Manuscrit autographe complet d'un texte capital S.l., 1916. 1 vol. (230 x 275 mm) de 226 f. dont 210 ch., 16 n. ch (chapitres + table des matières) et 2 f. bl. Chagrin marron, dos à nerfs orné, fleuron au centre des caissons, filets dorés sur les plats, roulette intérieure, tranches dorées. Manuscrit autographe complet. Il comporte d'abondantes corrections, avec plusieurs passages inédits. Signé et daté du « 4 mai 1916 » par son auteur, c'est une pièce unique directement liée à la parution du roman en feuilleton dans la Revue des Deux Mondes (à partir d’août 1916), puis en volume (octobre 1916). Deux mois plus tard, il sera couronné par le prix Goncourt 1914, exceptionnellement attribué en décembre 1916, face au Sous Verdun de Maurice Genevoix.
Né le 4 août 1888 à Nyons (Drôme), élève de l'École alsacienne puis du lycée Louis-le-Grand, admis à l'École normale supérieure deux ans avant que Maurice Genevoix n'y soit reçu, Adrien Bertrand se lance très tôt dans le journalisme (Gil Blas, Le Siècle, L'Homme libre de Clemenceau, etc.). Antimilitariste de tempérament mais sans faiblesse au moment d'agir, il rejoint en août 1914 le 2ᵉ régiment de dragons. Le 7 septembre, une audacieuse reconnaissance « vers Clairefontaine et Héméril » lui vaut citation et promotion au feu : « Le Général est heureux de signaler à la Division la très audacieuse et très fructueuse reconnaissance exécutée le 7 septembre [...] sous les ordres du Maréchal des logis Bertrand (Adrien) du 2ᵉ régiment de dragons. [...] Le Maréchal des logis Bertrand est nommé sous-lieutenant » (Croix de guerre, étoile d'argent). Roland Dorgelès fixera, dans l'Anthologie des écrivains morts à la guerre, la légende : reconnaissances téméraires, un groupe d'Allemands surpris, six ennemis tués dont un capitaine, et ces trophées rapportés - casque et sabre « à la poignée enrichie de pierreries ». Aux derniers jours d'octobre 1914, près d'Hénaménil (Lorraine), un éclat d'obus le frappe à la poitrine ; la blessure s'infecte, une tuberculose pulmonaire s'installe. De sanatorium en hôpital, il écrit couché, au crayon, « se sachant perdu » mais décidé à laisser une oeuvre : La Victoire de Lorraine, des vers, des contes, puis L'Appel du sol. Roman d'une guerre de mouvement saisi au ras du sol, le récit suit Vaissette, sergent promu officier, jusqu'à sa mort sur la ligne, au sein d'un groupe de chasseurs alpins luttant en Lorraine et dans la Marne contre la percée allemande. Chaque épisode y est marqué par la mort et l'esprit de sacrifice, sans emphase ni rhétorique de l'arrière. L'ouvrage, dédié à son frère Georges Bertrand (Saint-Cyr 1911, promotion Moskowa ; plusieurs fois blessé, oeil gauche perdu ; cinq citations ; carrière poursuivie comme instructeur puis attaché militaire à Washington, finissant colonel), paraît en feuilleton dans la Revue des Deux Mondes dès août 1916, puis en volume en novembre. La double délibération de décembre permet de le consacrer du prix Goncourt 1914, lequel n'avait pas été décerné. Rappelons le contexte : la guerre déroute l'Académie Goncourt qui, réunie pour la première fois au restaurant Drouant le 31 octobre 1914 (on déjeunait jusque-là au Café de Paris, avenue de l'Opéra), publie le 19 décembre 1914 le communiqué suivant : « L'Académie Goncourt ne pouvant, sans infraction à ses statuts, affecter à une oeuvre de secours, nationale ou particulière aux Lettres, le montant de son prix annuel a décidé de ne point le décerner en 1914. Elle a considéré d'autre part l'injustice qu'il y aurait à ne se prononcer que sur les ouvrages publiés jusqu'au mois d'août, beaucoup de volumes annoncés et prêts à paraître étant restés chez l'imprimeur, par suite de la mobilisation des auteurs et des éditeurs. Mais ce qui est différé n'est pas perdu et le prix Goncourt réservé ne se confondra pas avec celui de l'année prochaine. Il en sera donné deux en 1915. » En réalité, un seul prix sera décerné en 1915 (à René Benjamin pour Gaspard), et le rattrapage n'interviendra donc qu'en décembre 1916 : Henri Barbusse obtient le Goncourt de l'année pour Le Feu (huit voix contre deux) et Adrien Bertrand reçoit le Goncourt réservé de 1914 pour L'Appel du sol (neuf voix contre une), Octave Mirbeau apportant sa voix au Sous Verdun de Maurice Genevoix : « le favori d'avril s'était fait doubler par une étoile filante et un mourant », résumera Jean-Yves Le Naour. Jean Norton Cru, dans Témoins, salue les dons littéraires remarquables d'Adrien Bertrand, et range le livre « parmi les meilleures oeuvres » du genre et compte la mort à vingt-neuf ans d'Adrien Bertrand parmi « les pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre » ; André Billy louera ce « très noble et très fier ouvrage » dont les pages descriptives sont « parmi les plus poignantes que les combattants aient produites ». Malgré l'ombre portée du Feu et la montée rapide de la renommée de Genevoix, L'Appel du sol garde une place capitale dans la littérature de 14-18, que la critique redécouvre périodiquement. La vie foudroyée