par de sages mesures, les misères du règne précédent, est dédicacé au Régent. Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre, connu sous le nom d'abbé de Saint-Pierre, né le 18février 1658au château de Saint-Pierre et mort le 29avril 1743à Paris, écrivain et académicien français, est un représentant du courant des Lumières politiques favorable à des réformes impulsées par l'autorité monarchique. Il est surtout connu pour avoir pensé un monde sans guerre. Il fréquente le cercle de madame de La Fayette et celui de la marquise de Lambert, antichambre de l'Académie française et lieu de ralliement des Modernes, visite Nicole, qu'il tient en haute estime, et Malebranche. Grâce à Fontenelle, chef de file des Modernes, et à Madame de Lambert, il est élu en 1695au 8e fauteuil, en remplacement de Bergeret, et n'ayant alors encore presque rien écrit. Dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Fontenelle plaçait ainsi l'un de ses partisans. Il continua d'être reçu dans les salons littéraires, chez mesdames de Tencin, Dupin, d'Avaray, de Coigny, de Matignon, Geoffrin, d'Aiguillon. Introduit par son disciple et ami, le marquis d'Argenson, il participe aux travaux du club de l'Entresol de l'abbé Alary fondé en 1724et publie des mémoires sur des sujets variés pour tenter de persuader le pouvoir monarchique d'impulser des réformes en faveur du plus grand nombre. Après la cessation en 1731des activités de l'Entresol, à la demande du ministre Fleury, Saint-Pierre rassemble et révise la plupart de ses écrits pour les publier en Hollande dans la série des Ouvrages de politique et de morale édité en seize volumes à Rotterdam chez Jan Daniel Beman entre 1733et 1741. À la fin de sa vie il se lie avec Madame Dupin, dont il est le mentor, tout en continuant à promouvoir la paix, y compris auprès de Frédéric II de Prusse auprès de qui il se rend en 1740. Il meurt à Paris le 29avril 1743. Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.‎

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‎BERNARDIN de SAINT-PIERRE‎

Reference : 30655

(1789)

‎Paul et Virginie.‎

‎ Reliure de présent en maroquin rouge, avec envoi autographe signé Paris, De l'Imprimerie de Monsieur, 1789. 1 vol. (75 x 130 mm) de 1 f., xxxv et 243 p. Maroquin rouge, deux filets dorés bordant une chaînette d'encadrement dorée sur les plats, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin vert, monogramme doré « SM » au centre des plats, roulette intérieure (reliure de l'époque). Première édition séparée. Elle est ordonnée par Pierre François Didot, le jeune, avec une édition luxueuse sur un papier de choix provenant de ses papeteries d’Essonne, qu’il enrichit d’illustrations – l’édition sur papier ordinaire n’en contenant pas : 4 figures de Moreau le Jeune, la dernière en collaboration avec Joseph Vernet, gravées sur cuivre par Girardet, Halbou et Longueil. Envoi signé : « pour Mademoiselle Mesnard de Conichard, par l’auteur, De Saint-Pierre ». ‎


‎Paul et Virginie est une oeuvre difficile à définir, y compris pour son auteur qui y voyait un « petit ouvrage », une « fable essai » et même une « espèce de pastorale ». L'ouvrage fut d'abord écrit comme un complément à une deuxième édition à Voyage à l'île de France, puis à la troisième édition des Études de la nature, dont il devait illustrer les thèses par la fiction. Il entendait mettre en application « les lois des Études de la nature au bonheur de deux familles malheureuses » par le dénouement tragique qu'il donne à son récit, en brisant le rêve d'un idylle. Il se démarque ainsi du goût de l'époque pour la pastorale, même s'il applique les règles de simplicité du genre : deux jeunes gens grandissent ensemble dans le cadre enchanteur et paisible de l'île de France, l'île Maurice actuelle, s'aiment, sont séparés par la civilisation, avant d'en être définitivement écartés au cours du drame du Saint-Géran. Bernardin de Saint-Pierre - formé aux récits de Daniel Defoe et de son Robinson Crusoé - embarqua, à douze ans, pour la Martinique sur le bateau d'un de ses oncles : une révélation, mais aussi la découverte du gouffre séparant l'imagination de la réalité, supportant mal les ardeurs du climat, les fatigues du voyage et surtout la discipline des navires. Après cette déconvenue, ses parents le mettent au collège des jésuites de Caen, où il caresse un temps l'idée de devenir missionnaire, puis à Rouen, avant d'entrer en 1757 à l'École nationale des ponts et chaussées. Il intègre à la fin de ses études le corps des ingénieurs militaires. Dès 1773, il dénonce le crime de l'esclavage dans son Voyage à l'Île de France, à l'Île Bourbon, au cap de Bonne-Espérance : il fait partie des auteurs qui s'opposent alors sans ambiguïté à l'esclavage et au racisme au nom de l'égalité de tous les hommes, d'autant que, natif du Havre, l'un des principaux ports où transitent les esclaves, il n'a eu de cesse d'en voir les ravages. Il y reviendra dans Paul et Virginie, faisant des esclaves Marie et Domingue, qui vivent en harmonie avec leurs maîtres, des figures importantes de son récit. Ce récit inspirera nombre d'écrits postérieurs, de l'Atala de Chateaubriand au Coeur simple de Flaubert. « Comme la plupart des chefs-d'oeuvre, celui-ci apporte au genre et à la mode qu'il illustre à la fois son accomplissement et son démenti. » (Jean Favre) Paul et Virginie connut un vif succès dès sa publication et fut un des livres les plus réédités jusqu'au début du XXe siècle ; et preuve de son immense réussite, Lamartine, Balzac et Flaubert ont fait de leurs héroïnes, Graziella, Véronique et Emma Bovary, des lectrices de Paul et Virginie : « Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. Elle avait lu Paul et Virginie et elle avait rêvé la maisonnette de bambous, le nègre Domingo, le chien Fidèle, mais surtout l'amitié douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court pieds nus sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau. » (Madame Bovary, [1857], p. 36). Très bel exemplaire, de grande rareté avec envoi circonstancié et des plus pertinents : Mlle Mesnard était la fille d'un correspondant et ami proche de Bernardin de Saint-Pierre, François Mesnard de Conichard (1727-1792), premier commis des Finances. Ce dernier était intervenu en faveur de Bernardin de Saint-Pierre pour l'obtention d'une gratification annuelle à son retour de l'Île Bourbon ; la correspondance entre les deux hommes témoigne d'une longue amitié et d'une relation quasi-familiale. C'est à François de Conichard que l'auteur, à l'automne 1784, envisage et propose de dédicacer ses Études de la nature. Très élégamment, il la refusa, ayant « toujours évité par-dessus tout de faire parler de moi et je suis trop vieux pour changer ma marche à cet égard, je vous supplie donc qu'il ne soit plus question de cette dédicace [...]. N'en parlons plus je vous prie » (lettre à Bernardin de Saint-Pierre, octobre 1784). L'auteur respecta la demande et offrit la dédicace à un autre de ses amis, Hennin. Néanmoins, lors de la troisième édition, parue en 1788 et contenant au quatrième tome le roman de Paul et Virginie, Bernardin de Saint-Pierre réussit discrètement à faire imprimer sa reconnaissance envers « mes respectables amis MM. Hennin & Mesnard de Conichard » ; et à offrir, l'année suivante et pour cette première édition séparée du roman, cet exemplaire à la fille de son dédicataire. Une lettre de Mesnard à Bernardin en date du 30 avril [1773] fait mention de sa fille pour la première fois, et Bernardin de Saint-Pierre lui-même parle de « Mlle Mesnard fille d'un de mes meilleurs amis et que j'ai vu naître » dans une lettre à l'auteur du poème « Le Tombeau de Virginie » en 1789 (citée dans Rebecca Ford, « Une correspondance amicale : Bernardin et Mesnard de Conichard », Autour de Bernardin de Saint-Pierre, Mont-Saint-Aignan, P.U. de Rouen et du Havre, 2010). Cette dernière n'a, au moment de la parution du volume, que dix-sept ans : soit l'âge exact de l'héroïne de Bernardin de Saint-Pierre, puisque Virginie quitte l'île à quinze ans pour n'y revenir que deux ans et demi plus tard pour la fin tragique que l'on sait. Marie-Françoise Mesnard de Conichard épousera quelques années plus tard Jean-François Pierre Puy de Rosny, futur baron d'Empire. En 1792, Bernardin de Saint-Pierre épousera quant à lui la fille de son imprimeur Didot, avec laquelle il aura deux enfants qu'il prénommera, naturellement, Virginie (née en 1794) et Paul (né en 1798). Des bibliothèques Marie-Françoise Mesnard de Conichard ; Pierre Bergé (ex-libris ; II, n° 191). Tchemerzine V, p. 649 ; Cohen, 931. ‎

Librairie Walden - Orléans
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‎JUCHEREAU DE LA FERTE, dite de Saint-Ignace, Jeanne-Françoise.‎

Reference : LCS-18112

‎Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec. Edition originale de ces annales retraçant le récit de la création à Québec du premier hôpital par les Hospitalières de Dieppe sous les auspices de la duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu.‎

‎« Ces annales sont un des documents historiques les plus précieux que l’on possède. » Montauban, chez Jerosme Legier, et se vend à Paris, chez Claide-Jean-Baptiste Herissant, s.d. [1752]. In-12 de (8) ff., 556 pp., (1) f. Veau brun, filet à froid autour des plats, dos à nerfs orné de fleurons dorés, coupes décorées, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 162 x 91 mm.‎


