Tirage et édition rare, sur papier fin, signé par Cocteau Paris, Éditions des Réverbères, s.d. [8 mars 1939]. 1 vol. (100 x 200 mm) de [2], 12 et [2] f. Cousue, imprimée sur un papier népal fin. Édition originale. Tirage unique à 137 exemplaires hors commerce (n° [8]7), justifié par le poète au crayon bleu, avec son étoile au même crayon au feuillet précédent la justification.
Étrange et précieuse publication : le poème, l'un des plus beaux de Cocteau, condense son mystère dans un texte bref, sans clé ni clôture, fidèle à son titre : Énigme. Le frontispice, également gravé, représente un écu couronné et un profil d'homme signé «Jean», accompagné de l'étoile emblématique qui jalonne son oeuvre graphique. Tirage annoncé à 137 exemplaires hors commerce, mais que l'auteur lui-même juge incertain. Dans une lettre adressée en 1952 à la BnF, Cocteau confesse : «De très jeunes gens firent cette édition. Il me semble bien que le papier des Réverbères est un papier très quelconque et du genre papier d'emballage. [...] Je ne possède plus moi-même aucun exemplaire.» Tous les exemplaires furent justifiés de la main de Cocteau au crayon bleu, souvent accompagnés de son étoile manuscrite : ici, notre exemplaire porte le n° [8]7, justifié et marqué de cette même étoile au feuillet liminaire. L'extrême fragilité du papier et la difficulté technique de l'impression ont contribué à faire de cette plaquette l'un des Cocteau les plus rares à rencontrer complet et en bon état et « il se peut que le tirage ait été inférieur à celui annoncé » (Cocteau, OC, La Pléiade, 1999). Très bel exemplaire. Jean Cocteau et son temps, cat. BnF 1966, n° 401 - D. Gullentops in Jean Cocteau, OEuvres poétiques complètes, coll. Pléiade, Gallimard, 1999.
Revue complète. Exemplaire Poulenc avec envoi Paris, aux bureaux de la revue, imp. Crété, 1914 et 1915. 1 vol. (275 x 475 mm). Cartonnage bradel papier marbré, pièce de titre (reliure de l'époque). Édition originale et collection complète des 20 numéros de cette revue parue entre le 28 novembre 1914 et le 1er juillet 1915. Exemplaire avec le double état de la couverture du n° 8 (premier état censuré et très peu diffusé) et le feuillet d’annonce pour la parution du 20 mars 1915 interdite par la censure. Envoi signé : «à Francis Poulenc, son ami Jean Cocteau, 1918».
Revue fondée par Jean Cocteau et Paul Iribe au cœur de la guerre, Le Mot capte la violence du conflit jusque dans ses images : patriotisme offensif des premiers numéros, puis ouverture rapide aux modernités graphiques — bois de Raoul Dufy, collaborations d’Albert Gleizes, Léon Bakst, André Lhote ; Cocteau y signe dessins et caricatures sous le pseudonyme « Jim » (pseudonyme emprunté à son chien). Réformé mais engagé à la Croix-Rouge, présent aux évacuations de blessés après les bombardements de Reims, Cocteau transpose dans la revue un sens aigu de l’actualité et de la propagande visuelle, bientôt heurté par la censure. Le recueil est présenté en collection complète, dans un cartonnage commandé par Fracis Poulenc : il réunit les 20 numéros de publication, dont le double état de la couverture du n° 8. Provenance de premier plan : Francis Poulenc (1899-1963) fera partie du groupe des « Six », fondé par Cocteau après son manifeste Le Coq et l’Arlequin (1918) ; la dédicace date précisément ce moment, l’amitié et le compagnonnage. Poulenc mettra en musique les Cocardes (1919) sur des textes de Cocteau, participe au ballet collectif Les Mariés de la tour Eiffel (1921, argument de Cocteau) et retrouvera son univers dans La Voix humaine (1959). Sommaire : N°1 - 28 novembre 1914 ;N°2 - 7 décembre 1914 ;N°3 - 19 novembre 1914 ;N°4 - 2 janvier 1915 ;N°5 - 9 janvier 1915 ;N°6 - 16 janvier 1915 ;N°7 - 23 janvier 1915 ;N°8 - 30 janvier 1915 - 2 couvertures dont la première censurée ;N°9 - 6 février 1915 ;N°10 - 13 février 1915 - avec la double page pour la gravure de Dufy ;N°11 - 20 février 1915 ;N°12 - 27 février 1915 ;N°14 - 13 mars 1915, avec le feuillet d'annonce pour le numéro du samedi 20 mars interdit par la censure ;N°15 - 27 mars 1915 ;N°16 - 3 avril 1915 (mouillures sur les feuillets de ce numéro) ;N°17 - 1er mai 1915 ;N°18 - 1er juin 1915 ;N°19 - 15 juin 1915 ;N°20 - 1er juillet 1915.
Envoi signé à sa tante, protectrice familiale du jeune Cocteau Paris, Mercure de France, (25 mai) 1910. 1 vol. (115 x 185 mm) de 172 p. Bradel demi-basane fantaisie, dos lisse, titre et fleurons dorés, filets sur les plats, tête dorée, date en pied, couverture conservée (reliure de l'époque signée de Vermorel). Édition originale. Envoi signé : «à ma tante, qui est mon amie, Jean Cocteau».
C'est en 1909 que paraît le premier ouvrage de Jean Cocteau, La Lampe d'Aladin : dès cette période, il fréquente les artistes bohêmes et on le surnomme déjà «le prince frivole», terme qu'il retiendra pour son second recueil, à paraître l'année suivante. Grâce à son oncle, Raymond Lecomte, Cocteau avait été introduit dans les salons mondains, où sa mère cotôyait Nadar et Jacques-Émile Blanche. Ce diplomate, homosexuel, compta beaucoup pour le jeune homme, tout comme toute la branche maternelle, « Les Eugène », comme les surnomme Cocteau, qui témoignent de l'influence considérable qu'eurent son grand-père, sa mère [prénommés Eugène et Eugénie] et ses oncles et tantes sur son imaginaire, au point d'inspirer Le Potomak, paru en 1914. Des « Eugène », Cocteau avait deux oncles : Raymond, donc, et Maurice, qui est aussi son parrain. Ce dernier avait épousé en 1884 Marie Jacob : c'est chez sa tante que le jeune garçon trouvera refuge en mars 1898, quelques jours avant le suicide de son père, le 5 avril. Marie Lecomte s'occupera de son neveu plusieurs semaines durant lors de cette période difficile et les liens familiaux entre eux deux seront toujours présents. On ne connaît que deux autres envois à cette tante, l'un sur Le Potomak, l'autre sur Thomas l'imposteur. Bel exemplaire en reliure d'époque.
Émouvante provenance familiale Paris, Librairie Stock, 1926. 1 vol. (130 x 190 mm) de 70 p. et [1] f. Broché, sous chemise et étui (Goy & Vilaine). Édition originale. Envoi signé : « à maman, cet essai d'amour et d'amélioration, Jean [coeur dessiné] ».
