1938 À Paris, Éditions Denoël, 1938. Un volume, in-8° (14 x 22 cm), 305 pp. + [12] pages dannonces de «Loeuvre de Louis Ferdinand Céline» + quatre photos. Édition parue le même année que loriginale, non censurée (la censure est faite sur les éditions suivantes, à partir du 1939), fausse mention de 52e édition, sur papier courant non numerotée. Élégante reliure en demi-chagrin rouge, dos à 5 nerfs avec titre, auteur et date en lettres dorées et filets noires, beau papier-marbré sur les contre-plats, deuxième et troisième de couverture. La couverture et le dos cartonnés dorigine sont conservés à lintérieur. Ouvrage en parfait état.
1945 À Copenhague (probablement Liège), sans nom, 1945. Un volume, en feuilles, 15 x 21,5 cm, 24 pp. Rare édition originale, tiré à seulement 53 exemplaires, celui-ci est lun des 50 exemplaires hors commerce. Couverture souple, illustrée dune reproduction de la statue de la petite sirène de Edvard Eriksen. Ouvrage en parfait état.
Louvrage contient la reproduction en fac-simile de lettres manuscrites de Céline à Bente Joyhansen, jeune fille danoise, pendant ses premières semaines de détention au Denmark, dans lesquelles on retrouve tout le désespoir de lauteur, qui pense être arrivé «au bout des choses». Très bon
1941 À Paris, Nouvelles Éditions Françaises, 1941. Un volume, 222 pages. Édition originale sur papier courant, avec la fausse mention de «20° Edition», car imprimé le 25 février 1941. Élégante reliure en demi-chagrin rouge, dos à 5 nerfs avec titre, auteur et date en lettres dorées et filets noires, beau papier-marbré sur les contre-plats, deuxième et troisième de couverture. La couverture et le dos cartonnés dorigine sont conservés à lintérieur. Légèrement jauni, autrement ouvrage en parfait état.
Ouvrage très rare, car il fut interdit en zone libre lée 4 décembre 1941. Lucette Destouches, veuve de l'écrivain, s'opposait à toute réédition, tenant à respecter la volonté de Céline qui ne voulait pas que ces textes fussent republiés après 1945, jusqu'à ce qu'en 2017 elle change d'avis et autorise Gallimard à publier l'ensemble des trois pamphlets antisémites, mais face à l'ampleur de la controverse suscité par ce projet, la maison d'édition y a finalement renoncé.
1932 À Paris, chez Denoël et Steele, 1932. Un volume, 623 pages + [8] pages dannonces de léditeur. Edition originale, complét des 4 feuillets du catalogue de léditeur à la fin, avec la fausse mention 153° Edition. Exemplaire dans lequel il subsiste encore les fautes d'impression non encore corrigées : p. 59 (« maison du pasteur » au lieu de "maison du passeur") et p. 150 (« m » à l'envers). Élégante reliure en demi-chagrin rouge, dos à 5 nerfs avec titre, auteur et date en lettres dorées et filets noires, beau papier-marbré sur les contre-plats, deuxième et troisième de couverture. La couverture et le dos cartonnés dorigine sont conservés à lintérieur. Légèrement jauni, autrement ouvrage en parfait état.
Bel exemplaire de ce premier roman de Céline, qui a influencé une entière génération decrivain, dont Henry Miller, George Orwell and Henry Green.
1950 À Paris, Chambriand Éditeur, 1950. Un volume, 15.8 x 21.4 cm, 100 pages, illustré dimages de Pierre Monnier (Pierre-Marie Renet). Broché sous couverture illustré, dans un étui en demi-chagrin rouge et papier marbré, dos lisse avec titre, auteur et date en lettres dorées, le tout dans un emboîtage en papier marbré et finitions en chagrin. Exemplaire numeroté sur vélin des Papeteries de Savoie (n° 346) après 320 exemplaires sur vélin chiffon dAnnonay. Ouvrage en très bon état.
1952 À Paris, Gallimard, 1952. Un volume, 12 x 18 cm, 327 pages. Reliure rigide déditeur, réalisée daprès la maquette originale de Paul Bonet. Un de 1050 exemplaires sur vélin labeur des Papeteries Navarre de Voiron (n° 798). Petite trace de mégot sur la couverture (le prix est en conséquence...), sans gravité, autrement ouvrage en parfait état. ÉDITION ORIGINALE.
1937 À Paris, Éditions Denoël, 1937. Un volume, in-8° (14 x 22.5 cm), 379 + [2] pages. Édition originale sur papier courant, avec la fausse mention de «55° Edition», car imprimé en fin 1927, portant au dos la date de 1938. Élégante reliure en demi-chagrin rouge, dos à 5 nerfs avec titre, auteur et date en lettres dorées et filets noires, beau papier-marbré sur les contre-plats, deuxième et troisième de couverture. La couverture et le dos cartonnés dorigine sont conservés à lintérieur. Légèrement jauni, autrement ouvrage en parfait état.
Cette édition aurait dû être imprimée à Paris, ce que le colophon laisserait encore croire : "Imprimerie des Éditions Denoël, 19, rue Amélie, Paris". Elle a en fait été mise sous presse par l'Imprimerie de France à Choisy-le-Roi ( Fouché et Dauphin, 37A1 ).