‎Édition originale de ces annales retraçant le récit de la création à Québec du premier hôpital par les Hospitalières de Dieppe sous les auspices de la duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu. Barbier, II, 686. Chassés de la Nouvelle-France après la chute de Québec aux mains des frères Kirke en 1629, les Jésuites y retournent trois ans plus tard après que le Traité de Saint-Germain-en-Laye (1632) ait rendu à la France sa colonie et, pour un temps, « l’Église canadienne sera missionnaire », avec à sa tête le père Paul Le Jeune. C’est lui qui, en 1634, exprime le besoin d’un hôpital pour soigner les autochtones et les quelques colons qui s’y trouvent. C’est en pensant surtout aux autochtones que le père Le Jeune demandait la venue à Québec de religieuses hospitalières. « S’il y avait ici un Hopital il y aurait tous les malades du pays, & tous les vieillards, pour les hommes nous les secourerons, selon nos forces, mais pour les femmes il ne nous est pas bien seant de les recevoir en nos maisons», écrit-il. L’institution souhaitée était en effet moins destinée aux Français qu’aux autochtones, « sujets à de grandes maladies, et qui n’avaient aucun moyen d’adoucir la misère dont ils étaient accablez surtout dans leur extreme vieillesse». « L’élan mystique qui traverse la France dans les premières décennies du XVIIe siècle coïncide avec le mouvement colonisateur » et il n’est pas étonnant que plusieurs religieuses d’ordres et monastères manifestent un vif intérêt pour le projet du jésuite. Toutefois, les conditions matérielles pour l’établissement de religieuses et l’aménagement d’un monastère-hôpital à Québec sont à toutes fins utiles inexistantes. Le père Le Jeune lance alors nouvel appel mais cette fois il s’adresse aux personnes « capables de supporter financièrement l’entreprise ». La réponse est venue de la cour de France. La duchesse d'Aiguillon, mariée à 16 ans au marquis de Combalet, selon la volonté de son oncle, le cardinal de Richelieu, devient veuve à 18 ans ; elle ne se remarie pas et emploie presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité. À 31 ans seulement, elle est déjà très engagée à ces fins. Elle est notamment la principale fondatrice du grand hôpital de Paris, rappelle l’historien Henri-Raymond Casgrain. Sous la conduite spirituelle de saint Vincent de Paul, promoteur et initiateur de nombreuses œuvres de charité et marquée par sa lecture des Relations des Jésuites, notamment celle de 1635 du Père Le Jeune, la duchesse prend conscience de l’importance des missions canadiennes dans l’histoire de l’Église. En 1636 en effet, la duchesse d’Aiguillon « se résolut de fonder à ses dépens un Hôtel-Dieu ». Et, pour réaliser cet ambitieux projet, elle choisit de faire appel aux Religieuses Hospitalières de l’Ordre de Saint-Augustin, dites alors Filles de la Miséricorde, installées au monastère de Dieppe. « Le Cardinal de Richelieu, son oncle, voulut entrer dans la bonne œuvre, & jusqu’à leur mort ils eurent l’un et l’autre une affection singulière pour cette maison, ils donnerent quinze cent livres de revenu au capital de 20000 liv. à prendre sur les coches et carosses de Soissons qui leur appartenoient, le contrat fut passé le 16 août 1637. ». Le Dr Yves Morin décrit la « jonction des quatre facteurs » qui ont amené la duchesse à exécuter son œuvre : « (…) l’esprit de charité de la duchesse, son influence à la cour par le biais de son oncle, le cardinal Richelieu, sa connaissance de la Nouvelle France grâce aux Jésuites et le rôle essentiel de l'Hôtel-Dieu de Dieppe, un des établissements prééminents en France ». En avril 1639, le roi Louis XIII accorde des lettres patentes pour l’établissement de l’hôpital et mentionne explicitement les motifs religieux de la duchesse. Il y aura aussi un second contrat en 1640 où ces mêmes motifs seront énoncés. Dans sa lettre à Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de l’Hôtel-Dieu de Québec, la veille du départ pour Québec des trois Augustines, la duchesse d’Aiguillon écrit clairement que l’Hôtel-Dieu devra être « dédié à la mort et au précieux Sang du fils de dieu répandu pour faire miséricorde à tous les hommes et pour lui demander qu'il l’applique sur l’âme de Monseigneur le Cardinal Duc de richelieu, et celle de Madame la Duchesse Daiguillon et pour tout ce pauvre peuple…». La duchesse obtient de la Compagnie des Cent-Associés une concession de sept arpents dans l’enclos où on avait commencé à bâtir Québec et un fief de soixante arpents dans la banlieue, entre Cap-Rouge et le coteau Sainte-Geneviève, ce terrain qu’on avait désigné sous le nom de Sainte-Marie. Les mères Anne Le Cointre de Saint-Bernard (28 ans), Marie Forestier de Saint-Bonaventure-de-Jésus (22 ans) et Marie Guenet de Saint-Ignace (29 ans), qui deviendra la première supérieure de l’Hôtel-Dieu de Québec, quittent familles et amis, et leur monastère de Dieppe, établi depuis 1285, le 4 mai 1639, à destination de Québec. « De 1739 à 1779, Latour publia une imposante somme de sermons, panégyriques, discours dogmatiques, mémoires liturgiques, canoniques et autres. En quittant le Canada, il avait emporté une copie manuscrite des ‘Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec’ rédigées par Jeanne-Françoise Juchereau de La Ferté, dite de Saint-Ignace. Il fit paraître ce texte en 1752 à Montauban, sous le titre d’’Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec’ ». « Dans ses notes bibliographiques touchant les sources de sa propre « Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec », Montréal, éd. C. O. Beauchemin & Fils, tome 4, p. 11, l’historien Henri-Raymond Casgrain écrit à propos de l’« Histoire de l'Hotel-Dieu de Québec », par la mère Juchereau de Saint-Ignace : « Cette Histoire a été écrite d'après les renseignements de la mère (Marie Guenet) de Saint-Ignace et rédigée par la mère de Sainte-Hélène. Une copie de ces annales ayant été fournie à M. de La Tour, doyen du chapitre de Québec, qui retourna en France en 1731, il prit sur lui de les faire imprimer à l'insu de la communauté de Québec. Cette impression se fit sans beaucoup de soin, et il s'est glissé dans l’ouvrage un grand nombre de fautes typographiques. Heureusement qu'on possède encore à l'Hôtel-Dieu la copie originale de la main même de la mère (Marie-André Duplessis) de Sainte-Hélène, et signée par la mère (Marie-André Duplessis) de Sainte-Hélène, et signée par la mère Jeanne-Françoise Juchereau de Saint-Ignace. CES ANNALES SONT UN DES DOCUMENTS HISTORIQUES LES PLUS PRECIEUX QUE L’ON POSSEDE. » Le texte de Jeanne-Françoise Jucheron a été réédité à Québec par Dom Albert Jamet en 1939 sous le titre de « Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec, 1636-1716 » ». Précieux exemplaire de ce rare canadiana conservé dans sa reliure de l’époque.‎

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‎SAINT-EXUPERY (Antoine de)‎

Reference : 28220

(1940)

‎« Huit heures à vivre ».‎

‎ Scénario de film, inédit : une traversée de l'Atlantique... en bateau ! S.l.n.d. [circa 1940]. 12 pages en 13 f. (210 x 270 mm) à l'encre noire, chiffrés à la mine de plomb et d'une autre main ; plis de papier d'envoi postal. Scénario de film, inédit, parmi sept projets connus, dont seulement trois sont autographes. ‎


‎En habitué des salles obscures, Saint-Exupéry fut, comme tous les jeunes gens de sa génération, un amoureux du cinéma. Ses velléités de scénariste se manifestent entre 1931 et 1936, période pendant laquelle il écrit sept projets et participe à l'adaptation pour le cinéma de certains de ses livres. On peut rapprocher ce scénario d'un passage de sa Lettre à un otage : le recueil débute précisément par l'évocation de sa traversée vers les États-Unis depuis le Portugal, en décembre 1940, où il décrit les joueurs de roulette et de baccara, pour la plupart des réfugiés en partance. Lauren Bacall et Humprey Bogart auraient pu être convoqués ! Huit heures à vivre raconte une histoire aux antipodes de l'univers romanesque du Petit Prince : un monde sombre et peuplé de truands, d'escrocs et de prostituées qui débute dans les bas-fonds de la ville de Rio pour se poursuivre dans les soutes d'un paquebot frappé par une épidémie de peste. Le bateau atteindra finalement Lisbonne avec à son bord 1 500 émigrés, dont beaucoup de malades. Cinq terroristes, à bord du navire, vont profiter du désarroi et de la panique du capitaine pour commettre les pire méfaits. Ce scénario s'inspire de celui d'Igor, un script confié à Pierre Billon à l'été 1940, à Nice, juste avant le départ de l'écrivain pour les États-Unis : « Ceci est pour vous. C'est un sujet de film. Si je reviens nous y travaillerons ensemble, sinon vous le réaliserez tout seul. » Il ajouta en souriant : « Ne l'égarez pas. C'est l'unique exemplaire... et je l'ai tapé moi-même ! » Présenté à l'exposition Antoine de Saint-Exupéry aux Archives nationales de novembre 1984 (n° 450), ce dactylogramme est composé de vingt feuillets avec quelques corrections manuscrites. Christian Janicot, dans sa préface à l'Anthologie du cinéma invisible, souligne combien l'univers d'Igor est éloigné du registre habituel de Saint-Exupéry, ainsi que le résume Pierre Billon : « L'essentiel de cette histoire n'est pas la révolution. C'est, avant tout, le drame qui se passe à bord d'un vieux paquebot à vapeur qui, partant d'Amérique du Sud, regagne un pays d'Europe. Au cours de la traversée deux hommes sacrifient leur vie pour qu'un troisième arrive et puisse accomplir sa mission qui est de diriger le soulèvement qui délivrera son pays d'un régime d'oppression. » Pour Igor, il n'existe aucun manuscrit. Huit heures à vivre, qui en constitue une version remaniée et plus littéraire, à vraisemblablement été composé aux Etats-Unis, dans le deuxième semestre de l'année 1940. À bord du paquebot, une exploratrice amoureuse suicidaire malade de la peste, son amant malade également, des terroristes auteurs d'un attentat, dont un certain Felicio, arrêté par la police du pays et qui refuse de livrer ses complices en fuites, qui se fondent dans la foule des autres voyageurs. L'exploratrice craint elle de perdre son amant et lui apprend qu'elle a la peste ; elle se suicide. S'ensuit un long passage sur la question du suicide comme devoir : « - N'est-ce pas, docteur ?, le suicide est une lâcheté. Un suicide par une femme c'est même violent. Est-il responsable de cette mort ? Non bien sûr ! Il n'est responsable de rien. Le suicide ne se comprend... que... que par exemple s'il sauve des compagnons. Alors oui. Que s'il défend une cause. Alors il est même non seulement excusable, mais je dirais même un devoir.» Tiendra-t-elle les dernières heures de la traversée pour survivre ? Saint-Exupéry en donnera une réécriture, sous la forme d'un manuscrit non titré reprenant l'intrigue mais cette fois-ci depuis l'Afrique ; il avait été présenté en 2011 chez Artcurial (9 mai 2011, section Saint-Exupéry, n° 269). L'écrivain produira par ailleurs un dernier scénario - un film sur la Résistance -, en 1941. En 1935, il avait donné écrit le scénario d'Anne-Marie, l'histoire d'une jeune femme ingénieur qui rêve d'apprendre à voler et gravite dans un groupe de camarades pilotes, tous amoureux d'elle. Raymond Bernard réalise le film la même année, Annabella incarnant le rôle titre, archétype de la femme moderne et séduisante, aviatrice et aventureuse. C'est le seul scénario original qui sera porté à l'écran. Vol de nuit, sorti un an plus tôt, mais auquel Saint-Exupery n'a participé en rien, a été un grand succès qui le persuade d'adapter Courrier Sud, auquel il songeait depuis 1931. Son scénario est prêt en 1936, pour lequel une toute jeune débutante, Françoise Giroud, l'assiste ; il est communiqué au réalisateur Pierre Billon. Deux producteurs sont trouvés : André Aron et son associé l'aviateur Édouard Corniglion-Molinier, ami et compagnon d'aventures de Malraux. Le tournage a lieu à la fin de l'année 1936 à Mogador (aujourd'hui Essaouira), au Maroc. Le film sort sur les écrans en 1937. Pour Anne-Marie et l'adaptation de Courrier Sud, on ne connaît que des tapuscrits corrigés et aucun manuscrits ni même brouillons autographes. Citons également le projet inachevé d'un film, inspiré par le raid manqué Paris-Saigon du 31 décembre 1935 qui se termina, après un atterrissage forcé en plein désert, par un sauvetage grâce à une tribu de nomades. Le projet avait été rédigé sous forme d'un dactylogramme de quinze feuillets, présentés à l'exposition Antoine de Saint-Exupéry aux Archives nationales en novembre 1984 (n° 448), ainsi que Sonia, un synopsis sur un dactylogramme de neuf pages, offert à Raymond Bernard, le réalisateur d'Anne-Marie. Ce synopsis contient un élément qui servira, transformé, pour Huit heures à vivre : y figure le personnage d'une danseuse espagnole pestiférée, laquelle contamine le navire et entame la traversée de l'Atlantique. Vente Antoine de Saint-Exupéry, (Artcurial, 2012, n° 146) ; Histoire postale, héros de l'aviation (Artcurial, 2018, n° 96) ; Paule Bounin, L'oeuvre cinématographique de Saint-Exupéry. Études littéraires, 2001, p. 113-124 ; Christian Janicot, Anthologie du cinéma invisible, 1995. ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de) ‎

Reference : 30017

(1931)

‎Vol de nuit .‎

‎ Un exemplaire familial : celui offert à son oncle Dos habilement restauré. Paris, Gallimard, (30 mai) 1931. 1 vol. (120 x 185 mm) de 181 p., [1] et 1 f. Broché. Édition originale. Préface d'André Gide. Un des 647 exemplaires sur pur fil, (n° 100). Envoi signé : « Pour mon oncle Emmanuel de Fonscolombe et ma tante Yvonne. Avec toute la respectueuse affection de leur neveu, Antoine ». ‎