Le surréalisme en 1926, c'est aussi l'histoire de ses opposants, ou tout du moins de ceux qui n'y adhèrent pas - ou plus. Jean Cocteau est de ceux-là. Sans qu'il soit honni par le groupe, c'est à distance qu'il s'y tient. Le 14 octobre 1923, soit trois ans avant cette correspondance, Jean Cocteau écrit à Jacques Maritain : « Vous êtes parmi les 5 ou 6 hommes que je souhaite atteindre. » Maritain, le philosophe thomiste, dont la foi vivante guide la pensée et la vie, rencontre le poète sophistiqué aux moeurs ‘contrenature'. Il en résulte une sympathie suffisamment élevée pour être incomprise. Or, en mai 1926, Cocteau rend public, à travers une lettre à son ami, le chemin spirituel qu'il emprunte à ses côtés. Maritain lui répond. Curieux diptyque que celui-ci. Se reconnaissant comme des « dépaysés du même genre » ils osent cette association provocante. De toutes les réactions, celle du groupe surréaliste sera l'une des plus haineuses et des plus musclées. Breton et Aragon saccageront les locaux de la revue des Nouvelles littéraires qui soutenait Cocteau par la voix, entre autres, de Frédéric Lefèvre. N'était-ce pas le moins pour calmer l'anticléricalisme et l'homophobie du pape du surréalisme ? Merveilleuse et touchante provenance pour ce texte si important pour Cocteau.
Paris, Gallimard, (juin) 1941. 1 vol. (120 x 190 mm) de 89 p. et [1]f. Broché. Édition originale. Un des 75 exemplaires sur alfax Navarre, celui-ci parmi les 10 hors commerce (n° XVIII). Envoi signé : «à mon très cher André Gide, Jean».
Les rapports entre les deux hommes s’étaient envenimés au moment de la parution de Potomak, en 1919, lorsque Gide s’en était pris aux poèmes du Cap de Bonne Espérance : « Il m’appela comme un élève en faute chez le maître d’école, et me lut une lettre ouverte qu’il me destinait. On m’adresse pas mal de lettres ouvertes. Dans celle de Gide, je figurais en écureuil, et Gide en ours au pied de l’arbre. Je sautais des marches et de branche en branche. Bref, je recevais une semonce et je devais la recevoir en public. Je lui déclarai qu’à cette lettre ouverte je comptais répondre. Il renifla, opina du bonnet, me dit que rien n’était plus riche, ni plus instructif que ces échanges. On se doute que Jacques Rivière refusa de publier ma réponse dans la N.R.F. où Gide avait publié sa lettre. Elle était assez rude, je l’avoue. J’y constatais que la maison de Gide, villa Montmorency, ne regardait pas en face, que ses fenêtres donnaient toutes de l’autre côté ». À cette « Lettre ouverte à Jean Cocteau » parue dans La NRF en juin 1919, Cocteau répliqua dans Les Écrits nouveaux de juin-juillet : « Il y a en vous du pasteur et de la bacchante ». Nouvelle riposte de Gide dans la même revue en octobre, lui reprochant « non point tant de suivre, que de feindre de précéder ». La rivalité intellectuelle et l’estime distanciée durera tout au long de la vie respective des deux hommes, au cours de laquelle ils se croisent aux éditions Gallimard et dans les dîners en ville, notamment chez les de Noailles. Cocteau y reviendra dans son Journal d’un inconnu : « J’aimais Gide et il m’agaçait. Je l’agaçais et il m’aimait. Nous sommes quittes. […] Au terme de sa vie, il vint dans ma maison de campagne avec Herbart. Il souhaitait que je fisse la mise en scène d’un film qu’il tirait d’Isabelle. À l’œil d’Herbart, je devinai qu’il pataugeait. Le film était médiocre. Je le lui expliquai dans une note écrite, et qu’on attendait plutôt de lui un film des Faux-Monnayeurs, ou des Caves. Il jubilait de m’entendre lire une note. Il empocha cette note. Il est possible qu’on la retrouve dans quelque tiroir. Nos contacts furent agréables jusqu’à sa fin, jusqu’à la lettre où Jean Paulhan me le décrivait comme pétrifié sur son lit de mort. » Gide, dès août 1914, avait marqué ses distances : « Jean Cocteau m’avait donné rendez-vous à un ‘thé anglais’ au coin de la rue de Ponthieu et de l’avenue d’Antin. Je n’ai pas eu de plaisir à le revoir, malgré son extrême gentillesse ; mais il est incapable de gravité et toutes ses pensées, ses mots d’esprits, ses sensations, tout cet extraordinaire brio de son parler habituel me choquait comme un article de luxe étalé en temps de famine et de deuil […]. Il y a chez lui l’insouciance du Gavroche ; c’est près de lui que je me sens le plus maladroit, le plus lourd, le plus morose ».
Exemplaire Gide, avec envoi Paris, Gallimard, (février) 1940. 1 vol. (120 x 190 mm) de 195 p., [1] et 1 f. Broché. Édition originale. Un des 45 exemplaires sur pur fil réservés à l'auteur, parmi les 15 hors commerce (n° a). Envoi signé : «Mon cher André [Gide] que vous dire ? Vous savez que je vous aime malgré tout. Jean».
Cocteau, ainsi qu'il le notait dans son journal en janvier 1944 estime que c'est dans Essai de critique indirecte et ce Potomak qu'il aura mis le plus de lui-même. Le monstre gélatineux Potomak, visible dans le premier roman éponyme, est absent de cette nouvelle version de 1940, mais n'en continue pas moins de délivrer ses messages. Même ceux de l'apaisement envers André Gide : leurs rapports s'étaient envenimés au moment de la parution du même Potomak, en 1919, lorsque Gide s'en était pris aux poèmes du Cap de Bonne Espérance et au manque de compétence musicale de Cocteau. Celui-ci avait répliqué de façon acerbe et leurs échanges depuis lors, avaient toujours été marqués d'un mélange d'estime et de rivalité intellectuelle. « Malgré tout » !
Provenance amoureuse Paris, Gallimard, (11 juin) 1956. 1 vol. (120 x 185 mm) de 231 p., [3] f. et 1 f. Broché. Édition originale. Envoi signé : « à mon Jeannot [Jean Marais] à mon soleil, Jean ».
Publié en 1956, Poèmes. 1916-1955 rassemble près de quarante années de poésie, depuis les premiers recueils de la Grande Guerre jusqu’aux textes de la pleine maturité. Cocteau y recompose son propre parcours poétique : le goût de la vitesse et de la grâce, la ligne claire, les prestiges du sommeil, les anges, les miroirs et les morts. Presque un bilan poétique en vérité, et dont l’envoi à Jean Marais donne à l'exemplaire une résonance toute particulièr : Marais fut pour Cocteau bien davantage qu’un acteur privilégié mais le visage de plusieurs de ses rêves, le corps même de son théâtre et de son cinéma et figure solaire de sa vie comme de son œuvre. Mention de 5e édition.
S.l., 29 novembre 1959 1 f. (210 x 270 mm), au stylo noir. Belle lettre à Marlène Dietrich.
