Clermont-Ferrand, Imprimerie Mont-Louis, 1867. 26 livraisons in-folio de 4 pp. chacune, interfoliées, demi-chagrin brun à coins, dos à nerfs orné de mouches dorées, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).
Collection complète. Journal littéraire illustré de caricatures en noir et en couleurs, dans le genre du Diogène, de La Lune, ou du Bouffon et autres journaux contemporains de Paris, était presqu'entièrement composé d'articles badins ou bouffons, en français et en patois. Directeur : Victor Colldion ; Rédacteur en chef : Francis Bathol.Chaque livraison est illustrée d’un portrait-charge signé par un caricaturiste de grand talent Victor Collodion pseudonyme de Victor Malfait (1842-1873), inspiré par une personnalité clermontoise ou de passage à Clermont (Pierre Bourgougnon, la Mère Fournier, Jarrier… Forcade de Toulouse, Antoine Francon, Georges Hainl…). On trouve aussi un feuilleton « Souvenirs d’un étudiant », signé de Saint-Herem, les « prophéties de la semaine », un courrier des lecteurs, des chroniques en patois…Victor Collodion fut l’un des principaux artisans de la caricature moderne et du « dessin éclair ». Avant son succès spectaculaire sur les scènes parisiennes puis londoniennes au début des années 1870, son parcours se construit essentiellement en province, où il mêle théâtre, caricature et presse satirique.Formé à l’origine à la photographie – d’où son pseudonyme évoquant rapidité et précision –, Collodion développe très tôt une pratique de caricaturiste itinérant, croquant des portraits « à la minute » dans les cafés. Cette activité le conduit naturellement vers la lithographie et la presse illustrée, alors en plein essor.C’est dans ce contexte qu’il fonde à Clermont-Ferrand, à l’été 1867, La Mouche clermontoise, sa première véritable entreprise journalistique d’envergure. Inspirée par La Lune d’André Gill, la revue se distingue par son ambition : proposer, hors de Paris, un journal satirique illustré de qualité, centré sur la caricature et la littérature humoristique. L’initiative est alors presque inédite en province. Collodion y assure un rôle central, à la fois comme dessinateur principal, animateur éditorial et figure motrice du projet.Bien que de courte durée (environ six mois), La Mouche clermontoise connaît un réel retentissement local et est décrite par la presse comme une « petite revue littéraire illustrée très en vogue ». Le journal attire même l’attention de La Lune, qui salue le talent de Collodion et le place parmi les meilleurs héritiers de Gill. Cette expérience clermontoise marque une étape décisive : elle affirme Collodion comme caricaturiste de presse, capable de concevoir et de diriger une publication illustrée, et constitue le socle de ses entreprises ultérieures.Après La Mouche, Collodion multiplie les collaborations avec d’autres journaux satiriques en province (Le Gaulois à Bordeaux, Bordeaux pour rire, Le Programme à Vichy, etc.), se heurtant de plus en plus à la censure. Ces expériences nourrissent son art et sa notoriété, jusqu’à l’aboutissement scénique de son travail : le numéro de caricatures géantes exécutées à toute vitesse devant le public.Ainsi, La Mouche clermontoise apparaît comme le laboratoire fondateur de l’oeuvre de Collodion : un lieu d’expérimentation graphique et satirique où se forgent son style, son audace et sa posture d’artiste indépendant, bien avant la célébrité fulgurante – et la chute – qui marqueront la fin de sa carrière.Bel exemplaire. La première livraison, en papier vélin, est imprimée en or. Trois tirages spéciaux de couvertures dédicacés portant des dédicaces, une photographie originale d’une jeune femme (Mme Mertens ?) signée Paul Roussel photographe rue Blatin, à l'emplacement de la rue Bonnabaud.Jarman Baird, Quick as a Flash : Victor Collodion and the Development of the Lightning Artist ; F. Mège, Les journaux et écrits périodiques de la Basse-Auvergne, p. 101.
Paris, , 1863. Manuscrit broché petit in-4 carré (22,5 x 23 cm) de 46 pp., becquets, corrections et biffures. Premier et dernier feuillets salis, pâle mouillure, rousseurs.