‎Dès septembre, Vol de nuit est sélectionné dans la liste finale du Goncourt, en concurrence avec Philippe Hériat pour L'Innocent et Jacques Chardonne pour Claire. Las ! Victime de son succès, le roman remporte le 4 décembre le Femina, un prix créé en 1904 par vingt-deux femmes en contestation du Goncourt. Les membres de la prestigieuse Académie, sans doute mécontents, donnent leurs voix à Jean Fayard pour Mal d'amour, un roman lourd de clichés sur les femmes. Un retour aux envoyeuses sans doute, mais tout à leur honneur : Saint-Exupéry avoue avoir « été aussi surpris que touché de voir mon livre aussi bien couronné par des femmes », car elles lui « semblaient presque étrangères » à son roman : « L'homme qui s'habille la nuit pour prendre, dans le ciel, à l'avant d'un avion postal, son tour de garde semble se détacher déjà de sa maison, [...] et considérer comme un jeu, un loisir, l'exercice du bonheur. Le plaisir d'un vol de nuit est si violent, que déjà à la fenêtre, en suivant son vol on prend une âme de chasseur et j'ai vu bien des camarades, des hommes sains et rudes, ne plus souffrir aucune comparaison entre l'amour et le métier, comme si enfin ils allaient s'occuper de choses solides, graves, réelles, et quitter leur femme sans regret apparent, et même un peu dédaigneusement, avec un orgueil naïf de leur part. [...]. Je voudrais vous parler du bonheur. Je voudrais vous faire comprendre combien ce rôle est grand. Et j'imagine que c'est un peu le vôtre puisque nous recevons en récompense de vous des vertus humaines, des patiences de garde malade, des dévouements de soeurs aînées. Enfin les vertus humaines qui rechargent le coeur et prennent dans la maison le fragile visage du bonheur. » Le Femina suscita des jalousies et des inimitiés, qui s'exprimèrent avec violence dans la presse, pourtant si favorable au moment de la publication du livre, six mois plus tôt. On reproche à l'auteur son mysticisme et un style précieux et compassé ; mis à part l'amitié de quelques héros de l'air (Mermoz est un des premiers à le féliciter pour son prix), Saint-Exupéry est contesté avec la même irritation dans les milieux de l'aviation : se rappelant ses étourderies et erreurs de pilotages, ses camarades pilotes s'offusquent de constater que l'auteur est devenu le plus réputé aviateur de France non pas pour des exploits professionnels mais porté par une gloire littéraire qui lui confère un aura immérité à leur sentiment. Le public n'aura cure de ces piques vénéneuses. Vol de nuit se vend à plus de 150 000 exemplaires et Jacques Guerlain, en hommage, sort un parfum du même nom. Aux États-Unis, le livre - immédiatement traduit [Night Flight] - est un best-seller et est retenu dans la sélection du Book of the Month Club. Enfin, Vol de nuit est l'un des premiers romans à être réédité en format de poche en 1953, dans la collection Le Livre de poche, où il porte le n° 3 (après Koenigsmark et Les Clés du royaume). Précieux et émouvant exemplaire offert, loin des tumultes, à ses oncle et tante Emmanuel et Yvonne de Fonscolombe. Son oncle, baron de la Môle et propriétaire du château du même nom, deviendra maire de ce petit village, situé à une trentaine de kilomètres de Saint-Tropez, entre Bormes-les-Mimosas et Cogolin. C'est dans ces terres que la mère de Saint-Exupéry a grandi, tous comme ses ancêtres, et où elle vivra la moitié de l'année à partir de 1904, après que le père de Saint-Exupéry, Jean, y décède, le 14 mars 1904 : « Après la disparition de Jean, l'existence de la famille se partage entre, l'hiver, le château de La Mole [...], qui appartient à la grand-mère de Fonscolombe, et, l'été, la propriété de la grand-tante, la comtesse de Tricaud, à Saint-Maurice de Rémens [...] dans l'Ain. Les déplacements entre le Var et l'Ain feront partie intégrante de l'univers magique de Saint-Exupéry [...] jusqu'à l'âge de 9 ans ». (Bernard Marck , Saint-Exupéry, le grand prince). C'est au château des Fonscolombre que l'écrivain perpétue l'apprentissage familial de la musique : son arrière-grand-père Emmanuel (premier) de Fonscolombe avait été maître de chapelle à Aix-en-Provence et compositeur ; son grand-père, Charles, initia ses enfants au solfège et au chant et sa mère perpétuera cette tradition en faisant venir une fois par semaine au château Anne-Marie Poncet, la fille du directeur de l'opéra de Lyon, pour qu'elle enseigne la musique aux enfants : ses soeurs étudient le piano et le chant, Antoine choisira le violon. Arrivé à Paris pour préparer le concours de l'École navale, il n'abandonnera pas la musique, lui et sa cousine Yvonne de Lestrange jouant ensemble, dans les années 1920, plusieurs pièces de Chopin. Rare et importante provenance familiale. ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 30812

(1942)

‎Pilote de guerre.‎

‎ Précieux exemplaire nominatif de tête avec envoi New York, Éditions de la Maison française, [1942]. 1 vol. (185 x 230 mm) de 253 p. Demi-maroquin bleu nuit à bandes, titre doré, tête dorée, couverture et dos conservés, étui bordé (reliure signé d'A.[lain] Lobstein). Édition originale. Un des 25 premiers exemplaires sur Strathmore (après un exemplaire unique réservé a l’auteur). Celui-ci est nominatif pour Madame la Comtesse de Montgomery avec un envoi signé : « avec toute ma profonde amitié, Antoine Saint-Exupéry ». ‎


‎« Je combattrai quiconque prétendra asservir à un individu - comme à une masse d'individus - la liberté de l'homme. » Avant de reprendre ce combat où il laissera sa vie, démobilisé après la « drôle de guerre », Saint-Exupéry se réfugie aux États-Unis, et c'est à New York qu'il écrit ces lignes. Cette édition, parue en février 1942, est également la première intégrale puisqu'y figurent (p. 34) les sept mots d'une phrase où l'auteur traite collectivement « d'imbéciles » son ordonnance, un ponte de l'état-major et Hitler «qui a déclenché cette guerre démente» et dont la censure en France exigera la suppression dans l'édition Gallimard de décembre 1942. Le texte paraît en pré-originale, en anglais, en janvier 1942 dans la revue Atlantic Monthly, puis en volume le mois suivant : l'oeuvre sera en tête des best-sellers pendant six mois : « ce livre est un grand et beau livre, peut-être le vrai livre de la guerre de 1939 » écrit Pierre Mac Orlan dans le journal Les Temps nouveaux le 8 janvier 1943. Précieux exemplaire de tête offert à la Comtesse de Montgomery : née à Paris en 1899, Madeleine de Montgomery passe son enfance au château de Fervaques, acquis en 1831 par son arrière-grand-père, le marquis de Portes. Elle tient à partir de 1930, dans son somptueux appartement du 77 avenue de Malakoff, un salon très prisé. Jeune, élégante et influente, sa beauté et sa personnalité font de ses réceptions l'un des lieux des plus populaires de Paris et le monde littéraire s'y presse : éditeurs, patrons de presse et écrivains. Kessel, Cocteau, Malraux et Colette en sont des habitués, comme Saint-Exupéry qui s'y rend à plusieurs reprises, d'autant que la jeune femme est passionnée d'aviation et possède son propre aéronef, un Morane-Saulnier avec lequel elle est représentée sur une photographie publiée à la une du Figaro en mai 1935. Maîtresse du patron de presse Jean Prouvost, elle deviendra directrice du journal Marie-Claire, que son amant lance en 1937. Pendant, la guerre elle agit comme une véritable héroïne de la Résistance, se réfugiant en Normandie où elle fonde un Centre maternel et infantile dans son manoir pour accueillir de nombreux enfants de mobilisés ; elle deviendra ensuite directrice des sections féminines et sanitaires de la Mission française auprès de la Croix-Rouge aux États-Unis en 1943. C'est probablement pendant ce séjour à New York qu'elle peut rencontrer à nouveau Saint-Exupéry : des retrouvailles suffisamment importantes pour qu'il lui réserve un exemplaire nominatif de son livre. Elle reprendra son salon après-guerre et sera plusieurs fois citée dans le journal de Pierre Lazareff, qui la voit en « Diane chasseresse aux attaches fines et nerveuses, avec ses cheveux cendrés, ses yeux d'aigue-marine et ses longues mains fines qui accentuaient chacune de ses phrases comme autant de point d'exclamation, elle inspirait par sa seule présence d'interminables tournois d'idées et d'éloquence ». C'est également pendant cette mission à New York qu'elle rencontre celui qui allait, en 1946, devenir son époux : le général Antoine Béthouart, Compagnon de la Libération et figure de proue du commandement militaire français libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-là même qui, promu général de division et désigné chef de la Mission militaire à Washington, rencontre Saint-Exupéry au début de l'année 1943 : il va y négocier avec le gouvernement américain les livraisons de matériel permettant de rééquiper l'armée française. Mais surtout, c'est lui qui signera, le 1er avril 1943, le tant attendu ordre de mission que trépigne d'obtenir un Saint-Exupéry désespéré de ne pas servir son pays. Ses amis tentent de le faire changer d'avis, mais le 4 mai 1943, après un départ précipité et alors que Le Petit Prince est en cours de publication, il débarque à Alger où l'attend Georges Pélissier ; Béthouart le rejoindra quelques mois plus tard, en novembre 1943, lorsqu'il est nommé chef d'état-major de la Défense nationale à Alger et promu général de corps d'armée. Il accompagnera à ce titre le général de Gaulle dans ses différents voyages à Rome, Londres et débarquera avec lui à Courseulles en Normandie le 14 juin 1944. On connaît par ailleurs les exemplaires offerts à Consuelo, à Léon Werth, à Bernard Lamotte, à Jane Lawton, à Curtice Hitchcock, à Elisabeth Reynal, à Jacques Maritain, à Isaac Molho, à Anne Morrow et Charles Lindbergh, Jean Renoir, à Natalie Paley, à Nadia Boulanger et à Lewis Galantière. Très belle provenance sur ce papier de tête du grand texte de Saint-Exupéry sur le second conflit mondial. Des bibliothèques Michel Demont (ex-libris) et Jean-Claude Mocellin (Alde, « Un siècle de littérature», 19 mai 2022, n° 50). ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 28929

(1943)

‎Jeu du pendu représentant Silvia Hamilton.‎

‎ Saint-Exupéry joue au jeu du pendu : Silvia Hamilton ! S.l.n.d. [New York, premier trimestre 1943]. 1 f. (150 x 100 mm) à la mine de plomb. Saint-Exupéry pend Silvia Hamilton : terrible jeu du pendu sur lequel une figure de femme, dans la même tenue que le Petit Prince, se balance au bout d'une corde. L'auteur a ajouté : « Le mot à trouver était SILVIA [raturé au premier Y, transformé en i] ». ‎


‎Silvia Hamilton Reinhardt fut le grand amour new-yorkais d'Antoine de Saint-Exupéry : c'est à elle qu'il donna, avant son départ pour l'Afrique du Nord, le manuscrit original du Petit Prince (aujourd'hui conservé à la Pierpont Morgan Library), en témoignage de la trace qu'elle laissa dans ce livre, écrit à New York durant les mois de leur relation. Ils se séparèrent dans l'amertume en 1943, Saint-Exupéry soupçonnant - avec raison - une liaison entre Silvia (que l'auteur orthographiait « Sylvia » dans ses lettres) et le réalisateur et producteur de films d'origine allemande, Gottfried Reinhardt, qui travaillait pour les studios de la Fox. Ce crayonné est vraisemblablement l'esquisse, voire l'idée princeps, d'un autre fameux dessin, plus abouti, exécuté à l'encre et à l'aquarelle : il représente Saint-Exupéry, pendu sur sa planète, tandis que, sur la planète « Fox », un couple est enlacé. Ce dessin, repassé en vente en 2020 (étude Kâ-Mondo, juin 2020) faisait partie, des nombreux dessins de la vente de 1976 (Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, Drouot RG, mai 1976) ; ils sont les deux seuls à évoquer de manière si tragique cette douloureuse séparation même si, dans la préface au catalogue, Silvia Hamilton en donna une toute autre version : elle impute la tristesse de l'auteur à la décision de la MGM de retirer de la circulation le film Vol de nuit. Cette interprétation, moins romantique, est devenue la version officielle de cette fin de relation et de ces deux dessins « aux pendus » : le premier, où l'une est à pendre, sans doute de colère, puis le second, où l'autre se pend, sans doute de désespoir. Saint-Exupéry dessine ici une seconde potence, et deux autres fleurs de pissenlit, détails emblématiques de son maître-ouvrage. Les lettres «AEX » - ses propres initiales - sont barrées dans l'angle inférieur droit : le pendu à trouver, ce n'est pas lui, c'est elle ! La seconde potence, si le jeu avait été poursuivi, aurait-il donné comme nom « Gottfried » ? Probable ! Silvia Hamilton-Reinhard livrera par la suite des souvenirs précis : « Quand nous nous sommes rencontrés il m'a raconté l'histoire du Petit Prince qu'il n'avait pas encore commencé d'écrire. Comme il faisait constamment de merveilleux croquis, je lui suggérai d'illustrer lui-même ce livre. [...] Au printemps 1943, il réussit enfin à rejoindre l'Afrique du Nord. Les conditions qu'il y trouva le rendirent malheureux, ce que décrivent particulièrement bien les deux dernières lettres qu'il m'adressa. [...] Le jour de son départ approchait (pour l'Afrique du Nord, avril 1943). Je lui fis faire un bracelet d'identité en or. [...] Je le lui donnai le matin où il vint me faire ses adieux. En partant il me dit : ‘Je voudrais te donner quelque chose de splendide, mais c'est tout ce que j'ai. Il me mit dans les mains son vieil appareil Zeiss Ikon et le manuscrit français du Petit Prince' » (Icare, n° 84, 1978 ; dans cette même livraison est reproduite la fameuse lettre-testament de mai 1942, écrite depuis Alger). De la collection Claude Seignolle. ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 30895

(1929)