" Marlène chérie, je ne t'ai pas téléphoné hier parce que je t'appelais du restaurant de Saint Maurice et que le téléphone était détraqué dans ma loge. Je n'aurais pas aimé te dire, même à l'oreille, en public, ma tristesse d'être retenu loin de toi par le travail. Voilà : si jamais tu fais traduire mon texte du programme, ce n'est pas le mot arme mais âme qu'il fallait lire. Il est vrai que tu es aussi une arme à tuer la laideur et la sottise. Je t'embrasse, Jean. " La veille, le 28 novembre 1959, Cocteau était venu féliciter Dietrich sur la scène du Théâtre de l'Etoile et son récital, pour lequel il avait composé le programme. Parmi les 1500 spectateurs, se distinguaient Orson Welles, Noël Coward, Jean Cocteau, Michel Simon, Jean-Pierre Aumont, Maurice Chevalier, Martine Carol, la Bégum Aga Khan. ... Marlene Dietrich apparut dans une extraordinaire robe de scène ; un peu de rien, beaucoup de mousseline. Et quinze représentations exceptionnelles, où elle avait supprimé " Lili Marlene "de son tour de chant : « Cette chanson peut réveiller un bruit de bottes pour certains spectateurs et je ne veux pas les blesser». " Marlène Dietrich a un nom qui commence par une caresse et s'achève par un coup de cravache."
S.D. TEXTE DE PREMIER JET (nombreuses ratures et ajouts) DE LA PLAQUETTE SIGNE JEAN COCTEAU, INTITULE : ROBERT GOFFIN LHOMME ET LE POTE PARUE CHEZ LA PETITE DRYADE EN 1961, AU SUJET DES RECHERCHES DE GOFFIN SUR ARTHUR RIMBAUD : & Avocat et pote, Robert Goffin sera donc d'office l'avocat du diable. Seulement, si le diable se fait parfois prendre pour Dieu, il arrive que Dieu se fasse prendre pour le Diable afin de mettre en veil la perspicacit d'une vertu trop sre d'elle-mme. J'admire l'aisance avec laquelle Goffin se dbrouille dans notre interminable procs. N'est-il pas le vrai dfenseur de Rimbaud et de Verlaine, gagnant sa cause sans mensonges ? Le secret de cette russite vient de ce qu'il habite le mme monde que les coupables et connat le mystre de la vritable innocence. Il triomphe par amour, sachant que de toutes les armes l'amour reste encore la plus efficace, et celle qui ne trompe jamais, la longue& Robert Goffin (1898-1984) "entre en posie" par son grand-pre qui connaissait Victor Hugo. Le souvenir de Victor Hugo a t suffisant pour ensemencer toute la famille , avait-il confi. En 1921, il fonde la revue La Lanterne sourde pour laquelle il fait appel deux potes parisiens : Blaise Cendrars et Jean Cocteau. La trs haute ide de l'amiti lui fit dire qu'on meurt un peu avec les amis qui meurent. Son opinion sur Jean Cocteau est dithyrambique ; il avait dclar son sujet C'est probablement l'homme le plus intelligent que j'ai rencontr. Cocteau parlait de choses qui dpassaient l'imagination ; Goffin rapporte la dfinition que Cocteau donnait alors de la posie : elle est comme le sifflet d'Herms que seule l'oue des chiens peut entendre et donc destine aux oreilles qui ont des caractristiques particulires. En 1920, Robert Goffin dcouvre Clment Pansaers et le Dadasme, il entend les premiers airs de ragtime apports par les amricains et boulevers par ces contretemps, il comprend alors que l'aventure de l'art moderne doit s'incarner dans une rupture et une concomitance entre les phnomnes de la posie moderne, de la musique et de la peinture modernes.Cocteau et Goffin entretinrent une longue et fructueuse amiti, ponctue de sjours rciproques : Goffin, rendit rgulirement visite Cocteau, rue Montpensier puis Milly-la-Fort. Il alla galement chez Francine Weisweiller la Villa Santo-Sospir Saint-Jean-Cap-Ferrat tandis que Cocteau vint se reposer Sept Fontaines o Robert Goffin avait crit Aux Frontires du jazz. Une rare plaquette signe Jean Cocteau, parut en 1961 dans la collection de la Petite Dryade Virton. Elle s'intitule Robert Goffin : l'homme et le pote. Cocteau s'y exprima au sujet des recherches de Goffin sur Arthur Rimbaud. Rfrences bibliographiques: Marc Danval, Le doux gant et le funambule. Lamiti Goffin-Cocteau. Cocteau et la Belgique, Bruxelles, Acadmie royale de langue et de littrature franaises de Belgique.
Paris, Librairie Stock, (3e trimestre) 1947. 1 vol. (120 x 190 mm) de 165 p et [1] f. Broché. Envoi signé : « à S.A.R. Le Prince Henry (sic) de Bourbon », réhaussé d'un grand portrait signé.
Jean Cocteau avait annoncé à sa mère les contours du personnage qu'il méditait pour La Moitié d'ombre, premier titre du Grand écart : « ce sera un coeur riche et pur mêlé aux bassesses d'une ville, et qui marche au bord, comme les somnambules au bord d'un toit. Une sensibilité qui désire dans le vague, et trouve une réponse courte et se dépense comme s'il s'agissait d'un amour maternel ». Quinze ans après son aventure avec la comédienne Madeleine Carlier, l'auteur tissait sur la trame de cet amour malheureux un roman bref, comme un épilogue de Thomas l'imposteur.
S.l., 28 novembre 1959. 1 f. (210 x 270 mm), au stylo noir. Belle lettre à Marlène Dietrich.
" Hier soir j'étais exactement pareil au professeur de L'Ange. Il me semble que tu avais obtenu de me faire quitter la besogne du film et chanter Kikikiki chez Maxim's le soir même. Hélas n'est-il pas un peu fou de débuter à 70 ans ? J'ai du prendre la fuite afin d'avoir une gueule passable ce matin. Je t'adore, Jean. " Ce 28 novembre 1959, Cocteau était venu féliciter Dietrich sur la scène du Théâtre de l'Etoile et son récital, pour lequel il avait composé le programme. Toute la troupe ira ensuite dîner chez Maxim's. " Marlène Dietrich a un nom qui commence par une caresse et s'achève par un coup de cravache."
Paris, 6, rue Huyghens 6 juin 1917. 32x23,5 cm. 4 p., illustré.
