Rare exemplaire de tête avec envoi Paris, Dentu, [1873]. 1 vol. (155 x 235 mm) de 1 f., [faux-titre], [titre], 139 p. et 1 f. Broché, sous couverture bleue. Édition originale. Un des 10 premiers exemplaires sur vergé de hollande. Envoi signé : « à Raffaëlli, Edmond de Goncourt ».
C'est le 27 décembre 1860, ainsi que le rapporte leur Journal, que les frères Goncourt évoquent leur future « pièce de la Révolution », primitivement intitulée « Blanche de la Rochedragon ». Après un refus au Théâtre-Français en 1868, elle est enfin publiée en 1873, sous le titre définitif de La Patrie en danger (une « vraie » marquise de la Rochedragon avait en effet protesté), qui reçoit les éloges d'un Maupassant dont la lecture en 1879 lui « a donné un désir intense de voir cette oeuvre sur la scène ». Rare exemplaire en tirage de tête, et d'intéressante provenance : Christian Galantaris a recensé, dans Les Goncourt dédicateurs onze exemplaires de La Patrie en danger avec envoi, dont cet exemplaire Raffaëlli : ce dernier est le seul dédicacé, dans l'inventaire Galantaris, qui soit imprimé sur hollande, malgré d'autres dédicataires prestigieux comme George Sand, Charles Asselineau, Victor Hugo, Charles Monselet ou Jules Claretie. Cette particularité montre toute l'estime que Goncourt portait à Raffaëlli. Nous avons depuis croisé d'autres exemplaires dédicacés : ceux d'Alphonse Daudet, Poulet-Malassis et Ernest Renan. Plus un seul, enfin sur hollande, celui envoyé à Paul de Saint-Victor. L'exemplaire Paul de Saint-Victor et celui de Raffaëlli sont donc, à ce jour, les deux seuls sur hollande avec envoi. Jean-François Raffaëlli était apprécié des naturalistes. Il illustra pour eux un important recueil, Les Types de Paris (et des textes de Zola, Huysmans, Goncourt, Maupassant) et, en 1889 pour les Goncourt, Germinie Lacerteux, avec dix eaux-fortes originales, en trois exemplaires seulement : une sorte de « manuscrit enluminé » avant l'heure, commandé par le bibliophile Paul Gallimard, dont le souvenir prendra place dans le Journal des Goncourt : « Vendredi 21 juin [1889]. - Déjeuner à Asnières, chez Raffaëlli, avec le ménage Gallimard, à l'effet d'ordonner et de régler l'illustration de l'édition de Germinie Lacerteux (...). Le logis de Raffaëlli, une petite maison bourgeoise de banlieue, sans rien de la bibeloterie ou de la faïencerie ordinaire des ateliers, mais où est posé sur un chevalet, ou accroché, çà et là, aux murs pour la vue, dans un cadre joliment doré, un paysage d'Asnières ou de Jersey, le plus souvent peint aux crayons de couleur à l'huile de Faber, un paysage qui a l'air d'un pastel fixé. Dans ce monde des bibliophiles, dans ce monde de domestiques du vieil imprimé, c'est vraiment un révolutionnaire que ce Gallimard, qui va dépenser 5 000 francs, pour se donner, à l'instar d'un fermier général, pour se donner à lui seul, une édition de luxe moderne... ». Provenance : Jean-François Raffaëlli (envoi) ; Pierre Bérès (cat. 17, 1937, n° 130) ; Daniel Sicklès (vente XII, 1992, n° 4816). Vicaire, III, 1055 ; Oberlé, 529 ; Galantaris, Les Goncourt dédicateurs, n° 343.
Exemplaire Poulet-Malassis avec envoi Paris, Dentu, [1873]. 1 vol. (155 x 235 mm) de 1 f., [faux-titre], [titre], 139 p. et 1 f. Demi-maroquin vert à coins, filets dorés sur les plats, dos à nerfs orné de caissons, filets et fleurons dorés, tête dorée (reliure signée de David). Edition originale. Un des 100 exemplaires grand in-8 sur vélin. Envoi signé : « à Poulet-Malassis, Edmond de Goncourt ».
1857. Les Hommes de lettres, la dernière création théâtrale des frères Goncourt, est refusée au Gymnase, puis au Vaudeville. Echaudés, les Goncourt renoncent provisoirement à écrire pour le théâtre. Mais ils ont des projets; le 27 décembre 1860, ils évoquent leur future «pièce de la Révolution», qui sera Blanche de la Rochedragon (renommée La Patrie en danger), finalement achevée le 11 octobre 1867. Le 26 décembre, ils proposent la pièce à Thierry, au Théâtre-Français. Ils sont reçus à correction, c'est-à-dire refusés par le comité de lecture, le 7 mars 1868. Mais les Goncourt sont tenaces : Mademoiselle de la Rochedragon paraîtra enfin 1873, chez Dentu ; la pièce prend alors son titre définitif de La Patrie en danger : une marquise de la Rochedragon avait protesté lorsque les journaux signalèrent la pièce ! « La relecture (...) de la Patrie en Danger m'a donné un désir intense de voir ces oeuvres sur la scène. Je suis convaincu qu'elles auraient aujourd'hui un succès retentissant l'une et l'autre ; et que ce succès tiendrait autant à la littérature qu'à l'intérêt très grand de l'action. « Guy de Maupassant, 18 juillet 1879). Il lui faudra néanmoins attendre près de dix ans pour voir le voeur se réaliser : ce n'est que le 16 janvier 1889 que Léon Hennique et André Antoine lisent La Patrie en danger au siège social du Théâtre-Libre d'Antoine, 96 rue Blanche, où avaient lieu les répétitions depuis le 1er novembre 1887. La première représentation sera jouée le 19 mars par le Théâtre-Libre. Dans la préface de l'édition collective de 1879, celle à laquelle Maupassant fait référence, Edmond de Goncourt déclare que le nouveau drame et La Patrie en danger forment le résultat d'une nouvelle optique théâtrale, selon laquelle la technique des «grosses ficelles», des «coups de théâtre» ou des «rebondissements» de l'action, a été tout à fait abandonnée au nom d'une «documentation historique» qui avait le mérite, selon l'auteur, de ne pas avoir encore tentée au théâtre. L'exemplaire Poulet-Malassis ne figure pas dans Les Goncourt dédicateurs, 650 ex-dono de Christian Galantaris. Bon exemplaire malgré des rousseurs.