‎Courrier Sud.‎

‎ Exemplaire de tête réimposé, relié par Martin.Bibliothèque Marcel de Merre. Paris, Gallimard, (30 avril) 1929. 1 vol. (165 x 215 mm) de 227 p. et [2] f. Demi-maroquin havane à coins, dos à nerfs, filets dorés sur les plats, titre doré, date en pied, tête dorée, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée de P.-L. Martin). Édition originale. Un des 109 exemplaires réimposés sur vergé, celui-ci nominatif pour P. Deflandre (n° LXXXV). ‎


‎C'est en 1925 que Saint-Exupéry rencontre, dans le salon parisien de sa cousine Yvonne de Lestrange, la fine fleur des Éditions Gallimard : Gaston Gallimard, André Gide et Jean Schlumberger. Ces rencontres vont jouer un rôle fondamental dans l'entrée en littérature de Saint-Exupéry. Avant de tenter l'aventure de l'Aéropostale en Amérique du Sud, Saint-Exupéry fut envoyé à l'école de navigation aérienne de Brest pour un cours de perfectionnement. À cette adresse lui parvinrent les premières épreuves de son livre, dont il lut des passages à son cousin Honoré Estiennes d'Orves, son futur lecteur attitré. Il n'y apporta que d'infimes corrections et le bon à tirer fut signé aux premiers jours d'avril 1929. C'est une version très étoffée de la nouvelle L'Aviateur, publiée dans la revue le Navire d'argent en 1926. Publié grâce à André Gide, qui préfacera deux ans plus tard Vol de nuit, Courrier Sud est préfacé par André Beucler qui soutenait le premier l'idée que « Saint-Exupéry n'est pas un écrivain », idée reprise et développée par André Malraux : Saint-Exupéry n'est pas un écrivain en chambre et « il ne veut rien écrire que sa vie ne garantisse ou qu'il n'ait eu l'occasion de vérifier à ses dépens. C'est en quoi l'univers proprement littéraire lui demeure suspect pour autant qu'il trompe le lecteur en le transportant dans un monde facile et fallacieux. Saint-Exupéry reste l'un de ces hommes contraints à l'exactitude, pour qui l'imagination peut bien s'ajouter à la réalité, mais non pas en tenir lieu (...) ». Très bel exemplaire : il provient de la bibliothèque de Marcel de Merre (ex-libris et vente, Paris, Sotheby's, 2007, n° 436). ‎

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‎SAINT-SIMON‎

Reference : 28119

(1829)

‎Mémoires complets....‎

‎ Première édition complète de ce sommet de l'intelligence politique Paris, A. Sautelet et Cie, 1829-1830. 21 vol. (130 x 215 mm). Cartonnage bradel havane, dos lisse ornés de filets dorés, pièce de titre de chagrin rouge, tomaisons (reliure de l'époque). Première édition complète, établie sur la première fois sur le manuscrit complet. ‎


‎On connaît l'histoire éditoriale tourmentée de ce monument de la littérature mémorialiste française : - Premiers fragments publiés dès 1788-1789 par Soulavie, dans une version fortement altérée ; - Nouvelle sélection en 1818, expurgée de ses passages les plus critiques ; - Ce n'est qu'en 1829, sous l'impulsion de l'éditeur A. Sautelet, qu'apparaît cette édition intégrale, soigneusement établie d'après le manuscrit autographe conservé par la famille de Saint-Simon. Les 21 volumes paraissent en deux années à peine. Ces Mémoires couvrent les années 1691 à 1723 et plongent au coeur de la Cour de Versailles, de la fin du règne de Louis XIV à la Régence; où le duc décrit les personnages de son temps, le fonctionnement de la monarchie absolue, les intrigues, les petitesses et les grandeurs de la vie politique et aristocratique française. Cette édition de Sautelet qui fit découvrir Saint-Simon aux lecteurs du XIXe siècle : Victor Hugo en dira que Saint-Simon écrivait « à coups de canon » et Balzac le lisait comme une bible : on ne compte plus les écrivains, historiens, sociologues et moralistes qui ont vu dans ce texte l'un des sommets de l'intelligence politique. Elle sera réimprimée cinq fois avant la grande édition critique de Chéruel en 1856, enrichie d'une biographie par Sainte-Beuve. Rousseurs éparses sinon bon exemplaire. Tchemerzine, V, p. 660 : «véritable édition originale» ; Carteret, II, p. 284 ; Vicaire, VII, 101-102 ; Legay, 108 ; Guery Alain. Saint-Simon et Montesquieu, in Cahiers Saint Simon, n°27, 1999, p. 17-28. ‎

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‎SAINT-JOHN PERSE‎

Reference : 28694

(1948)

‎Lettre autographe signée.‎

‎ Saint-John Perse pour Fontaine Washington - 2800 Woodley Road, 2 mai 1948. 4 pages 1/2 en 5 f. (180 x 265 mm) sur papier vergé fin, à l'encre noire. Long courrier de Saint-John Perse au directeur de la revue Fontaine, Max-Pol Fouchet, alors que ce dernier envisage un numéro spécial consacré au poète. ‎


‎Quinze jours plus tôt, Fouchet lui avait confirmé que tous les voyants étaient au vert : « Au travail, plus que jamais. Je n’ai pas cessé, d’ailleurs de préparer les futurs numéros, avec la certitude que Fontaine ne pouvait disparaître. L’hommage à Saint-John Perse n’a rien perdu de mes soins. Je le prévois pour le n° 66 (15 juillet). Tous les collaborateurs (André Gide, Denis de Rougemont, Gaëtan Picon, Albert Béguin, Marcel Raymond) ont été ‘relancés’. Dans une semaine, je vous dirai et le plan du sommaire et ceux qui y participent. Je viens d’écrire à Georges Schéhadé et à Gabriel Bounoure, que ce projet enthousiasmait. Dès que ces études me seront parvenues, nous bâtirons. […] » (lettre de M.-P. Fouchet à Saint-John Perse du 15 avril 1948). De si bonnes nouvelles, se réjouit le poète, alors que Fontaine connaît des difficultés : « Non, cher Ami, Fontaine ne pouvait pas périr !… Mais que votre lettre est émouvante dans sa simplicité. Je n’ai pas de peine à mesurer ce qu’a pu être votre épreuve, au plus intime et solitaire de vous-même. J’aime qu’à travers tout, j’aime qu’envers et contre tout, vous ayez su garder en vous le courage de ne pas désespérer. L’action est dure, pour l’entreprise intellectuelle, sur le plan des nécessités matérielles. Puissiez-vous, humainement, avoir trouvé du moins quelque solidarité de cœur, à Paris, parmi tous ceux qui doivent tant à la poursuite de votre effort. L’épreuve fait mieux comprendre ce qui a été en péril. C’est le destin même de votre Revue qui semble réaffirmé, et sa mission, mieux éclairée. Sa maladie de croissance est faite, à l’heure la plus malsaine, et sa survivance est assez symbolique pour animer autour d’elle le meilleur, et le plus sain, et le plus précieux. Mes félicitations pour votre victoire, et, pour votre nouveau combat, mes vœux, encore plus confiants et plus ‘exigeants’. Je m’emploierai de mon mieux, de ce côté de l’eau, à vous assurer le plus de sympathie possible, et, s’il se peut, de solidarité. Il y a là de la chose française en jeu, comme je souhaiterais qu’on l’entendît. Je suis touché de penser qu’au milieu de tant de soucis vous ayez gardé celui de ce numéro d’hommage dont vous voulez bien me reparler. » Le dernier numéro de Fontaine mis en vente date alors de… novembre 1947 (n° 63). Les sommaires, depuis, sont envisagés, les textes regroupés. Mais faire renaître Fontaine paraît vite impossible, malgré les envies. Une annonce aux autorités est même donnée le 28 avril 1948, avec un plan de parution détaillé. C’est probablement ce qui rend Fouchet si optimiste concernant son projet avec Perse, qui aurait représenté un retour à la littérature des plus importants. Las, la publication du numéro 64 sera sans cesse repoussée, prolongeant la lente agonie du titre, ce qui provoquera des inquiétudes, légitimes, chez le Saint-John Perse en juin. Ce numéro d’hommage sera néanmoins publié deux ans plus tard, « dans les Cahiers de la Pléiade, augmenté d’autres textes à l’automne 1950, c’est-à-dire quelques mois après la liquidation de la Société des Éditions de la Revue Fontaine, prononcée le 15 juillet 1950. Les noms de Max-Pol Fouchet et Fontaine n’y sont pas mentionnés une seule fois " (in François Vignale, La Revue Fontaine, Rennes, PUR, p. 247). Perse, de fait, avait tout prévu pour ce numéro spécial dont il attendait tant : « Voici, sans plus de phrases, mes réponses à votre lettre : 1° - Je vous envoie sous même pli le texte que vous attendez de moi – titre : ‘Et vous mers...’ (début de poème)’ - [ Faites imprimer en italiques une italique assez pleine, si possible) ; Et surtout assurez-moi, je vous en prie, la garantie d’un envoi d’épreuves à corriger moi-même. (J’y tiens essentiellement, ayant toujours eu tous déboires à cet égard : les ‘coquilles’ ont un goût particulier pour mes textes comme certains colimaçons pour les plantes des grèves.) ] Inutile de me renvoyer le manuscrit avec les épreuves. 2° - Les pages sur Briand dont vous a parlé Rougemont n’ont pas leur place dans votre numéro d’hommage littéraire. Simple discours de circonstance que j’ai eu à prononcer, à titre purement humain, dans une commémoration publique à l’étranger. J’ai pu le retrouver et vous l’envoie amicalement, puisque vous m’en parlez, mais à titre personnel et pas pour publication. Rien de moi, ni sur moi, hors du plan littéraire. Gardez-moi bien, autant qu’il dépendra de vous, contre tout rattachement de St.J.P. à Alexis Léger. Je vous ai déjà dit ce que je pensais des méfaits d’une telle liaison, entre mon plan absolu de poète et le plan latéral d’une vie professionnelle. Ma personnalité privée non plus n’appartient pas au public, et j’aime que vous ayez eu le tact de ne me demander aucun portrait. Si vous croyez devoir conserver telle quelle l’étude de Marcel Raymond, qui avait fait preuve envers moi de la plus grande délicatesse personnelle et à qui je n’ai marqué en fait aucune réserve, soit, mais pas d’autre exception dans ce sens. 3° - J’ai demandé à Breton et à Paulhan de vous donner quelque chose. Leur témoignage me ferait plaisir, amicalement autant qu’intellectuellement. Mais je ne sais s’ils sont informés de la résurrection de ‘Fontaine’ et de la reprise de votre projet. Voulez-vous vous en assurer directement auprès d’eux ? Dans les générations suivantes, que je connais mal, Michaux et Char sont les seuls dont la sympathie littéraire aurait un sens pour moi. Mais je ne connais pas personnellement le premier, et avec le second, que je tiens pour un vrai poète, je n’ai jamais eu qu’un bref échange de lettres. Je suis heureux de vous entendre mentionner Béguin. Je compte sur Rougemont pour me venger un peu d’absurdes interprétations littérales, lui qui a si intelligemment traité de l’ordre ‘fabuleux’ dans son dernier et très beau livre. Avec mon affectueuse pensée, transmettez-lui de ma part ce reproche : de ne m’avoir pas encore fait connaître son adresse en Europe. J’essaie de retrouver pour vous, dans les dépôts épars d’une vie sans foyer, la dernière et très longue lettre que j’ai reçue de Valéry, peu avant sa mort – intéressante, moins pour l’éloge excessif de les premiers poèmes (nous étions trop vieux amis pour qu’il ne fût point partial), que par d’étranges confidences, des plus inattendues, sur les limites de sa conception poëtique (nous n’avions jamais été d’accord à ce sujet). Je m’excuse, cher Ami, de n’avoir pu vous répondre plus tôt. À l’instant seulement votre lettre au retour d’un voyage dans le Sud. Encore tous les vœux que je mets pour vous dans une amicale et très cordiale pensée. Alexis Léger. » ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 29523

(1929)

‎Courrier Sud.‎

‎ Exemplaire Joseph-Henry Rosny, avec envoi, sur pur fil Paris, Gallimard, (30 avril) 1929. 1 vol. (120 x 185 mm) de 227 p. et [2] f. Broché, chemise et étui (Devauchelle). Édition originale. Un des 697 exemplaires sur vélin pur fil (n° 321). Envoi signé : «À monsieur Rosny aîné. En hommage respectueux, Antoine de Saint-Éxupéry». ‎