Copenhage 10 avril [1947] | 22.50 x 28.40 cm | 6 pages sur 3 feuillets
Très longue lettre autographe signée "Dest" au docteur Tuset et à Henri Mahé, datée du 10 avril [1947] à Copenhague, 130 lignes à l'encre bleue sur six pages pleines, corrections et soulignements de la main de l'auteur. La date indiquée par l'auteur du 10 mars est erronée, Naud n'acceptant de défendre Céline qu'en avril 1947. Pliures inhérentes à la mise sous pli ayant provoqué d'infimes déchirures sans manque de texte. Affaibli par son exil, Céline se réfugie dans sa correspondance où les multiples évocations du passé constituent des repères qui le rattachent à la vie. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus à Korsør, au Danemark. Epuisé par son isolement, Céline tente de maintenir un contact permanent avec son cercle d'amis français et parmi eux, le docteur Augustin Tuset, figure autour de laquelle gravite le monde des arts de Quimper, «cette petite Athènes au bord de l'Odet». La période d'exil permet à Céline de renouer avec le monde de l'avant-guerre ressurgissant à travers les abondantes listes de noms parfois non identifiés: «et Mme. Le Gallou? Et votre assistante? Et Desse? [...] Et les frères confitures, et leur grand-père divin! et Le Floche? Et Rosbras? [...] Et Troulalaire? Et notre si gentille crêpière. Je n'en aurais pas fini». Les différentes époques de la vie de Céline s'entrecroisent dans la correspondance du Danemark, donnant à la mémoire un rôle à la fois néfaste et salvateur pour l'auteur: «Je suis inépuisable aux souvenirs. L'atroce est que je n'oublie jamais rien. Il faudrait bien que j'oublie certaines choses [...] Ah Marie Bell, mes amours! [...] elle était vraiment extraordinaire dans Armide! Ces choses-là ne s'oublient pas. Tout est poésie!». L'écriture de la lettre épouse le fil de la pensée de l'auteur, n'effectuant aucune transition entre les sujets: «Maria le Bannier nous écrit souvent. Je l'aime bien. C'est un tempérament et tout un trésor de Bretagne. Et Saudemont? Vers quelles ivresses? Serre bien la main de Pipe. Affection à Stève. [...] comment va la mère de Madeleine? Nous parlons souvent de la «Puce». Leur pauvre petite chatte... » Aucune affaire n'est épargnée par la soif de Céline de retrouver les repères familiers dans sa solitude où finit par poindre la fatigue qui l'accable: «Jusqu'où vont nos souvenirs...» A l'instar de plusieurs autres missives de la correspondance danoise, cette lettre est destinée à deux interlocuteurs: le docteur Tuset, mais aussi le peintre Henri Mahé, qui présenta d'ailleurs le premier à Céline. Le ton change significativement lorsque l'écrivain, s'adressant à son ami de longue date, quitte cette bienveillance nostalgie pour laisser éclater sa colère: «[...] prévenez Henri que Karen est à rayer une fois pour toutes!». Ici s'ouvre le long et virulent récit de l'un des tournants principaux de l'épopée du Danemark. Céline avait, avant son exil, confié de l'or à la danseuse Karen Jensen (dédicataire de L'Eglise). Assistée d'Ella Johansen, cette dernière mit des appartements à la disposition des Destouches qui s'y réfugièrent à leurs sorties respectives de prison. Dépositaires de l'or de Céline dont la réserve diminue de manière suspecte, les deux femmes sont ici violement prises à partie: «Elle [Karen] et son amie se sont comportées comme des sorcières de Macbeth et en plus pillardes, canailles. Des monstres. Elles ont littéralement torturé la pauvre Lucette. Deux mégères en délire [...] Son amie Johansen, ivrogne aussi hystérique, méchante, envieuse, un monstre.». Céline va même jusqu'à les comparer à «Landru [...] plus timides, plus sournoises, mais textuelles». La colère doublée de frustration de Céline n'épargne personne, pas même sa propre fille: «La mienne d'enfant, Colette, végète à Paris, la pauvre conne» L'exil mais surtout la période de prison que Céline a endurée lui fournissent une source intarissable de fureur qui lui inspire des lignes aussi percu
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Denoël & Steele | Paris 1932 | 12 x 19 cm | Broché sous chemise et étui
Édition originale comportant bien toutes les caractéristiques du premier tirage, un des exemplaires du service de presse. Exceptionnel envoi de Céline, en page de garde, à la célèbre chanteuse Yvette Guilbert, à qui Céline chanta lui-même et proposa linterprétation dune de ses scandaleuses compositions (Katika la putain, plus tard renommée À nud coulant): «?À madame Yvette Guilbert en témoignage de ma profonde admiration. LF Céline.?» En dessous de lenvoi autographe, lacteur Fabrice Luchini a inscrit ces quelques mots?: «?À Yvette Guilbert in memoriam. F. Luchini?»?; sur la page de faux-titre suivante, Jean-François Balmer a rédigé à son tour?: «?Merci et bon voyage. J. F. Balmer.?» Enfin, accompagnant les dédicaces de Fabrice Luchini et de Jean-François Balmer, ont été encollés les tickets dentrées à leurs lectures, à la comédie des Champs-Élysées pour Luchini, au Théâtre de luvre pour Balmer, du Voyage au bout de la nuit. Notre exemplaire est présenté sous chemise-étui en demi-maroquin noir, dos à cinq nerfs, plats de papier fantaisie, contreplats de papier vert amande, étui bordé de maroquin noir, plats de papier fantaisie, ensemble signé Boichot. * Ce remarquable envoi de Céline donne à voir une facette importante de lécrivain, adepte de la musique des mots. La chanson abonde dailleurs dans le Voyage au bout de la nuit dès son célèbre épigraphe, la fameuse Chanson des Gardes suisses, que Céline prétendra avoir composée, et qui donne son titre au livre. Lécrivain fut également chansonnier et même interprète de deux de ses créations?: «?Règlement?» et surtout «?À Nud coulant?», chanson paillarde quil présentera dabord comme la traduction dun chant finnois. Il composa «?