Charpentier & Cie | Paris 1887-1896 | 12 x 19 cm | 9 volumes reliés
Edition originale sur papier courant pour chacun des volumes. Reliures à la bradel en pleine percaline cerise, dos lisses ornés d'un motif floral central doré, dates et doubles filets dorés en queues, pièces de titre de chagrin marine, couvertures conservées, reliures de l'époque signées de Durvand. Précieux envoi autographe signé de Edmond de Goncourt, sur chacun des volumes, à l'historien napoléonien Frédéric Masson, cousin par alliance des frères Goncourt. Républicain et fasciné par la Révolution dans ses jeunes années, il devient un bonapartiste militant après la défaite de 1870. En 1874, Edmond de Goncourt est témoin de son mariage avec Marguerite Cottin, fille d'Auguste Cottin qui lui ouvrira les portes des archives de la famille impériale. Historien-collectionneur, il est élu à l'Académie française le 18 juin 1903. Leur correspondance publiée dans les Cahiers Jules et Edmond de Goncourt éclaire la nature de leur relation. Edmond conseille le jeune homme et l'oriente vers la littérature. Frédéric Masson, bibliophile averti, renseigne Edmond sur sa bibliothèque, répond aux demandes d'informations des frères Goncourt et participe à la préparation des ouvrages historiques d'Edmond ainsi qu'à l'enrichissement de ses rééditions.Goncourt décrit, en 1870, dans le tome IV du Journal, le jeune Frédéric Masson âgé de 23 ans: "Ce soir, je rencontre le jeune Frédéric Masson, enterré dans sa capote de mobile. Lui, qui datait les lettres qu'il m'écrivait du collège, des brumaire et des messidor du calendrier républicain, je le trouve fort dégrisé de la république, des républicains, des soldats démocrates. Il se plaint que, lorsqu'il marchait avec Goubie en avant, ses frères n'emboîtaient point le pas. Et de sa mauvaise humeur contre le présent, un peu remonte à 89, et amène une baisse sensible de son lyrique enthousiasme d'autrefois pour la première république. Il est un symptôme. Je suis persuadé que beaucoup de jeunes gens ayant en eux-mêmes semblablement à Masson un grain d'exaltation révolutionnaire, sont en train de devenir des réactionnaires." Rare et très bel ensemble, en reliure uniforme de l'époque, complet en 9 volumes et enrichi d'importants envois autographes d'Edmond de Goncourt sur chacun des volumes. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Phone number : 01 56 08 08 85
1870] 1 vol. relié in-8, plein maroquin vert sombre, dos à nerfs, doubles filets à froid en encadrement des caissons et des plats, portrait émaillé en médaillon par Claudius Poleplin encastré dans le plat supérieur, dentelle intérieure à froid, tranches dorées (Lortic Frères). Emouvant reliquaire établi en hommage à Jules de Goncourt, avec cette note autographe signée d'Edmond en exergue : "Cette nécrologie de mon frère contient les lettres qui m’ont été adressées après sa mort : les lettres de Victor Hugo, de Michelet, de George Sand, de Flaubert, de Berthelot, de Renan, de Taine, de Banville, de Zola, etc, de Seymour Haden, le grand aquafortiste anglais qui appréciait et vantait les eaux-fortes de mon frère. Et ces lettres sont accompagnées de tous les articles de quelque importance qui ont été publiés dans les journaux français." A l'encre rouge, il précise que l'émail de Claudius Popelin qui décore la reliure porte au dos "à mon ami Ed. de Goncourt, j'ai fait l'image de son frère Jules, en témoignage de vive affection". En regard de la page de titre écrite à la plume, est contrecollé un portrait gravé de Jules par Rajon. Viennent ensuite, montées sur onglet, les 14 lettres autographes signées des auteurs cités au titre, chacune précédée d'un feuillet de légende sur lequel Edmond a écrit à l'encre rouge le nom de l'expéditeur et la date. Edmond a enrichi ses courriers de nombreux articles de journaux de Théophile Gautier, Yriarte, Théodore de Banville, Charles Monselet, Philippe Burty, Ernest d’Hervilly, Jules Claretie, Zola, Asselineau, etc., tous contrecollés sur feuillets à la suite des lettres.Cet exemplaire unique que mentionne le journal en date du 16 novembre 1874 et du 14 décembre 1894 est décrit dans la plupart des ouvrages consacrés aux Goncourt, et notamment par Christian Galantaris (Deux cents portraits des Goncourt, n°102) qui précise son cheminement, de libraires en amateurs, depuis la vente publique de 1897.Ces témoignages d'affection débordent d'empathie à l'égard du frère survivant : — "Une cordiale et douloureuse poignée de main, mon pauvre enfant ! Aurez-vous du courage ? Oui, si votre vie est la continuation des travaux entrepris avec lui, aimés et désirés par lui." (George Sand). — "Mon cher Edmond, envoyez-moi à Croisset de vos nouvelles. Je pense plus souvent à vous que vous ne le croyez peut-être, & je vous plains comme je vous aime, c’est-à-dire profondément." (Flaubert). — "Quelle affreuse chose que la mort et quelle triste chose que la vie ! Je ne vous propose rien ; mais sachez que vous pouvez regarder ma maison comme la vôtre." (princesse Mathilde). La lettre de Victor Hugo, qui s'adresse à son "cher confrère", est particulièrement émouvante. "Pourquoi vous écrire ? Pour vous dire qu’on souffre avec vous. Car au-delà de ce partage de la douleur, il n’y a rien de possible, et toute consolation échoue. Vous avez perdu votre compagnon dans la vie, votre soutien dans cette charge pesante à porter, la renommée, votre ami au milieu des ennemis, une moitié de votre âme ! (...) Plus d’une fois parmi les grandes et belles pensées qui vous viennent, vous reconnaîtrez un rayon de lui, et vous lui direz : merci". Quant à Zola, en pleine rédaction du premier roman du cycle des Rougon-Macquart qui le sacrera chantre du naturalisme, il rend un hommage d'admiration vibrant au frère disparu. "Je tiens encore à vous dire combien votre frère avait des amis inconnus, et je serais allé vous le dire de vive voix, si je n’avais la religion de la souffrance. Il est mort, n’est-ce pas ? beaucoup de l’indifférence du public, du silence qui accueillait ses oeuvres les plus vécues. L’art l’a tué. Quand je lus Madame Gervaisais, je sentis bien qu’il y avait comme un râle de mourant dans cette histoire ardente et mystique ; et quand je vis l’attitude étonnée et effrayée du public en face du livre, je me dis que l’artiste en mourrait. Il était de ceux-là que la sottise frappe au cœur. Et bien! s'il s'en est allé découragé, doutant de lui, je voudrais pouvoir lui crier maintenant que sa mort a désespéré toute une foule de jeunes intelligences"...Exceptionnelle reliure des frères Lortic rehaussée de l'émail de Claudius Popelin, ultime témoignage offert à Edmond. Le volume, conservé sous un étui de plexiglas, a figuré à la vente Goncourt de 1897 (n° 864) et porte leur ex-libris. Élève d’Alfred Meyer, Claudius Popelin (1825-1892) adapta l'art de l'émail à la reliure. Beraldi, dans La Reliure du XIXe siècle (II, pp. 170-172), signale une dizaine de reliures décorées d’émaux de cet artiste, ayant appartenu à Philippe Burty, la princesse Mathilde, etc.