d'Adrien Bertrand ajoute à l'aura de ce manuscrit. Réformé en mars 1917, il meurt à Grasse le 18 novembre 1917. Sa veuve, Suzanne Périn, a magnifiquement prolongé sa mémoire en dotant l'Académie Goncourt d'un capital destiné à récompenser des poètes pour l'ensemble de leur oeuvre : la Bourse Goncourt | Adrien Bertrand. Le Goncourt de la poésie, créée en 1985, a ainsi distingué des auteurs comme Yves Bonnefoy, Andrée Chedid, Philippe Jaccottet et Christian Bobin. Un seul auteur à l'honneur d'avoir été primé des deux Goncourt - roman et poésie : Jacques Chessex (1973 et 2004). Pièce-pivot pour une collection Goncourt ou un ensemble consacré aux écrivains combattants, ce manuscrit résume et justifie les circonstances hors norme du prix Goncourt 1914, d'abord réservé puis attribué deux ans plus tard : la volonté d'écrire contre la mort, la volonté d'honorer les combattants, et la naissance d'un livre que Dorgelès tenait pour un « magnifique témoignage de soldat ». Une tache d'encre noire touche la partie haute du second plat ainsi que la tranche supérieure, sans atteinte au texte. Jean Norton Cru, Témoins, p. 88-90 et 578-580 ; Anthologie des écrivains morts à la guerre, I, 72 ; Talvart, I, 419 ; Feuilleton de la Revue des Deux Mondes (août 1916) ; Jean-Yves Le Naour, La Gloire et l'Oubli. Maurice Genevoix et Henri Barbusse, Michalon, 2020.
La plus grande île de sable du monde. Tirage unique et princeps de La Terre vue du ciel [Paris, pour l'auteur, 2000]. 1 tirage en couleurs sur agfa blanc brillant, monté sur carton fort (200 x 100 cm) Exceptionnel et unique tirage original grand format : celui accroché aux grilles du jardin du Luxembourg pendant l'exposition princeps La terre vue du ciel, de mai à décembre 2000. C'est l'une des 118 photographies données à voir aux visiteurs, conservé sur son support d'origine.
L'idée du livre fut émise lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, lorsque Yann Arthus-Bertrand décide de lancer un grand projet photographique sur l'état du monde et de ses habitants. Il hypothèque sa maison et se lance dans un survol de la planète en hélicoptère - quatre-vingts pays au compteur, sur les cinq continents - pendant lequel il prend des milliers de photographies. Six ans de labeur, de choix, de tri, pour un résultat spectaculaire et un succès éditorial de premier ordre, alors que le risque est important : « les esprits s'échauffent dans les couloirs de la maison d'édition de La Martinière quant au sort de ce « monstre » grand format (37 cm sur 29), qui pèse 3,5 kg, compte 426 pages, essentiellement des photos en double page, et bénéficie d'un choix de papier et d'un souci de gravure et d'impression exceptionnels. Le pari est risqué. À quel prix mettre en vente les 35 000 premiers exemplaires imprimés - tirage déjà considérable pour un beau livre? Contre les préconisations de l'éditeur, Arthus-Bertrand défend un prix à moins de 300 F et finit par obtenir satisfaction. Le livre est mis en vente à l'approche des fêtes, rapidement encensé par Bernard Pivot dans son émission littéraire, et c'est la ruée : le premier tirage est épuisé en quelques semaines. Dès lors, la maison d'édition ne cessera de répondre aux libraires affolés d'être en rupture de stock, les imprimeries ne tournant pas assez vite pour fabriquer un objet complexe, agrémenté notamment de nombreux rabats. La Terre vue du ciel est en passe de devenir le livre de photos le plus vendu de l'histoire. Je n'ai jamais vu ça, commente Hervé de La Martinière. C'est hallucinant. Les rotatives ne cessent de tourner et nous n'arrivons pas à suivre la demande. » ! L'édition originale est publiée au sortir de l'été 1999 : le volume bouscule les usages du « beau livre » et reçoit un écho immédiat qui fait exploser les compteurs : 500 000 exemplaires à l'été 2000, 800 000 à l'automne, l'ensemble des coéditions étrangères conduisant rapidement vers le million. Un succès éditorial d'une ampleur inédite, amplifié grâce à l'idée et au rôle décisif de Robert Delpire, qui conçoit avec Arthus-Bertrand une exposition XXL conçue comme un « spectacle visuel » : à partir du 2 mai 2000, seront exposées, gratuitement, 118 images en très grand format, alignées le long de la rue de Médicis, des deux côtés des grilles du jardin du Luxembourg. «Les photos ne sont pas seulement dans le musée mais dans les jardins et dans la rue, fixées sur les grilles du palais du Luxembourg. Certains y passent des heures, d'autres reviennent plusieurs fois ; dans la foule, on voit des ados en rollers, des couples en goguette, des parents avec leurs enfants à la main. Ils se sont passé le mot en province, même les étrangers accourent, et bien sûr tous les professionnels de l'image. Ils se mettent à bonne distance des photos, à quelques mètres face aux grilles, histoire d'embrasser la vue d'ensemble, se rapprochent pour mieux observer un détail, lire les légendes, se reculent à nouveau de quelques pas... L'expo est encore plus saisissante et tout aussi fréquentée le soir, quand elle est éclairée