Anvers, Ioannem Bellerum, 1570. In-8 (222 x 158 mm), 16 ff. n. ch., 512 pp. mal chiffrées 508, 32 ff. n. ch., 97 ff. blancs. Vélin vert, encadrement des plats par un filet plein et au pointillé à froid, fer floral en écoinçon, dos à nerfs, fer floral à froid en caisson et encadrements de filets au pointillé et plein, pièce de titre en maroquin rouge, coiffe inférieure abimée, charnières fendillées dont une en partie fendue, un coin émoussé, quelques rousseurs, réparation de papier dans la marge p.494, auréole ancienne en gouttière (reliure du XVIIIe siècle).
Un des plus célèbres manuels de jurisprudence judiciaire. Le Praxis rerum criminalium est l'œuvre capitale de Damhoudere. Il y résume la jurisprudence des tribunaux flamands du XVIe siècle et cite les édits rendus, pour les Pays-Bas, par Charles-Quint et Philippe II. Il fut le premier, en dehors de l'Italie, à publier un système complet de droit criminel. “Ouvrage curieux à cause des [73] figures en bois qui y sont imprimées” (Brunet). La première édition parut en 1551, ornée de 56 bois. Cette nouvelle édition est illustrée de 73 bois gravés, certains à pleine page, dont un portrait et un blason de l'auteur, les armoiries du roi Philippe II et 70 grandes vignettes très expressives. Ces figures représentent les crimes, les supplices et les scènes de débauche. Elles “sont particulièrement précieuses pour l'histoire du costume, de l'ameublement et des mœurs au XVIe siècle” (Dorbon). Certaines d'entre elles sont licencieuses, notamment celles des pages 290, 294 et 300 relatives au stupre, à la fornication et à l'inceste. Mis à l'index en 1623. Cet ouvrage fut interdit car certaines parties du texte sont assez libres, comme celle traitant des “maquereaux” et du “maquerellage”. La cour de Rome mit cet écrit au nombre des livres défendus en 1623. Josse de Damhoudere (Bruges, 1507-Anvers, 1581) étudia le droit à Louvain et à Orléans. En 1536, il fut nommé conseiller pensionnaire de la ville de Bruges. Il fut par la suite conseiller des Finances de l'empereur Charles Quint et de Philippe II. Son manuel est le fruit d'une expérience judiciaire sur le terrain. Il y manifeste un sens profond de la justice n'hésitant pas à critiquer certaines procédures qui eurent lieues. Praticien de la chasse aux sorcières, il s'éleva toutefois contre l'utilisation de la torture en matière de procédure criminelle. La réputation de son ouvrage fut importante et durable, aux Pays-Bas et à l'étranger. Des bibliothèques de l'abbé Pucelle et du comte Portalis. Cet exemplaire porte l'ex-libris héraldique de René Pucelle, celui de Jean-Marie Portalis à ses armes, et celui, moderne, du docteur Maurice Villaret. René Pucelle (Paris, 1655-Paris, 1745), dit “l'abbé Pucelle”, fut un magistrat français. Second fils de Claude Pucelle, avocat au Parlement, et de Françoise de Catinat (1627-1702), René Pucelle était le neveu du célèbre maréchal de France, Nicolas de Catinat. Il embrassa la magistrature, puis devint clerc, conseiller-clerc à la Grand Chambre du Parlement de Paris le 10 avril 1684 puis doyen en 1694. Date à laquelle il devint aussi abbé commendataire de Saint-Léonard de Corbigny, diocèse d'Autun, ordre de Saint-Benoît. Jean-Marie Portalis (Beausset, 1746-Paris, 1807) fut un avocat, homme d'Etat, jurisconsulte, philosophe du droit français, membre de l'Académie française et Grand aigle de la Légion d'honneur (1805). Il fut l'un des rédacteurs du Code civil. Bon exemplaire en vélin vert ancien de cet ouvrage rare. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, II, col. 479. Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, I, n°2769. Dorbon-aîné, Bibliotheca esoterica, n°967. Graesse, Trésor des livres rares et précieux, II, 322. Guigard, Nouvel Armorial du bibliophile, I, p. 354.
La pratique des causes criminelles en images - DAMHOUDERE (Josse de).
Reference : 14794
Antverpiae, apud Joannem Bellerum, sub insigni Falconis, [Anvers, Jean Beller], M. D. LVI [1556]. Cum privilegio Caesaris ad Quinquennium ; petit in-8. 5 ff.-567 pp.-60 ff. non chiffrés (Index).- 56 bois gravés in-texte. Reliure hollandaise en vélin souple de l'époque, dos incurvé, ex-libris biffé sur le titre. Autre ex-libris manuscrit du XVIe s. "Jocobi Silvestre". Première garde blanche manquante. Mouillure pale marginale en pied, quelques rares annotations marginales, traces de manipulations sur plusieurs feuillets (traces de doigts principalement).
La première édition latine a paru chez le même libraire en 1554. Une édition néerlandaise a également été publiée en 1554 ou 1555 à Louvain mais avec 56 bois gravés sans les bordures et fonds historiés qu'on trouvent dans notre exemplaire. La Praxis rerum criminalium est lun des ouvrages de droit pénal les plus diffusés au XVIe siècle. Josse de Damhouder (1507-1581), était un juriste flamand né à Bruges, qui y a notamment exercé comme avocat puis comme greffier à la cour criminelle. Léclatant succès de louvrage doit beaucoup à la présence des images.DaMhouder a conçu son ouvrage comme un manuel pratique à l'usage des avocats, des juges... Il se sert des cas rencontrés dans l'exercice de son art. La * Praxis* débute par une description pratique du déroulement d'un procès criminel, depuis l'accusation initiale ou l'inquisition jusqu'au prononcé du verdict, en passant par les charges retenues contre l'accusé, les règles de preuve, la torture et les aveux. Les différentes étapes de la procédure judiciaire sont reprises à la fin de l'ouvrage, avec des sections consacrées aux grâces, aux appels, à la levée des exils et à l'exécution des peines.Le texte central comprend des descriptions exactes des actes criminels, allant du vol, de l'adultère et de l'homicide au blasphème, aux jeux de hasard et à l'élimination inappropriée des déchets à l'intérieur des murs de la ville, toutes scènes qui sont représentées dans les 56 grands, qui ont largement contribué au succès de l'ouvrage. En outre de nombreuses initiales également gravées sur bois avec un décor d'animal rythment la composition du texte ; (dans les dernières pages les lettrines changent de style). La clarté des illustrations, très explicites, tour à tour charmantes et troublantes, offrent un aperçu rare de la vie urbaine en Europe à la fin du Moyen Age. On y voit entre autre des scènes de torture judiciaire telle la "question de leau", qui consiste à contraindre laccusé, à ingérer une grande quantité deau. Cette pratique, introduite en Occident au XIVe siècle, nest pas une peine appliquée à un coupable mais un mode de preuve destiné à déterminer la culpabilité dun accusé par lobtention daveux. On y voit aussi les supplices auxquels sont soumis les condamnés, pendaison, décapitation, flagellation, bûcher(Brunet II479).