Seltenes Dokument zur Geschichte der Moderne in Paris. Mitten im Ersten Weltkrieg, viele Pariser Theater waren geschlossen, entschieden sich Blaise Cendrars und Moïs Kisling im Atelier von Emile Lejeune an der Rue Huyghens 6 in Paris Konzerte zu veranstalten. Zum ersten Konzert wurden Bildern von Picasso, Léger, Matisse, Modigliani u.a. ausgestellt. Dazu wurden Werke von Erik Satie, Georges Auric, Louis Durey und Arthur Honegger gespiel. Das Konzert war der Anlass für die Gründung der Gruppe "Les nouveaux jeunes" der später die Gruppe "Les six" folgte. Das Programm wurde von Jean Cocteau gestaltet mit einem faksimilierten Text von ihm über Erik Satie und dessen Stück "Parade" das anlässlich des Konzertes zum ersten Mal in der Bearbeitung für Piano zu 4 Händen gespielt wurde. Dazu liess Cocteau sein Porträt von Pablo Picasso auf weisses Papier reporduzieren und in das Programm montieren. Wohl sehr kurzfristig wurde dem Programm eine gedruckte Rechtfertigung auf schlechtem Papier beigegeben und auf die 2. Seite geklebt. Jean Cocteau äusserst sich darin empört über die Publikation des Gedichtes "Restaurant de Nuit" in der Zeitschrift SIC unter seinem Namen, die er absurd und bösartig bezeichnet. Das Gedicht im Stil von Cocteau wurde, wie sich später herausstellte von Thédore Fraenkel verfasst mit dem Akrostikon "Pauvre Birots" dem Namen des Herausgebers von SIC den Cocteau in Schutz nahm. Der Vorfall wurde wurde von Apollinaire als skandalös bezeichnet und führte zu einer ersten Verstimmung zwischen den verehrten Meistern und den jungen Wilden die folgten. In drei, für Cocteau typischen Nachsätzen äussert der Dichter seine Verletztheit "Il m'en reste pas moins d'une bassesse pitoyable" - Mit Faltspuren, einigen Randläsuren und Knickfalten. Rare document sur l'histoire du modernisme à Paris. Au milieu de la première guerre mondiale, de nombreux théâtres parisiens sont fermés, Blaise Cendrars et Moïs Kisling décident de donner des concerts dans l'atelier d'Emile Lejeune, rue Huyghens 6 à Paris. Le premier concert présentait des tableaux de Picasso, Léger, Matisse, Modigliani et d'autres. Des compositions d'Erik Satie, Georges Auric, Louis Durey et Arthur Honegger ont été interprétées. Le concert a été l'occasion de la formation du groupe "Les nouveaux jeunes" qui a été suivi plus tard par le groupe "Les six". Le programme a été arrangé par Jean Cocteau avec un texte en fac-similé par sur Erik Satie et sa pièce "Parade" qui a été joué pour la première fois dans l'arrangement pour piano à 4 mains à l'occasion du concert. De plus, Cocteau a fait reporter son portrait de Pablo Picasso sur papier blanc et l'a intégré au programme. Probablement à très court préavis, une justification imprimée sur du mauvais papier a été ajoutée au programme et collée à la 2e page. Jean Cocteau est scandalisé par la publication du poème "Restaurant de Nuit" dans la revue SIC sous son nom, qu'il qualifie d'absurde et malveillant. Le poème dans le style de Cocteau a été, comme il s'est avéré plus tard, écrit par Thédore Fraenkel avec l'acrosticône "Pauvre Birots", le nom de l'éditeur du SIC que Cocteau a inoncenté. L'incident fut décrit par Apollinaire comme scandaleux et provoqua un premier mécontentement entre les vénérés maîtres et les jeunes sauvages qui suivirent. En trois post phrases, typiques de Cocteau, le poète exprime sa blessure "Il m'en reste pas moins d'une bassesse pitoyable". - Avec des traces de plissement, quelques cicatrices marginales et des plis.
[Paul Morihien] s. n. | s. l. s. d. [1947] ; lettre : [fin mars 1944] | 25 x 32.5 cm | En feuilles sous chemise et étui
Édition originale, Un des 10 exemplaires de tête sur vélin de Lana (lettré G, autour de laquelle Genet a signé à la plume bleue), signés par Genet à la justification, tirage de tête après un exemplaire unique. Bien complet du feuillet volant comportant la note "Une brusque lassitude...". Est jointe une lettre autographe signée de Jean Genet, écrite à l'encre noire sur une page d'un feuillet perforé, présentant des traces usuelles de plis dûs à l'envoi, et publiée dans Edmund White,Jean Genet, p. 260-261. Illustrée de 29 compositions érotiques de Jean Cocteau tirées en lithographie, un dessin original de Cocteau à la mine de plomb et une suite des illustrations présentant quelques rousseurs sur certaines planches. Exemplaire en feuilles, sous couverture et chemise à lacet de l'éditeur, un mors habilement restauré, emboîtage de bois clair, dos carré à coulisse comportant le titre et l'auteur gravés en rouge. Un des rarissimes exemplaires accompagnés d'une suite des illustrations sur chine fort et d'un dessin original de Cocteau (qui figure dans l'ouvrage p. 177) - les dessins originaux ne figurent que dans les 10 premiers exemplaires. Enrichi d'une importante lettre autographe signée datant de fin mars 1944 écrite par Jean Genet à Maurice Toesca, grâce à qui il échappe aux camps de concentration * Maurice Toesca, hauts fonctionnaire à la préfecture de police mais aussi auteur prolifique de romans, de biographies et de critiques littéraires, avait rencontré Genet en 1944 par l'entremise de Cocteau pour aider à sa libération : "Monsieur, Même si Monsieur Jean Cocteau ne me l'avait pas dit, j'aurais compris ce qu'avait été votre part dans ma libération puisque vous êtes le représentant de la poésie à la Préfecture, aussi mes simples remerciements seraient bien fades à côté, enfin en échange du merveilleux cadeau que vous m'avez fait. Je suis tout triste de n'avoir pas à vous donner, justement à vous, un poème, mais au moins mon cur est plein de bons sentiments pour vous. Ne riez pas, Monsieur Toesca, si vous m'entendez vous parler d'amitié, c'est encore ce que je peux offrir de mieux. Je vous prie d'accepter la mienne. Est-il besoin que je vous redise que j'étais désespéré, au fond d'une nuit d'où je n'espérais plus remonter, mais vraiment [sic] la nuit, puisque j'ai songé à risquer le tout pour le tout dans une évasion où l'issue la plus certaine était encore la mort gardes étaient drôlement armés! Je vous dis cela tout de même afin que vous sachiez mon bonheur. Quand l'inspecteur est venu m'annoncer ma libération ! Monsieur Dubois a été très chic, je serais content qu'il sache par vous que [je] lui garde une part entière de gratitude. Enfin ma joie est telle que je voudrais embrasser tout le monde de vous avoir aidé. Monsieur Toesca, c'est un vieux truand plein de reconnaissance qui ose vous serrer la main." Querelle de Brestparaît sous le manteau chez Paul Morihien, secrétaire de Jean Cocteau qui pour sa part, est responsable des magistrales et sensuelles illustrations de l'ouvrage (sans les signer). Une partie des cinq cent vingt-quatre exemplaires tirés sera saisie par la police, l'année suivante, lors d'une perquisition à la librairie que tenait Paul Morihien à deux pas de l'appartement de Cocteau, au Palais-Royal. Après les déboires de Genet pendant la guerre,Cocteau aidera de nouveau Genet, cette fois-ci pour lui éviter la prison à perpétuité : condamné pour à la troisième fois, il risquait la relégation au bagne, mais obtint la grâce Présidentielle grâce à lintervention de Cocteau et Sartre. Querelle de Brest, sera adapté au cinéma en 1982 parRainer W. Fassbinder. Superbe exemplaire de ce chef-d'oeuvre, véritable pilier de la culture littéraire homosexuelle et queer, où les bas fonds interlopes frôlent lextase quasi-métaphysique. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Saint-Jean-Cap-Ferrat août 1952 | 20.80 x 34 cm | 52 pages