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 019010
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. Photographies + L.S. de Joseph Van Melle. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). 1 : « Merci, mon cher Larguier, R. Benjamin 25.5.38 » (de la main de Van Melle) au dos d'un portrait. 2 : une photo quand René Benjamin apprend son élection à l'Académie Goncourt. 3 : L.S de Van Melle. René Benjamin est élu le 25 mai 1938, jour de ces documents. [444]
Séraphin Justin François Boex dit J.-H. Rosny jeune (1859-1948), écrivain, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 019051
Séraphin Justin François Boex dit J.-H. Rosny jeune (1859-1948), écrivain, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S. + important tapuscrit, Ploubazlanec, 7 avril 1940, 4p in-8 + 4p in-4. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Mon cher ami, Je m'excuse de vous ennuyer avec cette correspondance administrative ; mais notre pauvre René Benjamin est indisponible, Dorgelès, au front : il ne me reste que vous. J'ai réfléchi qu'il faut donner un corps à notre organisation du déjeuner Goncourt ; sinon les premiers venus, en l'occurence Ajalbert, Descaves, pourraient former un déjeuner Goncourt en concurrence avec le nôtre. Evitons cela en fondant la société déclarée dont je vous envoie les statuts. Cela nous assurera le titre : Déjeuner Goncourt que personne ne pourra plus employer. En outre, cela nous permettra d'éloigner les importuns. La lecture des statuts vous fera comprendre l'importance de l'affaire. C'est un complément indispensable à l'Académie qui mourrait de nos petites querelles. Nous allons, bien entendu, donner du galbe à nos déjeuners, en y invitant nos littérateurs, des artistes, des savants de marque, parfois des étrangers. Autant que possible, un seul à la fois. Nous arrangerons cela entre nous. Quand il y aura communication aux journaux, oun le fera avec l'assentiment de tous. Je compte faire faire la déclaration par Me Raveton, notre avoué, mais auparavant, il me faut la pièce que je vous envoie approuvée et signée par tous les membres de notre bureau qui sera d'ailleurs aussi celui du déjeuner. Cette pièce n'est pas destinée à la publicité : c'est une assurance pour moi, une preuve de notre accord. Voulez-vous demander le visa de Dorgelès que je préviens d'autre part et celui de Benjamin (avec tous les ménagements indiqués par son état). Naturellement, cher ami, tout ceci demande le secret ; car il ne faudrait pas qu'on nous devance. N'en rien dire par exemple à notre ami de Toute l'Edition, trop excellent journaliste pour ne pas s'emparer d'une nouvelle intéressante. Et surtout croyez-moi, mon cher Vice-Président, de tout coeur vôtre. Justin Rosny Je reçois votre si aimable lettre. Daudet ? Oui. Je compte moi aussi sur Benjamin. En tous cas, il semble qu'il ne veut pas venir ; et je pense qu'il doit être avec nous, car il a été le plus assidu et le plus correct des Goncourt. Est-ce que la midi n'est pas un peu alerté par l'attitude de l'Italie. Si la Bretagne ne vous déplaisait pas, je vous offre l'hospitalité chez moi ; ma cuisinière étant revenue de son congé payé. Vous aurez un appartement et du feu : tout le plaisir sera pour nous, et les cartes ne sont pas encore faites. Les oeufs, le lait ne manquent pas et un poulet à l'occasion ». On joint le tapuscrit des statuts de la société « Le déjeuner Goncourt » modifiant donc le bureau après la séance du 12 mars, probablement pour les faire voter lors d'une prochaine réunion. [446]
Paris :Charpentier & Cie ((Imprimeries réunies),, 1884. In-8, 250 x 165 : frontispice, (4 ff. premier blanc), 379 pp., 1 p., (2 ff.), 9 gravures, couverture imprimée. — Parchemin rigide à recouvrement, chiffre JE doré et gaufré sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture conservée (Pierson).