et que la magie de la Terre éclate sur chacune des cent dix-huit photos, dans une présentation proche de l'affiche publicitaire alignées sur les grilles du jardin du Luxembourg, le long de la rue de Médicis. Jamais une exposition photographique n'avait provoqué un tel afflux de visiteurs émerveillés, rencontré une adhésion aussi enthousiaste d'un public tous âges confondus et fait l'objet d'autant de commentaires dithyrambiques. » (Le Monde, 20 mai 2000). Devant l'immense succès, l'exposition sera par deux fois prolongée jusqu'au dernier jour de l'année 2000 : au total, plus de trois millions de visiteurs s'y presseront. Proposée par l'auteur, quelques jours avant la fin de l'exposition - le 21 décembre 2000 -, la vente aux enchères des panneaux exposés au Luxembourg rapportera 2,3 millions de francs, versés au profit de Reporters sans frontières et de la fondation Daniel Balavoine. Ce panneau original sera décroché quelques jours plus tard. C'est celui intitulé Dune de sable au coeur de la végétation sur l'île Fraser : «Au large des côtes australiennes du Queensland, l'île Fraser porte le nom d'une femme qui y trouva refuge en 1836 après le naufrage du navire sur lequel elle se trouvait. Avec 120 km de long sur 15 km de large, elle est la plus grande île de sable du monde. Curieusement, sur ce substrat peu fertile s'est développée une forêt tropicale humide au milieu de laquelle s'insinuent de larges dunes progressant au gré du vent. L'île Fraser dispose d'importantes ressources hydriques, avec près de 200 lacs d'eau douce, et abrite une faune variée de marsupiaux, d'oiseaux et de reptiles. Exploitée dès 1860 pour son bois, notamment utilisé pour la construction du canal de Suez, l'île fut ensuite convoitée par des compagnies sablières dans les années 1970 ; c'est aujourd'hui une zone protégée, inscrite depuis 1992 sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco ». La photographie est reproduite sur la double-page 200-201. Son décrochage, en compagnie de Yann Arthus-Bertrand, généra pour son heureux propriétaire un problème logistique : la Fiat Uno qu'il possédait à l'époque était bien trop petite pour un tel format, lequel fut transporté, solidement arrimé sur une galerie de toit prêtée par un ami. La livraison, véhiculée, sera possible exclusivement pour la France et l'Europe continentale. Seul impératif pour vous ensuite : un peu de place dans votre salon, mais effet garanti ! Le panneau est bien complet des textes et légendes, imprimés sur carton glacé, qui figuraient sous l'image, ainsi que de sa plaque dorée livrée lors de sa mise en vente certifiant sa provenance. Le certificat d'authenticité, au verso, a également été conservé. L'exposition deviendra par la suite itinérante, présentée, dans de nouveaux tirages grands formats (mais plus petits) au Japon, en Belgique, en Suisse, en Italie, Aux Etats-Unis, en Espagne, en Allemagne, au Mexique, en Turquie, au Danemark (2001), au Venezuela, en Russie, en Hongrie, en Suède, en Norvège, en Pologne, au Liban (2002), au Sénégal, en Islande, à Singapour, au Chili (2003), à Taiwan, en Arabie Saoudite, aux Pays-Bas, Au Royaume-Uni, au Quatar, en Argentine, au Portugal, en Corée du sud, en Autriche (2004), en Afghanistan, en République Dominicaine, en Slovénie, en Finlande, à Chypre, au Tadjikistan, en Arménie, à Singapoure (2005), en Nouvelle-Zélande, en République Tchèque, en Australie (2006), en Uruguay, à Puerto-Rico, en Serbie (2007), au Pérou, en Thaïlande, au Kirgkistan (2008), au Maroc, en Syrie, en Inde (2009), à Maurice, à Hong-Kong, au Bangladesh (2010), puis au Brésil (2012).
Paris, Ernest Leroux, 1889, in-8, [2]-XXXII-464 pp, 10 pl, Demi-chagrin noir de l'époque, dos à faux nerfs, Seconde édition de ce manuel d'Alexandre Louis Joseph Bertrand (1820-1902), fondateur du Musée des antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye. L'ouvrage a paru pour la première fois en 1876. Les deux éditions se trouvent rarement dans le commerce. Douze planches sur dix feuillets (les planches VII-VIII et IX-X sont assemblées sur les mêmes feuilles), dont deux cartes en couleurs : l'une indique la distribution des dolmens et allées couvertes en France. Précieux exemplaire ayant appartenu au dédicataire de l'ouvrage, le mathématicien Joseph Bertrand (1822-1900), frère de l'auteur, avec un envoi autographe signé de ce dernier sur le faux-titre. L'auteur était le fils du médecin Alexandre Bertrand (1795-1831). Il fut membre et secrétaire de la Commission de topographie des Gaules, mise en place par Napoléon III; à partir de 1861, il conduisit les fouilles du site d'Alésia à Alise-Sainte-Reine avec Félicien de Saulcy et le général Casimir Creuly. En 1865, il est nommé membre de la Commission d'organisation du musée des Antiquités celtiques et gallo-romaines fondé par Napoléon III par décret du 8 mars 1862 : il est nommé conservateur en 1867 et le restera pendant 35 ans. Épidermures et rousseurs éparses. Sinon, bon exemplaire. Couverture rigide
Bon [2]-XXXII-464 pp., 10 pl.