Manuscrit autographe de Jean Cocteau, version primitive du recueil de poèmes Appogiatures - publié en 1953 aux Éditions du Rocher à Monaco - constitué de 47 feuillets de papier fort prélevés d'un grand bloc à dessins et de 5 feuillets plus petits de papier fin, rédigés à l'encre bleue et au stylo à bille bleu. Nombreuses ratures et corrections. Les feuillets sont numérotés jusqu'à 25 (dont un numéro 8 bis) et présentent pour la plupart une petite croix ou la mythique étoile coctienne. Le dernier feuillet, contenant le poème intitulé « Lettre », est daté de la main du poète du 15 août 1952. Rédigé également de la main de Cocteau, le premier feuillet porte le titre final, au-dessus duquel est barré le titre initialement envisagé - Soucoupes volantes - la date de 1952 et le lieu - St Jean Cap Ferrat ; y apparaît également une dédicace raturée : « À la mémoire de Baudelaire et de Max Jacob qui nous apprirent ces exercices de style. » Si la lecture du recueil permet de percevoir l'influence des Petits Poèmes en prose de Baudelaire et du Cornet à dés de Max Jacob, cet hommage ne sera pas conservé à l'impression et remplacé par une dédicace à l'éditeur Henri Parisot. Exceptionnel ensemble contenant 33 des 51 poèmes publiés, 11 textes écartés sur les conseils de l'éditeur Henri Parisot et publiés dans « En marge d'Appogiatures » (uvres poétiques complètes de la Pléiade, pp. 818-831) et 6 inédits. David Gullentops, dans l'édition des uvres poétiques complètes de Jean Cocteau à la Pléiade, signale l'existence d'un second ensemble de manuscrits et tapuscrits, conservés à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris (BHVP). Il indique en outre qu'il n'a eu accès à aucun manuscrit du poème « Lanterne sourde ». Ce dernier fait pourtant bien partie de notre ensemble qui serait donc la première version du recueil envisagée par Cocteau. Jean Cocteau commença la rédaction de ce recueil de poèmes en vers et proses, sollicité par son ami l'éditeur Henri Parisot, fin juillet 1952 alors qu'il se trouvait à Saint-Jean-Cap-Ferrat dans la villa Santo-Sospir de Francine Weisweiller. La première version du recueil est achevée à la mi-août, comme en attestent les deux dates sur notre manuscrit (« août 1952 » et « 15 août 1952 ») et cette occurrence dans le journal de Cocteau : « J'ai terminé la mise au point des courts poèmes en prose pour Parisot. Il y en aura vingt-six, à moins que le mécanisme continue, ce que je ne souhaite pas car, à la longue, ces exercices d'écriture, illustrés par Baudelaire et Max Jacob, fatiguent. » (Le Passé défini, Tome 1, 1951-1952, 14 août 1952) Notre ensemble serait donc le mélange des premiers poèmes adressés à Henri Parisot, rédigés à la plume, et de quelques textes ajoutés, écrits quant à eux au stylo à bille. Cette hypothèse est confortée par la rédaction du titre final Appogiatures sur la page de titre de notre manuscrit ; Cocteau relate ce changement, toujours dans son journal, en date du 29 août 1952 : « Ai [...] classé les poèmes pour Parisot sous le titre : Appogiatures. » Notre version manuscrite précoce comporte d'importantes variantes concernant les titres des poèmes ; ainsi le poème « Livre de bord » s'intitulait initialement « Le Spectacle », de même pour « Au poil » pour lequel Cocteau avait préalablement choisi « La langue française » ou encore « Le tableau noir » originellement titré « Le lièvre et la tortue ». L'ordre des poèmes a également été considérablement modifié pour l'impression : notre ensemble atteste que Cocteau souhaitait commencer le recueil par « Le voyageur », qui sera finalement remplacé par « Seul » et passera en deuxième position. On soulignera également dans notre dossier la présence de huit poèmes intégralement en vers : ils seront retirés, Appogiatures devenant un recueil exclusivement en proses. L'ensemble, abondamment raturé et corrigé, présente en outre de longs passages supprimés dans la version publiée, par exemple ce très bel extrait du poème « Scène de mé
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Mercure de France | Paris 1912 | 15 x 19 cm | relié
Édition originale, un des 7 exemplaires numérotés sur Hollande, seuls grands papiers, le nôtre portant le n°1 et spécialement imprimé pour la mère de Jean Cocteau. Reliure à la bradel en plein vélin, dos lisse, date dorée en queue, pièce de titre de chagrin brun, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tête rouge, reliure de l'époque signée de Dupré. Légères piqûres affectant principalement les marges de certains feuillets. Émouvant et exceptionnel envoi autographe daté et signé de Jean Cocteau à sa mère, en latin, qui reprend l'un des vers des Bucoliques de Virgile: «Incipe, parve puer: cui non risere parentes, nec deus hunc mensa, dea nec dignita cubili est. / Virgile. / Jean» dont voici la traduction française: «Enfant, reconnais-la: le fils à qui ses parents n'ont point souri n'est digne ni d'approcher de la table d'un dieu, ni d'être admis au lit d'une déesse.» Exemplaire unique. * Lorsqu'il publie ce troisième recueil de poésie, Cocteau, jeune prodige de vingt-trois ans, est adulé par les cercles artistiques et littéraires. Intime de Proust, ami de Jacques-émile Blanche, fidèle de Nijinski et Diaghilev et disciple d'Anna de Noailles, son ambition est de réunir dans sa personne tous les talents qui l'entourent. La Danse de Sophocle, référence à la danse que «le jeune et divin Sophocle» exécuta nu dans Athènes, après la victoire navale de Salamine, reflète l'ambition et l'exaltation du jeune Cocteau: romancier, peintre, danseur, poète, il se sent véritablement «digne d'approcher la table [des] dieu[x]». «à égalité avec les meilleurs artistes, il était un truchement entre Dieu et la Terre.» Dans sa biographie, Claude Arnaud consacre un chapitre («Le dieu vivant») à la psychologie du poète à cette époque: «Il était un fragment détaché du créateur. L'un des organes terrestres par lesquels cet Être en évolution délibérait, et finalement tranchait, afin d'améliorer sa création.» Ainsi, c'est un Cocteau affranchi de ses illustres modèles et assumant pleinement sa divinité artistique qui se dévoile dans ce recueil extatique à l'instar du poème éponyme: « Grâce à vous, cher orgueil, je portais l'auréole Offerte par le Dieu charmant de la parole, [...] Grâce à vous, j'ai connu les frénétiques luttes Où la plume et la feuille et le morne encrier Sont les liens des vers que l'on voudrait crier, Que l'on voudrait hurler, chanter, soupirer, rire, [...] Et qu'il faut, lorsqu'ils sont en nous et qu'on le sent, Les laisser ruisseler comme un superbe sang. » La dédicace à sa mère, sur le premier exemplaire des sept rares grands papiers, témoigne du seul véritable ascendant de Cocteau: Eugénie Cocteau. Mère sacralisée par son fils, elle influa profondément sur la vie du poète comme sur son uvre, marquée par l'omniprésence de la figure oedipienne. Claude Arnaud décrit longuement cet «élan filial doublé d'une attention quasi amoureuse [...]: il n'y a que mon amour pour toi qui m'accroche à quelque chose de vrai, le reste me semble un mauvais rêve.» On ne peut d'ailleurs manquer de voir dans le choix de la citation de Virgile cette ambiguïté incestueuse qui lie Cocteau à sa mère. Une des provenances les plus désirables pour cet exemplaire de toute rareté. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Reliure demi-maroquin noir long grain à coins. Dos à nerfs. Couvertures conservées.