Édition de luxe, illustrée de 10 compositions à l’eau-forte hors texte, dont un frontispice, du peintre et graveur James Tissot (1836-1902).Tirage limité à 550 exemplaires, celui-ci est l’un des 450 sur papier de Hollande avec les épreuves des eaux-fortes sur papier de Hollande ornées du timbre rouge de l’artiste.Précieux exemplaire au chiffre des frères Edmond et Jules de Goncourt, enrichi d’un très bel envoi autographe signé d’Edmond de Goncourt à la célèbre comédienne, sociétaire de la Comédie-Française, Berthe Cerny (1868-1940) :A Mademoiselle Cerny, à l’ingénue gamine, coquette // et tendre, à l’idéale Renée Mauperin que n’auraient // espérer au théâtre les auteurs du livre. // Edmond de GoncourtBerthe Cerny n’avait que 18 ans lorsqu’elle interpréta Renée Mauperin au théâtre dans une adaptation du roman des Goncourt par Henry Céard le 18 novembre 1886 sur le théâtre de l’Odéon.Reliure brunie. Corps de l’ouvrage légèrement ondulé. Mouillure en marge de l’une des gravures. Quelques feuillets légèrement tachés (241...).Provenance : Jules et Edmond de Goncourt, avec leur chiffre doré sur les plats. - Berthe Cerny, avec envoi d’Edmond de Goncourt.Bibliographie : Vicaire III, 1047 (annonce par erreur un portrait des Goncourt gravé par Alphonse Descave dans cette édition. Il n’apparait dans aucun des exemplaires que nous avons pu consulter en ligne).
Paris, 1851. Contemporary half cloth with gilt lettering to spine. Internally brownspotted (due to the paper quality). A page has been inserted on to the half-title, on which is explained, in a neat late 19th century hand, that the present copy is that of George Sand and that it comes from the sale of her belongings. The rest of the page contains bibliographical information on the work. Nice copy.
The extremely scarce first edition, one of merely 84 copies that were not destroyed, of the first work by the Goncourt brothers - the work that laid the basis for their unique joint authorship. The famous brothers Edmond (1822-96) and Jules (1830-70) Goncourt played a unique role in 19th century French intellectual life. Together they developed a distinctive impressionistic style, called ""écriture artiste"""" their works are furthermore of great importance to the understanding of literary and social life of the period. They seminally influenced the naturalism and realism of 19th century literature - in the words of Émile Zola, they ""provided a new sense of nature"". The remarkable symbiosis in their collaboration, continuing to write as one until the death of Jules, has gone down in history as one of the most remarkable literary collaborations ever. They are considered aesthetes of the highest rank and were known as great collectors of art. They were also known to be highly neurotic and utterly misogynist. During the Second Empire they frequented the salon of Princess Mathilde and took part in the famous 'dîners Magny', the fortnightly gatherings that brought together leading men (and George Sand!) of letters and science at a Paris restaurant in the 1860'ies. In his will, Edmond left the entire Goncourt fortune to found the ""Académie Goncourt"", which began in 1903, when the prestigious Prix Goncourt was also founded. Their first work, ""En 18.."", was printed in 1000 copies, but it was confiscated by the censors and was burnt by the authors. Consequently, a mere 84 copies survived and the work is thus of the utmost scarcity. ""Cet ouvrage, qui a été tire à 1000 exemplaires, a été brûlé par les auteurs"" il n'existerait dans le commerce que 84 exemplaires donnés ou vendus."" (Carteret).""Premiers ouvrage des Goncourt, très rare, dont le manuscrit a subi des suppressions avant l'impression de l'edition de Bruxelles."" [the Brussels edition being the second edition, printed in 1884]. (Carteret). George Sand and the Goncourt brothers moved in the same intellectual and literary circles, were invited to the same places, the same salons, and had many friends in common. All three were seminal in determining the course of naturalistic writing of the 19th century. Interestingly, also George Sand began her literary career in as a collaboration, in a liaison with the writer Jules Sandeau. They published a few stories in collaboration, signing them ""Jules Sand"", before she began writing on her own. Carteret I:349. (listing a copy of the first edition sold in 1918 at 160 fr.).
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 018989
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., Savonnières, 9 septembre 1941, 1p in-12. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Cher Larguier, Je reçois de Carco ce stupéfiant billet : "Il faudrait parler de l'élection. Elle est indispensable. Je propose André Billy. Qu'en pensez-vous ? Il est tout-à-fait Goncourt. Et au surplus, c'est un très bon camarade !" Hénaurme ! Je lui réponds qu'on ne peut parler de prix et de candidats par correspondance, que la question primordiale est de savoir si on accepte de se trouver à Lyon au début de déc[embre], au mois 2 ou 3 jours, pour faire du travail sérieux. Contre cette idée de Lyon, Paris proteste. Comme je n'ai eu cette idée que par respect de Daudet malade, s'il le faut, je m'en expliquerai dans un article à Paris, et je verrai les autorités occupantes. Mais êtes-vous toujours d'accord sur le principe ? Où comptez-vous être cet hiver ? Un mot de vous me ferait plaisir. A vous de coeur. RB ». [443]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 018990