Paris, Richard, an X-1801, in-8, portrait, 448pp, basane fauve racinée, dos lisse orné (reliure de l'époque), Portrait de l'auteur gravé par Benoist d'après Cossard. Cet ouvrage connut deux éditions antérieures intitulées "Tableau historique et moral des principaux objets en cire, etc.", en 1798 (100pp.) et 1800 (391pp.). La troisième édition, que nous présentons ici, est donc considérablement augmentée. Le docteur Bertrand créa son muséum de cires en 1775, après avoir été un candidat malheureux au poste de céroplasticien au Museum d'histoire naturelle et à l'École de médecine. Il exposa sa collection à Paris, pendant plusieurs années. Elle était très célèbre au début du XIX° siècle, et comptait plus de trois cents pièces d'anatomie, de physiologie et de pathologie. En 1813, la Société de médecine de Marseille en fit l'acquisition. Bertrand-Vidal exposait trois classes d'objets: des cires de physiologie anatomique, d'autres de pathologie et enfin celles de zootomie et d'histoire naturelle. Il exposait dans un but essentiellement moral et s'inscrivit, à la suite de Tissot, dans le courant de lutte contre l'onanisme. Il alla plus loin, en figurant par des modèles de cires les méfaits de la masturbation, voulant "inspirer l'horreur aux jeunes gens avec plus d'efficacité (..) car les yeux frappent mieux que les autres sens" (p.309). Cet objectif dissuasif aurait "converti" un certains nombre de jeunes gens, comme en témoignent quelques contemporains, dont le docteur Doussin-Dubreuil, auteur de "Lettres sur les dangers de l'onanisme" (Paris, 1806). Un coin usé, éraflures sur les plats, mais néanmoins bel exemplaire Couverture rigide
Bon portrait, 448pp.
Exemplaire de tête avec trois tirages originaux signés Paris, La Martinière, 2007. 1 vol. (695 x 470 mm). Reliure, coffret et lutrin en bois de l'éditeur, avec titre estampé sur le premier plat. Édition en partie originale avec 115 reproductions photographiques, dont une trentaine sont inédites. Un des 50 premiers exemplaires, les seuls à contenir 3 photographies originales (40 x 60 cm) signées (n° VIII).
Exemplaire à l'état neuf, parfaitement conservé dans sa condition de parution avec son coffret et lutrin d'origine. Pour fêter les quinze ans des éditions de La Martinière, Yann Arthus-Bertrand signe ici un livre hors du commun en rééditant un choix parmi les photographies de La Terre vue du ciel : 115 clichés (dont une trentaine sont inédites) sont ainsi présentés sur une seule page, sans coupure, et pour la première fois visibles dans leur intégralité. Un lutrin de présentation en bois poncé permet de les découvrir «vues d'en haut». La Terre vue du ciel, le livre culte de Yann-Arthus Bertrand, a rencontré, à sa parution en 1999, un immense succès avec plus de 4 millions d'exemplaires vendus, distribués en vingt-quatre langues, avec des expositions itinérantes au quatre coins de la planète. Il s'agit du livre illustré le plus vendu de l'histoire, un livre pour lequel il avait hypothéqué sa maison, reconnaissant ensuite que ce succès avait changé sa vie - et celle de son éditeur. Etat de neuf.
Paris et Leipzig, Bossange Frères, 1824-1825, in-8, 2 vol. : VII-[1]-517 pp, 1 pl. dépl.; [4]-568 pp, 1 pl. dépl, Demi-basane noire, dos à faux nerfs ornés de roulettes, Édition originale. Cet ouvrage d'Alexandre Bertrand (1795-1831), destiné au grand public, se compose de 158 lettres sur les généralités de la physique, le mouvement, la pesanteur, l'affinité, la chaleur, l'élasticité et la dureté, l'eau, l'air, la météorologie, le son, la lumière et l'électricité. Alexandre Bertrand était médecin, physicien et naturaliste. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique ? en particulier les Lettres sur les révolutions du globe, qui ont été maintes fois rééditées. Il s'est intéressé de près au magnétisme animal et il publia sur ce sujet deux ouvrages importants, en 1823 et 1826. Ex-libris manuscrits anciens. Reliures usées, coiffes arrachées. Larges auréoles claires, quelques feuillets salis. Couverture rigide
Bon 2 vol. : VII-[1]-517 pp., 1
Avignon, Louis Chambeau, 1766, in-4, [8]-552 pp, Veau marbré de l'époque, dos à nerfs et fleuronné, pièce de titre grenat, tranches rouges, Première édition collective de ce recueil principalement consacré à la géologie, dû au naturaliste suisse Elie Bertrand (1713-1797), dédié au roi de Pologne Stanislas Auguste, dont Bertrand était membre du conseil privé. L'ouvrage se compose de neufs traités qui parurent séparément et qui sont ici revus et corrigés par l'auteur : de fait, c'est l'un des recueils les plus complet et les plus exacts sur le sujet. Il contient notamment les Mémoires sur la structure intérieure de la terre (publié initialement à Zurich en 1752), les Mémoires historiques et physiques sur les tremblements de terre (La Haye, 1757) ainsi qu'un mémoire sur les tremblements de terre et une minéralogie du Canton de Berne. Un bandeau gravé sur bois par Orcat, répété en tête de chaque partie. Frottements sur les plats, coiffe supérieure arasée, coins émoussés; sinon, bon exemplaire. Couverture rigide
Bon [8]-552 pp.