Paris Librairie Stock 1923 272 pp. In-4 Relié Très bon état. 1 volume. TROISIEME EDITION. Celui-ci l'un des 50 exemplaires numérotés sur Hollande, deuxième papier après 25 japons. Précieux exemplaire de travail de Jean Cocteau enrichi d'un très bel envoi et d'un dessin autographe de l'auteur sur la page de titre (daté de 1962) adressé à Claude Benedick."A mon très cher Claude BenedickCet exemplaire marqué par un travail mais surtout marqué par tous les signes d'un coeur amiJean 1962"A la différence des autres exemplaires sur Japon, Hollande et Madagascar, cet exemplaire ne comporte pas de dessin original car il s'agit d'un exemplaire témoin. Cocteau y a identifé au crayon bleu toutes les faiblesses du tirage des illustrations de cette troisième édition, entouré tous les endroits où les cuivres pêchent par absence de caractère, où le trait du dessinateur s'efface en un nuage de points.Véritable panthéon de l'avant-garde des années 20, le recueil rassemble des portraits saisis sur le vif : Pablo Picasso (à qui l'ouvrage est dédié), Raymond Radiguet, Erik Satie, Igor Stravinsky, Francis Poulenc, Jean Hugo, ou encore la Comtesse de Noailles.Publié l'année de la mort de son très cher ami Raymond Radiguet, ce recueil témoigne de la virtuosité du trait de Jean Cocteau. Entre caricature spirituelle et poésie graphique, ces dessins fixent l'esprit de l'époque. C'est dans cet ouvrage que Cocteau affirme sa double identité de poète et de dessinateur.Ancien Secrétaire général de la Comédie Française mais aussi critique chef de la rubrique Spectacles à l'AFP, Claude Benedick fut un ami du couple Cocteau-Marais et entretint une correspondance avec Cocteau, aujourd'hui conservée au fonds Jean Cocteau de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Sa bibliothèque fut dispersée en 1994.On joint une enveloppe signée de la main de Cocteau et adressée au même.
Paris Editions Sciaky 1979 Première édition. Le témoignage le plus visible de Jean Cocteau en faveur de l'Europe prend la forme d'une série d'études pour un projet de timbre : dessins inédits sur le thème "Nous croyons en l'Europe". Limité à 600 exemplaires dans le colophon. Il s'agit de l'exemplaire 199. Chemise cartonnée avec lithographie de Cocteau sur le premier plat. Quelques petits chocs et marques sur les planches blanches uniquement. Exemplaire complet. Le contenu comprend : le texte d'introduction, un magnifique portrait anonyme de Cocteau en pleine page, un feuillet en glassine bleue avec les étoiles européennes au recto. Ce feuillet contient deux feuilles de timbres. Chaque feuille est complète. 12 lithographies couleur pleine page de haute qualité de l'art du timbre, dont une lithographie double page. Un discours sur le Parlement européen par Louise Weiss. L'intérieur du dos de la chemise représente un visage de Cocteau. Un bel exemplaire. 445 x 335 mm (17œ x 13Œ pouces).
First edition. A beautiful example of this scarce portfolio; Jean Cocteau's most visible testimony in favour of Europe takes the form of a series of studies for a stamp project: unpublished drawings on the theme "We believe in Europe". Limited to 600 copies in the colophon. This is copy 199. Hardback folder with lithograph by Cocteau to the front board. A touch of bumping and marking to the white boards only. Complete copy. Contents comprise: Introductory text, beautifully produced full page anonymous portrait of Cocteau. Blue glassine folder with the European stars to the front. This contains two sheets of stamps. Each are complete. 12 full pages high quality colour lithographs of the stamp art, including one double page lithograph. A discourse on the European parliament by Louise Weiss. The inside rear board of the folder is a Cocteau face. A lovely copy. 445 by 335mm (17œ by 13Œ inches). .
«Dans mon œuvre, le poème L’Ange Heurtebise a l’importance des Demoiselles d’Avignon dans l’œuvre de Picasso» déclare Jean Cocteau dans Le Passé défini en 1953. Edition originale tirée à 355 exemplaires, celui-ci un des 5 rarissimes exemplaires sur Chine, orné d’un rayogramme de Man Ray en frontispice. Exemplaire conservé dans une admirable reliure mosaïquée signée de Pierre-Lucien Martin. Cocteau, Jean. L’Ange Heurtebise. Poème avec une photographie de l’ange par Man Ray. Paris, Librairie Stock, 1925. In-folio de (2) ff. bl., (1) f. de faux-titre, 1 photographie à pleine page en frontispice, (1) f. de titre, (1) f.bl., 16 feuillets portant chacun un poème au recto, (1) f. d’achevé d’imprimer. Demi-box noir à bandes, dos lisse avec titre en long, plats ornés d’une grande composition mosaïquée polychrome de formes géométriques imbriquées de papiers glacés de couleurs, tête dorée, couvertures conservées, chemise de carton souple avec dos de matière transparente, étui, une pte. déchirure marginale au titre restaurée sans manque. Pierre-Lucien Martin, 1960. Dimensions de la reliure: 376 x 278 mm. Edition originale tirée à 355 exemplaires, celui-ci un des 5 rarissimes exemplaires sur Chine. Ce poème, écrit par Cocteau à la suite du décès de Raymond Radiguet en 1923, évoque le jeune romancier dont le frontispice est censé être le portrait. Rayogramme de Man Ray en frontispice (Man Ray utilisa ce procédé à partir de 1922 dans un numéro de Vanity Fair, puis pour illustrer le spectaculaire ouvrage avant-garde de Tristan Tzara, les Champs Délicieux), «photographie de l’ange» reproduite en héliogravure. L'ange Heurtebise était un ange gardien, mais également une sorte de démon pour l'homme-orchestre artistique, Jean Cocteau. Il apparaissait comme muse, mais aussi comme ange de la mort et comme réincarnation de l'amant de Cocteau, Raymond Radiguet, mort prématurément. L'histoire veut que Cocteau se trouvait dans un ascenseur, lorsque l'ange lui parla et révéla son nom, identique à celui du fabricant d'ascenseurs, Heurtebise. Dans un état d’euphorie qui dura sept jours, Cocteau écrivit le poème L'ange Heurtebise, contenant des lignes comme: 'L'ange Heurtebise sur les gradins'. Bien que l'ange fût censé être inconnaissable et invisible, le photographe surréaliste, Man Ray, parvint à le fixer sur la plaque sensible, par une image appelée 'Rayogramme', que l'on fait apparaître en posant un objet sur du papier photo, puis en l'éclairant. Ce livre fut reproduit par la technique de l'héliogravure. «Dans mon œuvre, le poème L’Ange Heurtebise a l’importance des Demoiselles d’Avignon dans l’œuvre de Picasso» déclare Jean Cocteau dans Le Passé défini en 1953. Ailleurs, il affirme qu’il est «le centre de [s]es poèmes, comme le noyau de [s]es poèmes» (Entretiens avec André Fraigneau, 1951). C’est dire l’importance qu’il accorde à ce texte où son écriture et son imaginaire se renouvellent, se rapprochant même à certains égards des procédés de l’écriture automatique surréaliste (un chapitre du Journal d’un inconnu raconte la naissance du poème). Cette figure d’ange fort éloignée de l’imagerie traditionnelle doit beaucoup à l’apparition de Radiguet dans sa vie et à sa disparition. Exemplaire conservé dans une admirable reliure mosaïquée signée de Pierre-Lucien Martin.