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S. + enveloppe, Bourg [en Bresse ?], 28 juillet 1941, 2p in-4. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Mon cher ami, Je suis à la dernière étape de mon voyage. Demain, je repasse la ligne. Je veux vous remettre, pendant que c'est possible, un petit mot. Le père Rosny est opposé à une élection en temps de guerre. Il veut en cela imiter l'Académie Française. Je crois qu'il a raison. D'autant plus que nous aurons déjà toutes les peines du monde à donner un prix ! Daudet qui n'écrit plus (!) - il signe à peine - c'est sa femme qui écrit - me fait savoir qu'il approuve, bien sûr, l'idée de le donner à Lyon ! Et il ajoute que le livre de Gazave lui parait bien ! Pauvre Daudet. Il ne sait pas que le pauvre Gazave est mort ! Dorgelès m'a écrit. 1° qu'il tenait toujours à son idée démagogique de réserve le prix 40 à un prisonnier. Je lui réponds avec netteté que ce sont là des semblants de charité - pour la galerie - mais que ça ne signifie rien du tout. 2° que si on élisait quelqu'un, il voterait volontiers pour Tharaud. Moi aussi. Tout le monde votera pour Tharaud. Sauf les deux vieillards sinistres. Mais on s'en f. ! Je vais tâcher, vers la fin d'août, d'aller à bicyclette, voir le père Rosny dans son Ploubazlanec. Mais j'ai du travail à en crever. Et la lecture des livres des jeunes génies ne me dit rien. Il faudrait pourtant, si on donne un prix, essayer qu'il ne soit pas trop mal donné. Recevez-vous des livres ? Ah ! Mon cher Larguier, quel drame nous vivons ! Mais celui que vit l'Allemagne est bien plus grand. On sent qu'elle se précipite vers un malheur affreux, celui de son éternel destin. C'est là une aventure auprès de laquelle tous les prix Goncourt et la gueule sinistre de Descaves sont sans intérêt. La poésie. Oui voilà ! Faites des vers et croyez-moi, de tout coeur, tout à vous. René Benjamin ». [443]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 018993
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., Vichy, 7 juillet 1941, 2p in-4. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Mon cher Larguier, Me voici de nouveau en zone libre. Je n'aurai pas la joie, cette fois, d'aller jusqu'à vous. Mon temps est terriblement compté. J'ai à faire des voyages difficiles pour gagner des camps de jeunesse, et aussi pour atteindre la Suisse, où je crois que je vais faire deux ou trois conférences sur le maréchal. Mais j'ai promis au père Rosny de vous écrire. Je ne me suis pas beaucoup forcé : c'est une joie pour moi. Le père Rosny, qui va bien - (sa femme vient d'être assez malade et est rétablie) - m'envoie des messages fréquents et confus. Il veut que je vous en fasse part. Ce n'est pas commode. Il faudrait d'abord que je saisisse sa pensée. À moins que je ne vous copie textuellement un passage de sa dernière lettre. Je crois que c'est mieux. Vous interpréterez. "Voici. (lettre du 26 juin). Voici, écrit-il, la situation exacte (!), nous ne pouvons pas faire un acte public comme celui de distribuer le ou les prix Goncourt sans avoir obtenu des autorités occupantes ce qu'ils appellent l'exemption (???). la première chose c'est d'avoir votre approbation, puisque vous êtes dans la zone occupée avec moi. Vous rendriez service à notre pauvre académie en sommeil en écrivant de là-bas à Larguier, et à Dorgelès et en obtenant leur approbation. Léo Larguier nous rendrait grand service en venant habiter Paris. Nous aurions une majorité." Le cher homme est terriblement l'esclave de la lettre et de la loi. En avril, il a passé des journées entières à la Préfecture de Police pour donner des signatures, faire des demandes et des visites, parce qu'il prétendait que notre compagnie devait être déclarée aux allemands, etc. etc.. Sinon, ses bien pouvaient être saisis, etc. etc.. Ne comprenant rien à rien en ces affaires, je l'ai laissé agir, en me demandant s'il n'agissait pas. pour rien. Quand vous aurez interprété son texte, envoyez-moi un mot à l'adresse qui est en haut de cette lettre. J'y serai de nouveau vers le 20. Dites-moi aussi vos projets et votre état d'âme. Je vais bien et travaille beaucoup, et j'ose dire dans l'espoir. Pourtant, l'opinion publique est bien puérile et bien mauvais en zone occupée. Je viens de la parcourir tout en faisant quinze conférences dans les villes, grandes et petites, sur le maréchal. Mais. on peut avoir - et si facilement - tant d'influence sur elle. Mon cher Larguier, je souhaite que vous nous écriviez de beaux vers, et je vous donne les deux mains bien affectueusement. René Benjamin ». [443]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 018994
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., Le Plessis, 29 octobre 1943, 2p in-4. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Mais, mon cher Larguier, il ne s'agit pas d'être « gêné » par Billy ! Il s'agit, comme Carluccia (?) me le disait, il y a trois jours, de ceci qu'après les élections de Sacha et de La Varende avec Billy, l'académie va retomber dans le sixième dessous, précisément au niveau des caves et de l'Ajalbert que vous étiez le premier à ne pas tolérer ! Ne m'objectez pas l'état du monde, au milieu duquel l'Académie Goncourt n'offre aucun intérêt. On peut toujours raisonner ainsi, et c'est toujours inutile. Éternel problème de la misère et de la grandeur de nos vies ! Il n'est permis à personne d'abandonner sa petite besogne. Faisons la nôtre. Je n'ai cessé de dire, depuis que je vous connais : « Larguier est un Roi ! ». Continuez à voter royalement. N'élisez pas un critique, un de ces hommes qui nous font tant de mal. Cherchons ensemble un homme d'imagination. Vous ne viendrez pas ? Mais moi, je ne peux pas aller cette année à Avignon. J'ai tous les soucis de santé autour de moi, une vie infernale, un travail débordant. Si Billy entre, Sacha veut s'en aller. La Varende veut s'en aller. Le dernier surtout à l'air sérieux. Si le premier