‎Très bel exemplaire offert par Antoine de Saint-Exupéry à J.-H. Rosny aîné : une dédicace parlante, et de circonstance pour le jeune romancier - rappelons que c'est son premier livre - qu'il adresse au président du plus prestigieux prix littéraire : celui décerné par l'académie Goncourt. L'ouvrage ne sera pas retenu dans la liste finale du prix (qui sera décerné à L'Ordre de Marcel Arland) ; Vol de nuit sera, deux ans plus tard, un peu mieux envisagé, puisqu'il parviendra jusqu'à la sélection finale. Il obtiendra la prix Femina. Pseudonyme de Joseph Henri Honoré Boex, J.-H. Rosny l'aîné est né le 17 février 1856 à Bruxelles. C'est l'un des grands fondateurs de la science-fiction moderne, avant les ouvrages de H.G. Wells : il est également l'auteur, avec son frère, du célèbre roman La Guerre du feu, en 1909. Les frères Boex seront tous deux, selon la volonté d'Edmond de Goncourt, nommés pour siéger à l'Académie éponyme, dont Rosny l'aîné occupe la présidence de 1926 à sa mort, en 1940 ; son frère l'y succédera. C'est vers 1925 que Saint-Exupéry rencontre, dans le salon parisien de sa cousine Yvonne de Lestrange, la fine fleur des éditions Gallimard : Gaston Gallimard, Jean Schlumberger et André Gide. Ces rencontres vont jouer un rôle fondamental dans son entrée en littérature. Gide poussera le jeune homme à écrire, lui qui vient d'échouer à l'École navale et suit un stage de perfectionnement à l'école de navigation aérienne de Brest. Engagé en 1926 par la compagnie Latécoère (la future Aéropostale), il transporte le courrier à destination de l'Amérique du Sud depuis Toulouse via l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie jusqu'à Dakar, où ce courrier embarque sur un bateau pour l'autre continent. C'est d'après ses souvenirs et ses mémos qu'il rédige Courrier Sud : le roman relate les notes du pilote Jacques Bernis à travers ses lettres envoyées depuis ses différentes escales. Saint-Exupéry en lira des passages à son cousin Honoré Estiennes d'Orves, son futur lecteur attitré. L'ouvrage est accepté par Gaston Gallimard. Premier livre, premier chef-d'oeuvre : «Un ciel pur comme de l'eau baignait les étoiles et les révélait. Puis c'était la nuit». La poésie se mêle, sans cesse, à la réalité et celle des hommes : l'Aéropostale des débuts, c'est un quatuor d'amitiés fortes et de pilotes intrépides, les mousquetaires que sont Jean Mermoz, Henri Guillaumet, Antoine de Saint-Exupéry et Marcel Reine. ‎

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‎SAINT-EXUPERY (Antoine de)‎

Reference : 31408

(1942)

‎Flight to Arras.‎

‎ Première édition avant la publication française. Tirage de tête signé par Saint-Exupéry New York, Reynal & Hitchcock, [février] 1942. 1 vol. (140 x 210 mm) de 255 p. et 1 f. Bradel demi-chagrin bleu, dos à faux nerfs, titre doré, contreplat et garde ill. en couleurs par Bernard Lamotte, tête dorée (cartonnage de l'éditeur). Édition originale. Illustration de Bernard Lamotte. Elle paraît avant l'édition française, également publiée à New York, aux Éditions de la Maison française, la même année. Un des 500 premiers exemplaires signés par l'auteur et l'illustrateur (n° 239). ‎


‎Le 23 mai 1940, le capitaine Saint Exupéry effectue une mission de reconnaissance aérienne sur la ville d'Arras. Il pilote le Bloch 174 N° 24. À son bord, le lieutenant Dutertre occupe le poste d'observateur et le sergent Mot celui de mitrailleur. Ils volent à basse altitude quand soudain, ils sont attaqués par la DCA (défense antiaérienne allemande). Leur avion est criblé de balles et un réservoir d'huile est crevé par un obus. Saint-Exupéry réussit cependant à retourner à la base du groupe 2/33 avec ses passagers sains et saufs. Pour cet exploit il sera récompensé de la Croix de guerre avec palme et cité à l'ordre de l'Armée de l'Air, le 2 juin 1940. Cette mission lui fournira le titre de son livre Flight to Arras. Durant les deux ans qui suivent l'expédition sur Arras, Saint-Exupéry travaille au récit de cette mission, depuis les États-Unis où il s'est exilé. Il veut saluer le courage et la force des jeunes pilotes : Gavoille évidemment, mais aussi Sagon, Pénicot, Dutertre, Hochedé, le commandant Alias et le lieutenant Israël. Il tente d'expliquer la situation de la France et sa capitulation. Il cherche à inciter les États-Unis à entrer en guerre. Installé à New York depuis décembre 1940, il y a retrouvé Pierre Lazareff et Bernard Lamotte, un ancien camarade des Beaux-Arts. Lorsque Pilote de guerre est achevé, le texte paraît en pré-originale, en anglais, en janvier 1942 dans la revue Atlantic Monthly, avec des illustrations de son ami Lamotte. Elles sont conservées pour l'édition en volume, avec des magnifiques gardes peintes par Lamotte pour le tirage de luxe. Parallèlement, le texte français est publié aux Editions de la Maison française, sans illustrations. « En vérité, ce livre est un grand et beau livre, peut-être le vrai livre de la guerre de 1939 » écrit Pierre Mac Orlan dans le journal Les Nouveaux Temps, le 8 janvier 1943. Dès sa parution, il connaît un grand succès aux États-Unis : « Ce récit et les discours de Churchill constituent la meilleure réponse que les démocraties n'aient jamais trouvée à Mein Kampf » (Edward Weeks, dans L'Atlantique, cité dans Schiff, p. 363). Les Américains sont bouleversés par le récit et placent pendant six mois le volume en tête des ventes, contribuant à rectifier l'image de la France aux yeux de l'opinion publique et des hommes politiques. La voix de Saint-Exupéry semble être entendue. John Barbeen déclare dans The Chicago Herald le 29 mars 1942 : « Les critiques ne font pas que louer le talent de l'écrivain. Ils font pénétrer dans la presse l'idée d'une France profonde, différente de l'état-major en perpétuelle retraite [...]. Ils font sentir l'absurdité de voler, poursuivi par la chasse allemande, quand on n'a pu, en neuf mois, obtenir des avions résistant au froid des hautes couches de l'atmosphère ». En France, les Éditions Gallimard soumettent le livre au service de propagande allemand qui autorise sa publication, non sans avoir supprimé un court passage de quatre mots, censurés : « Hitler est un idiot » ; mais le livre est rapidement interdit tant il fait de bruit. Il poursuivra alors sa diffusion de manière clandestine, sous la forme de deux éditions (à Lille, puis à Lyon). ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de) ‎

Reference : 29967

(1931)

‎Vol de nuit .‎

‎ Envoi signé au juré Goncourt, Paul Neveux Paris, Gallimard, (30 mai) 1931. 1 vol. (120 x 185 mm) de 181 p., [1] et 1 f. Broché, sous chemise et étui (Devauchelle). Édition originale. Préface d'André Gide. Un des 647 exemplaires sur pur fil, (n° 605). Envoi signé : « Pour monsieur Pol Neveux. En hommage respectueux. Antoine de Saint-Exupéry ». ‎


‎En 1929, devenu directeur de l'exploitation de la compagnie « Aeroposta Argentina », Antoine de Saint-Exupéry a pour mission d'ouvrir une ligne vers la Patagonie et la Terre de Feu, quelque 2500 kilomètres au sud de Buenos Aires. Deux ans après Courrier Sud, il livre ici un chef-d'oeuvre et la confirmation d'un talent littéraire, porté par un humanisme, une passion pour les terres éloignées et pour les hommes qui les explorent et les habitent. Et un succès littéraire : l'ouvrage, préfacé par André Gide, reçoit les faveurs du public, et, du côté de la rue Sébastien-Bottin, on rêve d'un prix littéraire. Dès septembre, Vol de nuit est sélectionné dans la liste finale du Goncourt, en concurrence avec Philippe Hériat pour L'Innocent et Jacques Chardonne pour Claire. Las ! Victime de son succès, le roman remporte le 4 décembre le Femina, un prix créé en 1904 par vingt-deux femmes en contestation du Goncourt. Les membres de la prestigieuse Académie, sans doute mécontents de voir l'herbe coupée sous leurs pieds, donnent alors leurs voix à Jean Fayard pour Mal d'amour, un roman chargé jusqu'au trop plein de clichés sur les femmes. Un retour aux envoyeuses sans doute, mais tout à l'honneur de ces dames : Saint-Exupéry s'en émeut avec sincérité et avoue avoir « été aussi surpris que touché de voir mon livre aussi bien couronné par des femmes ». Sa surprise vient du fait que ces dernières lui « semblaient presque étrangères » à son roman : « L'homme qui s'habille la nuit pour prendre, dans le ciel, à l'avant d'un avion postal, son tour de garde semble se détacher déjà de sa maison, [...] et considérer comme un jeu, un loisir, l'exercice du bonheur. Le plaisir d'un vol de nuit est si violent, que déjà à la fenêtre, en suivant son vol on prend une âme de chasseur et j'ai vu bien des camarades, des hommes sains et rudes, ne plus souffrir aucune comparaison entre l'amour et le métier, comme si enfin ils allaient s'occuper de choses solides, graves, réelles, et quitter leur femme sans regret apparent, et même un peu dédaigneusement, avec un orgueil naïf de leur part. [...]. Je voudrais vous parler du bonheur. Je voudrais vous faire comprendre combien ce rôle est grand. Et j'imagine que c'est un peu le vôtre puisque nous recevons en récompense de vous des vertus humaines, des patiences de garde malade, des dévouements de soeurs aînées. Enfin les vertus humaines qui rechargent le coeur et prennent dans la maison le fragile visage du bonheur. » Le Femina suscita des jalousies et des inimitiés, qui s'exprimèrent avec violence dans la presse, pourtant si favorable au moment de la publication du livre, six mois plus tôt. On reproche à l'auteur son mysticisme et un style précieux et compassé ; mis à part l'amitié de quelques héros de l'air (Mermoz est un des premiers à le féliciter pour son prix), Saint-Exupéry est contesté avec la même irritation dans les milieux de l'aviation : se rappelant ses étourderies et erreurs de pilotages, ses camarades pilotes s'offusquent de constater que l'auteur est devenu le plus réputé aviateur de France non pas pour des exploits professionnels mais porté par une gloire littéraire qui lui confère un aura immérité à leur sentiment. Le public n'aura cure de ces piques vénéneuses. Vol de nuit se vend à plus de 150 000 exemplaires et Jacques Guerlain, en hommage, sort un parfum du même nom. Aux États-Unis, le livre - immédiatement traduit [Night Flight] - est un best-seller et est élu dans la sélection du Book of the Month Club. Enfin, Vol de nuit est l'un des premiers romans à être réédité en format de poche en 1953, dans la collection Le Livre de poche, où il porte le n° 3 (après Koenigsmark et Les Clés du royaume). Précieux exemplaire dédicacé par l'auteur à Pol Neveux, l'un des dix membres de l'Académie Goncourt, où il a été élu en 1924, au deuxième couvert (celui de Huysmans, Renard, Guitry et, depuis 2016, Eric-Emmanuel Schmitt). Un envoi qui annonce la rentrée littéraire de septembre et la bataille pour le prix. ‎

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‎SAINT-NON,J.-C. Richard de & VIVANT DENON,Dominique.‎

Reference : LCS-17662

‎Voyage Pittoresque à Naples et en Sicile, par J.-C. Richard de Saint-Non. Nouvelle édition, corrigée, augmentée et mise dans un meilleur ordre par P.-J. Charrin. L'un des chefs d'œuvres du livre illustré, très rare en reliure uniforme de l'époque. L’un des plus somptueux ouvrages sur l’Italie, augmenté de nouvelles planches.‎

‎Troisième édition rarissime complète illustrée de 558 gravures. Paris, Houdaille, Libraire-Éditeur, 1836. 4 vol. in-8° et 2 atlas in-folio ; (2)-LXXIX-460 pp./(2)-587 pp./(2)-522 pp./(2)-614 pp., les atlas se composent ainsi : [Naples]-1 page de grand titre-285 gravures, cartes, figures [1-285]/[Grande Grèce]-1 page de grand titre-273 gravures, cartes, figures [286-558 et dernier], demi-chagrin bleu, dos à nerfs joliment orné, filets or, caissons or, titre or. Reliure uniforme de l’époque.‎


‎Blanc, 957 (pour l’édition de 1829). Quérard, La France Littéraire, t. VIII, p. 360. Troisième édition rarissime complète (Paris, Dufour & Cie, 1829, pour la deuxième édition) illustrée de 558 gravures. Manque à Cicognara, Cremonini et à de nombreuses bibliographies sur le sujet. Les additions faites à cette édition par Charrin sont : un chapitre contenant la description des Étrusques, des notes historiques et géographiques, une analyse détaillée de l’ouvrage, une notice biographique sur Richard de Saint-Non et 141 estampes supplémentaires dont 27 en couleur concernant les Étrusques. Au cours du voyage dans les deux Siciles, tandis que ses compagnons prenaient les mesures des temples et accumulaient les croquis, Denon jetait sur le papier un journal de voyage d’un style remarquable, qu’il communiquait à l’abbé de Saint-Non. Ce journal, associé à des pages de Chamfort, Cabanis, Faujas de Saint-Fond, Dolomieu, et autres plumes aussi fines, devait formé la matière du texte du Voyage pittoresque, mais le grand mérite de cet ouvrage monumental réside moins dans le texte que dans les exceptionnelles gravures à l’exécution parfaite.‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 29420