À Nud coulant?» après la parution du Voyage pendant lécriture de Mort à Crédit, en 1934-1936 et lenregistra en 1955. Arnaud Marzorati remarquera la voix caverneuse de Céline, et sera «?subjugué par son «?arythmie?» volontaire. Comme si le rythme de la vie pouvait être chaotique et ne pas se référer aux simples battements du cur?; quil cherchât alors à narrer son histoire dans une autre mouvance que celle du consensus?» («?Les Chansons de Céline?», programme du 16 mai 2013, Cité de la musique). Mais avant de passer lui-même en studio, Céline avait eu laudace de proposer cette scandaleuse ritournelle à la grande Yvette Guilbert, dans les années 1930. Le grand ami de Céline, le peintre Henri Mahé, témoigna de la mémorable soirée?: «?Pourquoi la grande Yvette Guilbert linvita-t-elle un jour à laller voir chez elle?? Il bondit?! Elle lui présente Cécile Sorel, linoubliable Célimène. Il jubile et sans plus attendre il leur chante sa Katika toute neuve. Les compliments sont plutôt brefs et froids, à peine polis sur les bords. Non?! Elles ont autre chose en tête. Un film, un scénario quil devrait écrire daprès leurs idées deux surs triomphent dans le spectacle... Lune sur les scènes officielles du monde entier, lautre dans les music-halls du monde entier.?». (Henri Mahé, La Brinquebale avec Céline, p. 72) On ne sait si cest à loccasion de ce «?concert?» que Céline offrit son Voyage à la reine du caf conc parisien. Comme le remarque Michaël Ferrier, Céline «?aura toute sa vie recherché lamitié des vedettes de lépoque, certaines aujourdhui oubliées (Guy Berry, Max Révol, Alfred Pizella), dautres plus mémorables, comme Michel Simon ou Arletty (à laquelle il consacre un texte, Arletty, jeune fille dauphinoise, en 1948), qui firent une grande partie de leur carrière dans des opérettes jouées ou filmées. [Cette passion pour la chanson] trouve sans doute sa source dans lenfance de Céline?: le passage Choiseul, où sa mère tenait commerce de dentelles, était le siège du Théâtre des Bouffes-Parisiens dOffenbach et dun marchand de gramophones.?» (Télérama hors série, juin 2011) Cet étonnant exemplaire saccompagne des envois de grands interprètes de la prose célinienne les acteurs Fabrice Lucchini et Jean-François Balmer,
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Cahiers Céline Tomes 1 à 8 - Collection complète - Gallimard 1976 - 1988 Cahiers Céline 1 : Céline et l'actualité littéraire 1932-1957 Cahiers Céline 2 : Céline et l'actualité littéraire 1957-1961 Cahiers Céline 3 : Semmelweis et autres écrits médicaux Cahiers Céline 4 : Lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917 Cahiers Céline 5 : Lettres à des amies Cahiers Céline 6 : Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Cahiers Céline 7 : Céline et l'actualité 1933-1961 Cahiers Céline 8 : Progrès suivi de Œuvres pour la scène et l'écran 8 volumes brochés format 14 x 20,5 - couvertures souples noires imprimées en rouge et blanc - édition originale pour chacun des volumes (pas de tirages sur grands papiers pour ces ouvrages, sauf pour le Cahier N°7) Rare ensemble complet, ouvrages en bel état, légères marques d'usages (frottements, plissures), plis de lecture aux dos des 3 premiers tomes, intérieurs frais.
Gallimard | Paris 1976-1988 | 14 x 20.50 cm | 8 volumes brochés
Edition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers (sauf pour le N°7) pour chacun des volumes. Notre série complète se compose ainsi : Cahiers Céline 1 : Céline et l'actualité littéraire 1932-1957. Cahiers Céline 2 : Céline et l'actualité littéraire 1957-1961 Cahiers Céline 3 : Semmelweis et autres écrits médicaux Cahiers Céline 4 : Lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917 Cahiers Céline 5 : Lettres à des amies Cahiers Céline 6 : Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Cahiers Céline 7 : Céline et l'actualité 1933-1961 Cahiers Céline 8 : Progrès suivi de Oeuvres pour la scène et l'écran. Iconographie. Rare ensemble complet. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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s. l. [Copenhague] 23 avril [1947] | 22.50 x 28.40 cm | 6 pp. in-folio
Lettre autographe signée de Céline à Henri Mahé, datée du 23 avril [1947], 113 lignes à l'encre noire sur trois feuillets, corrections de la main de l'expéditeur. Pliures inhérentes à la mise sous pli, quelques petites taches sur le premier feuillet sans manque de texte. Empreinte de l'emblématique style célinien, cette longue lettre à l'un de ses plus intimes amis, révèle un exilé fébrile, tiraillé entre mal du pays et rancur vis-à-vis de ses détracteurs. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. Cette période de grande solitude, pénible à l'écrivain, est marquée par une importante correspondance avec ses contacts parisiens et notamment avec «[son]cher vieux», Henri Mahé, l'un des rares fidèles qui lui rendront visite dans sa captivité. L'artiste peintre, rencontré en 1929, entretient une relation amicale privilégiée avec Céline, immortalisée par son avatar dans le Voyage, et dont on perçoit toute la portée dans la lettre que Céline lui adresse. Retenu prisonnier contre son gré, Céline fantasme une Bretagne mythifiée, berceau de son amitié avec Mahé: les filles de celui-ci, filleules des Destouches, deviennent des «fées», images de la «Bretagne en fleur». La pensée nostalgique de ce pays devient un refuge récurrent durant les années difficiles: «Mon Dieu, que vous devez être heureux». Articulée autour de «la petite musique» célinienne, la lettre, à l'image de toute la correspondance, fait partie intégrante de l'uvre de l'auteur où se côtoient grotesque et tragique: «Jojo n'a pas de veine alors. [...] La ténacité, bien agréable dans le cas, est souvent récompensée. Tuset représente admirablement le géniteur fin, philosopheet magnifiquement vivant... Je n'irai tout de même pas jusqu'à le recommander à Madame Jojo!»/«J'ai vu finalement l'attaché de presse Raynaud et sa femme, deux petites ambitions promenades d'Alger satisfaites sans aucun sacrifice ni risques, champignons poussés sur le fumier de la catastrophe et des décombres». A l'instar des romans, cette lettre met en exergue le talent d'argotiste de Céline: «Là je te dis que l'on ergote, trafouille, cafouille que c'est une joye.» Son ressentiment n'est pas seulement perceptible dans ses mots mais transparaît aussi par sa graphie, de plus en plus irrégulière, espacée et démesurée au fur et à mesure qu'il s'échauffe, certains mots étant rageusement soulignés de plusieurs traits : «Vous, vous, chère petit tête précieuse, bien habile et bien planquée, que ferez-vous, vous, pas un autre, pas le Pape, vous?». L'ennui qui ronge Céline se devine dans l'empressement avec lequel il enjoint Mahé de lui rapporter des nouvelles de la France, qu'elles soient privées ou politiques: «Comment est l'enfant Mourlet? Sont-ils bêcheurs? Et Desse?[...] Que pense-t-on de de Gaulle? Boulanger? Badinguet? Kerensky?». La plume agitée de Céline jette les informations sur le papier, multipliant les noms, sans organisation ni transitions entre les différentes affaires qui l'intéressent: «Tu ne me parles pas des Mondains? Je te recommande une jolie revue «Courrier du Continent» [...] Le cinéma français me semble bien mort...» La régularité et l'ardeur que Céline met à sa correspondance est signe de sa détermination à ne pas être oublié ni de ses amis ni de ses défenseurs potentiels: «Je lui [Naud] ai envoyé tout mon dossier, et puis une aucune nouvelle! Je voudrais bien qu'on le stimule. Qu'on lui demande ce qui se passe? [...] Tu vois comme tout ceci est critique [...] Il faudrait prouver à Naud que j'ai des amis distingués à Paris». La haine de Céline face aux hommes, déjà profondément enracinée dans le Voyage, s'intensifie durant l'exil et face aux accusations, qu'il subit: «Pas un jour de peine, tout en bénéfice. Ecurant! Tout perdre, tout souffrir pour des petits cafouilleux pareils. J'ai honte.» Mais Céline, impuissant, déplore au-delà de cette injustice présumée, la