était entraîné par le second, je serais capable de suivre. Parce qu'au fond, je retombe de haut ! Je me suis naïvement donné beaucoup de mal depuis cinq ans pour cette académie. Je suis déçu. Je sais que c'est Dorgelès, avec sa sentimentalité, qui a fait tout le mal. Mais que vous, vous suiviez, ça me dépasse. Est-ce fatigue ? Est-ce dégoût ? Resaisissez-vous. Il y a quelque années encore, quand il se formait deux camps irréductibles dans leurs deux choix, eh bien pour pouvoir continuer à déjeuner ensemble, on ne s'entêtait pas, on se mettait d'accord sur un troisième ! Nous abandonnons Paul Fort. Abandonnez Billy. Paul Fort n'est pas, dites-vous, plus que Ponchon. Mais Billy est bien moins ! C'est le raté, l'aigri, l'homme qui n'a rien à dire et à écrire. Vous aimez la fécondité, la largeur, la grandeur. Ne les reniez pas par votre vote. Sacha n'aime pas Béraud. Il a dit : « je l'accepte ». Et Mac-Orlan, habilement pressenti reviendrait peut-être sur. une boutade. Mais non, mais mille fois non, je n'ai pas reçu Staline. Ai-je l'habitude de recevoir du Larguier sans le dire ? Ah ! cher mai, aidez-nous ! Et vous ne me donnez pas votre adresse ! A vous de tout coeur. René Benjamin ». [443]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 018995
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., Savonnières, 24 décembre 1942, 1p in-12. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Mon cher Larguier, Les trompettes de la Renommée vous ont appris, n'est-ce pas, que tout s'était passé comme vous le souhaitiez ? La Varende a montré une touchante et magnifique joie d'enfant. Nous avons eu deux repas chez Sacha, délicieux de cordialité et d'esprit. On vous t a évoqué de toute la force de nos coeurs. Pendant ce temps, le valet Ajalbert mangeait seul chez Drouant, ne semblant d'ailleurs pas comprendre ce qui lui arrivait. J'espère que Marc Bernard aura une nuit de Noël pleine de beaux songes. Tharaud, la veille du vote, m'a fait savoir qu'il ne voulait pas être lu. L'élection du second siège est remise à mai. Portez-vous bien, faites de beaux vers, et croyez à mon affectueuse amitié, revenue ravie des trois jours passés avec vous. R.B. ». Marc Bernard a reçu le prix Goncourt. [443]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 019001
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., Savonnières, 11 août 1941, 1p 1/2 in-8. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Mon cher ami, Le Bon Rosny m'envoie une affectueuse semonce. Il me traite, il nous traite d'enfants qui ne connaissons pas les lois ! Voulez-vous pour l'apaiser lui envoyer à Ploubazlanec, Côtes du Nord, la carte suivante : "Mon cher Président, j'approuve pleinement, en tant que vice-président de notre académie la démarche que vous avez l'intention de faire auprès des autorités occupantes pour obtenir l'exemption qui nous est nécessaire si nous voulons donner en décembre le Prix Goncourt dans une assemblée générale. Croyez, mon cher Président, etc." Merci d'avance, cher ami ! Je suis toujours à vous de tout coeur. René Benjamin Heureux de ne plus me balader et d'être rendu à mon travail. [au dos, côté adresse, note de Larguier] J'écris : mon cher Président et ami, Benjamin qui me donne souvent de vos nouvelles, ce qui me fait grand plaisir, me parle des demandes que vous souhaitez de faire pour obtenir l'exemption qui est nécessaire, si nous voulons attribuer un prix en décembre. J'ignore tout de ces formalités, mais puisque vous les jugez nécessaires, je les approuve pleinement ». [443]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 019002
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., 5 octobre 1941, 1p in-8. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Cher ami, Je viens de voir longuement Rosny et Sacha. Quel regret de ne pas v[ou]s avoir là ! 1° Sacha va s'occuper d'avoir les autorisations indispensables pour n[ou]s réunir. 2° les autorités verraient d'un très mauvais oeil une réunion en zone libre : il faut l'abandonner, faire l'élection et donner le prix à Paris en déc[embre], à deux jours de distance par exemple. Il faut que deux d'entre vous viennent. Deux au mois. Y êtes-vous disposé ? On tiendrait à vous plus qu'à personne d'autre ! Ce serait pour la semaine du 8 au 14 par exemple. 3° Discutant à n[ou]s trois de l'élection, partisans comme v[ou]s et Dorgelès de Jean Th. [Tharaud] mais regrettant d'avoir l'air de prendre les restes de l'autre Académie, voilà que tout-à-coup, n[ou]s n[ou]s sommes ensemble emballés pour Pierre Champion et je suis chargé de v[ou]s dire cet emballement. Oeuvre haute. L'histoire aimée des Goncourt. Homme charmant. Qu'en dites-vous ? N[ou]s avons dit tous trois : "Larguier doit l'aimer". 4° Avez-vous lu un très beau livre d'Henri Pourrat : Vent de mars (N.R.F.- Rosny et moi le trouvons admirable en lui-même et pour l'heure actuelle. A vous de tout coeur. R.B. ». [443]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 019005