(1942)

‎Flight to Arras.‎

‎ Un des 500 premiers exemplaires signés New York, Reynal & Hitchcock, [février] 1942. 1 vol. (140 x 210 mm) de 255 p. et 1 f. Bradel demi-chagrin bleu, dos à faux nerfs, titre doré, contreplat et garde ill. en couleurs par Bernard Lamotte, tête dorée, étui éditeur avec pièce de titre sur le plat (cartonnage de l'éditeur). Édition originale. Elle paraît avant l'édition française, également publiée à New York, aux Éditions de la Maison française, la même année. Un des 500 premiers exemplaires signés par l'auteur et l'illustrateur (n° 163). ‎


‎Le 23 mai 1940, le capitaine Saint Exupéry effectue une mission de reconnaissance aérienne sur la ville d'Arras. Son avion est criblé de balles et un réservoir d'huile est crevé par un obus. Saint-Exupéry réussit cependant à retourner à la base du groupe 2/33 avec ses passagers sains et saufs. Pour cet exploit il sera récompensé de la Croix de guerre avec palme et cité à l'ordre de l'Armée de l'Air, le 2 juin 1940. C'est cette mission qui lui fournira le titre de so Flight to Arras. Lorsque Pilote de guerre est achevé, le texte paraît en pré-originale, en anglais, en janvier 1942 dans la revue Atlantic Monthly, avec des illustrations de son ami Lamotte. Elles sont conservées pour l'édition en volume, avec des magnifiques gardes peintes par Lamotte pour le tirage de luxe. Parallèlement, le texte français est publié aux Éditions de la maison française, sans illustrations. « En vérité, ce livre est un grand et beau livre, peut-être le vrai livre de la guerre de 1939 » écrit Pierre Mac Orlan dans le journal Les Nouveaux Temps, le 8 janvier 1943. Dès sa parution, il connaît un grand succès aux États-Unis : « Ce récit et les discours de Churchill constituent la meilleure réponse que les démocraties n'aient jamais trouvée à Mein Kampf » (Edward Weeks, dans L'Atlantique, cité dans Schiff, p. 363). Les Américains sont bouleversés par le récit et placent pendant six mois le volume en tête des ventes, contribuant à rectifier l'image de la France aux yeux de l'opinion publique et des hommes politiques. La voix de Saint-Exupéry semble être entendue. John Barbeen déclare dans The Chicago Herald le 29 mars 1942 : « Les critiques ne font pas que louer le talent de l'écrivain. Ils font pénétrer dans la presse l'idée d'une France profonde, différente de l'état-major en perpétuelle retraite [...]. Ils font sentir l'absurdité de voler, poursuivi par la chasse allemande, quand on n'a pu, en neuf mois, obtenir des avions résistant au froid des hautes couches de l'atmosphère ». ‎

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‎SAINT-AUGUSTIN‎

Reference : LCS-A3

‎La Cité de Dieu. Traduite en François et revue sur plusieurs anciens Manuscrits. La Cité de Dieu somptueusement reliée par Thouvenin en maroquin citron orné aux mille points.‎

‎Précieuse édition de La Cité de Dieu traduite par Pierre Lombert. Paris, Jacques Rollin, 1736. 4 in-12 de: I/(1) f., (51) pp., 557 pp., (3); II/ (9) ff., 516 pp. ; III/ (1) f., 536 pp., (7) ff.; IV/ (1) f., 541 pp. mal ch. 545, (11) pp. Maroquin citron à grain long, encadrement de palmettes sur les plats, dos à nerfs ornés aux mille points, pièces de titre et de tomaison en maroquin noir, tranches dorées. Reliures du début du XIXe siècle signées de Thouvenin. 162 x 95 mm.‎


‎La prise de Rome par les Wisigoths d’Alaric le 24 août 410 provoqua un choc inimaginable dans l’occident chrétien. A ce choc profond qui pouvait être attribué par les contemporains à un abandon des dieux païens pour le culte du Dieu unique, Saint-Augustin apporte une réponse éloquente dès 412 avec les 22 livres de la Cité de Dieu, livre incontournable et intemporel, réédité dans la Pléiade en novembre 2000. Par son interprétation très large de l’histoire de l’humanité Saint-Augustin exercera une influence profonde sur tous les individus curieux et inquiets de leur propre destin. «‘La Cité de Dieu’ est l’apologie du christianisme. C’est à la fois une philosophie de la société humaine dans son devenir historique, une métaphysique de la société et une interprétation de la vie individuelle et sociale, à la lumière des principes fondamentaux du christianisme. Le livre est écrit en réponse à l’accusation formulée en 410 par les païens, qui prétendent que le sac de Rome, infligé par les Goths d’Alaric, a pour cause l’abandon du culte des dieux traditionnels, abandon imposé par le christianisme. Ce texte a exercé une influence profonde sur toutes les époques et sur tous les individus curieux et inquiets de leur propre destin. C’est pourquoi, aussi, dans les polémiques du Moyen Âge entre la papauté et l’empire, on a voulu puiser dans cette œuvre (identifiant faussement la cité de Dieu avec l’Eglise empirique et la cité du monde avec l’Etat concret); c’est pourquoi, de Bossuet à Balbo, tous ceux qui se sont à nouveau penchés sur le problème de l’histoire se sont tournés vers Saint-Augustin; c’est pourquoi, malgré le développement des sciences théoriques, La Cité de Dieu reste encore un livre vivant, qui ne cesse de trouver des lecteurs. Ce fut le premier livre imprimé en Italie (1467, à Subiaco) et nous savons combien ensuite l’humanisme en sentit le charme profond, comme le sentirent aussi les Réformateurs, Pascal, Kierkegaard». Superbe exemplaire luxueusement relié par Thouvenin en maroquin citron aux dos ornés aux mille points. Provenance: Yemeniz (ex-libris ; Paris, 1867, n° 3111); baron Ménard de Marsainvilliers (ex-libris manuscrit, au crayon, au verso de la première garde). ‎

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‎BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Jacques-Henri.‎

Reference : LCS-18578

‎Paul et Virginie - La Chaumière indienne. L’un des 6 exemplaires sur Chine cités par Carteret de « la perle des livres illustrés du XIXe siècle » (Brivois).‎

‎Remarquable exemplaire relié avec faste par Mercier et parfaitement conservé. Paris, L. Curmer, 1838. Grand in-8 de 1 frontispice, lvi pp., 458 p., (7) ff., 1 carte coloriée à pleine page et 35 gravures à pleine page protégées par des serpentes. Maroquin bleu à grains longs, plats richement décorés d'un large encadrement formé d'une frise des même fers, avec plusieurs encadrements de filets dorés et à froid, et fleurons angulaires, dos lisse, titre et date dorés, décor en long formé de petits fers répétés, bordés de filets dorés multiples et d'un filet à froid, double filet doré aux coupes, contreplats bordés de maroquin orné de 9filets dorés, doublure et garde de satin moiré rose, tranches dorées sur témoins, chemise, étui. Mercier successeur de Cuzin. 240 x 157 mm.‎


‎« La perle des livres illustrés du XIXe siècle ». (Brivois). Remarquable exemplaire relié avec faste par Mercier et parfaitement conservé. Un des très rares exemplaires du tirage de tête sur papier de Chine. Il n'y en aurait eu que 15, ou 20, selon les deux prospectus consultés par Brivois. Magnifique édition considérée comme l'une des plus belles productions de l'époque romantique. Elle réunit Paul et Virginie et La Chaumière indienne, précédés d'une étude de Sainte-Beuve sur Bernardin de Saint-Pierre. L'illustration, due aux plus célèbres dessinateurs et graveurs du temps, comprend 29 planches sur Chine appliqué, dont le frontispice, et environ 450 vignettes dans le texte dessinées par Tony Johannot, Français, Meissonier, Paul Huet, Isabey, Marville, Steinheil et d'autres et gravées sur bois par Lavoignat, Brévière, Porret, O. Smith, Hart et d'autres, 7 portraits hors texte gravés sur acier par Cousin, Pelée, Pigeot et Revel d'après Lafitte, Johannot et Meissonier, et une carte coloriée de l'Île de France (actuelle Île Maurice) gravée par Dyonnet. Il a été joint un tirage volant de la page 417-418, comportant le portrait de madame Curmer (dit : « La bonne femme »), qui n'avait pas été imprimé dans les tout premiers exemplaires. Curmer ayant tiré Paul et Virginie à grand nombre, a employé une grande quantité de papier vélin, non collé, pour obtenir un tirage brillant de ses gravures sur bois. Dans l'ensemble de cette fabrication ou de ces fabrications il a été fait usage de feuilles de papier de force variable plus ou moins collées. C'est ainsi que les gravures sur acier et les grands bois hors texte sur chine ont été appliqués sur des papiers plus forts et sans colle qui se sont outrageusement piqués. Dans la livraison 29 se trouvait encarté un prospectus sur papier lilas annonçant 15 exemplaires sur chine à 500 francs, alors que la couverture de la 1ère livraison des portraits annonce l'ouvrage à 37fr.50, prix qui sera porté à 45 francs à la mise en vente, ainsi que 20 exemplaires sur chine à 300francs seulement l'exemplaire. Il existe des exemplaires sur chine avec le titre de la rue Saint Anne et d'autres avec l'adresse de la rue Richelieu. Le fait que Curmer a dépensé 3 335 francs en achat de papier de Chine, somme énorme pour l'époque, prouve, malgré l'emploi qui en a été fait pour le tirage des grands bois et des portraits, qu'il se rendait compte de la beauté des épreuves sur ce papier et qu'il comptait l'utiliser pour un tirage de luxe ; d'autre part, le nombre des exemplaires connus laisse supposer que le tirage du livre sur chine a sans doute été de 15 plus 20, soit 35 exemplaires au bas mot. L'éditeur qui vendait rarement un exemplaire sur chine le livrait avec le titre tantôt à sa première, tantôt à sa seconde adresse. Quelques exemplaires ont été complétés avec de grands bois hors texte portant Typ. Plon frères. « Presque tous les exemplaires reliés de leur temps sont très piqués, surtout les gravures hors texte, et ces taches d'humidité sont la cause que les amateurs, avec raison d'ailleurs, préfèrent constituer un bel exemplaire en reliure moderne avec toutes les herbes de la saint Jean ». L. Carteret. Précieux exemplaire sur Chine cité et décrit par Carteret. Sur les cinquante années qui vont de 1912 à 1962, Carteret cite 5 exemplaires sur Chine. Celui-ci atteint l’une des plus hautes enchères: de Montgermont ……………………………….... 4500 F V. …………………………………………..…… 9300 F Tristan Bernard, 1923 ………………………….….. 3600 F Renevey, 1924, le présent exemplaire.…………….. 8200 F Descamps. Scrive, 1925 ………………………..….. 17000 F Depuis 1967, Carteret cite un seul exemplaire sur Chine : Roudinesco, 1967 ; puis Esmérian (11 décembre 1973, n° 108) 41 270 FF soit 6 310 €. L’exemplaire sur Chine relié pour Ferdinand Philippe d’Orléans fut vendu 120 000 FF (18 350 €) le 5 juin 1987 (Réf : Livres Précieux, n° 219). Superbe exemplaire sur Chine de la bibliothèque Eugène Renevey (vente 1924, n° 141) avec ex-libris gravé sur Chine volant. ‎

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‎SAINT-JOHN PERSE‎

Reference : 29921

(1942)

‎Exil.‎

‎ Rare exemplaire de tête hors commerce, non annoncé. Exemplaire Henri Hoppenot Buenos Aires, Éditions des lettres françaises, (25 août) 1942. 1 vol. (250 x 325 mm) de [108] p. Cartonnage vélin, dos lisse, titre à l'oeser noir et rouge, couvertures et dos conservés (reliure Schumacher - Berne). Edition originale. Un des rares exemplaires hors commerce sur papier pierre : seuls trois exemplaires (A, B et C) sont ainsi annoncés. Signalons néanmoins une publication à l'insu de l'auteur parue trois mois plus tôt, en mai 1942, par les soins de Jean Ballard, sous la forme d'un tiré à part à 200 exemplaires des Cahiers du Sud, imprimé à Marseille.‎