Avignon, Louis Chambeau, 1766, in-4, (4 ff.), 552 pp, Veau marbré de l'époque, dos à nerfs ornés de motifs floraux dorés, tranches rouges, Première édition collective de ce recueil principalement consacré à la géologie, dû au naturaliste suisse Elie Bertrand (1713-1797), dédié au roi de Pologne Stanislas Auguste, dont Bertrand était membre du conseil privé. Composé de 9 neufs traités qui parurent séparément, et qui sont ici revus et corrigés par l'auteur, cet ouvrage est de fait plus complet et plus exact. Cet ouvrage contient notamment les "Mémoires sur la structure intérieure de la terre" (Heidegguer, Zurich, 1752) et les "Mémoires historiques et physiques sur les tremblements de terre" (Pierre Gosse junior, La Haye, 1757) ainsi qu'un mémoire sur les tremblements de terre et une minéralogie du Canton de Berne. Illustré de bandeaux gravés sur bois par Orcat, répétés à chaque partie. De la bibliothèque du malacologue Ernest Bucaille, avec étiquette ex-libris. Coins et mors émoussés. Intérieur frais, exceptés les 4 derniers feuillets légèrement brunis. Couverture rigide
Bon (4 ff.), 552 pp.
Paris, Gauthier-Villars, 1904, in-8, (4), 109, (3)pp, demi-chagrin noir. (Rel. mod.), Thèse pour le doctorat ès sciences. Gabriel Bertrand (1867-1962) rejoignit Duclaux à l'Institut Pasteur en qualité de chef au laboratoire de biochimie. Dans la thèse présentée ici, dédiée à la mémoire d'Emile Duclaux, Bertrand démontre que le sorbitol (D-sorbitol), en présence d'un microbe, le bacterium xylinum, se transforme en sorbose (L-sorbose). Ses travaux sur les enzymes et les oligo-éléments sont de la plus grande importance, tout comme ses recherches sur les venins des serpents qui aboutiront à la vaccination antivenimeuse. Cachets gras d'un ancien laboratoire de chimie Couverture rigide
Bon (4), 109, (3)pp.
Paris, J.B. Baillière, 1857, in-8, XI-416 pp, Demi-chagrin brun moderne, ex-libris doré en queue du dos [M. C.], couvertures conservées, Édition originale. L'auteur, l'aliéniste français Louis Bertrand, considère que la prévention religieuse peut prévenir le suicide ; l'ouvrage ouvre sur une lettre du cardinal Gousset, archevêque de Reims et spécialiste de théologie morale. À cet égard, Bertrand développe un ample programme dans lequel il se montre favorable à la privation de cérémonie funèbre et à la formation d'un tribunal cantonal, composé de médecins et de prêtres, qui pourrait être chargé de déterminer l'imputabilité du suicide. Étiquette ex-libris au diable moqueur de Nicole Hebecourt. Ex-libris de Michel Collée doré en pied du dos. Nombreuses rousseurs; néanmoins, bel exemplaire, non coupé. Dos insolé. Couverture rigide
Bon XI-416 pp.