Paris Les Editions du Compas 1946 In-4 broché, couverture rempliée, étui éditeur
EDITION ORIGINALE. Préface de Jean Cocteau et 20 photographies de Pierre Jahan, reproduite en héliogravure en regard de légendes de l'écrivain. Tirage à 475 exemplaires. Un des 450 numérotés sur vélin pur fil de Lana, celui-ci bien complet du feuillet volant reproduisant en fac-similé l'éloge de Pierre Jahan par Cocteau. Discrère rousseurs en couverture, protégée par sa jaquette de rhodoïd d'origine, et son étui également d'époque. >>>Pendant l'occupation, les statues parisiennes déboulonnées par les Allemands étaient stockées dans un entrepôt du XIIe arrondissement avant leur fonte. Pierre Jahan eut l'idée de les photographier et Jean Cocteau, enthousiasmé par ses images décida d'écrire un texte les accompagnant. Le livre fut publié à la libération aux toutes nouvelles éditions du Compas, créées par un autre photographe René Zuber. Il semble d'ailleurs que LA MORT ET LES STATUES soit le premier livre de cette jeune maison qui ne publiera par la suite qu'un autre ouvrage. -- (Parr & Badger I, 194-195). Très bon 0
Paris, Gallimard 1972-1989, 205x140mm, brochés. Bel exemplaire.
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Sans lieu [Paris]. Paul Morihien, éditeur. Sans date [1949]. In-4° broché. Couverture rempliée. 5 compositions de Jean Cocteau, gravées sur bois et tirées en bleu (trois à pleine page, une dans le texte, une en couverture). Le monogramme de Paul Morihien est également de la main de Jean Cocteau. 86 pages. Troisième édition (E.O. parue en 1928 chez Maurice Sachs et Jacques Bonjean - tirage à 31 exemplaires. Deuxième édition en 1930 aux fictives Editions du Signe, avec 18 dessins de Jean Cocteau - tirage à 450 exemplaires). Tirage à 500 exemplaires. 1/475 sur vélin Johannot. [25 vélin de Rives avec suite sur japon / 475 vélin Johannot]. Pages non coupées. Très bel exemplaire.
Secrétaire particulier de Jean Cocteau, Paul Morihien, né en 1917, fit paraître sous le manteau en 1943, avec la collaboration de Robert Denoël, "Notre-Dame des Fleurs" de Jean Genet. Cest en 1946 que, avec laide financière de Jean Cocteau, il créa officiellement sa maison dédition. Il devint, durant les sept années dexistence des Editions Paul Morihien, léditeur principal de Jean Cocteau : "La Crucifixion" (1946), "La Difficulté dêtre" (1947) et "Théâtre de poche" (1949). Il publia et diffusa dans sa librairie-galerie, rue de Beaujolais, sous les arcades du Palais-Royal, près de vingt-cinq ouvrages de grande qualité et de grande beauté formelle, parmi lesquels "Carnets de Don Juan" (1947) de Marcel Jouhandeau, "Réflexions sur la question juive" (1946) de Jean-Paul Sartre, "Querelle de Brest" (1947) et "LEnfant criminel" (1949) de Jean Genet, "Les Barricades mystérieuses" (1946) dOlivier Larronde, "Espace américain" (1948) de Roger Caillois, etc... (Source : I.M.E.C.) /// De façon plus inattendue, on retrouve Paul Morihien parmi le cercle damis férus de natation qui créèrent des clubs de vacances doù naquirent les fameux « Club Méditerranée ». Paul Morihien sera quelque temps en charge de lédition du "Trident", bulletin de liaison du « Club Méditerranée ».
Sl sn 1989 in-folio en feuilles Sl, sn [Lucien Clergue], 1989 (imp. des Presses Universitaires de France). 42 x 32,5 cm (coffret), in-folio, 4 ff. n. ch (titre, fac-similé d'un texte de Cocteau de 1956, deux dessins de Cocteau reproduits en noir à pleine page, liste des planche, justification) - 15 épreuves en noir tirées sur papier Galerie mat et montées sous carton Van Gelder et signées, en feuilles sous coffret bordeaux orné au premier plat de l'empreinte d'un dessin de Jean Cocteau (coffret par Michel Dheurle).
D'un tirage total à 120 exemplaires, celui-ci est L'UN DES 25 DE TÊTE comportant une enveloppe manuscrite de Jean Cocteau à Lucien Clergue (n° 10, signé par Clergue). Notre exemplaire est enrichi, sur toute la page de titre, d'un beau DESSIN original de Lucien Clergue aux feutres à l'intention de l'un de ses modèles de favoris, "Caco" (Catherine Marty, fille du psychanalyste Pierre Marty), avec cet envoi : "para Caco, bonne année !, son ami, Lucien, 4 janvier 1990". La même Caco a truffé l'exemplaire du TIRAGE gélatino-argentique d'une photo de Clergue prise lors du tournage du "Testament d'Orphée" aux Baux-de-Provence en 1959 et représentant Jean Cocteau, Pablo Picasso et le matador Luis Miguel Dominguin. Il s'agit d'un tirage postérieur, daté 1997, numéroté 2/30 et signé sous l'image et au verso, où se trouvent de nombreuses indications (38 x 29,5 cm marges comprises, sujet : 31 x 23,5 cm). Les 15 épreuves du portfolio sont par ailleurs toutes signées à l'encre noire par Clergue. Bel exemplaire joliment enrichi. Très bon
"APOLLINAIRE, GUILLAUME - PICASSO (ILLUSTR.) - JEAN COCTEAU - LÉON BAKST - SERGE DIAGHILEV.
Reference : 60103
(1917)
Paris, Mai 1917. Folio. Original illustrated extra wrappers (with a picture by Picasso on the front and the décor for ""Baba Iaga"" on the back)"" original illustrated wrappers for ""Théatre du Chatelet"" (drawing by André Marty on front, and advertisements on back) in grey and red"" original illustrated coloured wrappers for ""Programme des Ballets Russes"" (front wrapper illustrated by Picasso with the Chinaman-costume from ""Parade""). A bit of soiling to the extra-wrappers and small professional restorations to upper front cover and top of spine (this barely noticeable) as well as to blank margin of back wrapper. Apart from that, an excellent and very well perserved copy with only slight browning to some leaves. Apart from the described wrappers and extra-wrappers, there are, in all, 24 leaves with -mostly photographic- illustrations (four of them with original hand-colouring on top) and 6 leaves of text.With the original errata-leaf laid in loose, stating also that the illustrations ""Femmes de bonne humeaur"" and ""Parade"" have been hand-painted by Carlos Socrate, after the designs of Bakst and Picasso, and that the front wrapper for ""Parade"" (the Chinaman) has been handpainted by Picasso himself.