‎Exemplaire d'Henri Hoppenot, à qui Alexis Léger doit beaucoup. En août 1914, Henri Hoppenot fait son entrée au Bureau de la presse du ministère des Affaires étrangères. Alexis Léger, reçu au concours l'année précédente, est déjà dans la place. Quand ils entrent au ministère, s'y trouvent déjà les diplomates écrivains Giraudoux, Morand, Claudel. Pendant plus de soixante ans, Alexis Léger et Henri Hoppenot se côtoyèrent, s'éloignèrent au gré des postes, firent à nouveau route ensemble au Quai d'Orsay et se retrouvèrent sur le continent américain. Le premier - et seul poste à l'étranger - d'Alexis Léger sera en Chine, avant une brillante carrière à l'administration centrale : après la publication d'Anabase en 1924 sous le pseudonyme de Saint-John Perse, il laisse de côté sa carrière littéraire pour se consacrer entièrement à sa carrière diplomatique. Nommé directeur du cabinet du ministre Aristide Briand en 1925, il fait partie des plus hauts cadres du Quai d'Orsay. Il parvient à se maintenir en poste après la mort de Briand en 1932 et remplace Philippe Berthelot en tant que Secrétaire général du ministère de Affaires étrangères de 1933 à 1940 - soit le plus haut fonctionnaire après le ministre lui-même. Alexis Léger fera beaucoup pour favoriser la carrière d'Hoppenot : « Il m'a donné des coups de main plusieurs fois dans ma carrière, chaque fois qu'il a pu » (Ina, Archives du XXe siècle, interview d'Henri Hoppenot, 1971) - notamment sa nomination, en 1933, en Chine. En souvenir de cette période, Hoppenot fera imprimer, en 1937, une rareté : un compte rendu de mission d'Alexis Léger, imprimé sur les presses des Lazaristes à Pékin à dix exemplaires : la Relation respectueuse adressée par le secrétaire Lei Hi-Ngai [Alexis Léger] à son excellence le ministre Kang Te [Alexandre Conti ministre de France à Pékin]. Juste avant que les deux hommes ne se retrouvent à Paris, au Quai d'Orsay, entre 1937 et 1940. Désavoué en 1940, Alexis Léger est démis de ses fonctions le 18 mai 1940 par Paul Reynaud et s'exile aux États-Unis. Hoppenot, lui, paie sa proximité avec Léger : on lui refuse plusieurs accréditations en Europe et on l'envoie en Uruguay. Il démissionne du poste en 1942, quand est instauré le STO et promulgué un nouveau statut pour les Juifs. Révoqué le 6 mars 1943 de ses fonctions diplomatiques, il gagne alors Washington, où il retrouve Léger, ralliant la France Libre. Il sera nommé, en 1945, ambassadeur à Berne. Léger, qui a refusé de se rallier à de Gaulle, est réhabilité grâce à Henri Hoppenot et c'est lui qui permet son retour d'exil après la guerre. Hoppenot se fera le principal partisan pour l'obtention du prix Nobel de littérature en 1960 que Perse obtiendra, après avoir, dès 1944 basculé en poésie sous son nom de plume. Précieux exemplaire hors commerce du premier livre de Perse publié pendant l'exil. C'est le seul exemplaire sur ce papier qui soit connu. Dans quelles circonstances Hoppenot le reçut-il ? Il était, en août 1942, à Buenos Aires, et a donc pu le retirer sur place, grâce à un mot de Perse avec lequel il correspondait. Les deux hommes se voient en tout cas l'année suivante, à New York, mais on imagine qu'une dédicace serait alors venue enrichir un tel présent. Quoi qu'il en soit, Hoppenot regagne l'Europe en 1945, avec l'ouvrage : c'est à Berne - où il prend ses fonctions d'ambassadeur avec un jeune secrétaire d'ambassade, Romain Gary - qu'il fera relier l'exemplaire, ainsi que Pluies et Vents, par un fameux atelier de reliure situé dans la Kramgasse, l'une des principales artères commerçantes de la vieille ville : la maison Schumacher, fondée en 1840. Pendant la guerre, Perse vit lui à New-York puis Washington, avec le soutien d'amis américains dont le directeur de la Bibliothèque du Congrès américain, Archibald MacLeish, qui lui propose dès 1941 un poste de conseiller littéraire dans son institution. Les conditions matérielles le poussent à reprendre la plume, sous le nom de Saint-John Perse, et d'écrire Exil, un titre tout trouvé, le poète y ajoutant son nom de plume : « J'habiterai mon nom ». Les poèmes, composés dans le New Jersey, à Long Beach Island, sont dédiés à Archibald MacLeish et publié en pré-originale dans trois revues : Poetry (Chicago, en mars 1942), Cahiers du Sud à Marseille en juin, puis dans Les Lettres françaises / SUR, à Buenos Aires, en juillet 1942. L'édition de Buenos Aires est la seule reconnue par l'auteur : le tiré à part de Marseille fut publié à son l'insu, dans un texte non revu par lui - la mise en page, notamment, est particulièrement différente. Exil sera ensuite augmenté de Pluies, Neiges et Poème à l'étrangère. ‎

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‎BERNARDIN DE SAINT PIERRE‎

Reference : LCS-1864062

‎Études de la nature. Rare édition revue et corrigée par Bernardin de Saint-Pierre, en partie originale, comprenant Paul et Virginie au tome IV, les Vœux d'un solitaire, et les contes philosophiques du Café de Surate et de La Chaumière indienne au tome V.‎

‎Provenance : cachet de bibliothèque russe sur les faux-titres, poinçon de même provenance sur les planches. Paris, Imprimerie de Didot Jeune chez Didot, Née de La Rochelle et de Senne, 1792. 5 volumes in-12 de: I/ (2) ff., 1 frontispice, xxxvi pp., 1 planche depl., 648 pp. ; II/ (2) ff., 3 planches dépliantes, 652 pp. mal ch. 625; III/ (2) ff., 595 pp.; IV/ (2) ff., lxxxviii pp., 532 pp.; V/ (2) ff., xxxiv pp., (1) f., 411 pp.; et lvi pp., 72 pp., (1) f. pour La Chaumière indienne. Maroquin rouge, encadrement de filets, perlé, pointillé, ondulé, dos lisses ornés de caissons losangés et larges fleurons, coupes décorées, doublure et gardes de tabis bleu, tranches dorées. Reliure de l’époque. 168 x 98 mm.‎


‎Edition revue et corrigée par Bernardin de Saint-Pierre, en partie originale, comprenant Paul et Virginie au tome IV, les Vœux d'un solitaire, et les contes philosophiques du Café de Surate et de La Chaumière indienne au tome V. Le tome 5 est ici en édition originale. Elle est ornée d'un frontispice, dessiné par Moreau et gravé par Simonet, d'une carte dépliante de l'Hémisphère atlantique et de 3 estampes botaniques. Le retentissement des Études, qui connurent de nombreuses rééditions, lui apporta, après une vingtaine d'années de pauvreté et d'errances, l'aisance matérielle, la reconnaissance sociale et même une réputation de savant que, à tort ou à raison, la postérité n'a guère ratifiée. Le titre ne doit pas induire en erreur : plus que du traité didactique, l'ouvrage relève de l'essai, voire d'une forme de littérature personnelle : « Descriptions, conjectures, aperçus, vue, objections, doutes, et jusqu'à mes ignorances, j'ai tout ramassé : et j'ai donné à ces ruines le nom d'Études, comme un peintre aux études d'un grand tableau auquel il n’a pu mettre la dernière main. » Dépassant la science descriptive de leur temps, les Études annoncent ainsi des disciplines nouvelles comme l'éthologie ou l'écologie. Mais leur intérêt est aussi littéraire. On y trouvera des analyses d'une grande acuité sur le sentiment voluptueux de la mélancolie et le plaisir légèrement morbide que dispensent ruines et tombeaux, ainsi que de splendides tableaux de paysages, parmi les premiers de la littérature française, à la fois précis, colorés et pénétrés d'un sentiment panique de la puissance de la nature, qui, tout en s'inscrivant dans la vogue du « genre descriptif » de la fin du siècle, annoncent Chateaubriand. Bernardin livre son Avis sur cette édition : « La première édition de cet ouvrage, qui parut en décembre 1784, s'est trouvée presque épuisée en décembre 1785. Depuis sa publication, je n'ai qu'à me féliciter des témoignages honorables d'amitié que m'ont donné des personnes de tout état et de tout sexe, dont la plupart me sont inconnues. Les unes sont venues me trouver, et d'autres m'ont écrit les lettres les plus touchantes pour me remercier de mon livre ; comme si, en le donnant au public, je leur avois rendu quelque service particulier. Plusieurs d'entre elles m'ont prié de venir dans leurs châteaux, habiter la campagne où j'aimerois tant à vivre, m'ont-elles dit. Oui sans doute j'aimerois la campagne, mais une campagne à moi, et non pas celle d'autrui. J'ai répondu de mon mieux à des offres de service si agréables, dont je n'ai accepté que la bienveillance. La bienveillance est la fleur de l'amitié ; et son parfum dure toujours, quand on la laisse sur sa tige sans la cueillir. » Quant à l'édition, il la considère à juste titre comme la meilleure : « Depuis longtemps les amis des Lettres et les Bibliographes désiraient une édition des ‘Etudes de la Nature’ d'un format commode, portatif, et en même temps agréable dans une bibliothèque ; celle que nous leur offrons aujourd'hui réunit tous ces avantages. Elle a été revue très-exactement par l'auteur ; l'on a apporté à la correction des épreuves et à la partie typographique des soins tout particuliers. » Bel exemplaire. Provenance : cachet de bibliothèque russe sur les faux-titres, poinçon de même provenance sur les planches.‎

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‎GRASSET DE SAINT-SAUVEUR‎

Reference : LCS-186456

‎Voyage dans les îles Baléares et Pithiuses ; fait dans les années 1801, 1802, 1803, 1804 et 1805, par M. André Grasset de Saint-Sauveur, jeune, Commissaire des relations commerciales de France et Consul de S. M. J. et R. aux îles Baléares. Avec planches. Edition originale imprimée sur grand papier vélin relié à l’époque pour le Prince Cambacérès Archi-Chancelier de l’Empire.‎

‎Précieux exemplaire provenant des bibliothèques Cambacérès, Jean Lhomer et Docteur Lucien-Graux. Paris, Léopold Collin, 1807. In-8 de (4) ff., xvi pp., 390 pp., 2 planches dépliantes (Vue de la ville de Palma, Autel des druides) et 1 planche à pleine page (Femmes des Iles Baléares). Cartonnage maroquiné, plats ornés d’une roulette dorée, «A. S.A.S. Monseigneur le Prince Cambacérès Archi Chancelier de l’Empire» frappé en lettres d’or sur le plat supérieur, non rogné, charnières fendillées. Reliure de l’époque. 217 x 135 mm.‎