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Gallimard | Paris 1976-1988 | 14 x 20.50 cm | 8 volumes brochés
Edition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers (sauf pour le N°7) pour chacun des volumes. Notre série complète se compose ainsi : Cahiers Céline 1 : Céline et l'actualité littéraire 1932-1957. Cahiers Céline 2 : Céline et l'actualité littéraire 1957-1961 Cahiers Céline 3 : Semmelweis et autres écrits médicaux Cahiers Céline 4 : Lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917 Cahiers Céline 5 : Lettres à des amies Cahiers Céline 6 : Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Cahiers Céline 7 : Céline et l'actualité 1933-1961 Cahiers Céline 8 : Progrès suivi de Oeuvres pour la scène et l'écran. Iconographie. Première garde du premier volume ombrée en raison d'une coupure de presse. Rare ensemble complet. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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s. l. [Klarskovgaard] 8 décembre 1950 | 21 x 34 cm | 2 pages sur un feuillet
Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat, Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc?; numéro «?575?» de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005, p. 64. Belle lettre empreinte d'amertume de Céline qui vient de perdre sa tante Amélie (la tante Hélène de Mort à crédit), et observe le monde qu'il a connu lentement disparaître. L'écrivain se réfugie dans les mémoires d'Élisabeth de Gramont, témoins d'une époque grandiose également révolue. * Depuis son exil danois, Céline apprend avec tristesse la mort de sa tante Amélie, dernier membre de la famille Destouches?: «?Je viens de perdre à l'hospice d'Angers encore une dernière parente?». L'écrivain n'a pourtant pas été tendre avec son alter ego dans Mort à crédit, le personnage de la sulfureuse tante Hélène mourant dans la déchéance et la honte, laissant derrière elle un sillage de galants, d'amants ou de clients?: «?À Saint-Pétersbourg, elle est devenue grue. [...] Elle est venue nous voir au Passage, deux fois de suite, frusquée, superbe, comme une princesse et heureuse et tout. Elle a terminé très tragiquement sous les balles d'un officier?» (Mort à crédit). La véritable tante Amélie s'établit en Roumanie, mariée à un diplomate, Zenon Zawirski. Malheureusement, la réalité rattrapa la fiction et Amélie rentra à Paris dans le plus complet dénuement à l'âge de 80 ans. Céline se chargea de la transférer de l'hospice des Petites surs des Pauvres de Breteuil jusqu'à l'hôpital d'Angers où elle s'éteint en décembre 1950 («?Que la pauvre femme meure gentiment. Assez de fins tragiques dans la famille?!?» avait-il écrit au docteur Camus le 11 juillet 1949). La secrétaire de l'écrivain, Marie Canavaggia, la rencontra avant son arrivée à Angers?: «?elle avait par moments des gestes et des expressions qui en éclairs me rappelaient son neveu?» (13 juillet 1949). Le dernier membre de sa famille disparu, Céline contemple sa propre fin?: «?si ça continue si je rentre jamais en France je foncerai directement au cimetière?». Dévorant les livres que son avocat fait parvenir afin d'adoucir l'exil de son client, Céline détaille ses lectures du moment?: «?Le Temps des équipages [d'Élisabeth de Gramont] est un des livres fameux parus vers 1920?! L'un des «?Guides des Snobs?» les mieux réussis de l'Époque?». Il est assez cocasse d'imaginer Céline se réjouir à la lecture du carnet mondain de cette aristocrate fin-de-siècle, chronique d'un monde si étranger au sien?: «?J'avais un ami, Carré, de Rennes, étudiant en droit, qui l'avait appris par cur?! [...] il s'en est établi marchand de tableaux?». Dans ses jeunes années d'étudiant en médecine, Céline croisa en effet le chemin de Louis Carré, devenu marchand d'art parisien, exposant tour à tour Paul Klee, Juan Gris, Le Corbusier ou Picasso?: «?il y a fait 10 fois fortune?! Preuve que tous les livres ne sont pas déprimants?!?» En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de «?grand invalide de la Gra
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s. l. [Klarskovgaard] 7 octobre 1950 | 21 x 34 cm | 2 pages sur 2 feuillets
Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline adressée à son "cher Maître et défenseur" Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur deux grands feuillets de papier blanc ; numéros "580" et "581" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Lettre autographe signée de Louis-Ferdinand Céline adressée à son "cher Maître et défenseur" Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur deux grands feuillets de papier blanc ; numéros "580" et "581" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Céline adresse à Mikkelsen un article: "Pour intéressé que vous soyez aux choses de l'esprit je crois avoir remarqué que les turlupinades des banques, changes, fricoteries diverses vous amusaient aussi. Ci-donc, joint, article assez farceur relatant certaines galipettes de l'or et ses escrocs changeurs (à Paris, évidemment!)" L'écrivain a adjoint à sa lettre un autre feuillet dont les nombreux soulignements témoignent de la persécution dont il se sentait victime: "Maintenant qu'on remonte la Ligne Maginot, qu'on recrée une Légion Anti Bolchéviques, une armée franco-allemande, il paraît qu'il est question de me poursuivre à nouveau d'après les Beaux Draps mais cette fois pour antigermanisme et sabotage de l'Europe Nouvelle et irrespect pour Hitler! Oh je n'en mène pas large !" En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer Baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Peu de temps avant laudience de son procès qui devait se tenir le 21 février 1950, sous la présidence du juge Drappier, Céline tente de mobiliser ses