[Paris], 1er juin 1778, in-4, 1 page [170 x 2180 mm] pliée en deux, Encre brune sur papier vergé, Exceptionnelle note de frais rédigée par l'embaumeur de VOLTAIRE, le chirurgien Bertrand TRY, pour le travail effectué sur la dépouille du chevalier Le Mairat (ou Lemairat) : le document est daté du 1er juin 1778, soit du lendemain même de l'opération effectuée sur le corps de l'illustre défunt (31 mai 1778). Ce rarissime document original sur la pratique de l'embaumement à Paris au XVIIIe siècle faisait partie de la collection du Dr B. Hélot, qui l'a publié en 1910. Lemairat fut embaumé à Paris, rue de Courcelles, Faubourg Saint-Honoré : cette facture pour la prise en charge de son cadavre s'élève 288 livres, soit 240 pour l'ouverture et l'embaumement, 24 pour un certain docteur Douglée, qui a présidé à l'ouverture, et 24 pour l'élève chirurgien (sans doute un certain Burard) qui, contrairement à la pratique habituelle, n'a pas emporté le linge en récompense de son travail. À la fin de la page, trois lignes manuscrites signées Legendre Comte d'Onsenbray prient M. Chavet de "bien payer le mémoire cy dessus". Bertrand Try, né à Pau et établi à Paris, fut reçu maître chirurgien de Paris en 1752. En 1778, il était conseiller du Comité perpétuel de l'Académie royale de chirurgie et demeurait rue du Bac à Paris. Il n'était pas seulement un embaumeur réputé, mais également un chirurgien estimé, qui avait déjà tenté de soulager la strangurie de son célèbre patient, Voltaire, avant se charger de sa dépouille. Try était assisté dans sa pratique d'embaumeur par Pierre-François MITOUART, premier apothicaire du roi (1733-1786), qui se chargeait de la préparation des poudres de plantes aromatiques ; nous savons, sur la foi d'un document publié en 1910, que Mitouard avait fourni pour l'embaument de Lemairat dix livres de poudres, quatre bouteilles d'eau-de-vie de lavande et une bouteille de vinaigre des quatre voleurs (cf. Hélot). Comme le voulait l'usage, Try était également assisté de son premier garçon chirurgien, dont le nom, BURARD, nous a été transmis grâce aux documents relatifs à l'embaument de Voltaire (cf. Dorveaux). La technique d'ouverture et d'embaumement employée par Try était celle qui était pratiquée tout au long du XVIIIe siècle et que le chirurgien Dionis a décrit dans son célèbre Cours*. ON JOINT : une missive de Le Mairat d'Onsenbray ou (Ons en Bray), frère du défunt, datée du 15 septembre 1779, indiquant qu'il consent à verser une somme de mille livres au chirurgien Priva. RÉFÉRENCES : Dorveaux Paul. Le Cervelet de Voltaire et les Mitouart. Bulletin de la Société d'histoire de la pharmacie, 12? année, n°44, 1924. pp. 409-421. Hélot, Notes d'un embaumement en 1778. La France médicale, 1910, pp. 265-266. * Dionis, Cours d'opération et de chirurgie (1ere édition 1707) : l'opérateur commence par ouvrir la tête, puis la poitrine et enfin le ventre, à l'aide du scalpel, du bistouri et de l'élévatoire. Cerveau, cervelet et viscères sont examinés avant l'embaumement. Cette opération fait intervenir le plombier, qui fournit le cercueil et les barils de plomb destinés à contenir les entrailles et le coeur ; le chirurgien, assisté de son garçon chirurgien ; et l'apothicaire, chargé de la préparation des poudres de plantes aromatiques et du liniment. Les organes sont disposés dans un baril en couches, alternant poudres et viscères, puis le couvercle est soudé ; le coeur est mis dans de l'esprit de vin et embaumé séparément ; le corps est lavé, rempli d'étoupes et de poudres, emmailloté, placé dans le linceul puis dans le cercueil de plomb. Couverture rigide
Bon 1 page [170 x 2180 mm] pliée
Paris, G. Delluc, 1955. In-4 en ff. libres sous couverture à rabats et chemise à lacets.
Texte inédit de Mac Orlan illustré de 15 aquarelles originales de Max Bertrand. Tirage limité à 1550 exemplaires numérotés sur vergé Chesterfield, réservés aux Amis de la Société anonyme de gérance et d'armement et de la Compagnie des bateaux à vapeur du Nord. * Voir photographie(s) / See picture(s). * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
. "Berger-Levrault ""Berger-Levrault """"Paris, 1927, petit in-4 broché, couverture rempliée, 5ff.-VII-122pp.-3ff. Bandeaux, culs-de-lampe, titre gravé et huit planches hors-texte gravées sur bois par Louis Jou. Tirage à 400 ex., celui-ci un des 330 sur papier des manufactures d'Arches. Petites usures aux coiffes sinon très bon exemplaire. Carteret V-30 """"""""Edition estimée"""""""" """""""
La Haye, Pierre Gosse, 1757, in-8, (1), II, 326, (2)pp, pleine basane de l'époque, dos lisse orné et portant une pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges et gardes marbrées (habiles restaurations, coiffes supérieures et coins émoussés), Première édition de cet ouvrage du prêtre et géologue suisse, E. Bertrand, membre de nombreuses académies de grandes villes européennes, du conseil privé du roi de Pologne, il fut aussi un ami et un régulier correspondant de Voltaire. Ce traité sur les tremblements de terre conjugue justifications religieuses, narration de tremblements passés et présents, essai d'explications scientifiques, principalement à partir d'analyses tirées de la physique et description du phénomène de propagation ou de simultanéité des tremblements de terre. Pour Bertrand, à la suite de Nollet, ces phénomènes géologiques seraient dus à la rencontre de la chaleur, de l'eau et de l'air au sein de la Terre. L'air, sous sa propre dilation, provoquée par une forte chaleur, imploserait. Bon exemplaire de cet intéressante étude qui utilise pour son raisonnement tout ce qu'on a pu écrire sur le sujet depuis l'antiquité et qui narre quelques-uns des tremblements survenus en Suisse autour des années 1755 et 1756 Couverture rigide
Bon (1), II, 326, (2)pp.
La Haye, chez Pierre Gosse, Junior, 1757, in-8, [2]-II-326-[2] pp, Basane de l'époque, dos à nerfs, tranches rouges, Édition originale. Le pasteur et naturaliste suisse Élie Bertrand (1713-1797) était membre de nombreuses académies de grandes villes européennes et appartenait au conseil privé du roi de Pologne. Il fut aussi un ami et correspondant régulier de Voltaire. Reliure usagée, plats gauchis. Bon état intérieur en dépit de mouillures claires. Couverture rigide
Bon [2]-II-326-[2] pp.