‎Édition originale dédicacée au prince de Talleyrand ornée de 3 planches gravées dont 2 dépliantes: vue de Palma, costume des femmes des îles Baléares, autel des Druides. «Je me suis efforcé d’acquérir un nouveau titre à la bienveillance du public par des recherches suivies sur la topographie, les richesses physiques des îles Baléares et Pithiuses, et sur le caractère, les mœurs, l’industrie et le commerce de leurs habitans. Je me suis attaché à donner une description, la plus exacte et la plus détaillée qu’il m’a été possible des côtes et de l’intérieur de ces îles. Après avoir donné, dans des chapitres particuliers, la description détaillée de chacune des îles, j’ai réuni dans des chapitres généraux, tout ce qui est relatif au caractère, aux mœurs, aux usages, à l’industrie, au commerce, aux costumes et au langage des habitans de toutes ces îles. J’ai consacré un chapitre aux antiquités qui s’y sont trouvées, ou qui y existent encore. Je termine enfin, par un aperçu historique.» «Pour donner un tableau complet de ces îles, il fallait non seulement y avoir voyagé et résidé plusieurs années, il fallait encore y avoir été revêtu d’un caractère qui autorisât l’auteur à se procurer tous les renseignements possibles sur le pays et sur ses habitants; il fallait posséder l’esprit d’observation propre à tirer avantage de ces documents. M. Grasset de Saint-Sauveur a réuni ces avantages, et nous devons à ces laborieuses recherches sur les îles Baléares et Pithiuses, des lumières aussi étendues que celles qu’il nous avait procurées sur les îles vénitiennes. Son ouvrage est divisé en dix-neuf chapitres: il renferme I) La situation des îles Baléares et Pithiuses, l’origine de leurs noms, leur étendue, leur figure; la situation, les côtes et les mouillages de l’île Majorque et de Cabrera, 2) La description de l’île Majorque, qui comprend le tableau de son climat, les qualités, la culture et les productions de ses terres, 3) La description de la ville de Palma, 4) La situation, l’étendue, les côtes et les mouillages de l’île Minorque, 5) La description de la ville de Mahon et de son territoire, 6) Des observations sur le climat, les qualités et les productions des terres et côtes de l’île de Minorque, 7) La situation, l’étendue, les côtes et les mouillages des îles de Minorque, 8) Une description particulière de l’île de Formentera, et des canaux que forment entre elles les îles Pithiuses, 9) Le tableau du caractère et des mœurs, de l’industrie et du commerce des habitans des îles Baléares et Pithiuses, 10) Des recherches sur leur idiome et sur leur costume, 11) Les antiquités des îles Baléares, 12) Enfin, un aperçu historique sur les îles Baléares et Pithiuses. Dans tout le cours de l’ouvrage, de curieuses et d’instructives recherches, des remarques utiles ou piquantes, des rapprochemens heureux, font oublier l’aridité de quelques détails topographiques…» (Journal général de la littérature de France, vol. 9). Précieux exemplaire relié pour Cambacérès, imprimé sur grand papier vélin. Jean-Jacques-Régis Cambacérès, fils aîné de Jean-Antoine, conseiller à la Cour des comptes et maire de Montpellier, et de Marie-Rose Vassal, né dans cette ville le 18 octobre 1752, devint conseiller à la même Cour le 16 novembre 1774, puis conseiller au Parlement de Toulouse en 1783; favorable aux principes révolutionnaires, bien que d’origine noble, il fut nommé président du tribunal criminel de l’Hérault, puis fut élu en septembre 1792 député à la Convention, où il s’occupa surtout des questions juridiques; il en devint le président le 7 octobre 1794; il présida aussi le conseil des Cinq-Cents du 22 octobre 1796 au 20 mai 1797 et fut nommé ministre de la Justice en août 1799. Bien que n’ayant pas pris part au coup d’Etat du 18 brumaire, il fut choisi par Bonaparte comme second consul le 13 décembre 1799. Devenu empereur, Napoléon nomma Cambacérès archichancelier en 1804, président perpétuel du Sénat, officier civil de la maison impériale, membre du conseil privé, président de la Haute Cour, membre de l’Institut, où il était déjà entré en 1796, grand-aigle de la Légion d’honneur en 1805, grand commandeur de la Couronne de fer et duc de Parme, prince de l’Empire, le 24 avril 1808. Administrateur remarquable, esprit modéré, de jugement sûr, Cambacérès, dont le Code civil et le Code de procédure étaient en grande partie l’ouvrage, réorganisa l’administration judiciaire et dirigea l’organisation intérieure pendant tout l’Empire. Après avoir vécu dans la retraite pendant la première Restauration, il reprit ses fonctions d’archichancelier avec l’intérim du ministère de la Justice pendant les Cent-Jours et présida la Chambre des pairs dont il avait été créé membre. Il renonça toutefois à son titre de duc de Parme le 26 mars 1815. Exila pendant la seconde Restauration comme régicide, ce qui n’était d’ailleurs pas exact, il résida à Bruxelles et à Amsterdam, mais il fut autorisé à rentrer en France par ordonnance royale du 23 mai 1818. De retour à Paris, il vécut de nouveau dans la retraite et mourut d’apoplexie dans cette ville le 8 mars 1824. Cambacérès possédait une très belle bibliothèque, composée surtout d’ouvrages de droit et de science reliés en maroquin vert ou rouge. Tous les livres de l’archichancelier étaient marqués soit à son chiffre, soit à ses armes; les uns avaient été reliés pour son compte personnel, d’autres lui avaient été offerts somptueusement présentés. Provenance: Cambacérès, Jean Lhomer, Docteur Lucien-Graux.‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de) & LAMOTTE (Bernard)‎

Reference : 27389

(2020)

‎Pilote de guerre.‎

‎ Tirage en grand papier pour la première édition française des illustrations de Lamotte. Paris, Gallimard, (septembre) 2020. 1 vol. (215 x 300 mm) de 150 p. et [1] f. Broché. Tirage de luxe à 100 exemplaires, enrichi d'une reproduction d'une planche de Bernard Lamotte (non retenue pour l'édition américaine de 1942), tirée sur Hahnemülhe, (n° 66). ‎


‎En juin 1940, le groupe de grande reconnaissance 2/33 a perdu en de vaines missions dix-sept de ses vingt-trois équipages. À leur tour, Saint-Exupéry, capitaine pilote, et son observateur, le lieutenant Dutertre, sont convoqués par le commandant Alias. Leur tâche : « Survoler à 700 mètres d'altitude les parcs à tanks de la région d'Arras. - C'est bien embêtant... », dit le commandant. « Mission sacrifiée », pensent les intéressés. Ils obéiront : « Il faut que la signification de la mort équilibre la mort », et la mort ici ne signifie rien. Quel est le sens de cette civilisation ? La plongée dans l'Apocalypse d'Arras, dont l'équipage sortira miraculeusement sauf, apporte la réponse. Cette édition exceptionnelle du texte, publiée à l'occasion des quatre-vingts ans de la défaite française de juin 1940, est enrichie des lavis du grand ami de Saint-Exupéry Bernard Lamotte, réalisés pour l'édition originale de l'ouvrage paru aux États-Unis, en février 1942, sous le titre Flight to Arras. L'édition originale française, publiée par Gallimard en décembre 1942 et retirée de la vente par les autorités allemandes dès janvier 1943, n'était, elle, pas illustrée. ‎

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‎SAINT-JOHN PERSE‎

Reference : 29920

(1946)

‎Vents.‎

‎ Exemplaire d'Henri Hoppenot Paris, Gallimard, (1er octobre) 1946. 1 vol. (250 x 325 mm) de [108 p.]. Cartonnage vélin, dos lisse, titre à l'oeser noir et rouge, couvertures et dos conservés (reliure Schumacher - Berne). Édition originale. Un des 2 350 exemplaires sur châtaignier (n° 1 298). ‎


‎Vents constitue le second grand pan de la production américaine de Perse. Après les quatre poèmes du cycle d'Exil qui ont marqué de 1941 à 1944 le retour à la création pour le poète, Vents marque un certain « ancrage » américain qui voit Perse bien s'installer dans son nouveau poste de conseiller littéraire à la Bibliothèque du Congrès à Washington. C'est pour lui le temps de renouer avec une production poétique qui voit le jour en cette année de victoire alliée. La composition du recueil est inséparable du paysage sauvage de Seven Hundred Acre Island, une île située sur les côtes du Maine, dans la presqu'île de Penobscot qu'il côtoie depuis 1942. C'est là-bas que sera achevé le poème ébauché depuis quelques mois, imprégné d'autres paysages américains marquants que Perse avait découvert au printemps et dont le poème gardera trace : l'Arizona, le Texas et le Colorado, où les pratiques chamaniques des Indiens Navahos marquent durablement son esprit. Vents est publié chez Gallimard en 1946, dans une édition luxueuse limitée à 2425 exemplaires. Bien plus tard, voici ce qu'en dit le poète dans la notice de ses OEuvres complètes qui se rapporte au poème, rédigée par ses soins : « Saint-John Perse a toujours accordé à Vents une importance particulière dans son oeuvre. Ce poème fut sans doute le moins accessible au lecteur français parce qu'il ne fut, à la demande même du poète, publié tout d'abord qu'en édition de luxe, de grand format et grande typographie, à tirage limité entièrement numéroté (Gallimard, 1946). » Exemplaire d'Henri Hoppenot. L'exemplaire fut vraisemblablement envoyé par Perse à Berne, au moment où Hoppenot venait de prendre ses fonctions d'ambassadeur en 1945. Il y fera relier Pluies et Vents par un fameux atelier de reliure situé dans la Kramgasse, l'une des principales artères commerçantes de la vieille ville : la maison Schumacher, fondée en 1840. Les deux hommes se connaissent depuis août 1914. À cette date, Hoppenot fait son entrée au Bureau de la presse du ministère des Affaires étrangères. Alexis Léger, reçu au concours l'année précédente, est déjà dans la place. Quand ils entrent au ministère, s'y trouvent déjà les diplomates écrivains Giraudoux, Morand, Claudel. Pendant plus de soixante ans, Alexis Léger et Henri Hoppenot se côtoyèrent, s'éloignèrent au gré des postes, firent à nouveau route ensemble au Quai d'Orsay et se retrouvèrent sur le continent américain. Le premier - et seul poste à l'étranger - d'Alexis Léger sera en Chine, avant une brillante carrière à l'administration centrale : après la publication d'Anabase en 1924 sous le pseudonyme de Saint-John Perse, il laisse de côté sa carrière littéraire pour se consacrer entièrement à sa carrière diplomatique. Nommé directeur du cabinet du ministre Aristide Briand en 1925, il fait partie des plus hauts cadres du Quai d'Orsay. Il parvient à se maintenir en poste après la mort de Briand en 1932 et remplace Philippe Berthelot en tant que Secrétaire général du ministère de Affaires étrangères de 1933 à 1940 - soit le plus haut fonctionnaire après le ministre lui-même. Alexis Léger fera beaucoup pour favoriser la carrière d'Hoppenot : « Il m'a donné des coups de main plusieurs fois dans ma carrière, chaque fois qu'il a pu » (Ina, Archives du XXe siècle, interview d'Henri Hoppenot, 1971) - notamment sa nomination en Chine en 1933. En souvenir de cette période, Hoppenot fera imprimer, en 1937, une rareté : un compte rendu de mission d'Alexis Léger, sur les presses des Lazaristes à Pékin à dix exemplaires : la Relation respectueuse adressée par le secrétaire Lei Hi-Ngai [Alexis Léger] à son excellence le ministre Kang Te [Alexandre Conti ministre de France à Pékin]. Juste avant que les deux hommes ne se retrouvent à Paris, au Quai d'Orsay, entre 1937 et 1940. Désavoué en 1940, Alexis Léger est démis de ses fonctions le 18 mai 1940 par Paul Reynaud et s'exile aux États-Unis. Hoppenot, lui, paie sa proximité avec Léger : on lui refuse plusieurs accréditations en Europe et on l'envoie en Uruguay. Il démissionne du poste en 1942, quand est instauré le STO et promulgué un nouveau statut pour les Juifs. Il gagne alors l'Argentine. Il sera révoqué le 6 mars 1943 de ses fonctions diplomatiques et gagne alors Washington, où il retrouve Léger, ralliant la France Libre. Il sera nommé, en 1945, ambassadeur à Berne. ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 31414

(1952)

‎Jean Mermoz, pilote de ligne.‎

‎ Édition originale. Un des 10 exemplaires sur Hollande. Liège, Dynamo, coll. « Brimborions », (janvier) 1952. 1 vol. (140 x 190 mm) de 14 p., [1] et 1 f. Broché. Édition originale. Un des 10 premiers exemplaires sur hollande, justifiés et paraphés par l'éditeur (n° 6), après un exemplaire unique sur japon. ‎


‎Dès 1933 Antoine de Saint-Exupéry écrit ses premiers articles sur Jean Mermoz, l'homme et ses exploits. Sa disparition soudaine en 1936 va évidemment donner lieu à plusieurs hommages de sa part, dans lesquels il rappelle son histoire et dresse le portrait d'un homme engagé, courageux et d'une grande noblesse. Saint-Exupéry, même s'il ne partage pas ses idées et son engagement aux Croix-de-Feu, admire Mermoz. Un an après sa disparition, c'est lui qui prononcera l'éloge funèbre, « l'Adieu à Mermoz », devant tous ses compagnons de l'Aéropostale. Il reprendra certains de ces articles pour les faire figurer dans Terre des hommes paru en 1939. Ce sont les quatre hommages les plus significatifs qui sont ici rassemblés, soit les articles du 7 août 1935, des 10 et 16 décembre 1936 et du 22 janvier 1937. De la bibliothèque Pierre Puech (Paris, Alde, II, 2010, n° 370). ‎

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‎[LITTERATURE] - SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : _202401037

(1994)

‎Cahiers Saint-Exupéry. – 1. ‎

‎Paris, Éditions Gallimard, 1994 ; in-8 (141 x 206 mm), [2]-198 pp. + 4 pl. hors-texte, broché. Textes réunis et présentés par le Comité de l’Association des Amis d’Antoine de Saint-Exupéry. Quelques illustrations en noir et blanc.‎


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‎[LITTERATURE] - SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : _202401038

(1994)

‎Cahiers Saint-Exupéry. – 3. ‎

‎Paris, Éditions Gallimard, 1994 ; in-8 (141 x 206 mm), [2]-198 pp., broché. Textes réunis et présentés par le Comité de l’Association des Amis d’Antoine de Saint-Exupéry. Illustration en noir et blanc.‎


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