soutiens :...Je crois qu'il faut que tous les vrais amis écrivent maintenant en ma faveur tout de suite au Président Drappier cour de Justice directement. C'est à dire toi, Paulhan, Debuffet (sic, pour Jean Dubuffet), Marcel (Marcel Aymé), tous ceux auxquels tu penseras. Veux-tu les alerter ? Naud (son avocat Albert Naud) est d'accord. Ce sera lu à l'Audience avec comme en-tête des lettresAffaire Céline...Comme je suis malade ! J'ai peine à écrire et je n'ai aucune aide ; tu parles, faire ronéotyper à Copenhague ! Mik (son avocat danois Th. Mikkelsen) s'en fout et ne fait rien. Heureusement Löchen le Pasteur est admirable, sans lui jamais les pieces ne seraient visées au Consulat ni meme tapées ! Il m'a embauché une dactylo la bas... Mik garde mes lettres huit jours sans les lire... Il ne s'intéresse pas !... Bien affectueusement...Lors de laudience du procès de Céline mi-décembre 1949 devant la cour de Justice de la Seine, son avocat danois Thorvald Mikkelsen avait envoyé un télégramme qui annonçait « Destouches malade, impossible de se présenter... ».Une procédure de jugement par contumace fut donc décidée avec ordre donné à Céline de se présenter à laudience fixée au 21 février 1950. Le président Drappier allait juger lécrivain. Tous les amis de Céline décidèrent alors de se mobiliser en sa faveur, Arletty, Marie Bell, Jean Paulhan, Marcel Aymé, Jouhandeau, Maulnier, jusquà Henri Miller, qui par lintermédiaire de Maurice Nadeau avait rédigé une lettre en faveur de lauteur du Voyage, et enfin beaucoup dautres, dont le peintre Jean Dubuffet...François Löchen était le chef de lEglise réformée de Copenhague. Cest à lautomne 1947 que le pasteur Löchen avait fait la connaissance de Céline au Danemark. Auparavant, il avait été aumônier militaire à Sartrouville, puis à Bezons en banlieue parisienne, là où le docteur Destouches avait lui-même exercé la médecine.L'amitié du graveur Jean-Gabriel Daragnès (1886-1950) et de Céline ne fut pas immédiate. Pendant l'Occupation, Daragnès se méfie de la " bande à Gen Paul ", mais Céline soigne sa mère " jusqu'à la dernière minute " (mars 1941) et Daragnès n'oubliera jamais son dévouement. Cest Daragnès qui met Céline en relation avec Paul Marteau et Jean Dubuffet, deux soutiens de lécrivain lors de son procès. Il accueillera Mikkelsen, lavocat danois de Céline à Montmartre et se rendra lui-même à Korsor en 1948., lexil danois de Céline et son épouse Lucette. Daragnès est à l'origine de la publication de Foudres et flèches et de À l'agité du bocal, et songe à illustrer Scandale aux Abysses qu'il veut imprimer lui-même. Il collecte des témoignages à décharge, et se présente au procès devant la Cour de Justice, comme témoin. On ne l'entendra pas, en l'absence de l'accusé.Le 25 juillet 1950, Daragnès meurt à la suite d'une banale opération. Céline perd un véritable ami, ainsi quun soutien financier actif, par son rôle de passeur de fonds vers le Danemark, en concours avec Pierre Monnier et François Löchen.
Importante lettre annonçant la rupture avec Denoël Copenhague 30 septembre [1947]. 2 p. en 1 f. (205 x 330 mm), à l'encre, enveloppe jointe à «Monsieur le Directeur des Editions Denoël, 19 rue Amélie, Paris ». L'écrivain est furieux de ses demandes, non abouties, de réimpression du Voyage au bout de la nuit depuis près de cinq ans : elle préfigure la rupture définitive qui interviendra, malgré les efforts de Tosi, en juin de l'année suivante.
Belle lettre pleine d'ironie, confiée depuis le Danemark à son avocat, M. Thornwald Mikkelsen. Céline demande à Tosi de «réserver le meilleur accueil » à son avocat , car il ne sait plus où il en est « vis-à-vis des éditions Denoël - (sauf une ignoble préface de M. Max Vox) et [s]e demande si en écrivant en anglais, publié en amérique, sous un nom chinois, par un éditeur espagnol puis enfin retraduit en français je ne pourrais prétendre à une belle revanche ?... Peut-être que si l'on réimprimait le voyage à l'envers et en japonais ? Voyez ma perplexité... sans compter les questions de trahison, prisons, bagne, assassinat, poteau, gibets et autres gracieusetés dont j'ai bien taté et qui ne sont pas pour rire... ». Le 20 octobre 1944, Maximilien Vox a été nommé administrateur provisoire des Éditions Denoël et publie, en octobre 1945, un violent article à l'occasion de la parution de L'Homme fourdroyé de Cendrars : « Ce livre immense est construit sur le plan du monologue intérieur, forme dont Joyce a laissé un monument [...] Et se place ici, par une irrésistible symétrie, le souvenir du Voyage au bout de la nuit pour que nous découvrions que le vrai Céline, c'est Cendrars ; je veux dire que de l'homme ancêtre qu'est Blaise s'est détachée la feuille d'artichaut Céline, mais extérieure, loin du coeur savoureux, et à laquelle il lui a fallu donner une saveur artificielle en la trempant dans toutes sortes de sauces (...) Quand il dit : " Ah ! les salauds " - cela vaut quarante pages d'inoculodoncocucocandries du docteur-rhéteur Destouches ». Céline n'en prendra connaissance que deux ans plus tard, pendant l'été 1947, qui fait immédiatement réagir Céline : « j'ai envoyé à Cendrars une lettre dans les termes que vous imaginez - où je traite Vox de lope, salope, galapiat merdeux et la sauce. Tout ce qu'il mérite. Salir un homme enchaîné et qui vous nourrit c'est un petit comble. » Vox a entretemps quitté ses fonctions chez Denoël depuis juin - ce que Céline ignore sans doute - et, à partir de septembre, le dossier Céline se retrouve donc géré par Jeanne Loviton puis par Guy Tosi, à qui Céline envoie ce nouveau courrier. Sur demande de Jeanne Loviton, Tosi se rendra à Copenhague le 18 novembre : le 3 décembre, les Éditions Denoël envoient à Céline son compte d'auteur, lequel « se trouve actuellement complètement soldé », mais, dès le lendemain, l'écrivain dénonce par lettre recommandée ses contrats et va mener une guerre à la maison Denoël : la tension ira grandissante jusqu'à l'année suivante, où la rupture est officialisée, après 16 ans de présence de Céline chez Denoël. Céline fera publier une nouvelle édition du Voyage en juin 1949 chez un éditeur belge, Frémanger, aux éditions Froissart, puis d'autres publications chez Chambriand et Monnier avant que Gaston Gallimard, à la manoeuvre, ne vienne racheter les Editions Denoël en octobre 1951. Le Voyage au bout de la nuit sera ainsi enfin réimprimé en France, officiellement, en mars 1952, dans un tirage de 9 000 exemplaires, plus 1050 exemplaires sous cartonnage décoré de Paul Bonet.