Pièce manuscrite inédite signée « Victor Collodion 12 Quai St Paul, Paris » datée 30 avril 1863 et présentée au Théâtre des Jeunes Artistes de la Tour d'Auvergne avec le cachet et l'autorisation manuscrite du directeur Achille Ricourt : « Accepté ladite pièce ayant pour titre "Le Photographe somnambule" pour être jouée au Théâtre des Jeunes Artistes, Paris le 24 mai 1863. Ricourt » ; un second visa de censure tamponné sur feuille libre demandant des modifications et acceptant la représentation, précise qu'il « suffit de l'inscrire sur le programme ».Formé à l’origine à la photographie – d’où son pseudonyme et le sujet de la pièce –, le caricaturiste Victor Malfait dit Collodion (Lille 18..-1873) qui croquait des portraits « à la minute » dans les cafés, « avant même d’avoir vingt ans, fréquentait déjà un cercle de jeunes bohèmes parisiens gravitant autour du Théâtre de l’École Lyrique, l’un des rares théâtres d’élèves, ces « théâtres d’apprentissage » privés disponibles à la location, « où de jeunes amateurs s’exercent au métier d’acteur ». Le compositeur Félix Savard a dressé le portrait de cette institution théâtrale et de ses figures de proue, soulignant leur goût pour des productions tapageuses, « aussi hilarantes et burlesques que possible ». Savard mentionne brièvement Collodion parmi les habitués du modeste Café Prud’hom, un établissement proche de l’École Lyrique souvent bondé de dramaturges bavards et d’aspirants « acteurs de province » cherchant à se faire un nom à Paris : « À toutes les tables, en un mot, on parle théâtre, et dans un coin, le caricaturiste Victor Collodion croque ses voisins ». Collodion n'était pas un simple spectateur : il mena également une carrière théâtrale comme chanteur, parolier, dramaturge comique et metteur en scène. À Paris, en 1863, il contribua à l'organisation de La Mi-Carême, festival annuel du milieu du Carême, et à Mâcon, en 1865, il publia une anthologie de chansons comiques. » (Jarman Baird).Le Théâtre des Jeunes-Artistes, aussi connu sous le nom d’École lyrique, fut une scène parisienne installée rue de la Tour d’Auvergne (9 arrondissement) qui adopta le nom de la rue, devenant familièrement le « théâtre de la Tour d’Auvergne ». Construit en 1843 et pouvant accueillir environ 300 spectateurs, il avait une vocation singulière : offrir aux jeunes chanteurs et comédiens un espace de formation et de représentation, à mi-chemin entre école et théâtre. Achille Ricourt en prit la direction en 1857 : il l'agrandit, construisit des loges pour les artistes, engagea des ouvreuses et se livra lui-même à l'enseignement dramatique : le mardi avait lieu les représentations de l'École lyrique devenue en 1860 le Théâtre des Jeunes Artistes, où il faisait jouer ses élèves. Pensé comme un tremplin vers les grandes scènes lyriques parisiennes, il permettait aux artistes en devenir de se confronter au public dans des œuvres du répertoire et des créations légères. Malgré son ambition et son originalité, le Théâtre des Jeunes-Artistes ne survécut pas durablement aux difficultés financières et aux contraintes administratives qui pesaient sur les théâtres secondaires. Sa disparition en 1880 n’effaça toutefois pas son apport : il demeure un témoin précieux de l’effervescence lyrique et de la volonté, déjà vive au XIX siècle, de structurer la formation professionnelle des artistes de scène à Paris.Aderer, Le Théâtre à côté, Paris, Librairies-imprimeries réunies, 1894, pp. 18-39 ; Baird Jarman, Quick as a Flash: Victor Collodion and the Development of the Lightning Artist, Nineteenth-Century Art Worldwide 19, no. 2 (Autumn 2020).
Clermont-Ferrand, Imprimerie Mont-Louis, N° 1, 7 juillet 1867 à N°25, 22 décembre 1867. Chaque numéro 4 pp. in-folio. Lithographie noir ou couleurs en première page.
Collection, presque complète, de cette parution satirique clermontoise créée par Barthol et Victor Collodion (dessinateur et lithographe). Il manque ici le Numéro 26 et dernier, mais on y joint deux N° 16 avec deux versions différentes du portrait charge de Jarrier. Le premier numéro est orné dun beau portrait de Francisque Bathol, rédacteur en chef du journal. Ce dernier était chansonnier, et semble avoir été maréchal-ferrant à Clermont comme il sintitule dans un recueil publié en 1851 chez Duchier. Son nom disparaît de la publication avec le N° 7 (11 août), et seul Victor Collodion est désormais désigné Directeur et «propriétaire responsable». Son autoportrait apparaît à la une du second numéro. Originaire de Lille (1842-1873) il sappelait Victor Alexandre Louis Malfait, mais prit le pseudonyme de Collodion en référence à ce produit utilisé en photographie, dont il fit lapprentissage à Clermont. Il travailla pour un imprimeur-lithographe de Macon, et dés 1860 se fait remarquer par ses caricatures et sa rapidité dexécution. La création de La Mouche Clermontoise semble être sa première grande entreprise. Elle sarrête à la fin de lannée 1867. En 1868 il lance une nouvelle publication «La musette clermontoise» entièrement lithographiée et autographiée, mais qui ne dura que 4 numéros. On le retrouve ensuite à Bordeaux ou il collabore au Gaulois, puis en 1869 à Vichy où il croque les personnalités locales et les curistes. Il se produit dans des théâtres parisiens (LAlcazar, les Folies bergères) où il réalise des caricatures instantanées. Il est ensuite engagé dans des théâtres anglais (Coven Garden et lAlambra à Londres et le Théâtre royal à Manchester) où il rencontre le succès avec des portraits charges de très grands formats réalisés lors de spectacles mis en scène. Cela lui permet de décrocher un contrat à lOlympique théâtre de New York en 1873. Lors de son retour il trouve la mort lors du naufrage du transatlantique Ville-du-Havre, qui sombre le 22 novembre. Caque numéro de «La Mouche» est illustrée sur la première page dun portrait charge inspiré par une personnalité clermontoise ou de passage à Clermont (Pierre Bourgougnon, la Mère Fournier, Jarrier Forcade de Toulouse, Antoine Francon, Georges Hainl). On trouve aussi un feuilleton «Souvenirs dun étudiant», signé de Saint-Herem, les «prophéties de la semaine», un courrier des lecteurs, des chroniques en patois