Paris, Just Tessier, 1839, in-8, [4]-VII-401 pp, 3 pl, Demi-basane bleu nuit de l'époque, dos lisse orne de fleurons romantiques, Ouvrage de vulgarisation d'Alexandre Bertrand (1795-1831), paru pour la première fois en 1824. L'auteur était médecin, physicien et naturaliste. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique. Il s'est intéressé de près au magnétisme animal. Dos passé, coins et coupes usés. Rousseurs Couverture rigide
Bon [4]-VII-401 pp., 3 pl.
Paris, René Bonnel, 1933, in-8, LXXVIII-322 pp, Broché, couverture grise rempliée, Un des 650 exemplaires sur vélin de Vidalon (n° 129). Édition originale de la traduction française, par Bertrand Guégan (1892-1943), de "l'ancêtre de tous les livres de cuisine" (Oberlé). Couverture défraîchie. Oberlé, Fastes n° 7. Couverture rigide
Bon LXXVIII-322 pp.
Reims (Marne), Henri Bertrand, 1930, in-8, 16 pp, Broché, couverture rouge, rose et dorée illustrée en noir, Catalogue illustré en noir et en couleurs de divers modèles de chaudières. Bon état. Couverture rigide
Bon 16 pp.
Paris, Arthus Bertrand, Béranger & Magdelaine, 1911, in-8, 48 pp, Broché, couverture imprimée en rouge et noir, Catalogue illustré en noir. Légères taches et accrocs à la couverture. Couverture rigide
Bon 48 pp.
Rennes, Ch. Catel & Cie, 1858. [suivi de :] Paris, Pillet, 1859. 2 ouvrages en 1 vol. in-8, 190-91 pp. 1 carte dépliante, demi-chagrin vert, dos à nerfs orné de filets à froid, tranches mouchetées (dos éclairci, minuscules épidermures, pâles rousseurs).
Éditions originales de deux essais historiques d'Alexandre Bertrand, le second étant sa thèse. Les deux ouvrages sont enrichis d'un envoi autographe signé de l'auteur à Jules Girard. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
A Genève, an XI (1803), in-8, VIII-406-[1] pp, 1 pl. depl, Demi-veau vert pâle, dos lisse fleuronné et fileté, tranches marbrées, Seconde édition, après l'originale de 1800. Dans cet ouvrage peu commun, l'auteur, le mathématicien genevois Louis Bertrand (1731-1812?) envisage de façon originale la formation et le développement de la terre en rejetant les théories de Deluc ou de Leibniz. Ward & Carozzi, n° 196. Couverture rigide
Bon VIII-406-[1] pp., 1 pl. depl.
Paris, Arthème Fayard, 1925. In-12 oblong, 325 pp., demi-chagrin à coins rouille d'A. Menot, dos à nerfs, tête dorée sur témoins, couverture conservée (plats gauchis, épidermures, insolation de quelques feuillets).
Édition originale de ce roman de Louis Bertrand. Un des 175 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder Zonen, 2e papier, celui-ci un exemplaire à toutes marges. Voir photographie(s) / See picture(s). * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Bruxelles imprimerie de A. Mertens et fils, 1865. In-12, 132 pp., cartonnage à la bradel de papier caillouté moderne, dos lisse, pièce de titre brune.
Seconde édition, fac-similé de l'édition originale parue à La Haye, chez Jean Strike en 1685. Un des 100 exemplaires sur papier de Hollande, appartenant à la collection Raretés bibliographiques. Il s'agit d'un recueil de "pièces burlesques et facécieuses [sic]" que la notice imprimée en fin de volume attribue à Guillot Gorgeu, pseudonyme de Bertrand Harduin de Saint-Jacques. Cet homme en est à la fois l'auteur et le déclamateur et il se nomme en fin de la deuxième pièce. Ayant d'abord entamé des études de médecine, il les abandonne pour le théâtre et faire partie de la troupe du théâtre de l'Hôtel de Bourgogne dont il nomme quelques uns de ses comédiens. La médecine, la pharmacie mais surtout les charlatans qui s'en réclament sont des sujets récurrents des pièces de Guillot Gorgeu. La présente édition est fort rare, la totalité du tirage s'élevant à 136 exemplaires. Vicaire, II, 670. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, éditions d'Auteuil, 1965. In-folio, non paginé, 32 pl., en feuilles, couverture originale imprimée jaune, emboîtage de l'éditeur de toile écrue (décharges, insolation).
Édition illustrée de bois gravés originaux en couleurs, dont deux sur une double page, de Bertrand Lorjou, tirés par Robert Blanchet qui est également le typographe et l'imprimeur de cet ouvrage. Un des 137 exemplaires sur Auvergne Richard de Bas à la main, signé à la justification par l'artiste. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Hambourg, Imprimé par Bertrand libraire ordinaire de l’Académie de Bertrand, 1674-1676. In-8 de (36) pp. 1 f.bl., 75 pp., 3 planches hors texte.BERTRAND DE LA COSTE. Ne trompez plus personne ou Suite du Reveil-matin des pretendus savans Matematiciens de l’Academie royale de Paris. Hambourg. Bertrand, 1675. In-8 de (24)-69-(1) ppBERTRAND DE LA COSTE. Le monde désabusé ou la Demonstration des deux lignes moyennes proportionnelles. Hambourg, 1675. In-8 de 40 pp.BERTRAND DE LA COSTE. Ce n’est pas la mort aux rats ny aux souris, mais c’est la mort des mathématiciens de Paris et la démonstration de la trisection de tous triangles. Hambourg, 1676. In-8 de (28)-14-(6) pp.4 pièces reliées en 1 vol. petit in-8 (16,5 x 10 cm), vélin rigide, dos lisse, pièce de titre en maroquin rouge (reliure moderne).