Paris [3 mai 1934] | 21 x 27 cm | 2 pages sur un feuillet, une enveloppe jointe
Lettre autographe signée «L.F. Destouches» adressée au journaliste Léon Deffoux qui consacra plusieurs articles à l'uvre de Céline. 24 lignes rédigées à l'encre noire, plusieurs soulignements et ratures de la main de Céline. Enveloppe antérieure tamponnée du 25 février 1933 jointe. Pliures inhérentes à la mise sous pli du courrier ainsi que quelques très infimes trou d'épingles en marge haute droite du feuillet. Intéressante lettre dans laquelle Céline communique à son correspondant la liste du jury du prix Blumenthal, bourse distribuée depuis 1920 au profit de jeunes artistes talentueux. Céline y brosse un portrait de son«candidat»et«amiHenri Mahé», rencontré quelques années plus tôt :«25 ans réformé pour baullose(?) actuellement en traitement à Camaret Finistère. Sans fortune il travaille entre les périodes de dépression. Il est marié. Fort généreux et désintéressé de nature. Un excellent artiste à tous égards parfaitement recommandable. Ni arriviste, ni bluffeur.» Céline dresse ensuite un inventaire des ses travaux les plus emblématiques avant de conclure: «Tout ceci, fresques amples, dans le style Gauguin-Lautrec.» C'est à l'automne 1929 que Céline fait la connaissance d'Henri Mahé qui vit alors sur une péniche, la Malamoa, sur laquelle il reçoit une ribambelle d'amis chaque semaine. Le jeune peintre, de treize ans le cadet de Céline, connaît déjà à cette époque un franc succès. Fantaisiste, Mahé se spécialise dans la décoration des lieux de plaisir parisiens: maisons closes, boîtes de nuit et autres cabarets. «Au printemps 1933, son complice Henri Mahé, libéré par une réforme de ses obligations militaires, a abandonné sa péniche et quitté la région parisienne pour la Bretagne, plus précisément Camaret, où il fait construire un voilier l'Enez Glaz (l'Île bleue). De Paris, Céline s'emploie pour lui trouver des ressources, d'abord en le ventant auprès d'Abel Gance qui peut lui procurer des commandes de décor, puis en le recommandant auprès de plusieurs membres de l'entourage de Lucien Descaves, en vue d'un prix Blumenthal de décoration que Mahé obtiendra en effet en juillet 1934, et auprès de Denoël - qui déclinera - pour une édition illustrée du Voyage.» (Henri Godard, Céline) "Je viens de recevoir la visite ici d'un admirable ami et admirable peintre, Henri Mahé,français, breton et parisien. Il a un petit projet dont il voudrait vous faire part. Auriez-vous la bonté de le recevoir. Vous l'aimerez tout de suite, j'en suis persuadé. Un artiste et un coeur généreux - Pas de chance par exemple en ce moment ! - Pas tapeur ! Pas pleurnichard ! Aucune crainte - Alors il voudrait vous connaitre. Je lui ai dit de vous tout le bien, toute l'admirable qualité de votre amité. Faites-moi je vous prie ce vif plaisir. Bien amicales (...) LF Céline - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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[Copenhague, Menton, 1948-1949]. 1 vol. (270 x 330 mm) renfermant 4 documents montés sur papier vélin paille. Box souple gris souris avec deux pièces de titres de veau rouge et marron rivetés sur les plats, doublures en vachette et gardes de velours rouges, chemise titrée en long, étui (reliure signée de Nobuko Kiyomiya, 2008). Belle réunion de documents originaux sur la période danoise de Céline relatifs au départ des Destouches de l'atelier de ses premiers hôtes danois, le couple Jensen :
* Une lettre autographe signée (210 x 297 mm), recto-verso, sur le vergé jaune qu’employait Céline pendant l’exil, à l’encre bleue, écriture très lisible, datée Copenhague le 26 mai 1948 et signée « L.F. Destouches » : « Chers amis, Nous avons décidé de payer encore votre loyer jusqu’au 30 septembre soit ainsi 4 mois d’avance. Vous n’avez donc point à vous hâter de revenir […]. Cependant votre appartement est libre. Nous le quittons aujourd’hui » – lettre qui pose d’ailleurs un minuscule problème de chronologie, puisqu’il est communément admis que les Destouches s’installent à Korsör le 19 mai 1948 (voir Éric Mazet, « Repères chronologiques Avril-Mai 1948 », in Lettres à Antonio Zuloaga, p. 101). On sait par le témoignage d’Else Jensen que l’appartement fut rendu dans un parfait état de propreté et que Céline ne ménagea pas sa reconnaissance aux Jensen pour leur hospitalité. * Deux récépissés de demande de carte d’identité des époux Jensen, chacun comportant une photographie soit d’Else soit de Henning Jensen. * Une lettre d’Henning Jensen, destinée au consul général du Danemark, rédigée par et pour le compte d’Ercole Pirazzoli (le deuxième mari de la mère de Lucette Destouches, divorcée de Joseph Almansor). Le texte est une biographie hagiographique de « M. Pirazzoli commandeur de la couronne d’Italie, chevalier de la Légion d’Honneur, ancien industriel, secrétaire pendant plusieurs années de la délégation générale en France de la Croix-Rouge italienne, membre du conseil d’administration, pendant 22 ans, de la chambre de commerce italienne de Paris est une personnalité des plus honorables et des plus hautes qualités morales. Il n’a jamais fait de politique et tous ceux qui le connaissent aiment témoigner de sa grande bonté, de sa loyauté, de son honorabilité », qui a pour but de permettre l’obtention d’un visa pour permettre aux parents de Lucette de venir la visiter, elle et Céline, au Danemark. « Si nous avons pu obtenir, ma femme et moi, l’autorisation de séjourner en France, nous le devons à Monsieur et Madame Pirazzoli. » * une photographie originale en noir et blanc prise à Menton représentant les époux Jensen, les époux Pirazzoli et une amie non identifiée. Else Jensen et Henning Jensen étaient un couple d’artistes peintres et les premiers à les avoir, sur place, aidés. À l’époque de l’incarcération de Céline, Henning Jensen était également gardien de prison à la Vestre Faengsel, où il sympathisa avec Céline. Ce dernier avait vu débarquer la police danoise le 17 décembre 1945, sur une demande d’extradition de la France. Lucette, libérée au bout de quelques jours, doit trouver un logement de toute urgence. « Une possibilité de logement s’est présentée alors grâce à ce gardien de prison […] qui rêvait d’aller dans le Midi avec sa femme. Nous avons conclu un accord. Ma mère [Gabrielle Pirazzoli, dite Gaby] a mis à sa disposition une chambre à Menton en lui laissant un peu d’argent et lui m’a laissé pendant ce temps son logement, un atelier de peintre, une soupente au 8 Kronprincessegade » (Vitoux, La Vie de Céline, p. 614). Lucette y emménage en septembre. Céline, lui, ne sera libéré que le 24 juin 1947. Ils allaient y séjourner près de onze mois, jusqu’au 19 mai 1948, date à laquelle ils acceptent l’offre de leur avocat Mikkelsen qui se propose de les loger dans son domaine de Korsör. Très bel ensemble, rassemblé dans une création de Nobuko Kiyomya.