Scarce original printing of this seminal avantgarde-publication, the May 1917 ""Théatre du Chatelet""- publication that presents Diaghilev's ""Ballets Russes"" in Paris - here containing the entire separate publication mainly devoted to Jean Cocteau's groundbreaking ballet ""Parade"" - being one of the most important publications in the history of modern art. It is here, in his presentation-article to ""Parade"" that Apollinaire coins the term ""surrealism"" and thus lays the foundation for the seminal cultural movement that Bréton came to lead. Furthermore, the ballet ""Parade"" represents a historical collaboration between several of the leading artistic minds of the early twentieth century: Erik Satie, Jean Cocteau, Pablo Picasso, Léonide Massine, and Serge Diaghilev, and is famous, not only for its contents and its music, but also for its magnificent costumes designed by Picasso, the drawings of which are presented in the present publication for the first time - most famously the front cover for the ""Parade""-programme, which depicts the ""Costume de Chinois du ballet ""PARADE""/ Aquarelle de Picasso"", an etching with original, stunning pochoir-colouring (hand-painted by Picasso himself!).It is the 1917 ballet ""Parade"" - the first of the modern ballets - originally presented for the first time in the present publication, that marks Picasso's entry into the public and bourgeois institutions of ballet and theatre and presents Cubism on the stage for the first time. The present publication constitutes an outright revolution in the history of art, theatre, and ballet.Several variants of this spectacular publication exist, but the one we have here is as original and complete as it comes, containing the entire contents of the different variants. We not only have the extremely scarce and fragile dust-wrapper and the equally scarce illustrated coloured double-wrappers (front: ""Peinture de Picasso"""" back: Décor de Larionow pour le ballet ""BABA IAGA""""), but also the entire 1917 ""Théatre du Chatelet""-programme (in original illustrated wrappers) with the entire separate ""parade""-issue -also entitled ""Programme des Ballets Russes""- (also in original illustrated wrappers), with more than 20 leaves of photographic illustrations containing pictures of the actors and actresses, also in their spectacular avant-garde-costumes, Bakst's portrait of Leonide Massine, Picasso's portrait of Stavinski, Bakst's portrait of Picasso, Picasso and Massine in the ruins of Pompei, Picasso's drawings of a scene from ""Parade"" and of Massine, as well as several (mostly humorous) advertisements. But more importantly, we have, apart from the above-mentioned famous Chinaman by Picasso, in original pochoir-colouring, the other famous etching by Picasso ""Costume d'acrobate du ballet ""Parade""/ Aquarelle de Picasso"", also in original pochoir-colouring (bright blue), the seminal presentation-article by Apollinaire, which coins the term ""surrealism"" (see bottom of description for full translation of this groundbreaking preface), the two ""Les Femmes de Bonne Humeur""-figures by Bakst, Constanza and Battista, printed and heightened in gold (pochoir), the printed costume by Larionow, ""Les contes russes"", which is with original bright red and blue pochoir-colouring, and the ""Le Mendiant""-costume by Bakst for ""Parade"", and, of course, the texts by Bakst (on choreography and décor), Georges-Michel (Ballets Russes after the War), as well as the texts for the various ballets (listing the actors and their rôles as well as a resume of the plot). "" ""Tact in audacity consists in knowing how far we may go too far."" Jean Cocteau, poet, writer, and arts advocate, made this statement in his 1918 manifesto, The Cock and Harlequin. Cocteau, in collaboration with Erik Satie and Pablo Picasso, discovered ""how far"" to ""go too far"" in the circus-like ballet Parade-one of the most revolutionary works of the twentieth century. Parade incorporates elements of popular entertainment and uses extra-musical sounds, such as the typewriter, lottery wheel, and pistol, combining them with the art of ballet. Cocteau wrote the scenario for the one-act ballet and contracted the other artists. Satie wrote the score to the ballet, first in a piano four-hands version and then in full orchestration, while Picasso designed the curtain, set, and costumes. Later, Léonide Massine, a dancer with the Ballet Russes, was brought in as the choreographer. Serge Diaghilev's Ballet Russes premiered the ballet Parade on May 18, 1917. The program notes for the ballet were written by the poet Apollinaire. They became a manifesto of l'esprit nouveau or ""the new spirit"" which was taking hold in Paris during the early twentieth-century. Apollinaire described the ballet Parade as ""surrealistic,"" and in doing so created a term which would develop into an important artistic school."" (Tracy A. Doyle, Erik Satie's ballet PARADE, p. 1).When the French poet and army officer Guillaume Apollinaire wrote the program notes For ""Parade"", he created the manifesto of the ""l'esprit nouveau"" - ""the new spirit"". Cocteau had called the ballet ""realistic"", but Apollinaire took it an important step further and described it as ""surrealistic"", thus coining a term that would soon develop into an important artistic movement. With Picasso, Apollinaire had established the aesthetic principals of Cubism and was considered a leader in the European avant-garde. ENGLISH TRANSLATION OF APOLLINAIRE'S PROGRAMME NOTES TO ""PARADE"": ""Definitions of Parade are blossoming everywhere, like the lilac bushes of this tardy spring...It is a scenic poem transposed by the innovative musician Erik Satie into astonishingly expressive music, so clear and simple that it seems to reflect the marvelously lucid spirit of France. The cubist painter Picasso and the most daring of today's choreographers, Léonide Massine, have here consummately achieved, for the first time, that alliance between painting and dance, between the plastic and mimetic arts, that is a herald of the more comprehensive art to come. There is nothing paradoxical about this. The Ancients, in whose lives music played such an important role, were totally unaware of harmony, which constitutes the very basis of modern music. This new alliance - I say new, because until now scenery and costumes were linked only by factitious bonds - has given rise, in Parade, to a kind of surrealism, which I consider to be the point of departure for a whole series of Manifestations of the New Spirit that is making itself felt today and that will certainly appeal to our best minds. We may expect it to bring about profound changes in our arts and manners through universal joyfulness, for it is only natural, after all, that they keep pace with scientific and industrial progress. Having broken with the choreographic tradition cherished by those who used to be known, in Russia, under the strange name 'balletomanes', Massine has been careful not to yield to the temptation of pantomime. He has produced something totally new-a marvelously appealing kind of dance, so true, so lyrical, so human, and so joyful that it would even be capable (if it were worth the trouble) of illuminating the terrible black sun of Dürer's Melancholy. Jean Cocteau has called this a realistic ballet. Picasso's cubist costumes and scenery bear witness to the realism of his art. This realism - or this cubism, if you will - is the influence that has most stirred the arts over the past ten years. The costumes and scenery in Parade show clearly that its chief aim has been to draw the greatest possible amount of aesthetic emotion from objects. Attempts have often been made to return painting to its barest elements. In most of the Dutch painters, in Chardin, in the impressionists, one finds hardly anything but painting. Picasso goes further than any of them. This is clearly evident in Parade, a work in which one's initial astonishment is soon replaced by admiration. Here the aim is, above all, to express reality. However, the motif is not reproduced but represented-more precisely, it is not represented but rather suggested by means of an analytic synthesis that embraces all the visible elements of an object and, if possible, something else as well: an integral schematization that aims to reconcile contradictions by deliberately renouncing any attempt to render the immediate appearance of an object. Massine has Adapted himself astonishingly well to the discipline of Picasso's art. He has identified himself with it, and his art has become enriched with delightful inventions, such as the realistic steps of the horse in Parade, Formed by two dancers, one of whom does the steps of the forelegs and the other those of the hind legs. The fantastic constructions representing the gigantic and surprising features of The Managers, far from presenting an obstacle to Massine's imagination, have, one might say, served to give it a liberating impetus. All in all, Parade will change the ideas of a great many spectators. They will be surprised, that is certain" but in a most agreeable way, and charmed as well Parade will reveal to them all the gracefulness of the Modern movements, a gracefulness they never suspected. A magnificent vaudeville Chinaman will make their imaginations soar" the American Girl cranking up her imaginary car will express the magic of their daily lives, whose wordless rites are celebrated with exquisite and astonishing agility by the acrobatin blue and white tights.""