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., Savonnières, 1er octobre 1943, 2p in-4. A l'écrivain membre de l'Académie Goncourt Léo Larguier (1878-1950). « Mon cher Larguier, Pardonnez-moi de venir troubler votre retraite. en vous disant que c'est moi le plus embêté. Ce métier de secrétaire est odieux ! Ce que je voudrais savoir, c'est ceci. Comme dans quelques semaines il se peut, au train où vont les bombardements (Nantes, quel crime affreux !) comme il se peut qu'il ne reste de la France qu'une agglomération de familles vagabondes ayant tout perdu. sauf la vie qui leur sera à charge, trouvez-vous utile de nommer un 10e Goncourt ? Dans ce désastre, l'Académie a-t-elle encore un sens ? Si vous ne pensez pas que tout est désespéré, il faut faire une élection. Pour faire l'élection, il faut trouver non seulement un candidat qui obtienne une majorité - ceci n'est rien - mais qui ne hérisse pas ceux qui ne voteront pas pour lui. Je me souviens de vos paroles sur Paul Fort : "S'il est élu, je ne remettrai pas les pieds à l'Académie ! Je ne veux pas déjeuner à côté de cette bête sifflante !" De son côté, Sacha dit d'André Billy : "Si ce cuistre est élu, je retire le legs de toutes mes collections à l'Académie !" Est-ce que ces violences d'une part et d'autre ne suffisent pas pour écarter ces deux noms et en essayer un troisième ? Le grand talent de Béraud rallierait-il vos suffrages ? Voyez-vous quelqu'un d'autre ? Autre question : viendrez-vous cette année en décembre à Paris ? Si les bombardements ne l'ont pas détruit d'ici là, acceptez-vous le principe d'y fixer une ou deux réunions dans la semaine du 6 ou 11 décembre ? J'écris par le même courrier à Dorgelès et à La Varende. J'irai dans quinze jours à Paris ; je verrai Sacha. Je vous espère en bonne santé. Recouvert de soucis et d'angoisses (un fils se battant en Tunisie, l'autre trépané avec une encéphalite), j'ai passé un été détestable. Mais je puis encore vous envoyer mon affection et je le fais de grand coeur. René Benjamin ». [444]
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 018570
René Benjamin (1885-1948), écrivain, journaliste, prix Goncourt 1915, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S., Vichy, jeudi 20 mars 1941, 2p in-4. Au poète et écrivain Léo Larguier (1878-1950), alors secrétaire de l'Académie Goncourt : « Mon cher Larguier, J'ai passé avec vous des heures d'une amitié libre, confiante, parfaite. Avant de rentrer dans la zone mélancolique où nos vainqueurs ont seuls des libertés, je tenais à vous le redire en vous remerciant. Dimanche, j'ai vu Dorgelès. Mardi, Carco. Et ce même jour, j'ai aperçu la gueule d'Ajalbert. je n'étais plus dans le domaine de la poésie. Dorgelès a écrit dans Gringoire un article assez démagogique pour dire avec éclat et sonorité : -réservons le prix de 40 pour le jour où les prisonniers seront rentrés et pourront courir leur chance ! Pas mal de concierges lui ont écrit qu'il avait un grand coeur ! Il se trouve alors buté sur son idée. Carco flotte. Il n'a pas d'idée. Le projet de donner un prix - au moins un - à Lyon, si on ne peut mieux - leur agrée en tout cas. Quand à Ajalbert, ce salaud, il est venu à ma conférence de Nice, pour voir, pour espionner comme Descaves, pour m'empoisonner avec une gueule impossible ! Mais, j'ai eu vite fait de passer au-dessus ! Il ne m'a même pas tendu la main. C'est le goujat parfait. Il s'attendait à ce que je rate ma conférence. Je ne l'ai pas ratée. Il était déçu ! Et voilà. Je rentre travailler, et oublier tout cela. sauf vous. Le père Rosny recevra nos impressions dans toute leur vérité. En prenant hier soir à Cannes un train de nuit, j'ai pu arriver ce matin à temps à Vienne pour revivre auprès du maréchal quelques heures pathétiques. Ça ce n'est pas de l'Ajalbert, ce n'est pas du toc, du vrac, et de l'envie. C'est simple, c'est large, c'est beau. A vous, mon cher Larguier, du fond du coeur. Faites de beaux vers, et pour ceux qui vous aiment, portez-vous bien. René Benjamin ». Très intéressante lettre au moment de décerner le prix Goncourt en temps d'occupation montrant les dissensions au sein de l'Académie. Ce prix lui fut donné, sur pression du régime de Vichy, le 22 décembre 1941 à Henri Pourrat. Très belle lettre. [184]
Les Editions de l'Imprimerie Nationale de Monaco broché 1956 "25 volumes in-8 (20.5 * 15.5 cm) brochés sous boites (se fermant comme des enveloppes), exemplaires 3031 sur 5500, troisième papier, après 500 sur Pur Fil de Renage. Cette édition dite ""prudente"" est établie par Robert Ricatte. Il s'agit de la première édition non expurgée du journal des fameux frères Goncourt. Dans le Que-Sais-Je sur l'académie Goncourt, Michel Caffier nous informe que toutes les coupures n'ont pas été rétablies dans cette édition. Les trois volumes de la biographie des frères Goncourt est de la main d'André Billy ; très bon état. Livraison a domicile (La Poste) ou en Mondial Relay sur simple demande."
Ernest Kolb | Paris 1892 | 12 x 19.50 cm | relié
Edition originale, un des quelques exemplaires sur papier de Hollande, seuls grands papiers. Reliure à la bradel en demi percaline rouge, dos lisse, pièce de titre de maroquin noir frottée, couvertures conservées, reliure signée de Henry-Joseph, typique des exemplaires provenant de la bibliothèque des Goncourt. Envoi autographe signé de l'auteur à Edmond de Goncourt : "A Edmond de Goncourt hommage fervent." Inscription - comme souvent - d'Edmond de Goncourt sur la première garde : "Edition originale. Exemplaire sur papier de Hollande." Paul Margueritte, membre de la première Académie des Goncourt et écrivain naturaliste, est un proche d'Edmond de Goncourt. Il a été l'un des signataires du Manifeste des Cinq contre La Terre de Zola et l'un des habitués du Grenier d'Auteuil. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Phone number : 01 56 08 08 85
1956 Monaco, Editions de l'Imprimerie Nationale de Monaco, 1956-1958 Petits in huit, III tomes de biographie - XXII tomes de Journal, broché,trèsbon état, sous papier cristal,comme neuf,
1/5000 ex num et tiré sur vélin de Renage au filigrane de l'Imprimerie Nationale de Monaco. Avant-propos de l'Académie Goncourt, texte intégral établi et annoté par Robert Ricatte.
Paris, Georges Duchesne, Damascène Morgand, L. Dumont [Imprimerie Motteroz], s.d. (1897) 3 vol. in-8, brochés sous couvertures rempliées. Couvertures piquées, première couverture du vol. I se détachant.