s. l. [Klarskovgaard] 17 novembre 1950 | 21 x 34 cm | 2 pages sur un feuillet
Lettre autographe signée des initiales de Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "568" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Début novembre 1950, Gaby Paul était venue rendre visite à Céline et Lucette àKlarskovgaard : "Oh, mille mercis à Mme Christensen pour son aimable repas, qui réchauffé, fit nos délices ! Et puis aussi gratitudes pour tout le soin qu'elle a pris de Mme Gen Paul !... Laquelle ne donne aucune nouvelle... Quelle vacherie encore ?... Comme c'est amusant ! Je crois qu'elle avait des projets "journalistiques" mais que mon attitude l'a désenchantée." Céline évoque également l'écrivain suédois Ernst Bendz, l'un des rares à prendre la défense de Céline aux côtés de Paraz :"Une lettre amusante de Bendz ! Bendz appartient vraiment à l'aristocratie des esprits ! La preuve ! La façon qu'il "m'estime"!!!" En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Belle lettre à Daragnès S.l.n.d. [Klarskovgaard près de Korsör, Danemark, 7 janvier 1949]. 6 p., à l'encre. Belle et importante lettre
« Mon vieux, voici le chapitre 2 (semi-brouillon) de Féérie (...) Il m'en faut couvrir environ 80 000 ainsi pour un roman de 600 pages. Ah si je pouvais passer ma ve à faire de la vaisselle comme je préférerais ! (...) Je lis les échos de presse sur mon compte véritablement effroyables. Ils sont effroyables en ce sens qu'ils démontrent que la France n'existe plus. Tout au contraire. Que Guignols est venu. La presse collaboratrice n'en a même pas parlé. Je n'ai eu qu'un éreintement de De Lesdain, agent lui chevronné de la Gestapo dans un hebdomadaire où il me reprochait avec violence de m'occuper de collaborateurs du passé au lieu de choisir des sujets de romans dans les atrocités terroristes et les horreurs du maquis...». Céline, après 18 mois dans les prisons danoises, s'est réfugié sur les bords de la mer baltique, chez son avocat Thorvald Mikkelsen. Il reprend Féerie et ce qui deviendra Foudres et flèches, et entretient une correspondance très abondante et quelques proches lui rendent visite : Pierre Monnier, Daragnès, Henri Mahé... De Jacques de Lesdain, cité dans cette lettre, on connaît essentiellement son activité sous l'Occupation, notamment à L'Illustration, où son titre de « Rédacteur politique » apparaît à la une de l'hebdomadaire, entre octobre 1940 et août 1944. Durant ces quatre années, il distille sa pensée en louant les « bienfaits » de la collaboration dans une « Europe nouvelle ». Peu avant la Libération, il quitte Paris pour un hôtel de Sigmaringen et, selon André Brissaud « se lamentait sur le sort de ses quatorze malles » perdues pendant la fuite. Il restera dans la ville dominée par le château des Hohenzollern jusqu'au 23 avril 1945. Huit mois durant lesquels il va poursuivre ses activités collaborationnistes, malgré les haines décuplées depuis la défaite. Louis-Ferdinand Céline - promu médecin de la communauté française d'outre-Rhin - parle encore de Jacques de Lesdain dans une lettre à Charles Deshayes datée du 24 août 1948 : « il est arrivé à Baden-Baden avec 400 kilos de bagages. Il a occupé un appartement à l'hôtel Bären de Sigmaringen, furieux d'ailleurs de ne pouvoir résider au château. Sa femme allemande se livrait, ajoute-t-il, à un marché noir fort actif ». Céline évoque aussi un « personnage absolument immonde, une crapule infinie, un vieux fonctionnaire saint prussien. Jamais, ajoute-t-il, je n'ai vu ni approché d'un aussi effréné propagandiste pro-boche ». Une telle acrimonie de Céline à l'égard du journaliste trouve une partie de son explication dans la rancune tenace que Céline nourrit à l'encontre de Jacques de Lesdain, depuis la parution de Guignol's band en 1944, qu'il explique ici à Daragnès : « Je n'ai eu qu'un éreintement de De Lesdain, agent lui chevronné de la Gestapo dans un hebdomadaire qu'il rédigeait (...) où il me reprochait « avec violence » de m'occuper de « calembredaines du passé » au lieu de choisir mes sujets de romans ». Dans le corps de sa critique, publiée dans Aspects le 2 juin 1944, de Lesdain avait notamment écrit à propos de Céline : « Il est heureux qu'il soit inimitable », déplorant « quelques centaines de pages bourrées de descriptions grossières, inlassablement répétées sans que se fassent jour des revendications en concordance avec les angoisses que nous subissons ». L'amitié du graveur Jean-Gabriel Daragnès (1886-1950) et de Céline ne fut pas immédiate. Pendant l'Occupation, Daragnès se méfie de la «bande à Gen Paul», mais Céline soigne sa mère «jusqu'à la dernière minute» (mars 1941) et Daragnès n'oubliera jamais son dévouement.