Édition originale de la plus grande rareté des quatre pamphlets de l’artilleur-mathématicien Bertrand de La Coste adressés à l’Académie royale des sciences qui rejeta sa Machine d’Archimède présentée en 1671.Colonel d’artillerie à Hambourg, Bertrand de la Coste retourna dans sa ville de garnison où il reçut en 1674 l’approbation de Frédéric Wilhem, électeur de Brandebourg qui accueillit favorablement cette découverte, et fit délivrer à l’auteur un certificat qu’on peut lire parmi les pièces liminaires avec l’« Extrait du Privilège et le Passeport de l’Académie de Bertrand », société fictive et satirique créée pour venger Bertrand de La Coste de l’académie parisienne.3 planches hors texte illustrent le premier des quatre opuscules (le Réveil matin), dont le portrait de l’auteur, une épigraphe gravée et une grande planche repliée qui représente les armoiries de l’Académie : un écusson chargé d’une botte de foin supporté par deux ânes dont l’un porte des grelots attachés aux oreilles avec des rubans (le directeur Caricavy) et l’autre une devise, Le premier professeur de mathématiques de sa Société (Roberval) ; un troisième âne est posé en cimier avec Niquet gravé au-dessus de sa tête et ce titre : Voilà trois renommés mathématiciens. Pierre de Carcavy (1603-1684) était directeur de l'Académie royale des sciences, Antoine de Niquet (1641-1726), ingénieur du Roi protégé de Colbert et Vauban, et Gilles Personne de Roberval (1602-1675) l’inventeur de la balance à deux fléaux. Les trois autres opuscules sont illustrés de nombreux diagrammes dans le texte.« On peut rapprocher du cas Abraham Bosse un autre exemple de marginalisation académique, touchant dix ans plus tard un autre protestant, persuadé lui aussi de détenir, seul contre tous, une vérité géométrique universelle, et ayant lui aussi voué son existence à la démonstration d’une question au moins aussi problématique, pour les siècles passés et à venir, que ne l’était celle des fondements objectifs de la perspective. Il s’agit de Bertrand de La Coste, auteur de quatre opuscules publiés à Hambourg en 1674, 1675, 1676 dont le rejet par l’Académie des Sciences en 1671 n’est pas moins révélateur des normes implicites nouvellement engendrées par cette institution que l’exclusion de Bosse pour l’Académie de peinture et de sculpture. Militaire autodidacte et précédemment auteur, en 1663 d’un ouvrage consacré à la résolution de la quadrature du cercle, Bertrand de La Coste avait envoyé à Colbert en 1671 les plans d’une machine d’Archimède, machine dite à mouvement perpétuel. Colbert l’ayant adressé à l’Académie des Sciences pour expertise, il s’y présenta la même année avec une maquette exécutée à ses frais par un ébéniste. Mais après avoir été soumis par les Académiciens à un rapide examen oral de ses connaissances mathématiques, il fut renvoyé sans qu’on lui eût même laissé présenter son invention (…) C’est bien de cette classe de “visionnaires mystiques” (Montucla) que La Coste eut le douloureux privilège d’être le premier représentant avant que le phénomène ne se généralisât au 18e siècle (…) c’est d’une fictive “Académie Bertrand“ que La Coste se réclame pour admonester la même académie décrivant ainsi un processus de mise à l’écart du monde scientifique qui illustre parfaitement la frontière qui commençait alors à s’établir entre professionnels et amateurs. Car c’est bien dans cette dernière catégorie que se voit impitoyablement rejeté l’artilleur-mathématicien, de manière d’autant plus radicale que - plus que son invention pas même examinée - c’est sa personne même qui se voit disqualifiée et rejetée, du fait que l’examen préalable qu’on lui fait, contre toute attente, subir est destiné à évaluer sa compétence scientifique bien plutôt que son produit. Cette expérience va plonger La Coste dans une véritable crise d’identité qu’il va tenter de résoudre en se livrant, à travers ses quatre pamphlets à une dénonciation en règle » (Nathalie Heinich). Salissures marginales sur le premier feuillet de titre, petit manque de papier sur la planche repliée sans atteinte à la gravure.2 exemplaires complets des 4 parties au Catalogue collectif de France (BnF, BM La Rochelle).Caillet, II, 5915bis : « Ouvrage extrêmement rare » ; Brunet, VI, 7756 ; Arthur Dinaux, Les Sociétés badines, bachiques, chantantes et littéraires (1867) I, p. 84 ; Blavier, Les Fous littéraires, p. 354 ; Nathalie Heinich, Arts et sciences à l'âge classique. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 66-67, mars 1987. Histoires d’art. pp. 47-78.