Catalogues des trois ventes publiques ayant dispersé, après la mort d'Edmond de Goncourt (16 juillet 1896), les importantes collections des deux frères littérateurs.I. XVIIIe siècle. Livres, manuscrits, autographes, affiches, placards. Dont la vente aura lieu Hôtel Drouot, du lundi 29 mars 1897 au samedi 3 avril 1897 : XVI pp., 184 pp., 1126 numéros décrits, avec un portrait-frontispice sous serpente. - II. Livres modernes, ouvrages avec le portrait des auteurs peint sur la reliure, romantiques, auteurs contemporains, oeuvres des Goncourt, manuscrits et imprimés, ouvrages divers anciens et modernes, composant la bibliothèque des Goncourt, dont la vente aura lieu Hôtel Drouot les lundi 5, mardi 6, mercredi 7, jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 avril 1897 : XVI pp., 175 pp., 1096 numéros décrits, avec un portrait-frontispice sous serpente. - III. Estampes modernes, eaux-fortes originales (...), eaux-fortes de Jules de Goncourt, portraits et vignettes pour illustrations, lithographies originales (...), oeuvre de Gavarni, aquarelles et dessins, composant la collection des Goncourt, dont la vente aura lieu Hôtel Drouot les vendredi 30 avril, samedi 1er mai 1897 : [4] ff. n. ch., 63 p., 458 numéros décrits, avec un frontispice sous serpente. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Monaco, Les Editions de l'Imprimerie nationale de Monaco, (1956 à 1958). 22 + 3 vol. au format pt in-8 (203 x 154 mm) de 247, 247, 247, 247, 247, 247, 247, 247, 247, 247, 231, 231, 231, 231, 231, 231, 231, 231, 231, 231, 231 et 305 pp. +
Edition en parti originale et première intégrale. Ensemble complet des 29 volumes qui composent le Journal des Goncourt auxquels ont ici été adjoints les 3 volumes de leur biographie par André Billy. Un des exemplaires numérotés du tirage sur vélin de Renage. Typographie en deux tons. La Vie des Frères Goncourt s'ouvre sur deux frontispices les figurant chacun respectivement. Jusqu'à sa mort en 1870, Jules fut le principal auteur du Journal, qui fut ensuite poursuivi par Edmond, resté seul. Sous-titré Mémoires de la vie littéraire, il se compose d'un ensemble de notes, généralement brèves, prises au jour le jour. «Ils ont des nerfs d'une délicatesse excessive qui décuplent les moindres impressions». (Emile Zola). ''La rédaction de leur Journal, dont les premières pages furent écrites au lendemain du coup d'Etat du 2 décembre 1851, assurera la postérité des Goncourt. Car les deux frères, surtout Edmond qui en a écrit les trois quarts, seront sans complaisance envers leurs contemporains mis à nu. Leurs remarques sont de véritables pointes sèches exécutées de main de maître. Après la mort de Jules, Edmond, qui se révélera un extraordinaire reporter sur la société de son temps, décida d'en publier une partie. Soit neuf volumes. Le pastiche du Journal des Goncourt par Marcel Proust dans La Recherche du Temps Perdu est sans doute le plus bel hommage rendu aux deux frères... Excellente condition. Exemplaires non coupés.
Monaco, Les éditions de l'Imprimerie Nationale de Monaco, Fasquelle et Flammarion, 1956. 25 volumes, in-8, demi-chagrin rouge à coins, dos à quatre nerfs, tomaison et titre dorés au dos, couvertures conservées.
PREMIERE ÉDITION INTEGRALE qui couvre une période allant de 1851 à 1896. Un des 350 sur papier vergé pur fil de Rénage, réservés à un club de bibliophiles. Tome I) 1851-1856, 248 pp. Tome II) 1856-1858, 248 pp. Tome III) 1858-1860, 248 pp. Tome IV) 1860-1861, 248 pp. Tome V) 1861-1863, 248 pp. Tome VI) 1863-1864, 248 pp. Tome VII) 1864-1867, 248 pp. Tome VIII) 1867-1870, 248 pp. Tome IX) 1870-1871, 248 pp. Tome X) 1871-1875, 248 pp. Tome XI) 1875-1878, 232 pp. Tome XII) 1879-1883, 232 pp. XIII) 1883-1885, 232 pp. XIV: 1885-1887, 232 pp. XV: 1887-1889, 232 pp. XVI) 1889-1890, 232 pp. XVII) 1890-1891, 232 pp. XVII) 1891-1892, 232 pp. XIX) 1892-1894, 232 pp. XX) 1894-1895, 232 pp. XXI) 1895-1896, 305 pp. XXII: 1896 Suite, Notes sur le vocabulaire du journal, références bibliographiques, avec les 3 volumes de la " Vie des frères Goncourt " I) 2 frontispices, 218 pp. II) 248 pp. III) L'Académie Goncourt depuis son origine, biographie des Académiciens Goncourt, liste des prix Goncourt depuis sa fondation, photocopies de quelques pages du journal telles qu'elles se présentent dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale, 221 pp. TOUS LES EXEMPLAIRES SONT EN PARFAIT ÉTAT. Photos sur demande.
Paris, Poulet-Malassis et de Broise, Libraires-Editeurs, 4, rue de Buci, 1857, 1 volume in-12 de 180x115 mm environ, faux-titre, titre en rouge et noir avec vignette, 199 pages, reliure demi basane havane clair, dos à 5 nerfs, portant titres dorés, sur pièces de titre noires, orné de filets et roulette dorés, tranche de tête dorée, gardes de couleurs. Galerie de ver sur le premier plat, légères rousseurs sur la tranche de gouttière. Edition originale.
Les frères Goncourt, Edmond de Goncourt (1822-1896) et Jules de Goncourt (1830-1870), sont deux écrivains français du XIXe siècle classés dans l'école naturaliste. Merci de nous contacter à l'avance si vous souhaitez consulter une référence au sein de notre librairie.
Paris, Maison Quantin, Compagnie Générale d'Impression et d'Edition, 1886, 1 volume in-8 de 235x160 mm environ, xix-294 pages, demi-reliure à coins en maroquin vert émeraude, dos à 5 nerfs portant titres dorés, orné de caissons à motifs dorés, cuir souligné d'un filet doré sur les plats, gardes marbrées, tranche de tête dorée, couvertures d'origine conservées. Ex-libris de Henri Lavedan sur le premier contreplat, avec une lettre autographe de Goncourt sur Japon adressée à Lavedan + N° 274 de : Les Hommes d'Aujourd'hui avec une caricature de Goncourt et un texte de Verlaine sur celui-ci + un envoi des auteurs à Lavedan. Illustré de 10 compositions par Jeanniot, gravées à l'eau-forte par L. Muller. Cuir légèrement décoloré sur le dos, sinon bon état
Les frères Goncourt, Edmond de Goncourt (1822-1896) et Jules de Goncourt (1830-1870), sont deux écrivains français du XIXe siècle classés dans l'école naturaliste. Ils ont écrit en collaboration des romans comme Germinie Lacerteux, en 1865, roman qui s'inspire de la double vie de leur servante, ou La Lorette et L'Art du XVIIIe siècle (1859-1875). Merci de nous contacter à l'avance si vous souhaitez consulter une référence au sein de notre librairie.