Korsør (Danemark) 12 Novembre (1949) | 21 x 34 cm | deux pages sur un feuillet
Lettre autographe signée de Louis-Ferdinand Céline à Charles Deshayes datée du 12 novembre [1949] et rédigée depuis son exil danois de Korsor. Lettre de deux pages, de 25 lignes à l'encre bleue, enveloppe jointe. Traces de pliures centrales inhérentes à la mise sous pli. Charles Deshayes était un jeune journaliste lyonnais qui s'était proposé de prendre la défense de Céline. Il se lia rapidement d'amitié avec l'écrivain, alors abandonné de tous. Leur précieuse correspondance est riche d'informations sur les péripéties céliniennes d'après-guerre et son propre regard sur les années passées. Louis-Ferdinand Céline débute sa lettre en proie aux doutes et aux avanies: «C'est un coup bien moche. Que tenter? Moi-même je n'arrive plus à m'éviter nulle part. J'ai des plaintes en contrefaçon au cul. C'est tout. Tous ces gens ont peur au fond. Ils ne l'avoueront jamais. Qu'espérer?» Tandis que Deshayes qui uvre activement à la réhabilitation de l'écrivain lui soumet son mémoire en défense, Céline lui promet «(très peut-être) un possible (?) éditeur Valby» et des contacts parisiens: «J'écris à ce sujet à mon bon ami le DrBecart.» Mais ce n'est que pour adoucir sa véritable intervention que l'écrivain très directif et cinglant glisse en fin de lettre: «J'ai changé votre titre. Par l'amour de Dieu laissez la nuit tranquille! Et surtout le bout! C'est un cauchemar.» Avec une formidable, mais coutumière, indécence, il lui impose un autre titre violemment provocateur: «L'Affaire Céline me paraît le meilleur comme l'Affaire Dreyfus.» Céline changera finalement d'avis tandis que, ironie de l'Histoire, sous le titre L'Affaire Céline, l'histoire d'un cadavre, le Comité d'action de la Résistance publiera en 1952 les documents à charge contre le sulfureux écrivain. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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s. l. [Klarskovgaard] 22 octobre 1950 | 21 x 34 cm | 2 pages sur un feuillet
Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat, Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "582" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Belle lettre évoquant Marcel Aymé : "Nous dirons si vous le voulez bien en simple et bon français que Marcel Aymé a :de la pénétration.[...] Et si Marcel a de la pénétrationmoi j'ai de la vision."Nous ne reviendrons pas sur l'amitié qui unit Céline et Aymé - ce dernier lui rendit même visite àKlarskovgaard en mars 1951 - mais nous nous contenterons de citer un passage du texte que l'écrivain montmartrois rédigea en l'hommage de son sulfureux ami : "Je l'ai connu il y a vingt-cinq ans, avant la guerre alors qu'il était partout célébré, admiré - mais rarement compris - et après son retour du Danemark, pendant les neuf années de souffrances qui l'acheminaient vers la mort. Avant comme après la tourmente, sa conversation faisait apparaître l'idéaliste dont les sarcasmes dénonçaient les cent mille misères d'une humanité cruelle, vaniteuse, boulimique, acharnée à sa propre perte. " Avant ", ses réquisitoires contre les folies meurtrières et suicidaires de l'homme, contre les injustices et les traquenards de la société, avaient la force joyeuse d'un lutteur, fusant avec une inépuisable invention verbale qui émerveillait ses auditeurs." (Ecrits sur la politique 1933-1967) Céline parle également dans cette lettre d'Albert Naud (son avocat entre 1947 et 1951) qui "se promène au Canada" et "va se retenir une Thénardière sur le St Laurent". S'en suit une considération toute célinienne : "Je crois aussi que la prochaine et ultime Capitale de la France sera Montréal."L'exilé danois fantasme ensuite sur un gouvernement mondial à mettre en place : "Et [René] Meyer (sic) ministre de la Justice, toujours, bien entendu ! là-bas ! Vous serez alors vous même ministre de la Guerre au Danemark (en retraite)." En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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s. l. [Klarskovgaard] 22 novembre 1950 | 21 x 34 cm | 2 pages sur un feuillet
Lettre autographe de Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "569" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. "La prescription de notre admirable Bourdemer sera suivie à la lettre. On va se bourrer de vitamines de telle façon qu'on va rajeunir de 20 ans, au moins !" Céline avait fait la connaissance de cet "admirable" médecin français à Copenhague, par l'entremise de son avocat. Cette lettre évoque également l'épouse du peintre Gen Paul :"Nous avons reçu aussi une lettre très gentille et très affectueuse de Mme jeune Gen Paul. Le mystère demeure donc entier...malgré tout quand même, je pense à une petite "mission de renseignement"... Aucune importance d'ailleurs ! Tant mieux même !"Début novembre 1950, Gaby Paul était venue rendre visite à Céline et Lucette àKlarskovgaard. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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s. l. [Klarskovgaard] 17 novembre 1950 | 21 x 34 cm | 1 page sur un feuillet
Lettre autographe signée du paraphe de Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat Maître Thorvald Mikkelsen. Une page rédigée à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "566" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Début novembre 1950, Gaby Paul était venue rendre visite à Céline et Lucette àKlarskovgaard : "Mme Gen Paul a repris la route de Montmartre toute ravie de votre accueil ! A moi de vous remercier chaleureusement car enfin j'espère que votre généreuse réception me sera comptée "à indulgence"..."Par son entremise, Céline a visiblement reçu des nouvelles de ses anciens compagnons montmartrois : "Je ne sais pas quels crimes j'ai commis mais pour ces fourbes canailles du 18eme Arrt. ma légende de bistrot en bistrot est devenue un Super Niebelung d'horreurs ! C'est rigolo. Au point qu'aucun n'ose me venir voir ici !" En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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